Pains d’épice, gâteaux et biscuits de Noël

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Il était sept fois Noël avec Samarian et Chicky Poo

 

  Pains d'épice, gâteaux et biscuits de NoëlPains d’épice, gâteaux et biscuits de Noël
Ulrike Skadow
Photographies de Nicolas Leser

 

Les biscuits qui sont présentés dans ce livre sont dans l’esprit de Noël. A leurs seules évocations, il y a de la magie qui s’en dégage et du bonheur, aussi…

Les images se succèdent et offrent des tableaux de paix, de chaleur, de convivialité et de joies. Ce sont des goûters au coin du feu avec un mug de chocolat chaud ou une tasse de thé au miel. Ce sont des arômes de cannelle, de muscade, de girofle, de gingembre, d’anis, d’oranges et de pins. Ce sont des préparatifs de l’Avent avec les décorations de la maison et celles du sapin. Ce sont des histoires du Père Noël et des lutins…
Avec les soixante recettes proposées, vous faites un tour du monde et vous rencontrez tout le traditionnel de cette fête de fin d’année ; truffes au chocolat, pain d’épices, cake, pudding, nonnettes, fudges, tuiles, florentins…

Je vous recommande ce beau livre de cuisine et de partages !
 

1. Bruns de Bâle
2. Brunkager danois

 

 

Les maisons romantiques d’Angleterre


Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie adjectif

 

 

Les maisons romantiques d’Angleterre
Barbara et René Stoeltie

 

Lorsque nous évoquons la campagne anglaise, magnifique écrin pour des maisons romantiques, nous voyons aussitôt des tableaux de Gainsborough, de Turner et de Constable. Nous avons aussi des titres de romans et des auteurs. Jane Austen l’a très bien décrite dans ses livres en nous rapportant un décor et une atmosphère. Mais également les sœurs Brontë, Agatha Christie, Thomas Hardi, Wilkie Collins, Arthur Conan Doyle… et bien d’autres encore !

Nichées au creux de vallons, derrière un bois, face à la mer, sur une lande, dans un cadre verdoyant à l’abri ou sur une terre rude tourmentée par les vents, ces demeures sont des manoirs géorgiens, des maisons palladiennes, des presbytères gothiques et des petits cottages rustiques en pierre garnis de vieux rosiers.
Rénovées, entretenues, nouvellement acquises ou héritées, elles sont décorées en fonction de l’âme des lieux mais aussi en fonction des goûts des propriétaires. Certains vont rendre une authenticité dans la recherche des objets, des meubles et des tissus, puis d’autres vont être plus fantaisistes en apportant une touche personnelle et moderne.
Dans ce livre, on peut admirer de très belles maisons et des petits pavillons aux toits de chaume.

On débute dans le Hampshire avec Chawton Cottage, la modeste maison de Jane Austen qui est habillée d’une sobriété presque austère. D’un intérieur de style néo-classique pour la salle à manger, avec un papier peint fleuri où sont accrochés des petits cadres et une belle cheminée, nous voyons que le seul luxe qui est resté sont un service Wedgwood et un portrait immense, qui tient tout un mur, du troisième frère de Jane, Edward Austen Knight.

Nous poursuivons avec une maison géorgienne du XIXe siècle, dans le Sussex. Près de la mer, les propriétaires ont donné un style élégant et baroque en lustrant les beaux planchers, en patinant les peintures, en les écaillant, et en l’agrémentant de meubles du XVIIIe. Le charme réside dans les trésors amassés sur les plages et la patine ancienne.

Dans le Wiltshire, une demeure de style jacobéen du XVIIe siècle nous ouvre ses portes. L’agencement a été fait par une décoratrice suédoise installée à Londres qui créée pour ses clients des intérieurs chaleureux. Les bois sombres se marient très bien à des teintes chaudes, des velours damassés, des plats en étain et des tapis dits « somptueux ». A cette Haute époque, elle mêle des tableaux contemporains qui dans cet univers ne dépareillent pas du tout.

Toujours dans le Wiltshire, on nous propose d’entrer à Keeper’s Lodge, le vieux pavillon du XIXe siècle d’un garde chasse. Antony Little, un créateur de tissus, a fait revivre cette petite maison digne d’un conte de fées, très pittoresque, en la restaurant et en lui donnant un style cosy et victorien. Les motifs des tissus, coussins, plaids, fauteuils, tentures, courtepointes, se confondent dans des écossais, des cachemires et des fleurs, le tout  s’organisant dans un hétéroclisme assez chargé, mais structuré.

Ces quatre  premières maisons ne sont que les premières pages de ce beau livre. Par la suite, nous traversons d’autres régions pour visiter d’autres demeures, imposantes ou pas, avec de vieilles pierres et d’antiques parcs pour nous faire rêver.

Il y a des univers chargés de faïences venues des manufactures anglaises avec leurs vaisseliers bien remplis, et des pièces qui se mettent en scène, pleines de curiosités, de livres et de collections. Les murs couverts de chaux, des alcôves accueillantes, de grands tapis aux trames usées, des fauteuils en cuir, des tables dressées, des cheminées allumées, des vitraux, des boiseries, des trompes l’œil, des fers forgés, des marbres, des statues, des gargouilles, des paniers en osier suspendus… des bouquets champêtres, un géranium tourné vers la lumière derrière le châssis d’une fenêtre… Et certains ont voulu rendre un effet en laissant des pièces vides, seules entités avec leurs sols boursoufflés et leurs murs décrépis. « Il faut de tout pour faire un monde », « Les goûts et les couleurs ne se discutent pas »… les expressions sont nombreuses !

« Les maisons romantiques d’Angleterre » a été édité en 1999 par les Éditions Taschen et les décorations n’ont pas trop vieilli. Les photographies qui l’illustrent sont de belle qualité. Alors si vous désirez l’acquérir, il faudra passer par des sites marchands qui font des ventes d’occasion. A s’offrir !

 

 

 

Le grand livre de la cuisine marocaine

Un livre offert par Babelio et les Éditions Mango dans le cadre des Masses Critiques
Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie « lecture »

 

 

Le grand livre de la cuisine marocaine
Nadia Paprikas
Photos de Charly Deslandes et Aimery Chemin

 

Dans la plupart des livres de cuisine qui content aussi une histoire, un héritage, les auteurs introduisent leurs recettes par un hommage à leurs racines, à la famille et aux mères. Les mots sont les mêmes… patrimoine, transmission, hérédité, générations, cultures, familles, convivialité, fêtes, générosité…

Nadia Paprikas a été initiée à la cuisine dès l’âge de six ans par sa mère qui lui a transmis recettes et secrets. Elle nous les donnent sur son blog culinaire en mettant une touche personnelle et en réinventant les mets de son enfance. Elle dit pour ce livre : « Au fil de ces pages, vous partagerez avec moi tous mes secrets et ceux de ma maman. »

… Elle regroupe les délices de son pays le Maroc, et nous offre cent cinquante plats parfumés, épicés, salés et sucrés.

Au chapitre des épices, elle donne leurs noms pour une base traditionnelle en précisant que le savoir-faire est dans le bon dosage. Le vocable est « alchimie ». Ils sont une richesse pour les légumes, les fruits et les viandes et un passe direct pour le voyage. Poivre, cumin, paprika, coriandre en graines, curcuma, cannelle, safran, gingembre en poudre…  Le ras el-hanout est un mélange savamment dosé. 
Pour les ustensiles, le couscoussier pour le couscous et le plat à tajine sont indispensables. Les autres sont de simples outils en fer et en bois. Ceux qui sont photographiés pour illustrer la page, ont un visuel de vécu, d’authenticité et de rusticité.
Toujours dans son introduction, elle nous fait découvrir les us et coutumes alimentaires. On apprend que l’hospitalité est « sacrée », qu’il est malvenu de refuser une invitation et qu’il ne faut manger que de la main droite. Lorsqu’on est à la table d’un plat à déguster en commun, on se sert des doigts comme d’une pince et on sauce avec du pain. On découvre aussi, que le thé a été importé par les Britanniques dans le milieu du XVe siècle. Cette boisson désaltérante et réconfortante que l’on sert à toute heure de la journée se fait le plus souvent avec des feuilles de thé vert, un bouquet de menthe fraîche et des morceaux de sucre. La tradition veut qu’il soit réalisé par le chef de famille ou par le fils aîné.
Il y a aussi la technique où elle dévoile comment bien utiliser les plats, comment faire une bonne semoule et d’autres habiletés qui peuvent nous aider dans cette cuisine.

Le catalogue des recettes est opulent ! Les plats se succèdent nantis de précieux conseils et de très belles photos. L’esthétique du livre est un atout car l’appétit vient par leurs visions colorées et exotiques.
Il se scinde en plusieurs parties avec pour commencer des pages sur la boulange qui montrent comment faire le pain rbati avec des graines de sésame, le batbout le pain à la poêle, des briochettes à l’anis, des crêpes à la semoule, des crêpes mille trous… Les bricks suivent, farcies, salées et sucrées, puis les soupes et les salades. La partie couscous est assez sobre et peut surprendre. Nadia écrit qu’au Maroc, « il se prépare avec une seule sorte de viande, d’une variété de légumes et légumineuses ». Il n’y a donc point de couscous royal et ni de merguez à l’intérieur. Les tagines sont tous avec de la viande et des légumes ; parfois avec des fruits. Ce sont des plats mijotés bien garnis qui sont préparés avec les légumes de saison. La partie poissons a de quoi satisfaire ; en sauce tomate, frits, au four avec des citrons confits, en tagine… Et pour terminer, la dernière partie fait place aux pâtisseries et aux boissons. La variété des biscuits est grande et on aimerait tous les faire ! aux amandes, à la fleur d’oranger, au miel, avec des zestes de citron, de la cannelle, des graines de sésame, des dattes, de la semoule…

Pour résumer ce livre, je dirai que c’est un ouvrage gourmand aux mets fins, riches et simples à la fois, mis en valeur par des associations d’épices. Il rapporte bien tout ce que l’auteur a voulu traduire. Il est gourmand, généreux, plein de saveurs, de parfums et de soleil. Il est un portail sur le Maroc qu’on ne peut refuser de franchir !
Un beau livre que je vous recommande.

Dans le cadre des dimanches avec la brigade des Gourmandises, je testerai des recettes. Donc, à suivre…

 

1. Nadia
2. Briouates à la viande hachée
3. Zaalouk, purée d’aubergines
4. Couscous printanier
5. Briouates aux amandes et au miel

 

 

Jardin rêvé, jardin brodé

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C
hallenge Chlorophylle
Challenge Petit Bac d’Enna – Catégorie fleurs

 

 

Jardin rêvé, jardin brodé
Cécile Franconie

 

Cécile Franconie est une créatrice bien connue dans le monde du patchwork, du tricot et de la broderie. Son travail, très reconnaissable, est magnifiquement ouvré, façonné de perles, de rubans et de broderies, l’harmonie des couleurs est admirable, et le rendu, entre le baroque et le bucolique, est toujours précieux.
Avec ce livre, nous pénétrons dans son jardin, un jardin que nous retrouvons photographié sur son blog aux teintes des saisons. Des gros plans de fleurs et de bestioles qu’elle range artistiquement entre deux créations textiles.
Pédagogue, elle offre son savoir-faire à travers des tutos qu’on peut retrouver sur son blog « Facile Cécile », dans des livres, tel que celui-ci, et avec des stages.
Jardin rêvé, jardin brodé, c’est 34 fleurs et insectes qui sont brodés et sertis de galons et de rubans. Cécile fait des fiches dans lesquelles elle détaille les fournitures, les points employés et les finitions pour des petites pochettes. Mais en introduction, chose très appréciable pour des néophytes, elle commence par nous montrer les bases dans une leçon de broderie… point de tige, de bouclette, de rose accordéon, de plumetis…

Je vous recommande ce beau livre qui fait fleurir des petits points et qui raconte leurs poésies ; leurs symphonies florales.

 

 

 

 

Mes terrariums déco


Challenge Chlorophylle

 

Mes terrariums déco
Flore Palix

 

L’auteur dit que les plantes disposées un peu partout dans la maison sont « des petits bonheurs intérieurs »… De nos jours, on découvre dans nos jardineries de plus en plus de jardins miniatures agencés dans des contenants en verre. La mode n’est pas nouvelle car l’engouement de ces mini-serres date de plusieurs siècles en arrière. Dès le XVe siècle, des botanistes et des explorateurs ont ramené des plants potagers et horticoles, cultivés et sauvages, qui ont enrichi notre monde végétal. Puis au XIXe siècle à l’époque victorienne, il était de bon goût de collectionner les plantes. On s’entichait d’orchidées, de fougères, de plantes exotiques, et on les présentait dans des pièces appelées jardins d’hiver, sous globes en verre, dans des boîtes ouvragées et d’autres réceptacles précieux…

Exprimer notre créativité en composant des terrariums peut être une activité ludique qui nous apporte de la sérénité et qui développe le sens de l’esthétisme. Avec un peu de substrat (terre, sable de rivière, tourbe, sphaigne, copeaux, fibres…), de rocailles (coquillages, pierres, gravier, pouzzolane (roche volcanique)), un habitacle (bocal à confiture, photophore, vase, bonbonnière, aquarium, théière, grandes éprouvettes…) et des plantes rustiques qui ne demandent pas trop de soins (achetées dans les jardineries ou prélevées dans la nature), on peut réaliser de belles compositions décoratives, poétiques et scéniques, aux formes et aux couleurs très variées.

Un pas à pas pour la base commune à tous les terrariums, certains ouverts et d’autres fermés, précède trente six compositions photographiées qui nous sont présentées avec les consignes pour le matériel et la préparation. Les idées vont du flamboyant au feng shu, de l’aérien à la jungle, et du bucolique pastoral aux coraux qui rappellent les fonds marins. Avec ce livre, vous trouverez assurément votre style !

 

Je vous recommande ce beau livre et vous invite à la création… Ouvrez vos placards, chinez, redonnez vie à de vieux contenants et laissez courir votre imagination ! Regardez dans votre jardin, une petite plante vous attend, prisonnière entre deux pierres…

 

 

 

Ô orchidées !

logochlorosyllogo petit-bac-2019Un livre offert par les Éditions Flammarion dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

Challenge Chlorophylle
Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie « Végétaux »

 

 

Ô orchidées !
Pascale de Trazegnies
Illustrations de Djohr

 

Avant de pénétrer le monde sensuel et étrange des orchidées à travers la littérature, l’auteur commence par nous raconter comment elle les a approchées. A une époque, elle ne voyait que le caractère fragile, précieux et coûteux de la fleur, mais par un jour de promenade sur les berges d’un étang dans le Lot, elle s’est penchée sur une fleur sauvage qui l’a aussitôt charmée ; cette petite fleur rouge se trouvait être une orchidée.
Partir en quête de ces fleurs dans les prairies de sa région la passionne. Elle les recense et en trouve neuf, puis dix. A l’heure où elle commençait à écrire ce livre, elle nous dévoile que la dixième ornait son bureau. Cueillie alors qu’elle était miséreuse, elle reprenait vie sous ses yeux, en convalescence dans une flûte à champagne. Ce sont de belles anecdotes personnelles qui introduisent notre lecture, un herbier composé de cent orchidées, toutes admirablement illustrées par Djohr qui a « puisé »  ses compositions graphiques dans des parutions d’études botaniques, parues de 1845 à 1855 en Belgique ; « Flore des serres et des jardins d’Europe » ou « Descriptions et figures des plantes les plus rares et les plus méritantes ».

L’orchidée… En cinq points, on dit d’elle qu’elle est un sexe avec sa forme érotique, un visage qui laisse voir des yeux, un nez, une bouche, une langue, un monstre qui est mâle et femelle, une matière à philosophie, exacerbant les sens, ne laissant personne indifférent, et bien loin dans l’histoire, qu’elle est obscène, sulfureuse, noircie par les religieux. Avec ce livre, on la découvre à travers les écrits de nombreux poètes et romanciers qui se partagent en cinq chapitres.

« Les émerveillés » content sa majesté. Ils l’admirent, saluent son harmonie, lui adressent des odes poétiques, s’embaument de son parfum et disent vivre des instants de grâce en sa compagnie. Ces poètes, philosophes, sages, esthètes, jouisseurs de vie, ne voient que sa beauté. George Sand et Pierre Loti, des écrivains voyageurs, explorateurs, les découvrent sur leurs chemins et s’émerveillent. Charles Darwin se penche sur sa complexité, entre ses multiples formes et le système de reproduction de la fleur. Il dit : « Les orchidées m’ont intéressé plus que n’importe quoi d’autre dans ma vie. » Confucius rend hommage à son parfum, à son essence aphrodisiaque et immortelle. Tennessee Williams, Francis Scott Fitzgerald et bien d’autres, sont des symbolistes qui voient en sa délicatesse, sa force et sa flamboyance, la femme, la fécondité, l’amour, mais aussi comme Oscar Wilde (qui en met à la boutonnière de sa veste), la luxure, la perversité, et comme William Shakespeare, la mort.

Ces images nous mènent au deuxième chapitre qui traduit « Un peu de mauvaise humeur ». L’orchidée, les orchidées, excitent certains esprits chafouins, mélancoliques ou mystiques. Le moine franciscain Bernardino de Sahagun écrit qu’elle est comme la tête d’un serpent. Le jésuite Athanasius Kircher dit qu’elle naît d’une terre fertilisée par les cadavres d’animaux. Le botaniste Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre ne flatte pas une certaine variété en disant qu’elle pue l’odeur de la punaise. Hanns Hernz Ewers, auteur-réalisateur du monde fantastique et de l’épouvante, la catalogue « fleur du démon ». Comme Sylvia Plath qui poétise « L’orchidée atroce »« Léopard du diable ». Et Robert Desnos dit qu’elles n’ont pas de cervelle…

Entre vénération et répugnance, nous abordons le troisième chapitre qui est « En plein paradoxe ». Le paradoxe va des étiquettes « indicible, merveilleuse, magnifique… » à celles moins glorieuses de  » gueules ouvertes, échappées de l’enfer, visqueuses, perfides, beauté froide ou beauté âpre… ». L’aventurier et romancier Ernst Friedrich Löhndorff ne sait comment les définir dans ses récits. Émile Zola quant à lui, l’accessoirise dans les scènes qu’il écrit. Elles sont l’unité d’une serre au parfum envoûtant, vanillé, terreux, sensuel, très pénétrant. Mais, il peut aussi dire d’elles de façon péjorative qu’elles ont « une haleine âcre et forte« . Le voile est fin, entre amour et répulsion, comme entre vie et mort. Le poète Rainer Maria Rilke écrit : « Les rêves m’apparaissent comme des Orchidées. Comme elles, ils sont riches, aux multiples couleurs. De l’énorme tronc de sève de vie, comme elles, ils tirent leur vigueur, se gorgent du sang qu’ils sucent, jouissent dans la minute fugitive, et celle d’après, les voilà morts et blêmes…« .

« Amour et mélancolie », quatrième chapitre, l’orchidée devient l’être aimé, belle et glorieuse, une extase. Amoureuse, passionnée, mélancolique dans le souvenir. La poétesse Anna de Noailles jette son émoi dans les vers « … Les îles où l’on voit à la fenêtre ouverte, pendre l’âpre orchidée et la vanille verte, étourdissent mes yeux et mettent dans mon cœur leur flamme, leurs soupirs, leur force et leur odeur… ». Simone de Beauvoir écrit dans « les Mandarins » que l’orchidée offerte, d’un amant à la femme qu’il aime, devient le témoignage d’un amour, un symbole pérenne. Les deux amants ne sont pas sûrs de se revoir, et l’orchidée qui représente leur amour ou la féminité, ressuscitera cette mémoire.

« Éros » est le dernier chapitre. L’orchidée a des pouvoirs médicinaux et d’après ce qu’on en tire de notre lecture, c’est aussi un aphrodisiaque. Dans l’antique Rome de Pline l’Ancien on dégustait des bulbes d’orchis pour avoir plus de vigueur. Dans l’un de ses ouvrages, il écrit : « Le satyrion a des propriétés excitantes… Si on tient la racine dans la main, la puissance amoureuse est décuplée, plus encore si on la boit dans un vin fort… ». Voltaire s’en réfère aux Grecs et aux Romains pour parler de cette racine de Vénus. Sa recette, c’est de la mêler à de la roquette sauvage avec un peu d’essence d’ambre. Octave Mirbeau câline la fleur sur un ton malicieux, truculent, quand il donne à dialoguer dans « L’illustre écrivain », le romancier et son valet de chambre sur l’image de l’orchidée, fleur-femme-amour-sexe-pêché. Et Guy de Maupassant donne un magnifique et ambiguë plaidoyer aux aveux du mari négligeant dans « Un cas de divorce » : « J’aime les fleurs, non point comme des fleurs, mais comme des êtres matériels et délicieux ; (…) J’ai des serres où personne ne pénètre que moi et celui qui en prend soin. J’entre là comme on se glisse en un lieu de plaisir secret. (…) Mais j’entre le plus souvent chez les orchidées, mes endormeuses préférées. (…) Elles sont attirantes comme des sirènes, mortelles comme des poisons, admirablement bizarre, énervantes, effrayantes. (…) être prodigieux, invraisemblables, fées, filles de la terre sacrée, de l’air impalpable et de la chaude lumière, cette mère du monde. ».

Avec ce très beau livre à l’écriture riche et passionnante, nous faisons le tour de la planète et nous traversons les temps. Cent fleurs, cent étymologies, cent écrivains, réunis pour ravir et titiller nos sens. La lecture de ce genre d’ouvrage nécessite plusieurs étapes. Peut-être attiré par le nom d’un romancier ou par l’illustration d’une orchidée, notre intérêt va s’immerger dans un monde voluptueux, charnel, plein de magie, de curiosité, partagé entre des sentiments forts de mysticisme, de passion et de fiel. Incroyable fleur qui éveille tant de personnalités, tant d’ardeur, l’orchidée devient alors l’objet d’innombrables réflexions et de considérations. Il est certain que vous regarderez votre phalaenopsis autrement, après avoir lu ce livre et que, à travers bois, chemins, prairies, vous voudrez partir en quête de ces merveilles…
Cet herbier est destiné à tous les esthètes, sensibles aux belles phrases, à la poésie, à l’histoire, à la rêverie, aux belles illustrations, aux amoureux de la littérature et des fleurs.

Un livre à offrir !


1. Laelia rubescens, laelia rougissant
2. Oncidium cucullatum, oncidium à capuchon
3. Odontoglossum d’Ehrenbergh à labelle blanc

 

 

La grande et folle histoire des vêtements, costumes, mode, étoffes, fringues et sapes !


Des beaux livres pour Noël

Album offert par Babelio et les Editions Marmaille et Compagnie dans le cadre des Masses Critiques

 

 

La grande et folle histoire des vêtements,
costumes, mode, étoffes, fringues et sapes !
Lucie Hoornaert
Flavia Sorrentino

 

Lorsque vous tournez les quatre vingt pages de ce beau livre, vous faites un voyage dans le temps, de la Préhistoire à nos jours, du vêtement primitif à la haute-couture française, ici et sur d’autres continents. Très joliment et richement illustré, les enfants pourront ainsi mieux visualiser les atouts vestimentaires, pour les femmes et les hommes, portés dans les différents siècles, et lire un vocabulaire foisonnant et parfois drôle.
Cet album peut aussi les aider à mieux situer la chronologie des époques si on est récalcitrant à apprendre les dates et qu’on s’y perd. Lorsqu’on parle de poulaines, pourpoints et braies, on sait que ces habillements renvoient au Moyen-Âge, et si on dit crinolines, jaquettes et fracs, nous abordons une partie romantique du XIXe siècle.
Hors de ces limites éducatives, le vocabulaire coule comme du miel pour les petits amoureux des mots. Leurs consonances sont douces, enrobées, musicales. On peut s’amuser à énumérer et répertorier… vertugadin, houppelande, chopine, brandebourg, falbala, capuchon, bliaud, crevé, chopine, haut de chausse, fraise, panse d’oie, pomme de senteur, collerette, lazzarines, rhingrave… et en faire soit une poésie à la Prévert, soit les décliner dans des dessins, car les enfants prendront aussi plaisir à reproduite les illustrations.

Tout commence avec le look préhistorique, vers 100 000 ans avant notre ère où un simple poncho de peau de bête suffisait à parer le froid. Puis des dizaines de milliers d’années plus tard, à l’âge de l’homme de Cro-Magnon, apparaissent les vêtements en cuir et en fourrure. On coud au petit point avec des tendons d’animaux et du crin. A la fin de la Préhistoire, on maîtrise le tissage, le feutrage, le tannage, la coloration végétale, et on se pare d’accessoires avec des chaussures, des ceintures et des bijoux en os et coquillages.

Ainsi l’histoire du vêtement prend son essor et les auteurs nous embarquent à travers les temps, les styles, chez nous en Europe et dans un tour du monde, aux pays des pharaons, au temps des Gaulois et des Celtes, chez les Grecs, les Romains, dans l’empire musulman, dans le Japon des samouraïs, en Chine sous la dynastie Qing, chez les Indiens d’Amérique, les Esquimaux, et en Afrique. Les modes, extravagantes, sophistiquées, raffinées, dépassent les frontières pour en ramener des produits et des effets. Elles s’inspirent tout aussi bien du luxe venu d’Italie que de l’austérité venue d’Espagne.

Colifichets, dentelles, échantillons de tissus, coiffures, tournures, coquetteries pour les deux sexes, sages ou effrontées, tout est rapporté de belle façon, claire, colorée, plaisante et bien pensée. Ce livre séduira à coup sûr les enfants. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé !