Chasseurs de livres

Chasseurs de livres
Jennifer Chambliss Bertman

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Leurs professions leur permettant de travailler chez eux, les parents d’Emily Crane ont décidé de déménager tous les ans pour visiter les cinquante états que compte les États-Unis. Cette fois-ci, leur port d’attache est San Francisco en Californie…
Passionnée de lectures et d’énigmes, Emily est heureuse de se retrouver dans la ville où habite Garrison Griswold, un célèbre éditeur qui organise des chasses aux livres. A partir d’indices pris sur le site internet, Book Scavenger, les lecteurs choisissent des livres cachés dans des lieux publics et partent à leur recherche. Un point est gagné à chaque livre trouvé et Emily alias Wombat mal léché, très douée dans les décodages, convoite le rang le plus élevé, celui de Sherlock Holmes.
Alors que ses parents et son frère Matthew commencent à décharger le camion de déménagement, Emily apprend par la radio la disparition de Monsieur Griswold ! Le cher homme devait inaugurer en direct un nouveau divertissement que tous ses fans attendaient avec impatience. Où est-il ? Serait-ce le début de l’aventure qu’il leur promettait ?
En fait, l’éditeur est à l’hôpital car il a subi une méchante agression qui a failli le tuer. Deux hommes ont voulu lui dérober le roman avec lequel il allait lancer la partie. « Le Scarabée d’or » écrit par Edgar Allan Poe en était le support, une histoire chargée de cryptogrammes qu’il avait remaniée et imprimée lui-même dans le plus grand des secrets ; un livre pour un trésor à déterrer.
Avec l’aide de son frère aîné Matthew et de son voisin James, féru comme elle de codages, ce n’est plus entre les pages des romans qu’Emily va enquêter, mais dans la vraie vie car d’énigme en énigme, croyant participer à un jeu, elle va se retrouver sur la route des malfaiteurs.
Qui tire les ficelles ? Et quels mystères recèle Le Scarabée d’or qu’Emily a découvert derrière une poubelle, sur les lieux de l’agression ? C’est la fin des vacances d’octobre, la ville est aux couleurs d’Halloween, Emily est pleine d’enthousiasme pour sa nouvelle vie… De l’enthousiasme, il va en falloir !

Premier tome d’une série qui aura pour héros nos jeunes amis, ce livre est comme la quatrième de couverture l’annonce, un véritable jeu de piste « pour tous les amoureux des livres et des énigmes ». Devinettes, codages en lettres et en chiffres, références littéraires et plein d’aventures, tout est conçu pour émoustiller la curiosité des jeunes lecteurs, enquêteurs en herbe ou chevronnés. Ils se plairont à mener l’enquête en parallèle, comme j’ai pu le faire. Une écriture dense, peut-être pas évidente dans un premier temps où tout se met en place, de l’humour, un rythme trépidant, du suspense, une belle amitié entre Emily et James, et San Francisco qui se dévoile dans son infrastructure si singulière et son histoire.
L’auteur précise que l’aïeul de Garrison Griswold a vraiment existé et qu’il fut jusqu’à la mort de Poe en mauvais termes avec lui.
« Chasseurs de livres » est à recommander…

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L’étrange boutique de Miss Potimary, La boîte à secrets

Un mois d’albums avec Pilalire
La BD du mercredi chez Moka
Un livre offert par Babelio et Jungle, dans le cadre des Masses Critiques

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L’étrange boutique de Miss Potimary
La boîte à secrets
Scénario d’Ingrid Chabbert
Dessins et couleurs de Séverine Lefèvre

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L’adorable Betty reçoit pour ses neuf ans un appareil photo de ses parents et un peu d’argent de sa grand-mère. C’est donc avec sa petite cagnotte et Dare-Dare sa souris qu’elle se dirige vers le magasin de Miss Potimary. Elle découvre une boutique remplie de bibelots et de vieux livres qui attisent sa curiosité et son envie. Avec émerveillement, elle jette son dévolu sur une très belle boîte japonaise datant du XIXe siècle. Mais lorsqu’elle fait part à Miss Potimary de son désir de l’acheter, cette dernière émet des réticences avant d’accepter. Si Betty la prend, elle devra faire très attention car il se pourrait qu’elle soit enchantée. Quiconque arrivera à l’ouvrir, sera emporté dans un autre temps…
Une fois dans sa chambre, Betty manipule la boîte sans jamais trouver le mécanisme du casse-tête. Mais en pleine nuit, alors qu’elle n’arrive pas à dormir et qu’elle essaie encore une fois, elle a la surprise de voir la boîte s’ouvrir…
Qu’avait dit Miss Potimary ? « Il y a des choses qui dépassent ce qui est visible à l’œil nu. »

Trouver dans un capharnaüm de vieilleries un petit trésor, et comme la lampe d’Aladin, découvrir qu’il est magique ! La belle boîte transporte Betty trente ans en arrière. La maison où elle habite avec ses parents est différente, avec une décoration plus vieillotte, sa grand-mère a rajeuni, et Betty se voit dans le miroir sous les traits de sa maman. Seule, Dare-Dare, toujours présente à ses côtés, la relie à sa vraie vie.
Des fantômes qu’elle seule peut voir, Dare-Dare qui est dotée du langage humain, et un mystérieux personnage du nom de Kariptor qui vole les spectres pour les emmener du côté obscur… tout est angoissant ! Mais pour la courageuse Betty qui se voit confier une mission bien dangereuse, rien n’est impossible…

Cet album est une sympathique histoire que les enfants de 6 ans apprécieront. L’héroïne est une délicieuse petite fille énergique, décidée et lumineuse, quant à Kariptor, il a la physionomie ténébreuse d’un méchant sorcier. Si le texte est mince, le charmant scénario dynamique, dosé de fantastique, satisfera les jeunes qui débutent en lecture. Quant au graphisme, il est beau, riche, expressif, avec de douces rondeurs. Les couleurs aux dominantes orangées sont chaleureuses. L’ensemble donne à ce premier tome bien des promesses et juste le suspense et les frissons qu’il sied.
« L’étrange boutique de Miss Potimary » est une série que je ne manquerai pas de suivre… Le dernier dessin montre un grimoire que Miss Potimary a laissé à Betty. Une note l’accompagne et précise : « A parcourir avec prudence »… Dare-Dare a un sale pressentiment !

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Sidney Chambers et l’ombre de la mort

Challenge Polars de Sharon

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sydney-chambers-1 Sidney Chambers et l’ombre de la mort
Les mystères de Grantchester
James Runcie

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Après avoir succombé au charme dévastateur du séduisant chanoine Sidney Chambers, rencontré dans la série télévisée policière « Les mystères de Grantchester », j’ai voulu reprendre ses enquêtes à travers les récits de son auteur, James Runcie.
La question qui me taraudait était de l’ordre de : « Sera-t-il aussi craquant que James Norton, l’acteur ? ». Dois-je vous préciser que ce n’était pas Mister Bean que j’imaginais, page après page… Après cette introduction hautement spirituelle, passons au roman.
Le livre retrace ses enquêtes menées sur une année, d’octobre 1953 à novembre 1954.

Le révérend Sidney Chambers est le pasteur de Grantchester, un petit village dans le comté de Cambridgeshire. Trentenaire célibataire, bel homme, sportif, ancien officier dans les Scots Gards durant la Seconde guerre mondiale, aîné d’une famille de trois enfants, aimant le jazz, la littérature, le cricket et le whisky, rien ne le prédisposait à suivre des études théologiques, mais rien n’aurait pu l’en dissuader. Proche des gens, profondément gentil, il occupe son temps entre sa paroisse et le collège de Corpus Christi, où il est directeur d’études.
Mais un jour après un enterrement, une femme vient le trouver pour lui confier ses doutes sur la mort du défunt que l’on vient d’inhumer ; Stephen Staunton se serait donné la mort à son bureau avec son arme. Notaire associé et ami de son mari, il fut aussi son amant. Ils avaient envisagé de changer de vie et de tout quitter pour partir à l’étranger. Certes, il abusait du whisky et souffrait de mélancolie, mais comme tous les Irlandais, non ?!
Sidney qui ne peut oublier cette confession, se doit d’en référer à son ami l’inspecteur Geordie Keating du commissariat de St Andrew Street qui avait clos l’affaire par un suicide. La secrétaire aurait découvert une lettre tapée à la machine expliquant le geste fatal et, avec cette preuve manifeste, le dossier ne peut être relancé.
Le quotidien bien chronométré de Sidney bascule à compter de ce jour. Empreint d’une certitude, intuition d’un homme qui connaît bien l’âme humaine, il commence par rendre visite à Hildegard Staunton. Cette femme, meurtrie par une vie stérile et un mari indifférent, rêve de retourner dans son Allemagne natale. Déçue par des promesses non tenues, solitaire dans un pays étranger, elle lui livre un aperçu de sa vie maritale qui n’avait rien d’enthousiasmant. Oui, elle n’était pas dupe des infidélités de son mari. Alors, serait-elle la coupable ? De petites confidences en petites confidences, Sidney éprouve de la compassion pour elle et oriente son début d’enquête vers l’étude notariale…
Ainsi, à l’ombre de la mort, commencent les enquêtes de ce prêtre anglican peu conventionnel.

Cette histoire est suivie par cinq autres, toutes relatant des faits qui se déroulent dans les différentes strates de la société du Cambridgeshire. On retrouve au fil des mois, des saisons, des fêtes, les personnages principaux qui entourent Sidney. Il y a la gouvernante du presbytère Mme Magire, au caractère bien coriace, le vicaire Leonard Finch, un homme doux, fragile, lettré, qui seconde bien Sidney, Amanda Kendall, la meilleure amie de sa sœur Jennifer, et l’inspecteur Geordie Keating… Ces deux derniers sont des piliers du roman. Sidney a des sentiments pour Amanda, mais par fierté il n’ose pas les prononcer ouvertement, pensant que cette jeune fille issue de la haute société ne pourrait jamais épouser un chanoine et se contenter d’une vie ordinaire régie par les ouailles du Seigneur. Quant à Geordie, il est au commencement du livre, un simple camarade de jeu au pub de la RAF de l’Eagle. Tous les jeudis soirs, ils se retrouvent pour boire des pintes de bière (ce sont des grands buveurs !) et jouer au backgammon. Il est écrit que Sidney n’était jamais allé le voir au commissariat. Par la suite, après l’histoire de Stephen Staunton, l’inspecteur suit ses investigations, lui accordant toute sa confiance et son admiration, même si bien souvent leurs approches et leurs moralités sont différentes.
Entre sermons, citations bibliques, détresses humaines, crimes abominables, le jazz est toujours présent. Il cadence le rythme de cette après-guerre où chacun essaie de trouver sa place.
Je vous recommande ce livre et la série télévisée qui est une belle réussite…

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Sidney et Amanda dans la série policière télévisée

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Les contes du suicidé

Logo BD Mango NoirLes BD du jour sont chez Noukette
« Les contes du suicidé » est un album offert dans le cadre des Masses Critiques chez Babelio. Remerciements…

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les-contes-du-suicideLes contes du suicidé
Trois histoires d’amour et de mort d’après Horacio Quiroga
Textes de Lautaro Ortiz
Dessin de Lucas Nine

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La validation de ce choix, lors des Masses Critiques Babelio, s’est faite simplement sur la couverture de l’album et non sur la connaissance des trois auteurs. Après ma lecture, pour mieux comprendre l’inspiration morbide de ces histoires, il a été indispensable que j’aille me renseigner sur l’auteur Uruguayen, Horacio Quiroga. J’ai alors découvert, (sur « Wiki »), un auteur torturé, fasciné par la mort, qui a souvent côtoyé, dans son entourage le plus proche, la face la plus tragique du trépas (suicides, accident mortel).
L’adaptation de trois de ses nouvelles à travers cette bande dessinée est réalisée avec beaucoup de finesse, de poésie et de beauté.

L’amour reflète systématiquement la mort et va bien au-delà.
« L’oreiller de plumes » raconte une jeune épousée qui se meurt d’un mal inconnu. Dans une maison aux marbres froids, aux silences étouffés, aux gargouilles sinistres, elle dépérit de jour en jour sans que les médecins puissent la guérir. Son mari, un homme plus mûr, d’aspect sévère, souvent absent pour ses affaires, est impuissant et désespéré. Ce n’est pas la mélancolie qui la plonge dans le coma, c’est autre chose… Les dessins soulignent les ombres et offrent des silhouettes fantomatiques, des visages grotesques aux regards cavés remplis de noir. C’est glaçant, angoissant, avec une intrigue dramatique pleine de suspense dans la veine gothique de « Carmilla » de Joseph Sheridan Le Fanu.
Le récit suivant a aussi une part fantastique, mais transposé dans un temps plus contemporain. Des parents n’approuvent pas l’homme que leur fille a choisi d’aimer. Pour elle, l’instigatrice, il n’y a qu’une échappatoire possible… Ils vont se donner la mort pour vivre leur amour.
La troisième, « Le portrait », aussi grave et funeste que les précédentes, parle d’un homme inconsolable qui cherche à retrouver sa fiancée décédée, sur des plaques photographiques. D’après ce scientifique, le lien qui les unissait était si fort qu’il aurait capturé avec ses yeux, comme on le fait avec un objectif, le visage de sa bien-aimée sur son lit de mort. Il peut ainsi la retrouver sur le papier… La vie se dématérialisant.

Troublantes nouvelles ! On les lit dans un souffle, avec des sentiments partagés, car c’est à la fois beau, si sombre, et dérangeant. L’écriture est incisive, les histoires mystérieuses, et le graphisme, qui évolue dans la dernière partie, est superbe. Cet album est une réussite mais on ne peut pas le recommander à tout le monde.

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Le Jardin des Épitaphes

Norman-Rockwell
Une semaine de livres jeunesse
Un livre offert par les Éditions Didier Jeunesse,
dans le cadre des Masses Critiques Babelio

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le-jardin-des-epitaphes-1Le Jardin des Epitaphes
Celui qui reste debout – Tome 1
Taï-Marc Le Thanh

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Rebaptiser la terre en Jardin des Épitaphes est la plus émouvante et lyrique façon de nommer le cimetière qu’elle est devenue. Un jour, les beaux et inquiétants nuages qui s’amoncelaient dans le ciel ont éclaté, déversant des pierres, et le bombardement a tout ravagé en provoquant la Grande Catastrophe. Terre de désolation, le monde se scinde alors entre un avant et un après. Les hommes qui restent, des survivants, se cachent dans des grottes et se planquent dans les entrailles des villes éclatées. On découvre aussi qu’un gêne mutant a transformé certains hommes en singes et d’autres en zombies. D’après Osiris, un fou échappé d’un hôpital psychiatrique qui se prend pour un devin, le pire est à venir…

Jour après jour, Hypoténuse nous confie sa fuite, un voyage vers l’Amérique pour retrouver ses parents, en compagnie de son petit frère Poisson-Pilote et sa petite sœur Double-Peine, alias Adrien et Élodie. Grâce à un cahier rempli des écrits de Pensées-qui-frisotent, un jeune noir rencontré aux Halles à Paris, on apprend un peu plus sur ce nouveau monde dirigé par une secte et des machines.
Passer par la Beauce, longer la Loire, aller vers le sud, traverser l’Espagne, se rendre au Portugal, prendre un bateau pour l’Amérique… Hypoténuse parle de ce continent comme de la terre promise. Il raconte à la douce Double-Peine que là-bas le chaos a fait moins de dégâts, les chevaux sauvages défient l’air au galop, l’herbe des vallées est tendre, verte, tout est grandiose et majestueux. Là-bas, leurs parents les attendent.

Hypoténuse a dix-sept ans. Il se décrit comme étant plus grand que la moyenne. Il est plus fort aussi… Ce n’est que vers la fin de ce premier tome que nous apprenons pourquoi. Avec humour, Poisson-Pilote le compare à un ninja car ses combats sont des chorégraphies presque surnaturelles. Conscient des dangers qui les guettent, il fait de son mieux pour protéger les petits ; les défendre contre l’adversité, pilleurs, zombies, cannibales et gens de la secte, les préserver des peurs et cauchemars et surtout leur rendre la foi. Empreint de valeurs morales qui vont le guider dans sa quête et ses devoirs, il s’ordonne des règles et n’oublie pas dans ces préceptes, de faire plaisir aux enfants et de les faire rire. Ses inquiétudes et ses pleurs, il les réserve.

« Vagabonds du Jardin des Épitaphes », Hypoténuse, Poisson-Pilote et Double-Peine vont vivre de terribles et sanglantes aventures. L’apocalypse a façonné un univers effroyable et il leur faudra beaucoup de courage pour affronter tous les périls…
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J’ai aimé ce premier livre qui a pour titre « Celui qui est resté debout » et je recommanderai cette lecture. L’intrigue, pleine d’exploits guerriers et de mystères, nous maintient captif dans sa trame, du début à la fin. L’auteur est un merveilleux conteur qui mêle à l’épouvante et aux scènes d’action, de la poésie, de l’innocence, de la fragilité et de la tendresse. La douceur incarnée par Double-Peine donne au récit une vulnérabilité opportune.
Ce tome implante le décor et donne une tonalité dantesque. Quant au prochain, on pourrait souhaiter quelques révélations sur la secte qui chasse les survivants, ainsi que sur les expériences scientifiques qui seraient peut-être à l’origine du chaos.
A suivre !

PS : Tout au long du livre, nous avons un joli répertoire de chansons, car les trois enfants aiment chanter. Vous les trouverez listées sur le site, « ici ».

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Cantique de l’assassin

Cantique de l'assassinCantique de l’assassin
Guillaume Presvot

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Paris, 1920,

L’inspecteur François-Claudius Simon du 36 quai des Orfèvres, est appelé par son supérieur Filippini sur les lieux d’un crime particulièrement atroce. Dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, on a découvert le corps d’un prêtre dont la mort a été mise en scène. Le cœur arraché repose entre les mains du supplicié, coiffé d’une couronne d’épines. Cet acte prémédité montre la détermination du tueur et laisse supposer que ce n’est qu’une première représentation.
Sur les registres des visites, une liste de noms attire l’attention des policiers et les plonge dans la plus profonde des perplexités car le nom peu courant de « François-Claudius Simon » y a été porté.
Depuis le départ d’Elsa (voir les précédents tomes), Simon marche sur une corde raide. Alcoolique, insomniaque, dépressif, il inquiète son entourage qui le juge de plus en plus inapte à son travail. Et pourtant…
Directement impliqué, l’inspecteur va s’investir dans l’enquête et découvrir ce qui le rattache à ce meurtre.

Confié au père Malvieux, responsable d’un orphelinat, dès son jeune âge et ne connaissant rien de ses parents, il va collecter dans les archives judiciaires des informations sur son géniteur qui appartenait à un groupe d’anarchistes. Il en sort deux noms ; l’un a été exécuté, l’autre a été envoyé au bagne à Cayenne. Du côté de sa mère, c’est vers Carcassonne qu’il va orienter son investigation et essayer de découvrir pourquoi elle a passé une partie de sa vie en Amérique du Sud, traquée par des hommes en soutane, et pourquoi elle a abandonné son fils pour le protéger. Des réponses à ses questions, désormais, elle ne peut plus en donner car internée dans un hôpital psychiatrique suite à un traumatisme, son esprit vit en marge de la réalité.

Qui a pu le compromettre ? Quel est le lien qui relie l’Église à sa famille ? Lorsqu’il commence à explorer les nombreuses pistes, à chercher des informations auprès de l’évêque, monseigneur de Beauséjour, il découvre que le point convergent est le grand mystère de l’abbé Saunière qui avait la charge de la paroisse de Rennes-le-Château jusqu’en 1917. L’abbé, devenu riche, aurait découvert un fabuleux trésor en entreprenant des travaux de rénovation dans son église et serait mort sans confier son secret. Sa mère le connaissait bien.

S’engage, entre le meurtrier et François, une traque incroyablement bien orchestrée par le premier, balisée d’indices macabres, sur des voies ésotériques, qui va balader l’enquêteur jusqu’à Budapest et le renvoyer dans les méandres de son passé. Plus qu’un hypothétique trésor laissé par les Templiers ou les Wisigoths, il y aurait des parchemins dont la découverte pourrait ébranler les fondations du christianisme.
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Cinquième livre des enquêtes captivantes et trépidantes de François-Claudius Simon, l’auteur tisse son histoire policière autour d’une affaire qui a défrayée le début du XXe siècle, celle de l’abbé Saunière qui aurait trouvé fortune avec la découverte d’un trésor. Autour de ce récit, plein de mystères passionnants et théosophiques, il y a aussi les secrets familiaux qui jalonnent la vie de François. Le roman se situant en 1920, des fragments de l’intrigue abordent la Première Guerre Mondiale, les mouvements anarchiques, la Révolution russe et les conditions de vie au bagne de Cayenne. Guillaume Prévost, agrégé d’histoire, narre habilement cette époque.
Ce livre dense, aux multiples ramifications, aux personnages attachants, ambiguës, ou très inquiétants, fournit bien des réponses aux questions que les lecteurs de la série ont dû se poser précédemment. On retrouve des personnages récurrents qui évoluent également au gré des histoires.
Je découvre l’auteur et cet inspecteur avec ce livre. Comme j’ai beaucoup aimé… ce n’est alors qu’un début ! Le suspense prend au corps et l’action est bien menée.
A recommander…

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Rennes le Château
Le diable au bénitier de Rennes-le-Château

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Il faut sauver la reine !

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Un livre offert, dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Il faut sauver la reine !Il faut sauver la reine !
Carl Aderhold et Michèle Lancina

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1792, La Bretagne – Paris

Fuyant la Révolution qui menace tout aristocrate, Héloïse de Saint-Phalle attend avec ses parents et sa gouvernante, le bateau qui les mènera en Angleterre. Mais rien ne se passe comme prévu… Alors que deux chaloupes s’approchent du rivage pour les embarquer clandestinement, une troupe de Bleus, des soldats de la Révolution, arrive, les met en joue et fait feu. Dans l’action et la violence d’une houle déchaînée, Héloïse se retrouve seule dans une barque avec sa gouvernante, Mme de Boisgobey. Séparée des siens et prise au piège par des canonnades, elle voit s’éloigner la deuxième barque où sont montés ses parents. Sa mère est blessée par un tir et son père est maîtrisé par les marins paniqués qui le contraignent à ne pas lui venir en aide car au loin, une frégate française se dirige vers eux.

Fille de marquis, élevée pour être un jour dame d’honneur de la reine Marie-Antoinette, rien ne prédisposait Héloïse à vivre une telle mésaventure. Pourtant, la jeune fille  ne reste pas longtemps désemparée. Assumant seule leur sauvegarde, elle décide de retourner à Janzé pour prendre la diligence qui les mènera à Paris où réside sa tante, la comtesse de Vauséjour.
Avec une Mme de Boisgobey très craintive, Héloïse se crée une nouvelle identité. Elle sera la fille de sa gouvernante, une bonne citoyenne qui s’en va travailler à la capitale.
Lors de ce voyage, elle fait la connaissance d’un jeune sans-culotte. Fils d’un épicier, Brutus ne parle que de cette Révolution qui offre au peuple justice et égalité. Intarissable, enflammé, il informe ainsi Héloïse des us de ce nouveau régime. Elle comprend donc que tout est dans l’attitude et le parler. D’ailleurs, pour ne pas être repérée par les Comités de surveillance, il faudra qu’elle apprenne à tutoyer tout le monde… c’est une question de survie ! Et pour survivre, il leur faut quitter ce Brutus si inquisiteur qui se passionne également pour les énigmes. Dommage… il aurait fait un charmant ami.

Après un périple très mouvementé, Héloïse arrive enfin chez sa tante. On la présente à tous comme la fille de la nouvelle dame de compagnie de Madame la comtesse et on lui attribue le poste d’aide cuisinière. A l’office, novice en tout, l’intégration n’est pas facile car on la traite de « prétentieuse méprisante », mais cette existence lui procure une liberté qu’elle n’avait jamais expérimentée, et c’est grisant ! Elle peut aussi passer du temps à l’écurie à soigner les chevaux. Avec Jean le palefrenier, elle s’entend bien. Homme discret, peu bavard, il semblerait que sa tante lui ait donné pour mission de la protéger. Les temps sont dangereux, il en faut peu pour être suspecté et arrêté.
Un jour en cuisine, on leur livre des commissions et à la grande surprise d’Héloïse, elle revoit Brutus.

Le hasard, espiègle, fait que l’épicerie du père de Brutus se trouve dans la même rue que l’hôtel particulier de sa tante ! Et ce n’est pas pour lui déplaire. Entre eux, commence alors un jeu fait d’une séduction toute innocente, mais basé sur de nombreuses faussetés.
Héloïse invente des histoires pour justifier ses agissements bizarres et Brutus tait à cette nouvelle amie le fait qu’il surveille la maison de la comtesse avec Pierre, son frère. Un de ses rêves, en dehors de partir au Québec vivre d’extraordinaires aventures, c’est de devenir un fin limier comme son parrain, le commissaire Périgord. Chez la comtesse, il se passe d’étranges choses la nuit. Elle reçoit régulièrement un homme mystérieux, armé, au comportement suspect. Pour Brutus, il n’y a point de doute, c’est un espion qui complote contre le nouveau régime. Et sur ce point, il n’a pas tort ! C’est ce que découvrira Héloïse, un soir.

Cet homme est Lord Englewood, un espion anglais envoyé par George III, roi d’Angleterre, pour faire évader la famille royale maintenue prisonnière aux Tuileries. Alors, lorsque Héloïse apprend la conspiration, elle n’a qu’une idée en tête, c’est de prendre part au projet.
Impétueuse, courageuse et profondément dévouée à leur cause, Héloïse de Saint-Phalle va tout faire pour sauver la reine Marie-Antoinette… quitte à perdre son jeune et gentil ami, le sans-culotte. Quant à Brutus, il est prêt à tout… pour faire échouer les desseins des ennemis de la République…

« Les deux héros vont-ils devoir renoncer à leurs sentiments pour rester fidèles à leurs idées ? »
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Roman d’aventure pour les jeunes adolescents, cette histoire passionnante est aussi une belle reconstitution historique. Carl Aderhold, écrivain-historien, et Michèle Lancina, auteur pour la jeunesse, mêlent plusieurs ambiances à leur récit, donnant au tempo beaucoup de vivacité. Des équipées périlleuses en Bretagne jusqu’à l’atmosphère oppressante de Paris, l’attention du lecteur est maintenue en haleine. Nous avons le récit d’une jeune aristocrate qui raconte son désir de faire évader la reine Marie-Antoinette, et le récit d’un jeune sans-culotte qui veut servir un nouveau monde. Ces narrations épiques se mâtinent de sentiments amoureux. Héloïse et Brutus sont jeunes, treize ans, mais ils éprouvent l’un pour l’autre de tendres penchants. C’est raconté avec beaucoup de fraîcheur et d’humour. Elle dit de lui qu’il est assommant et « donneur de leçons de la pire espèce », il dit d’elle qu’elle est « une demoiselle sans cervelle et frivole ». Il faut dire qu’au début la demoiselle Héloïse se targue d’appartenir à une élite et qu’elle peut paraître bien bêcheuse. Ce qui fait son charme… car parfois hautaine et réservée, elle est aussi adorable, bonne et pleine d’ardeur (c’est ce qui séduit son ami). Quant à Brutus, il est un enfant qui croit en la République, aux valeurs de liberté et d’égalité. Ses mots sur les monarques sont durs, ils sont empreints de violence, ils sont ceux des révoltés.
Le contexte historique est cruel. On ressent bien cette frénésie délirante qui va emporter dans le sang de nombreuses personnes. L’intrigue est très bien écrite, le suspens tient jusqu’à la dernière page. Mais ce livre est un premier tome, nous sommes en 1792, il y a encore tant à raconter… Les auteurs nous préparent donc une suite.
De cette suite, je voudrais lire le mystère qui entoure la naissance de Brutus et je voudrais retrouver certains personnages, Mme de Boisgobey, mais aussi Lord Englewood, un homme à l’ambiguïté très intéressante…

Vous l’aurez compris, je vous recommande ce livre !