Il est où Blonk ?

Une semaine illustrée
2ème billet

 

Il est où Blonk ?
Texte de Séverine Vidal
Illustrations de Loïc Méhée

 

Tess a reçu Blonk à sa naissance et elle l’a vite adopté. Si doux, si beau…
Tess fait tout avec Blonk. Ils mangent, ils prennent le bain, ils se trainent par terre. Tess adore le toucher… lui mâchouiller l’oreille. Elle ne peut rien faire sans lui !
Puis arrive le jour où Blonk est vraiment trop sale et puant. Il faut le laver, mais Tess refuse de s’en séparer et toutes les ruses des parents n’y peuvent rien.
Comment faire et qui aura le dernier mot ? La petite fille qui aime son doudou tel qu’il est va se montrer très obstinée, coquine et intraitable !

Ce petit livre drôle n’a pas la morale qu’on lui souhaiterait ! Il faut vous préciser que Tess remporte la joute et que Blonk, le doudou tant aimé, reste sale et malodorant. Attention chers parents… si vous lisez cette histoire à votre chérubin, c’est à vos risques et périls !

Je vous recommande cet album cartonné qui malgré son esprit polisson, reste craquant.

 

 

 

 

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Peindre sur le rivage

 

Mercredi BD dans le cadre nordique de Cryssilda
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Peindre sur le rivage
Anneli Furmark

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Hélène, une femme d’une quarantaine d’années, se replonge dans le journal intime qui retrace son année 1990. La première page commence en septembre, alors qu’elle vient de quitter Stockholm pour aller étudier dans une école d’art au nord du pays, et la dernière page boucle ses confidences en juillet 1991.

Logée chez une vieille dame qui a aménagé le haut de sa maison pour des locataires, elle liste des codes de bonne conduite et se promet de rester concentrer sur son travail. Mais dès le premier jour d’école, elle fait des connaissances et se rend compte qu’il lui sera difficile de tenir ses nouvelles résolutions.
Elle raconte le paysage qui dans un premier temps ne l’enchante guère, la lumière particulière, Iris sa logeuse, Irène sa nouvelle amie, ses professeurs, Evald, un vieux peintre bohème qui parcourt les rivages en quête d’inspiration, et Lauri Stenman, un peintre reconnu qui vient passer trois semaines dans son école… Elle parle aussi d’une question qui la taraude : « Qu’est-ce que l’art ? ». Peu sûre d’elle, à la recherche d’un style, d’une œuvre à réaliser, elle admire l’impétuosité et la détermination d’Irène. Son destin semble encore incertain et rempli de doutes. En tant que femme, en tant qu’artiste, quel chemin doit-elle prendre pour s’épanouir ?
En se relisant, elle s’aperçoit que ses écrits tournent plus autour de ses amours que de ses peintures. Entre Irène et Lauri, son cœur déjà abimé par une relation malheureuse n’ose se donner pleinement.
L’année fut riche, les souvenirs reviennent et peut-être quelques regrets.

Cet album est une deuxième incursion dans l’univers d’Anneli Furmark. J’ai donc abordé l’histoire avec plus de facilité que pour la première, sensible à l’ensemble, histoire-graphisme-colorisation. J’ai beaucoup apprécié les paysages déclinés dans les différentes saisons, ainsi que la personnalité d’Hélène qui déploie ses ailes doucement. Si elle semble fragile au départ, on s’aperçoit qu’elle a aussi un tempérament terrien, bien ancré dans son monde.
Poétique, nostalgique, chargée des espoirs et des doutes de la jeunesse, cette chronique sans emphase, toute simple, éclatante de couleurs, a été une belle lecture.

 

 

 

Un Noël dans les Catskills

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Il était cinq fois Noël de Chicky Poo et Samarian
Challenge Feel Good de Soukee

 

 

Un Noël dans les Catskills
Nora Roberts

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Pour s’empêcher de pleurer, Pandora jette un regard ironique sur ses oncles, tantes et cousins qui, après le décès de l’oncle Jolley, se sont réunis dans son bureau pour la lecture du testament. Tous s’attendent impatiemment à recevoir une belle part des cent cinquante millions de dollars. Tous, à l’exception du cousin Michael qui comme elle, se fout de la succession et regrette profondément la mort du vieil homme. Elle en est à regarder Michael et à se rappeler leur animosité et leurs nombreuses disputes qui égayaient oncle Jolley, lorsque le notaire commence à lire les dernières volontés du défunt.
Pour deux petites-nièces, à l’une superficielle et narcissique, il lègue un miroir qui aurait appartenu à la reine Marie-Antoinette, et à l’autre, une maison à Key West qu’elle déteste. A un petit-neveu, il transmet sa collection de boîtes d’allumettes. A un neveu, il lui offre son premier dollar gagné et dignement encadré. A son unique fils, il lègue une panoplie de magicien. Et à son petit-fils, seulement ses meilleurs vœux… Le tollé est unanime, et il double d’intensité quand le notaire termine par une disposition particulière qui concerne l’essentiel de la fortune et des biens immobiliers. Le vieux filou qui avait aimé Pandora et Michael comme ses enfants leur laisse tout s’ils vivent ensemble durant six mois consécutifs dans la maison qu’on appelle La Folie de Jolley. Si les deux jeunes gens refusent cette disposition, tout, jusqu’à la moindre babiole, serait décortiqué et à partager entre les héritiers et un institut pour plantes carnivores.
Pandora et Michael ne sont pas très surpris par ce dernier clin d’œil. Oncle Jolley était un original qui aimait tirer les ficelles et avoir le dernier mot. Mais si dans un premier temps tous les deux se rebiffent, dans un second temps, ils se voient contraints d’accepter la cohabitation pour ne pas voir cette magnifique demeure s’éparpiller aux quatre vents. D’une architecture baroque, très fantaisiste, La Folie de Jolley est pleine des souvenirs de celui qui l’a habitée et ça serait la pire des trahisons de ne pas la garder intacte.

Dans les montagnes de Catskills, pour Noël, la neige ne va pas tarder à tout recouvrir et à isoler les deux duellistes, toujours en verve d’amabilités assassines. Pandora, créatrice de bijoux, implante son atelier dans la serre. Quant à Michael, scénariste renommé de feuilletons policiers pour la télévision, il se terre dans sa chambre pour écrire… Respecter l’espace de chacun est le pacte qui scelle leur accord et qui leur permettra d’endurer cette union forcée.
Alors que les vieux domestiques souhaitent les voir se rapprocher selon les désirs coupables d’oncle Jolley, d’autres personnes manigancent de les séparer. Vandalisme, empoisonnement et autres surprises sont au programme. Mais pas que… il y aura aussi des frissons, des fantasmes, et… plus…
Pandora et Michael devront composer.

De l’auteur, je ne connais que les premiers tomes de sa série policière « Eve Dallas », et j’ai voulu tester l’une de ses romances. Celle-ci est sur le modèle des livres sentimentaux et ne fait pas mystère de son dénouement. Écrite en 1986, elle a quelque chose de désuet, de passé, de charmant, et… d’assez soporifique, aussi. Elle est juste bien pour un challenge sur Noël, et pour un après-midi de grisaille !

 


Catskills Mountains
Une photo Pinterest prise « ici »

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Un Noël de tendresse


Il était cinq fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Les samedis du mois sont albums illustrés

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Un Noël de tendresse
Un conte de Bruno Hächler
illustré par Angela Kehlenbeck

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Un petit ours se languit seul sur le haut d’une étagère. Plein de poussière, on ne distingue plus son joli nœud rouge qu’il porte au cou. Alors, en pleine nuit de Noël, il décide de partir retrouver d’autres amis à lui, dans un vieux hangar à l’écart de la ville, car ils ont tous une mission à accomplir. Les petits et gros ours, oubliés, dorlotés ou encore en vitrine dans les magasins de jouets, ont dans l’idée de faire redécouvrir aux enfants et aux grands la vraie magie de Noël.

Partout, dans toutes les maisons, ils volent les cadeaux qui sont sous les sapins et les remplacent par des petits mots doux qui leur feront rappeler les absents… Il y a ceux qui n’ont pas vu leurs grands-parents depuis trop longtemps, ceux qui ont des proches qui passent les fêtes dans les hôpitaux, ceux qui ont des voisins seuls, sans famille… Noël, après tout, c’est une journée pour rire, chanter, se rassembler, et se rapprocher…

« – Joyeux Noël ! Joyeux Noël ! »

Un très joli album illustré, tout en douceur, qui parle des vraies valeurs de Noël. Les  cadeaux font plaisir, mais l’essentiel reste dans le bonheur d’être ensemble.
A méditer !

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Légende d’un dormeur éveillé

Les livres de la rentrée littéraire avec PriceMinister

J’ouvre mon salon à une amie qui a voulu lire et écrire la chronique du livre. Cette amie se nomme Dominique. Je lui laisse la page ; elle vous parle de sa lecture…

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Légende d’un dormeur éveillé
Gaëlle Nohant

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Gaëlle Nohant a réussi un tour de force, nous donner « des yeux de poète » le temps d’une lecture sous enchantement.

A travers les yeux de Desnos, nous voyons s’animer le Paris de ce printemps de 1928, quand il revient de Cuba, accompagné d’Alejo Carpentier qu’il a embarqué clandestinement dans sa cabine pour le faire échapper au dictateur Machado – déjà en résistance contre tous les assassins de liberté – . Dans le quartier des Halles de son enfance, la pierre du square de la Tour St Jacques est mystérieusement chaude sous sa main et les dragons de pierre prêts à s’envoler. Les rues de Montparnasse sont peuplées de poètes, de peintres, de femmes libres. On boit, on danse, on désire, on s’éprend déraisonnablement dans les bars et les bals de ces années encore folles. A travers les yeux de Desnos, nous subissons le charme d’Yvonne George, la chanteuse « à la voix déchirante », qui se meurt de tuberculose et d’opium, l’Étoile de mer, belle et cruelle.

La dompteuse et le lionLa dompteuse et le lion, juin 1930,
peinture à l’huile sur toile, Petit-Palais, Genève

A travers les yeux de Desnos, nous rencontrons Youki Foujita, la très sensuelle épouse du peintre japonais. Troublée par le poète, celle qui deviendra sa Sirène lui dit : « Vous avez des yeux d’huître, c’est joli. »

« Des yeux d’huître. Pourquoi pas ? Ses yeux étranges, où se mêlent le bleu, le vert et le gris, ont les reflets de la mer quand elle se casse sur les falaises crayeuses par temps de pluie. Ce sont des miroirs qui débordent pour embrasser l’infini. »

Desnos, le prophète du Surréalisme, selon son Pape, André Breton, est revenu de Cuba rebelle à l’autocratisme grandissant de ce chef qui exclut ses amis, qui condamne ses moyens de survivre – son activité de journaliste -, qui veut lui imposer choix politiques et amoureux. Il prend ses distances et de tensions en conflit ouvert, ce sera la rupture brutale, violente.

Gaëlle Nohant a choisi de commencer sa biographie romancée à ce moment charnière où Desnos se libère des diktats de Breton, où il devient l’amant de Youki, où sa poésie s’ouvre au monde dans une attention et une perception aiguisées. Impossible de faire la part de la fiction et de l’érudition dans ce livre qui se lit avec passion. Gaëlle Nohant s’est approprié Desnos, son univers, sa poésie, et elle nous fait la grâce de les partager avec nous simplement, naturellement. Le récit intègre des extraits de poèmes ; ils s’éclairent réciproquement et nous avons l’impression que Desnos se confie à nous, que peu à peu, nous le connaissons personnellement, cet amant patient, cet ami généreux et joyeux, ce rêveur lucide qui nous promet que « La peine sera de peu de durée », que « La belle saison est proche ».

L’écriture sensible de Gaëlle Nohant ne nous restitue pas seulement le poète, sa poésie, ses amours, ses lieux d’élection, mais toute une foule de personnages, ceux qu’on attend, bien sûr, les Surréalistes : Breton, Eluard, Aragon, Man Ray et sa muse, Kiki, mais d’autres aussi, méconnus ; je ne peux pas les évoquer tous, et chaque lecteur fera ses propres rencontres au fil de sa lecture ; je reste hantée par deux figures tragiques, deux suicidés, le poète René Crevel, archange foudroyé, aux « yeux de ciel gelé », et un peintre, Pascin, le « prince de Montparnasse », l’ordonnateur de fêtes splendides. La première partie du livre se ferme sur son enterrement qui réunit tout le quartier, jusqu’aux clochards, derrière son cercueil ; c’est la fin de l’insouciance. Ce seront, ensuite, les années de crise, où comme des millions de gens, Desnos connaît le chômage, le ventre vide et les souliers troués, et malgré la parenthèse heureuse du Front Populaire en 36, la montée des fascismes et la guerre d’Espagne, prélude sanglant à la tourmente qui va emporter toute l’Europe. Robert Desnos change, sa poésie se transforme.

Le lecteur découvre un Desnos peu connu, celui qui imagine et dirige « une superproduction radiophonique » qui fait revivre les aventures de Fantômas, le terrifiant bandit masqué de la Belle Époque, auquel Antonin Artaud, artiste tourmenté, prête sa voix et son ricanement à donner la chair de poule. La TSF est alors un médium à explorer, riche de potentialités, pour faire vibrer les auditeurs, les cultiver, les bousculer. Desnos inventera une émission d’interprétation des rêves ; il lit les récits de rêves qu’on lui envoie et les déchiffre. La créativité du poète s’exerce dans de multiples directions, cherche sans cesse de nouvelles voies pour atteindre le public populaire, la publicité, la chanson, le cinéma. Dans un nouvel appartement, rue Mazarine, la « maison magique », se réunissent les amis, Jacques Prévert, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, Henri Jeanson, Théodore Fraenkel ; Youki se laisse davantage aimer ; la Sirène est moins fuyante. Robert veut écrire une poésie claire, qui dise le monde réel, la révolte et l’espoir, une poésie pour tout le monde, aux mots de tous les jours.

Mais les temps sont cruels aux poètes. On tue Federico Garcia Lorca à Grenade ; son crime ? chanter la justice, la liberté, le peuple. Les artistes sont désormais sommés de choisir leur camp. Desnos a choisi de longue date. Je ne connaissais pas le bagarreur qui n’hésite pas à faire le coup de poing quand le dégoût et la rage le submergent contre les ligueurs fascistes dans les années 30, contre les collaborateurs sous l’Occupation, dans cette France où les Céline et les Laubreaux le dénoncent dans leurs journaux comme « juif embusqué ». Desnos devra apprendre la prudence pour protéger ses activités clandestines. Dans ces années obscures, il devient le « Veilleur » : « Je veille tandis que dort Paris. » La poésie se fait arme, celle d’Eluard, d’Aragon, la sienne. C’est « L’Honneur des poètes » de dire non, d’appeler à l’insoumission, d’annoncer l’aube nouvelle : « Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu… ». Mais écrire bientôt ne lui suffit plus ; il lui faut agir contre la terreur nazie qui s’abat sur ses amis juifs, résistants, communistes ; il apprend à faire de faux papiers, et même, il passe à l’action directe en intégrant un réseau de résistance. Comment ne pas admirer, ne pas aimer cet homme qui « espère toujours que demain sera plus beau qu’aujourd’hui», et va au bout de ses engagements ?

Gaëlle Nohant, dans la dernière partie de son livre, bouleversante et puissante , a pour lui les yeux de Youki. Elle lui donne voix, maintenant, pour raconter les derniers mois de la vie de Robert Desnos, son arrestation, son internement au camp de Compiègne, sa déportation d’abord, par erreur, à Auschwitz, puis Buchenwald, Flossenbürg et Flöha d’où il lui écrit plusieurs lettres pleines de promesses d’un bel avenir, enfin Theresienstadt où il meurt, épuisé, du typhus, en juin 1945, à 45 ans. Ce livre peut se lire aussi comme un étonnant roman d’amour : entre la première rencontre et cette fin déchirante, Youki, la volage, l’écervelée, la frivole, se métamorphose en une femme audacieuse et tenace, prête à tout pour sauver celui dont l’amour – enfin, elle s’en rend compte – lui est vital. Elle l’avait, d’ailleurs, presque sauvé, avait obtenu que son nom soit rayé de la liste du convoi de déportation, quand l’intervention haineuse d’Alain Laubreaux annihile tous ses efforts.

A travers les témoignages que Youki recueille de tous ses compagnons de déportation, l’ultime portrait qui se dessine de Desnos est celui d’un homme pleinement homme, qui, dans l’enfer concentrationnaire, transformé en pitoyable clown, rasé, en guenilles, n’abdique pas une once de son humanité, grâce à l’humour, la compassion, la poésie. Image saugrenue que je retiens pour conclure : Desnos, pour remonter le moral de ses compagnons les plus affaiblis, leur lisait les lignes de la main et leur prédisait un avenir radieux ; comment se laisser emporter par le désespoir quand on vous a prédit que vous auriez trois enfants ?

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© Henri Martinie / Roger – Viollet

« … des cernes profonds ombrent son drôle de regard myope […] ses yeux toujours en voyage entre ce monde et d’autres »

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La Belle et la Bête

Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les samedis sont albums illustrés
Billet n°21

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La Belle et la Bête
Jeanne-Marie Leprince de Beaumont
Illustrations de Gabriel Pacheco

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Suite à un sortilège lancé par une sorcière, un prince est transformé en une créature repoussante. Depuis, personne n’ose s’aventurer dans son royaume de peur de ne pas en ressortir vivant. Mais un jour, un marchand qui avait eu une fortune considérable et qui se retrouva ruiné à cause des naufrages successifs de ses navires, se retrouve poussé par la neige à demander l’hospitalité au monstre.
Sans que son mystérieux hôte se manifeste, le palais lui fait bonne réception le temps d’une nuit, en dressant une table somptueuse et en lui offrant une chambre luxueusement ornée. Le lendemain matin, en partant le marchand découvre un buisson de magnifiques roses, et pense que l’une d’entre elles serait un beau présent pour sa fille Belle. Rassuré par le bon accueil de la veille, il n’hésite pas à en cueillir une, provoquant aussitôt la colère de la Bête…
La Bête offensée, lui propose d’échanger contre la rose, la vie de sa fille. Cruelle justice que de donner la douce Belle à la Bête pour se sauver de la mort, mais c’est pourtant ainsi que le conte commence… Il était une fois une Belle et une Bête…

Il n’est plus nécessaire de raconter la suite car tout le monde la connaît. Comme je le disais pour d’autres adaptations de l’histoire de Madame Leprince de Beaumont, c’est vraiment mon conte préféré. Si je ne vous parle pas du récit, je tiens à préciser que j’ai acheté ce livre pour les illustrations de Gabriel Pacheco. Je les trouve superbes, esthétiques, oniriques. Toutes en finesse, fuselées, elles développent l’imaginaire et nous plongent dans un envoûtement poétique.
Très belles, mais peut-être trop sombres pour les jeunes enfants, je vous recommande ce beau livre, rien que pour vous…

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L’ombre au tableau

Challenge thrillers avec Sharon
Un mois de sorcellerie pour Halloween avec Hilde et Lou

Billet n° 20

 

 

L’ombre au tableau
Susan Hill

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Oliver, le narrateur, rend souvent visite à son ancien tuteur de Cambridge qui malgré son âge avancé, a gardé toute sa vivacité d’esprit et son humour. En cette nuit d’hiver, tous deux se réconfortent avec un excellent whisky, un bon feu dans la cheminée et des anecdotes croustillantes, lorsque le vieux professeur souhaite confier au jeune homme une étrange histoire. Mais avant d’entamer son récit, il lui demande d’aller chercher dans la pièce, un tableau qui représente une scène d’un carnaval à Venise, avec des personnages masqués en bordure du grand canal.

C’est sa tante qui l’a initié tout jeune à l’art et qui plus tard, lui a offert les premières peintures de sa collection. Il raconte la fois où il avait vu ce tableau, l’émoi qu’il avait ressenti lorsqu’il avait surenchéri sur les offres d’un homme qui s’entêtait à le vouloir et qui lui avait proposé une somme exorbitante pour le lui racheter. Il raconte aussi la lettre reçue quelques années après, l’invitant dans le Yorkshire dans le magnifique château de la comtesse d’Hawdon. Il raconte surtout l’incroyable maléfice qui le rattache à elle.

Un personnage de la toile qu’on ne distingue pas au premier abord, semble se mouvoir, jusqu’à pénétrer le monde réel. Et Oliver, désormais dépositaire du secret, se voit contraint de rentrer dans une farandole maudite.

C’est le deuxième livre de l’auteur que je lis et j’ai trouvé dans ce roman un peu plus de ce que je recherchais dans le précédent, angoisse, frissons et ambiance gothique. Toujours de l’ordre de la nouvelle, l’histoire commence comme une énigme à la Arthur Conan Doyle, lorsque Watson écoute son ami Holmes lui raconter une enquête, pour terminer de façon fantastique comme les histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe.
Dans l’ensemble ce fut une lecture sympa, mais pas assez pour m’inciter à lire un autre titre de Susan Hill. Peut-être pour me protéger, je suis restée en dehors du tableau…

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Peinture de Pietro Longhi

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