Soie et vent


Un mois au Japon en compagnie de
Lou et Hilde
Un jeudi haïkus avec Kiona,

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Soie et vent

Kimono au vent
mêle pivoine et dragon
dans un pas de deux.

Tourbillon de soie,
oriflamme tourmentée,
l’assaut est mené.

Les gémissements,
que des froufrous murmurés,
content leurs plaisirs.

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La mûre et l’enfant


Les haïkus avec Asphodèle

Un mois au Japon en compagnie de
Lou et Hilde

D’autres participants… Carnets Paresseux, Jacou, Val, Modrone, Eléonore, EmilieBerd, Soène, Asphodèle, Célestine, Claudia, Kiona,

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Ronces fruitières
aux aiguillons acérés
font perler le sang.

Le fruit s’enivre
des sucs de la jeunette ;
délicieuse enfant.

Elle ne pleure pas,
elle est peut-être sorcière.
Même !… papillon.

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Estampe de Kubo Shunman

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Violettes de cœur

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Haïkus du jeudi

D’autres vers chez Kiona,

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Violettes de cœur
sont pensées à ma mère :
Hymne à l’amour

Violettes de cœur
sont pensées à la sienne :
Ne pas m’oublier

Violettes de cœur,
sont pensées d’éternité :
Elles et moi… toujours.

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Estampe de CHIKANOBU Toyohara

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Haïkus du printemps

a-posie-pour-haiku
Asphodèle a instauré un nouveau rendez-vous pour ses jeudis-poésies.
Une fois par mois, nous nous essaierons aux haïkus
en respectant la règle syllabique 5-7-5.

Les participants… Asphodèle Soène – ClaudiaLucia – Monesille – CarnetParesseux – Modrone – Lilousoleil Assoula –  Pativore –  Et des poèmes : Martine – Emilieberd – Jacou –

 

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.L’oiseau chuchote
dans les allées fruitières
des baisers riants

Et le vent d’hiver
fait tomber les pétales
des premières fleurs

L’envol du rônin
s’enfuit à la recherche
des lèvres rosées

estampe-japonaise-cerisiers-en-fleurs

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Une photo, une histoire.

Sur une photo, Leiloona nous propose d’écrire un texte.

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femme

Je m’appelle Cadie. Cadie parce que je suis née dans une vieille Cadillac noire démembrée, abandonnée dans une remise du village. Ma mère, comme tous les enfants, aimait s’installer au volant pour faire semblant. Chacun avait droit à cinq minutes.
A l’âge de quatorze ans, bien que mariée et grosse de son premier enfant, elle aimait toujours s’évader par la pensée, assise sur le cuir éclaté et brûlant. Et c’est en rêvant d’un ailleurs que les premières eaux ont dégouliné le long de ses jambes jusqu’aux pédales, que les contractions lui ont vrillé le ventre et que je suis arrivée. Elle a eu juste le temps d’aller à l’arrière pour me réceptionner.
Je m’appelle Cadie et j’ai trente cinq ans. J’ai quitté le Rwanda en 1994, cela fait vingt ans.
Mes parents avaient une ferme et quelques vaches. Nous n’étions pas pauvres, mon père avait été plusieurs fois sollicité pour représenter le village. Mais il était plus sage qu’ambitieux. Son plaisir était de conter des légendes ; il le faisait fort bien. C’était un prince conteur qui nous régalait de mille et une histoires. Au village, lorsque nous recevions d’importantes autorités, on le priait toujours de venir. Il revêtait alors ses habits d’apparats aux couleurs éclatantes et s’imbibait d’une sorte d’aura magique, l’habit d’un sorcier. Je me souviens encore de cette fierté qui me faisait frissonner.
Un jour, nous avons eu l’honneur d’accueillir une délégation de Hutus, des gens de Kigali. A la fin du repas, mon père s’est positionné au centre et les a hypnotisés par ses mots. Il m’avait demandé laquelle de ses chroniques il allait leur livrer et j’avais bien voulu leur offrir ma préférée. Celle qui raconte les grands lacs et les collines de mon pays, deux enfants qui découvrent une source, un trésor et un monstre à tête de crocodile pour le garder. Oui, ils avait été subjugués. Le plus jeune de cette ambassade s’était incliné bien bas pour saluer mon père et ils étaient partis sans autre forme de politesse ; une grosse vexation pour notre chef !
Nous étions un jour de janvier et l’année s’annonçait pour moi la meilleure. Notre plus proche voisin était venu la veille pour parler de mes épousailles avec son fils Caleb. Je pensais alors que mon destin était ficelé. J’aimais bien Caleb, mais pas d’amour. Fille unique, je n’aurais rien dit, j’aurais accepté, mais mes parents souhaitaient pour moi un autre avenir. J’étais en âge de partir et ils voulaient que j’intègre une école privée qui m’enseignerait le secrétariat et la comptabilité. En ce début d’année, ils me faisaient un magnifique cadeau.
Je me préparais donc pour la grande ville quand les événements se sont bousculés. Les actualités n’étaient pas bonnes et inquiétaient tout le monde. Mon père et ma mère avaient dû s’absenter pour l’enterrement d’un grand oncle et en ce mois d’avril pluvieux, je me suis retrouvée seule à la ferme ce fameux jour.
J’entendais des tirs, je sentais la menace arriver, mes oreilles étaient pleines de cris des maisons voisines, j’imaginais le pire, l’enfer. Je n’avais qu’une cachette minuscule où me terrer et je m’y suis mise ; un réduit ménager, derrière deux bonbonnes de gaz. L’attente n’a pas été longue. J’ai vu à travers la persienne l’ombre du monstre qui allait me dévorer et je n’avais point de crocodile pour me défendre, seulement un opinel que j’avais saisi avant de me tapir. L’ombre avait des bottes et criait des ordres que je n’arrivais pas à comprendre tellement que mon cœur bourdonnait dans ma tête.
Ai-je eu un malaise ? Je ne me rappelle de rien, sauf de la brûlure sur la joue et des yeux fous de mon assassin. Je percevais un liquide chaud qui coulait le long de mon cou, je le voyais me hurler des choses et brandir son couteau. Mes pieds effleuraient la surface du sol, il me serrait le col du chemisier et je commençais à voir des arabesques se former. Elles étaient belles, venues d’un espace divin. J’ai pensé à mes parents, à cette école qui ne me verrait jamais, aux contes et aux grandes profondeurs qui abritaient des trésors. J’ai même eu une pensée pour Caleb, mon compagnon de jeux. Peut-on songer à tout ça en une seconde ? J’étais prête.
Je me suis réveillée dans un dispensaire, paralysée sur un côté du visage. Il paraît que j’ai été sauvée par un Hutu. C’est Caleb qui l’a vu et reconnu. Il a poignardé son compagnon de crime pour me délivrer ; c’était le jeune homme qui avait été tant impressionné par mon père quelques mois auparavant. Avant de me laisser dans les bras de Caleb, épargné lui aussi, il aurait dit que c’était grâce au Père Conteur.
A la prochaine station, je descendrai. Ma maison est à quinze minutes du métro. J’aurais encore le temps d’arranger mon histoire. Je me suis décidée à la raconter aux enfants, les miens et mes neveux. Cette cicatrice les intrigue.
Il faut juste que j’arrive à retrouver le ton qu’employait mon père… et je commencerai par : Je m’appelle Cadie, j’ai trente quatre ans, je suis Rwandaise et j’habite en France.
Caleb ajoutera les précisions.

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D’autres récits chez Leiloona, Stéphie, Cécile, Sabine, Stéphanie, La plume dilettante, Jean-Charles, Sara,

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Récits décousus d’un naufragé du temps – Chapitre VII

logo-plumes2Les Plumes d’Asphodèle
Exercice, jeu, écriture pour l’été ; dernières de la saison
Participation occasionnelle !
et suite des aventures des récits décousus d’un naufragé du temps

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Mots imposés :
Gens, survivre, univers, découverte, terre, partage, bonheur, macrocéphale, cultures, tour, astral, grandeur, mer, extraterrestre, envahisseur, animal, mappemonde,  journal, pluriel, couleur, parallèle, fin, guerre et nymphe, néant, négliger.

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carte corse
Ajaccio, août 1453,

Je m’aperçois que j’ai adopté la démarche d’un vrai matelot ! Je tangue sur terre.
Il fait très chaud. Je ne supporte plus l’habit, le tissu gratte.
Dans le couloir exigu et sans fin, je suis un domestique dont la livrée arbore les couleurs rutilantes de la ville ; azur, argent et or. De couloirs en pièces, nous traversons une cour pavée d’une superbe mosaïque qu’animent les borborygmes d’une fontaine ; une nymphe en marbre verse son amphore dans le bassin.
– Signore… volete aspettare qui ?
– Grazie.
Pour la énième fois, je tâte mon pourpoint. Sur le côté, dans une poche intérieure, j’ai le diamant et une liasse de feuilles. J’ai hâte de m’en séparer. Mon regard erre dans la pièce. C’est un bureau avec de hautes fenêtres étroites qui disparaissent derrière de riches tentures. Comme dans les autres pièces du palais, le luxe impose. Je me dirige vers une mappemonde qui me stupéfie. Il me semble que l’objet ne doit apparaître que cinquante ans plus tard. Le globe est un monde décoré d’univers fantasques avec des mers peuplées d’étranges créatures extraterrestres. Des cachalots macrocéphales tenus par des sirènes chevauchent des flots. Le bois est précieux et s’orne de quelques incrustations nacrées et dorées. Ce genre de découverte me réjouit. Curieux, je poursuis mon exploration vers les bibliothèques, ne voulant rien négliger de ses raretés. Une collection d’animaux en ivoire s’étale en procession sur une étagère. Sur une autre, des émaux racontent le chemin de croix du Christ. Les miniatures sont admirables par leur précision et leurs teintes. Je vais vers des enluminures et une carte encadrée qui représente les voies astrales,  lorsque la porte s’ouvre.
– Pierre !
– Alex.
Il m’est difficile de reconnaître en cet homme, mon ami d’enfance. La distance qui nous sépare disparaît en une étreinte chaleureuse.
Je le détaille… il a le visage plus émacié, un regard noir et une petite cicatrice sur la tempe. La dernière fois que nous nous étions vus, c’était il y a cinq ans. Il avait eu une permission de trois mois, hors des mondes parallèles qu’il fréquentait depuis son enrôlement. Je l’avais rejoint dans son château en Bretagne et nous avions longuement parlé de la grandeur du siècle qu’il venait de quitter, des guerres qu’il avait menées à bord de L’Envahisseur, le bateau amiral, et de ses conquêtes féminines.
– Amiral Alexandre de Floris… c’est un bonheur de te voir ! Cette chemise à soufflets te va bien ! Je ne suis pas aussi élégante que toi…
Un sourire s’esquisse sur ses lèvres et d’une chiquenaude, fait tomber ma coiffe en feutrine.
– Pierre, tu m’as manqué ! Moi aussi, je suis enchanté de te voir. Viens t’asseoir…
Alors qu’il se recule et se dirige vers un fauteuil, je remarque sa claudication et son dos voûté. L’ami, que t’est-il arrivé ? Ta voix paraît hésitante et tes yeux renvoient un néant.
– Tu es bien logé ! Le cadre est magnifique et tu as à ta disposition des trésors. A qui appartient le palais ? Les ancêtres de Napoléon ? de Tino Rossi ?
– Ah ! quel historien tu fais ! Nous sommes bien éloignés de tes références, n’est-ce pas ?
Non, le château appartient à l’Office de Saint-George. Ils ont des finances inépuisables !
Nous parlons de reconstruire la ville ailleurs, avec une forteresse et des tours sur la côte. Je vais les aider. Tu sais que ma première passion est l’architecture !
– Et vois-tu toujours la belle espagnole ? Comment elle s’appelle déjà… Maria, Isabella, Anunziata ?
– Pierre, tu es resté romantique ! L’amour, je le définis au pluriel !
– Tu fais des heureuses ! Et Sigismond, ton secrétaire ? Tu partages toujours avec lui tes mémoires en plus des faveurs de ces dames ?
– Il est mort.
– Je suis navré.
Le silence envahit la pièce, donnant à l’atmosphère une lourdeur palpable. Sigismond avait été recruté au XVIIIème siècle. Il avait le raffinement précieux de son époque et l’esprit des Lumières. J’avais beaucoup aimé converser avec lui et je savais qu’Alex était fortement atteint par le décès.
– Que s’est-il passé ?
– Je ne veux pas en parler Pierre. S’il te plaît.
Alex se perd dans le verre qu’il se sert. Il ouvre plusieurs fois la bouche mais aucune parole n’en franchit le seuil. C’est la première fois que je le vois si désemparé. Le temps des confidences viendra plus tard… peut-être ce soir lors d’une partie d’échecs. J’avais trois jours à lui consacrer.
– … Raconte-moi ce mois passé sur le Bysance ! Tu t’habitues à tes gens ? Et Jouve ?
Je prends le verre de vin qu’il me tend et je m’écroule dans un fauteuil capitonné. Je ne sais pas comment aborder mon récit. Jouve… je ne peux m’empêcher d’éclater de rire. Les nerfs craquent et je m’effondre à mon tour dans un silence abyssal.
Alex lève un sourcil et tord la bouche. La vie de ses sourcils m’a toujours épaté.
– Donc, Jouve ?
– Jouve !
– Oui !… Marcel Jouve ! Assistant de Martins, celui à qui tu devais remettre ton journal et la pierre du Nil.
– Ouais… ben, il est avec Chaid, le capitaine du bateau.
– Et ?
– Et… et… ils sont tous deux dans une orangeraie près de Meknès.
– Ils se lancent dans les cultures ?
– Vu ainsi, c’est vrai que l’idée est plaisante.
– Mais ce n’est pas ça ?
– Non, c’est pas ça. Ils y sont enterrés.

Il va bien falloir que je lui raconte la mission et la trahison des deux lascars..
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Suite de l’histoire cet automne…

D’autres plumes chez Asphodèle, Adrienne, Béatrice, Célestine, Cériat, Coccinelle, Dame Mauve, Eeguab-ModroneEvalire, FabienneGhislaine, Hurluberlu, Janickmm, Jean-Charles, L’Or Rouge, La Plume et La PageMarlaguette, Mélanie, MerquinMon café lecture, Nunzi, PatchCathPierrot Bâton, Pivoine blanche, Sharon, SoèneSolange, T. et Yentl..
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