Petit vampire et la maison qui avait l’air normale


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
et Mercredi BD chez Moka

 

 

Petit Vampire
et la maison qui avait l’air normale
Tome 4
Joann Sfar

 

Petit Vampire voit dans les bois une maison qui semble au premier coup d’œil, « normale ». Mais… à l’intérieur, il rencontre une créature verte tenue prisonnière qu’il va appeler Chaipas. Car quand il lui demande son nom, l’autre lui répond chaipas. Lorsqu’il lui demande ce qu’il fait ici, la réponse est chaipas. Et quand il découvre des monticules de crânes et les automates d’un homme et une femme mis en scène dans un semblant de normalité, le petit monstre qui ressemble à une pieuvre dit… chaipas !
Pour comprendre ce qu’il se passe, Petit Vampire et Chaipas montent à l’étage. Dans une pièce, tout un attirail de machines avec leviers, de tubes, de pistons en action, de bocaux en ébullition, forment un sacré bazar ! Intrigués par leur découverte, ils font la bêtise d’actionner une manette qui les propulse dans un monde encore plus étrange, où d’autres créatures pas très sympathiques s’entretuent.
Mais c’est quoi ce cirque ? dans quel univers sont-ils tombés ? De caverne en caverne ou d’oubliette en oubliette, Petit Vampire et Chaipas vont rencontrer un monstre qui va tout leur expliquer. Leur monde est le ménisque, une dimension située entre l’air et l’eau. Il fut un temps où les différentes créatures qui le peuplaient, vivaient en bonne harmonie, puis un jour, des Terriens sont venus entreposer des armes et tout a changé.

Ce n’est que dans la moitié de l’album que l’histoire prend un sens. On lit frontières, identités, djihad, peuples du dessous, peuples du dessus et guerres. Petit Vampire va faire le triste constat que les Terriens ont amené la violence et que depuis, les sentiments guerriers sont exacerbés, sans solidarité et sans paix.
Il va falloir trouver une issue…

Je commence mon incursion dans la série du Petit Vampire avec ce quatrième tome qui je pense ne doit pas être le plus facile ! J’ai dû relire l’album plusieurs fois pour arriver à le comprendre et à l’apprécier. Farfelu, fantastique, fouillis, dense, noir, le scénario aborde une réflexion assez réelle sur les hostilités et les affrontements entre communautés. Le tous ennemis mène à une perspective très pessimiste sur notre société, notre planète.
Quant aux dessins, il faut aimer le crayon de l’auteur, et moi, j’aime beaucoup.
Une lecture pas évidente, mais à noter !

 

 

 

Anna et son fantôme, Tome 1, Le plus envoûtant des secrets


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde

 

Anna et son fantôme
Le plus envoûtant des secrets, Tome 1
Franck Krebs

 

Suite au divorce de ses parents, Anna et sa mère aménagent dans une vieille maison ; impasse des Brumes… Une serrure à l’entrée rouillée, des lambris vermoulus, des papiers peints fleuris, une plomberie vétuste, des gravats dans toutes les pièces, la jeune adolescente cherche ce qui a pu séduire sa mère dans ce capharnaüm ! Ne fallait-il pas se méfier de l’annonce : « Maison particulière de caractère, nécessitant quelques travaux de rafraichissement. » ?
Alors qu’Anna désespère, tout en lessivant la nouvelle cuisine, dans le grenier, Rodéric de Rougemare peste après ces nouvelles propriétaires. Dix années de solitude et de sérénité, et voilà maintenant qu’il doit cohabiter avec une femme et sa fille, toutes deux bavardes et bruyantes ! Des envies de zigouillage, de charcutage, de pulvérisation lui passent par la tête. Et pendant que Rodéric fulmine et envisage les pires tourments qu’il pourrait leur faire endurer, Anna visite la demeure, du rez-de-chaussée au… grenier…
Mais au grenier, la curieuse ne s’attend pas à faire la plus extraordinaire expérience de sa vie ! Un fantôme ! Cette forme blanche, vaporeuse, n’est pas une hallucination.

Le roman donne la parole à Anna et Rodéric. Chacun à son tour raconte cette rencontre et cette amitié naissante qui débute assez mal. Rodéric est un fantôme vieux de trois cent soixante cinq ans, qui reste pour l’éternité un adolescent de quatorze ans, âge de sa mort. Anna qui a le même âge aimerait bien s’en faire un ami, et se fait très insistante. Mais d’après les lois du Haut Conseil des fantômes, il est interdit de fréquenter les « vivants » et les sanctions peuvent être terribles !
Que faire lorsqu’il est leur est impossible de s’ignorer ? Entre un jeune homme respectueux des règles et une jeune fille qui s’en soucie fort peu, il y a forcément des étincelles…

Ce livre est le premier et dernier tome d’une série que l’auteur aurait certainement aimé poursuivre comme sa série des Tom Cox que mon fils avait tant aimée, mais décédé trop tôt en 2015, il n’a pas pu le faire.
L’histoire est toute en douceur et humour autour des thèmes du divorce des parents, de l’adolescence et de la vie après la mort. Il existe un monde de fantômes qui vit en parallèle du nôtre, avec leurs codes écrits dans un Paulus. Rodéric a des amis assez singuliers qui voyagent à travers les airs en un claquement de doigts et des ennemis, de méchantes goules qui aspirent l’âme.
Un roman qui se lit facilement et qui pourrait plaire aux jeunes enfants qui commencent à maîtriser la lecture.

 

 

 

Dessin de l’illustratrice Solène Debiès pour ce livre

 

 

Chasseur noir


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Challenge thriller fantastique avec Sharon

 

Chasseur noir
Michel Honaker

 

En pleine nuit, caméra infrarouge en main, le reporter Haskell est en planque derrière une plateforme de ferrailles pour surprendre le commanditaire du meurtre du maire de New York. Dans ce cimetière de carcasses de voitures, la scène a de quoi ébranler le plus téméraire des hommes. Entouré par des croque-morts, Philozoar Reles, un maître en magie noire, passe un pacte avec un certain Mr. Smith, dans une sorte de représentation macabre. Mais très vite, Haskell découvert, est poursuivi par les croque-morts qui le traquent, non pas sur leurs deux jambes, mais à quatre pattes… dents et griffes sorties.

Ebenezer Graymes, professeur en démonologie et traditions anciennes, est invité à donner des cours à l’université de Columbia. De retour d’un long voyage en Égypte, il revient à New York l’âme encore lestée par la nostalgie du désert. C’est là-bas qu’il a laissé la sépulture de son père spirituel le docteur Neery, un mentor qui a su le maintenir hors des mondes de l’obscur, car Graymes n’est pas seulement télépathe ou psycho-kinésiste, il est aussi la réincarnation de grands magiciens qui connaissaient la Cabale, Les livres de Salomon, Le Florilège des astres perdus, Le Penduleum des nécromanciens…
En bordure de l’East River, dans la vieille maison néogothique de Neery, Graymes se réapproprie les lieux en s’imposant comme seul maître. A un gnome appelé Goffon, employé par Reles, il annonce que bien des choses vont changer et que des règles plus strictes vont être établies. Il semblerait que la ville soit le théâtre de sorcelleries en tout genre et qu’elle mérite vraiment son nom, « ville des impossibles ».

L’inspecteur de la criminelle Trevor Meredith a deux dossier sur les bras ; la mort du maire et celle du reporter Haskell qui a laissé une vidéo dans laquelle il dénonce des affaires hautement démoniaques. Afin de mener à bien son enquête, il se rend à Montague Street où vivait le Dr Neery, un consultant avec qui il avait travaillé au début de sa carrière.
En tapant le heurtoir de la porte d’entrée, ce n’est pas sa vieille connaissance qui le reçoit, mais un nouveau locataire, un homme encore jeune, grand, au visage émacié, blême, et à la longue chevelure couleur corbeau.
Graymes, le Chasseur noir, et son épée, la lame mangeuse de démons, vont aider Meredith à trouver les assassins… et ainsi défier celui qui se considère comme le souverain de New York.

Premier tome d’une trilogie, j’ai passé un très bon moment entre ces pages qui se sont lues beaucoup trop vite. Ces livres sont une version édulcorée pour la jeunesse de la série en dix-sept volumes, « Le Commandeur », qui retrace les enquêtes du professeur Graymes, un justicier sorcier.
Roman fantastique et roman policier, on suit Graymes dans un New York dangereux et maléfique. Sorcellerie, nécromancie, occultisme, envoûtement, démons, pentacles… on en a plein les mirettes !
Une intrigue bien menée, avec un épilogue à la hauteur, je ne vais pas tarder à lire la suite.

A recommander !

 

 

Malefica


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Polars fantastiques avec Sharon

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Malefica 1Malefica
Hervé Gagnon

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En 755, sous le règne de Pépin le Bref
Un prisonnier de haut lignage, tenu au secret dans une tour, reçoit pour seule visite celle d’une jouvencelle qui vient le soigner régulièrement. Puis un jour, malgré l’immense plaisir qu’il a de la voir, il lui intime l’ordre de ne plus venir. Il sait que sa mort est programmée pour bientôt.

En 1631, sous le règne de Louis XIII,
Dans le village d’Abelès, la guérisseuse et sage-femme, Catherine Dujardin, aide sa fille Anneline à mettre au monde son bébé. Comme toutes les femmes de leur lignée, elle accouche d’une petite fille qu’elle appelle Jeanne. Jeanne porte la tâche en forme d’abeille qui symbolise l’ordre antique de leur déesse. Mais afin de les protéger de l’Inquisition, le bon curé Bardou ne tarde pas à donner sa bénédiction, car même si elles sont appréciées et demandées par le village, quelques mauvaises âmes n’hésiteraient pas à les traiter de sorcières.
Pendant que la petite Jeanne grandit, instruite par ses deux aînées dans le métier de guérisseuse, pas loin d’Abelès, François Morin, un ancien soldat très valeureux qui avait fait le siège de La Rochelle et avait secouru Jean Armand du Peyrer Comte de Trouville (Capitaine de la compagnie des Mousquetaires), monte une forge pour devenir armurier. Bien installé, de bonne réputation, et heureux en famille, le sort en la personne de Gaston de Villefort, le gabeleur du comté qui commet des exactions sans scrupule, vient le terrasser en tuant sa femme et sa fille. Fou de douleur, François rend sa justice en tuant à son tour le meurtrier, puis s’enfuit en étant gravement blessé.

Poursuivi par le prévôt Reynaud de Villefort, le frère de Gaston, François est retrouvé agonisant dans un fourré par Anneline qui l’emmène chez elle pour le soigner. Suite à cet acte qui suscite la jalousie d’un amoureux éconduit, la jeune guérisseuse va être accusée de sorcellerie et subir un procès mené par l’abbé Guillaume Fagot, un fanatique de l’Inquisition ami de Guy de Maussac. Calomnies, faux témoignages, un bûcher qui est érigé, Anneline voit aussi sa maison brûler et sa mère mourir. Pour elle et Jeanne, il ne reste alors que la fuite, et c’est avec l’aide de François qu’elles partent sur les routes en direction de Paris, avec pour seul héritage, un mystérieux livre de paraboles datant de l’ère mérovingienne, très convoité par l’Église et les hommes de la couronne, qu’elle va essayer de décrypter pour assurer leur survie.

Premier tome d’une trilogie, le roman s’articule autour de nos deux héros pourchassés par l’Église et les hommes de Reynaud de Villefort. Roman épique, rien ne leur est épargné et c’est avec courage et détermination qu’ils cheminent vers les embuches.
Une intrigue longue de 500 pages, le style est fluide malgré des longueurs et des passages très durs sur les tortures pratiquées par l’Inquisition. Des personnages aux tempéraments marqués, une incursion détaillée à l’époque de Louis XIII avec des personnages historiques tels que Richelieu et les Mousquetaires, de la romance, du surnaturel, beaucoup de combats, du mystère et un secret vieux de près de mille ans, peuvent plaire aux lecteurs initiés qui ne s’ennuieront pas. Mais pour ma part, j’ai moyennement apprécié et ne pense pas lire la suite. 

 

Sacre de Pépin le Bref

 

 

Jackaby – Tome 1

Un livre offert par Babelio et les Éditions Bayard dans le cadre des Masses Critiques
Challenge polars avec Sharon

 

 

Jackaby
William Ritter

 

Nouvelle-Angleterre, 1892,

Abigail Rook, dix-sept ans, a quitté l’Angleterre depuis un an pour fuir la vie que ses parents lui destinaient après ses études. Épouser un homme à la situation déjà établie, porter des tournures et des corsets, avoir des enfants et tenir une maison n’étant pas ses aspirations premières, elle était partie dans les Carpates sur un site de fouilles archéologiques, en quête d’émancipation. Et pour continuer l’aventure, elle avait pris un bateau pour la Nouvelle-Angleterre.

En ce mois de janvier 1892, elle se retrouve sur le port de New Fiddleham, seule et désargentée, à la recherche d’un gite et d’un travail. Courageuse, déterminée et doté d’un bel optimisme, elle répond à une annonce pour un emploi chez un détective privé peu ordinaire, Mr R.F. Jackaby, spécialiste en phénomènes inexpliqués, qui enquête et donne des conseils sur des affaires d’ordre paranormal.
Séduit par l’intelligence et les capacités d’Abigail, Jackaby l’embauche et met à sa disposition une chambre dans sa grande maison, une bâtisse tout aussi étrange que lui, pleine de vieux livres, d’éprouvettes, d’ossements et d’une collection de runes gravées, qu’il partage avec un fantôme, la belle Jenny, et Douglas le canard chargé des archives, qui fut avant sa transformation un charmant jeune homme.

Après avoir accepté le fait qu’un monde surnaturel venu des croyances du vieux continent puisse exister, Abigail est confronté à sa première enquête, la mort d’un journaliste du Chronicle retrouvé dans son lit, vidé de son sang, avec pour seul indice l’empreinte d’une chaussure métallique.
Si Jackaby a la faculté de percevoir l’invisible et le fantastique, Abigail, très observatrice, est capable de voir l’ordinaire, toutes ces petites choses qui mènent à bien une investigation.
Passant outre la colère de l’inspecteur chef Marlowe qui ne voit pas d’un bon œil cette intrusion, Abigail et Jackaby vont rechercher le meurtrier dans l’univers des créatures fantastiques et découvrir qu’une vieille dame, qui est en réalité une banshee, annonce par des pleurs les morts survenues et à venir, car celui qui vient de mourir, Arthur Bragg, ne sera ni le premier ni le dernier cadavre.

Banshees, fantômes, trolls, lutins, métamorphes, leprechauns, Abigail n’est qu’au début de ses surprises…

Ce tome est le premier d’une série, dans laquelle Abigail et Jackaby traquent des assassins qui n’ont rien d’humains. Comme le duo d’Arthur Conan Doyle, Holmes et Watson, elle est l’assistante et la narratrice, lui est un enquêteur hors norme. Si je fais le parallèle avec une autre série, je pense également à la saga de l’Epouvanteur de Joseph Delaney, avec toutes les créatures surnaturelles issues des contes et légendes, l’action et le côté obscur.
L’histoire se lit bien, elle est du genre accrocheuse (suspense, frissons et émotions), et les personnages principaux sont tous attachants avec leur part de mystère et de fragilité.
Je recommande donc ce roman fantastique, aux initiés du genre… Mais je recommande, aussi, aux jeunes lecteurs qui souhaiteraient s’aventurer dans un autre monde.
A suivre !

 

 

Banshee, illustration de W.H. Brooke pour les Fairy Legends and Traditions of the South of Ireland de Thomas Crofton Croker, 1825

 

 

Un monde après l’autre

Un livre offert par Babelio et HC Editions

 

Un monde après l’autre
Les chroniques de St Mary
Jodi Taylor

 

Le docteur Madeleine Maxwell qui vient de terminer ses études d’Histoire à l’université de Thirsk, est embauchée à l’institut de recherches archéologiques St Mary. Mais ce centre classé top secret, comme elle le constate très vite, n’est pas un lieu de recherches comme les autres. Imaginez qu’on puisse enfin voyager dans le temps à bord de capsules aménagées pour les séjours et qu’on puisse ainsi enquêter sur notre Histoire ; assister à la guerre de Troie, à la construction des pyramides, au couronnement d’Elizabeth Ire, aller jusqu’à  la période du Crétacé et voir des dinosaures… vérifier les évènements et revenir les rapporter le plus fidèlement possible, tout en essayant de ne pas bousculer l’ordre des choses.

Roman d’aventure, roman fantastique, cette histoire, premier tome d’une longue série, revisite le livre « La machine à explorer le temps » de H.G. Wells, dans un rythme beaucoup plus trépident et rocambolesque. C’est Madeleine qui nous relate les péripéties à multiples rebondissements, entre une formation physique et théorique très difficile, où seulement trois historiens sur sept seront sélectionnés, et ses sauts dans le passé qui parfois auront des dénouements tragiques, car les incidents nombreux occasionneront des pertes humaines.

Divisé en trois parties, le livre nous fait passer de l’apprentissage, aux premiers voyages, et des missions à un épilogue explosif qui dénoue certaines intrigues (vengeances, trahisons, conspirations) et qui en amène d’autres. Un cruel adversaire, pire que les plus vilains raptors, menace St Mary et son directeur, le Dr Edward Bairstow.
Dans une ambiance excentrique et légère, qui n’est qu’une façade car les employés tentent d’oublier les aspects dangereux de leurs tâches, Madeleine, que tout le monde nomme Max, apprend vite à reconnaître les caractères de ses collègues, accordant ainsi sa confiance à certains et à d’autres sa défiance. Elle trouve un allié en la personne du directeur technique Léon Farrell qui va souvent l’orienter dans ses actes et l’influencer dans ses jugements, sympathise avec un historien Tim Peterson qui sera par la suite un binôme sur qui elle pourra compter, et découvre des adversaires sans vergogne au sein même de l’entreprise qui lui réserveront de terribles surprises.

Avec pour narratrice son héroïne charmante, courageuse, résolue et fougueuse, l’auteur donne à notre lecture un ton à l’humour mordant et un tempo frénétique, en action comme en émotion. Les intermèdes où Madeleine s’accorde du répit sont peu fréquents… A tout cela, se greffe une romance qui ajoute du peps au scénario.

Je vous recommande cette sympathique lecture qui vous divertira. Oubliez le rationnel et embarquez-vous à bord d’une de ces capsules !

 

Photo du film Jurassic Park

 

 

 

 

 

La Reine des Neiges

Challenge nordique de Cryssilda, en route avec un auteur Danois
Il était cinq fois Noël de Chicky Poo et Samarian
Une lecture commune avec Nahe et Fondant qui a vu une adaptation animée assez fidèle au conte.

 

 

La reine des Neiges
Hans Christian Andersen
avec des illustrations d’Edmond Dulac

 

Hans Christian Andersen a publié en 1844 ce conte composé de sept parties, dans le recueil « Nouveaux Contes ».

Il raconte l’histoire de deux petits enfants, Kay et Gerda, qui s’aimaient comme frère et sœur. Voisins, ils passaient leurs journées à jouer ensemble, et lorsque le soir tombait et qu’ils rentraient chacun dans leur maison, ils continuaient à se retrouver en se regardant derrière les fenêtres de leur chambre. Leurs familles étaient pauvres, mais les enfants étaient heureux et inséparables. Dans un coin de leur cour, ils avaient créé des petits jardinets dans des bacs. Parmi les fleurs, il y avait de nombreux rosiers car la rose était la fleur préférée de Gerda… L’hiver, la neige recouvrait tout, et le soir, ils s’observaient à travers le givre qui dessinait sur les carreaux de la belle dentelle et d’autres fleurs. D’après la grand-mère de Gerda, c’était la Reine des Neiges qui jetait des flocons de son traineau en survolant la ville.

Mais… Dans son introduction le conteur narre que le diable et ses démons avaient fabriqué un miroir qui avait la faculté de refléter les choses les plus laides et les plus méchantes. Le beau et le bon se déformaient en de vilaines caricatures. Jusqu’au jour où en s’amusant à voler avec le miroir dans le ciel au plus près des anges et des saints pour les narguer, les diablotins le lâchèrent.
Le miroir se cassa et des milliers de débris de la taille d’un grain de sable tombèrent sur le monde en commettant de graves dégâts.
Ainsi commença l’histoire, lorsque Kay reçut un fragment qui s’inséra dans son œil, puis dans son cœur…

De jour en jour, Kay changeait, devenait de plus en plus méchant et ridiculisait tout le monde. Il jouait avec d’autres amis et délaissait Gerda. Un après-midi, alors qu’il venait une fois de plus de la rudoyer, il partit avec son petit traineau vers la grande place où tous les gamins intrépides se réunissaient. Le jeu consistait à attacher leurs traineaux aux charrettes des paysans qui, ainsi, les baladaient autour de la ville. Kay attacha donc le sien à un magnifique traineau blanc qui passait et qui l’emporta vite, très vite, et très loin…

On ne retrouva plus Kay et on l’imagina mort dans les eaux glacées de la rivière. Tout le monde, sauf Gerda qui, sur les dires du Soleil et des hirondelles, avait l’intime certitude qu’il était tenu prisonnier quelque part. Ce qu’elle ne savait pas encore, c’est que son ami avait été emporté par la Reine des Neiges.

A partir de la troisième partie du conte, Gerda part toute seule à l’aventure et, comme dans toutes les quêtes initiatiques, elle fait de nombreuses rencontres !

Elle cherche Kay dans la rivière, où elle jette ses petits souliers rouges en guise d’offrande. Elle monte dans une barque qui la mène chez une vieille dame gentille qui l’accueille.  Mais en fait la vieille dame est une magicienne qui souhaite avoir à ses côtés une belle enfant comme elle et qui l’ensorcelle tous les jours en lui peignant les cheveux. Elle retrouve sa liberté grâce à une rose qui lui rappelle Kay.


La quatrième partie la transporte dans un royaume où une corneille pensant, à tort, savoir où se trouve Kay, la mène vers une princesse et son prince. Attristés par l’histoire de Gerda, tous deux lui donnent des habits, de la nourriture et un carrosse pour continuer son voyage…

La cinquième partie retrace sa rencontre avec la fille d’un brigand.
En voyant passer le luxueux carrosse et à son bord une belle enfant richement parée, une bande de brigands l’arrête pour la détrousser et tue le cocher.

Avant qu’elle ne soit tuée à son tour, la fille du brigand la réclame pour qu’elle soit sa prisonnière et sa compagne de jeux. Capricieuse et déterminée, elle lui impose de rester tout le temps avec elle. C’est durant la nuit que Gerda commence à lui confier le but de ce voyage vers un pays du grand nord, la Laponie. Car elle a appris par les ramiers de la forêt où se trouvait Kay.
Sensible à ce qu’elle lui dit, la fille du brigand la pousse à reprendre le chemin et lui offre un renne pour la transporter.
Le renne qui était en captivité se montre ravi de retourner chez lui…


La sixième partie la conduit chez une vieille Laponne à qui Gerda demande la route qui la mènera vers le palais de la Reine des Neiges. Mais celle-ci ne sait rien et elle la recommande à une amie qui habite en Finlande.

A partir d’un grimoire, la Finnoise, un peu sorcière, lui dévoile ce qui est arrivé à Kay ; de l’éclat de verre enfuit dans son cœur jusqu’à sa disparition. Pour la dernière partie de sa tâche, elle lui dit comment sortir Kay de sa transe et comment vaincre l’emprise de la Reine des Neiges.

Le chemin a été long et de nombreuses années se sont écoulées.
Gerda prendra conscience de ce fait, bien après avoir découvert Kay, lorsque tous deux retourneront chez eux où la grand-mère les attend. Bien des étés et des hivers sont passés, et elle a toujours gardé espoir de revoir les enfants. Le conte se termine par…

« Les roses fleurissent et se fanent.
Nous verrons bientôt l’enfant Jésus. »

Ce conte est un des plus jolis contes d’Andersen, poétique, fantastique et épique. Gerda s’aventure en toute innocence sur un chemin bien périlleux, mais les embuches s’effacent devant son courage et son cœur pur.
Les sept parties sont des petits épisodes qui peuvent se lire chaque soir de la semaine. J’ai choisi cette vieille parution pour les illustrations d’Edmond Dulac, mais il y en avait bien d’autres aussi tentatrices, comme celles d’Arthur Rackham.

 

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