La naissance de la sorcière Camomille

Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les samedis sont albums illustrés
Billet n°28

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La naissance de la sorcière Camomille
Enric Larreula
Roser Capdevita

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La sorcière Camomille raconte sa naissance et son enfance.
Elle vint au monde pour tenir compagnie à sa mère Pissenlit qui s’ennuyait dans son château et qui désirait assurer une descendance à la longue lignée de sorciers et de vampires dont elle était issue. Elle avait tout prévu avec ses grands-tantes et avait sorti pour l’occasion les vieux grimoires… Minuit, dans un arbre, c’est ainsi qu’elles avaient programmé la naissance !
Cependant avant même de naître, Camomille avait déjà un caractère bien affirmé et elle décida d’arriver plus tôt, avec ses lunettes, son foulard et son chapeau pointu sur la tête. Imaginez un bébé Camomille avec tous les attributs de la sorcière que nous connaissons.
Camomille apprenait vite et expérimentait la magie sur toutes les personnes de son entourage, faisant de sa mère et de ses arrières-grands-tantes ses cobayes préférés. Alors, sans plus tarder, sa mère décida de lui offrir pour son premier anniversaire un petit compagnon. Un petit hibou qu’elle appela Gros Yeux !

Il était une fois la sorcière Camomille qui fut, elle aussi, un bébé…

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La série « La sorcière Camomille » est une charmante collection que je vous recommande. Le personnage n’est pas très glamour, mais quand elle sourit, elle devient très sympathique ! Cet épisode retrace sa venue au monde, ainsi que celle de son compagnon d’aventure, Gros Yeux le hibou.
Des illustrations très expressives, aux douces couleurs, accompagnent un texte court et impératif. C’est Camomille la narratrice et elle ne s’embarrasse pas de phrases alambiquées.

Dans d’autres albums, vous la découvrirez à Paris, à Venise, dans un château hanté, en vacances, sur le point de se marier… dans des tas d’aventures drôles et gentilles.
A suivre !

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Camomille 1

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Le secret du quai 13


Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les lundis sont romans jeunesse
Billet n°23
Une lecture commune avec Nahe

 

Le secret du quai 13
Eva Ibbotson

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J.K. Rowling raconte que pour quitter le monde des Moldus et pénétrer dans le monde fantastique des Hautes-Terres en Écosse, il faut prendre le chemin de traverse de la plateforme 9 3/4 de la gare de King’s Cross. Dans son roman « Le secret du quai 13 », Eva Ibbotson reprend le même lieu pour nous transporter sur l’Île d’Avalon. Tous les neuf ans, durant neuf jours, sous l’un des quais de la gare, avec l’aide d’un faiseur de brume, le Chunnel s’ouvre pour le voyage.
Le faiseur de brume est un animal qui ressemble à une petite hermine.

L’Île d’Avalon, ou Terre de Saint-Martin, ou Pays des Brumes, est habitée par toutes les créatures imaginaires ; ogres, dragons, sorciers, fées, fantômes, sirènes, trolls… Et comme dans tous les mondes des contes, elle a sa famille royale, un roi, une reine et un petit prince.
L’histoire débute en 1983. Les nounous qui sont au service du petit prince, sont trois sœurs adorables et dévouées qui viennent du monde des humains. Très attachées au bébé, elles feraient tout pour lui ! Mais lorsque Violette, Lilas et Rose, voient arriver le grand jour de l’ouverture du Chunnel, elles ne songent qu’à faire un saut dans leur ancienne vie et ainsi mettre un baume sur leur nostalgie qui commence à poindre. C’est avec la permission de la reine, qu’elles embarquent sur le bateau en compagnie du petit prince alors âgé de 3 mois, pour une journée dans le Monde du Haut, la dernière de la période des neuf jours…
Le bébé est très sage, la journée passe vite, les trois sœurs sont ravies de leur excursion, et le retour se fait sous de bons hospices. Mais, alors que le passage se referme pour neuf ans, les sœurs découvrent que le couffin royal est vide. Le petit prince a été kidnappé…Tragédie suprême !
C’est par les fantômes qui sont les seuls à pouvoir franchir le Chunnel en dehors de la période, qu’ils apprennent que le petit prince a été pris par Mme Trottell, la femme du banquier et qu’il s’appelle désormais, Raymond.

Neuf ans plus tard : La petite sorcière Odge Gribbell veut faire partie de l’équipe de sauvetage. Peu expérimentée, mais très décidée, elle va tout faire pour participer au retour du prince Raymond.
Cornélius le sorcier, Cornichette la fée, Hans le géant et Odge vont faire une drôle de découverte… Raymond est un odieux gamin qui ne pense qu’à manger et à rabaisser le jeune Ben qui a été placé au service de sa famille pour faire les plus basses besognes…

Comment décider Raymond à les suivre ? « – Ça simple, dit Hans. Je tape lui sur tête, je jette lui dans sac, et on retourne dans le Chunnel. »… Mais ça ne sera pas aussi facile ! Il faudra demander de l’aide à toutes les créatures surnaturelles qui peuplent le Monde du Haut.

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Ce mois-ci dans le roman-fantastique-jeunesse, je découvre Eva Ibbotson et j’en suis ravie. Sa plume lie toujours humour et tendresse. Dans cette histoire, les mésaventures de nos sauveteurs vont faire sourire les jeunes lecteurs, car les rebondissements sont nombreux et désopilants. Si nous devinons la trame de l’aventure dès le début, ce n’est pas bien grave… la lecture se poursuit avec plaisir. Elle est aussi douce que le faiseur de brume.
Je vous recommande ce livre, ainsi que cette auteure.

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Illustration de Gianni de Conno

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Yanabosse et le Brahima-Shatam-Ô-Boktatou

Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les lundis sont romans jeunesse
Billet n°9

 

 

Yanabosse et le Brahim-Shatam-Ô-Boktatou
Yann Rambaud
Illustrations de Marine Gosselin

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Il est un passage magique qui mène droit au Bois du Gouffre et c’est dans cette contrée que vit Yanabosse.
Yanabosse a tous les attributs qu’on peut imaginer pour une sorcière. Nez crochu, dents noires, bosse dans le dos, menton pointu, verrues, et certainement plein de poils partout ! Avec ses compagnons, Zip le balais, Néron le canard, Médor le chat et Raymond le dragon, elle ne compte plus les années et mène une vie solitaire. Cela fait bien un demi siècle qu’elle n’a vu personne !

Mais un jour, alors qu’elle teste quelques sorcelleries pour faire fructifier son jardin, elle a la surprise de se trouver face à une petite fille qui a su traverser la forêt qui mène au Gouffre. Abigaïl a découvert dans les affaires de son arrière-arrière-grand-mère une carte et des notes dans lesquelles on lit une formule ou un nom qui revient souvent : Brahim-Shatam-Ô-Boktatou. Téméraire et inconsciente, la curiosité sans limite d’Abigaïl l’a conduite jusqu’ici.
Mais qui est cette arrière-arrière-grand-mère si renseignée ? A cette question, Abigaïl répond : Carabix ! Mais Carabix… c’est le diminutif de Carabosse ! Mille millions de vers, la plus hargneuse des rivales !
Sans trop réfléchir, Yanabosse propose un pacte à Abigaïl. Elle apprendra ce qu’est le Brahim-Shatam-Ô-Boktatou si elle s’occupe de Raymond le dragon.
Abigaïl accepte dans un grand sourire et espère bien ne plus quitter sa nouvelle copine. Elle a tant de questions à lui poser !

Entre la petite fille pimpante et bavarde, avide de connaître toutes les choses qu’on peut lui apprendre, et la sorcière acariâtre et ermite, l’écart n’est pas si grand ! Et bientôt voilà que Carabosse vient jouer les importuns en pointant son nez…

Il va y avoir dans le Bois du Gouffre quelques étincelles !

Une petite histoire bien sympathique que l’auteur a imaginée pour son enfant. Tous les soirs, le personnage de Yanabosse prenait plus d’envergure et c’est ainsi que le conte a pris forme. Bons sentiments, tendresse, humour et fantaisie sont au rendez-vous dans le pays enchanté du Gouffre !
Il me semble avoir vu que c’est un premier tome…

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La famille Souris et la mare aux libellules

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Un mois d’albums avec Pilalire

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La famille Souris et la mare aux libellules
Kazuo Iwamura

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C’est l’été, les enfants de la famille Souris vont s’amuser à la mare aux libellules.

En chemin, dans les herbes hautes, ils rencontrent une cigale et une grenouille. Une libellule leur montre le chemin.
A leur arrivée, sans perdre de temps, ils construisent des petits radeaux qui les mèneront au cœur de la mare, entre roseaux et nénuphars, entre libellules et autres habitants des lieux.
La journée s’annonce belle et insouciante !

Cette fois-ci, les enfants se retrouvent seuls, sous la tutelle du grand frère. L’aventure est comme un périple au bout du monde pour des petites souris. La mare devient une arène de jeux et de rires, perturbant la quiétude de la grenouille, du triton, des dytiques et des libellules qui viennent tous voir la joyeuse bande. L’histoire est toujours une ode à la famille et l’atmosphère toujours empreinte de poésie et de douceur. Chaleur, transparence de l’eau, chant des cigales, c’est comme si on y était !

La journée se termine au soleil couchant, lorsque les grands-parents viennent chercher les enfants… C’est l’heure de rentrer ! Et comme pour tous les albums de la série, la famille Souris se retrouve autour de la table pour le repas du soir où chacun raconte…

Une série à recommander ++

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La famille Souris se couche

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Un mois d’albums avec Pilalire

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La famille Souris se couche
Kazuo Iwamura

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Chez les Souris, on n’aime pas trop quand le soleil se couche qu’un membre de la famille soit absent. Alors quand tout le monde rentre après une journée bien chargée, on s’attelle dans la bonne humeur à mettre la table et on passe tous dans la salle de bains pour se nettoyer avant de prendre le dîner. Quatorze souris, c’est une belle famille ! A table, chacun raconte ce qu’il a fait, corvées et bêtises, puis plus tard, c’est une petite veillée à la chandelle qui anime la soirée…
Brossage des dents, pyjama et lectures, c’est l’heure d’aller au lit ! Certains coquins ont encore assez d’énergie pour batailler avec les coussins et d’autres ont déjà les yeux qui se ferment. Maman ferme le livre d’histoires, grand-mère chuchote des bonnes nuits aux étoiles et à la lune, Papa chantonne une berceuse, les enfants s’endorment…

Je continue dans l’univers de la famille Souris et l’épisode du coucher se devait d’être raconté car il est important pour un enfant. C’est l’heure où il doit se séparer de ses parents et rester dans le noir. C’est aussi l’heure où tous les coins de la chambre deviennent inquiétants… Les rituels qu’il retrouve dans cette histoire peuvent apaiser son anxiété.

Les dessins sont toujours aussi beaux et reflètent beaucoup de douceur. Étant à mon cinquième album, je commence à reconnaître les personnages et surtout le dernier de la fratrie, le petit Benjamin si attendrissant.
Une série à recommander !

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Naissance d’un père

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Naissance d'un pèreNaissance d’un père
Laurent Bénégui

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« Plus tard Alessia apprendrait qu’elle était née lors de la tempête, et qu’au moment où se jouaient les premières heures de son destin des vents polaires s’écharpaient sur les barrières d’air fiévreux dressées au-dessus de l’océan.

De mémoire de côtier jamais les chaleurs de mai ne provoquèrent phénomène si soudain. Aux premiers roulement du tonnerre les goélands surgirent par centaines de l’azur enténébré, brassant leurs ailes au ras des falaises, s’enfuyant en direction des bocages où ils s’abattirent à l’abri des bois et des clôtures. Au large la houle s’ébranla, fouettée par le ressac, cinglée par une pluie lourde et, lentement, le dôme liquide enfla, submergea les brisants, masquant les îles voisines comme pour s’unir aux cieux électriques. Alors aux bourrasques succéda un souffle continu qui s’engouffra entre les trouées crayeuses de la côte, tordit la cime des arbres, arracha les charpentes et griffa la surface des lacs, à la manière d’une main colérique, désormais saisie du continent… »

Le roman s’invite par ces images, dans le déchaînement des vents ; un décor bousculé et romantique.
Le narrateur, Romain, nous confie son amour passionnel pour sa compagne Louise ; Louise qui est dans le dernier mois de sa grossesse. Il ne cache pas son appréhension sur le fait qu’il va être père. Lorsqu’il pense à la paternité, il se retourne sur son enfance et voit un géniteur absent, disparu, qui a laissé trois femmes et trois enfants. Mathématicien de renom, Léopold Longeville devait certainement trouver le mot « famille » plus abstrait que toutes les formules algébriques avec lesquelles il jonglait.
Alors qu’il quitte Louise bien à l’abri dans leur lit, pour accompagner sa demi-sœur Maya à l’aéroport, Romain n’imagine pas que quelques heures plus tard, il la retrouvera en salle de travail à la clinique. Car Alessia a décidé d’arriver en ce jour de tempête.

Il lui a laissé croire qu’il était prêt à s’occuper d’elles… il s’était persuadé. Amoureux et responsable. Les choses devant s’ordonner dans une suite logique, sentiments compris. Mais aux côtés de Louise, alors que le monitoring mesure des contractions plus ou moins fortes, Romain s’interroge et remet en question son engagement. Prêt ? Il ne faut pas se leurrer, il est loin de l’être !

Dans la salle, une autre femme est sur le point d’accoucher d’une petite fille. Sandrine, déjà mère trois fois, est ce qu’on appelle une multipare. Il apprend que le mari ne viendra pas, déçu et fâché de ne pas avoir de garçon. Étrangement, Sandrine n’a pas l’air de lui en tenir rigueur et sa conversation allège un peu la sacralité de l’instant. Des sourires complices, quelques confidences, et des mots rassurants. (Ce que nous lisons, nous nous le chuchotons).
Dehors, la tempête fait rage. Intérieurement, Romain est en accord avec ce désordre, extérieurement, il essaie d’assurer, proposant même son aide à cette inconnue.
Perdu dans un dédale d’émotions, il tâtonne et n’ose s’aventurer vers ce chemin inexploré. Puis très vite tout s’emballe. Louise met au monde Alessia et ça se passe bien. Quant à Sandrine, on doit la descendre au bloc pour une césarienne car le cœur de son bébé faiblit. Sur sa demande, Romain accepte de rester avec elle le temps de la préparation. Elle parle, il l’écoute… Plus tard, il apprendra que la petite Inès souffre d’une malformation cardiaque et qu’elle a été transférée dans une unité de soins intensifs pédiatriques.

Incapable d’avoir des gestes instinctifs envers Alessia, la prendre dans ses bras, lui souffler des douceurs, respirer son odeur, ni même simuler, Romain ne trouve pas sa place.
« Comment les hommes deviennent-ils père ? » La question enfle dans sa tête et s’étend. Qui était son père ? Pourquoi les a-t-il abandonnés ? Qu’est-il devenu ? A la recherche des réponses, Romain va se rapprocher de sa mère et se remémorer sa propre enfance, orpheline de tendresse. Le drame de Sandrine sera aussi très présent dans sa quête initiatique car il l’aidera à prendre conscience du bonheur d’être père.

Le roman s’articule autour de cette révélation, mais Romain n’est pas notre seul narrateur. A tour de rôle, chacun s’épanche et nous dévoile leurs pensées. Une dynamique qui enrichit le récit et qui donne à cette lecture un ton vif, intense, surprenant, si vrai !
De l’auteur, je n’ai lu qu’un roman, « J’ai sauvé la vie d’une star d’Hollywood », et je retrouve dans cette histoire ce tempo cinématographique qui m’avait plu, car les scènes défilent comme dans un film.
Ambiances chaotiques, charnelles, écorchées, intimistes, troublantes, graves, des mots de poésie, des mots d’amour, il n’en oublie pas son humour. Bénégui sait émouvoir… et témoigne d’une belle sensibilité.
Je vous recommande ce livre.

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D’autres billets chez… L’Irrégulière, Philisine, Noukette, Jérôme, Sandrion,

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Maurice Marinit
« L’enfant à la rose » de Maurice Marinit

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Une preuve d’amour

logo stvalentin
Une semaine Saint-Valentin

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une preuve d'amourUne preuve d’amour
Valentine Goby

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Sonia est la narratrice de l’histoire.
« Les Misérables » de Victor Hugo font débat dans une classe de collégiens. Afin de comprendre les personnages, le professeur pose des questions sur Fantine. « Est-ce que Fantine a été une bonne mère en abandonnant sa fille Cosette ? » Avant d’approfondir le sujet, les réponses fusent dans un charivari d’objections.
« – Moi je dis qu’abandonner son enfant, c’est dégueulasse.
– Sérieux, ça se fait pas, laisser sa fille comme ça…
– Fantine, les Thénardier elle les connaît même pas, sûr qu’elle abandonne sa fille. Si elle l’aimait vraiment, elle l’aurait gardée avec elle. Ma mère elle est comme Fantine, seule avec moi, elle travaille aussi mais elle m’a pas placé chez les Thénardier. »
Sonia regarde tous ses camarades prendre part de façon unanime et remarque que seul Abdou ne participe pas. Plongé dans un silence, absorbé par une feuille blanche, il est ailleurs. Ou peut-être pas… Nerveusement sous le bureau, ses jambes tressautent ; Abdou est une pelote de nerfs.
Le professeur continue sur cet abandon, en incitant les élèves à plus de réflexions…
« – Je disais donc, reprend le prof, on congédie Fantine. Que fait-elle alors pour gagner sa vie ?
Je lève la main :
– Elle vend ses cheveux.
– C’est tout ?
– Et ses dents.
– C’est tout ?
– Elle a fait la… comment vous dites…
Des rires au fond de la classe. Je rougis, et je murmure :
– … la prostituée. »
Mais lorsque Abdou explose en disant que l’acte de Fantine est une preuve d’amour, Sonia pressent que l’histoire de Fantine pourrait bien être celle de la mère d’Abdou.

Difficile de sonder ce camarade ! Abdou s’échappe de la classe et disparaît pour quelques jours. Malade ? C’est l’excuse qu’il donne.
Curieuse, déjà un peu amoureuse de ce mystérieux garçon, Sonia va essayer de l’apprivoiser et de l’aider. Abdou est une âme sœur.

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Lorsque je tourne la dernière page de ce livre, je me demande comment l’auteur a fait pour écrire autant d’émotions, d’images, de parfums, dans ce tout petit roman. La plume, la voix, elle l’a laisse à Sonia la conteuse, une jeune fille courageuse et réfléchie, qui, très tôt, a eu aussi sa part de peines. Moins meurtrie que le jeune Malien, élevée par un père aimant, elle va l’aider à se construire, se réconcilier avec son histoire de déraciné, d’orphelin, et lui offrir une belle amitié nuancée de sentiments amoureux.
Une mère qui abandonne son enfant n’est pas forcément une mauvaise mère. Abdou Traoré sait que cela peut être une preuve d’amour d’une abnégation absolue. Sans papier, sans famille, sans argent, Mariama a eu la force de laisser son fils aux services sociaux et de partir. Il aimerait tant le lui dire !
Abdou et Sonia ont identifié leur Fantine, Valjean et Javert…

L’amour décliné sur toutes ses facettes ; ce roman est très beau. Il est écrit avec finesse, générosité, et malgré le sujet dur, déchirant, j’ai ressenti de la douceur. Abdou charrie la violence de son pays, les miasmes de la rue, le désespoir et l’espérance de sa mère. Sonia paraît aussi légère qu’un char à voile qui s’enfuit dans le vent, elle a une odeur iodée, elle est la fille qui regarde l’océan, libre et heureuse. Ils forment un beau duo, fort et confiant.

Ce livre est à recommander, je vous souhaite une bonne lecture.

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D’autres billets chez Jérôme, Noukette, Pyrausta,

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Photo prise sur « Routard.com »

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