Tu tueras l’ange

dirty-harry-haut23-3620006ixocj_2587
Challenge polars avec Sharon

.

 

Tu tueras l’ange
Sandrone Dazieri

Suite de « Tu tueras le père » – (fiche lecture)

.
Dans ce second tome où l’on retrouve la commissaire adjointe Colomba Caselli et Dante Torre, il y a un avant et un après. Le début de l’histoire introduit le lecteur dans un lieu qu’on appelle « cube ». Ce lieu sans fenêtre est l’antichambre des enfers où les prisonniers sont condamnés à ne plus voir la lumière du jour.
« L’après » raconte un attentat dans un train que les autorités imputent immédiatement à Daesh. Une substance toxique a empoisonné un compartiment en tuant tous les passagers. Gaz, anthrax, sarin, cyanure… seules les analyses pourront définir la cause des décès.
Colomba qui doit réagir sans perdre de temps, oriente ses troupes dans un quartier islamique pour découvrir un foyer de terroristes. Mais rien ne se passe comme prévu dans la mosquée et l’opération tourne mal ; l’imam meurt sous les assauts des forces spéciales. Consciente qu’il y a une discordance dans les faits et sensible aux aveux de l’imam juste avant sa mort, elle décide de reprendre contact avec Dante Torre en qui elle a une absolue confiance. Depuis le dénouement de l’affaire du « Père », leur relation s’est distendue, et leur complicité s’est effacée sous le poids de leurs angoisses. Colomba ressasse toujours le drame qu’elle a vécu dans un restaurant parisien et Dante est toujours sous l’emprise des médicaments et de ses psychoses.
A l’appel de Colomba, Dante répond présent et résout en peu de temps un premier indice qui les mène sur la piste d’un mystérieux tueur.

Les chapitres enchaînent alternativement « avant » et « après » et dévoilent petit à petit le profil démoniaque d’une femme qu’on appelle Giltiné, la déesse de la mort.

On retrouve dans ce second volume certaines arcanes du premier tome, dont celles très fortes de l’incarcération et des manipulations psychologiques. Retrouver également Dante, Colomba et d’autres personnages récurrents ont été un atout majeur à cette lecture que j’ai appréciée. Toutefois, je n’ai pas été follement captivée comme pour le précédent car j’avais parfois la sensation pesante d’avoir envie de prendre des chemins de traverse pour éviter des passages un peu longs et trop violents.
L’histoire ne dévoile aucun des mystères qui entourent Dante. Bien au contraire, elle attise encore plus notre intérêt d’en savoir plus. La fin de ce roman est… diabolique !

.


« La mort et la femme », tableau de Schiele

.

 

.

.

 

 

Publicités

L’Île du Crâne


Halloween en octobre avec Hilde et Lou
Billet n° 30

 

 

L’Île du Crâne
Anthony Horowitz

« Cher M Eliot,

Vous êtes-vous jamais demandé où trouver un collège qui dresserait votre fils ? Pas un de ces endroits ramollis d’aujourd’hui, mais un établissement qui croit encore à la discipline ? Et vous est-il jamais venue à l’idée que, de nos jours, la plupart des enfants ne savent même pas épeler le mot discipline… ?
Permettez-nous de vous présenter Groosham Grange. Comme l’indique la brochure ci-jointe, nous sommes un pensionnat et nous offrons un environnement unique à des enfants âgés de douze à seize ans, qui se sont montrés réfractaires aux méthodes modernes d’enseignement.
Groosham Grange est situé sur une île privée, au large de la côté du Norfolk. Aucun service régulier de ferry ne dessert l’île, il n’y a donc pas de congés fixes. En réalité, les élèves n’ont droit qu’à un seul jour de vacances par an. Les parents ne sont jamais invités à l’école, sauf en cas de circonstances exceptionnelles, et seulement s’ils savent nager.
Je suis certain que votre fils profitera pleinement des excellentes méthodes de Groosham Grange et du niveau élevé d’études. J’attends avec impatience de vos nouvelles dans la prochaine demi-heure.

Sincèrement vôtre,
John Kilgraw, directeur adjoint. »

Les mots de la lettre font mouche ! Discipline, dresser, pensionnat, île, un jour de congés, pas de parents… Lorsque M. Eliot lit la brochure publicitaire, il envisage sans plus tarder à inscrire son fils dans ce collège. David qui est un cancre et qui s’est fait renvoyé de son école, trouvera en cet établissement sa nouvelle demeure !
Une heure pour faire les bagages et prendre le train à la gare de Liverpool, David a juste le temps de mettre quelques affaires dans une petite valise et d’embrasser sa mère avant de partir. Dans le train, il fait la connaissance de deux autres élèves de son âge qui sont envoyés à Groosham Grange. Jeffrey est un garçon un peu balourd qui bégaie. On a assuré à ses parents que l’enseignement qu’il recevra là-bas, lui apportera beaucoup plus d’assurance. Quant à Jill, qui est un vrai garçon manqué et qui ne reste jamais longtemps dans une même école, elle apprendra les bonnes manières.
Avant de descendre du train où ils seront a
ccueillis par Grégor le chauffeur, un homme bossu et borgne, les trois nouveaux amis concluent un pacte de solidarité.
Solidaires, il faudra qu’ils le soient, car sur l’Île du Crâne, l’école est plus qu’étrange !

L’intendante Mme Windergast souhaite la bienvenue aux nouveaux arrivés. Si vous désirez y aller pour bénéficier de leur singulière pédagogie, il faut que vous soyez le 7ème fils d’un 7ème fils. Cela vous rappelle quelque chose ?

David commence un journal où il confie ses premières impressions. Ses peurs, le décor lugubre orné de trophées de chasse empaillés, les cours, les élèves et les professeurs tous très bizarres, l’isolement, le froid, la neige, les hurlements d’un loup la nuit…  et le regard perçant du directeur adjoint, M. Kilgraw.
Si les jours sont d’une morne platitude, sans vie, les soirs après le coucher, tout le monde semble s’éveiller pour disparaître derrière une porte secrète de la bibliothèque.
Où vont-ils ? que font-ils ? et pourquoi tous les élèves portent-ils une bague noire dès leurs treize ans ?
Ce ne sera que le jour de son anniversaire, pour ses treize ans, que David aura les réponses à ses questions. Mais avant ça… avec son amie Jill, il connaîtra bien des mésaventures !

« – Nous avons une vieille coutume à Groosham Grange. Nous demandons à nos élèves d’inscrire leur nom dans le registre de l’école. Toi et tes deux amis porterez le total de nos pensionnaires actuels à soixante-cinq. Soit cinq fois treize, David, Un très bon chiffre.
… Quand David avança la main, M. Kilgraw se pencha d’un mouvement brusque. La pointe aiguisée de la plume se planta dans le pouce de David qui poussa un petit cri…
– Tu auras la bonté d’inscrire ton nom, poursuivit M. Kilgraw. (Il lui tendit la plume qui maintenant était rouge du sang de David.) Nous n’aurons pas besoin d’encre. »

.
Anthony Horowitz nous dévoile dans ce premier livre les prémices de son histoire en deux tomes, peuplée de sorciers, de fantômes, de vampires et de loups-garous. Son univers fantastique rappelle quelques romans de la littérature jeunesse. Poudlard pour l’école des sorciers, et L’apprenti épouvanteur pour le 7ème fils du 7ème fils. J’ai parfois eu aussi une pensée pour  Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire et Matilda lorsque les parents de David rentraient en scène. Si M. Kilgraw est un personnage effrayant, les parents de David le sont tout autant dans un autre registre.
L’histoire, qui ne manque pas d’humour, se lit bien et les enfants (- de 10 ans) aimeront découvrir les mystères de ce collège en compagnie de nos héros, des adolescents très téméraires.

.

L'île au crâne 1

.

.

.

L’étrange boutique de Miss Potimary, La boîte à secrets

Un mois d’albums avec Pilalire
La BD du mercredi chez Moka
Un livre offert par Babelio et Jungle, dans le cadre des Masses Critiques

.

.

L’étrange boutique de Miss Potimary
La boîte à secrets
Scénario d’Ingrid Chabbert
Dessins et couleurs de Séverine Lefèvre

.

L’adorable Betty reçoit pour ses neuf ans un appareil photo de ses parents et un peu d’argent de sa grand-mère. C’est donc avec sa petite cagnotte et Dare-Dare sa souris qu’elle se dirige vers le magasin de Miss Potimary. Elle découvre une boutique remplie de bibelots et de vieux livres qui attisent sa curiosité et son envie. Avec émerveillement, elle jette son dévolu sur une très belle boîte japonaise datant du XIXe siècle. Mais lorsqu’elle fait part à Miss Potimary de son désir de l’acheter, cette dernière émet des réticences avant d’accepter. Si Betty la prend, elle devra faire très attention car il se pourrait qu’elle soit enchantée. Quiconque arrivera à l’ouvrir, sera emporté dans un autre temps…
Une fois dans sa chambre, Betty manipule la boîte sans jamais trouver le mécanisme du casse-tête. Mais en pleine nuit, alors qu’elle n’arrive pas à dormir et qu’elle essaie encore une fois, elle a la surprise de voir la boîte s’ouvrir…
Qu’avait dit Miss Potimary ? « Il y a des choses qui dépassent ce qui est visible à l’œil nu. »

Trouver dans un capharnaüm de vieilleries un petit trésor, et comme la lampe d’Aladin, découvrir qu’il est magique ! La belle boîte transporte Betty trente ans en arrière. La maison où elle habite avec ses parents est différente, avec une décoration plus vieillotte, sa grand-mère a rajeuni, et Betty se voit dans le miroir sous les traits de sa maman. Seule, Dare-Dare, toujours présente à ses côtés, la relie à sa vraie vie.
Des fantômes qu’elle seule peut voir, Dare-Dare qui est dotée du langage humain, et un mystérieux personnage du nom de Kariptor qui vole les spectres pour les emmener du côté obscur… tout est angoissant ! Mais pour la courageuse Betty qui se voit confier une mission bien dangereuse, rien n’est impossible…

Cet album est une sympathique histoire que les enfants de 6 ans apprécieront. L’héroïne est une délicieuse petite fille énergique, décidée et lumineuse, quant à Kariptor, il a la physionomie ténébreuse d’un méchant sorcier. Si le texte est mince, le charmant scénario dynamique, dosé de fantastique, satisfera les jeunes qui débutent en lecture. Quant au graphisme, il est beau, riche, expressif, avec de douces rondeurs. Les couleurs aux dominantes orangées sont chaleureuses. L’ensemble donne à ce premier tome bien des promesses et juste le suspense et les frissons qu’il sied.
« L’étrange boutique de Miss Potimary » est une série que je ne manquerai pas de suivre… Le dernier dessin montre un grimoire que Miss Potimary a laissé à Betty. Une note l’accompagne et précise : « A parcourir avec prudence »… Dare-Dare a un sale pressentiment !

. 

.

.

L’appel de Portobello Road

lappel-de-portobello-roadL’appel de Portobello Road
Jérôme Attal

.

Dès la première page, je rigole. Mister B., près de moi, sourit et confirme : « Tu es atteinte. ». Oui-oui, d’une attalite aiguë.
Il y a des mots ou des petites phrases surréalistes qui s’incrustent toujours dans les récits d’Attal, là où on ne les attend pas, donnant à sa plume originalité et légèreté. Des petits mots et des petites phrases qui prennent notre affection. L’histoire de ce livre commence par un conte japonais. Au XVe siècle, un chevalier s’éprend d’une jeune princesse qu’il entraperçoit derrière les rideaux de son palanquin. Saisi d’amour, il va essayer de la retrouver et de l’approcher… Il ne pense qu’à elle. « Les jours suivants sont des nuits »… On voit alors ce guerrier samouraï arnaché de cuir partir en quête de la si belle princesse. Il traverse des estampes, paysages de rivières, de monts et d’arbres en fleurs… La route est périlleuse, la quête est difficile… Quand il arrive aux portes du palais, il est accueilli par un serviteur qui lui demande de bien vouloir patienter. La princesse est là, mais elle n’est pas en mesure de le recevoir, car c’est l’heure de la cérémonie du thé. La poésie de ce conte est belle, on perçoit le vent dans le jardin, nous ne sommes qu’attente avec le chevalier, et espérance… quand… la fantaisie de l’auteur terrasse le Moyen-Âge et nos rêves :
« Tiraillé par l’impatience, la mine sombre et émaciée par le feu qui embrase son cœur, le chevalier fait les cent pas dans le jardin.
La cérémonie du thé, vous savez, surtout si vous êtes amateur de café en capsule, ça dure des plombes. La tête baissée, les épaules en dedans, il tue, poursuit, déborde le temps, écrase les secondes sous ses pas comme un tas de feuilles mortes… »
« si vous êtes amateur de café en capsule »… j’écris et je rigole… Ne me dites pas que je suis la seule ! Pitié…
Voilà… si je commence ce billet-lecture par cette parenthèse c’est simplement pour vous expliquer comment je perçois Jérôme Attal. C’est un poète-pitre, un doux diablotin. Le livre est ainsi construit, une énigme, une quête, des émotions et une bonne dose d’absurdités à la Kafka.

Ethan Collas est un musicien qui a du mal à percer dans le métier. Il rêve qu’un jour en poussant le charriot des courses dans un grand magasin, l’écho d’une musique ou d’une chanson qu’il aurait écrite le surprenne au détour d’un rayon. Ersatz de sacre suprême !
Après avoir végéter dans différentes facultés, après avoir « tester » plusieurs études, il avait décidé, avec accord parental, de prendre un tout autre chemin ; celui de la musique.
Maintenant, à l’aube de la quarantaine, il se retrouve seul, indécis, dans un petit appartement parisien hérité de ses parents, sans attache amoureuse, obnubilé par la perte de ses cheveux, et bénéficiaire d’une misérable rente, un jingle composé pour la météo d’une chaîne câblée. Son copain Sébastien se plaît à lui dire qu’avec ce pécule, il peut s’offrir une fois par semaine une tartelette aux pommes de chez  Poilâne… ce qu’il fait.
Puis une nuit, le téléphone sonne. S
a mère au bout du fil lui demande comment il va. Il entend aussi son père bougonner comme à son habitude, des mots bourrus, des mots d’amour. Ils appellent d’un endroit inconnu, où la communication va bientôt être interrompue. « Allô, mon chéri ? »… Comment il va ? Il ne faut surtout pas qu’il s’inquiète. Et surtout, il faut qu’il dise à sa sœur que ses parents pensent à elle, tous les jours…
Seulement… Primo, ses parents ne sont plus depuis deux ans. A ce stade de la lecture, nous doutons déjà de ce que nous avons lu et perçu. Ne sont-ils pas morts ? Secundo, il est fils unique. Commence alors ce que la quatrième de couverture dévoile « Un secret de famille tombé du ciel ».
Transposition du conte, le chevalier-Ethan part à la recherche de sa sœur et va tout au long de sa route vivre des épisodes un peu fous. Sur une vieille photo retrouvée, une petite fille pose à ses côtés. Il devait avoir onze ans, elle devait en avoir sept.

« … Des nuits parisiennes et le vacarme de la solitude. Une décision à prendre. Une fille au bout de la route… De la porcelaine anglaise. Comme est la vie. Fragile et robuste à la fois. Et une ode à l’amour au tournant de chaque page. »

Je n’en raconte pas plus, c’est un roman court qui pèse moins lourd que « Les jonquilles de Green Park » (un coups de cœur de 2016). L’équipée d’Ethan, qu’il fera à bord d’une Triumph Spitfire décapotable jaune de 1975, est dans la veine des récits initiatiques. Sur l’itinéraire, il va croiser des personnages extravagants, parfois en marge de la société, qui seront des étapes anecdotiques, pleines de sensibilité et d’humanité. Jérôme Attal parle de filigranes du bonheur et de fêlures, pas nécessairement importantes, juste des petits interstices de la vie que l’on aimerait réparer pour pouvoir avancer.
L’écriture fantasque nous fait prendre un chemin de traverse menant vers différents mondes, différentes dimensions, entre du réel et des chimères. De l’humour, de la poésie, de la délicatesse, tout un bouquet subtil d’émotions, c’est ce que je demandais à ma lecture.
Je vous le recommande.

D’autres billets chez Bianca, Titine, Fanny,

.

24386599bd3f01f414f555e019d930a7Spitfire jaune

.

.

.

Les carnets de Cerise, Le zoo pétrifié – Tome I

logo asphoMercredi BD chez Logo BD Mango NoirMango et ses amis
.
Challenge « A tous prix » d’Asphodèle, prix Angoulême 2013, sélection jeunesse

.

les carnets de CeriseLes Carnets de Cerise
Le zoo pétrifié
Tome I
Scénario de Joris Chamblain
Dessin d’Aurélie Neyret

.
Cerise est une petite fille de dix ans et demi qui souhaiterait devenir écrivain comme sa voisine, Madame Desjardins. Sur les conseils de cette dernière, elle raconte sur un cahier, qu’elle illustre aussi de dessins, tout ce qui se passe dans sa vie… sa maman, ses amies Line et Erica, son entourage… et commence son journal par « Il était une fois ». 
Pour être romancière, il faut savoir observer les choses, et pour écrire une intrigue captivante, il faut chercher l’inspiration tout autour de soi. Ainsi, Cerise reste à l’affut…
« … regarder les gens, à essayer de deviner ce qui se cache derrière les apparences, ou du moins à percevoir ce qu’elles veulent bien exprimer. »
Avec l’assistance des frères de Line et Erica, les trois amies construisent une cabane perchée dans un arbre. Du haut de ce promontoire, elles peuvent tenir des séances secrètes mais aussi surveiller le monde. Comme elle le note « Avant chaque début d’intrigue, il faut planter le décor. »
Le décor est planté ; la cabane, l’arbre, la forêt. Ne reste alors à Cerise qu’à raconter son histoire, du « Monsieur Mystère »…

Il était une fois… un vieux monsieur bizarre qui circulait dans la forêt, toujours chargé de pots de peinture. Il était une fois, trois copines très curieuses qui décident un jour de le suivre et qui se font semer. Il était une fois… Cerise qui s’aventure toute seule sur les traces du vieil homme et qui découvre le plus merveilleux des endroits qu’elle n’ait jamais vu… un parc zoologique abandonné avec des animaux particuliers… ils sont peints. Elle est mille fois enchantée ! car son autre passion après l’écriture, est le dessin.
Cerise nous raconte ce vieux monsieur, son monde, et toute la magie qui s’en dégage.
.

img541.
Suspendue à la plume de Cerise, j’ai beaucoup aimé son univers et ses réflexions. Elle est une petite fille adorable qui apprend à canaliser sa curiosité et son imaginaire par l’écriture (ce qui ne l’empêche pas aussi d’être active). Du haut de ses dix ans, elle découvre du monde, ses subtilités, ses petits secrets et ses différences. Lorsqu’elle pénètre le parc de Michel (le vieux monsieur), ce n’est pas simplement son beau travail de peintre animalier qu’elle admire, elle parvient à redonner vie aux images endormies et va aider Michel à rebâtir ses rêves. Solidarité, amitié, partage, Cerise arrive à fédérer ses amis, Madame Desjardins, sa mère et plein d’autres personnes pour faire renaître la réserve. C’est bien reconnu, l’union fait la force !
Avec l’histoire de Joris Chamblain, le graphisme… Aurélie Neyret nous offre de superbes illustrations, douces, vives, expressives, naïves lorsqu’elle représente les dessins de Cerise, si sûres lorsque ce sont les fresques animalières. L’album est riche en détails, en coloris, en espaces. Il mêle deux parties, l’évocation du journal intime de Cerise et l’aventure de notre future romancière.
Cet album a été primé au festival d’Angoulême de 2013 pour le prix Jeunesse et c’est bien mérité !
J’ai beaucoup aimé, je vous le recommande…
.

D’autres billets chez Mango, Jérôme, Noukette, Moka, AcrO, Bianca, Bladelor, L’Or,
.

.
img540 .

.

.

Hell School – Orphelins, T II / Insoumis, TIII

logo hallbd
Dans le vaisseau fantôme d’Halloween avec Hilde et Lou

Les mercredis BD de Mango

.

.
Hell School, Rituels – Tome 1

bannbdhellschool Hell School – Tome 2. Orphelins – Tome 3. Insoumis
Scénario de Dugomier
Dessin de Ers
Colorisation d’Angélique Césano

.

Orphelins, tome 2

On les surnomme les bâtards. Bastien, Hina et Boris n’ont pas voulu suivre le rituel initiatique à l’Excellence Institut. Complétement exclus de la communauté lycéenne, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent en dehors des heures de cours. Ça semble idyllique présenté ainsi, mais le trio a quand même du mal à « digérer » ce bannissement. Trois ans à rester sur cette île… c’est démoralisant ! De plus, Bastien est obsédé par les deux garçons décédés accidentellement sur l’île. Le premier, Thierry Pichet, tombé de la falaise, le second, Patrick Garnier, tombé du ferry qui le ramenait. Un lien conducteur entre les deux, ils étaient des bâtards. Le mystère à élucider mettra certainement en cause l’institution et sa direction. C’est sur cette idée que Bastien fait part de ses soupçons à ses deux comparses. L’enquête doit être discrète et l’aide de Valérie, une lycéenne étrange, solitaire, serait précieuse.
De son côté, Franck, un terminal élu président du rituel, a ordre de mettre bon ordre à l’insubordination des bâtards. Une punition radicale est attendue… Trois rebelles, un nom sort… c’est Bastien.
Que vont découvrir Bastien, Hina, Boris et Valérie ?
.

Ce deuxième volume dévoile une petite partie de l’intrigue et montre les personnages qui sont à la tête de l’institution. On ne connaît pas encore leurs desseins mais on comprend que Bastien est celui qui les dérange le plus. Orphelin, sans véritable tutelle ou parenté, il doit subir le châtiment. Comme dans le premier tome, le scénario raconte le courage, la solidarité et l’amitié des « bâtards » face à une organisation tyrannique, criminelle, dystopique. L’ostracisme est plus prononcé, la violence est à fleur de peau, mais des traits d’humour allègent la lecture.
La fin de cet épisode est surprenante… elle incite à se précipiter sur la suite…

img446.

Insoumis, tome 3

Ce sont les vacances de la Toussaint, nos amis sont séparés. Bastien est en contact avec eux avec le téléphone portable. Parti à Lyon pour retrouver la famille d’un lycéen décédé, il fait une découverte capitale qui le renvoie à son enfance… Il ne retournera pas sur l’île !
Pourchassé par les sbires de l’organisation qui veut l’éliminer, Bastien devient un fugitif et essaie de survivre dans une indigence totale.
De retour à l’Excellence, Hina, Valérie et Boris font profil bas, continuent l’enquête et parviennent à informer Bastien de leur progression. Toutefois, c’est Bastien qui découvre le réel instigateur et son abominable projet.
Sur le bureau du directeur, deux papiers portent les noms de Hina et Boris. Franck doit en tirer un pour retrouver son honneur de président du rituel mis à mal après son échec… Il tire et c’est Hina qui est désignée. Cela sera sans pardon, s’il échoue une deuxième fois.
Les « bâtards » arriveront-ils à dénoncer l’institut et à stopper le manipulateur dans sa folle ambition ?

.
Ce troisième volume clôt la trilogie, mais j’espère qu’une suite sera donnée car cette fin me laisse sceptique… Ça ne peut se terminer ainsi !
Nous retrouvons les « bâtards » assistés d’une quatrième amie, Valérie (l’équipe s’équilibre, deux filles, deux garçons !). Dans le précédent tome, l’ébauche d’une explication se dessinait, elle se développe donc tout au long de cet album pour se révéler à la fin. Du rythme, du suspens, de l’angoisse, l’action est menée par Bastien qui est traqué, menacé de mort et très impliqué. Difficile de vous parler du scénario sans vous en révéler l’essence, je resterai donc sibylline, mais sachez que pour conclure, cette série est bien construite, bien dessinée avec de belles couleurs et qu’elle plaira aux ados.
Pour en revenir à cette fin assez décevante, pas dans le dénouement mais plus dans la moralité (honnêteté, valeurs…), je souhaite que les auteurs la reprennent et nous offrent une histoire plus accomplie, plus en harmonie avec la personnalité des « bâtards »…. la dernière page nous le laisse supposer…

.
img447.

.

.

Hell School, Rituels – Tome I

logohalloween14logo hallbd

Octobre sur le vaisseau fantôme avec Hilde et Lou BD du mercredi chez Mango

. .

hell school 1Hell School
Rituels, tome I
Scénario de Dugomier
Dessin de Ers
Colorisation d’Angélique Césano

.
Septembre, les élèves prennent un ferry pour se rendre à leur pensionnat car l’Institut de l’Excellence est un lycée bâti sur une petite île de la Méditerranée. Sur le pont, Bastien, un garçon avec des dreadlocks, rencontre Hina, une fille aux cheveux bleus. Tous deux, forcés par leurs parents de s’y rendre, sympathisent et se questionnent sur cette école si distinguée…
Aucun des nouveaux ne peut se douter de l’ambiance particulière qui règne dans cette école privée… Le directeur les reçoit par un discours vantant le mérite de leur éducation, un enseignement qui forme les personnalités du pays, un privilège (gratuité de la scolarité) accordé que l’on doit accepter avec reconnaissance. L’accueil se termine par une réflexion sur le bizutage, « un rituel d’initiation » indispensable à l’admission. Les nouveaux sont appelés « les bâtards » et doivent obéir aux directives de leurs aînés. Dans les nouveaux, il y a Bastien, Hina, Boris et une étrange fille, Valérie, qui souhaite intégrer la bande que les trois autres ont déjà formée.

Le règlement intérieur est strict… Enlever la teinture bleue et les dreadlocks sont un premier pas vers le conformisme demandé. Il semblerait qu’aucune originalité, aucune initiative soit bien considérée. Franck, un étudiant élu président, veille à la bonne marche… Mais très vite, par leur attitude réfractaire, le groupe se fait remarquer et les sanctions ne tardent pas. La milice des « aînés » opère de jour comme de nuit, agressive, violente, forçant les insubordonnés à courber l’échine. C’est en voulant les fuir, qu’une nuit Bastien découvre sur la falaise une plaque commémorative… « A la mémoire de Thierry Pichet, décédé en cet endroit… ». En trouvant une photo scolaire du jeune Thierry, Bastien et Hina constatent qu’il ne portait pas l’écusson de l’école. Alors, une question s’impose immédiatement. Sa mort, aurait-elle rapport avec le fait qu’il n’est pas été adoubé en recevant le rituel ? Sans vouloir broder une histoire farfelue sur ce décès, les deux amis ont tout de même conscience que l’institution recèle une part de mystères, mais ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que la réalité est pire que ce qu’ils pourraient imaginer…

« – Jamais je ne marcherai au pas, Hina !
– As-tu vu comme ce paysage est beau ? Quel dommage que ce soit celui d’une prison ! »

.
img444

. J’ai trouvé cet album par hasard et je l’ai choisi, tentée par son titre et la couverture qui distillent détresse et frayeur… C’est Hina qui est représentée en premier plan. Cet épisode immerge le lecteur dans une ambiance inquiétante, implante le décor et dessine les personnages. Les auteurs dévoilent dès la première page la densité de l’histoire en révélant un fait capital qui s’est déroulé dix ans auparavant. Ainsi le ton est donné ! et nous pénétrons dans l’île avec toute l’appréhension requise… On peut comparer les lieux à un bagne pour enfants dont les aînés seraient les matons. Le cadre est paradisiaque mais on sait aussi qu’il est effroyable. Suivre pour survivre. Le scénario est bien construit, à chaque page on attend la tragédie, la violence est latente, à peine montrée et les mystères sont des ombres encore opaques. Qui sont vraiment les dirigeants de l’Institut de l’Excellence ? Hina, Bastien et Boris, des caractères forts, constituent un trio de frondeurs. Valérie, solitaire, fragile et instable, voudrait bien les rejoindre, mais dans ce volume, elle ne séduit pas du tout ses camarades… J’ai aimé l’ensemble graphisme et colorisation. C’est expressif, généreux et dynamique. Je ne sais pas si je peux me permettre de comparer, mais ça me rappelle des mangas.

Avis aux lecteurs de BD… J’ai un renseignement à vous demander. J’ai lu le billet d’un lecteur de Planet BD qui traduit bien ce que je pense. Il a écrit : « Tout est limpide et mystérieux à la fois, servi par une mise en scène percutante, qui nous offre quelques scènes superbes, comme cette planche 23 aux couleurs bleutées sous la lumière de la lune. » J’aurais aimé vous montrer cette planche n° 23, mais je ne sais pas comment la trouver ! Faut-il compter les vignettes ou les pages ?

La semaine prochaine, je lirai la suite… « Orphelins ».

. D’autres billets chez Planet BD,

.

img443 .

.

.