Crèmes catalanes

Nous passerons le mois de mai en Espagne avec Sharon !

Vous trouverez d’autres recettes chez…
Béa – Risotto aux asperges et au fromage de chèvre
Grignote – Gratin de pommes de terre, jambon et oignons
Sandrion – Broyé du Poitou
Isabelle – Riz à l’espagnole (Espagne)

 

Au dessert de ce jour, voici des crèmes catalanes… J’ai fait un mélange de la recette de Rosa et la recette du livre « Des tapas à Barcelone » de Laure Sireix pour les faire.

 

Ingrédients pour 6 ramequins :
– 1 litre de lait entier
– 6 jaunes d’œuf
– 200 g de sucre
– 60 g de maïzena
– 1 gousse de vanille
– 1 citron non traité
– Cassonade pour caraméliser

– Éventuellement pour le parfum : anis ou cannelle

Préparation :
– Faites chauffer le lait (gardez un peu de lait dans un verre) avec le sucre, le zeste d’un citron et les grains de la gousse de vanille.
– Mélangez les jaunes d’œuf avec la maïzena et le verre de lait, puis ajoutez ce mélange au reste du lait dans la casserole.
– Mélangez bien au fouet et laissez cuire à ébullition environ 3 minutes en faisant attention à ce que la crème ne brûle pas et qu’elle ne s’épaississe pas trop.
– Versez dans des ramequins et laissez refroidir une petite heure.
– Pour caraméliser le dessus, mettez une cuillère à café de sucre sur le dessus de la crème et mettez les ramequins sous le grill du four.
– Laissez refroidir et mettez au frigidaire.

Verdict : Bonnes, texture et parfum ! Mais déception sur le caramel. J’avais espéré avoir une petite couche de caramel craquante. Il faut peut-être pour cela avoir un fer chaud ou un petit chalumeau.

 

 

 

Les maisons romantiques d’Angleterre


Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie adjectif

 

 

Les maisons romantiques d’Angleterre
Barbara et René Stoeltie

 

Lorsque nous évoquons la campagne anglaise, magnifique écrin pour des maisons romantiques, nous voyons aussitôt des tableaux de Gainsborough, de Turner et de Constable. Nous avons aussi des titres de romans et des auteurs. Jane Austen l’a très bien décrite dans ses livres en nous rapportant un décor et une atmosphère. Mais également les sœurs Brontë, Agatha Christie, Thomas Hardi, Wilkie Collins, Arthur Conan Doyle… et bien d’autres encore !

Nichées au creux de vallons, derrière un bois, face à la mer, sur une lande, dans un cadre verdoyant à l’abri ou sur une terre rude tourmentée par les vents, ces demeures sont des manoirs géorgiens, des maisons palladiennes, des presbytères gothiques et des petits cottages rustiques en pierre garnis de vieux rosiers.
Rénovées, entretenues, nouvellement acquises ou héritées, elles sont décorées en fonction de l’âme des lieux mais aussi en fonction des goûts des propriétaires. Certains vont rendre une authenticité dans la recherche des objets, des meubles et des tissus, puis d’autres vont être plus fantaisistes en apportant une touche personnelle et moderne.
Dans ce livre, on peut admirer de très belles maisons et des petits pavillons aux toits de chaume.

On débute dans le Hampshire avec Chawton Cottage, la modeste maison de Jane Austen qui est habillée d’une sobriété presque austère. D’un intérieur de style néo-classique pour la salle à manger, avec un papier peint fleuri où sont accrochés des petits cadres et une belle cheminée, nous voyons que le seul luxe qui est resté sont un service Wedgwood et un portrait immense, qui tient tout un mur, du troisième frère de Jane, Edward Austen Knight.

Nous poursuivons avec une maison géorgienne du XIXe siècle, dans le Sussex. Près de la mer, les propriétaires ont donné un style élégant et baroque en lustrant les beaux planchers, en patinant les peintures, en les écaillant, et en l’agrémentant de meubles du XVIIIe. Le charme réside dans les trésors amassés sur les plages et la patine ancienne.

Dans le Wiltshire, une demeure de style jacobéen du XVIIe siècle nous ouvre ses portes. L’agencement a été fait par une décoratrice suédoise installée à Londres qui créée pour ses clients des intérieurs chaleureux. Les bois sombres se marient très bien à des teintes chaudes, des velours damassés, des plats en étain et des tapis dits « somptueux ». A cette Haute époque, elle mêle des tableaux contemporains qui dans cet univers ne dépareillent pas du tout.

Toujours dans le Wiltshire, on nous propose d’entrer à Keeper’s Lodge, le vieux pavillon du XIXe siècle d’un garde chasse. Antony Little, un créateur de tissus, a fait revivre cette petite maison digne d’un conte de fées, très pittoresque, en la restaurant et en lui donnant un style cosy et victorien. Les motifs des tissus, coussins, plaids, fauteuils, tentures, courtepointes, se confondent dans des écossais, des cachemires et des fleurs, le tout  s’organisant dans un hétéroclisme assez chargé, mais structuré.

Ces quatre  premières maisons ne sont que les premières pages de ce beau livre. Par la suite, nous traversons d’autres régions pour visiter d’autres demeures, imposantes ou pas, avec de vieilles pierres et d’antiques parcs pour nous faire rêver.

Il y a des univers chargés de faïences venues des manufactures anglaises avec leurs vaisseliers bien remplis, et des pièces qui se mettent en scène, pleines de curiosités, de livres et de collections. Les murs couverts de chaux, des alcôves accueillantes, de grands tapis aux trames usées, des fauteuils en cuir, des tables dressées, des cheminées allumées, des vitraux, des boiseries, des trompes l’œil, des fers forgés, des marbres, des statues, des gargouilles, des paniers en osier suspendus… des bouquets champêtres, un géranium tourné vers la lumière derrière le châssis d’une fenêtre… Et certains ont voulu rendre un effet en laissant des pièces vides, seules entités avec leurs sols boursoufflés et leurs murs décrépis. « Il faut de tout pour faire un monde », « Les goûts et les couleurs ne se discutent pas »… les expressions sont nombreuses !

« Les maisons romantiques d’Angleterre » a été édité en 1999 par les Éditions Taschen et les décorations n’ont pas trop vieilli. Les photographies qui l’illustrent sont de belle qualité. Alors si vous désirez l’acquérir, il faudra passer par des sites marchands qui font des ventes d’occasion. A s’offrir !

 

 

 

Le grand livre de la cuisine marocaine

Un livre offert par Babelio et les Éditions Mango dans le cadre des Masses Critiques
Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie « lecture »

 

 

Le grand livre de la cuisine marocaine
Nadia Paprikas
Photos de Charly Deslandes et Aimery Chemin

 

Dans la plupart des livres de cuisine qui content aussi une histoire, un héritage, les auteurs introduisent leurs recettes par un hommage à leurs racines, à la famille et aux mères. Les mots sont les mêmes… patrimoine, transmission, hérédité, générations, cultures, familles, convivialité, fêtes, générosité…

Nadia Paprikas a été initiée à la cuisine dès l’âge de six ans par sa mère qui lui a transmis recettes et secrets. Elle nous les donnent sur son blog culinaire en mettant une touche personnelle et en réinventant les mets de son enfance. Elle dit pour ce livre : « Au fil de ces pages, vous partagerez avec moi tous mes secrets et ceux de ma maman. »

… Elle regroupe les délices de son pays le Maroc, et nous offre cent cinquante plats parfumés, épicés, salés et sucrés.

Au chapitre des épices, elle donne leurs noms pour une base traditionnelle en précisant que le savoir-faire est dans le bon dosage. Le vocable est « alchimie ». Ils sont une richesse pour les légumes, les fruits et les viandes et un passe direct pour le voyage. Poivre, cumin, paprika, coriandre en graines, curcuma, cannelle, safran, gingembre en poudre…  Le ras el-hanout est un mélange savamment dosé. 
Pour les ustensiles, le couscoussier pour le couscous et le plat à tajine sont indispensables. Les autres sont de simples outils en fer et en bois. Ceux qui sont photographiés pour illustrer la page, ont un visuel de vécu, d’authenticité et de rusticité.
Toujours dans son introduction, elle nous fait découvrir les us et coutumes alimentaires. On apprend que l’hospitalité est « sacrée », qu’il est malvenu de refuser une invitation et qu’il ne faut manger que de la main droite. Lorsqu’on est à la table d’un plat à déguster en commun, on se sert des doigts comme d’une pince et on sauce avec du pain. On découvre aussi, que le thé a été importé par les Britanniques dans le milieu du XVe siècle. Cette boisson désaltérante et réconfortante que l’on sert à toute heure de la journée se fait le plus souvent avec des feuilles de thé vert, un bouquet de menthe fraîche et des morceaux de sucre. La tradition veut qu’il soit réalisé par le chef de famille ou par le fils aîné.
Il y a aussi la technique où elle dévoile comment bien utiliser les plats, comment faire une bonne semoule et d’autres habiletés qui peuvent nous aider dans cette cuisine.

Le catalogue des recettes est opulent ! Les plats se succèdent nantis de précieux conseils et de très belles photos. L’esthétique du livre est un atout car l’appétit vient par leurs visions colorées et exotiques.
Il se scinde en plusieurs parties avec pour commencer des pages sur la boulange qui montrent comment faire le pain rbati avec des graines de sésame, le batbout le pain à la poêle, des briochettes à l’anis, des crêpes à la semoule, des crêpes mille trous… Les bricks suivent, farcies, salées et sucrées, puis les soupes et les salades. La partie couscous est assez sobre et peut surprendre. Nadia écrit qu’au Maroc, « il se prépare avec une seule sorte de viande, d’une variété de légumes et légumineuses ». Il n’y a donc point de couscous royal et ni de merguez à l’intérieur. Les tagines sont tous avec de la viande et des légumes ; parfois avec des fruits. Ce sont des plats mijotés bien garnis qui sont préparés avec les légumes de saison. La partie poissons a de quoi satisfaire ; en sauce tomate, frits, au four avec des citrons confits, en tagine… Et pour terminer, la dernière partie fait place aux pâtisseries et aux boissons. La variété des biscuits est grande et on aimerait tous les faire ! aux amandes, à la fleur d’oranger, au miel, avec des zestes de citron, de la cannelle, des graines de sésame, des dattes, de la semoule…

Pour résumer ce livre, je dirai que c’est un ouvrage gourmand aux mets fins, riches et simples à la fois, mis en valeur par des associations d’épices. Il rapporte bien tout ce que l’auteur a voulu traduire. Il est gourmand, généreux, plein de saveurs, de parfums et de soleil. Il est un portail sur le Maroc qu’on ne peut refuser de franchir !
Un beau livre que je vous recommande.

Dans le cadre des dimanches avec la brigade des Gourmandises, je testerai des recettes. Donc, à suivre…

 

1. Nadia
2. Briouates à la viande hachée
3. Zaalouk, purée d’aubergines
4. Couscous printanier
5. Briouates aux amandes et au miel

 

 

L’entrepreneur de Norwood

Challenge Policiers historiques avec Sharon
Challenge mysteries de Lou
Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie métier

 

 

L’entrepreneur de Norwood
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

Londres 1894,
« Du point de vue de l’expert criminel, me déclara M. Sherlock Holmes, Londres est devenue une ville sans intérêt depuis la mort du regretté professeur Moriarty ! »

Dans une précédente chronique relatant le retour du célèbre détective, John Watson nous avait appris que sa femme Mary était morte. Sans attache, il peut donc vendre son cabinet médical pour rejoindre Sherlock Holmes dans son appartement à Baker Street et reprendre son activité préférée, à savoir… suivre son ami dans ses enquêtes.
Holmes s’ennuie et il en arrive à regretter le temps où Moriarty officiait. Il se souvient du plaisir qu’il avait à décortiquer les journaux dans les moindres lignes pour faire apparaître ses affaires mafieuses. Son titre de maître du crime n’était vraiment pas usurpé…

Il en est à se plaindre auprès de Watson, quand un jeune homme débraillé et affolé arrive pour demander de l’aide. Scotland Yard étant à ses trousses, il n’a que peu de temps pour raconter son problème qui risque de le mener à la potence.
John Hector McFarlane est accusé d’avoir assassiné Jonas Oldacre, un entrepreneur de Norwood qui venait de le désigner comme héritier de tous ses biens et qui lui avait donné rendez-vous chez lui pour en débattre. Brûlé, il ne reste du corps qu’un amas de chiffons, d’os et de cendres. Si la police l’a désigné comme coupable c’est qu’il était présent sur le domaine ce soir-là. De plus, grâce à la gouvernante d’Oldacre on découvre par la suite, une tache de sang qui n’est autre que l’empreinte laissée par son doigt. Ce sont les prémices d’une police scientifique qui commence à relever les empreintes digitales et qui voit en cet indice une preuve supplémentaire. McFarlane déballe son histoire en vrac, tout en essayant d’étayer ses propos avec des précisions qu’on lui demande. D’où connaissait-il le défunt ? Les stores du bureau étaient-ils tirés ? Qui lui a ouvert la porte ?
Juste le temps de communiquer le principal, qu’il est interrompu par l’inspecteur Lestrade qui voit en cette occasion l’opportunité de devancer pour une fois Sherlock Holmes.

Le mystère de ce meurtre va mener Holmes sur le passé d’Oldacre avec des informations qu’il va chercher auprès des parents de McFarlane, car avant de découvrir le meurtrier, il faut dépister le mobile… Pour lui, il n’y a aucun doute sur l’innocence du jeune homme, mais il sera difficile de le faire comprendre à Lestrade qui se réjouit déjà de clore l’affaire.

Ce n’est pas souvent qu’on lit Sherlock Holmes douter, non pas de ses capacités à résoudre une énigme, mais de ne pas pouvoir la dénouer dans les temps. Dans ce mystère, il y a urgence et la vie d’un homme est en jeu car s’il devait être juger, il serait à coup sûr condamné à mort. Tout l’incrimine et la justice porte déjà un avis définitif. La gravité de l’histoire et le compte-à-rebours mettent une pression qui n’est pas désagréable. Bien entendu, la résolution de l’enquête fera apparaître une mise en scène digne des plus grands criminels, avec un fond machiavélique et cruel.
Cette nouvelle est la deuxième dans la chronologie du Retour de Sherlock Holmes. A lire et à relire comme toutes les autres !

 

Épisode de la série Granada

 

Paella

Nous passerons le mois de mai en Espagne avec Sharon !

Vous trouverez d’autres recettes chez…
Enna – Risotto aux asperges
Isabelle – Coca aux fraises à l’espagnole
Béa – Dinde à l’asiatique
L’Irrégulière –
Khachapuri ou pain géorgien au fromage

 

 

Quel plat traditionnel représente le plus l’Espagne ? La paella, bien sûr !

 

Ingrédients :
– 1 kg de riz
– 4 hauts de cuisses de poulet
– 5 grosses tomates
– 1 poivron rouge
– 100 g de fèves
– 3 gousses d’ail, 2 oignons rouges
– Moules, crevettes
– Chorizo
– 1 cube pour bouillon de légumes
– Sel, poivre, safran, piment d’Espelette, huile d’olive

Préparation :
– Dans un grand poêlon, faites revenir sur toutes les faces les morceaux de poulet dans de l’huile d’olive. Ajoutez les gousses d’ail et les oignons émincés. Salez, poivrez
– Coupez les tomates, les oignons, le chorizo en fines tranches et mettez-les dans le poêlon. Remuez bien et faites attention que la chair du poulet n’attrape pas dans le fond. Mettez deux pincées de piment et le safran.
– Environ 8 minutes après, versez le bouillon de légumes fait avec le cube et de l’eau. Ça doit couvrir les légumes et le poulet. Laissez mijoter encore 10 minutes.
– Versez le riz et les fèves et laissez sur feu doux environ 20 minutes ou plus, jusqu’à ce que le riz soit cuit et ait absorbé le bouillon.
– Goûtez, salez, poivrez à votre convenance.
– Pendant ce temps, cuisez les moules et les crevettes, puis préparez-les. Vous garderez quelques moules dans leurs coquilles ouvertes pour la décoration, ainsi qu’une ou deux crevettes entières. Mettez le reste dans la paella.
– Tenez au chaud… et servez… un peu de persil pour faire joli et 1 gros câpre…

C’est la première fois que je cuisine une paella et je suis surprise par la préparation, simple et facile. Mais ce n’est peut-être pas préparé dans les règles ! Rosa, notre amie marmitonne Espagnole, me le dira…
Avec 1kg de riz, vous pouvez faire des barquettes pour le congélateur.

 

 

 

Les aventures extraordinaires de Jules Quatrenoix, T1, La malédiction de Datura

Challenge Policiers historiques avec Sharon
Challenge Petit Bac avec Enna, catégorie « végétal »
Une semaine de romans pour la jeunesse – 5

 

 

Les aventures extraordinaires de Jules Quatrenoix
La malédiction de Datura, Tome 1
Tatiana Deschamps

 

Nous sommes en juillet 1912 et Jules Quatrenoix, un garçon de douze ans, quitte Paris avec sa mère Ernestine pour aller vivre dans une petite ville de province, à Hurlus-le-Mort-Homme. Le décès de son père qui était officier sur le Titanic fait que sa mère a été obligée de solliciter une place de gouvernante dans une riche famille, les De Chaussecourte.

Très bien accueillis par des gens chaleureux, Jules va profiter des vacances scolaires pour découvrir la région et les personnes qui l’habitent. Les De Chaussecourte devant partir en vacances pour un mois, il aura ainsi tout le loisir de parcourir la grande demeure et le parc qui l’entoure.

Sa curiosité est excitée lorsque dès le premier soir il entend des bruits et une voix d’outre-tombe l’appeler. Cachée derrière une bibliothèque, il décèle alors une pièce abandonnée qui fut le bureau de l’ancien propriétaire de la maison ; surprenante et pleine de singularités avec des collections d’insectes. Le lendemain, c’est la cuisinière qui lui raconte la triste histoire des De Crochemarre qui avait vécu trois drames successifs cent ans plus tôt. Le père était un naturaliste renommé qui avait fait la campagne d’Égypte de Napoléon et qui avait ramené la Pierre de Rosette. A son retour de l’expédition, il avait eu une crise cardiaque et en était mort. L’année d’après, c’est son jeune fils Barnabé qui s’était noyé dans le bassin du parc. La mère, devenue folle, fut internée dans un asile où elle y mourut.
Jules, grand amateur de romans policiers et plus particulièrement du livre « Le mystère de la chambre jaune » avec le héros Rouletabille, décide de commencer une enquête car il est persuadé que ces morts ne sont pas naturelles ou accidentelles et que, comme lui souffle une voix intérieure et les confidences de Monsieur De Crochemarre faites dans un cahier, elles sont dues à une ancienne légende, la malédiction de la déesse Datura… Malédiction, relique, femme, scorpion, pacte, démons, sacrifices…
Assez rapidement dans les archives de la mairie, Jules découvre des évènements qui étayent ses soupçons car tous les ans, la commune répertorie des morts étranges.

Son incursion dans la petite ville d’Hurlus-le-Mort-Homme, se fait aussi lors d’une fête annuelle où on lui présente des personnalités influentes ; le maire Monsieur Vampierre, le notaire Monsieur Lecroquenec et le directeur du lycée Monsieur Landemorre où il poursuivra sa scolarité à Notre-Dame-de-la-Désolation dès la rentrée en octobre. Conscients de leur importance, ces trois notables semblent bien trop mystérieux et calculateurs pour être honnêtes.
Ce même jour, il rencontre également un garçon de son âge avec qui il sympathise immédiatement. Aristide, nanti d’un caractère impétueux et d’une gouaille de titi Parisien, sera le parfait acolyte pour l’aventure qui se profile. Et plus tard, un troisième luron les rejoindra, en la personne de Lothaire, le fils d’un diplomate qui sera interne au lycée.
Un peu embarrassé, Jules confie ses déductions à Aristide qui prend au sérieux ses élucubrations fantaisistes et, friands de romans policiers aux énigmes fantastiques, tous deux se retrouvent dans une dimension digne des histoires de Jules Verne et de Gaston Leroux. Surtout lorsque le libraire, Monsieur Papyrus, les convie à assister à une représentation de spiritisme avec une médium qui par la voix de l’esprit de Barnabé, le fils De Crochemarre, leur annonce qu’un sacrifice sera bientôt commis et qu’il faudra faire attention « au vampire de la lande morte et au croque-mort »

Dans ce premier tome, l’auteur rassemble trois jeunes adolescents héroïques qui s’unissent pour défier une société secrète, avide de puissance, qui œuvre pour la cruelle déesse Datura, démone des ténèbres. Accompagnés d’un chien qui les aide dans leur périple, Jules Rouletabille, Aristide l’Intrépide et Lothaire de Téméraire sont confrontés à des phénomènes surprenants, terrifiants et sanglants. Sur un rythme trépidant et plein de suspense qui ne cesse d’évoluer au fil des pages, le quatuor bien audacieux nous embarque dans un univers surnaturel baigné de violence. Mais que le jeune lecteur à l’émotivité titillée se rassure, nos braves héros seront les plus forts ! et ça se lit très bien.
A cette intrigue bien menée, l’auteur nous plonge dans les débuts du 20ème siècle et nous raconte toute cette époque à travers la littérature (ses romans, ses auteurs), les évènements et personnages historiques, et la désuétude des us. La rentrée scolaire se faisait au début d’octobre, le jeudi était un jour de congés, et l’écolier qui avait un stylographe était bien gâté !
Je vous recommande grandement ce roman d’aventure du genre fantastique, qui m’a rappelé de nombreuses lectures de ma jeunesse et du plaisir que j’avais à les dévorer. Il a toutefois un charme bien à lui… Et j’espère pouvoir retrouver nos amis dans la suite à venir. Le dernier paragraphe du livre porte la date de 1916 et parle déjà de la nostalgie de l’été 1912.

 

 

 

Eliott et la bibliothèque fabuleuse

Challenge Petit Bac avec Enna, catégorie « Livre »
Un livre offert par Sharon
Une semaine de romans pour la jeunesse – 4

 

 

Eliott et la bibliothèque fabuleuse
Pascaline Nolot

 

Lorsque dans un livre, un petit garçon trouve son salut…
Eliott Tartignol (on peut avoir mieux comme patronyme !) est un petit garçon solitaire et malheureux qui va à l’école avec un nœud au ventre. Tous les jours, il fait l’objet de persécutions morales et physiques de la part de Charlie et de ses sbires, Illio et Nico, des jumeaux pas très futés qu’il rebaptise dans sa tête Idiot et Nigaud. Il aimerait bien dénicher une solution, mais il n’en trouve pas, et quand il essaie d’en parler à sa mère, celle-ci lui répond que si Charlie le tarabuste constamment, c’est qu’elle est attirée par lui. En somme, elle aurait un petit béguin pour lui. Oui… parce que Charlie est une fille ! A la voir, on lui donnerait l’absolution sans lui regarder les dents ; petite fille toujours bien vêtue, bien coiffée, avec un regard d’une candeur de madone. Sauf qu’en vrai, elle est un diablotin, une petite méchante… une harceleuse tyrannique.

Un jour à la sortie de l’école, pourchassé par ses tortionnaires, Eliott trouve refuge dans la bibliothèque municipale. L’établissement est un sanctuaire qu’il connait dans tous ses rayonnages. A l’abri, il se retire dans un coin et laisse passer les minutes en grignotant des bonbons. Puis les minutes deviennent des heures car Eliott s’est endormi. En se réveillant, il découvre que la bibliothèque a fermé ses portes et qu’il en est prisonnier.
Seul ? Pas tout à fait ! Face à lui, le gros chat qui hante les lieux le regarde d’un air pas commode. Et tout vire au cauchemar lorsque le chat se met à parler en criant : « Alerte intrusion ! Code 10-24 ! Je répète : ennemi sur place ! Renforts demandés ! ».

A ce stade de l’histoire, nous nous questionnons avec Eliott. Est-il bien réveillé ? A-t-on bien lu ? Un chat qui parle, ce n’est que dans les livres qu’on en trouve ! Mais le pire est à venir… Des petits rats, des automates en fer mécanisés, viennent le ficeler pour l’enfermer dans un placard. Maaaow, le chat qui dirige les troupes, l’accuse de délits et le met en détention provisoire avant de le juger. Abracadabrant délire !
C’est Monsieur Caleb, le bibliothécaire, qui vient le délivrer, lui expliquer ce qu’il se passe et lui citer ses droits. En tant que directeur de la BRB, Brigade des Rats de Bibliothèque, il n’a le pouvoir que de l’assister durant son procès et il ne peut le libérer, car Eliott est accusé d’intrusion et d’espionnage.

Un chat doté de parole et de jugement, une armée de rats sous ses ordres, un bibliothécaire qui mène une double vie et pour la parodie du tribunal, s’amène … Basile le fantôme, qui va officier en tant qu’avocat de la défense. En trois coups de marteau, la sanction tombe. Soit on lui efface la mémoire, soit il garde le secret absolu. Si la première condamnation n’est pas du goût d’Eliott, le juge Maaaow qui se montre méfiant, n’agrée pas beaucoup la seconde. C’est donc d’un commun accord, qu’ils décident de surveiller le jeune garçon au sein même de leurs unités et de l’embaucher suivant leur devise : « Lire et Servir ».

Trois tâches sont imposées. D’abord, il va être au service de la section des archives, au Tri Spécial. Par la suite, il devra voyager dans les livres pour sauver des âmes en peine. Et si tout va bien, s’il ne se fait pas dévorer par une bête ou un ogre dans un conte, il ira aider le Bibliomancien à mettre de l’ordre entre les pages.
La bibliothèque est composée de cette dimension invisible dans la journée et la nuit, elle devient le théâtre vivant d’un monde tout dévoué aux livres, aux histoires, à leurs personnages, aux mots, aux paysages de lettres et d’encre. A l’aide de marque-pages, les membres du BRB balisent leurs descentes et leurs voyages. Les missions sont très périlleuses car parfois on peut s’y perdre et ne jamais retrouver le tunnel qui mène au monde réel.

Eliott découvre aussi qu’il existe un livre vital pour lui, « L’indispensable guide de survie du souffre-douleur », et il voudrait bien mettre la main sur lui. Tout à ses aventures incroyables, fantasmagoriques, il essaiera aussi de l’obtenir et ainsi modifier la trajectoire de sa vie !
Pfff… il se passe de ces choses dans les bibliothèques !!!

Adorable conte dans le genre les livres sont nos amis. L’auteur connaît bien l’univers des lecteurs, elle sait qu’on pénètre les livres et que leurs histoires nous font voyager. L’objet, leur odeur, leur toucher, la magie opère avant même leur lecture. Eliott vit un drame tous les jours et personne ne lui vient en aide. Ses camarades n’osent pas, son institutrice ne le voit pas, son père est accaparé par son travail et sa mère, malgré tout l’amour qu’elle lui porte, reste aveugle et sourde à sa détresse. A travers les livres, il peut alors s’évader et se trouver du courage. D’ailleurs, c’est grâce à l’un d’eux, qu’il pourra s’affranchir de son rôle de « souffre-douleur ». Parfois la solution est toute simple, mais elle demande du caractère, une force qui tient plus du mental que du physique.
Écrit avec finesse, humour et une certaine poésie fantaisiste et imagée, cette histoire plaira aux enfants pour ses aventures, sa magie et sa justice.
Je vous recommande donc ce très sympathique roman !

Un gloutomot ?