Vaisseau fantôme et ombres noires

Décembre nordique avec Cryssilda (Suéde)
Challenge Polars et thrillers de Sharon
Challenge Petit Bac avec Enna

 

Tome 1 – Espions et fantômes
Tome 2 – Sauvages et wombats
Tome 3 –
Tome 4 – Monstres et mystères

Les cousins Karlsson
Vaisseau fantôme et ombre noire, tome 5
Katarina Mazetti

L’île aux Grèbes, une île suédoise de la mer Baltique…
Depuis le premier tome, l’auteur nous mène toujours au même endroit pour les vacances et nous plonge dans d’incroyables aventures (toutes basées sur des sujets chauds de l’actualité) avec Julia, Daniella, Alex et George, les cousins Karlsson. Intrépides, solidaires, curieux de leur environnement, libres de toutes contraintes et sans la tutelle des adultes, les enfants deviennent de véritables enquêteurs en déjouant les desseins des malfaiteurs qui sévissent aux abords des petites villes Östhamn et de Storvalla.

Cette fois-ci, cela commence par une action écologique menée par un groupe que le maire d’Östhamn appelle les terroristes-éboueurs. La belle fontaine de la grande place est obstruée par des déchets plastiques que le groupuscule a ramassés sur la plage. Cet acte dit de vandalisme donne le thème que l’auteur souhaite aborder ; la pollution des mers et des côtes.

Ce sont les grandes vacances de juillet et les cousins vont pouvoir se baigner. A peine arrivés, ils se réapproprient l’île, la maison de tante Frida et la tour qu’ils ont aménagée à leurs goûts. La liberté donne des ailes et comme dit Alex : « Elle est pas belle la vie ?! ».
Toujours accompagnés de Chatpardeur le chat des filles, ils vont retrouver le petit cheval islandais. Mais Gervir, qui ne semble pas bien portant, a les naseaux couverts par une substance noire et graisseuse qui l’empêche de manger, de boire et de respirer. Ce n’est que plus tard qu’ils découvriront le pourquoi du comment…
Les plages deviennent des dépotoirs, des nappes de fioul restent en surface de l’eau et des bateaux viennent en bordure des côtes pour décharger leurs poubelles.
Aider par des enfants de leurs âges, les cousins Karlsson vont découvrir que certaines personnes n’ont aucun scrupule à chercher fortune en trafiquant des carburants.
Le souvenir d’un vieux drame ressurgit… celui de l’Amoco Cadix.

Ce cinquième tome est un volume toujours sympathique à lire, plein de dynamisme et d’humour. Le thème de la pollution et celui de l’écologie toucheront les enfants qui sont de plus en plus sensibilisés et actifs au devenir de notre planète.
Une histoire à recommander !

Un autre avis chez Sharon

 

 

Les cousins Karlsson, Tome 4 – Monstres et mystères


Décembre nordique avec Cryssilda (Suéde)

Challenge Polars et thrillers de Sharon

 

 

Les cousins Karlsson
Monstres et mystères, tome 4
Katarina Mazetti

 

L’île aux Grèbes accueille à chaque vacances les cousins Karlsson. Depuis l’été de l’année précédente, Julia, Daniella, Alex et George se retrouvent chez tante Frida pour passer quelques jours ensemble, en totale liberté.
Cette fois-ci, fin octobre, ce sont les vacances de la Toussaint. Les parents de Julia et Daniella sont partis au Danemark, la mère de George est en tournée à Storvalla et les parents d’Alex doivent travailler sur un bateau. Il s’en est fallu de peu qu’Alex ne puisse pas venir, mais tout est bien qui finit bien… les cousins sont réunis !

Après leurs dernières aventures, ils se demandent ce qu’il pourrait bien arriver maintenant et dès leur première soirée d’Halloween, tante Frida les conditionne avec une histoire de fantômes. Elle n’aurait pas pu trouver mieux pour plonger ses neveux dans l’ambiance des prochains jours car il est un fait… on ne s’ennuie jamais sur l’île aux Grèbes !
Le début des surprises commence par l’arrivée de la mère de George, Molly, qui les convie tous à venir la voir au théâtre. C’est l’occasion pour les enfants de découvrir l’univers des saltimbanques et le réel talent de Molly qui les épate tous dans son rôle d’un Arlequin accrobate. Mais à leur retour dans l’île, des évènements vont s’enchaîner et les mener à enquêter sur une affaire de vols.
Taximaxi, le capitaine du bateau taxi qui fait la navette entre le continent et l’île, donne les dernières nouvelles d’Osthamn parues dans le journal. Des malfaiteurs masqués cambriolent les administrations en passant par les toits avec une souplesse toute féline et la police ne tarde pas à soupçonner Molly d’en faire partie !
La police n’étant pas très futée, les cousins Karlsson décident donc de mener leur enquête, surtout que sur l’île, du côté du phare, il se passe d’étranges choses. L
‘île n’est pas hantée ! et les cris qu’on entend parfois la nuit ne sont pas ceux des revenants. Alors…

Pour ce quatrième volume, nous en apprenons un peu plus sur l’une des filles de la famille Karlsson et nous découvrons une nouvelle saison et une nouvelle fête. En Suède, Halloween se célèbre avec des masques et des déguisements ce qui arrange bien les voleurs.
Intrépides et entreprenants, les enfants vont être confrontés à quelques brutalités, mais ils sauront se défendre et mener à bien leur investigation. Comme pour chaque livre, l’auteur développe une thématique de fond qui colle avec l’actualité du pays. Cette fois-ci, c’est une histoire qui rappelle celle de la légende de Robin des Bois qui parait les injustices en détroussant les riches pour donner aux pauvres. Le dénouement surprendra le lecteur.
Une série toujours agréable à lire et à recommander !

Vous trouverez d’autres avis chez Nahe, Sharon,

 

Les cousins Karlsson, Tome 2 – Sauvages et wombats


Décembre nordique avec Cryssilda (Suéde)

Challenge Polars et thrillers de Sharon
Challenge Petit Bac d’Enna

 

Espions et fantômes, tome 1

Les cousins Karlsson
Sauvages et wombats, tome 2
Katarina Mazetti

La dernière fois que les cousins Karlsson se sont vus c’était pour les grandes vacances de l’année précédente. Cette fois-ci, ce sont pour les vacances de Pâques…
Il y a Julia, adolescente complexée par sa grande taille qui aime beaucoup lire, Daniella, sa petite sœur de trois ans sa cadette que tout le monde surnomme Bourdon car elle est petite, ronde, bavarde, joviale et gourmande, Alex, le cousin venu de France qui aime cuisiner et George, le timide, l’artiste qui va partout avec sa palette de couleurs. Puis surtout n’oublions pas le chat Chatpardeur !

Les quatre cousins sont heureux de se réunir sans leurs parents, et espèrent secrètement que les prochains jours sur l’île aux Grèbes chez leur tante Frida seront aussi palpitants que ceux de leur été qui fut un été mémorable !
En Suède, Pâques est toujours froid, encore empreint des températures de l’hiver, et c’est avec des pulls et des anoraks que nous les retrouvons à entourer Frida dans ses projets.
Frida est une personne fantasque qui vit de son art, la sculpture, et sa dernière lubie à de quoi surprendre ! Pour gagner de l’argent qui lui permettrait de garder son île, elle a décidé d’offrir l’hospitalité à cinq wombats venus d’Australie et d’ouvrir un parc animalier. Le wombat est un marsupial qui vit dans les montagnes et qui ressemble à un petit ours. Mignon et câlin, il peut aussi être très agressif et dangereux.
Le temps des cousins se partage donc à préparer leur territoire en bâtissant un enclos et des abris, et à peindre des œufs pour les fêtes. Mais très vite, des hommes viennent les menacer. Contrebandiers, simples voyous ou sbires à la solde d’un promoteur qui cherche à s’accaparer de l’île pour construire un complexe hôtelier, l’île aux Grèbes s’anime dangereusement et les enfants vont tout faire pour protéger l’île, leur tante… et les wombats…

Pour ce second tome, Katarina Mazetti aborde le thème des investisseurs immobiliers bandits qui n’hésitent pas à harceler les propriétaires pour prendre leurs terres, et sur un ton léger et plein d’humour, elle écrit cette histoire un peu folle avec des wombats. L’île est devenue une terre paradisiaque pour les cousins qui soutiennent leur tante dans tous ses plans, mêmes les plus abracadabrants. C’est une lecture très agréable, plus fantaisiste et moins sombre que la précédente. Elle nous raconte également les traditions suédoises durant la fête de Pâques, avec des réjouissances païennes et des célébrations florales en attente du printemps.
Une bonne série à recommander !… dans la lignées du Club des Cinq et des autres de la bibliothèque verte.

 

« Source »

 

 

Les cousins Karlsson, Tome 1 – Espions et fantômes


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
Challenge polars et thrillers de Sharon

 

Les cousins Karlsson
Espions et fantômes, tome 1
Katarina Mazetti

 

Les grands-parents Karlsson ont eu quatre filles aux caractères et univers bien différents. Trois d’entre-elles ont eu des enfants ; Ulla, chercheuse, a deux filles, Julia et Daniella, Molly, actrice, a un garçon, George, et Ellen, chef cuisinière établie en France, a aussi un garçon, Alex. La quatrième, Frida qui vit seule sur une île suédoise loin de la civilisation, est artiste.
Lorsque Julia, douze ans, apprend par sa mère qu’elle et sa petite sœur Daniella (appelée Bourdon) vont devoir passer tout l’été chez leur tante Frida, c’est vraiment l’horreur ! Et de savoir que leurs cousins, George et Alex, les rejoindront, ne la réconforte en aucune façon car les souvenirs qu’elle a des garçons ne leurs sont pas très favorables.

Julia et Daniella, accompagnées de leur chat Chatpardeur, retrouvent les cousins sur le quai de l’île aux Grèbes. Les quatre enfants qui comprennent qu’il est essentiel de se montrer solidaires, refont connaissance en attendant tante Julia qui tarde à venir. Esprit fantasque, bohème et dévoué à son art, la sculpture, elle n’a aucun sens des priorités et du quotidien qu’elle gère très mal. Elle n’aura donc aucune honte à faire manger une pizza froide à peine décongelée à ses neveux le soir de leur arrivée. Pourquoi froide ? Parce que dans la maison de tante Julia le confort est vraiment secondaire et que la gazinière ne fonctionne jamais !
Dans cette vieille maison de trois étages desservis par un escalier en colimaçon, les enfants constatent que tout est archaïque et qu’il n’y a pas d’eau courante. Toutefois, ce qu’ils vont retenir c’est que tante Julia ne pourra pas s’occuper d’eux et qu’ils seront libres. D’un côté, la mer, de l’autre, la forêt… Quel est l’enfant qui s’en plaindrait ?

C’est l’été, la Suède en cette saison est très agréable et les enfants découvrent une maison qui se trouve être en définitive, assez plaisante et curieuse. Ils sont libres et seuls au monde ! Seuls ? et non… Dès ce premier jour, en découvrant par l’une des fenêtres le beau paysage, George croit voir une silhouette au loin fuir vers les bois. Puis dans la nuit, c’est au tour de Julia de voir un fantôme…
Qui est cette personne qui semble se cacher ? En riant, ils émettent l’hypothèse que cela pourrait être un loup-garou, un fantôme, un ornithologue et pourquoi pas, un espion…
Voilà un mystère qu’ils vont devoir élucider sans tante Julia qui doit partir sur le continent pour résoudre un autre problème. A eux l’aventure !

Dans la lignée des livres de la bibliothèque rose et verte que je lisais quand j’étais petite, cette série des cousins Karlsson en est une digne héritière. On y retrouve des enfants seuls, sans adultes, de l’amitié, de la solidarité et des mystères à dénouer. Mais alors que ces séries vintages racontaient des histoires de justiciers en culottes courtes et de bandits, Katarina Mazetti aborde dans ce premier tome « Espions et fantômes » un sujet très sensible qui colle à l’actualité de notre époque et qui raconte une histoire bien triste, celle des migrants et des passeurs. Ce n’est pas désuet, c’est très ancré dans notre temps.
Je vous recommande ce roman de la littérature jeunesse qui donne un aperçu bien sympathique de ce que peuvent être les autres histoires qui à ce jour sont au nombre de sept.


Peinture du peintre Suédois Bruno Andreas Liljefors

 

 

La maison aux 52 portes


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde

Un autre avis chez Lou

 

La maison aux 52 portes
Evelyne Brisou-Pellen

 

La maison aux 52 portes… Maïlys la voit pour la première fois sur une vieille photo, un grand manoir de la fin du 19e siècle qui présente une façade avec ses seize fenêtres. Dans la voiture qui les conduit vers cet héritage inattendu venu d’un grand-oncle, elle ne peut s’empêcher d’éprouver un malaise et d’avoir des visions sur une époque révolue. Serait-ce l’attitude soucieuse de son père qui la plonge dans un état fiévreux ?

Sous un ciel menaçant, lorsqu’ils arrivent enfin devant la maison, ils découvrent une propriété décrépie, abandonnée, mangée par les mauvaises herbes et étouffée par les grands arbres du bois qui l’entoure. Sous une épaisse couche de poussière, l’intérieur est en bien plus mauvais état et guère hospitalier. Lugubre est le terme qui vient aussitôt à l’esprit et l’odeur de moisi qui s’en dégage n’arrange rien à l’atmosphère. Étrangement, seul un piano au centre du salon brille comme un sou neuf.
Elle devait être belle cette maison du temps du grand-oncle, avec des domestiques à tous les étages ! Mais pour lui redonner son lustre, il faudra de longues journées de travail et beaucoup de patience.
Pour compléter le sinistre décor, une pluie torrentielle coupe l’électricité qui plonge les nouveaux venus dans la pénombre et qui les prive de la pompe à eau. Avec le chemin
impraticable qui mène à la grande route, ils se retrouvent aussi coupés du monde extérieur. Sans perdre de temps, Maïlys s’aventure avec son père dans la découverte des pièces. Toujours gênée par une étrange tension, une angoisse qu’elle ne peut analyser, elle doit choisir une chambre un peu plus propre que les autres où elle passera la nuit. En espérant retrouver le lendemain son entrain habituel, elle s’endort très fatiguée. Mais durant la nuit, des bruits et des cris la réveillent… Céleste, Céleste… Céleste est son véritable prénom de baptême que lui avait donné son parrain, ce grand-oncle décédé, et de l’entendre ainsi, lui donne la peur de sa vie !
Au matin, elle rejoint ses parents pour le petit-déjeuner et prend la décision de taire ce qu’il lui arrive pour ne pas les inquiéter. Son cauchemar a été effrayant, surtout qu’en se réveillant, elle a constaté des griffures ensanglantées sur la tapisserie de la chambre qu’elle n’avait pas vues la veille. Cependant, elle perçoit dans ces manifestations surnaturelles, comme un appel au secours. C’est donc avec un certain courage que Maïlys entreprend de faire des recherches de la cave au grenier, en quête du moindre indice qui raconterait le passé de la maison.

Dans une ambiance qui se révèle lourde de tristesse, en totale harmonie avec le temps, Maïlys va ouvrir une porte, la cinquante-deuxième, qui donne sur un secret familial bien gardé… et du coup, délivrer tous les fantômes qui hantent la demeure, pour le bonheur et la rédemption des siens.

Cette histoire ne raconte pas les délires d’une jeune adolescente, mais une malédiction et un dédoublement de la personnalité, car Maïlys, comme toutes les femmes de sa famille, est médium. Un esprit manifeste sa peine et son tragique destin à travers elle. Roman pour la jeunesse, il donne à ce mystère une part fantastique et une part bien concrète qui relate des pans de la guerre de 14-18. On voyage alors dans le temps et on aborde la vie des Poilus au front, une partie très intéressante pour les jeunes lecteurs.
Lecture fluide, écriture soignée, intrigue à frissons… c’est assurément un livre à recommander !

 

 

Les vieux fourneaux, Ceux qui restent

Un album offert dans le cadre :
La BD fait son festival avec Rakuten #1Blog1BD
Les BD du concours

 

Les vieux fourneaux
1. Ceux qui restent
Scénario de Wilfrid Lupano
Dessins et couleurs de Paul Cauuet

 

Ils étaient trois copains dans cette campagne qui les voyait jouer, pêcher, rêvasser et grandir. Ils étaient trois copains qui se sont retrouvés à travailler pour la même entreprise, un grand laboratoire pharmaceutique niché dans cette même campagne. Ils étaient trois copains qui un jour, après de très longues années, se sont retrouvés pour la crémation de Lucette, la femme de l’un des trois.

Antoine, Pierrot et Mimile sont vieux et en ce jour bien triste, sont heureux de se revoir. La vigueur n’est plus, les os craquent, mais les tempéraments sont les mêmes avec la truculence, l’irrespect et les bons souvenirs de l’époque. Anarchistes, révolutionnaires, militants pour les classes ouvrières, syndicalistes, c’étaient les années 60 un peu sauvages, folles et tellement libératrices.

Ils se remémorent Lucette, une femme à l’humeur vive, une sacrée nana qui avait démissionné de son travail de comptable pour devenir une marionnettiste itinérante. Antoine s’abandonne un instant et confie qu’il aimerait la rejoindre là où elle est, mais il y a sa petite-fille qu’il aime et qui a besoin de lui car Sophie, enceinte de sept mois, est seule et n’a pas de compagnon pour élever son futur bébé. Forte de caractère, indépendante et courageuse, elle ressemble tant à sa grand-mère !

Le lendemain matin, Pierrot et Mimile qui sont restés avec Antoine pour le soutenir dans son deuil jouent aux boules alors que ce dernier s’en va chez le notaire pour mettre à jour quelques papiers. Mais à son retour, rien ne va plus ! Sans une explication, Antoine rentre chez lui pour aller prendre un fusil et s’en retourne à la voiture pour repartir. Un petit voyage dit-il… Ses deux camarades qui n’y comprennent absolument rien, vont aussitôt demander des comptes au notaire qui leur concède, sous la menace, quelque chose de stupéfiant. Dans une lettre, Lucette avoue à son mari qu’elle a eu une liaison avec leur ancien patron. Ils devinent alors qu’Antoine est parti en Italie pour tuer le vieux Garan-Servier qui passe sa retraite en Toscane.

Sans perdre une minute, Pierrot et Mimile vont voir Sophie pour lui annoncer les aspirations criminelles de son grand-père et décident d’un commun accord de partir tous les trois à sa poursuite.
Une épopée à bord de la vieille camionnette de Lucette se met en route ! Arriveront-ils à temps pour empêcher Antoine de commettre le pire ?

Qu’ils sont attachants ces trois compères de la génération baby-boomer ! Insolents jusqu’à l’incivilité et parfois l’immoralité, ils en deviennent drôles et émouvants. Incontrôlables, dotés d’une jouvencelle « fraîcheur » qui semblerait être éternelle chez eux malgré les misères de la vieillesse, sinoques, excessifs, ils nous embarquent dans la camionnette rouge pour un voyage dont l’extravagance est un enchantement. Il y a les pages qui nous racontent ce périple routier, puis leur arrivée en Toscane qui va être le théâtre de bien des surprises et d’autres, aux teintes monochromes, qui retracent les conflits de 68 à l’usine. L’occupation illégale de l’entreprise, les banderoles syndicalistes avec les slogans « Vive la classe ouvrière », « Nos 40h sinon rien », « Tous unis pour la garantie de l’emploi »… les barricades, les feux, les fourgons des CRS… et en figure de proue, Lucette pour insuffler de la force à ses camarades. Ils ont tous des souvenirs qui la concernent et ce voyage leur offre une incursion dans leur jeunesse.
Sophie est la digne descendante de cette lignée de gauchistes. Elle nous raccorde au temps présent. L’amour qu’elle voue à ses grands-parents la lie à Mimile et Pierrot dans un grand élan de tendresse. Dans une scène assez cocasse et pleine d’ardeur, « chatouillée » par ses hormones de femme enceinte, elle s’adresse à un petit groupe de retraitées et donne un aperçu de ce que les prochains tomes peuvent donner, un plaidoyer écologique…
« – Quoi, c’est vrai ! Vous autres les vieux, vous êtes toujours là à vous extasier devant les enfants ! « Et qu’il est mignon, et gnagnagna ! » Vous feriez mieux de vous excuser, ouais !
Regardez autour de vous ! Vous nous laissez un monde tout pourri, vous avez tout salopé, et ensuite vous venez souhaiter bon courage aux locataires suivants ! Vous manquez pas d’air !…
– Mais qu’est-ce qu’on vous a fait ?
– Vous m’avez fait, ma petite dame, que votre génération est à l’origine de tous les fléaux du monde moderne ! La mondialisation, l’ultralibéralisme, la pollution, la surexploitation, l’agriculture intensive, les paradis fiscaux, la communication ! Tout ! Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous votez à droite, vous avez sacrifié la planète, affamé le tiers-monde ! En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulets élevés en batterie chaque année dans le monde et les gens crèvent de faim ! Historiquement, VOUS ÊTES LA PIRE GENERATION DE L’HISTOIRE DE L’HUMMANITE ! Et un malheur n’arrivant jamais seul, vous vivez HYPER vieux !… »

 

La construction du récit et les dialogues sont bâtis sur ce modèle, verts, dynamiques, plein de vie. Quant aux dessins, ils sont expressifs et ont la particularité de coller parfaitement au scénario et aux personnages.
Je vous incite, si vous ne l’avez pas encore fait, à lire ce premier album, une très jolie histoire sur l’amitié et l’amour, qui se termine par un sympathique pied de nez à Garan-Servier qui est atteint de la maladie d’Alzheimer…
A recommander ++ !

 

 

 

 

Paddington et le Noël surprise


Lectures de Noël, des albums illustrés pour les petits enfants…
Challenge Animaux du monde avec Sharon
Une lecture commune avec Nahe

 

 

Paddington et le Noël surprise
Michael Bond
Illustré par R.W. Alley

 

Avec une longue liste de cadeaux, Paddington ne désire qu’une chose, c’est d’aller l’apporter au Père Noël. Surtout qu’il souhaite goûter la marmelade qu’il fabrique ! Forcément, le Père Noël en cuisine, n’est-ce pas ?
Il demande donc à la famille Brown et à Madame Bird de l’accompagner dans le grand magasin londonien, Burkridges.

Mais arrivés là-bas, alors que dans les rues c’est la cohue, ils découvrent un magasin déserté par les clients. Pourtant, les rayons sont bien décorés et on leur propose deux visites, l’une pour le château du Père Noël et l’autre pour voir la Féerie des Neiges…

A bord d’un traineau sur rail qui fait la navette entre les différentes scènes richement ornées, Paddington boude son plaisir car il trouve que tout semble factice, artificiel. C’est donc sur une impulsion, comme très souvent avec lui, qu’il décide d’aller voir l’envers du décor. Et là, tout va se compliquer… Bien sûr !

Avez-vous vu un petit ours ? Il porte un duffel-coat bleu, un chapeau rouge et des bottes de caoutchouc jaunes.

Avec cet album joliment illustré, nous lisons une énième aventure du petit ours venu du Pérou, grand amateur de marmelade et de bêtises. Heureusement que la gouvernante Madame Bird veille sur tout le monde !
A lire en cette époque de l’année… Ho ! Ho ! Ho !