Les cousins Karlsson, Tome 1 – Espions et fantômes


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
Challenge polars et thrillers de Sharon

 

Les cousins Karlsson
Espions et fantômes, tome 1
Katarina Mazetti

 

Les grands-parents Karlsson ont eu quatre filles aux caractères et univers bien différents. Trois d’entre-elles ont eu des enfants ; Ulla, chercheuse, a deux filles, Julia et Daniella, Molly, actrice, a un garçon, George, et Ellen, chef cuisinière établie en France, a aussi un garçon, Alex. La quatrième, Frida qui vit seule sur une île suédoise loin de la civilisation, est artiste.
Lorsque Julia, douze ans, apprend par sa mère qu’elle et sa petite sœur Daniella (appelée Bourdon) vont devoir passer tout l’été chez leur tante Frida, c’est vraiment l’horreur ! Et de savoir que leurs cousins, George et Alex, les rejoindront, ne la réconforte en aucune façon car les souvenirs qu’elle a des garçons ne leurs sont pas très favorables.

Julia et Daniella, accompagnées de leur chat Chatpardeur, retrouvent les cousins sur le quai de l’île aux Grèbes. Les quatre enfants qui comprennent qu’il est essentiel de se montrer solidaires, refont connaissance en attendant tante Julia qui tarde à venir. Esprit fantasque, bohème et dévoué à son art, la sculpture, elle n’a aucun sens des priorités et du quotidien qu’elle gère très mal. Elle n’aura donc aucune honte à faire manger une pizza froide à peine décongelée à ses neveux le soir de leur arrivée. Pourquoi froide ? Parce que dans la maison de tante Julia le confort est vraiment secondaire et que la gazinière ne fonctionne jamais !
Dans cette vieille maison de trois étages desservis par un escalier en colimaçon, les enfants constatent que tout est archaïque et qu’il n’y a pas d’eau courante. Toutefois, ce qu’ils vont retenir c’est que tante Julia ne pourra pas s’occuper d’eux et qu’ils seront libres. D’un côté, la mer, de l’autre, la forêt… Quel est l’enfant qui s’en plaindrait ?

C’est l’été, la Suède en cette saison est très agréable et les enfants découvrent une maison qui se trouve être en définitive, assez plaisante et curieuse. Ils sont libres et seuls au monde ! Seuls ? et non… Dès ce premier jour, en découvrant par l’une des fenêtres le beau paysage, George croit voir une silhouette au loin fuir vers les bois. Puis dans la nuit, c’est au tour de Julia de voir un fantôme…
Qui est cette personne qui semble se cacher ? En riant, ils émettent l’hypothèse que cela pourrait être un loup-garou, un fantôme, un ornithologue et pourquoi pas, un espion…
Voilà un mystère qu’ils vont devoir élucider sans tante Julia qui doit partir sur le continent pour résoudre un autre problème. A eux l’aventure !

Dans la lignée des livres de la bibliothèque rose et verte que je lisais quand j’étais petite, cette série des cousins Karlsson en est une digne héritière. On y retrouve des enfants seuls, sans adultes, de l’amitié, de la solidarité et des mystères à dénouer. Mais alors que ces séries vintages racontaient des histoires de justiciers en culottes courtes et de bandits, Katarina Mazetti aborde dans ce premier tome « Espions et fantômes » un sujet très sensible qui colle à l’actualité de notre époque et qui raconte une histoire bien triste, celle des migrants et des passeurs. Ce n’est pas désuet, c’est très ancré dans notre temps.
Je vous recommande ce roman de la littérature jeunesse qui donne un aperçu bien sympathique de ce que peuvent être les autres histoires qui à ce jour sont au nombre de sept.


Peinture du peintre Suédois Bruno Andreas Liljefors

 

 

La maison aux 52 portes


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde

Un autre avis chez Lou

 

La maison aux 52 portes
Evelyne Brisou-Pellen

 

La maison aux 52 portes… Maïlys la voit pour la première fois sur une vieille photo, un grand manoir de la fin du 19e siècle qui présente une façade avec ses seize fenêtres. Dans la voiture qui les conduit vers cet héritage inattendu venu d’un grand-oncle, elle ne peut s’empêcher d’éprouver un malaise et d’avoir des visions sur une époque révolue. Serait-ce l’attitude soucieuse de son père qui la plonge dans un état fiévreux ?

Sous un ciel menaçant, lorsqu’ils arrivent enfin devant la maison, ils découvrent une propriété décrépie, abandonnée, mangée par les mauvaises herbes et étouffée par les grands arbres du bois qui l’entoure. Sous une épaisse couche de poussière, l’intérieur est en bien plus mauvais état et guère hospitalier. Lugubre est le terme qui vient aussitôt à l’esprit et l’odeur de moisi qui s’en dégage n’arrange rien à l’atmosphère. Étrangement, seul un piano au centre du salon brille comme un sou neuf.
Elle devait être belle cette maison du temps du grand-oncle, avec des domestiques à tous les étages ! Mais pour lui redonner son lustre, il faudra de longues journées de travail et beaucoup de patience.
Pour compléter le sinistre décor, une pluie torrentielle coupe l’électricité qui plonge les nouveaux venus dans la pénombre et qui les prive de la pompe à eau. Avec le chemin
impraticable qui mène à la grande route, ils se retrouvent aussi coupés du monde extérieur. Sans perdre de temps, Maïlys s’aventure avec son père dans la découverte des pièces. Toujours gênée par une étrange tension, une angoisse qu’elle ne peut analyser, elle doit choisir une chambre un peu plus propre que les autres où elle passera la nuit. En espérant retrouver le lendemain son entrain habituel, elle s’endort très fatiguée. Mais durant la nuit, des bruits et des cris la réveillent… Céleste, Céleste… Céleste est son véritable prénom de baptême que lui avait donné son parrain, ce grand-oncle décédé, et de l’entendre ainsi, lui donne la peur de sa vie !
Au matin, elle rejoint ses parents pour le petit-déjeuner et prend la décision de taire ce qu’il lui arrive pour ne pas les inquiéter. Son cauchemar a été effrayant, surtout qu’en se réveillant, elle a constaté des griffures ensanglantées sur la tapisserie de la chambre qu’elle n’avait pas vues la veille. Cependant, elle perçoit dans ces manifestations surnaturelles, comme un appel au secours. C’est donc avec un certain courage que Maïlys entreprend de faire des recherches de la cave au grenier, en quête du moindre indice qui raconterait le passé de la maison.

Dans une ambiance qui se révèle lourde de tristesse, en totale harmonie avec le temps, Maïlys va ouvrir une porte, la cinquante-deuxième, qui donne sur un secret familial bien gardé… et du coup, délivrer tous les fantômes qui hantent la demeure, pour le bonheur et la rédemption des siens.

Cette histoire ne raconte pas les délires d’une jeune adolescente, mais une malédiction et un dédoublement de la personnalité, car Maïlys, comme toutes les femmes de sa famille, est médium. Un esprit manifeste sa peine et son tragique destin à travers elle. Roman pour la jeunesse, il donne à ce mystère une part fantastique et une part bien concrète qui relate des pans de la guerre de 14-18. On voyage alors dans le temps et on aborde la vie des Poilus au front, une partie très intéressante pour les jeunes lecteurs.
Lecture fluide, écriture soignée, intrigue à frissons… c’est assurément un livre à recommander !

 

 

Les vieux fourneaux, Ceux qui restent

Un album offert dans le cadre :
La BD fait son festival avec Rakuten #1Blog1BD
Les BD du concours

 

Les vieux fourneaux
1. Ceux qui restent
Scénario de Wilfrid Lupano
Dessins et couleurs de Paul Cauuet

 

Ils étaient trois copains dans cette campagne qui les voyait jouer, pêcher, rêvasser et grandir. Ils étaient trois copains qui se sont retrouvés à travailler pour la même entreprise, un grand laboratoire pharmaceutique niché dans cette même campagne. Ils étaient trois copains qui un jour, après de très longues années, se sont retrouvés pour la crémation de Lucette, la femme de l’un des trois.

Antoine, Pierrot et Mimile sont vieux et en ce jour bien triste, sont heureux de se revoir. La vigueur n’est plus, les os craquent, mais les tempéraments sont les mêmes avec la truculence, l’irrespect et les bons souvenirs de l’époque. Anarchistes, révolutionnaires, militants pour les classes ouvrières, syndicalistes, c’étaient les années 60 un peu sauvages, folles et tellement libératrices.

Ils se remémorent Lucette, une femme à l’humeur vive, une sacrée nana qui avait démissionné de son travail de comptable pour devenir une marionnettiste itinérante. Antoine s’abandonne un instant et confie qu’il aimerait la rejoindre là où elle est, mais il y a sa petite-fille qu’il aime et qui a besoin de lui car Sophie, enceinte de sept mois, est seule et n’a pas de compagnon pour élever son futur bébé. Forte de caractère, indépendante et courageuse, elle ressemble tant à sa grand-mère !

Le lendemain matin, Pierrot et Mimile qui sont restés avec Antoine pour le soutenir dans son deuil jouent aux boules alors que ce dernier s’en va chez le notaire pour mettre à jour quelques papiers. Mais à son retour, rien ne va plus ! Sans une explication, Antoine rentre chez lui pour aller prendre un fusil et s’en retourne à la voiture pour repartir. Un petit voyage dit-il… Ses deux camarades qui n’y comprennent absolument rien, vont aussitôt demander des comptes au notaire qui leur concède, sous la menace, quelque chose de stupéfiant. Dans une lettre, Lucette avoue à son mari qu’elle a eu une liaison avec leur ancien patron. Ils devinent alors qu’Antoine est parti en Italie pour tuer le vieux Garan-Servier qui passe sa retraite en Toscane.

Sans perdre une minute, Pierrot et Mimile vont voir Sophie pour lui annoncer les aspirations criminelles de son grand-père et décident d’un commun accord de partir tous les trois à sa poursuite.
Une épopée à bord de la vieille camionnette de Lucette se met en route ! Arriveront-ils à temps pour empêcher Antoine de commettre le pire ?

Qu’ils sont attachants ces trois compères de la génération baby-boomer ! Insolents jusqu’à l’incivilité et parfois l’immoralité, ils en deviennent drôles et émouvants. Incontrôlables, dotés d’une jouvencelle « fraîcheur » qui semblerait être éternelle chez eux malgré les misères de la vieillesse, sinoques, excessifs, ils nous embarquent dans la camionnette rouge pour un voyage dont l’extravagance est un enchantement. Il y a les pages qui nous racontent ce périple routier, puis leur arrivée en Toscane qui va être le théâtre de bien des surprises et d’autres, aux teintes monochromes, qui retracent les conflits de 68 à l’usine. L’occupation illégale de l’entreprise, les banderoles syndicalistes avec les slogans « Vive la classe ouvrière », « Nos 40h sinon rien », « Tous unis pour la garantie de l’emploi »… les barricades, les feux, les fourgons des CRS… et en figure de proue, Lucette pour insuffler de la force à ses camarades. Ils ont tous des souvenirs qui la concernent et ce voyage leur offre une incursion dans leur jeunesse.
Sophie est la digne descendante de cette lignée de gauchistes. Elle nous raccorde au temps présent. L’amour qu’elle voue à ses grands-parents la lie à Mimile et Pierrot dans un grand élan de tendresse. Dans une scène assez cocasse et pleine d’ardeur, « chatouillée » par ses hormones de femme enceinte, elle s’adresse à un petit groupe de retraitées et donne un aperçu de ce que les prochains tomes peuvent donner, un plaidoyer écologique…
« – Quoi, c’est vrai ! Vous autres les vieux, vous êtes toujours là à vous extasier devant les enfants ! « Et qu’il est mignon, et gnagnagna ! » Vous feriez mieux de vous excuser, ouais !
Regardez autour de vous ! Vous nous laissez un monde tout pourri, vous avez tout salopé, et ensuite vous venez souhaiter bon courage aux locataires suivants ! Vous manquez pas d’air !…
– Mais qu’est-ce qu’on vous a fait ?
– Vous m’avez fait, ma petite dame, que votre génération est à l’origine de tous les fléaux du monde moderne ! La mondialisation, l’ultralibéralisme, la pollution, la surexploitation, l’agriculture intensive, les paradis fiscaux, la communication ! Tout ! Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous votez à droite, vous avez sacrifié la planète, affamé le tiers-monde ! En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulets élevés en batterie chaque année dans le monde et les gens crèvent de faim ! Historiquement, VOUS ÊTES LA PIRE GENERATION DE L’HISTOIRE DE L’HUMMANITE ! Et un malheur n’arrivant jamais seul, vous vivez HYPER vieux !… »

 

La construction du récit et les dialogues sont bâtis sur ce modèle, verts, dynamiques, plein de vie. Quant aux dessins, ils sont expressifs et ont la particularité de coller parfaitement au scénario et aux personnages.
Je vous incite, si vous ne l’avez pas encore fait, à lire ce premier album, une très jolie histoire sur l’amitié et l’amour, qui se termine par un sympathique pied de nez à Garan-Servier qui est atteint de la maladie d’Alzheimer…
A recommander ++ !

 

 

 

 

Paddington et le Noël surprise


Lectures de Noël, des albums illustrés pour les petits enfants…
Challenge Animaux du monde avec Sharon
Une lecture commune avec Nahe

 

 

Paddington et le Noël surprise
Michael Bond
Illustré par R.W. Alley

 

Avec une longue liste de cadeaux, Paddington ne désire qu’une chose, c’est d’aller l’apporter au Père Noël. Surtout qu’il souhaite goûter la marmelade qu’il fabrique ! Forcément, le Père Noël en cuisine, n’est-ce pas ?
Il demande donc à la famille Brown et à Madame Bird de l’accompagner dans le grand magasin londonien, Burkridges.

Mais arrivés là-bas, alors que dans les rues c’est la cohue, ils découvrent un magasin déserté par les clients. Pourtant, les rayons sont bien décorés et on leur propose deux visites, l’une pour le château du Père Noël et l’autre pour voir la Féerie des Neiges…

A bord d’un traineau sur rail qui fait la navette entre les différentes scènes richement ornées, Paddington boude son plaisir car il trouve que tout semble factice, artificiel. C’est donc sur une impulsion, comme très souvent avec lui, qu’il décide d’aller voir l’envers du décor. Et là, tout va se compliquer… Bien sûr !

Avez-vous vu un petit ours ? Il porte un duffel-coat bleu, un chapeau rouge et des bottes de caoutchouc jaunes.

Avec cet album joliment illustré, nous lisons une énième aventure du petit ours venu du Pérou, grand amateur de marmelade et de bêtises. Heureusement que la gouvernante Madame Bird veille sur tout le monde !
A lire en cette époque de l’année… Ho ! Ho ! Ho !

 

 

 

 

La fiancée du fantôme


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Lecture commune avec Isabelle

 

 

La fiancée du fantôme
Malika Ferdjoukh
Illustrations d’Edith


Composée de son père, son grand-père, sa cousine Olivia et sa préceptrice Miss Noah, la famille d’Horace March, un petit garçon de neuf ans, quitte Londres pour les contrées rudes et sauvages du centre de l’Écosse, où Forest Lodge, une demeure aussi imposante qu’un château, les attend…

Après un long voyage en diligence sur les routes pierreuses, avec des cieux tourmentés et le temps glacial de l’automne, ils arrivent et sont accueillis chaleureusement par la gouvernante. Imposant et sinistre de nuit, hanté par des bruits étranges et des déplacements d’air, le lendemain, tous découvrent les charmes du manoir et Horace, les avantages de la campagne qu’il ne tarde pas à arpenter en compagnie du jeune Jim, le fils de l’aubergiste du coin.
C’est ce dernier qui lui raconte la tragique histoire de l’ancien propriétaire Lord Aloysius Mac Bligh, mort de désespoir il y a une centaine d’années, pour ne pas avoir pu épouser celle qu’il aimait, la douce Livia. Leur promenade aboutissant au cimetière, Jim mène Horace voir la tombe de la jeune fille, une sépulture sans corps car elle avait été tenue prisonnière par son père à Londres. C’est Lord Aloysius qui avait fait ériger cette stèle en sa mémoire, lui promettant qu’un jour, ils seraient réunis. En regardant bien la photographie de Livia, Horace a une surprise car entre elle et sa cousine Olivia, il y a une grande ressemblance.

Ainsi commence l’histoire qui dès le début dévoile son intrigue car vous l’aurez compris, Livia et Olivia partagent bien plus. Et si tout semble si évident, la fin cependant pourrait surprendre quelques petits lecteurs et les effrayer. Le bonheur des uns fera la tristesse des autres.
Un sympathique petit livre !

 

 

 

 

Anna et son fantôme, Tome 1, Le plus envoûtant des secrets


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde

 

Anna et son fantôme
Le plus envoûtant des secrets, Tome 1
Franck Krebs

 

Suite au divorce de ses parents, Anna et sa mère aménagent dans une vieille maison ; impasse des Brumes… Une serrure à l’entrée rouillée, des lambris vermoulus, des papiers peints fleuris, une plomberie vétuste, des gravats dans toutes les pièces, la jeune adolescente cherche ce qui a pu séduire sa mère dans ce capharnaüm ! Ne fallait-il pas se méfier de l’annonce : « Maison particulière de caractère, nécessitant quelques travaux de rafraichissement. » ?
Alors qu’Anna désespère, tout en lessivant la nouvelle cuisine, dans le grenier, Rodéric de Rougemare peste après ces nouvelles propriétaires. Dix années de solitude et de sérénité, et voilà maintenant qu’il doit cohabiter avec une femme et sa fille, toutes deux bavardes et bruyantes ! Des envies de zigouillage, de charcutage, de pulvérisation lui passent par la tête. Et pendant que Rodéric fulmine et envisage les pires tourments qu’il pourrait leur faire endurer, Anna visite la demeure, du rez-de-chaussée au… grenier…
Mais au grenier, la curieuse ne s’attend pas à faire la plus extraordinaire expérience de sa vie ! Un fantôme ! Cette forme blanche, vaporeuse, n’est pas une hallucination.

Le roman donne la parole à Anna et Rodéric. Chacun à son tour raconte cette rencontre et cette amitié naissante qui débute assez mal. Rodéric est un fantôme vieux de trois cent soixante cinq ans, qui reste pour l’éternité un adolescent de quatorze ans, âge de sa mort. Anna qui a le même âge aimerait bien s’en faire un ami, et se fait très insistante. Mais d’après les lois du Haut Conseil des fantômes, il est interdit de fréquenter les « vivants » et les sanctions peuvent être terribles !
Que faire lorsqu’il est leur est impossible de s’ignorer ? Entre un jeune homme respectueux des règles et une jeune fille qui s’en soucie fort peu, il y a forcément des étincelles…

Ce livre est le premier et dernier tome d’une série que l’auteur aurait certainement aimé poursuivre comme sa série des Tom Cox que mon fils avait tant aimée, mais décédé trop tôt en 2015, il n’a pas pu le faire.
L’histoire est toute en douceur et humour autour des thèmes du divorce des parents, de l’adolescence et de la vie après la mort. Il existe un monde de fantômes qui vit en parallèle du nôtre, avec leurs codes écrits dans un Paulus. Rodéric a des amis assez singuliers qui voyagent à travers les airs en un claquement de doigts et des ennemis, de méchantes goules qui aspirent l’âme.
Un roman qui se lit facilement et qui pourrait plaire aux jeunes enfants qui commencent à maîtriser la lecture.

 

 

 

Dessin de l’illustratrice Solène Debiès pour ce livre

 

 

Bienvenue à Griffstone


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde

 

 

Bienvenue à Griffstone
Eva Ibbotson

Madlyn Hamilton est une jeune fille très belle et surtout très gentille. Toujours à l’écoute de son prochain et prévenante, elle a de nombreux amis. Dans sa famille, c’est elle qui gère le quotidien et qui s’occupe de son petit frère Rollo, de deux ans son cadet. Rollo, quant à lui, apprécie plus les amis qu’il trouve dans les bois, dans les greniers et dans les caves. Les bestioles rampantes et grouillantes ne lui font pas peur ! D’ailleurs, son animal de compagnie est un scinque à langue bleue qu’il a appelé Courtaud.
Un jour, juste avant les grandes vacances, leurs parents leur annoncent qu’ils ont été conviés à aller enseigner en Amérique pour deux mois et que les enfants ne sont pas invités. La rétribution de ce travail étant conséquente et leurs finances n’étant pas au beau fixe, il serait dommage de ne pas en profiter, alors, Madlyn et Rollo seront envoyés chez un vieil oncle, dans une campagne en bordure de la frontière écossaise.

Le château de Griffstone a tous les apparats d’un beau et vieux château ; douves, remparts, oubliettes, lits à baldaquin, armures, vieille bibliothèque… Mais il en a aussi toutes les altérations ; érosion, pas d’eau chaude, humidité, mites… Si sir George aime beaucoup sa demeure ancestrale, il a toutefois une préférence pour son troupeau de vaches, des bêtes racées, rares, venues des temps druidiques. Homme bourru, appréciant la solitude, il se verrait bien vivre en ermite, mais afin d’entretenir l’un et l’autre, il est obligé d’ouvrir le château au public quelques jours dans la semaine, même pour une petite poignée de touristes.
Quand il reçoit une lettre de son neveu Londonien lui demandant l’hospitalité pour ses deux enfants, ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il accepte, mais peut-il faire autrement ?

A leur arrivée, Madlyn et Rollo découvrent un château magnifique et rencontrent pour la première fois oncle, tante et cousin. Sir George, l’oncle grognon, sa sœur Mademoiselle Emily, la tante douce et un peu à l’ouest, et Howard Percival, le cousin qui par timidité vit reclus dans ses appartements entouré de livres. A ce trio, on ajoute Madame Grove, la gouvernante qui tient aussi le rôle de femme de ménage et de cuisinière, et son jeune fils Ned qui l’aide dans ses tâches.
Très vite, à la grande joie de leurs hôtes, Madlyn et Rollo veulent s’investir dans la vie du château et s’enthousiasment pour cette belle campagne. De toutes façons, que faire lorsqu’on n’a ni télévision, ni ordinateur ? Ainsi, l’un et l’autre se partagent. Madlyn accueille les visiteurs pour les portes-ouvertes, et Rollo s’occupe des vaches sacrées… Toutefois rien ne va être facile.

A une douzaine de kilomètres de là, vit Lord Trembellow, un arriviste qui a fait fortune dans l’industrie. Fortuné, il a annexé petit à petit des appendices à une construction pour en faire un imposant et pompeux château. Dans la vie, il a deux objectifs. Il rêve d’en faire le plus somptueux d’Angleterre et de dégommer son voisin Griffstone. Quand Sir George n’aura plus d’argent pour maintenir son domaine, Lord Trembellow pourra le racheter et tout raser pour faire bâtir à la place des lotissements, des centaines de pavillons. Cette vision de grandeur ravit sa fille Olive, qui comme Ned la décrit à Madlyn, est une petite snobinarde, pincée et méchante. Les manigances vont aller bon train !

A Griffstone, Madlyn ne tarde pas à comprendre qu’il faut rapidement réagir car peu d’argent rentre dans la caisse au grand désespoir de ses habitants. Une idée va faire l’unanimité, une idée farfelue, mais une super idée ! Pourquoi ne pas faire un château des horreurs pour appâter les visiteurs ?
C’est chez une vieille dame que le casting va être passé… Miss Lee-Perry a l’immense honneur de recevoir des fantômes. Elle soumet donc son choix : Brenda la mariée qui fut trucidée par son mari, Ranulf  le gentilhomme qui vit avec un rat dans sa poitrine, Sunita la petite fille coupée en deux suite à la bévue d’un magicien, et les Pieds, des pieds amputés qui se trouvent sans corps.

Griffstone, musée des horreurs, Griffstone l’unique, Griffstone vous souhaite la bienvenue… Mais que va-t-il se passer ?

Ce livre est une charmante lecture qui ravira les jeunes enfants du primaire en âge de lire des romans de plus de 200 pages. Au-delà de l’intrigue amusante, pleine de rebondissements et de mauvais desseins, il se dégage de ce roman une atmosphère douce et heureuse. C’est l’été, la campagne est belle, les enfants sont libres, il y a de bons sentiments, beaucoup d’amitié et de solidarité. Quant aux causes à défendre, elles sont justes et nobles ; un château menacé par la ruine et un promoteur peu scrupuleux, ainsi que la sauvegarde d’une espèce de vaches, rare, voire unique.
Au début, si Madlyn et Rollo partent de Londres un peu tristes, si l’oncle George les attend en ronchonnant, à la fin tout sera inversé ! Tous auront le cœur lourd de se séparer…

Livre et auteur à recommander !