Emma G. Wildford

La BD de la semaine chez Stéphie

Un album offert par les éditions Soleil, collection Noctambule, et Priceminister-Rakuten, dans le cadre de « La BD fait son festival ». Note 20/20

 

Emma G. Wildford
Zidrou, Scénariste
Dessinatrice et coloriste, Edith

 

Cet été de 1920 est très chaud, et dans leur propriété de la campagne de l’Essex, loin de la fournaise de Londres, Emma G. Wildford reste aux côtés de sa sœur Elizabeth qui est enceinte de son premier enfant.
Elizabeth se languit et Emma écrit. Écrire de la poésie est la seule façon pour elle de supporter l’absence de son fiancé Roald, parti dans la région du lac Inari, au nord de la Finlande. Descendant sur quatre générations, d’une longue lignée d’explorateurs-aventuriers, il avait dans l’idée de retrouver le tombeau de la géante Dola, déesse protectrice, et ainsi, rendre hommage à ses prédécesseurs. Mais voici plus d’un an qu’Emma n’a pas reçu de nouvelles, et ses multiples requêtes auprès des membres la Royal Geographical Society restent vaines car ils le croient tous mort.

Roald avait promis d’épouser Emma le jour de ses vingt ans et lui avait laissé une lettre à ne lire que si le destin se montrait cruel. Certaine qu’elle le reverra et dotée d’un caractère fortement obstiné, elle décide de ne pas tenter le mauvais sort en décachetant la lettre et de prendre le premier paquebot de la Blue Star Lines pour le rechercher sur les terres de Laponie. Là-bas, Borge Hansen, le représentant local de la Royal Geographical Society, l’attendra pour lui servir de guide…

Trésors, légendes, étendues enneigées, grand froid, nous accompagnons l’intrépide et folle Emma dans son périple du bout du monde, avec ce très bel album, un livre coffret qui recèle des petites surprises (une photo, un billet d’embarquement, une lettre…). L’histoire est avant tout l’émancipation d’une jeune fille qui se libère des carcans de son époque. Des débuts enchanteurs, poétiques et mélancoliques qui dévoilent avec pudeur son amour passionné pour son fiancé, l’ambiance change lorsque nous abordons sa quête initiatique empreinte d’aventures et d’amour, lors de ce voyage qui se révèlera être difficile et douloureux, mais aussi un tremplin pour l’avenir. La transition se fait en couleur, en paysages et en sentiments, avec une touche plus onirique.
Je vous recommande ce très beau portrait de femme, sensible, fier, courageux, ardent, éloge à l’espérance, la foi, l’amour et au féminisme. Un coup de cœur.

 

 

 

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Peindre sur le rivage

 

Mercredi BD dans le cadre nordique de Cryssilda
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Peindre sur le rivage
Anneli Furmark

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Hélène, une femme d’une quarantaine d’années, se replonge dans le journal intime qui retrace son année 1990. La première page commence en septembre, alors qu’elle vient de quitter Stockholm pour aller étudier dans une école d’art au nord du pays, et la dernière page boucle ses confidences en juillet 1991.

Logée chez une vieille dame qui a aménagé le haut de sa maison pour des locataires, elle liste des codes de bonne conduite et se promet de rester concentrer sur son travail. Mais dès le premier jour d’école, elle fait des connaissances et se rend compte qu’il lui sera difficile de tenir ses nouvelles résolutions.
Elle raconte le paysage qui dans un premier temps ne l’enchante guère, la lumière particulière, Iris sa logeuse, Irène sa nouvelle amie, ses professeurs, Evald, un vieux peintre bohème qui parcourt les rivages en quête d’inspiration, et Lauri Stenman, un peintre reconnu qui vient passer trois semaines dans son école… Elle parle aussi d’une question qui la taraude : « Qu’est-ce que l’art ? ». Peu sûre d’elle, à la recherche d’un style, d’une œuvre à réaliser, elle admire l’impétuosité et la détermination d’Irène. Son destin semble encore incertain et rempli de doutes. En tant que femme, en tant qu’artiste, quel chemin doit-elle prendre pour s’épanouir ?
En se relisant, elle s’aperçoit que ses écrits tournent plus autour de ses amours que de ses peintures. Entre Irène et Lauri, son cœur déjà abimé par une relation malheureuse n’ose se donner pleinement.
L’année fut riche, les souvenirs reviennent et peut-être quelques regrets.

Cet album est une deuxième incursion dans l’univers d’Anneli Furmark. J’ai donc abordé l’histoire avec plus de facilité que pour la première, sensible à l’ensemble, histoire-graphisme-colorisation. J’ai beaucoup apprécié les paysages déclinés dans les différentes saisons, ainsi que la personnalité d’Hélène qui déploie ses ailes doucement. Si elle semble fragile au départ, on s’aperçoit qu’elle a aussi un tempérament terrien, bien ancré dans son monde.
Poétique, nostalgique, chargée des espoirs et des doutes de la jeunesse, cette chronique sans emphase, toute simple, éclatante de couleurs, a été une belle lecture.

 

 

 

Un soleil entre des planètes mortes

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Ce mercredi BD se passe chez Moka
dans le cadre nordique de Cryssilda
Une lecture commune avec Nahe qui a lu « Le centre de la Terre »

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Un soleil entre des planètes mortes
Anneli Furmark

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Murjek, Gällivare, Kiruna… le train file vers des montagnes, des précipices, des fjords, un ciel bas, blanc, qui se dépose sur un paysage enneigé, glacé, vers Narvik le terminus et Tromso. Barbro, une Suédoise de cinquante ans, a décidé de s’offrir un périple dans le nord de la Norvège, sur les traces de l’héroïne du roman qui l’accompagne depuis toujours, « Alberte » de Cora Sandel.

Complexée et confondant sa timidité avec de la lâcheté, Barbro s’identifie à Alberte, jeune fille du siècle dernier qui se sentait laide, insipide et prisonnière de sa condition de femme dans une province reculée ; une province à la bordure du monde qui s’invite par la mer, mais très à l’écart aussi. L’histoire en trois volumes, éditée dans les années 20 jusqu’à la fin des années 30, commence par la présenter dans sa famille bourgeoise et austère, envieuse de son frère Jacob qui voulait braver le courroux paternel en arrêtant ses études pour s’embarquer sur un navire marchand.

Petite souris, Barbro s’était emparé de ces livres comme si elle se saisissait d’un bouclier et avait rêvé toute sa vie d’émancipation et d’aventures, sans jamais oser entreprendre. A cinquante ans, alors que le miroir lui renvoie le portrait de sa grand-mère, elle se demande si ce n’est pas déjà trop tard…

Tour à tour, dans des tons aux dominantes vives de bleus et de rouges pour Barbro et des tons de gris, noirs et blancs pour Alberte, l’album graphique d’Anneli Furmark raconte ces deux personnalités déchirées, craintives, si embrouillées dans leurs modesties et leurs fantasmes ; si semblables.
L’auteur parvient à nous faire ressentir leurs détresses, leurs envies, leurs espérances, leurs solitudes… l’attente et l’ennui. Les dessins sont taillés, rudes, abrupts, dépouillés, et riches de cette atmosphère étrange et polaire.
Je recommanderai ce livre qui a su m’apprivoiser et m’émouvoir.

 

Le billet de Nahe « ici »

 

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Croquemitaines, Livre 2


Halloween à Poudlard avec Hilde et 
Lou
Billet n°18
La BD de ce mercredi est chez Stéphie

 

Croquemitaines – Livre 1

  Croquemitaines
Livre 2
Scénario de Mathieu Salvia
Dessin et couleur de Djet

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« Le croquemitaine voyage de nuit,
dans toutes les caves, sous tous les lits,
il traîne ses guêtres sans aucun bruit,
prends garde à toi, passé minuit. »

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La fin du tome précédent nous laisser présager que l’ensemble des croquemitaines allaient traquer Elliott et Père-la-Mort sans pitié. Dans un univers toujours sombre et violent, seuls contre tous, l’enfant, l’ancien et le chien vont essayer de survivre encore quelques nuits.

En demandant à Grand-Papa-Janvier, seul rescapé de la vieille garde, de les aider, ils auraient peut-être une chance, mais les anciennes amitiés ont bien changé !

Dans cette suite, Père-la-Mort se dévoile un peu plus. Il raconte à son protégé le croquemitaine qu’il était, sans foi, ni loi, et comment il a créé le chien avec toute l’énergie de sa haine. Tous deux erraient assoiffés à la recherche des petites-sœurs, jusqu’au jour où ils ont découvert Elliott dans son berceau, un être fragile et innocent.

Intrigues, combats, noirceurs, férocités, les croquemitaines se déchaînent et l’histoire ne laisse que peu d’espoir au dénouement…

« Croquemitaines » est un diptyque violent et angoissant, avec un bon scénario et de beaux dessins, qui reprend la légende des personnages maléfiques de notre enfance.
Dans les lieux sordides de la ville, leur univers infernal vit en marge de notre monde sans qu’on le sache. Ils se nourrissent de nos peurs, de nos couardises, et ils excitent nos plus vils instincts. De ce cauchemar, il est donné une part de tendresse et d’émotion dans la complicité et l’abandon entre l’enfant, le chien et Père-la-Mort. C’est émouvant et c’est ce que j’ai préféré. La créature sauvage se transforme en une personne généreuse, rassurante et protectrice.

Comme dans le premier volume, nous retrouvons à la fin de l’album un cahier graphique qui reprend le travail de certaines scènes, du crayonnage à la colorisation.
Ces deux albums que je vous recommande, ne sont pas à mettre entre les mains de jeunes enfants.

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Zombillénium, Control Freaks – Tome 3


Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Billet n°11
La BD de ce mercredi est chez Noukette

 

 

Zombillénium, Gretchen – Tome 1

Zombillénium
Control Freaks – Tome 3
Arthur de Pins


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« Ma petite entreprise connaît pas la crise… »
Au parc d’attractions Zombillénium, c’est désolant ! La sorcière Gretchen n’a toujours pas libérer sa mère de l’emprise de Behemoth, Aurélien qui
souffre du blues post mortem, ne supporte plus sa condition de démon, et le directeur Francis Van Boodt qui annonce la visite d’un consultant venu pour booster le chiffre d’affaire de l’entreprise et leur parler de « restructuration », tente de réconforter tout le monde en les rassurant sur leur avenir. Mais…
Vampire de son état, Bohemond Jaggar Rochambeau est envoyé par le président Behemoth qui souhaite redynamiser l’ambiance et se faire un max d’âmes damnées.
Sans pitié, Rochambeau ne manque pas de zèle. Dès son arrivée, il sème la terreur et, alors que c’est strictement interdit, embrigade des recrues dans le public des humains. Le but réel de l’entreprise est ré-notifié : « Le parc est une pompe qui envoie du fric aux actionnaires et des âmes à Behemoth. »

« Les temps changent » et de nouvelles règles sont à suivre… Gare à ceux qui se rebelleront !


Troisième tome de la série, « Control Freak », toujours aussi bon que les autres, est plein d’humour macabre, mais dans cet épisode le ton moins léger et bon-enfant tend vers un scénario plus sombre, plus machiavélique, plus triste aussi. C’est le monde de l’entreprise qu’on restructure ; on parle de marketing, burn out, capitaux, actionnaires, intimidations, mises en demeure, destitution… La productivité de l’entreprise et les effectifs sont redéfinis de manière oppressive. Ce nouveau Rochambeau est vraiment un suppôt du diable !
Le slogan du parc « Ici, on embauche… pour l’éternité », prend une autre dimension.

Des albums à conseiller ++ pour leurs scénarios, leurs gentils personnages (tous craquants) et leurs graphismes !

 


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Croquemitaines, livre 1


Halloween à Poudlard avec Hilde et 
Lou
Billet n°4
La BD de ce mercredi est chez Moka

 

 

  Croquemitaines
Livre 1
Scénario de Mathieu Salvia
Dessin et couleur de Djet

 

 

Quand Elliott disait à ses parents qu’un croquemitaine venait la nuit le voir, ils ne le croyaient jamais. « Il y en a un qui vit dans la cave et son gros chien vit dans les murs… ».
A chaque fois, ça se terminait par « Tu lis trop d’histoires qui font peur, ferme ton livre, éteins la lumière et dors ! ».

A présent, Elliott se souvient… C’était une nuit, il pleuvait. Il avait l’âge tendre, ni bébé, ni grand, où il pouvait choisir seul des livres à la bibliothèque et s’endormir avec un doudou.

Ce soir-là, son père l’avait encore surpris, caché sous le drap à lire avec sa lampe de poche, un livre de contes sur les croquemitaines. Le rassurant une énième fois sur le fait qu’ils n’existaient pas et qu’il était en sécurité dans sa chambre, il avait confisqué son livre et sa lampe. Plus tard en pleine nuit, Elliott s’était réveillé et, les yeux plein de sommeil, était descendu à la recherche de ses parents. Dans un premier temps, il avait vu au bas des escaliers son père étendu au sol dans une mare de sang, et dans un second temps, il avait vu la silhouette d’un homme habillé d’un ciré de pluie avec à la main un marteau dégoulinant de sang. Il se rappelle encore de l’odeur fétide. Il était remonté en vitesse dans sa chambre pour se cacher sous le lit, suivi par le meurtrier, et il avait supplié. Ses parents venaient d’être assassinés.

Elliott nous raconte qu’il avait longtemps supplié jusqu’à ce qu’un autre homme vienne le chercher pour le sauver. Cette créature immense accompagnée de son chien est le croquemitaine qu’on appelle Père-la-Mort, un croquemitaine qu’on croyait mort depuis des années et qui avait trouvé refuge dans cette maison.

Nous sommes dans un monde où les croquemitaines hantent les nuits et commettent les pires horreurs. Des bandes de renégats ont voulu supprimer les anciens lors de la grande curée, pour s’affranchir de tout code et agrandir leur puissance en dévorant « les petites sœurs » (Les petites sœurs sont des sortes d’entités qui collectent les frayeurs). Maintenant qu’ils savent que Père-la-Mort est toujours en vie, ils vont le traquer jusqu’à le retrouver et le tuer.

Cet album, prélude à d’autres tomes, reprend la légende des croquemitaines, des êtres maléfiques de la nuit. L’histoire a longtemps muri dans l’esprit de Mathieu Salvia qui dans une interview, raconte que l’idée de ce petit garçon perdu dans la nuit avec un croquemitaine était devenue obsédante. La violence crue du début est là pour « marquer le lecteur ». Elle alterne de manière surprenante avec quelques moments de tendresse.
La lecture n’est pas facilitée par le découpage et les enchevêtrements des vignettes, mais le scénario nous tient captif et nous tremblons pour Elliott. Le personnage de Père-la-Mort s’impose dans le rôle du vieux justicier venu sauver l’orphelin. Il devient avec son chien les éléments fondamentaux de l’histoire, suscitant fascination et compassion.
Quant au graphisme, superbe, il est un attrait capital pour l’album.
Je ne vais pas tarder à lire la suite…

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Black Clover, tome 1

Un mois d’albums avec Pilalire
La BD du mercredi chez Noukette
Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde

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Black Clover
Tome 1
Yûki Tabata

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J’ai toujours dit que je ne lirai jamais de manga ! Sauf que pour notre challenge « un mois au Japon », je m’en suis acheté un. J’avais essayé une fois, sans grande conviction, et j’ai voulu réitérer plus sérieusement. Je vous dis de suite ce que j’en pense ?
Je me suis terriblement ennuyée, et dorénavant, je peux certifier que ce genre de lecture n’est vraiment pas pour moi…

Amis et rivaux, Asta et Yuno sont deux adolescents qui se sont fait la promesse de devenir l’empereur-mage du royaume de Clover. Tous deux abandonnés  à la naissance sur les marches d’une église le même jour, ils ont grandi à l’orphelinat et se retrouvent à quinze ans à la veille de la cérémonie du grimoire. C’est à l’occasion de cette cérémonie qu’on attribue aux jeunes leur grimoire de magie qui définit leur personnalité et les aidera dans leur avenir.
Si Yuno excelle dans la magie, Asta est le cancre de sa classe, et leur réputation n’est plus à faire. Sur l’instant, il ne surprend donc personne lorsque aucun livre ne lui est concédé dans la tour des grimoires, mais après une attaque d’un brigand alors qu’il aidait Yuno à conserver son grimoire, un livre lui apparaît avec une épée.
Six mois plus tard, les deux amis se retrouve en compagnie des autres adolescents dans l’enceinte d’une arène pour participer cette fois-ci au test de recrutement des compagnies de Chevaliers-Mages, une armée d’élites qui protège le royaume des démons. Yuno est engagé dans la plus prestigieuse des compagnies, « l’Aube d’Or », et Asta, encore en difficulté, se voit rejoindre celle du « Taureau Noir », la plus excentrique des compagnies.
Aux antipodes l’un de l’autre, mais toujours a
vec le même objectif, Yuno et Asta commencent leur entrainement…


Cette histoire me fait penser à la série de
John Flanagan « L’apprenti d’Araluen » que j’avais beaucoup aimée. Des jeunes gens courageux, des compagnies, de l’action, des apprentissages, de l’amitié, de la magie…, un royaume et un personnage maléfique et mystérieux qui se matérialise petit à petit.
Étant moins que novice dans le monde du manga et peu réceptive, je ne donnerai aucun avis sur cet album car je ne sais pas quoi dire, si ce n’est que Asta a toujours la bouche ouverte. Pertinent, non ?!

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