La muraille de lave

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« Petit BAC » d’Enna

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La cité des jarres, T1 –  La femme en vert, T2 – La voix, T3 L’homme du lac, T4
Hiver Arctique, T5Hypothermie, T6La rivière noire, T7

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la muraille de laveLa muraille de lave
Arnaldur Indridason

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Dans le plus noir des enfers sur terre que peuvent être les souvenirs,
Un homme prépare « le masque infernal » ; un étau de cuir prend la tête, un poinçon intérieur perce le crâne. Une mémoire d’horreurs se matérialise un jour et devient une obsession, après des années à tenter d’oublier dans l’alcool et les drogues, une enfance détruite. Il a retrouvé son tortionnaire, il peut enfin se venger.

Ailleurs, mais pas si loin…
Sigurdur Oli s’est séparé de Bergthora et vit seul à présent avec ses pensées qui ne sont plus aussi ordonnées qu’avant. Lorsqu’il voit ses anciens camarades devenus médecins, avocats, ingénieurs, banquiers, il éprouve une légère vexation, presque une humiliation. Il est temps pour lui de tout remettre en question.
Son amour propre est flatté le jour où l’un de ses vieux camarades vient le voir pour une affaire délicate. Pour avoir participé à une soirée entrecôte, son frère a reçu une lettre de chantage.  Dans ce cas présent, la soirée entrecôte n’est pas un banal repas entre amis autour d’un morceau de bœuf, mais une soirée échangiste.
En dehors de son service, Singurdur se rend chez Léna qui a les photos compromettantes, mais sur place, il trouve la femme gravement blessée. Serait-ce un règlement de compte ?
Bien obligé de poursuivre l’enquête discrètement, en parallèle de celle de ses collègues, Sigurdur pénètre une société concupiscente, avide de pouvoirs et de sexe. L’argent est un moteur qui anime ce monde financier, sans honte ni contrition. Ça copine et ça étend ses relations, comme une pieuvre le ferait de ses tentacules, ça intimide, ça extorque, ça blanchit de l’argent et ça tue.
Remontant ainsi les arcanes de la Banque centrale, dite la muraille de lave, Sigurdur est confronté à une Islande loin de ses traditions, en pleine crise financière… (wiki)

Andrès fait parvenir à Sigurdur Oli un film, atroce témoignage d’une ignominie. Andrès est ce petit garçon qui un jour a eu son innocence bafouée et senti sa vie partir en poussière. Andrès traîne son mal être dans une carcasse usée et veut rendre sa justice…
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Huitième de la série, nous ne retrouvons pas Erlendur qui est parti à l’est pour quelques jours, vers les fjords, laissant Sigurdur Oli et Elinborg, ses deux inspecteurs-assistants.

Ce tome a pour enquêteur Sigurdur Oli, un homme qui semblait se tenir en retrait des déboires de son supérieur et qui abordait souvent une moue de dédain. Si on devait le définir, il en ressortirait qu’il est snob et sans compassion. Dans cet épisode, l’inspecteur a des problèmes personnels qui le mèneront à une introspection et le rendront plus tolérant. Indridason mêle cela à l’histoire, lestant un peu plus l’ambiance.
Contrariant sa hiérarchie, Sigurdur fait cavalier seul et essaie de dénouer les fils des intrigues qui se cumulent. Le justicier est partout à vouloir rendre service à une amie de sa mère, élucider un meurtre, recevoir la confession d’un malheureux qui a subi enfant les sévices d’un pédophile, démonter les secrets d’une corporation corrompue et bien malgré lui, subir les aveux adultères de ses amis. Les sujets abordés dans ce tome sont nombreux, ils se compriment et se déversent vers la fin dans un dénouement amer. C’est contemporain, ça raconte une faillite économique, humaine, une violence froide et la perte de tous les repères moraux et constitutionnels.

Je ne sais pas où veut nous mener Indridason, mais je ne souhaite qu’une chose, retrouver Erlendur, en paix avec le fantôme de son passé.
Une série à recommander !

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D’autres billets chez Dasola, Sharon,

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Photo prise « ici »

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La rivière noire – Tome VII

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« Thrillers et polars » de Liliba

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La cité des jarres, Tome ILa voix, Tome IIIL’homme du lac, Tome IV
Hiver Arctique, Tome VHypothermie, Tome VI

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la rivière noireLa rivière noire
Arnaldur Indridason

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Reykjavik,

Un prédateur organise dans les détails sa soirée. Il repère sa proie de loin, calcule les risques, s’approche et ferre en quelques mots polis, désuets et timides, sa victime. Il ne cherche pas à la charmer, il veut simplement la rassurer. Elle se sent en confiance, elle est piégée.

L’inspecteur Erlendur est parti en vacances quelques jours, à l’est, vers les fjords. Il faut espérer que là-bas, il trouvera la sérénité et le pardon qu’il recherche depuis la mort de son frère lorsqu’il était petit.
C’est sa collègue l’inspecteur Elinborg qui est appelée sur les lieux d’un crime. Là-bas, elle retrouve le troisième de l’équipe, Sigurdur Oli.
La zone est périmétrée par la police scientifique qui lui rapporte les premiers constats. La scène est sanglante, le mort, un jeune homme d’une trentaine d’années, a été égorgé et baigne dans son sang. Il est vêtu d’un tee-shirt féminin et son pantalon est baissé jusqu’aux chevilles. Au premier coup d’œil, il n’y a pas d’équivoque sur son activité, juste avant le meurtre.
En fouillant ses affaires, on retrouve dans la poche de sa veste, des pilules de Rohypnol, la drogue du violeur. Aussitôt, Elinborg songe à des affaires passées et aux jeunes filles abusées. Elles n’ont plus de mémoire mais sont conscientes de leur drame. Le Rohypnol est une substance qui n’est plus décelable après quelques heures. Il n’y a donc plus de preuve pour étayer l’outrage subi, au moment de la plainte.
Une femme était là. Elle a laissé son étole de laine dans la chambre. Une étoffe, au sol, chiffonnée, qui sent le parfum, le tabac et le tandoori. Aurait-elle fait justice ?

Pour commencer l’enquête, Elinborg va quadriller le quartier, interroger les voisins, se rendre dans les bars, les clubs de sport, les lieux que Runolfur fréquentaient. Elle va fouiller son passé et partir dans son petit village natal, un petit port de pêche islandais bien éloigné de la ville, recouvert de neige. Elle interrogera la mère, une femme rude, sévère, quelques personnes qui l’ont bien connu et Valdimar son ami d’enfance.
Ce coin d’Islande est âpre et taiseux, de plus en plus déserté…
Petit à petit, la personnalité de Runolfur se révèle dans les pensées d’Elinborg…

Septième roman de la série avec l’inspecteur Erlendur, l’auteur a accordé à son héros quelques jours de repos, pour appréhender les ombres de son passé.
C’est sa coéquipière et subalterne, qui prend les commandes de l’enquête. Nous avions lu dans les épisodes précédents que Elinborg avait une famille et qu’elle avait pour passion la cuisine, au point d’en écrire un livre avec de très belles photographies. Dans ce tome, nous faisons connaissance avec eux, son mari Teddi, mécanicien, et ses trois enfants, dont un adolescent, Valthor, qui cherche son indépendance et s’éloigne du giron maternel. Son cas inquiète Elinborg qui est partagé entre sa vie professionnelle et sa vie familiale. Le bon équilibre est difficile, surtout lorsqu’elle doit s’absenter pour plusieurs jours et garder le silence sur son quotidien. Son travail est de plus en plus dur et la criminalité est plus intense.
Dès le début, l’auteur ouvre une parenthèse sur ses deux collègues masculins. Apparemment, Elinborg est un peu désespérée du cas de Sigurdur Oli. Ses enfants ont remarqué qu’elle secouait la tête lorsqu’elle parlait de lui… quant à Erlendur, si elle le trouve solitaire, secret, et mauvais père, elle admet qu’il a des qualités d’enquêteur hors pair et lui voue une franche admiration.
Un violeur s’est fait assassiner. Le mobile ressemble à une vengeance. Dans cette histoire, il n’y a point de compassion pour le mort. Les investigations nous transportent d’une Reykjavik animée à un univers « figé dans l’espace et le temps ». J’avais des images glacées et bleutées. A travers cette enquête, c’est tout le système et le comportement de la société qui sont montrés du doigt. Il semblerait que la justice soit indolente sur ce genre d’affaire…
Elinborg est une enquêtrice douce et patiente, mais aussi sans complaisance. Elle paraît rassurante et maternelle. Sa nature sympathique m’a fait oublier Erlendur et ses tourments. Une série avec elle me plairait bien. Je ne vous ai pas parlé de sa fille de onze ans, Théodora. Elle est adorable, douée dans ses études et toujours de bons conseils pour sa mère. J’aimerais la retrouver dans d’autres livres.

Une très bonne lecture, sans déception pour ne pas avoir retrouvé notre inspecteur Erlendur.

Des billets chez Somaja,

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Jóhannes Sveinsson Kjarval
Jóhannes Sveinsson Kjarvalo
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Hypothermie – Tome VI

Reprise de nos lectures communes avec Sharon et Lasardine,
Défi de Mia et Challenge Summer PAL de Bleue et Violette
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La cité des jarres, Tome ILa voix, Tome IIIL’homme du lac, Tome IV
Hiver Arctique, Tome V

Hypothermie
Arnaldur Indridason

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Reykjavik, Thingvellir…

En une semaine, on a retrouvé deux suicidés.
L’inspecteur Erlendur ne pense pas que, pour l’un des deux, la cause soit celle que l’on ait avancée pour clore le dossier. Ce n’est certainement pas la morosité automnale qui a fait succomber cette femme…

On quitte Reykjavik, on traverse la lande de Mosfell, la montagne de Grimannsfell est à droite, celle de Skalafell est à gauche, on dépasse la route qui mène vers Vindashild, on longe Kerlingarhraun en continuant sur Uxahryggir et sur la vallée de Kaldadalur. La vallée de Lundarreykdalur est très belle avec le fjord de Borgarfjördur et le lac de Sandkluftavatn. Puis vous arrivez à Thingvellir… (Ca va ? vous n’êtes pas perdu ? J’ai noté ces lieux pour le plaisir de vous entendre les lire… Faisons honneur à l’auteur qui nous offre une balade…)

Karen a retrouvé son amie Maria pendue à une poutre dans son chalet. Malgré les faits irrécusables, elle se refuse à comprendre ce suicide. Le mari ? Effondré, ahuri, perdu dans ce maelström inconcevable.
Comment était sa femme dernièrement ? Lui paraissait-elle tourmentée, apeurée, asthénique ? S’étaient-ils disputés ? Souffrait-elle ? Etait-elle déprimée ?… Non, non et non ! Ou plutôt… si… La mort de sa mère l’avait désespérée. Elle était très liée à Leonora qui est morte d’un cancer. Leur relation était fusionnelle. Elles parlaient souvent de la vie après la mort, des messages que les défunts laissaient parfois, des manifestations spectrales, du couloir que l’on parcourt après le trépas et de la petite lueur qui accompagne l’esprit.

Le dossier est archivé, le corps est incinéré, mais Erlendur reste sceptique. La cassette que lui apporte Karen, lui donne le prétexte qu’il cherchait pour reprendre l’affaire. La bande sonore est un témoignage post-mortem. Maria voyait un médium qui l’aidait dans son deuil et ils attendaient « un signe de l’au-delà ».

« – Vous croyez aux rêves ?
– Sauf votre respect, je ne suis pas sûr que cela vous regarde, rétorqua Erlendur.
Il était surpris de la fougue de cette femme. Cependant, il comprenait la nature de la force qui la poussait. (…)
– Et la vie après la mort ? risqua Karen.
Erlendur secoua la tête.
– Je ne sais pas ce que vous…
– Maria, elle y croyait. Elle croyait aux rêves, croyait qu’ils pouvaient dire quelque chose, la guider. Et elle croyait à la vie éternelle (…). »

Dans cette enquête, l’inspecteur Erlendur n’aura pas l’assistance de ses collègues, mais la voix de Maria qui, de son côté, cherche la spiritualité et le pardon. Elle n’était pas seulement orpheline d’une mère, mais aussi d’un père mort noyé. Il cheminera seul dans ses investigations et sera confronté à ses propres souvenirs prégnants… Sa mère continue de lui parler… « Tu as retrouvé ton frère ? »… « Tu crois qu’on saura un jour ? »

Les fonds des lacs sont des coffres à secrets, c’est « ce qu’on murmure en Islande ». La glace est une hydre qui saisit, avale et ne rend que très rarement les cadavres. Alors, on les cherche, sans rémission, fiévreux de connaître la destinée de ceux qui nous fuient. Mari, père, enfant ou frère, Erlendur sera le limier qui sondera les profondeurs.

Ici, l’automne rabat son vent d’ouest sur les terres. La fin de l’été soumet ses dépressions et certaines âmes rentrent en hypothermie.

J’ai beaucoup aimé ce volume des enquêtes d’Erlendur. L’homme dans cet épisode est solitaire. Ce n’est pas qu’il soit abandonné des siens ou isolé, non, il souhaite son indépendance et s’investit pleinement dans ses recherches… Par le biais d’un enregistrement, il va décrypter les paroles de la défunte et dénouer une mascarade. De plus,  entre quelques chapitres, on vit les derniers jours de Maria. L’auteur raconte ses divagations, sa quête spirituelle et les étranges apparitions qui se manifestent.
Erlendur sera baladé… du pasteur, au médium, du mari au reste de la famille, des années estudiantines aux camarades dispersés au fil du temps… d’un fantôme à un autre… tous leurs aveux contribueront à l’épilogue. Mais le ou les fautifs seront-ils punis ?
Entre ses enquêtes, pour Maria et celles pour un père, qui avant de mourir, désire savoir où est son fils disparu, Erlendur reçoit la visite de ses enfants. Ils lui demandent de revoir son ex-femme Halldora pour clore leur situation, d’une manière civilisée. Eva Lind, sa fille, joue les médiatrices et pense guérir ainsi, de sa dépendance à la drogue.
Le pardon… ne doit-on pas se pardonner pour avancer ? Les remords sont des crabes qui rongent le corps et l’esprit. Alors, il serait bon que notre inspecteur parte sur les chemins de son passé, retrouver son fantôme.

« Debout devant la maison abandonnée qui avait autrefois été son foyer, il levait les yeux vers Hardskafi. On ne distinguait qu’imparfaitement les contours de la montagne à cause du brouillard givrant qui descendait toujours plus bas sur les flancs du fjord. Chaudement vêtu, il avait pris ses vieilles chaussures de marche, son pantalon imperméable et son épaisse veste d’hiver. Il fixa longuement les flancs de la montagne, silencieux et grave, avant de se mettre en route, à pied, avec sa canne de randonneur et son petit sac à dos. Il avançait à grand pas, cerné par le silence de la nature qui s’était endormie pour l’hiver. Bientôt, il avait disparu dans la brume glaciale. »

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Les billets des lectures communes
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Sharon : Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4Tome 5Tome 6

Autres billets chez Somaja,
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Hiver arctique – Tome V

Lecture commune avec Lasardine et Sharon
Challenge Summer PAL de Bleue et Violette

La cité des Jarres, Tome I
La voix, Tome III
L’homme du lac, Tome IV

Hiver Arctique
Arnaldur Indridason

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Un enfant poignardé gît sur le sol glacé et enneigé. Il s’appelait Elias, avait dix ans, était thaïlandais ; il voulait devenir paléontologue.

Encerclés par des tours dressées en remparts, immeubles bétonnés, vétustes, inhumains, Erlendur et son équipe contemplent le petit corps sans vie. Le commissaire le recouvre de son manteau, le petit va avoir froid… oui, Erlendur, mais il est mort.

Par où commencer ?
La famille… La mère, Sunee, thaïlandaise, immigrée, venue s’installer en Islande après son mariage. A dévoilé, un peu tardivement à son mari, qu’elle avait déjà un enfant, Niram. Ils ont eu Elias, cinq ans de différence avec son demi-frère. Divorce. Sunee essaie d’élever seule ses enfants. Aurait peut-être un nouveau compagnon.
Il faut questionner le père ex-mari, l’ex-belle-mère, le frère de Sunee et Niram.
L’école et le milieu enseignant… Stupéfaction pour tout le monde. Le pauvre petit Elias était si gentil, si intelligent ! Un des professeurs, Kjartan, tient des propos un peu extrémistes. Après vérifications, il aurait été un membre d’un groupuscule, les Pères de l’Islande.
« – J’avais dix-huit ans, c’était une erreur de jeunesse, vous devez pouvoir imaginer ça… Des gamins qui veulent jouer aux hommes.
 – Je connais bon nombre de gamins de dix-huit ans qui seraient incapables d’épeler « République de Weimar ». »
Les copains, les élèves… Elias était sympa. Mais c’était un métis et son frère est un asiatique, un « bol de riz ». Il fait partie d’une bande et il vendrait de la drogue.
Les voisins, un voisin… Une famille charmante. Le petit était très mignon.

Les pistes sont multiples, elles s’orientent vers un crime raciste, vers les milieux p*dophiles et vers une guerre des gangs. Erlendur, Sigurdur Oli et Elinborg sont écartelés, chacun mène sa croisade suivant leur tempérament, leur inspiration et les quelques indices glanés.

Le vent est glacial, Erlendur est mélancolique, le temps passe et lui, passe à côté de la vie. Son ancienne supérieure et amie, Marion Briem, a été hospitalisée, son état est alarmant. Il reste encore près d’elle, petite femme desséchée, solitaire et agonisante, il lui lit des histoires et lui raconte son enquête, une dernière fois.
Il repense encore et toujours à ce frère disparu, Bergur, à cette maison familiale dans l’est du pays, délabrée et « terrifiante ». Un jour, il faudra qu’il y retourne… Sa fille Eva Lind et son fils Sindri le souhaitent, ils sont prêts à remuer la glace, la boue des marécages, à sonder le nid de la rivière, pour retrouver le fantôme de cet oncle et l’âme de leur père.
Le ciel est bas, janvier soupire. Le soir, il reçoit des appels téléphoniques d’une femme désespérée. Entre deux mots trop brefs, trop saccadés, étouffés de sanglots, elle cherche un réconfort. Qui est-elle ? Serait-ce cette disparue qui a fuit le domicile conjugal, un jour de désespoir ?
Erlendur est épuisé, mais justice doit être faite. Un petit garçon attend.

Cinquième enquête du commissaire Erlendur, ces lectures sont devenues des rencontres très attendues. Celle-ci fut comme les autres, très intéressante, même si elle fut moins trépidante. Dans ce tome, on retrouve beaucoup de personnes en souffrance, traversées par des doutes et des fêlures du passé. En conclusion, j’écrirai un extrait tiré du livre.
Erlendur pose une question à la maman d’Elias après les obsèques…
« – Vous n’avez pas versé de larmes, avait observé Erlendur.
– J’ai assez pleuré, avait répondu Sunee. Je ne voudrais pas qu’il s’inquiète trop, sinon, ce sera bien plus difficile pour lui de rejoindre le ciel. Cela lui compliquera la tâche s’il doit nager à travers mes larmes. »
 Monsieur Erlendur, nous vous laissons réfléchir sur cela !

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Peinture de style thaïlandais

Billets de la lecture commune chez Sharon et Lasardine

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L’homme du lac – Tome IV

Lecture commune avec Sharon et Lasardine
Suite des enquêtes du commissaire islandais Erlendur Sveinsson

La cité des Jarres, tome I
La voix, Tome III
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L’homme du lac
Arnaldur Indridason

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En faisant des relevés de mesures hydrauliques, une scientifique de la Compagnie de Distribution d’Énergie trouve un squelette enseveli dans les fonds limoneux du lac Kleifarvatn. Aussitôt, elle appelle la police. On charge l’équipe du commissaire Erlendur de cette enquête…

Suite à un tremblement de terre, des fissures lézardent le fond du lac. L’eau s’échappe par les failles, l’asséchant très rapidement. Dans cette terre argileuse, toute la moitié ancrée d’un squelette ressort, le crâne fendu ou troué, le corps attaché à un émetteur radio.

1. Ce n’est pas un accident.
2. Qui est cet homme de trente-cinq/quarante ans ?
3. Le crime a-t-il une relation avec l’émetteur radio d’origine russe ?
4. Depuis combien de temps hante-t-il les fonds sablonneux ?
5. Sa disparition a-t-elle été signalée ?

C’est son ancienne collègue et supérieure, Marion Briem, qui l’oriente vers la piste éventuelle du temps de « la guerre froide », des histoires d’espionnage des années soixante et de l’enrôlement des jeunes étudiants Islandais.

L’histoire est ponctuée par les souvenirs de Tomas… étudiant islandais venu à Berlin et à Leipzig faire ses études ; ses amitiés, ses idées politiques et utopiques, la découverte de l’amour avec Ilona une hongroise, ses désirs, son désenchantement, ses appréhensions, ses peurs et l’anéantissement de ses rêves.
On parle de la police secrète allemande, la stasi, de surveillance permanente, de délation, de la scission entre l’Est et l’Ouest et d’un début, une esquisse, d’émancipation qui verra un dénouement en 1989.
L’évocation de son passé dévoile peu à peu l’intrigue, nous laissant supposer des scénarios et mener l’enquête en parallèle de celle d’Erlendur.

Entre les pages… Marion Briem, atteinte d’un mal incurable, survit sous oxygène. Elinborg fait éditer son livre de recettes de cuisine. Sigurdur Oli est harcelé au téléphone par un suicidaire. Eva Lind, la fille, est hospitalisée pour une énième cure de désintoxication. Sindri, le fils, demande l’hospitalité et essaie de comprendre le père absent, déserteur. Valgerdur, l’hypothétique amante, se questionne ; doit-elle quitter son mari ?… Quant à Erlendur, il revoit dans ses pensées les lieux de son enfance, la maison familiale délabrée, s’imaginant à la recherche de ce frère disparu, quarante ans plus tôt.
Tous sont présents, perdus, à la recherche d’un fantôme, d’un équilibre et d’une paix intérieure.

Quatrième livre avec le duo Indridason-Erlendur et toujours une immersion entière en Islande. Cette fois-ci, pas de neige ! Il y a même un barbecue chez Sigurdur Oli.
Le thème abordé est une parenthèse à la vie politique des pays de l’Est durant la guerre froide. Après les années 40, l’Union Soviétique établit son règne sur ces pays et étouffe tout mouvement insurrectionnel (Hongrie – 1956). Je me suis rappelée certains films d’espionnage comme « Espion, lève-toi » avec Lino Ventura, où je respirais l’angoisse, les doutes et les soupçons. C’est le seul reproche que je peux faire… je n’ai pas vécu tout cela dans ce livre. Mais peut-être que l’auteur l’a voulu ainsi. Je pense que le vrai sujet est la disparition d’un être aimé : Pour une femme de soixante-dix ans c’est le fiancé qui ne viendra jamais au rendez-vous, pour un fils et une fille, c’est le père absent qui a rejeté ses devoirs parentaux, pour un couple, c’est le bébé qui ne naîtra pas, pour un jeune étudiant fougueux et idéaliste, c’est la jeune hongroise enlevée un après-midi… pour un jeune garçon, c’est le petit frère qui s’est égaré dans la neige…
A travers cette histoire, c’est la quête obsessionnelle d’Erlendur qui transparaît.

Un bon livre qui m’incite à continuer l’aventure avec Sharon et Lasardine. Allons voir ce qu’elles en ont pensé…

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Peinture de Rebeyrolle – Paysage


Billets de la lecture commune chez Sharon, Lasardine
Autres billets chez Theoma,
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La voix – Tome III

Lecture commune avec Sharon et Lasardine
Un livre en moins de ma PAL ! Challenge de Leiloona


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La cité des Jarres, tome I

La voix
Arnaldur Indridason

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« Un imposant arbre de Noël trônait dans le hall et partout, il y avait des décorations, des sapins et des boules scintillantes. D’invisibles haut-parleurs entonnaient le Douce nuit, Sainte nuit… Erlendur balaya les flocons de son imperméable. Sigurdur Oli parcourut le hall du regard et repéra Elinborg à côté de l’ascenseur. Il donna un coup de coude à Erlendur et ils se dirigèrent vers elle. »

Dans un hôtel luxueux de Reyjavik, l’équipe de l’inspecteur Erlendur surplombe le cadavre d’un Père Noël. Le mort, Gudlaugur Egilsson, portier et homme à tout faire de l’hôtel, a été retrouvé criblé de coups de couteau dans sa chambre, petit cagibi du sous-sol. Costumé pour l’arbre de Noël des enfants, le pantalon baissé, il présente une posture grotesque et honteuse. Pourquoi, cet homme, qui d’après les témoignages de ses collègues, était doux, modeste et transparent, a été poignardé avec acharnement ?
L’inspecteur Erlendur, assisté de ses amis et collaborateurs, questionne tous les services du palace, cuisines, réception, femmes de chambre, et charge la division scientifique d’effectuer des prélèvements de salive sur toutes les personnes susceptibles d’avoir côtoyé la victime… car le macchabée portait un préservatif…
D’interrogations en révélations, nous apprenons que Gudlaugur Egilsson, dans son enfance, avait été un jeune prodige du chant, une voix. Un son céleste, pur, rare, qui perce les souvenirs les plus secrets et renvoie à une intériorisation chargée de mélancolie, de désespoir et de culpabilité. Les drames, les vérités, les non-dits ressurgissent.
En cette époque de l’année, où la famille est célébrée, Erlendur s’isole, préférant mener son enquête sur les lieux du crime, et décide de demeurer à l’hôtel quelques nuits. Entre les murs d’une chambre impersonnelle et glaciale, enroulé sur lui-même dans un édredon, il écoute la voix de l’enfant star, enregistrée sur un vieux vinyle collector.
« Les fêtes de Noël, c’est pour les gens qui sont heureux. »

En Islande, il fait très froid, il neige, tout paraît noir et petit, les âmes, les désirs, les rêves. Chaque être a son lot d’incertitude, de peur, de manque, de solitude et de regrets. Chaque être cherche l’absolution, la justice, la reconnaissance et l’amour.

J’ai beaucoup aimé ce troisième livre avec Erlendur. Nous rencontrons tous les personnages des romans précédents. Eva Lind, sobre depuis huit mois, très perturbée par la mort de son bébé, voudrait se réfugier auprès de son père car elle se sent prête à succomber à son vice. Elinborg qui suit un procès concernant la maltraitance d’un père envers son enfant et qui craint de se fourvoyer. Marion Briem, l’ancienne supérieure d’Erlendur, à la retraite mais toujours curieuse des affaires criminelles et donneuse de judicieux conseils…
L’auteur commence aussi à dévoiler des confidences sur Erlendur. Dans les autres livres, on se questionne sur son comportement assez secret, reclus et introverti, dans ce tome (faisant suite aussi au second), le sombre inspecteur continue de révéler à sa fille des mots, des images du passé. Il s’épanche et montre son humanité. Il semblerait qu’il soit décidé à surmonter certaines blessures dues à un drame familial et à remédier à sa solitude… La scientifique Valgerdur est une femme charmante…
Dans le courant du mois de mai, nous lirons le quatrième volume des enquêtes de l’inspecteur Erlendur et j’espère que certains trouveront la réconciliation et l’apaisement qu’ils aspirent.

Billets chez mes copines de lecture-commune… Sharon et Lasardine

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Peinture de Winslow Homer
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La Cité des Jarres – Tome I

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La cité des Jarres
Arnaldur Indridason

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La police criminelle de Reykjavik envoie son inspecteur Erlendur sur les lieux d’un crime. On a retrouvé le cadavre d’un vieux monsieur de soixante-dix ans, chez lui, dans son salon, mort d’un coup porté sur la tête. On suspecte un cendrier en pierre d’être l’arme.
La scène du meurtre est nette et sans désordre. Seul un mot bien calligraphié est posé en évidence… « Je suis lui. »
Assisté de son collègue Sigurdur Oli qui pense à un meurtre gratuit « bête et méchant » dans le style islandais, Erlendur va mener son enquête et fouiller le passé de ce paisible retraité.
« – N’avons-nous pas affaire à un meurtre typiquement islandais ?
– Hein ? répondit Erlendur, absorbé dans ses pensées.
– Un truc dégoûtant, gratuit et commis sans même essayer de le maquiller, de brouiller les pistes ou de dissimuler les preuves. »

Serait-ce un jeune garçon que les voisins ont croisé dernièrement ? Il avait une mine patibulaire, portait des treillis et des rangers. Un cambrioleur ? Un rôdeur ? Et cette photo ensevelie au fond du tiroir d’un bureau, représentant la stèle tombale d’un enfant ? Erlendur sait qu’elle est le début de l’énigme. Une histoire bien plus sombre qu’on pourrait le supposer.
Dehors, le vent glacial de l’automne crie. Le ciel est chargé de nuages noirs, gris, bleus, des couleurs de nuit précoce, de froid et de pluie. Caché dans son manteau, un chapeau rabattu sur les yeux, l’inspecteur parcourt différents lieux, Keflavik, Njardvik, en quête d’une histoire vieille de quarante ans ; un viol, une enquête bâclée, un acquittement, la mort d’une petite fille à l’âge de quatre ans, le suicide de la mère, une autopsie, la disparition d’un organe… le magasin des horreurs dans la cité des jarres… et la vie ignominieuse de Holberg, le vieil homme assassiné.

Erlendur, malgré ses cinquante ans, son corps usé par des nuits d’insomnie, son coeur et ses poumons brûlés par la nicotine, malgré l’inquiétude incessante pour sa fille Eva Lind qui se drogue et qui se détruit chaque jour sous son regard, Erlendur s’investit à fond dans une intrigue honteuse et infâme. Le dénouement sera amer.

Un livre aux sons et aux teintes de l’Islande. Une écriture sobre et violente dans la rancœur des êtres déchirés, de la noirceur et de l’abject chez des gens ordinaires, bourgeois, représentants de l’ordre ou monde médical. La trame a l’envergure simple d’un fait divers alliée à celle d’une fiction futuriste et inquiétante, celle du marché du génome.
Livre captivant. Je continuerai mon aventure-découverte avec le second tome des enquêtes de Erlendur, avec « La femme en vert »…

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Peinture de Jóhannes Sveinsson Kjarval

Billets chez Sharon, Lasardine, Louise, Asphodèle,
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