Par deux fois tu mourras


Challenge Policiers historiques avec Sharon
Un livre offert par Babelio et les
Éditions JC Lattès

 

 

Par deux fois tu mourras
Les Francs royaumes
Eric Fouassier

 

Pour mieux appréhender cette lecture, il est bon de connaître quelques paramètres de l’Histoire. En quelques lignes… le royaume des Francs qui fut réunifié sous le règne de Clovis de la dynastie des Mérovingiens, se divise en quatre à la mort du roi Clotaire, son fils et héritier, en 561. Ce sont les quatre fils de Clotaire qui s’attribuent les royaumes. Caribert devient le roi de Paris et de l’Aquitaine, Chilpéric est le roi de la Neustrie (royaume de Soissons), Sigebert est le roi de l’Austrasie (royaume de Reims) et Guntramn est le roi de Burgondie (royaume d’Orléans). Mais à la mort de Caribert, n’ayant laissé aucun héritier mâle, son royaume est redistribué à ses frères. En 568, la carte se redéfinit en trois parts.

Le roman débute en 569 avec le meurtre de la reine Galswinthe, épouse de Chilpéric 1er. Jeune princesse Wisigothe arrivée de Tolède quatorze mois plus tôt pour s’unir au roi de Neustrie, elle n’a connu dans son nouveau royaume que solitude et tristesse. Ne l’ayant épousée que pour sa dot et son lignage qui renforçait sa puissance et le maintenait au même rang que ses frères, Chilpéric n’a guère tardé à la délaisser pour retourner auprès de son ancienne concubine, Frédégonde. L’auteur raconte donc dans son prologue entre faits réels et fictifs, les errances dans le palais de Galswinthe, hantée par ses rêves de mort, jusqu’à son trépas ; assassinée dans sa chambre par deux fois… « Par deux fois tu mourras ».

Quatre ans plus tard en 573, l’auteur nous mène tour à tour auprès d’une esclave de la cour de Neustrie, la jeune Wintrude, une princesse Thuringienne, et auprès d’un jeune aristocrate Gallo-Romain, de la cour d’Austrasie.
Quand on découvre dans la porcherie le squelette de son frère aîné disparu quatre ans plus tôt, Wintrude relie cette mort à celle de la reine Galswinthe. Ses doutes s’ancrent plus fortement lorsque Ambrios, un affranchi attaché au service de Chilpéric, vient la chercher pour de fumeuses raisons et tente de l’assassiner. Réfugiée dans la cathédrale sous la protection de l’évêque Prétextat, Wintrude est bien décidée à mener son enquête en mémoire de son frère.
Sur les conseils  de l’évêque Grégoire de Tours, la reine Brunehilde, épouse de Sigebert roi d’Austrasie, demande à Arsénius Pontius de découvrir l’assassin de sa sœur Galswinthe. Persuadée que Frédégonde, la nouvelle femme de son beau-frère Chilpéric, est à l’origine du meurtre, elle veut en avoir la preuve pour pouvoir se venger.
C’est donc à Rouen que Wintrude et Arsénius vont se rencontrer et commencer leur investigation en faisant cause commune.
Si les chroniques historiques connaissent
déjà le meurtrier de Galswinthe, l’histoire romancée raconte une autre hypothèse, une trame qui s’ourdit dans l’ombre…


Premier tome d’une trilogie, le roman retrace les conflits entre les petits-fils de Clovis roi des Francs, qui ont morcelé leur héritage, durant une période de guerres fratricides, appelée la « faide royale ». Envieux, violents et parfois sans honneur, ces rois Mérovingiens ne sont pas les seuls à mener la cadence et à être habités par une grande ambition car l’auteur donne une égale importance, sinon plus, à leurs reines, Frédégonde et Brunehilde, d’habiles manipulatrices qui savent envoûter leur monde.
En parallèle à ces rivalités et leurs intrigues, cette saga romanesque historique raconte l’histoire de deux personnages fictifs qui parcourent cette époque de façon plus noble. Tous deux vont s’atteler à dénouer un écheveau tissé habilement qui réécrit la grande Histoire rapportée par Grégoire de Tours. Wintrude est une princesse qui n’a connu que le servage. Elle a cependant une dignité et une force qui la rendent majestueuse. Son courage est plus imposant que certains guerriers. Quant à Arsénius, avant tout homme de lettres, son inexpérience des combats ne fait pas de lui un pleutre. Il découvre aux côtés de la jeune fille une témérité qu’il n’avait jamais encore expérimentée, ainsi qu’un goût pour l’aventure.
Je vous recommande ce livre qui est un voyage dans le temps du haut Moyen-Âge très réussi. L’auteur s’est beaucoup documenté et dit qu’il s’est attaché à rendre la complexité de l’Histoire avec ses enjeux politiques et ses arcanes, le mieux possible. La part fictive s’est invitée, quant à elle, de façon très naturelle…
Il me tarde donc de lire la suite !

 

 

 

 

Cantique de l’assassin

Cantique de l'assassinCantique de l’assassin
Guillaume Presvot

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Paris, 1920,

L’inspecteur François-Claudius Simon du 36 quai des Orfèvres, est appelé par son supérieur Filippini sur les lieux d’un crime particulièrement atroce. Dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, on a découvert le corps d’un prêtre dont la mort a été mise en scène. Le cœur arraché repose entre les mains du supplicié, coiffé d’une couronne d’épines. Cet acte prémédité montre la détermination du tueur et laisse supposer que ce n’est qu’une première représentation.
Sur les registres des visites, une liste de noms attire l’attention des policiers et les plonge dans la plus profonde des perplexités car le nom peu courant de « François-Claudius Simon » y a été porté.
Depuis le départ d’Elsa (voir les précédents tomes), Simon marche sur une corde raide. Alcoolique, insomniaque, dépressif, il inquiète son entourage qui le juge de plus en plus inapte à son travail. Et pourtant…
Directement impliqué, l’inspecteur va s’investir dans l’enquête et découvrir ce qui le rattache à ce meurtre.

Confié au père Malvieux, responsable d’un orphelinat, dès son jeune âge et ne connaissant rien de ses parents, il va collecter dans les archives judiciaires des informations sur son géniteur qui appartenait à un groupe d’anarchistes. Il en sort deux noms ; l’un a été exécuté, l’autre a été envoyé au bagne à Cayenne. Du côté de sa mère, c’est vers Carcassonne qu’il va orienter son investigation et essayer de découvrir pourquoi elle a passé une partie de sa vie en Amérique du Sud, traquée par des hommes en soutane, et pourquoi elle a abandonné son fils pour le protéger. Des réponses à ses questions, désormais, elle ne peut plus en donner car internée dans un hôpital psychiatrique suite à un traumatisme, son esprit vit en marge de la réalité.

Qui a pu le compromettre ? Quel est le lien qui relie l’Église à sa famille ? Lorsqu’il commence à explorer les nombreuses pistes, à chercher des informations auprès de l’évêque, monseigneur de Beauséjour, il découvre que le point convergent est le grand mystère de l’abbé Saunière qui avait la charge de la paroisse de Rennes-le-Château jusqu’en 1917. L’abbé, devenu riche, aurait découvert un fabuleux trésor en entreprenant des travaux de rénovation dans son église et serait mort sans confier son secret. Sa mère le connaissait bien.

S’engage, entre le meurtrier et François, une traque incroyablement bien orchestrée par le premier, balisée d’indices macabres, sur des voies ésotériques, qui va balader l’enquêteur jusqu’à Budapest et le renvoyer dans les méandres de son passé. Plus qu’un hypothétique trésor laissé par les Templiers ou les Wisigoths, il y aurait des parchemins dont la découverte pourrait ébranler les fondations du christianisme.
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Cinquième livre des enquêtes captivantes et trépidantes de François-Claudius Simon, l’auteur tisse son histoire policière autour d’une affaire qui a défrayée le début du XXe siècle, celle de l’abbé Saunière qui aurait trouvé fortune avec la découverte d’un trésor. Autour de ce récit, plein de mystères passionnants et théosophiques, il y a aussi les secrets familiaux qui jalonnent la vie de François. Le roman se situant en 1920, des fragments de l’intrigue abordent la Première Guerre Mondiale, les mouvements anarchiques, la Révolution russe et les conditions de vie au bagne de Cayenne. Guillaume Prévost, agrégé d’histoire, narre habilement cette époque.
Ce livre dense, aux multiples ramifications, aux personnages attachants, ambiguës, ou très inquiétants, fournit bien des réponses aux questions que les lecteurs de la série ont dû se poser précédemment. On retrouve des personnages récurrents qui évoluent également au gré des histoires.
Je découvre l’auteur et cet inspecteur avec ce livre. Comme j’ai beaucoup aimé… ce n’est alors qu’un début ! Le suspense prend au corps et l’action est bien menée.
A recommander…

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Rennes le Château
Le diable au bénitier de Rennes-le-Château

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La mort s’habille en crinoline

logomelangedesgenres1logo XIXème 2logo thriller 13« Mélange de genre » de Miss Léo
« Polars » de Liliba
« XIXème siècle » de Fanny
Une lecture commune avec Bianca et Fanny

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la-mort-s-habille-en-crinolinesLa mort s’habille en crinoline
Jean-Christophe Duchon Doris

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Paris,

Mme Roger est une couturière réputée. En ce mois de janvier 1856, elle espère avoir dans sa clientèle Virginia Oldoïni, une aristocrate Piémontaise de dix-huit ans mariée au comte de Castiglione. Jeune, très belle et ambitieuse, elle a quitté Turin (son mari, ses amants) à la demande de son cousin Camillo Cavour, un homme politique dévoué à son roi Victor-Emmanuel II, qui souhaite la présenter à l’empereur Napoléon III.
La rencontre se fera à l’occasion d’un bal aux Tuileries et, pour briller de toute sa beauté, la rendre exceptionnelle, il lui faut des atours précieux.
Les soies se déversent dans des teintes flamboyantes, audacieuses, attractives ; il en faut quatre mètres pour recouvrir vingt-huit cerceaux de huit mètres d’envergure, une crinoline unique, véritable cage d’acier fabriquée par les frères Peugeot…
Dans l’atelier de Mlle Annabelle, les petites mains doivent satisfaire cette commande spéciale. Le travail, sur un tissu « bleu ciel et argent », va se poursuivre jusqu’au milieu de la nuit, alors que les ouvrières sont à tirer l’aiguille depuis l’aube. Eglantine, douze ans, est la plus jeune de l’équipe. Elle est heureuse de travailler avec sa meilleure amie Camille qui l’a prise en charge au décès de sa mère. Camille est belle, toute en douceur et en courbes, avec un port élégant, bien différente des autres commises. Elle pourrait jouer la doublure de la Castiglione pour les essayages des robes…

Sept ans plus tard,

Dans les chantiers des nouveaux quartiers haussmanniens, un homme balance le corps d’une jeune femme dans un trou, le cache sous des gravats et part, satisfait de son crime.
Le lendemain, lorsqu’on découvre le cadavre, nu et égorgé, le commissaire Thomazeau charge son nouvel inspecteur Dragan Vladeski de l’enquête.
Les détails révèlent que la jeune personne n’est pas une miséreuse, ce que confirme une amie venue l’identifier. Sans se faire prier, la jeune femme raconte, donnant à cette enveloppe un peu d’âme qui n’est plus.
L’affaire aurait pu rester en suspens car Dragan a été renvoyé de la police pour une affaire ridicule, mais d’autres assassinats sont commis, dont un qui déclenche agitations et malaises jusque dans le cabinet du Ministre de l’Intérieur. Par le fait du hasard, c’est Dragan qui tire de la Seine le corps de cette femme. La mort est, comme pour les autres cas, due à une lame, cependant le corps n’est pas dénudé, mais revêtu d’une robe imposante, magnifique et unique… bleu ciel et argent… C’est à cet instant que le mystère se dévoile un peu. Toutes ces femmes ressemblent à la comtesse de Castiglione, l’italienne qui fut durant deux ans la maîtresse de Napoléon III, célèbre pour sa beauté, son intelligence et sa puissance sur les souverainetés.

« – Discrétion et efficacité ! Je compte sur vous, monsieur Vladeski. Il va de soi que l’identité et le mobile de l’assassin de cette pauvre fille nous importent peu. Tout ce que nous voulons, c’est nous assurer que tout cela est sans lien avec la Castiglione et l’Empereur ! »

Réintégré dans la police, Dragan dirige ses pas vers les ateliers de couture et reprend contact avec la jeune fille qui l’avait ému, au début de sa première enquête. Eglantine est même prête à l’assister pour venger le meurtre de son amie.
Ils vont alors chercher pourquoi la mort s’habille en crinoline…

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Pour ce roman, l’auteur nous embarque dans le Second Empire. Je l’avais laissé avec le procureur Guillaume de Lautaret sous le règne de Louis XIV et je me retrouve plus de cent cinquante ans plus tard avec un autre enquêteur, Dragan Vladeski. Ce personnage, tout aussi séduisant que son précédent, plaît aux dames ! Ténébreux, beau, cultivé, une prestance aristocratique, des traits slaves, Dragan est le petit-fils bâtard d’un prince Croate. Ce qui peut séduire aussi chez lui, c’est une certaine forme d’innocence ou d’inexpérience.
Dragan est accompagné d’Eglantine, une jeune fille qui connaît les arcanes des ateliers de couture et les personnes qui les occupent. Elle a une belle personnalité, une jeunesse pétulante, qui allie ingénuité, sincérité et témérité.
Durant cette enquête, ils vont se découvrir.
L’histoire mêle des personnages fictifs à ceux de notre Histoire et peint le tableau d’un Paris qui subit d’énormes changements. Ils se voient dans les transformations urbaines pensées par le Baron Haussmann, la modernité des nouvelles technologies que l’on découvre lors des expositions universelles, comme la photographie, la mode qui n’en finit pas de se réviser… et les affaires politiques à l’affut des remous de l’Europe. L’ère est au progrès, mais les ouvriers et les pauvres gens subissent toujours les diktats des fortunés.
Personnage central, la comtesse de Castiglione nous permet de fréquenter ces différents milieux. Sensible au style qui la pare et la transfigure, elle sait faire la mode. Elle sait également mettre en scène les photos de Pierre-Louis Pierson dans lesquelles elle s’idéalise. Mystérieuse, elle joue de ses absences et de ses apparitions, laissant à ses admirateurs le droit de la vénérer via des imitations.

J’ai aimé ce nouveau roman de Jean-Christophe Duchon-Doris et comme le dit ma copine de lecture commune Bianca, « c’est l’évocation historique qui m’a intéressée » le plus… mais je tiens à préciser que les scènes qui relatent les meurtres, dans un jeu du chat et de la souris, captivent bien le lecteur !

Je vous recommande cette lecture.

D’autres billets chez Titine, Bianca et Fanny

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castiglione

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Noir roman

logo hérissonlogo régionlogo thriller 13logo bac14« Polars » de Liliba
« Moyen-Âge » d’Hérisson
« Nos régions » chez Lystig
« Petit BAC » d’Enna

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La couleur de l’archange, T1
Fauve, T2
Bleu sang, T4

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noir roamnNoir roman
Tome III
Viviane Moore

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Septembre 1144,

La brume est aussi épaisse qu’un mur. Dans les marais, seul le diable peut s’y risquer. Exploitants d’une des tourbières du Yeûn, Rensulf et son fils partent braconner… et c’est en cherchant les pièges, que le jeune Maloù découvre le cadavre d’un enfant.

Le chevalier Galeran de Lesnevin revient sur ses terres, pays de Léon en Bretagne, après une absence de cinq ans. Avec Quolibet son hongre, il part en quête des souvenirs. Bien des choses ont changé sur le domaine mais c’est avec une nostalgie heureuse qu’il retrouve ses anciennes activités avec ses amis et la tendresse de ses parents.
De retour d’une promenade, il a la surprise de recevoir un message du seigneur de Huelgoat qui lui demande son aide. L’affaire doit être sérieuse car sinon Broérec ne l’aurait pas appelé. Compagnon d’armes au service du duc de Cornouailles lors de la guerre entre Conan III et Robert de Vitré, ce guerrier fougueux avait une approche du combat différente des autres, moins chevaleresque, plus « paysanne ».
C’est un peu contraint par une dette morale, Broérec lui a sauvé la vie lors d’une embuscade, que Galeran se rend en Basse Bretagne, dans les marais de l’enfer.

Une tour fortifiée, des passerelles de bois, un pont-levis, un vent glacial et des suppliciés forment un tableau d’accueil. Galeran apprend que le château est presque en état de siège à cause des menaces des gens du pays. Depuis quelques temps, des enfants sont retrouvés morts dans les eaux stagnantes du Yeûn et Broérec, colosse blond, aux traits taillés à la serpe, au caractère sauvage et martial, son fils Drogon, cruel et grossier, sont les coupables désignés.
Sur l’honneur, Broérec jure à Galeran qu’il n’est pas le coupable et le chevalier enquêteur le croit. Les enfants portent des marques de flagellation, d’entraves et une couleur bleue teinte leurs gencives.

« – Écoute bien ceci, Broérec, j’accepte de t’aider, mais sache que si je découvre que c’est toi qui a tué ces gosses… alors je n’aurai de repos avant que de t’avoir passé par le fil de mon épée. »

Une atmosphère malsaine règne sur ce pays taiseux et sur le château. La violence impose son joug, la folie n’est pas loin. Il est temps de lever les secrets et de chercher le pardon pour les fautes du passé.

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Cette enquête se passe au XIIème siècle, dans les Monts d’Arez. Troisième tome de la série, Galeran a vingt-sept ans. Il a acquis une sagesse que tout le monde honore et est devenu l’un des plus brillants enquêteurs du royaume, apprécié par les grands seigneurs et Aliénor d’Aquitaine.
L’intrigue donne plusieurs personnages à suspecter, au château comme au village. Tous ont des comportements étranges. Les fils de Broérec ont des caractères différents. Jestin est doux, Drogon est sanguinaire. Thustan, le valet de Drogon, est fourbe et tout aussi violent que son maître. A Lannedern, le moine clunisien Withénoc, silhouette sombre et étrange, est accompagné d’un jeune berger Kaourintin qui embrigade des enfants pour partir à Jérusalem, en Terre Sainte. Dans les bois, Hoël, le bâtard de Broérec, crie vengeance pour sa mère et ne cache pas sa colère contre le seigneur de Huelgoat… Sans oublier d’autres figures que l’histoire fait apparaître petit à petit, élargissant le cadre de l’enquête jusqu’à retrouver et réveiller des âmes du passé.
Comme dans les autres livres, une carte du paysage est dessinée permettant une meilleure visualisation du territoire, et en pages finales, nous retrouvons les recettes de dame Hermine ainsi qu’un lexique médiéval.
J’ai aimé reprendre les aventures de Galeran et n’ai rencontré aucune déconvenue. Le jeune homme évolue d’une façon fort séduisante. Quant à l’enquête, elle est sans ennui, du genre à captiver le lecteur qui ne peut interrompre sa lecture.
Viviane Moore raconte bien cette époque, le voyage dans le temps est garanti ! En lisant ce livre, j’ai parfois songé à « La princesse noire » de Serge Brussolo qui est un maître dans le polar historique et fantastique et ça m’a donné envie de le relire.

Une série et un auteur à recommander !

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Photo prise sur un site breton

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L’homme au ventre de plomb

logo Nicolas le Flochlogo parislogo polars
Challenges « Paris » de L’Ogresse et Sharon, « Polar » de Liliba

Lecture commune avec : AdalanaBianca, Edith, Eliza, Emma, Koali, LilouSoleilMiss Léo, Mrs. Pepys, Nag, Natiora, Shelbylee,
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Tome I – L’énigme des Blancs-Manteaux

nicolas le floch 2L’homme au ventre de plomb
Une enquête de Nicolas Le Floch – Tome II
Jean-François Parot

Je ne suis pas là pour cette lecture commune. A mon retour, je ferai le billet et viendrai vous lire.
J’ai lu le livre et j’ai aimé…
Bises chères copines !!!

L’énigme des Blancs-Manteaux

logo Nicolas le Floch« Paris » de L’Ogresse et Sharon
« Petit BAC » d’Enna, objet
« Polar » de Liliba
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Lecture commune avec : Adalana, Natiora, Shelbylee, Emma, Koali, Bianca, Miss Léo, Eliza, Lilousoleil, Nag, Ys, Céline,


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nicolas le floch 1L’énigme des Blancs-Manteaux
Jean-François Parot

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Janvier 1761,

Après quinze mois d’absence, Nicolas Le Floch retourne chez lui en Bretagne pour un bref séjour. Son tuteur, le chanoine Le Floch, est mourant. Sur le pont du navire, il se rappelle son année à Paris et son introduction auprès de M. de Sartine.

Bébé abandonné, il fut élevé par le chanoine Le Floch qui lui donna son nom et une très bonne éducation. Après son école chez les Jésuites à Vannes et son travail comme clerc de notaire à Rennes, il n’aurait jamais songé à rejoindre la capitale pour le service du roi. Jeune homme de vingt-deux ans, fougueux, mais aussi sérieux, appliqué et observateur, c’est le marquis de Ranreuil son parrain qui le recommande à son ami M. de Sartine, magistrat à Paris, nouvellement nommé lieutenant général de police. Si Nicolas est heureux de cette opportunité, il est aussi peiné de quitter son foyer et Isabelle de Ranreuil, la fille du marquis dont il est amoureux. Il sait bien que ses sentiments ne ravissent pas son parrain et que cet éloignement est avant tout une séparation prestement organisée.
L’écume salée de Guérande le renvoie à une époque insouciante, le regard bienveillant de son tuteur, les bontés maternelles de sa nourrice Fine,
les parties de soule, les chasses dans la forêt de Ranreuil…

A Paris, Sartine se montre affable et lui offre sur sa cassette personnelle les services d’un bon tailleur. Le provincial se transforme petit à petit en un élégant jeune homme. Il lui propose également de recevoir des leçons de droit avec M. de Noblecourt, un magistrat à la retraite, et le délègue auprès du commissaire Lardin, responsable de toutes les affaires de jeux légales et illicites, en lui demandant de lui rapporter discrètement les aléas du quotidien. Nicolas, logé dans un grenier aménagé de la belle demeure Lardin, rue des Blancs-Manteaux, fait la connaissance des femmes de la maisonnée, Louise l’épouse, Marie la fille d’un premier mariage et Catherine la cuisinière native de Colmar. Toutes les trois lui font bon accueil, quant à Lardin, il est un homme froid et impersonnel.
Dans ses fonctions, Nicolas rencontre un monde souterrain et un Paris grouillant et pouilleux. Rien ne semble structuré, pourtant l’ambiance chaotique des marchés et des rues s’organise dans une hiérarchie bien ordonnée. Il côtoie les « mouches », les gardiens des remparts, les hommes du guet, les prostituées, les mendiants, les colporteurs… les réseaux sont tentaculaires.

Février 1761, Paris,

Dans les ruines d’un ancien gibet à Montfaucon, une vieille femme observe deux hommes éparpiller les restes d’un cadavre livré en pâture aux rats.
Cette même nuit, Nicolas rentre à Paris, son tuteur est décédé.
Le mois de février annonce le carnaval et les masques grimaçants saluent son retour. Cette farandole de visages grotesques augure un temps de débauches, de pillages et de rapines.
Chez les Lardin, Louise est interrogée par l’inspecteur Bourdeau. Le commissaire Lardin a disparu et sa femme ne l’a pas vu depuis quelques jours. L’histoire est délicate car le commissaire pourrait enquêter sur des tripots clandestins et dans ce cas, toute agitation et tourments n’ont pas lieu d’être.
Convoqué par Sartine, Nicolas se voit confier l’affaire et tous les pouvoirs pour retrouver Lardin. Bourdeau est mis à son service pour l’assister. Cet homme est un fin limier, intelligent et très sympathique.
L’enquête débute à la morgue où Nicolas rencontre le Dr Semacgus, un chirurgien de marine, qu’il connaît, ami aussi de Lardin. Semacgus cherche parmi les macchabées la dépouille de son domestique Louis qui a disparu. Nicolas en profite pour le questionner car d’après la Paulet, tenancière d’un bordel, les deux hommes se seraient vus dans son établissement le soir de la disparition. Un tiers est aussi à noter… le cousin de Louise, le Dr Descart. Une vive querelle les avaient échauffés mettant en cause l’honneur de Louise qui ne serait pas une épouse fidèle.

Rien n’étaie le dossier, si ce n’est les animosités de trois hommes, Lardin, Descart et Semacgus. Mais très vite, des indices incontestables prouvent le décès de Lardin. Des chairs en décomposition et les habits de Lardin, ainsi que sa canne, ont été trouvés sur les lieux d’un ancien équarrissage, à Montfaucon.

Sur une table dans les sous-sol du Châtelet, « Monsieur de Paris » Charles-Henri Sanson, bourreau exécuteur au service du roi, officie à l’autopsie. Des morceaux que les rats et les rapaces ont bien voulu laisser, il en résulte que Lardin a été assassiné et ce n’est pas Descart qui en est l’auteur, car quelques jours plus tard, on le découvre mort, poignardé et torturé.
Nicolas ne veut pas que les soupçons s’orientent vers Semacgus, un homme qu’il estime, et s’empresse de trouver les coupables et les mobiles. A voir la mine de Sartine, l’enquête doit être plus alambiquée qu’on peut le supposer et de ce fait… concerner les affaires secrètes et politiques du roi.
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Premier tome d’une série qui compte à ce jour onze livres, cette histoire retrace la première enquête de Nicolas Le Floch et son arrivée à Paris. L’auteur est un très bon conteur. Nous partageons l’enthousiasme du jeune homme livré à une belle aventure, un peu perdu dans une ville qui n’a rien de comparable à celles de la Province. Il admire les hauts lieux de la capitale, tel un touriste, comparant ce réel, aux illustrations gravées qu’il contemplait dans son enfance. « Au service du roi »… la fierté de cette tâche est noble mais aussi naïve. On perçoit Nicolas dans la fraîcheur de sa jeunesse, encore un peu candide, doux et avide de connaissance, mais aussi les caractères de sa future personnalité, autoritaire, fin psychologue, impétueux et charmeur.
De ce roman, les personnages se positionnent pour les prochains épisodes… Sartine, Noblecourt, Bourdeau, Semacgus, Sanson, la Paulet, la Satin que je n’ai pas décrit dans le résumé et qui est une douce amie à Nicolas, le roi Louis XV, la marquise de Pompadour… tous, illustres ou fictifs, seront au rendez-vous pour le second tome « L’homme au ventre de plomb ».
J’ai beaucoup aimé lire ce roman. L’intrigue est bien amenée, surprenante, captivante et le côté historique est passionnant. Voir Paris en ce siècle, sous la plume de Parot, est enrichissant. De plus, Nicolas est un enquêteur fort séduisant !
Je vous recommande ce livre, il est une très agréable lecture.

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Des billets chez Adalana, Natiora, George, Eiluned, Mazel, Shelbylee, Nahe, Emma, Koali, Mrs. Pepys, Bianca, Touloulou, MissyCornish, Edith, Asphodèle, Miss Léo, Eliza, Lilousoleil, Nag, Ys,
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peinture-libertine

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Vinci et l’ange brisé

Challenge thriller de Liliba
« L’art dans tous ses états » de Shelbylee
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vinci et l'ange briséVinci et l’ange brisé
Didier Convard

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« L’écorchage d’un visage n’est guère chose aisée. De nombreux praticiens prétendront détenir la seule méthode qui convienne à ce genre d’opération. Soulever la peau, l’arracher des muscles, la tirer comme une fragile pelure en une pièce unique, la décolleter de sa chair, est un art. Car c’est un masque souple, presque translucide, que vous devez soustraire du tissu conjonctif, non un vulgaire épicarpe blet. La subtilité réside dans le choix des premières incisions à effectuer… En ce qui me concerne, je dois procéder rapidement. Le sujet est encore vivant lorsque je l’opère… »

François Ier va sur ses vingt-cinq ans lorsque Léonard de Vinci, son ami et père spirituel, meurt. Une nuit, presque clandestinement, il arrive aux portes de l’abbaye cistercienne de Vauluisant en Bourgogne, où le père abbé l’attend. Le monarque a un paquet a lui confier. Au secret, dans une pièce, il déballe avec soin une oeuvre du grand Vinci, car avant de la coffrer pour longtemps, il tient à lui montrer le panneau de bois peint qu’il devra protéger des regards. Fébrilement, il révèle à l’homme de Dieu la peinture…
L’horreur et le dégoût sont les sentiments primaires qu’elle inspire. Cependant, avant de partir, François souhaite confesser une histoire. Elle est de celle qu’on chuchote, qu’on pleure, qu’on abhorre et qu’on pardonne pour la paix des âmes.

« Je suis né le jour où l’on découvrit la première victime du voleur de visages ! »

En 1494, François 1er naît en Charente. De l’autre côté des montages, en Italie, à Milan, l’hiver a recouvert le pays de neige et de glace. Dans le canal Martesana, un corps à moitié dévêtu flotte, la face dans l’eau. Le prévôt et son lieutenant sont suivis dans leurs gestes par le peuple curieux qui ricane de leurs effort pour dégager le cadavre de la glace. Lorsque celui-ci est libéré de l’emprise et que le corps se retourne, le nom du Seigneur est clamé dans une litanie… « Nom de Dieu ! Nom de Dieu de nom de Dieu ! ».
La face est vidée de ses chairs, les yeux toujours dans leurs orbites demandent au ciel pitié, les muscles faciaux noués crient la souffrance, l’agonie les a saisis.
C’est un petit vagabond qui donnera l’identité du macchabée, Maître Di Rodrigo.

Témoins de la scène, un homme et une femme laisse le décor macabre et s’en vont vers le palais ducal dans la Corte Vecchia, paisiblement. Il est doux, prévenant, il protège la petite silhouette encapuchonnée qu’il appelle « Mon amour », contre son corps massif et sain. Elle, fragile, a dans sa voix de la vénération lorsqu’elle prononce son prénom, « Léonard ». Elle est son ange, il est sa vie.

Dans son atelier, Léonard de Vinci taquine son élève Salaï, lorsque le prévôt requiert son assistance pour commenter de façon légiste le crime commis.
On dit qu’un monstre volant sème la mort. Noir comme une chauve-souris, il plane sur les toits la nuit. De Milan, à Venise, à Florence, il dépèce ses victimes et repart avec la soie translucide de leur visage. Cette peau qu’il collectionne et qu’il cache dans une armoire…

Un ange se venge et le tortionnaire n’a pas de miséricorde pour rendre son châtiment.

 » – Grâce…
Un craquement le surprend. Cela ressemble à du bois brisé sous un coup de hache.
Un temps.
A peine deux seconde abominable que ce sont ses côtes qui viennent de se rompre. La pince de crabe a déchiré tunique, chair, muscles et os pour crever la cage thoracique. Elle fourrage maintenant dans son corps béant.
Antonio Draguere devrait mourir ; il saisit, dans une terreur gluante, que son agresseur connaît parfaitement l’anatomie interne humaine et qu’il se complaît à le maintenir aux lisières du trépas, dans un insupportable tourment, dans un cauchemar ignoble, tranchant boyaux et tripes, perçant l’estomac, mâchurant le foie… »

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« La Renaissance aux murs tachés de sang… » Ce thriller relate ses détails de façon horrible. Les scènes sont éprouvantes. Etrangement, l’auteur, dans un style épuré, simple, fort élégant, raconte une histoire effroyable et dévoile dès la première page l’artisan des crimes qui oeuvre avec art même dans la précipitation. Ce mystère divulgué n’enlève rien à l’énigme. On connait l’homme qui tient le scalpel, mais on ne dit rien du mobile. Là encore, on se doute, mais l’histoire se lit comme une tragédie romantique, gothique et fantastique et pas simplement comme un polar. Chronique des morts annoncées… j’ai essayé de prendre du détachement dans les moments noirs. L’assassin tient un journal et il retrace les faits avec précisions comme il le fait dans ses esquisses. Autre que ce scénario, il y a la vie de Léonard de Vinci, son entourage historique et fictif, sa famille, la présence de Mona Lisa, et les villes italiennes sous le Quattrocento. L’auteur entretient l’ambiguïté des personnages et invente son histoire.
La fin, mettant en scène le limier et son criminel, est très intéressante.
Intouchable, le génie place la justice des hommes hors de ses limites.

Un livre voyageur qui m’a été adressé par Soène… je la remercie car j’ai aimé le lire.
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Des billets chez Soène, Jérôme pour la BD, Shelbylee,
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Léonard de Vinci
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L’Aphrodite profanée – Tome III

Challenge de Soukee, « Rome l’Antique »
Retour avec Kaeso-Wotan, le beau centurion… Souvenez-vous… Pompéi, Palantin, Subure, Rome…

Les mystères de Pompéi, tome I
Meurtres sur le Palatin, tome II

« Kaeso Wotan Concordianus Licinus, 1m92, 90 kg, cheveux blonds, yeux bleus clairs, très beau. Né à Rome, dans la noble famille des Concordiani, d’un père officier du prétoire et d’une mère Germaine, esclave affranchie puis épousée par son ravisseur. Il a grandi au milieu des soldats avec les enfants de la famille impériale (plus particulièrement avec le frère aîné de Caligula, Néro, qui était son meilleur ami) et sous la tendre férule de Hilds, qui le berça des légendes barbares et de récits guerriers. Comme son défunt père, il s’engage très tôt dans les cohortes d’élite des prétoriens, où il ne tarde pas à se faire une réputation. »
site de Kaezoleprétorien

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arton11696L’Aphrodire profanée
Cristina Rodriguez

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Rome l’Antique, sous le règne de Tibère, An 32 ou 33 (Caligula a 20 ans)

Venue pour consulter l’oracle grec Apollonius sur Kaeso, Concordia voit son ami faire une crise d’épilepsie et après des convulsions, tomber évanoui. Sa vision parle d’eau croupie et l’odeur nauséabonde et fétide s’accroche à son esprit.

La nuit est brûlante. Kaeso, chef de la garde prétorienne, est posté en embuscade dans une ruelle de la ville avec Io, son léopard, Matticus, Mustella et d’autres prétoriens. En trois mois, huit garçons de grandes familles romaines ont été enlevés. Après le rapt et la demande de rançon, l’enfant est toujours restitué sain et sauf. Alerté seulement au sixième enlèvement, Kaeso a tenté vainement de piéger les kidnappeurs. Les résultats sont sans triomphe, voire pitoyables. A chaque traquenard, les piégeurs sont feintés et la garde prétorienne tournée en dérision, gaussée, par le peuple. Cette huitième fois aura la malchance des précédentes ; elle se terminera dans un bain de… (je vous laisse la surprise de le lire !).

Le préfet du prétoire, Macro, est chargé par l’Empereur Tibère de servir de conseiller et de guide à Caligula. L’homme est rigide, prétentieux, et s’immisce jusque dans la caserne de Kaeso. Imbu de lui-même, il donne ses recommandations avec arrogance et blessant, balance ses remontrances avec mépris, destituant de l’enquête le jeune homme. Il semblerait qu’humilier et rabaisser Kaezo soit une de ses activités préférées.
« – La prochaine fois qu’il me parle comme il vient de le faire, je le tue ! tempêta Kaeso.
– On croirait entendre Donar ! Vous vous ressemblez décidément comme deux gouttes d’eau. Caractère de cochon inclus…
– Que vient faire Donar, là-dedans ?
– Macro lui en fait voir autant qu’à toi.
Kaeso grimaça.
– Une façon polie de me dire que ce fils de pute a un problème avec « les gens comme nous » ? Ferait-il partie de ceux qui estiment que les sauvages de Germains que nous sommes sont indignes d’être considérés comme des citoyens romains à part entière ?
– Pas exactement. En fait, Macro a un problème avec tout ce qui n’est pas « dans les normes », Wotan. Ses normes à lui, s’entend. Pas vrai, Hélicon ?
L’Egyptien acquiesça avec un sourire entendu.
– Mon maître et moi-même soupçonnons ce bon préfet de vouloir jeter aux gémonies tout ce qui ne répond pas à ses exigences de normalité.
Kaeso fronça les sourcils et se tourna vers Caligula.
– De quoi parle-t-il ?
Son ami lui tapa sur l’épaule, railleur.
– Tu es trop beau, Kaeso ! Trop parfait ! C’est louche. A ses yeux, du moins. »

Dans la soirée, l’oncle de Caligula, Claude, souhaiterait présenter à sa famille et à ses amis sa dernière acquisition. Une statuette représentant la déesse Aphrodite sculptée par le célèbre Praxitèle. Une fête est donnée en cet honneur, sous la bonne surveillance des centurions et de Kaeso. Mais lors de la réception, un esclave intervient et hurle que la sculpture a été dérobée. Ce forfait sème aussi trois cadavres, le secrétaire de Claude et deux inconnus.

Entre l’insupportable Macro, les enlèvements des enfants, la disparition de la statue et les trois morts, Kaeso ne sait plus où donner tête ! Aidé de ses amis Caligula, Donar, Apollonius, de ses seconds Io, Matticus, Mustella et de sa cousine Concordia, il affrontera des assassins Egyptiens de la guilde des Frères d’Anubatos et rencontrera la plus célèbre des courtisanes, Pyralis, une collectionneuse d’art, obnubilée par les oeuvres de Praxitèle.

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Voyage dans la Rome antique à travers les enquêtes de Kaeso le prétorien, nous déambulons des maisons palatines les plus riches aux rues les plus obscures et sordides, avec le Tibre pour dépotoir. Dans cet épisode, nous retrouvons les personnages du livre précédent… En plus des noms cités ci-avant, il y a Ludius et son bel amant Mnester, Hildr la mère qui continue à autopsier les cadavres, Malah l’esclave d’Apollonius qui peut aussi se transformer en boucher et en porcher pour faire disparaître quelques indélicatesses de son maître… Tous évoluent dans l’histoire et l’auteur nous les rend encore plus intéressants et fascinants. Je pense que ce dernier opus raconte avant tout leur passé, leurs secrets, leurs désirs et leurs « démons ». Le style est toujours très vif, plein d’humour, de soties, d’esprit, sans ennui, avec des chapelets de jurons fleuris et des scènes coquines. Comme pour les deux autres tomes, j’aurais souhaité encore plus de mots, plus de pages… Alors Madame Rodriguez, à quand le prochain ? Je me languis déjà de… Io !!!
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Billet chez Somaja,
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praxitele-louvre

Tête d’Aphrodite du sculpteur Praxièle
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Fauve

Tome I – La couleur de l’archange

fauveFauve
Tome II
Viviane Moore

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XIIème siècle,

Un sculpteur travaille sur un morceau de bois. Le commanditaire de la sculpture, une femme, a le regard halluciné d’une fanatique. Cette commande devient une obsession pour l’un et l’autre. Il ne manque que les yeux ; des yeux bleus, un bleu saphir.
Quinze ans après, sur les bords de l’étier du Lafond, par une nuit glaciale de décembre, un meurtre horrible est commis.

Venant de La Rochelle, trois cavaliers traversent les marais salants de l’Ile de Ré, en direction de la forteresse d’Isembert III, ancien seigneur de La Rochelle et de Châtelaillon, exproprié par Guillaume d’Aquitaine.
Ces silhouettes altières sont celles d’un templier frère Geoffroy, de son écuyer Aymon et d’un chevalier, Galeran de Lesnevin. Ce dernier perçoit dans les brumes qui couvrent le paysage, une présence maléfique. Un présage malheureux que confirment les pendus, suppliciés et cavés par les charognards, qui accueillent les visiteurs du haut de leur potence.
Frère Geoffroy de la Commanderie de la Rochelle, est mandaté par le Précepteur d’Aquitaine pour régler certaines dettes du seigneur Isembert.
Dès leur arrivée, Isembert se montre ironique et discourtois. Il semblerait qu’un vieux litige l’oppose au templier qui revient dans la région après de nombreuses années passées en Orient. Son château n’a pas le lustre qu’il mérite et porte l’empreinte vulgaire et crasse de son propriétaire qui les invite à passer leur nuit.
Les trois hommes font la connaissance alors, de la famille de leur hôte, une parenté décousue et bâtarde. Sa fille, Hersende, une amazone bien charpentée, sa dame, Orengarde, qui n’est qu’une favorite jamais épousée, et toute une flopée d’enfants, des filles. Galeran est très surpris par les personnages du château. Outre le capitaine de la garde et Isembert, tous les autres habitants sont des femmes, y compris les quelques soldats, des Rétaises aux crânes rasés. La raison de cette loufoquerie, il la connaîtra le soir au dîner, par l’aveu chuchoté de Hersende…
« – Ne soyez pas surpris, chevalier. Depuis la trahison de ses manants, mon père n’aime guère autre compagnie que celle des femmes et cela vaut également pour ses soldats. Il n’y a point d’homme ici. »
Quand, de l’autre côté de la table, Isembert, parmi ses concubines, postillonnait au nez de frère Geoffroy…
« – Le corps de son père était encore chaud qu’Aliènor me dépossédait déjà ! Et maintenant, elle vous donne mes moulins ! Elle a de la chance d’être une belle garce celle-là, et j’ai toujours eu un faible pour les garces, n’est-ce pas mes mignonnes ? Ne fais pas cette tête, Geoffroy ! Ce n’est pas parce que tu as fait vœu de chasteté que je devais faire de même. »
A l’odieuse goujaterie, le silence se fait lourd et Galeran observe la dignité hautaine de dame Orengarde qui tremble sous la main d’Isembert.
La nuit est étrange, un crime se prépare.

Le lendemain, frère Geoffroy, Galeran et Aymon retournent à La Rochelle escortés par Hersende. A l’entrée de la ville, ils croisent une patrouille de gardes. On a retrouvé dans les marais, le corps d’une jeune fille lacéré de coups de couteau. Ce meurtre fait référence à un autre crime non élucidé ; des filles, jeunes, belles et blondes.
Aussitôt, Galeran propose son aide au prévôt qui accepte l’assistance de ce noble chevalier, ami des templiers.

L’enquête ne tarde pas à avoir son troisième cadavre… Galeran, secondé par P’tit Louis, un enfant de la rue, trouvera ses indices dans une vieille histoire, celle de la Belle Maudite. Une fillette de douze ans, de haute lignée, déshonorée et enlevée par son ravisseur, puis séquestrée de longues années.
Au dessus des flots, la colline de Pélenerte abrite deux tombes sur lesquelles deux rosiers s’affrontent, un rouge et un blanc. Le blanc recouvre petit à petit le rouge.
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Fauve est le deuxième volet des enquêtes de  Galeran de Lesnevin. Après son départ du Mont-Saint-Michel, Galeran, devenu chevalier, ne souhaitant pas résider dans son fief en pays d’Armor, part à l’aventure sur les routes. Ses errances l’ont mené vers la Commanderie des Templiers de La Rochelle où il se verrait bien partir avec les frères en Orient. J’ai eu plaisir à retrouver le chevalier pour la troisième fois et n’ai pas été déçue de l’histoire. Cette série est ma valeur sûre, dans laquelle je me réfugie entre quelques lectures. Le style est toujours simple et l’intrigue palpitante. (Peut-être ne suis-je plus tout à fait objective à présent ? car j’ai un gros faible pour mon chevalier-enquêteur !)…
Prochain épisode « Noir roman ».

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Enluminures – Chevalier et la dame aux oiseaux / Bataille de La Rochelle
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Les nuits blanches du Chat botté – Tome I

les nuits blanchesLes nuits blanches du Chat botté
Tome I

Jean-Christophe Duchon-Doris

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Octobre 1700 –
Il était une fois, dans la région escarpée des Alpes provençales…

Dans une pièce du château de Montclar, certainement près d’une cheminée, deux dames et une demoiselle échangent des platitudes tout en lisant et brodant. La soirée est au rythme d’un ennui automnal, des silences, des soupirs, des pages tournées pensivement, des aiguillées abrutissantes, du murmure du vent dans le feuillage des arbres, des crépitements du feu et de la danse des chandelles. La lune est pleine, elle éclaire les silhouettes extérieures d’un doux rayonnement.
« – La lune est ronde ce soir et le ciel piqueté d’étoiles. C’est une nuit à faire des bêtises. »
Marie d’Astuard, châtelaine et hôtesse, lance cette légère boutade à ses deux compagnes. Elle a conservé, malgré son âge, la pétulance, l’enjouement et la polissonnerie de sa jeunesse. Ce clin d’oeil égrillard est destiné à Delphine, sa filleule de dix-huit ans, fille de son amie d’enfance Jeanne d’Orbelet qu’elle héberge.
« – Ne dites pas de sottises, Marie. Delphine pourrait vous croire.
– Oh ! je ne vois guère, ma chère, quelle bêtise pourrait bien commettre cette enfant, même si elle en éprouvait le désir !
– Dois-je comprendre que vous le regrettez ?
– Je dis simplement que notre compagnie à toutes deux dans un château sinistre n’est pas ce que l’ont peut souhaiter de mieux à une jeune fille de son âge.
– Sans doute, préféreriez-vous qu’elle s’étourdisse comme vous le fîtes ?
– Eh ! ma foi, ma chère, cela laisse du moins de beaux souvenirs. »
Témoin de ce gentil duel, Delphine sourit avec tendresse à l’écoute de cette complicité taquine. L’une, femme pieuse et mesurée, l’autre fantasque et coquette, toutes deux anciennes pensionnaires du couvent des Ursulines.
Les idées vagabondes, Delphine repense avec envie, à la jeune modiste de Seyne-les-Alpes qui lui confectionne ses toilettes. Amélie Pothier a la grâce et l’assurance qui lui font défaut.
« – Tout de même, dit Marie d’Astuard en relevant son visage poudré et en battant des cils, c’est une nuit d’audaces et de vertiges. »

Après avoir quitté son fiancé et dansé toute la nuit, Amélie rentre chez elle à pied. Au loin, les cloches de l’église tintent, le torrent bourdonne, la nuit respire. Sur le chemin, surprise par certains bruits, elle sonde l’obscurité profonde. C’est alors qu’il lui semble voir la forme d’un loup. Un animal gigantesque, une entité démoniaque qui approche et qui la saisit.
« – Qui… qui êtes-vous ?
– Je suis la bête qui sait. »

Le lendemain, le jeune procureur Guillaume de Lautaret arrivant de Grenoble, est appelé. Ils ont retrouvé le corps de la jeune couturière, pratiquement déchiqueté et mangé, à ses côtés, une cape rouge. On lui annonce également, qu’un couple de bergers a été retrouvé dans leur taudis, tués sauvagement. A leur autopsie, il découvre des petits cailloux blancs dans leurs bouches.
Il semblerait que les crimes aient été commis par un loup enragé. Seul Guillaume et le chirurgien présument le genre d’animal.
La nuit suivante, une autre atrocité ; une jeune fille éventrée dans une grange.

Delphine, affligée par le décès d’Amélie, commence à poser des questions et faire des suppositions. Sa curiosité la conduira vers des bergers qui reviennent de leur transhumance. A l’interrogation « Avez-vous vu le loup ? », on lui répondra « C’était à moitié un homme, à moitié un animal… Ce n’était pas un loup… C’était un chat. »
Delphine l’imagine, le dessine, le rêve. Son chat ressemble au Chat botté, un conte que la Naïsse, une sage femme un peu sorcière, raconte lors des veillées avec les villageois. Voulant partager avec le procureur les quelques informations récoltées, elle essaie de l’aborder après l’office du bon abbé Jorisse. Mais Guillaume, légèrement moqueur, la rabroue.
« – Que deviendrait la justice du Roi, dit-il en adoptant un ton d’une extrême gravité qui ne parvint pas toutefois à gommer l’ironie sur ses lèvres, sans l’aide précieuse des demoiselles ? »
Et d’autres crimes sont perpétrés…

Chacun mènera ses investigations, sur le terrain ou dans une bibliothèque, puis, ils se retrouveront pour le prélude du dénouement. A chaque tuerie un indice laissé dans la bouche ou près du cadavre ; Cailloux, bague, cape rouge, peau d’âne, aiguille… Ces meurtres ont l’étiquette de quelques rituels magiques ou parodiques et les conduisent vers les contes du célèbre auteur Charles Perrault. L’automne est rigoureux, la neige commence à tomber, la Vallée de la Blanche n’est pas immaculée.

J’ai aimé ce livre et vous le conseille vivement (si vous affectionnez les polars historiques (ou pas !!!)). L’histoire se passe sous le règne du Roi Louis XIV. Guillaume de Lautaret est un jeune procureur fougueux et très ambitieux. Lorsqu’il arrive dans ce village pris entre deux montagnes, il ne s’imagine certainement pas que l’intrigue le passionnera autant et qu’il aura l’assistance précieuse d’une chaste demoiselle. Quant à moi, des premières pages aux dernières, j’ai soupçonné tous les personnages du roman sans déceler sa trame et sa conclusion. Le style d’écriture est alerte, simple et prenant. Le mystère s’enroule dans une froidure à l’image de la rusticité et de l’âpreté de la région. On pressent la noirceur cachée, masquée, et on la colle à chaque visage. Le parallèle avec les contes est bien conçu et démontre que les histoires de princesses, de fées et de princes charmants ont toujours des ogres, des loups, des sorcières et des… Chats bottés.
Je tiens à préciser que le livre a quelques passages un peu coquins qui surprennent !
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Billet chez Pimprenelle, Stéphie, Coralie,
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Illustration du Chat botté de Gustave Doré
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