L’histoire de Saint Nicolas


Il était cinq fois Noël de Chicky Poo et Samarian

 

 

 

L’histoire de Saint Nicolas
Quentin Gréban

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Connaissez-vous la légende de Saint-Nicolas ? Ce superbe album nous le rappelle…
Il était une fois trois petits enfants qui, pour s’amuser, vont jusque dans la forêt où ils se perdent. Une maison biscornue, rapiécée, leur fait bon accueil. C’est celle du boucher qui aiguise ses couteaux pour préparer sa viande. C’est celle du boucher qui mène directement les enfants au grenier car il veut de la chair fraîche et bien grasse.
Ficelés, tués, les enfants vont remplacer le cochon et remplir un tonneau dans le saloir. Mais chers petits cœurs tendres ne vous inquiétez pas ! Passant par là, Saint-Nicolas va les sauver…


Sur l’air de la chanson, l’auteur retrace ce terrible conte et l’illustre avec de très beaux dessins qui suscitent l’effroi. Il représente le saint dans la tenue que nous lui connaissons, avec une barbe blanche, une crosse d’évêque et un habit rouge.  Dans la région de Lorraine, la vieille légende raconte l’histoire avec trois petits enfants, mais ailleurs, Saint-Nicolas apparaît dans d’autres récits en sauvant un enfant de son bain bouillant, ou en ressuscitant un enfant étranglé par le diable ou en ressuscitant un enfant noyé… Le folklore le fait accompagner du Père Fouettard, un croquemitaine qui se trouve être le boucher de notre histoire, condamné à suivre le patron des enfants.

Un superbe album pour les enfants sages… et pas sages !

 

Ils étaient trois petits enfants
qui s’en allaient glaner aux champs.
S’en furent un soir chez un boucher
– Boucher voudrais-tu nous loger ?
– Entrez, entrez petits enfants,
y’a d’la place assurément.

Ils n’étaient pas sitôt rentrés
que le boucher les a tués.
Les a coupés en petits morceaux,
mis au saloir comme pourceaux.

Saint-Nicolas au bout de sept ans,
vint à passer dedans ce champs,
alla frapper chez le boucher.
– Boucher, voudrais-tu me loger ?

Entrez, entrez Saint-Nicolas,
y’a d’la place, il n’en manque pas.
Il n’était pas sitôt rentré,
qu’il a demandé à souper.

– Voulez vous un morceau de jambon ?
– Je n’en veux pas, il n’est pas bon.
– Voulez vous un morceau de veau ?
– Je n’en veux pas, il n’est pas beau.

– Du petit salé, je veux avoir !
qu’il y a sept ans qu’est dans le saloir.
Quand le boucher entendit cela,
hors de la porte il s’enfuit.

– Boucher, boucher, ne t’enfuis pas !
Repens-toi, Dieu te pardonnera.
Saint-Nicolas alla s’asseoir
dessus le bord du saloir.

– Petits enfants qui dormez là,
je suis le grand Saint-Nicolas !
Et le saint étendit trois doigts,
les petits se levèrent tous les trois.

Le premier dit : – J’ai bien dormi !
Le second dit : – Et moi aussi !
Et le troisième répondit : – Je me croyais au Paradis !

 

 

 

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Nils, Barbie et le problème du pistolet


Décembre nordique de Cryssilda
Une lecture commune avec Nahe

 

 

Nils, Barbie et le problème du pistolet
Texte de Kari Tinnen
Illustrations de Mari Kanstad Johnsen

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Nils a soufflé les cinq bougies de son gâteau d’anniversaire d’un seul coup ! Et pour le récompenser de cet exploit, son papa lui propose d’aller dans un magasin de jouets pour qu’il choisisse le cadeau qu’il voudra.
Le petit garçon est très heureux car il désire depuis longtemps avoir une poupée rose comme sa copine Angelina, mais son papa le mène dans les rayons où s’alignent robots, jeux de construction, dinosaures et autres jouets de garçons.

Quand il lui dit « Tu veux quoi ? », Nils l’entraine vers une boîte rose. Il veut cette magnifique Barbie qui est trop « BEEELLE ! » et ses yeux pétillent… Mais son papa l’oriente de nouveau vers un pistolet, et sa joie retombe comme un soufflé. Il n’en a rien à faire des « Pan ! Pan ! » lui, veut danser comme Barbie, mettre des chaussons roses et des robes de bal. Seulement, il semblerait que son père ne comprenne pas son choix et très vite, du haut de ses cinq ans, Nils devine un malaise ; l’embarras et la honte de son père. C’est cruel et il a envie de pleurer.

Dans la file d’attente de la caisse, lorsqu’ils croisent Bo, un petit dur plus âgé que lui, accompagné de son père, un grand gaillard mal éduqué, c’est une autre comédie. Car décidé à tenir tête à son père, Nils a gardé sa boîte rose.
Mais pour combien de temps ?

Ce sont les stéréotypes fille-garçon qui sont dénoncés dans cet album, à travers les personnages de Nils et son père. Les auteurs les racontent avec humour. Un humour qui génère aussi une poignante émotion et qui excite notre grogne contre la bêtise humaine et contre ce père misérablement lâche. Les politiques et les mentalités actuelles tentent de faire évoluer ce débat, mais les discriminations sexistes, machistes, dominent encore notre société. Concernant les illustrations, elles peuvent déplaire et effrayer les jeunes enfants, car elles expriment bien la violence du thème et la détresse de l’enfant et de l’adulte. Cependant, il est bon et nécessaire de faire circuler ce genre d’histoire et de l’accompagner d’une petite discussion lorsqu’on referme le livre. Si le dénouement semble heureux, il laisse aussi un sentiment amer et triste.

 

 

 

 

La Belle et la Bête

Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les samedis sont albums illustrés
Billet n°21

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La Belle et la Bête
Jeanne-Marie Leprince de Beaumont
Illustrations de Gabriel Pacheco

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Suite à un sortilège lancé par une sorcière, un prince est transformé en une créature repoussante. Depuis, personne n’ose s’aventurer dans son royaume de peur de ne pas en ressortir vivant. Mais un jour, un marchand qui avait eu une fortune considérable et qui se retrouva ruiné à cause des naufrages successifs de ses navires, se retrouve poussé par la neige à demander l’hospitalité au monstre.
Sans que son mystérieux hôte se manifeste, le palais lui fait bonne réception le temps d’une nuit, en dressant une table somptueuse et en lui offrant une chambre luxueusement ornée. Le lendemain matin, en partant le marchand découvre un buisson de magnifiques roses, et pense que l’une d’entre elles serait un beau présent pour sa fille Belle. Rassuré par le bon accueil de la veille, il n’hésite pas à en cueillir une, provoquant aussitôt la colère de la Bête…
La Bête offensée, lui propose d’échanger contre la rose, la vie de sa fille. Cruelle justice que de donner la douce Belle à la Bête pour se sauver de la mort, mais c’est pourtant ainsi que le conte commence… Il était une fois une Belle et une Bête…

Il n’est plus nécessaire de raconter la suite car tout le monde la connaît. Comme je le disais pour d’autres adaptations de l’histoire de Madame Leprince de Beaumont, c’est vraiment mon conte préféré. Si je ne vous parle pas du récit, je tiens à préciser que j’ai acheté ce livre pour les illustrations de Gabriel Pacheco. Je les trouve superbes, esthétiques, oniriques. Toutes en finesse, fuselées, elles développent l’imaginaire et nous plongent dans un envoûtement poétique.
Très belles, mais peut-être trop sombres pour les jeunes enfants, je vous recommande ce beau livre, rien que pour vous…

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Une recette top secrète


Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les samedis sont albums jeunesse !
Billet n°14

 

 

Une recette trop secrète
Texte de Quitterie Simon
Illustrations d’Olivier Latyk

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Lorsqu’une sorcière désire cuisiner « une soupe de fillette dodue aux limaçons » et quand elle ne trouve pas l’ingrédient principal, à savoir la fillette et non les limaçons, que fait-elle ?

Une recette trop secrète 1Elle transforme sa maison en une véritable bonbonnière comme son ancêtre l’avait fait pour Hansel et Gretel… Venez, venez mes mignonnes…

Le leurre ayant marché, Colette la sorcière ne tarde pas à recevoir la visite d’une petite fille du nom d’Angèle, qui surprise de voir un intérieur bien singulier garni de « bocaux de chauves-souris et de rats confits, de guirlandes de serpents séchés », et autres gourmandises, parcourt la maison dans ses moindres coins en posant toutes sortes de questions.

En essayant de se montrer une hôtesse charmante, Colette commence à faire son bouillon. Mais tout va aller de travers ! Angèle est une petite fille très vive qui devient vite insupportable.
Et que fait-on avec les enfants insupportables ?
On les perd ! On les perd et on les laisse sur le chemin d’un ogre.
L’idée est très séduisante ! Alors Colette propose à Angèle une promenade dans les bois…

N’ayez aucune crainte chers lecteurs, dans ce conte, les enfants peuvent se montrer bien plus affreux qu’une sorcière et un ogre ! Colette va en faire la cruelle expérience et reconnaître qu’une diète de quelques mois ne serait pas si grave.
Je vous recommande cette petite histoire délicieuse ! Courte, marrante, bien illustrée avec des couleurs toniques, et imprimée avec de gros caractères, elle est parfaite pour les enfants qui commencent à lire.

 

Une recette trop secrète 2

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La famille Souris et le potiron


Hal
loween en octobre avec Hilde et Lou
Les samedis sont albums jeunesse
Billet n°7

 

 

La famille Souris et le potiron
Kazuo Iwamura

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Les mystères de la nature avec une graine de potiron à planter, « une étincelle de vie » !
Grand-père Souris rassemble ses petits-enfants pour planter la graine, et c’est l’occasion d’une leçon sur le jardinage, entre sarclage, binage… et attente…

Il va falloir se montrer patient car le premier germe se fait languir ! Mais lorsqu’il pointe son nez, c’est magique ! Et c’est alors que papillons, coccinelles et sauterelles convoitent les feuilles tendres qu’il faut vite protéger.


La plante s’étend, grandit, fleurit, sous le soleil, sous la pluie… le potiron se forme. La famille Souris est émerveillée et continue à lui donner tous les soins nécessaires à sa croissance.


A la bonne saison, à l’automne, il y aura de quoi faire en cuisine ! Soupes, gâteaux, pâtés et croquettes garniront la table de la famille. Puis, pour l’année suivante, il y aura encore des graines à planter !
Comme pour les autres albums, le quotidien est toujours une fête et le travail se fait en famille. C’est une ode à la nature, au courage et à la persévérance, c’est doux et poétique.

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La famille Souris et la mare aux libellules

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Un mois d’albums avec Pilalire

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La famille Souris et la mare aux libellules
Kazuo Iwamura

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C’est l’été, les enfants de la famille Souris vont s’amuser à la mare aux libellules.

En chemin, dans les herbes hautes, ils rencontrent une cigale et une grenouille. Une libellule leur montre le chemin.
A leur arrivée, sans perdre de temps, ils construisent des petits radeaux qui les mèneront au cœur de la mare, entre roseaux et nénuphars, entre libellules et autres habitants des lieux.
La journée s’annonce belle et insouciante !

Cette fois-ci, les enfants se retrouvent seuls, sous la tutelle du grand frère. L’aventure est comme un périple au bout du monde pour des petites souris. La mare devient une arène de jeux et de rires, perturbant la quiétude de la grenouille, du triton, des dytiques et des libellules qui viennent tous voir la joyeuse bande. L’histoire est toujours une ode à la famille et l’atmosphère toujours empreinte de poésie et de douceur. Chaleur, transparence de l’eau, chant des cigales, c’est comme si on y était !

La journée se termine au soleil couchant, lorsque les grands-parents viennent chercher les enfants… C’est l’heure de rentrer ! Et comme pour tous les albums de la série, la famille Souris se retrouve autour de la table pour le repas du soir où chacun raconte…

Une série à recommander ++

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La famille Souris se couche

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Un mois d’albums avec Pilalire

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La famille Souris se couche
Kazuo Iwamura

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Chez les Souris, on n’aime pas trop quand le soleil se couche qu’un membre de la famille soit absent. Alors quand tout le monde rentre après une journée bien chargée, on s’attelle dans la bonne humeur à mettre la table et on passe tous dans la salle de bains pour se nettoyer avant de prendre le dîner. Quatorze souris, c’est une belle famille ! A table, chacun raconte ce qu’il a fait, corvées et bêtises, puis plus tard, c’est une petite veillée à la chandelle qui anime la soirée…
Brossage des dents, pyjama et lectures, c’est l’heure d’aller au lit ! Certains coquins ont encore assez d’énergie pour batailler avec les coussins et d’autres ont déjà les yeux qui se ferment. Maman ferme le livre d’histoires, grand-mère chuchote des bonnes nuits aux étoiles et à la lune, Papa chantonne une berceuse, les enfants s’endorment…

Je continue dans l’univers de la famille Souris et l’épisode du coucher se devait d’être raconté car il est important pour un enfant. C’est l’heure où il doit se séparer de ses parents et rester dans le noir. C’est aussi l’heure où tous les coins de la chambre deviennent inquiétants… Les rituels qu’il retrouve dans cette histoire peuvent apaiser son anxiété.

Les dessins sont toujours aussi beaux et reflètent beaucoup de douceur. Étant à mon cinquième album, je commence à reconnaître les personnages et surtout le dernier de la fratrie, le petit Benjamin si attendrissant.
Une série à recommander !

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