Les six Royaumes

Un livre offert par Babelio et les Editions Mnémos dans le cadre des Masses Critiques

 

Les six Royaumes
Récit illustré
Adrien Tomas
Illustrations de Dogan Oztel

 

Irego d’Eystilar fait partie de la congrégation des Sœurs Grises au monastère d’Iriloyë et est directrice d’études ésotériques. A presque trente ans, elle est bien décidée à franchir les frontières de son territoire pour rechercher le secret de l’immortalité, car le pouvoir de la Magie Grise a des limites. Les gardiennes du Gris Savoir, gardiennes de l’humanité, n’ont d’enseignements que les Mots et c’est vers les autres Royaumes qu’Irego a sollicité, non sans s’attirer les foudres et les moqueries de certaines, le droit d’investiguer.

Ce livre se divise en quatre parties ; les Arts magiques, les secrets de la technologie, l’Alchimie naturelle et les Mystères révélés.

Dans son journal personnel et ses écrits pour les huit matrones d’Iriloyë, elle note en détail son périple, les personnages qu’elle rencontre et retranscrit leurs entretiens ; chaque civilisation a ses magies, ses pratiques et ses croyances. Elle revient également sur ses études et les nombreux grimoires qui ont retracé les « principes fondateurs ». Comme elle le précise, elle doit modifier sa vision sur les Limbes, « non pas comme une Dame grise, mais comme une chamane Kharane, un ensorceleur elfe, ou même un mage de la Maison. ».  Le peuple elfique connaît un déclin et les textes des précédentes Sœurs Investigatrices, rapportent leur dégénérescence.

Accompagnée d’un couple de serviteurs et détentrice d’un crédit illimité, elle commence son voyage à la belle saison du printemps, en traversant les steppes de Khara où elle croise des tribus nomades peu sociables. La vie dans cette immensité est rude et primitive, mais les Kharans ont tout le respect des Sœurs Grises. Dans la ville de Taraxhan, elle rencontre une vieille chamane, guérisseuse et sorcière, qui fait parler les esprits et qui attendait sa venue. Sa façon à elle de rejoindre les Limbes se fait avec des élixirs, mais il lui est impossible de satisfaire Irego sur ses questions sur l’éternité, car la sagesse véritable reconnaît « l’importance de la mort au bout de la vie ».
Déçue, ses recherches font l’impasse sur les Nécromanciens qui semblent avoir disparu et s’orientent vers l’ordre des Mages, mais un accident survenu alors qu’elle rentrait au monastère lui donne matière à s’inquiéter pour sa vie et à réfléchir différemment.

Ainsi, nous entamons la deuxième partie du livre qui va nous entretenir des secrets de la technologie. Après avoir reçu tous les accords pour son second voyage, Irego part sur sa terre natale vers le nord, à Evondia. C’est à Azureld, la capitale, qu’elle va se renseigner sur les golems. A la Maison des Mages, elle retrouve Chardon, un agent qui espionne pour l’ordre des Sœurs, et apprend comment sont fabriqués les golems, des machines d’acier conçues à l’image des humains. L’information capitale qu’elle enregistre, c’est qu’ils ont pour liquide vital de l’hylium, une substance précieuse et sacrée utilisée par les Sœurs Grises pour leur permettre de supporter la puissance des Mots.
Là, Irigo fait face à une autre déception car selon le plan anatomique qu’elle a pu voir, les golems ne sont que des automates.
Dans les lignes stratégiques de sa quête et dans son grand désir d’apprendre secrets et magies, elle envisage alors de contacter des sujets plus influents. Après avoir relu les récits historiques et héroïques qui content la Flamme d’azur, un ordre de chevalerie vénéré, mené par le commandeur Aevar, elle obtient l’autorisation de continuer ses recherches sur le corps de l’Ange de Fer, qu’elle arrive à sortir de sa sépulture avec l’aide de Chardon. Ce qu’elle découvre en le mettant à nu ébranle son esprit et la dépouille de ses certitudes. Aevar n’était pas complètement humain. Serait-ce là, un pan de l’immortalité ? Mais après cinq jours à l’autopsier, Irigo se voit contrainte par la Maison des Mages de remettre le corps dans son sarcophage en marbre et de quitter Azureld où elle n’est plus la bienvenue.
De retour au monastère où elle se fait méchamment sermonner par les sœurs, elle reçoit le soutien de la doyenne qui lui conseille de continuer ses recherches dans leur bibliothèque.
Irigo se plonge dans le monde des Nains, leurs caractéristiques, leurs origines, leur culte, jusqu’à la biographie de Nashgar le Faiseur qui fut à l’origine de la conception d’Aevar, un hybride.
A l’abri de son monastère, Irigo prend conscience que des âmes maléfiques œuvrent contre elle lorsqu’elle apprend que Chardon a été dénoncé auprès des Mages et qu’il a été mis à mort.

L’automne voit naître une autre conviction. Pour cette troisième partie, L’alchimie naturelle, Irigo songe qu’on pourrait obtenir l’immortalité avec des potions et lit toutes les publications qui traitent de la botanique et de la zoologie. Sortent des rayonnages, des animaux légendaires comme les Changeurs, les Ko’ars, et c’est dans le Royaume de Rym qu’elle se documente sur les plantes de La Grande Forêt, avec les Sylphides et les Dryades. Beaucoup d’extraits d’études sont rapportés dont certains racontent le temps des Dragons et de l’ère paléontologique.

A Aur Caen depuis plus de deux mois, ensevelie sous les registres, Irigo reçoit des nouvelles de Mycan le marchand avec qui elle est en affaires. Dans cette quatrième et dernière partie, Mystères révélés, elle doit embarquer pour l’Orient sans tarder. Après avoir échappé à deux agressions sur sa personne, la bibliothèque dans laquelle elle travaillait brûle, faisant de ce drame le troisième attentat.
Ayant rassemblé toutes ses notes lors de la traversée, elle arrive dans la ville de Gayavasni, une magnifique cité moderne. Confiante en ce dernier voyage et sûre de ses dernières certitudes, elle rejoint une caravane marchande qui la mènera vers le Sélénir… et les âmes immortelles.

Sans connaître la trame de l’histoire, j’ai choisi ce livre, séduite par les belles illustrations de Dogan Oztel qui m’ouvraient les portes sur un univers féerique. J’ai donc été surprise par la teneur du livre qui s’adresse plus à un lecteur chevronné qu’à une néophyte de mon genre. Toutefois, on se laisse facilement entraîner à la suite d’Irigo dans ses périples passionnants et foisonnants. De mon point de vue, la quête de l’immortalité ne vient qu’en trame de fond et l’intérêt du récit se maintient grâce à la description des créatures légendaires et des royaumes traversés. L’auteur reprend dans une forme encyclopédique les personnages, les lieux et les créatures de ses livres « Le chant des Épines », « La Geste du Sixième Royaume » et « La Maison des Mages ».
Je recommanderai donc ce beau livre aux initiés…

 

 

 

 

Sorceline, Un jour, je serai fantasticologue

 

Sorceline
Un jour, je serai fantasticologue ! – Tome 1
Scénario de Sylvia Douyé
Dessin de Paola Antista

 

Sorceline doit étudier sur l’île de Vorn la cryptozoologie. Cette science consiste à apprendre tout sur les cryptides, les animaux issus des mythes et légendes. Lorsqu’elle arrive chez le grand spécialiste Archibald Balzar, elle retrouve d’autres élèves tous aussi avides qu’elle de recevoir une instruction de qualité car la réputation de ce professeur n’est plus à faire.
Entre les six étudiants, une compétition apparaît et des relations se nouent selon leurs affinités, partageant le groupe en deux. Du côté filles, Sorceline sympathise avec Willa et Tara avec Arlène. Côté garçons, Alcide n’a pas tardé à avoir le béguin pour Sorceline et Mérode joue le rôle du garçon secret et ténébreux.
L’île de Vorn est un endroit très lugubre et le manoir est entouré par des marécages et des bois très denses. Idéal pour partir en quête d’animaux fantastiques, il n’en est pas moins dangereux pour les novices qui ne tarderont pas à subir des forces maléfiques. On découvre une gorgone vidée de son sang, puis Tara disparaît. Sorceline et ses amis vont devoir élucider ces deux mystères…

Licornes, elfes, fées, dragons, vampires, gorgones… ce premier tome nous présente une petite sorcière bien sympathique et curieuse. Les sombres secrets qui animent l’île de Vorn sont nombreux et il est certain que notre héroïne va ouvrir la boîte de Pandore et découvrir plus qu’elle ne le devrait. Suspense, action, beaux dessins, bien fournis et expressifs, univers fantastique, tout est combiné pour procurer aux jeunes lectrices une bonne lecture.

 

 

 

Aberrations, Le réveil des monstres


British Mysteries a
vec Hilde  et Lou

 

Aberrations
Le Réveil des monstres, Tome 1
Joseph Delaney

Colin Benson que tout le monde appelle Crafty, est un jeune garçon de treize ans qui n’a plus que son père pour s’occuper de lui. Dans le monde noir qui l’entoure, il a vu sa mère et ses frères aînés mourir par le Shole, un brouillard gris qui dévore et emprisonne petit à petit l’humanité.

Crafty rêve de suivre les pas de son père qui est courrier au château, un poste important qui l’amène à partir pour des missions dangereuses de l’autre côté du portail qui sépare les deux univers. Seul et enfermé pour sa sécurité dans la cave de sa maison depuis près d’une année, Crafty a eu le temps d’exercer quelques pouvoirs issus de ses origines Feys. Il a pour lui tenir compagnie les gémissements de ses frères défunts et les visites de la reine du Marécage, Bertha, une grande guerrière qui avait été sacrifiée par les prêtres des Segantii aux temps des Romains.

Alors que le confinement devient de plus en plus pesant, que les provisions et les chandelles viennent à manquer, Crafty a la surprise de voir enfin arriver son père. Les retrouvailles ne sont pas comme l’enfant les avaient imaginées et c’est avec beaucoup de crainte qu’il se voit obliger de le suivre au château où il doit passer des tests devant le chef mancien qui dirige la guilde, le « Corpus ».

A l’âge de treize ans, il est prêt à devenir une mouche de porte. Les mouches de porte sont des jeunes qui passent le portail pour ramer des créatures du Shole qu’on nomme les Aberrations. Une fois appâtées, elles se mettent à les poursuivre et arrivées sur le pas du portail, une guillotine actionnée par le mancien responsable de la mouche tombe sur elles pour les tuer. La mouche doit être rapide et agile car bien souvent, lors du passage fatidique, elle devient à son tour une victime de la lame.
Crafty fait la connaissance de deux mouches, Donna et Lucky, qui lui font visiter la partie du château qui les concerne, puis on lui attribue un mancien, Mr Wipton surnommé Vipère pour sa cruauté.

Après avoir passé courageusement les épreuves, on lui confie sa première mission qui consiste à aller chercher le fils du duc de Lancaster qui a été pris par le Shole alors qu’il visitait un petit village, un an plus tôt. A ce jour, personne n’a pu le faire revenir et Crafty apprend par la même occasion que son père est l’un des derniers agents à être parti pour le récupérer et qu’il n’est pas encore rentré. La charge est énorme et très périlleuse pour le novice qu’il est, le Shole s’étend un peu plus chaque jour, peuplé de créatures terrifiantes, mais Crafty se fait la promesse de retrouver l’un et l’autre…

J’ai beaucoup aimé la saga de l’Epouvanteur de Joseph Delaney, dès le premier tome, et j’espérais retrouver un peu de cet engouement dans cette nouvelle série, avec une quatrième de couverture prometteuse, contant un brouillard avide de transformer les humains en des créatures monstrueuses, les Aberrations, et un mystérieux complot au sein de la guilde du château. Mais… le charme n’a pas agi ! J’ai trouvé le scénario confus et je ne me suis pas attachée aux personnages, même si le jeune Crafty ressemble beaucoup à l’apprenti John Ward de l’Epouvanteur.
Je ne pense pas lire la suite.
Attention, ce livre n’est pas à donner à n’importe quel jeune lecteur. Joseph Delaney sait très bien décrire les monstres et donner la chair de poule…

 

La résurrection de l’Epouvanteur


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
Thème : Créatures maléfiques

 


La résurrection de l’Epouvanteur
Tome XV
Joseph Delaney

 

A la frontière nord, des milliers de Kobalos attendent pour exterminer les humains et depuis que le Malin est mort, ces créatures à demi loups à demi hommes sont la plus grande menace du Comté. Tom Ward, devenu épouvanteur à la mort de son mentor John Gregory, a été défié devant l’un des grands princes de la caste dirigeante, le prince Stanislaw de Polyznia, dans un duel à mort par leur plus grand guerrier, Shaiksa. Mais au terme du combat, guerrier et épouvanteur finissent pas périr. Aucune magie de son épée Lame-Étoile ou de la sorcière Grimalkin n’a pu éviter la mort de Tom et c’est sur son enterrement que ce roman débute…

D’écrire que Tom ressuscite lors de la cérémonie n’est pas une grande révélation car ce nouveau tome porte le titre « La résurrection ». Sous le regard de Grimalkin et de la jeune Jenny, la nouvelle apprentie, le corps de Tom sort de terre pour léviter dans le ciel. Un ange affilié à l’obscur par le mage Lukraste lui redonne vie. Cette « renaissance » sert les desseins de plusieurs personnes qui ont pour objectif de faire la guerre aux envahisseurs. C’est Jenny qui narre dans le cahier de Tom, la résurrection, et qui décrit la surprise et la peur de Grimalkin face à cette puissante magie noire. Elle apprend aussi que son maître n’est pas seulement le septième fils d’un septième fils, mais qu’il est également le fils d’une lamia, ce qui permet à son sang de se régénérer plus vite.

Dans le chapitre suivant, Tom reprend la plume pour nous raconter l’histoire. Invités au château du prince Stanislaw, Grimalkin, Jenny et lui apprennent par le fantôme d’un ancien mage Kobalos que le plus haut des donjons cache le passage pour accéder au portail du domaine de Talkus, un dieu en gestation qui sera plus fort que les anciens dieux, plus fort que Golgoth. La genèse de sa création remonte aux temps où dans la cité de Valkarky, les Hauts Mages d’un Triumvirat avaient comploté et imaginé d’éradiquer toute trace humaine.
Il revient alors à nos héros de résister, survivre, repousser et peut-être vaincre l’ennemi.

Plus sombre et plus sanglante que les autres histoires rapportées précédemment, le lecteur est néanmoins soulagé de retrouver Tom. Nous retrouvons également Alice qui réapparaît pour les aider dans le combat. Toujours sorcière, elle a su concilier ses deux personnalités sorties de l’obscur et de la lumière en se vouant au dieu Pan.
A tour de rôle, Tom et Jenny racontent leurs visions du chaos. A dix-sept ans, l’Epouvanteur, valeureux et preux, a bien du mal à se remémorer les préceptes un peu dépassés de John Gregory. Pris dans l’action, il compose en fonction, plus puissant et déterminé qu’avant. Quant à Jenny, elle est la novice qui découvre tout un monde cauchemardesque et apocalyptique, fait de monstres, de démons et de magie. Elle aussi n’est pas épargnée, mais elle en ressort plus énergique et courageuse.
Dans le final, l’auteur n’épargne pas son lecteur qui, en quatorze tome, a forgé de la sympathie et de l’affection pour certains personnages. Hélas… dans toute bataille, de belles âmes s’éteignent…
Une saga captivante que je recommande mais qui n’est pas pour les lecteurs un peu craintifs et trop jeunes. Les tomes ont des scénarios de différentes envergures, mais l’écriture est toujours de qualité. Tout se terminera dans le prochain tome, le seizième, avec « L’héritage de l’Epouvanteur »…

 

 

 

La team Sherlock, le mystère Moriarty

logo petit-bac-2019
Polars avec Sharon

Petit Bac d’Enna, catégorie prénom

 

 

La team Sherlock
Le mystère Moriarty
Stéphane Tamaillon

 

Célandine, Haruko et Alejandro se rencontrent pour la première fois le jour de leur rentrée en sixième, à l’école internationale du Comte de Phénix de Meiringen, un établissement très sélect fondé en 1765, en Suisse. Internes dans l’établissement, ils vont très rapidement se lier d’amitié pour affronter ensemble le pensionnat, malgré leurs personnalités et origines différentes. Leur solidarité va être sollicitée lorsqu’ils vont être confrontés à des évènements étranges liés à la disparition d’un élève, puis d’un deuxième. Si la police pense à des kidnappings avec demande de rançon, de leur côté, les trois amis soupçonnent quelqu’un de l’école d’être à l’origine de ces enlèvements. Certains professeurs ont des comportements étranges et Watson le bibliothécaire devient leur premier suspect.
En menant leur enquête, ils s’aperçoivent que les nuits sont le théâtre de mystérieuses activités, et c’est lors d’une investigation nocturne que Célandine devient le témoin d’un phénomène très effrayant. Un spectre en décomposition s’en prend à l’une de leur camarade, Eve, en lui aspirant toute son énergie, son fluide vital.
L’affaire prend alors une dimension fantastique et la team Sherlock, du nom qu’ils se sont donnés, va courageusement affronter un terrible personnage, un être démoniaque venu du passé…

Cette histoire qui fait référence au célèbre détective Sherlock Holmes, nous rappelle également d’autres lectures comme la saga des Harry Potter. Les jeunes lecteurs (à partir de 8 ans) apprécieront certainement de se retrouver dans une ambiance mystérieuse pour découvrir qui se cache derrière ces évènements surnaturels, et de s’imaginer être l’un de nos trois héros.
Ésotérisme, alchimie, pierre philosophale, sont des thématiques très fascinantes. Et quand elles s’associent à amitié, solidarité, énigmes, aventures, adolescence et indépendance, d’autres mots-clés bien tentants, cela engendre un sympathique roman.
A suivre !

 

Épisode Granada, Holmes et Moriarty devant les chutes

 

 

 

Petit vampire et la maison qui avait l’air normale


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
et Mercredi BD chez Moka

 

 

Petit Vampire
et la maison qui avait l’air normale
Tome 4
Joann Sfar

 

Petit Vampire voit dans les bois une maison qui semble au premier coup d’œil, « normale ». Mais… à l’intérieur, il rencontre une créature verte tenue prisonnière qu’il va appeler Chaipas. Car quand il lui demande son nom, l’autre lui répond chaipas. Lorsqu’il lui demande ce qu’il fait ici, la réponse est chaipas. Et quand il découvre des monticules de crânes et les automates d’un homme et une femme mis en scène dans un semblant de normalité, le petit monstre qui ressemble à une pieuvre dit… chaipas !
Pour comprendre ce qu’il se passe, Petit Vampire et Chaipas montent à l’étage. Dans une pièce, tout un attirail de machines avec leviers, de tubes, de pistons en action, de bocaux en ébullition, forment un sacré bazar ! Intrigués par leur découverte, ils font la bêtise d’actionner une manette qui les propulse dans un monde encore plus étrange, où d’autres créatures pas très sympathiques s’entretuent.
Mais c’est quoi ce cirque ? dans quel univers sont-ils tombés ? De caverne en caverne ou d’oubliette en oubliette, Petit Vampire et Chaipas vont rencontrer un monstre qui va tout leur expliquer. Leur monde est le ménisque, une dimension située entre l’air et l’eau. Il fut un temps où les différentes créatures qui le peuplaient, vivaient en bonne harmonie, puis un jour, des Terriens sont venus entreposer des armes et tout a changé.

Ce n’est que dans la moitié de l’album que l’histoire prend un sens. On lit frontières, identités, djihad, peuples du dessous, peuples du dessus et guerres. Petit Vampire va faire le triste constat que les Terriens ont amené la violence et que depuis, les sentiments guerriers sont exacerbés, sans solidarité et sans paix.
Il va falloir trouver une issue…

Je commence mon incursion dans la série du Petit Vampire avec ce quatrième tome qui je pense ne doit pas être le plus facile ! J’ai dû relire l’album plusieurs fois pour arriver à le comprendre et à l’apprécier. Farfelu, fantastique, fouillis, dense, noir, le scénario aborde une réflexion assez réelle sur les hostilités et les affrontements entre communautés. Le tous ennemis mène à une perspective très pessimiste sur notre société, notre planète.
Quant aux dessins, il faut aimer le crayon de l’auteur, et moi, j’aime beaucoup.
Une lecture pas évidente, mais à noter !

 

 

 

Fils de sorcières

Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde

 

 

Fils de sorcières
Pierre Bottero

Jean est un petit garçon de dix ans qui vit entouré de femmes, mais des femmes d’un genre tout à fait exceptionnel. Sa grand-mère, sa mère, sa petite sœur et ses tantes sont des sorcières ! Cette particularité génétique ne se transmet qu’aux filles et il est bien difficile aux hommes de la famille de s’intégrer s’ils refusent la magie. Le père de Jean n’a pu le supporter et il est parti un jour quand son fils avait cinq ans. Sans retour, sans nouvelles, Jean n’a de lui qu’une photo où il pose heureux aux côtés de sa mère.

C’est la fin des grandes vacances et il compte bien en profiter avec son copain Baptiste, mais sa mère doit partir sur Paris où elle a rendez-vous avec ses quatre sœurs. C’est donc là-bas que tout va se gâter… Un buveur de magie rôde et vampirise ses tantes en les transformant en poupée. Sa mère qui essaie sans succès de le combattre, va être à son tour sa victime, laissant ainsi Jean et Lisa, sa petite sœur de deux ans et demi, seuls pour le retrouver et retourner les sortilèges.

Que peuvent faire deux enfants ? Pas grand chose, et Jean ne souhaite pas avertir ses grand-parents pour ne pas les inquiéter. Lorsqu’il sort la photo de ses parents pour se donner du courage, il songe alors que son père qui semblait si amoureux, pourrait leur venir en aide…

C’est Jean qui raconte son histoire avec toute la candeur d’un enfant de son âge. Mais même s’il est prêt à combattre des dragons tout seul pour sa maman, il a conscience qu’il n’est qu’un enfant et qu’il a besoin d’un adulte pour mener à bien sa quête. Sans rancune et avec beaucoup d’amour, sa première pensée va vers son père.
Une histoire tendre, une histoire marrante, une histoire un peu effrayante car le buveur de magie ressemble aux monstres de nos cauchemars d’enfant, l’écriture de Pierre Bottero est toujours un plaisir de lecture…

 

 

 

 

La fiancée du fantôme


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Lecture commune avec Isabelle

 

 

La fiancée du fantôme
Malika Ferdjoukh
Illustrations d’Edith


Composée de son père, son grand-père, sa cousine Olivia et sa préceptrice Miss Noah, la famille d’Horace March, un petit garçon de neuf ans, quitte Londres pour les contrées rudes et sauvages du centre de l’Écosse, où Forest Lodge, une demeure aussi imposante qu’un château, les attend…

Après un long voyage en diligence sur les routes pierreuses, avec des cieux tourmentés et le temps glacial de l’automne, ils arrivent et sont accueillis chaleureusement par la gouvernante. Imposant et sinistre de nuit, hanté par des bruits étranges et des déplacements d’air, le lendemain, tous découvrent les charmes du manoir et Horace, les avantages de la campagne qu’il ne tarde pas à arpenter en compagnie du jeune Jim, le fils de l’aubergiste du coin.
C’est ce dernier qui lui raconte la tragique histoire de l’ancien propriétaire Lord Aloysius Mac Bligh, mort de désespoir il y a une centaine d’années, pour ne pas avoir pu épouser celle qu’il aimait, la douce Livia. Leur promenade aboutissant au cimetière, Jim mène Horace voir la tombe de la jeune fille, une sépulture sans corps car elle avait été tenue prisonnière par son père à Londres. C’est Lord Aloysius qui avait fait ériger cette stèle en sa mémoire, lui promettant qu’un jour, ils seraient réunis. En regardant bien la photographie de Livia, Horace a une surprise car entre elle et sa cousine Olivia, il y a une grande ressemblance.

Ainsi commence l’histoire qui dès le début dévoile son intrigue car vous l’aurez compris, Livia et Olivia partagent bien plus. Et si tout semble si évident, la fin cependant pourrait surprendre quelques petits lecteurs et les effrayer. Le bonheur des uns fera la tristesse des autres.
Un sympathique petit livre !

 

 

 

 

Le buveur d’encre


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Un autre titre de la série chez Blandine

 

Le buveur d’encre
Texte d’Eric Sanvoisin
Illustrations de Martin Matje

 

Avec un père libraire, on pense forcément que Odilon est bien servi et qu’il aime lire. Mais en fait c’est tout le contraire ! De voir son père le nez toujours plongé dans un livre, l’agace secrètement car il ne le comprend pas. Des livres, il y en a partout ! dans la boutique et dans la maison. Il le voit leur parler comme si c’était des copains et le pire, c’est quand de sa cachette, il voit les clients faire pareil. Ils les prennent, les reposent, les reprennent, ils les sentent, tendrement, amoureusement…
Puis un jour durant les vacances, alors qu’il aide à la boutique en tant que surveillant, il voit venir un étrange bonhomme. Celui-ci n’a pas l’air de marcher, mais plutôt de planer ! Et chose encore plus surprenante, encore plus que les autres lecteurs, il le voit rentrer une paille dans un livre pour le boire, le vider de toute sa substance.
En le suivant discrètement, Odilon se rend dans un cimetière, puis descend dans la crypte d’un mausolée en forme de bouteille d’encre. Qui est-il et serait-il dangereux de le suivre jusqu’en bas ? Au risque de ne plus en remonter, poussé par la curiosité, Odilon s’aventure dans l’antre de ce buveur de mots… 

Cette petite histoire joliment illustrée s’adresse aussi bien aux amoureux des livres qu’à ceux qui les fuient. Le buveur d’encre est un vampire qui suite à des problèmes gastriques, se voit obliger de s’alimenter en encre et non en sang. Les livres sont alors pour lui des réserves inépuisables ! Odilon va en faire l’expérience et découvrir à son tour les mondes fantastiques et gourmands des livres. Il suffit d’une fois pour être contaminé et il lui sera par la suite difficile d’étancher sa soif, cette sensation que tout grand lecteur connaît.
« … manger des phrases, croquer des paragraphes. » Les livres s’offrent au lecteur qui les dévore, il pénètre les lignes et vit les histoires…

Un livre et une série à recommander !

 

 

 

Esprit, es-tu là ?


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde

 

Esprit es-tu là ?
Le fantôme de la bibliothèque

Elizabeth Cody Kimmel

 

Kate découvre pour ses treize ans qu’elle a le même pouvoir que sa mère médium ; elle arrive à voir les fantômes et à communiquer avec eux.
Dans leur nouvelle maison, elle n’ose plus inviter des copines depuis le jour où Vanessa, la fille la plus populaire du collège, a fui, poussée par les cris et les gémissements d’esprits en dérive.
Se sentant plus que jamais seule, inquiète de ce que pourrait raconter Vanessa auprès des filles satellites qui gravitent autour d’elle, Kate se rapproche d’une nouvelle élève qui transporte partout avec elle un violoncelle, plus grand et plus gros qu’elle !
Jac est une petite rouquine bien sympa, qui sous une allure classique de fille sage est moins timide et plus frondeuse que Kate. Très vite, toutes deux tissent des liens d’amitié, se confient leurs secrets et se rebaptisent Maestra et Mama Vaudou, suite à une manifestation surnaturelle dans la bibliothèque du collège.
Alors que toutes deux sont entrain de potasser des livres pour un devoir en commun, elles ont la surprise de voir un livre tomber au sol, comme expulser des rayonnages. Pas une, mais deux fois, car aussitôt rangé à sa place, le livre s’extrait à nouveau.
Ce livre est un album photos des anciennes classes de 1960. Autre génération, le vintage avec les coiffures « choucroute », « coupe en brosse » et les lunettes « papillon » les amusent sur l’instant, mais très vite l’atmosphère change en devenant plus solennelle. Les pages se tournent pour s’ouvrir sur le portrait d’une fille de dix-sept ans, Suzanne Bennis, décédée cette même année. Elle pose figée avec une flûte traversière ; deux tresses qui encadrent son visage translucide et un regard fixe. En mémoire de Suzanne Bennis… elle n’a même pas terminée son année scolaire.
Après le livre, c’est l’apparition de Suzanne qui se matérialise devant Kate. Son fantôme, triste et silencieux a besoin d’elle…
Maestra et Mama Vaudou vont faire des recherches sur cette fille étrange et tout faire pour l’aider à retrouver la sérénité.
Que c’est-il passé au collège en 1960 ?

« Esprit, es-tu là ? » est le premier tome d’une série qui raconte les aventures surnaturelles des deux amies, Kate et Jac. Dans un style simple et imagé adapté pour les jeunes enfants du primaire, l’auteur donne la plume à son héroïne qui nous raconte une histoire divertissante et attendrissante. Aux problèmes de l’adolescence, des amitiés au collège et de l’intégration, il y a ceux des fantômes.
Je recommande donc ce livre bien sympathique…

 

Une photo prise sur le site de l’artiste, Delfine Ferré