Un Noël au bord de la Tamise

Il était huit fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Challenge British Mysteries avec Lou et Hilde
Challenge polars avec Sharon
Une lecture commune avec Lou, Sharon, Lilas,

Un Noël au bord de la Tamise
Anne Perry

Londres, douze ans après la guerre de Crimée et à quelques jours de Noël,

Worm, un gamin de neuf ans, a trouvé refuge dans la clinique de Portpool Lane où il est placé sous les tutelles de Claudine Burroughs, une amie d’Hester Monk, et de Squeaky Robinson, le comptable. Sorti de la rue et de sa condition d’enfant exploité, il gagne quelques sous en vendant des morceaux de charbon et du cuivre de récupération.
C’est en errant sur la place du marché pour faire ses petites affaires, qu’il est le témoin d’un enlèvement. Une très belle jeune femme qu’il admirait de loin et qu’il avait baptisée l’Ange tant elle semblait lumineuse et bonne, se fait agresser et kidnapper par deux énergumènes. Trop petit pour lui venir en aide, mais assez courageux pour les suivre, Worm tente de repérer le lieu où ils la conduisent pour pouvoir le rapporter à Squeaky. Cependant, lorsque de retour à la clinique il essaie de raconter à son vieil ami l’affaire, celui-ci tente de le dissuader de s’en mêler et lui parle de choses complètement différentes… Est-ce que Worm sait comment fêter Noël ? Est-ce qu’il a déjà participé aux réjouissances… mangé du pudding, mis des bougies et des rubans rouges partout, accroché des guirlandes et des couronnes, fait un sapin et offert des présents ? Que sait-il de la nativité ?
Toutes ces belles évocations font tourner la tête du petit garçon qui n’a jamais eu l’occasion de trop rêver, mais aussi merveilleuses soient-elles, ces images ne lui font pas oublier qu’une jeune femme est en détresse et qu’il est le seul à pouvoir l’aider.
C’est donc en pleine nuit qu’il tente de sortir pour commencer son enquête, mais Squeaky qui connaît bien l’âme humaine et l’obstination de Worm, le surprend sur le fait et décide bien à contre-cœur de l’accompagner dans son expédition héroïque.
Qui est cette femme et que fait-elle dans cette partie misérable de la ville, près de la Tamise boueuse et noire ? Ici, on triche, on ment, on vole, on tue, on se vend, il n’y a pas d’espoir, il n’y a pas de beauté, ni de charité.
Tous deux vont donc parcourir les ruelles sordides dans le froid glacial de l’hiver, taper aux portes, soudoyer pour des renseignements et reprendre contact avec de vieilles connaissances qui n’ont jamais cherché la respectabilité. Ils vont assembler les informations pour retracer une histoire qui parle du vol d’un trésor, de meurtre et de vengeance.
C’est bientôt Noël, une nuit de miracles et de rédemption.

Un Noël sans un Anne Perry ? La plupart de ses lectrices vous diront que ses contes de Noël sont souvent inégaux mais qu’ils sont un rendez-vous inévitable. Les histoires qui se passent à Portpool Lane nous font retrouver des personnages qu’on apprécie. Worm a deux anges gardiens, Claudine Burroughs et Squeaky Robinson. On ne peut pas faire de marraine et de parrain plus dissemblables car l’une est issue de l’aristocratie et l’autre vient des bas-fonds londoniens. Ils s’estiment, ont les mêmes dévouements, et partagent une affection, sincère et pudique. Le jeune Worm découvre avec eux ce qui se rapproche le plus d’un cocon familial, entre éducation, sécurité et tendresse.
L’intrigue policière n’est pas ce qui est le plus réussi dans cette collection, au contraire de ses autres sagas. Il faut donc lire le roman pour s’immerger dans un Londres victorien à l’époque de Noël. L’auteur sait bien raconter l’ambiance qui nous renvoie aux livres des auteurs Anglais de ce siècle.
Un livre comme une gourmandise, comme une papillote de Noël…

La deuxième tache


Lectures celtiques avec Cryssilda
Challenge polars avec Sharon

 

 

Le retour de Sherlock Holmes
La deuxième tache

Arthur Conan Doyle

Pour terminer les chroniques du Retour de Sherlock Holmes, John Watson sélectionne une affaire où il leur fut demandé le « secret le plus absolu » car elle mettait en cause les hautes sphères dirigeantes d’Angleterre et d’ailleurs. Cette enquête, il l’appelle La deuxième tache.

Tout commence par la visite à Baker Street de deux illustres personnages ; Lord Bellinger, 1er ministre deux fois élu, et Mr Trelawney Hope, un membre de son cabinet, chargé des affaires européennes.
Dans une grande nervosité, ils expliquent que la situation est grave car on leur a volé un document d’une importance capitale. Bien entendu, personne ne doit être mis au courant, pas
même Scotland Yard. Le papier en question est une lettre écrite par le roi d’un pays voisin dont le contenu pourrait avoir de terribles conséquences sur la scène internationale. Si la lettre était publiée, ce serait la guerre.
Le vol fut commis chez Mr Hope mais toutes les personnes présentes dans la demeure sont de confiance. Ni sa femme, ni les domestiques, en avaient connaissance. Alors… une personne de l’extérieur ?
Sherlock Holmes n’a que très peu de temps pour retrouver la missive et déjà un nom effleure son esprit, Eduardo Lucas, un grand ténor, mais aussi un maître chanteur et un escroc. Mais tout se fige quand il apprend l’assassinat de ce dernier, chez lui à Westminster.
Un lien relie tout ceci et Lady Hilda Hope pourrait bien être ce fil…

Cette dernière nouvelle est comme un feu d’artifice. Tout est orchestré dans un temps précipité et dans une stressante attente. Watson nous décrit un Holmes inquiet et assez pessimiste. Lorsqu’il comprend le scénario, c’est en se rendant chez Eduardo Lucas où il y rencontre l’inspecteur Lestrade qui lui communique un fait troublant. Quelqu’un a bougé le tapis du salon, car le cadavre de Lucas a laissé deux taches de sang en deux endroits différents…
Sans vous dévoiler le fin mot de l’histoire, je peux quand même vous dire que la lettre sera retrouvée… God save the queen !
Une très bonne enquête, à lire !

 

 

 

Le manoir de l’abbaye


Lectures celtiques avec Cryssilda
Challenge polars avec Sharon

Le retour de Sherlock Holmes
Le manoir de l’abbaye

Arthur Conan Doyle

Hiver 1897,
En pleine nuit, John Watson est embarqué par son compère Sherlock Holmes pour venir en aide à Stanley Hopkins, l’inspecteur de Scotland Yard. C’est la septième fois que le remplaçant de Lestrade le sollicite et à chaque fois, les enquêtes se sont révélées intéressantes.
Gare de Charing Cross pour le train du Kent, Holmes informe Watson du contenu de la courte lettre qui l’invite sans plus tarder à venir chez Sir Eustace Brackenstall, où comme il le pressent, il y a eu un crime.
A leur arrivée, Hopkins leur résume les faits avant de clore l’affaire. Des cambrioleurs qu’il soupçonne être du gang Randall, père et fils, ont volé l’argenterie de la maison, ont neutralisé Lady Brackenstal en la brutalisant et on tué son mari qui avait voulu s’interposer. Chronique banale d’un vol qui a mal tourné, Holmes, avant de donner son aval à l’inspecteur, questionne la jeune femme qui tente de narrer avec précision le fil de la tragédie. Et comme toujours, se sont les petits détails qui le fascinent, des éléments anodins, des particularités si étranges qu’elles en deviennent risibles, mais qui donnent à l’histoire une autre version.

Alcoolisme, violences conjugales, rôle de la femme dans la haute société du XIXème siècle, histoire d’amour… les sujets abordés sont multiples et l’auteur nous présente un Sherlock Holmes plus tolérant et bienveillant qui conclut l’enquête par une grâce, suivant l’expression latine « Vox populi, vox Dei ».
Il est toujours passionnant de lire le cheminement intellectuel du détective et dans ce cas-là de le voir faire un pied de nez à Scotland Yard…

Un billet sur les nouvelles du Retour chez Belette

Le trois-quarts manquant

Lectures celtiques avec Cryssilda

Challenge polars avec Sharon

Le retour de Sherlock Holmes
Le trois-quarts manquant

Arthur Conan Doyle

John Watson est assez fier de Sherlock Holmes qui n’a pas replongé dans son addiction, la drogue. Mais l’équilibre est précaire, et il est bien difficile de toujours lui trouver des occupations pour stimuler son esprit, fonctionnel vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
En ce mois de février, les enquêtes tournent au ralenti et il écrit que le temps est « triste ». Alors lorsqu’un télégramme fantaisiste arrive, c’est fête ! Le visage de Holmes reprend des couleurs.

« Prière de m’attendre. Malheur épouvantable. Perdu trois-quarts aile droite. Indispensable demain. Overton. »
Envoyé par Hopkins, l’inspecteur de Scotland Yard qui remplace Lestrade, Mr Overton est dans une fâcheuse posture car son trois-quarts a disparu. Seuls les amateurs de rugby peuvent comprendre les termes « trois-quarts, aile droite » et n’y verront pas un sens codé…
Mr Overton est le capitaine de l’équipe de Trinity College à Cambridge et dans deux jours, ses joueurs devront affronter l’équipe d’Oxford dans un match de grande importance. Cependant, l’homme sur qui tout repose, Godfrey Staunton, a disparu de l’hôtel où il logeait.
Holmes, toujours assisté de Watson, relève l’affaire en commençant son enquête dans la chambre d’hôtel où il découvre le calque sur un buvard d’un mot écrit, dans lequel le jeune homme demande l’aide urgente d’un professeur de Cambridge.
Neveu de lord Mount-James, un vieil aristocrate très fortuné, Godfrey pourrait avoir été enlevé par des bandits pour une rançon, ou enlevé pour avoir contracté une dette…
Le temps presse ! Entre la demeure de lord Mount-James et celle du Dr Armstrong, Holmes et Watson vont retracer le parcours de Godfrey…

Cette nouvelle raconte une histoire de très petite envergure, sans un maître chanteur, un kidnappeur ou un usurier à emprisonner. Son dénouement est comme les journées de février… triste. Il n’y a donc pas de trame policière, mais il est toujours très intéressant de lire les stratégies investigatrices du célèbre détective qui finira par découvrir où se cache Godfrey.

Des aventures à lire !++

Un billet chez Belette…

Le pince-nez en or


Juin en Angleterre avec Lou et Titine
Challenge polars avec Sharon

 

 

Le pince-nez en or
Le retour de Sherlock Holmes

Arthur Conan Doyle

 

« C’était étrange qu’en plein centre de la capitale, avec quinze kilomètres de gigantesques œuvres humaines autour de nous, la poigne de fer de la nature se fît sentir comme si Londres n’était qu’une taupinière dans les champs. J’allai vers la fenêtre et regardai la rue déserte. Les réverbères éclairaient une chaussée boueuse et les trottoirs luisants. Un fiacre venant d’Oxford Street éclaboussait tout sur son passage.
– Dites donc, Watson, heureusement que nous n’avons pas à sortir s’écria Holmes en posant sa loupe et en pliant son palimpseste… »

L’enquête relatée se passe en 1894, une année riche en affaires policières. John Watson n’a que l’embarras du choix pour écrire ses chroniques ; l’histoire de la sangsue rouge, la mort du banquier Crosby, la tragédie d’Appleton, le tombeau anglais, la succession Smith-Mortimer, l’arrestation de l’assassin Huet… mais la seule qui retient son attention raconte le trépas d’un jeune homme dans la maison de son employeur.

Sous la tempête de novembre, Londres est sinistre. Alors que Holmes se réjouit de rester chez lui bien au chaud, le jeune inspecteur de Scotland Yard, Stanley Hopkins, vient à nouveau lui demander conseil pour sa toute dernière enquête.
Dans le Kent près de Chatham, à Yoxley Old Place la demeure du vieux professeur Coram, une domestique a découvert le cadavre de Willoughby Smith, le secrétaire du professeur qui avait été embauché pour l’aider dans l’écriture de ses mémoires. Les premières recherches rapportent que cet ancien étudiant de Cambridge n’avait aucun problème, qu’il était honnête et apprécié de toutes les personnes qu’il côtoyait. Le meurtrier lui a transpercé la carotide avec quelque chose de tranchant et l’a laissé pour mort alors qu’il lui restait encore un souffle de vie, juste la force d’émettre un cri et d’alerter quelqu’un. C’est la femme de chambre Mme Tarlton qui, arrivée la première sur le lieux du crime, a reçu les dernières paroles du jeune homme : « Le professeur ! C’était elle ! ».
Pas de vol, pas de dégât, pas une seule trace, rien à analyser, personne à suspecter, le mystère est complet ! Pas le moindre indice ? Peut-être… Aux côtés de Smith, un pince-nez en or qu’il remet à Holmes.
Après avoir détaillé toute l’affaire avec un grand soin, Hopkins presse Holmes et Watson de le suivre à Yoxley Old Place dès le lendemain car il y a urgence.

Avant même d’avoir quitté Baker Street pour la campagne boueuse du Kent, Holmes a déjà son idée… et l’assassin est bien une femme. Il ne lui faudra alors qu’une petite journée pour démêler la triste histoire, juste avec un peu de cendre de cigarettes…

Une fois de plus, l’intrigue n’est à saluer qu’à la fin de l’enquête. Elle peut paraître sans grande consistance, un peu terne, mais tout son éclat vient des déductions de Sherlock Holmes et de l’histoire qui se dévoile dans les dernières lignes. Trahison, vengeance, justice, pardon, rémission, devoir, mémoire, honneur, amour… des mots clefs pour une tragique histoire qui prit son essor en Russie bien des années auparavant.

Toutes les aventures de Sherlock Holmes et de John Watson sont à lire !

 

 

 

Les trois étudiants


Polars avec Sharon
British Mysteries avec Hilde  et Lou

 

 

Les trois étudiants
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

« Modeste et instructive »… 1895, John Watson s’attache à nous dévoiler une affaire qui n’a pas un grand intérêt criminel, mais qui donne encore à analyser un trait du caractère humain.
Plusieurs semaines après un grand scandale qui a secoué Sherlock Holmes (il est écrit « douloureux scandale »), le directeur des études et conférencier au Collège Saint-Luc, M. Hilton Soames, demande au détective de solutionner une affaire au sein de son établissement, le plus rapidement et le plus discrètement possible.
Trois étudiants qui doivent passer un examen de grec ancien en vue d’une importante bourse d’études sont mis sur la sellette car ils sont soupçonnés d’avoir consulté les épreuves écrites. Des papiers sur le bureau de M. Soames déplacés et une clé ne se trouvant pas être à sa place sont des indices qui prouvent que le bureau a été visité durant son absence.
Holmes et Watson suivent donc M. Soames sur les lieux du délit pour interroger les suspects.
Gilchrist, Daulat et Miles n’ont en commun qu’une brillante intelligence. D’origines différentes, de tempéraments différents, ils restent une énigme pour le directeur, mais pas pour le célèbre détective extralucide… Mais au trio d’étudiants, vient s’ajouter un autre personnage, M. Bannister le fidèle domestique de M. Soames.
Qui est le scélérat qui s’est déshonoré ? La réponse ne tardera pas à arriver… et fort heureusement, car Sherlock Holmes peut se montrer désagréable lorsqu’il est loin de Baker Street.

Une nouvelle dans les annales encore bien écrite ! Moins ténébreuse que certaines, son dénouement se conclue par une clémence qui arrange bien tout le monde.
A lire !

 

 

 

 

Les six Napoléons

Petit BAC avec Enna
Polars avec Sharon
British Mysteries avec Hilde  et Lou

 

Les six Napoléons
Le retour de Sherlock Holmes

Arthur Conan Doyle

L’histoire que Watson rapporte est amenée par l’inspecteur Lestrade de Scotland Yard. Lors d’une petite visite de courtoisie, il entretient Sherlock Holmes d’une enquête particulièrement étrange.
« – Rien d’intéressant en cours ?
– Oh ! non, monsieur Holmes ! Rien de très particulier.
– Alors racontez-le-moi.
Lestrade se mit à rire.
– Ma foi, monsieur Holmes, je ne vois pas pourquoi je nierais que j’ai une histoire en tête. Mais il s’agit d’une affaire si absurde que j’hésitais à vous en parler… »

L’affaire si singulière tient de la psychiatrie. Un homme pénètre par effraction dans des maisons et des magasins de Kennington Road pour détruire les statues de Napoléon 1er, des bustes en plâtre sortis de la fabrique des frères Harding. Idée fixe, monomanie, fanatisme ? et si ce cas de folie n’était tout simplement qu’une affaire de banditisme ? Holmes et Watson se lancent à la poursuite du maniaque mais très vite, un cadavre donne une note criminelle à l’enquête. C’est donc vers les milieux mafieux que les pas du détectives se dirigent…

La tonalité légère du début de la nouvelle bascule rapidement vers le tragique d’une affaire policière. La trame n’est pas exceptionnelle, mais elle est comme les autres, bien écrite et bien détaillée. Le plaisir de lecture est toujours présent…
A recommander !

 

 

 

Charles-Auguste Milverton

Petit BAC avec Enna
Polars avec Sharon
British Mysteries avec Hilde  et Lou

 

Charles-Auguste Milverton
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

John Watson commence la nouvelle en disant que cette affaire est unique dans les annales des aventures de Sherlock Holmes (il le dit souvent, il me semble) et que par discrétion pour les victimes, il ne la situera pas dans la chronologie.

C’est l’hiver, il fait très froid, et de retour d’une promenade, Sherlock Holmes découvre une carte de visite portant le nom d’un agent d’affaires, Charles-Auguste Milverton. L’homme n’est pas un inconnu et Holmes le compare à un serpent. Maître chanteur sévissant dans la haute société et génie dans son domaine, ses victimes n’ont jamais pu, jusqu’à présent, porter plainte contre lui et le faire condamner.
Lady Eva Blackwell, l’une de ses dernières proies, est une jeune débutante qui va se marier au comte de Dovercourt, mais avant ses fiançailles, elle s’était amourachée d’un jeune homme et lui avait adressé des mots enflammés. Pour sept mille livres, elle peut acheter le silence de Milverton qui détient la correspondance embarrassante.

Mandaté pour régler la transaction, Holmes reçoit le maître chanteur et échoue dans les négociations. Cynique, il se doutait bien qu’il allait à l’échec avec ce genre de personnage et c’est avec une joie toute fiévreuse qu’il se travestit en plombier pour charmer la femme de chambre de Milverton afin de lui soutirer des informations sur son employeur.
Pourquoi Watson n’est guère surpris lorsque peu de temps après, son ami lui demande de l’accompagner une nuit, outillé d’une pince-monseigneur, d’un diamant pour vitre, d’un trousseaux de clés, d’un masque, d’une paire de chaussures silencieuses et d’une lanterne sourde ?

Sur les lieux du cambriolage, le bureau de Milverton, Watson et Holmes sont sur le point de réussir leur coup, quand Milverton rentre pour recevoir une dame voilée. Juste le temps de se cacher derrière des rideaux, les deux comparses ne tardent pas à être témoins d’un crime ; l’exécution de Milverton par la mystérieuse inconnue.
Vengeance ? Certainement… et cette résolution peu orthodoxe semble satisfaire pleinement le célèbre détective qui devra expliquer à l’inspecteur Lestrade, venu le lendemain pour l’entretenir de cette nouvelle enquête, seulement quelques fils de la trame de ce dénouement. On ne peut quand même pas tout dire !

Cette aventure écrite dans Le retour de Sherlock Holmes, est à lire rien que pour l’aura mystérieuse de la meurtrière et pour la scène du cambriolage qui suscite bien des sourires.
Holmes travesti en plombier pour pouvoir pénétrer la maison du criminel me rappelle une scène écrite par Agatha Christie avec Hercule Poirot (je ne sais plus quel livre !).
Comme pour d’autres histoires relatées précédemment, il est intéressant de voir que l’auteur attribue à son enquête une justice plus que partielle.
Un plaisir de lecture à recommander !

 

 

Peter le Noir


Challenge polars de Sharon
Challenge Petit BAC d’Enna

 

 


Peter le Noir
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

Dans les chroniques du retour de Sherlock Holmes, John Watson rapporte que son cher ami était au meilleur de sa forme en 1895. Sa renommée était internationale et dans son illustre clientèle, outre des têtes couronnées, il avait eu Sa Sainteté le pape qui lui avait demandé d’enquêter sur la mort du cardinal Tosca.
Pour la nouvelle affaire qu’il rapporte, c’est Stanley Hopkins, un jeune inspecteur de police qui a succédé à Lestrade, qui le sollicite pour une enquête mal commencée.

Le mystère de Woodman’s Lee se rapporte au décès du capitaine Peter Carey, tué avec un harpon de baleinier dans un cabanon en bois situé dans le parc de sa propriété. Sanglante, la scène du crime a de quoi soulever le cœur des hommes les plus aguerris et renvoie à une époque où le capitaine était pêcheur de baleines et de phoques.
Ayant amassé une fortune, il avait pris sa retraite six ans auparavant, à cinquante ans, pour se retirer avec sa femme et sa fille dans le Sussex, où il avait acheté une belle maison. Mais après les aventures maritimes du grand nord, une vie sédentaire et retirée ne l’avait guère apaisée. C’est dans ce cabanon qui ressemblait à une cabine de bateau, plein de trophées et de souvenirs, qu’il aimait se retirer.
Peter le Noir était son surnom, un pseudonyme qui n’était pas usurpé. Brutal à l’extrême avec son entourage et sa proche famille, puritain, sévère, alcoolique, il était une terreur détestée par tout le monde.

C’est donc avec le fantôme de ce personnage abominable que Holmes et Watson ont rendez-vous dans la campagne du Sussex pour élucider le meurtre. Quelques indices comme une boîte à tabac et un carnet les mèneront sur la piste d’une vielle et tragique histoire. Pour une fois, personne ne pleure le mort et tous sont heureux de ce trépas.

Comment, pourquoi, qui ? Il faudra peu de temps au célèbre détective pour le découvrir.

Parue en 1904 dans « Le retour de Sherlock Holmes », Conan Doyle puise dans ses souvenirs de jeunesse pour raconter une histoire de baleinier. Le caractère violent et sanglant du meurtre est à l’image du défunt qui n’attire, dès le départ, aucune empathie. L’intérêt du lecteur va donc se focaliser sur le canevas de l’enquête, qui nous fait voyager dans les mers de l’Arctique jusqu’à un coin paisible de campagne anglaise.
Nous saluons encore une fois l’esprit brillant de Sherlock… et la plume de l’auteur… Cupidité et vengeance en sont les fils.

 

 

 

 

Le curieux Noël de Mrs. Ellison


Il était sept fois Noël avec Samarian et Chicky Poo
Challenge Polars et thrillers de Sharon

 

Le curieux Noël de Mrs. Ellison
Anne Perry

1896, Noël dans le Surrey,

A quelques jours de Noël, Mrs. Mariah Ellison, la grand-mère de Charlotte Pitt, se retrouve seule dans la riche demeure de son autre petite-fille, Emily. A quatre-vingts ans, dix de plus que la reine Victoria, elle se sent plus seule que jamais, lasse et repentante. Les regrets viennent tard, mais ne dit-on pas « mieux vaut tard que jamais » ? Si on devait la décrire, on dirait d’elle que c’est une femme de tempérament, altière, pas très belle mais intéressante et surtout on dénigrerait son caractère acariâtre, acide et plein de rancœur.

La maison est décorée de guirlandes de houx, de rubans et de bougies, les domestiques sont aux petits soins pour elle, mais tout est bien trop grand et trop vide. Alors, quand le majordome lui apporte un colis réceptionné pour elle, sa curiosité et son excitation sont pareilles à celles d’un enfant impatient et heureux de recevoir un cadeau.
Intrigant et surprenant, à l’ouverture, on découvre un superbe pudding, mais ce qui est inquiétant, c’est qu’il est très lourd et quand on le pique avec la pointe d’un couteau, on découvre à l’intérieur un boulet de canon.
Mariah Ellison comprend immédiatement le message qui la renvoie vingt ans auparavant pour un souvenir dramatique qui lui a laissé une peine qui ne s’est jamais éteinte. Avec ce paquet, une lettre suit dans laquelle on réclame sa présence dans le Surrey. Plus qu’une invitation c’est une prière qui vient de Peter Wesley le petit-fils de Cullen et Rowena Wesley.

Mariah jeune fille était fougueuse, impétueuse et un peu trop hautaine. Elle n’avait pas pris au sérieux son béguin pour Cullen Wesley et l’avait laissé à une autre. Ce n’est que plus tard, alors que son mari lui faisait vivre un enfer, qu’elle le regretta amèrement. Mais durant une quarantaine d’années, elle sut taire son amour et se montra pour eux deux une amie fidèle, jusqu’à la tragique mort de Cullen.
Dans le train qui la mène à Haslemere, Mariah se remémore des pans de vie qui se superposent aux paysages traversés. La campagne est dénudée, sauvage et sombre, noire comme ses pensées qui la font se retourner sur des évènements vieux de vingt ans. A cette époque, Cullen qui était avocat, devait défendre le Dr. Owen Durward accusé du viol et du meurtre d’une adolescente du village, mais après enquête, il avait décidé de se retirer du dossier. C’est le lendemain de cette étonnante résolution qu’il mourut écrasé par un boulet de canon posé sur l’étagère de la bibliothèque.

La petite ville d’Haslemere n’a pas changé et les conversations des habitants tournent toutes autour du retour du Dr. Owen Durward qui était parti après avoir été reconnu non coupable. La boue remuée ne présage rien de bon et Mariah découvre que son amie Rowena n’a guère été épargnée par le temps.
Peter veut reprendre le dossier de son grand-père et lui demande son assistance car elle a bien connu cette époque alors que lui n’était qu’un enfant de dix ans. Et malgré son âge, Mariah est une femme forte, tout le contraire de sa grand-mère qui se terre dans sa chambre, minée par un secret.
Beaucoup de notes prises par Cullen racontent l’histoire, son aversion envers le suspect, et les doutes qui ont tracassé sa conscience. Il ne reste plus qu’à Mariah et à Peter à enquêter pour en écrire la fin…

Les livres de Noël d’Anne Perry sont des rendez-vous incontournables de décembre. L’intrigue et le suspense ne sont pas toujours palpitants mais il est un fait qu’on s’accorde toutes et tous à dire, elle sait très bien raconter les ambiances victoriennes et donner aux femmes de beaux rôles.
Malgré la teneur dramatique (et très actuelle) qui relate les femmes battues, les abus sexuels, l’emprise et le chantage de la part du harceleur… ce roman fut une bonne lecture que je recommande.

 

 

Joseph Farquharson, paysage du Surrey