Cogner le granit. Italiens tailleurs de pierre en Creuse

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Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio
Avec Les Ardents Éditeurs

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cogner le granitCogner le granit
Italiens tailleurs de pierre en Creuse
Compagnie Le Chat Perplexe

Jean Métégnier, artiste musicien / auteur
Ernesto Timor, photographe / auteur
Estelle Coquin, montages sonores

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« La compagnie Le Chat Perplexe » est un collectif d’artistes qui a vu le jour en 2000 à Aubusson dans la Creuse. Sa vocation est la création de spectacles diffusés à travers toute la France. Mais le Chat Perplexe développe également des projets en lien avec le territoire plaçant la rencontre et l’humain au cœur de sa démarche artistique.
Cet ouvrage est une des réalisations d’un projet multiforme intitulé « Éclats de pierres, éclats de vies », qui a donné le jour à un spectacle « Le Bal des Casse-Cailloux », une exposition sonore et photographique « Le Fil de la Pierre » et un Sentier des Tailleurs de Pierre au départ de Sardent en cours de création… »

« S’émerveiller, c’est résister. »

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Pourquoi ai-je choisi ce livre lors des Masses Critiques de Babelio ? …
Alors que je parcourais la liste des titres proposés, un peu fébrile dans les nombreux choix, mon cœur a bondi à « Italiens tailleurs de pierre en Creuse ». Une veille photo en couverture évoquait déjà pour moi une histoire. Pas une de celles qui sont racontées dans ce beau livre, non… mon histoire, mes racines.

En 1920, mon arrière-grand-père Giuseppe Begani a quitté un jour la commune de Palanzano de la province de Parme en Italie, pour aller à Calenzana en Corse, rejoindre quelques cousins. Il devait avoir une quarantaine d’années. Veuf, sa femme avait succombé à la grippe espagnole, il était seul à élever ses cinq enfants ; Luigi, Anghu, Pino, Genia (ma grand-mère) et Nita.
Tailleur de pierre, il a participé avec ses trois fils, à faire des routes, des ponts, des villages et des clochers. Ils ont laissé leurs empreintes et leurs souvenirs restent encore dans la mémoire de certaines personnes. Petite, j’étais si fière lorsque j’entendais parler de lui ! On disait qu’il était d’un grand courage, qu’il avait transmis à ses enfants des valeurs de respect et de travail… La cousine Angèle me confiait « Ça filait droit, avec le grand-père Joseph ! et ses enfants l’écoutaient ! ».
J’ai bien connu ma grand-mère Genia que j’ai beaucoup aimée. Mais femme discrète, d’une autre génération, elle ne m’a jamais parlé de son père. J’imagine que tout ce que j’admirais en elle, sa droiture, sa bonté, sa générosité, c’était lui, aussi.

Dans l’introduction du livre, Thierry Gaillard, maire de Sardent, évoque ces migrants venus du nord de l’Italie qui se sont installés à Sardent. Ils ont modelé la Creuse dit-il. C’était « les faiseurs de bordures de trottoir ». Je retrouve des mots qui symbolisent ma famille… solidarité, fraternité, courage, valeurs, humanité, et je suis sûre que cette lecture, je ne la ferai pas seule car je me sens déjà en compagnie des miens…

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Ça ne parle pas de ma Balagne, mais des Italiens qui ont quitté leur pays pour s’installer dans le Limousin. C’était dans les années 20, pour la plupart, ils ont fui à cause de la montée du fascisme. Sur leur passeport la mention « Tendenza politica anarchica » signait un arrêt de mort, et sans carte du parti, ils ne pouvaient pas travailler. Les hommes, des tailleurs, des cogneurs de pierre et d’autres qui ne l’étaient pas, se sont réfugiés en France et ont trouvé de l’ouvrage dans les carrières et les chantiers. L’accueil ne fut pas toujours à bras ouverts car les « macaronis » parlaient une autre langue et prenaient la place des Français (rengaine connue). Mais leur courage et leur ardeur ne pouvaient que forcer l’admiration, et les portes closes se sont ouvertes…

Pour la plus part, ils venaient du nord de l’Italie, communes du Frioul et de la Vénétie.

Entre les pages, il y a l’écho des coups des masses et des coups des mines, il y a les petites histoires qui sont restées dans les annales, il y a la mémoire qui se transmet aux descendants, des photos, des anecdotes émouvantes, il y a Ettore, Marius, Angelo, Giovanni Batista…, les carrières du Maupuy près de Guéret, le chantier au Bois Chameau…, les accidents, le granit qui s’incruste dans la peau par des éclats, par des poussières, la silicose…, la musique, les bals, les chants qui cadencent le travail…, il y a… le mal du pays, cruel, que l’on tait… Dans « les petites histoires », on évoque aussi les marmites de pâtes, leur amidon qui serait bon pour les blessures, la sieste, le temps pluvieux en plein été, l’amour…

Amelia Del Din, la seule femme qui témoigne, dit :
« J’adore danser mais la valse commence à me tirer la langue ! J’étais gaie quand j’étais jeune, et puis la vie nous gifle un peu trop fort, on change, hein, c’est vrai ? »

Ainsi débute la deuxième partie du livre intitulée « Portraits ». Le photographe Ernesto Timor a pris le portrait des fils, les derniers cogneurs.
Pasquale Marchio et Marius Paties avaient à peine douze ans quand ils ont accompagné leurs pères pour apprendre le métier. Impliqués, ils l’étaient aussi dans la Résistance durant la guerre. Le fascisme ne passera pas en France !
Troisième génération, Roland Bravin, fils d’Augusto, Daniel Delprato, fils de Stefano, et Robert Marchio, fils de Pasquale, ont vu le déclin de l’exploitation du granit, dans les années 60. Le temps des tailleurs de pierre est fini et il faut se recycler. Quel plus bel hommage à leurs parents que de continuer autrement le métier ! C’est à l’École des Métiers du Bâtiment de Felletin qu’ils se perfectionnent. Daniel travaille pour les monuments historiques et Robert se spécialise dans la gravure, devenant Meilleur Ouvrier de France… Aujourd’hui, ils sont tous les deux professeurs de taille de pierre.

Les archives de la troisième partie sont celles des carrières du Maupuy. Les Italiens arrivaient d’abord en ces lieux mais n’y restaient pas toujours, car ils préféraient « partir dans les campagnes à la recherche des boules roulantes », plus au sud. Les « boules roulantes » sont des boules de granit dont les moitiés vont rouler à l’explosion de la mine. Le travail était dur et la paye n’était pas en rapport. Seuls les hommes forts et aguerris parvenaient à effectuer la tâche. Sur les vieilles photos, le décor paraît immense, les hommes si petits !
Les témoignages de Marius Paties racontent aussi les chantiers au Bois Chameau, ceux à Château-Merle, et ceux au Bois du Clou… chaque famille avait son coin. Il met aussi à la disposition des auteurs, d’autres photos où son père et son oncle posent en compagnie d’autres tailleurs. Ils sont plus d’une dizaine, la chemise blanche, les manches retroussées sur des bras massifs, le regard pétillant, fier et un peu narquois. Ils ressemblent à des maquisards. Sur une autre photo, ils sont les bras croisés, assez impératifs. Puis sur une autre, ils ont la masse au poing, aussi beaux qu’un Marlon Brando ! Les photos se succèdent… des hommes et des roches…

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Archive de Marius Paties (Vincenzo et Giovanni Paties, père et oncle de Marius)
Carrière dans les Alpes-Maritimes vers 1921-1922
Premières années d’immigration avant de venir cogner le granit en Creuse

Leur vie n’était pas que labeur ! il y avait aussi l’amour et les joies des bals. Banjo, mandoline, accordéon. Les photos sont belles avec ces familles qui s’agrandissent, ces unions qui réunissent deux cultures, deux pays.

Fais demi-tour… est une de ces « petites histoires » que je tiens à retenir. J’imagine le ravage que peut ressentir un homme qui a quitté son pays pour des raisons politiques.
« Fano Delprato n’est jamais retourné en Italie. Un jour, son fils Joël a réussi à décider son père de faire le voyage ensemble : les voilà partis en voiture. A l’approche de la frontière, il sent son père se crisper ; puis ça y est, ils sont en Italie. Moins de cinquante kilomètres après, Fano dit à son fils : « S’il te plaît, fais demi-tour… »
Joël a bien senti que ce n’était pas la peine d’insister, impossible de retourner là-bas. Ils sont revenus à Pontarion ; ils n’ont plus jamais reparlé de l’Italie. »

Ce très beau livre se suit avec un CD audio de « paroles collectées » par la Compagnie Le Chat Perplexe. La voix du Duce est un prélude aux témoignages des derniers cogneurs. Ainsi tout a commencé, ils ont fui le fascisme et sont venus en exil en France pour faire un travail de bagnard. La musique s’infiltre dans la mémoire, les noms défilent. On nous invite à leur table et on les écoute… respectueusement, captivés, charmés. « Chacun avait sa zone… et que des Italiens… Rien que sur Sardent, cent Italiens !… Voilà tout ce qui c’est passé dans notre vie… Ils travaillaient toute la semaine et le dimanche, ils se lavaient et allaient au bal jusqu’à 5 heures du matin. Les filles aimaient danser… Ils ont fait des bagarres, beaucoup, toujours pour des filles… Les Italiens venaient nous inviter. On ne pouvait pas les refuser, ils dansaient tellement bien ! ». L’accent encore intact, la musicalité de la langue, douce et pleine de vie, et des souvenirs, des souvenirs, des émotions qui étreignent le cœur.

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Archive de Marius Paties (il est à gauche tout en haut)
Mariage de Giacinto Moro à Sardent vers 1945

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Ce livre, ces paroles, sont à partager car c’est notre Histoire. Le CD audio se termine et je ne peux m’empêcher d’applaudir… Merci pour ce très beau livre.
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Bella ciao

Una mattina mi son svegliata
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son svegliata
Eo ho trovato l’invasor

O partigiano porta mi via
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
O partigiano porta mi via
Che mi sento di morir

E se io muoio da partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E se io muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir

Mi seppellirai lassu in montagna
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Mi seppellirai lassu in montagna
Sotto l’ombra di un bel fior

Cosi le genti che passeranno
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Cosi le genti che passeranno
Mi diranno che bel fior

E questo é il fiore del partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E questo é il fiore del partigiano
Morto per la libertà

 

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Une preuve d’amour

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Une semaine Saint-Valentin

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une preuve d'amourUne preuve d’amour
Valentine Goby

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Sonia est la narratrice de l’histoire.
« Les Misérables » de Victor Hugo font débat dans une classe de collégiens. Afin de comprendre les personnages, le professeur pose des questions sur Fantine. « Est-ce que Fantine a été une bonne mère en abandonnant sa fille Cosette ? » Avant d’approfondir le sujet, les réponses fusent dans un charivari d’objections.
« – Moi je dis qu’abandonner son enfant, c’est dégueulasse.
– Sérieux, ça se fait pas, laisser sa fille comme ça…
– Fantine, les Thénardier elle les connaît même pas, sûr qu’elle abandonne sa fille. Si elle l’aimait vraiment, elle l’aurait gardée avec elle. Ma mère elle est comme Fantine, seule avec moi, elle travaille aussi mais elle m’a pas placé chez les Thénardier. »
Sonia regarde tous ses camarades prendre part de façon unanime et remarque que seul Abdou ne participe pas. Plongé dans un silence, absorbé par une feuille blanche, il est ailleurs. Ou peut-être pas… Nerveusement sous le bureau, ses jambes tressautent ; Abdou est une pelote de nerfs.
Le professeur continue sur cet abandon, en incitant les élèves à plus de réflexions…
« – Je disais donc, reprend le prof, on congédie Fantine. Que fait-elle alors pour gagner sa vie ?
Je lève la main :
– Elle vend ses cheveux.
– C’est tout ?
– Et ses dents.
– C’est tout ?
– Elle a fait la… comment vous dites…
Des rires au fond de la classe. Je rougis, et je murmure :
– … la prostituée. »
Mais lorsque Abdou explose en disant que l’acte de Fantine est une preuve d’amour, Sonia pressent que l’histoire de Fantine pourrait bien être celle de la mère d’Abdou.

Difficile de sonder ce camarade ! Abdou s’échappe de la classe et disparaît pour quelques jours. Malade ? C’est l’excuse qu’il donne.
Curieuse, déjà un peu amoureuse de ce mystérieux garçon, Sonia va essayer de l’apprivoiser et de l’aider. Abdou est une âme sœur.

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Lorsque je tourne la dernière page de ce livre, je me demande comment l’auteur a fait pour écrire autant d’émotions, d’images, de parfums, dans ce tout petit roman. La plume, la voix, elle l’a laisse à Sonia la conteuse, une jeune fille courageuse et réfléchie, qui, très tôt, a eu aussi sa part de peines. Moins meurtrie que le jeune Malien, élevée par un père aimant, elle va l’aider à se construire, se réconcilier avec son histoire de déraciné, d’orphelin, et lui offrir une belle amitié nuancée de sentiments amoureux.
Une mère qui abandonne son enfant n’est pas forcément une mauvaise mère. Abdou Traoré sait que cela peut être une preuve d’amour d’une abnégation absolue. Sans papier, sans famille, sans argent, Mariama a eu la force de laisser son fils aux services sociaux et de partir. Il aimerait tant le lui dire !
Abdou et Sonia ont identifié leur Fantine, Valjean et Javert…

L’amour décliné sur toutes ses facettes ; ce roman est très beau. Il est écrit avec finesse, générosité, et malgré le sujet dur, déchirant, j’ai ressenti de la douceur. Abdou charrie la violence de son pays, les miasmes de la rue, le désespoir et l’espérance de sa mère. Sonia paraît aussi légère qu’un char à voile qui s’enfuit dans le vent, elle a une odeur iodée, elle est la fille qui regarde l’océan, libre et heureuse. Ils forment un beau duo, fort et confiant.

Ce livre est à recommander, je vous souhaite une bonne lecture.

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D’autres billets chez Jérôme, Noukette, Pyrausta,

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Photo prise sur « Routard.com »

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L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Un livre voyageur de Philisine Cave
« Oh my ! cette couverture… » de Cécile, « Rentrée littéraire » d’Hérisson
Une lecture commune avec Hilde

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l-extraordinaire-voyage-du-fakir-qui-etait-reste-coince-dans-une-armoire-ikeaL’extraordinaire voyage du fakir
qui était resté coincé dans une armoire Ikéa
Romain Puértolas

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Terminal 2C de L’aéroport Charles de Gaulle, un Indien rentre dans un taxi et lâche le nom « Ikéa ».
Dans le rétroviseur de sa vieille Mercedes rouge, Gustave Palourde, le conducteur, examine son client… costume satiné, cravate rouge ornée d’une épingle à nourrice, turban sur la tête, piercing, visage émacié, peau grêlée, regard intense.
Ikéa ? Mais lequel ? Le haussement des épaules est une réponse qui signifie… n’importe lequel… à la grande satisfaction du chauffeur de taxi qui voit là une belle aubaine.

L’Indien paie avec un faux billet de 100 euros la course. Prestidigitation à la Houdini (fort malhonnête), le billet relié à un élastique invisible repasse aussitôt du porte-feuille de Gustave à la poche de l’Indien. Attendez que Gustave s’en aperçoive, gitan au sang chaud, il voudra se venger !

Enfin ! L’Indien est Ajatashatru Lavash Patel, grand fakir du Rajasthan venu acheter un lit à clous, vu sur une revue. L’annonce publicitaire à 99,99 euros était trop tentante… Le coût du voyage a été l’élan solidaire de tout un village pour le bien-être de leur fakir. Juste deux jours pour l’acquisition et retour à la maison nanti d’un lit très spécial.
Petit… grand parcours du magasin en suivant la ligne jaune au sol… surtout ne pas dévier… passer d’univers en univers… émerveillements devant tant de richesse… se retrouver au rayon literie, apprendre que la promotion n’est plus actuelle et qu’il faudra un supplément. Ajatashatru garde son impassibilité, il a la nuit pour réfléchir, et commande. Sa nuit ? N’ayant que son faux billet, il ne peut s’offrir qu’un squatte dans le grand magasin.

Roublard, maître illusionniste, le fakir arrive à se faire inviter au restaurant par une belle femme d’une quarantaine d’années, contrite d’avoir cassé ses lunettes. Et le temps passe en son agréable compagnie, jusqu’au soir où il doit se trouver un endroit…
Tout serait bien trop accommodant et l’histoire courte si rien ne devait arriver !
Durant la nuit, Ajatashatru se cache dans une armoire pour ne pas être surpris par des employés qui se dirigent vers lui. Mais comble de malchance, l’armoire est embarquée dans un camion pour être livrée en… Angleterre.

Ainsi commence le périple du fakir qui n’en demandait pas tant !

« … L’Indien venait de comprendre qu’il avait devant lui les vrais aventuriers du XXIème siècle. Ce n’étaient pas les navigateurs, dans leurs bateaux à cent mille euros, leurs courses à la voile, leurs tours du monde en solitaire dont tout le monde se foutait sauf leurs sponsors publicitaires. Eux n’avaient plus rien à découvrir.
Ajatashatru sourit dans la nuit. Il voulut lui aussi, au moins une fois dans sa vie, faire quelque chose pour quelqu’un d’autre et non plus seulement pour lui-même. »
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Ce livre au titre incroyable et à la couverture « éblouissante » est le premier roman de Romain Puértolas. Dans cette fable, l’auteur modernise les récits d’aventure de Jules Verne et y additionne des péripéties kafkaïennes. Il balade son fakir, bien malgré lui, dans des conditions très particulières (armoire, valise), en lui faisant faire un tour d’Europe et d’ailleurs… France, Angleterre, Espagne, Italie, Libye… On dit que les voyages forment la jeunesse. Pour le cas, ils font évoluer Ajatashatru de belle manière. Des pays qu’il foule, il n’en voit rien, ni leurs paysages, ni leurs architectures, mais il rencontre des personnages curieux et attachants… gitans bouillonnants, jeune femme de quarante ans esseulée, clandestins soudanais en quête d’une terre d’exil, actrice philanthrope, éditeur en mal de best-seller…
Avec humour, entre deux apesanteurs décalées, mélange de naïveté, de fourberie et d’humanité, l’histoire se construit sur une base altérée par le désespoir de certains.
Ajatashatru arrive de son Rajasthan, le cœur bien lourd de ses tromperies. Depuis tout petit, tricher, mentir, escroquer, c’était avant tout une question de survie. Et il est un des meilleurs pour emberlificoter son monde ; il a de très beaux yeux couleur coca-cola, aussi pétillants que la boisson. Donc, il est conscient, mais il ne fait pas grand chose pour y remédier, ainsi va la vie… jusqu’au jour où il ne peut rien faire qu’à part écouter d’autres histoires, jusqu’au jour où il est un simple paquet que l’on mène d’une frontière à une autre, jusqu’au jour où il découvre l’amitié, la compassion et la générosité, jusqu’au jour où il découvre l’amour qu’il veut rendre au centuple.

Un roman sympathique, une belle histoire, c’est à recommander !

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Des billets chez Hilde, Philisine, Anne Souris, Strawberry, Argali, PassionCulture,

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Cactus… Un lit ?
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