L’école du prieuré

Novembre est celtique avec Cryssilda
Bangor dans le pays de Galles, pour le fief du duc de Holdernesse, personnage du roman et
Edimbourg en Ecosse, pour le lieu de naissance de l’auteur

Challenge polars et thrillers de Sharon

 

L’école du prieuré
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle


Le Dr Thorneyeroft Huxtable fait une entrée fracassante dans le salon de Sherlock Holmes, et John Watson décrit son arrivée comme l’une des plus surprenantes car le très honorable fondateur et directeur de la prestigieuse école préparatoire Le Prieuré à Mackleton dans le Gloucestershire, s’écroule sur le parquet avant d’avoir dit un mot.
Après avoir été réanimé, il confie sous le sceau du secret que l’un de ses élèves, lord Saltire, le jeune fils du duc de Holdernesse, a été enlevé et que depuis trois jours, la police se fourvoie sur des fausses pistes. L’affaire ne devant pas s’ébruiter pour éviter un scandale, il demande au détective de le suivre sans perdre de temps afin de retrouver au plus vite l’enfant âgé de dix ans, fils unique et héritier de l’immense fortune du duc, un ancien premier ministre. De plus, le professeur d’allemand, Mr. Heidegger a disparu lui aussi.
Sur les lieux du rapt à l’école du Prieuré, Sherlock Holmes collecte toutes les informations et regroupe tous les indices. Lord Saltire serait parti par la fenêtre de sa chambre après avoir reçu une lettre aux armoiries de son père, et Mr. Heidegger l’aurait suivi. Le pourquoi et le comment de l’affaire séduisent Holmes qui, assisté de son fidèle complice, va parcourir les landes des alentours pour révéler ce sombre mystère. Mais la découverte du cadavre de Mr. Heidegger va donner à l’enquête une tournure bien dramatique.

Cette nouvelle est la cinquième histoire issue du recueil « Le retour de Sherlock Holmes ». Avec elle, nous pénétrons dans l’intimité d’une grande école, nous suivons Holmes dans une campagne assez lugubre, entre marais et terres labourées épaisses, collantes, et nous côtoyons une aristocratie hautaine, méprisante, qui ne veut pas voir à la une des journaux ses affaires étalées. John Watson relate les faits et égratigne le duc qui dès le début, oriente les enquêteurs sur une mauvaise piste.
« Visiblement, Holmes aurait aimé poser d’autres questions. Mais l’attitude cassante de l’aristocrate montrait que pour celui-ci l’entretien était terminé. Évidemment son tempérament de caste lui rendait insupportable une discussion d’affaires intimes avec un inconnu, et il redoutait qu’une question nouvelle projetât une certaine lumière sur les chapitres soigneusement camouflés de son histoire ducale. »

Le dénouement de l’intrigue place cette histoire dans les meilleures de l’auteur ; pas pour le scénario mais plus pour le rapport de force entre deux personnalités très affirmées. Quelques passages sont à souligner car ils donnent à Holmes du panache et une noblesse bien plus grande que celle du duc !
« – Vous êtes venus voir Sa Grâce ? Je suis désolé. Mais la vérité m’oblige à dire que le duc ne va pas bien. Ces tragiques évènements l’ont un peu bouleversé. Nous avons reçu hier après-midi un télégramme du docteur Huxtable nous faisant part de votre découverte.
– Il faut que je voie le duc, monsieur Wilder !
– Mais il est dans sa chambre.
– Alors je le verrai dans sa chambre !
– Je crois qu’il est couché.
– Alors je le verrai dans son lit !
L’attitude glaciale et inexorable de Holmes montra au secrétaire qu’il était inutile de discuter plus longtemps. »
(…)
« – Maintenant, monsieur Holmes, qu’avez-vous à me dire ?
– Le fait est, Votre Grâce, que mon collègue le docteur Watson et moi-même nous avons reçu l’assurance du docteur Huxtable qu’une récompense était promise. J’aimerais entendre de votre bouche me le confirmer.
– C’est exact, monsieur Holmes.
– Si je suis bien renseigné, cette récompense se montait à cinq mille livres et elle devait être attribuée à celui qui vous indiquerait l’endroit où se trouve votre fils ?
– En effet.
– Et mille autre livres à celui qui vous donnerait le nom de la personne ou des personnes qui le détiennent sous leur garde ?
– Oui.
– Sous cette dernière dénomination sont incluses, sans doute, non seulement les personnes qui ont pu enlever l’enfant, mais aussi celles qui agissent de concert pour le maintenir dans sa condition actuelle ?
– Oui, oui ! s’écria impatiemment le duc. Si vous faites bien votre travail, monsieur Sherlock Holmes, vous n’aurez pas affaire à un ladre.
Mon ami frotta l’une contre l’autre ses mains maigres dans un geste dont l’avidité me surprit.
– Je crois que j’aperçois le carnet de chèques de Votre Grâce sur son bureau. Je voudrais bien que vous m’établissiez un chèque de six mille livres, que vous barrerez. La Capital & Counties Bank, succursale d’Oxford Street, m’a ouvert un compte.
Sa Grâce se dressa sur son séant et dévisagea mon ami d’un regard froid.
– Est-ce une plaisanterie, monsieur Holmes ? Le sujet n’en autorise guère !
– Pas du tout, Votre Grâce. Je n’ai jamais été plus sérieux dans ma vie.
– Que voulez-vous dire alors ?
– Que j’ai gagné la récompense. Que je sais où est votre fils. Que je connais, au moins certains de ceux qui le gardent.
La barbe du duc, par contraste avec son teint blafard, semblait avoir viré décisivement du roux au rouge. (…)
– Et maintenant, Votre Grâce, permettez-moi de vous importuner pour ce chèque ! »

 


Photos extraites de la série Sherlock Holmes avec Jeremy Brett
Vous trouverez un billet de l’épisode chez Belette

 

Les cousins Karlsson, Tome 1 – Espions et fantômes


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
Challenge polars et thrillers de Sharon

 

Les cousins Karlsson
Espions et fantômes, tome 1
Katarina Mazetti

 

Les grands-parents Karlsson ont eu quatre filles aux caractères et univers bien différents. Trois d’entre-elles ont eu des enfants ; Ulla, chercheuse, a deux filles, Julia et Daniella, Molly, actrice, a un garçon, George, et Ellen, chef cuisinière établie en France, a aussi un garçon, Alex. La quatrième, Frida qui vit seule sur une île suédoise loin de la civilisation, est artiste.
Lorsque Julia, douze ans, apprend par sa mère qu’elle et sa petite sœur Daniella (appelée Bourdon) vont devoir passer tout l’été chez leur tante Frida, c’est vraiment l’horreur ! Et de savoir que leurs cousins, George et Alex, les rejoindront, ne la réconforte en aucune façon car les souvenirs qu’elle a des garçons ne leurs sont pas très favorables.

Julia et Daniella, accompagnées de leur chat Chatpardeur, retrouvent les cousins sur le quai de l’île aux Grèbes. Les quatre enfants qui comprennent qu’il est essentiel de se montrer solidaires, refont connaissance en attendant tante Julia qui tarde à venir. Esprit fantasque, bohème et dévoué à son art, la sculpture, elle n’a aucun sens des priorités et du quotidien qu’elle gère très mal. Elle n’aura donc aucune honte à faire manger une pizza froide à peine décongelée à ses neveux le soir de leur arrivée. Pourquoi froide ? Parce que dans la maison de tante Julia le confort est vraiment secondaire et que la gazinière ne fonctionne jamais !
Dans cette vieille maison de trois étages desservis par un escalier en colimaçon, les enfants constatent que tout est archaïque et qu’il n’y a pas d’eau courante. Toutefois, ce qu’ils vont retenir c’est que tante Julia ne pourra pas s’occuper d’eux et qu’ils seront libres. D’un côté, la mer, de l’autre, la forêt… Quel est l’enfant qui s’en plaindrait ?

C’est l’été, la Suède en cette saison est très agréable et les enfants découvrent une maison qui se trouve être en définitive, assez plaisante et curieuse. Ils sont libres et seuls au monde ! Seuls ? et non… Dès ce premier jour, en découvrant par l’une des fenêtres le beau paysage, George croit voir une silhouette au loin fuir vers les bois. Puis dans la nuit, c’est au tour de Julia de voir un fantôme…
Qui est cette personne qui semble se cacher ? En riant, ils émettent l’hypothèse que cela pourrait être un loup-garou, un fantôme, un ornithologue et pourquoi pas, un espion…
Voilà un mystère qu’ils vont devoir élucider sans tante Julia qui doit partir sur le continent pour résoudre un autre problème. A eux l’aventure !

Dans la lignée des livres de la bibliothèque rose et verte que je lisais quand j’étais petite, cette série des cousins Karlsson en est une digne héritière. On y retrouve des enfants seuls, sans adultes, de l’amitié, de la solidarité et des mystères à dénouer. Mais alors que ces séries vintages racontaient des histoires de justiciers en culottes courtes et de bandits, Katarina Mazetti aborde dans ce premier tome « Espions et fantômes » un sujet très sensible qui colle à l’actualité de notre époque et qui raconte une histoire bien triste, celle des migrants et des passeurs. Ce n’est pas désuet, c’est très ancré dans notre temps.
Je vous recommande ce roman de la littérature jeunesse qui donne un aperçu bien sympathique de ce que peuvent être les autres histoires qui à ce jour sont au nombre de sept.


Peinture du peintre Suédois Bruno Andreas Liljefors

 

 

Julia et les monstres perdus

Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
et les samedis sont albums illustrés pour les enfants en compagnie de Hérisson pour son challenge

Un autre avis chez JojoenHerbe

 

Julia et les monstres perdus
Ben Hatke

 

La jeune Julia vient d’aménager dans une nouvelle maison, une belle et grande demeure face à l’océan. Mais après l’avoir rénovée et décorée, Julia se retrouve seule avec personne pour partager son confort, un bon feu de bois, une tasse de thé et des gâteaux. Une idée lui vient alors… et si elle offrait l’hospitalité à toutes les créatures abandonnées, esseulées et réprouvées ? Aussitôt, elle installe une pancarte sur laquelle elle écrit : « Maison de Julia, bienvenue aux monstres perdus » !
Le premier invité ne tarde pas à arriver. C’est un petit chat tout raccommodé au comportement étrange. Puis très vite, on frappe à nouveau à la porte. C’est au tour d’un troll de rentrer. Un immense troll venu directement des bois qui cherche asile… Et le défilé continue avec tout un assortiment de monstres, du corbeau de sorcier au dragon, du lutin à l’elfe, du fantôme à la sirène, des chauves-souris à…
En demandait-elle tant ? Si Julia se sent dépassée par ce monde bien remuant, ce n’est pas le cas de toutes les créatures qui prennent leurs aises.
En peu de temps, l’intérieur si coquet devient une porcherie. Il est alors temps d’interrompre tout ceci et d’instaurer des règles… Julia saura-t-elle s’imposer ?

Illustré par de beaux dessins aux douces couleurs, avec des monstres pas si monstrueux que ça, l’histoire délivre gentiment un message qui fait comprendre à l’enfant que pour bien vivre ensemble, il faut être respectueux de certaines règles, comme participer aux tâches ménagères et être soigneux. Vivre en société n’est pas toujours évident, il suffit de faire un petit effort. Quant à Julia, elle est une adorable jeune fille très généreuse et courageuse.
Une sympathique histoire à recommander…

 

 

 

 

La sorcière Rabounia

 

Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
et les samedis sont albums illustrés pour les enfants en compagnie de Hérisson pour son challenge

 

 

La sorcière Rabounia
Texte de Christine Naumann Villemin
Illustration de Marianne Barcilon

 

La sorcière Rabounia vit dans un livre de contes à lire le soir et plus précisément dans l’une des histoires qui s’intitule « Potions et araignées ». Pas très aimable, pas très belle, elle élabore tous les jours dans ses chaudrons des potions magiques.
Mais un jour, elle est réveillée brusquement par des pleurs qui n’en finissent pas et des cris qui disent : « J’ai perdu mon doudou ! ». Alors pour retrouver la paix, elle décide sur un coup de tête d’enfreindre les lois et de traverser pages et histoires pour rechercher l’insupportable braillard…
Elle découvre un petit lapin blanc qui ne cesse de pleurer car il a perdu son doudou, un morceau de chiffon rouge. Énervée, Rabounia exige qu’il stoppe net ses jérémiades, mais le petit lapin est trop triste. Elle lui propose alors de lui faire apparaître un doudou qui ressemble au sien, mais le petit lapin ne trouve aucune ressemblance avec le carré de tissu qu’elle lui donne ! Que faut-il faire pour qu’il se taise ? Et puis c’est quoi ce truc ?
Petit lapin lui explique… Un doudou, ce n’est pas n’importe quoi ! Un doudou doit être doux. Un doudou doit avoir vécu. Un doudou doit sentir… une odeur… Un doudou est usé, malodorant et avoir eu sa dose de câlins.
Pour retrouver sa tranquillité, la sorcière Rabounia est prête à tous les sacrifices ! Dorloter le petit lapin, apprendre des chansons, les lui chanter et à être plus aimante…

Une adorable histoire pleine de tendresse, cajoleuse et douce comme un doudou ! Les illustrations sont charmantes et très expressives. Rabounia, chapeautée d’un champignon et chaussée de baskets, perd vite son air renfrogné et devient la plus mignonne des nounous. Juste le temps d’endormir le petit lapin car après, elle doit vite regagner son territoire, entre les pages 56 et 63 de son livre d’histoires.
Je recommande ++ cette lecture du soir qui fera rire les enfants et qui les transportera gentiment au pays des bons rêves.

 

 

 

 

La sorcière Tambouille

Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
et les samedis sont albums illustrés pour les enfants en compagnie de Hérisson pour son challenge

 

    La sorcière Tambouille
Texte de Magdalena Guirao-Jullien
Illustrations de Marianne Barcilon

 

La sorcière Tambouille aime beaucoup cuisiner ! Mais attendez-vous à goûter chez elle des rats en gelée, des soufflés de crapaud, des pâté en croûte de lézard et d’autres plats tous aussi alléchants…
De nature généreuse, elle met tout son cœur à satisfaire ses amis, fantômes, squelettes, ogres, vampires…, mais ne recevant hélas que peu de remerciements, elle s’en retrouve fâchée et vexée. De plus, cette fine équipe déguste ses plats de manière dégoutante sans tenir compte des couverts et de la table joliment dressée.

En voyant la colère de la sorcière Tambouille, son perroquet l’invite à regarder une annonce dans le journal. L’ogre Rococo souhaite trouver une amie, bonne cuisinière, qui lui redonnerait l’appétit qu’il a perdu. Sans perdre de temps, elle enfourche son balais et se dirige vers le palais de Rococo où elle reçoit un très bon accueil.
Installée comme une princesse, dans une chambre rose bonbon pleine de fanfreluches, la sorcière Tambouille ne tarde pas à se mettre aux fourneaux. Limaces, araignées et queues de rat mijotent et dégagent un fumet qui ravit Rococo.
Après avoir dégusté les plats préparés, l’ogre très enjoué invite Tambouille à rester chez lui et va jusqu’à lui proposer le mariage !
Le palais est luxueux et l’ogre, fin gourmet, reconnait ses talents de cuisinière, a
lors, que va répondre la petite sorcière ?
Un mois… Tambouille a un mois pour donner sa décision. 


Avec un bel humour et des illustrations détaillées, colorées, expressives, les ingrédients du livre se composent d’une gentille sorcière qui passe son temps à cuisiner, de copains mal élevés et d’un ogre gourmand. Ajoutez des bocaux garnis d’asticots confits, de souris blanches, d’autres friandises toutes aussi délectables, une demande de mariage et vous aurez une histoire qui réjouira les enfants.
Tambouille va découvrir dans le palais une autre face de sa personnalité et cet épanouissement va l’orienter vers une nouvelle vie…
A taaable !!!

 

 

Agatha Black, 1812


Une lecture pour Noël…
Une lecture commune avec Nahe

 

Agatha Black, 1812
Janis Mackay

 

Dans la petite ville écossaise de Peebles, Saul est un garçon de douze ans qui s’ennuie et qui ne pense qu’à rejoindre ses camarades. Mais pour avoir quitté sa maison sans le dire à personne, il est puni pour trois jours… Avec sa triste mine, il arrive quand même à émouvoir sa mère qui l’autorise à sortir pour faire une course à l’épicerie.
Il neige, les vitrines des magasins sont décorées, les maisons aussi, c’est bientôt Noël et tout est beau ! Perdu dans sa contemplation, il aperçoit une fille qui se tient au milieu de la route. Elle semble bizarre, effrayée, un peu dingue de rester ainsi immobile, et son accoutrement n’a rien d’ordinaire car c’est comme si elle était costumée pour le carnaval.
En une seconde, leurs regards s’accrochent et Saul se retrouve littéralement harponné par elle, qui se suspend à son bras et qui ne veut plus le lâcher…
Mademoiselle Agatha Black a « onze ans et six mois d’âge ». Mademoiselle Agatha a peur car elle vient du passé. Mademoiselle Agatha a besoin d’aide !

Après avoir écouté sa nouvelle amie, Saul est forcé de la croire et apprend alors la chose la plus farfelue au monde : il est possible de voyager dans le temps. Agatha vient de 1812 et pour avoir voulu assister son père dans ses recherches scientifiques, elle a été propulsée dans le futur.
Pour elle, tout est incroyable, les carrioles roulantes, les technologies, la nourriture, la nouvelle configuration de sa ville… Dans sa cabane secrète qu’il a bâtie avec ses copains au fond d’un jardin à l’abandon, il l’installe avec quelques biscuits, des friandises, un sac de couchage, des vêtements chauds, et lui apporte une pile de magazines et de livres sur l’histoire qui lui feront voir le monde actuel.
Ce qui est sûr, c’est que personne ne doit être au courant ! Et Agatha, en coupant sa longue et belle chevelure, devient son ami Randolph arrivé de Londres pour venir passer les fêtes en Écosse.

Agatha lui raconte son époque et Saul lui parle de la sienne. Il prend des notes car il aimerait bien participer à un concours d’écriture pour gagner le BMX de ses rêves… En tant que Randolph, il l’invite chez lui, lui présente ses amis et l’emmène au collège. Mais très vite, il se voit contraint de tout raconter à Will et Robbie car il faut absolument découvrir la formule qui ramènera Agatha dans son temps.
Mais comment faire ?
Amitié, entraide, confrontation de deux époques, mystère et la neige qui tombe… Pour Saul qui porte un regard neuf sur son monde, ce Noël sera magique !

C’est tout un univers qui s’ouvre devant Saul au contact d’Agathe. L’histoire fait progresser de belle manière le jeune garçon dans ses rapports avec sa famille, l’école et ses amis. La lecture est captivante et pétillante sur plusieurs points ; le voyage dans le temps, la grande énigme pour retourner en 1812, les amitiés, l’humour et la solidarité qui s’étend au-delà de son groupe. Car le dénouement final se révèle bien plus surprenant et émouvant que le début laissait présager.
Je vous recommande vivement ce roman de la littérature jeunesse !

 

Photo de Pleebes (Écosse) prise « ici »

 

 

Le buveur d’encre


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Un autre titre de la série chez Blandine

 

Le buveur d’encre
Texte d’Eric Sanvoisin
Illustrations de Martin Matje

 

Avec un père libraire, on pense forcément que Odilon est bien servi et qu’il aime lire. Mais en fait c’est tout le contraire ! De voir son père le nez toujours plongé dans un livre, l’agace secrètement car il ne le comprend pas. Des livres, il y en a partout ! dans la boutique et dans la maison. Il le voit leur parler comme si c’était des copains et le pire, c’est quand de sa cachette, il voit les clients faire pareil. Ils les prennent, les reposent, les reprennent, ils les sentent, tendrement, amoureusement…
Puis un jour durant les vacances, alors qu’il aide à la boutique en tant que surveillant, il voit venir un étrange bonhomme. Celui-ci n’a pas l’air de marcher, mais plutôt de planer ! Et chose encore plus surprenante, encore plus que les autres lecteurs, il le voit rentrer une paille dans un livre pour le boire, le vider de toute sa substance.
En le suivant discrètement, Odilon se rend dans un cimetière, puis descend dans la crypte d’un mausolée en forme de bouteille d’encre. Qui est-il et serait-il dangereux de le suivre jusqu’en bas ? Au risque de ne plus en remonter, poussé par la curiosité, Odilon s’aventure dans l’antre de ce buveur de mots… 

Cette petite histoire joliment illustrée s’adresse aussi bien aux amoureux des livres qu’à ceux qui les fuient. Le buveur d’encre est un vampire qui suite à des problèmes gastriques, se voit obliger de s’alimenter en encre et non en sang. Les livres sont alors pour lui des réserves inépuisables ! Odilon va en faire l’expérience et découvrir à son tour les mondes fantastiques et gourmands des livres. Il suffit d’une fois pour être contaminé et il lui sera par la suite difficile d’étancher sa soif, cette sensation que tout grand lecteur connaît.
« … manger des phrases, croquer des paragraphes. » Les livres s’offrent au lecteur qui les dévore, il pénètre les lignes et vit les histoires…

Un livre et une série à recommander !

 

 

 

Une semaine illustrée, 4ème édition


Depuis 2015, le blog s’accorde un rendez-vous annuel, avec une semaine d’albums illustrés pour les petits bouts, entre janvier et février.
Si vous le souhaitez, vous pouvez me rejoindre !
Sharon – Chat Chelou

29 janvier : « Oh, le beau manteau pour Zorro ! » de Carter Goodrich
30 janvier : « Il est où Blonk ? » de Séverine Vidal et Loïc Méhée
31 janvier : « Rossignol » de Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez
01 février :
02 février :« Le tas de briques », T3 « La guerre des Lulus » de Hardoc et Régis Hautière
03 février : « Coup de foudre au poulailler » de Christian Jolibois et Christian Heinrich
04 février : « Marie-Antoinette, Carnet secret d’une reine » de Benjamin Lacombe

 

 

 

L’histoire de Saint Nicolas


Il était cinq fois Noël de Chicky Poo et Samarian

 

 

 

L’histoire de Saint Nicolas
Quentin Gréban

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Connaissez-vous la légende de Saint-Nicolas ? Ce superbe album nous le rappelle…
Il était une fois trois petits enfants qui, pour s’amuser, vont jusque dans la forêt où ils se perdent. Une maison biscornue, rapiécée, leur fait bon accueil. C’est celle du boucher qui aiguise ses couteaux pour préparer sa viande. C’est celle du boucher qui mène directement les enfants au grenier car il veut de la chair fraîche et bien grasse.
Ficelés, tués, les enfants vont remplacer le cochon et remplir un tonneau dans le saloir. Mais chers petits cœurs tendres ne vous inquiétez pas ! Passant par là, Saint-Nicolas va les sauver…


Sur l’air de la chanson, l’auteur retrace ce terrible conte et l’illustre avec de très beaux dessins qui suscitent l’effroi. Il représente le saint dans la tenue que nous lui connaissons, avec une barbe blanche, une crosse d’évêque et un habit rouge.  Dans la région de Lorraine, la vieille légende raconte l’histoire avec trois petits enfants, mais ailleurs, Saint-Nicolas apparaît dans d’autres récits en sauvant un enfant de son bain bouillant, ou en ressuscitant un enfant étranglé par le diable ou en ressuscitant un enfant noyé… Le folklore le fait accompagner du Père Fouettard, un croquemitaine qui se trouve être le boucher de notre histoire, condamné à suivre le patron des enfants.

Un superbe album pour les enfants sages… et pas sages !

 

Ils étaient trois petits enfants
qui s’en allaient glaner aux champs.
S’en furent un soir chez un boucher
– Boucher voudrais-tu nous loger ?
– Entrez, entrez petits enfants,
y’a d’la place assurément.

Ils n’étaient pas sitôt rentrés
que le boucher les a tués.
Les a coupés en petits morceaux,
mis au saloir comme pourceaux.

Saint-Nicolas au bout de sept ans,
vint à passer dedans ce champs,
alla frapper chez le boucher.
– Boucher, voudrais-tu me loger ?

Entrez, entrez Saint-Nicolas,
y’a d’la place, il n’en manque pas.
Il n’était pas sitôt rentré,
qu’il a demandé à souper.

– Voulez vous un morceau de jambon ?
– Je n’en veux pas, il n’est pas bon.
– Voulez vous un morceau de veau ?
– Je n’en veux pas, il n’est pas beau.

– Du petit salé, je veux avoir !
qu’il y a sept ans qu’est dans le saloir.
Quand le boucher entendit cela,
hors de la porte il s’enfuit.

– Boucher, boucher, ne t’enfuis pas !
Repens-toi, Dieu te pardonnera.
Saint-Nicolas alla s’asseoir
dessus le bord du saloir.

– Petits enfants qui dormez là,
je suis le grand Saint-Nicolas !
Et le saint étendit trois doigts,
les petits se levèrent tous les trois.

Le premier dit : – J’ai bien dormi !
Le second dit : – Et moi aussi !
Et le troisième répondit : – Je me croyais au Paradis !

 

 

 

La Reine des Neiges

Challenge nordique de Cryssilda, en route avec un auteur Danois
Il était cinq fois Noël de Chicky Poo et Samarian
Une lecture commune avec Nahe et Fondant qui a vu une adaptation animée assez fidèle au conte.

 

 

La reine des Neiges
Hans Christian Andersen
avec des illustrations d’Edmond Dulac

 

Hans Christian Andersen a publié en 1844 ce conte composé de sept parties, dans le recueil « Nouveaux Contes ».

Il raconte l’histoire de deux petits enfants, Kay et Gerda, qui s’aimaient comme frère et sœur. Voisins, ils passaient leurs journées à jouer ensemble, et lorsque le soir tombait et qu’ils rentraient chacun dans leur maison, ils continuaient à se retrouver en se regardant derrière les fenêtres de leur chambre. Leurs familles étaient pauvres, mais les enfants étaient heureux et inséparables. Dans un coin de leur cour, ils avaient créé des petits jardinets dans des bacs. Parmi les fleurs, il y avait de nombreux rosiers car la rose était la fleur préférée de Gerda… L’hiver, la neige recouvrait tout, et le soir, ils s’observaient à travers le givre qui dessinait sur les carreaux de la belle dentelle et d’autres fleurs. D’après la grand-mère de Gerda, c’était la Reine des Neiges qui jetait des flocons de son traineau en survolant la ville.

Mais… Dans son introduction le conteur narre que le diable et ses démons avaient fabriqué un miroir qui avait la faculté de refléter les choses les plus laides et les plus méchantes. Le beau et le bon se déformaient en de vilaines caricatures. Jusqu’au jour où en s’amusant à voler avec le miroir dans le ciel au plus près des anges et des saints pour les narguer, les diablotins le lâchèrent.
Le miroir se cassa et des milliers de débris de la taille d’un grain de sable tombèrent sur le monde en commettant de graves dégâts.
Ainsi commença l’histoire, lorsque Kay reçut un fragment qui s’inséra dans son œil, puis dans son cœur…

De jour en jour, Kay changeait, devenait de plus en plus méchant et ridiculisait tout le monde. Il jouait avec d’autres amis et délaissait Gerda. Un après-midi, alors qu’il venait une fois de plus de la rudoyer, il partit avec son petit traineau vers la grande place où tous les gamins intrépides se réunissaient. Le jeu consistait à attacher leurs traineaux aux charrettes des paysans qui, ainsi, les baladaient autour de la ville. Kay attacha donc le sien à un magnifique traineau blanc qui passait et qui l’emporta vite, très vite, et très loin…

On ne retrouva plus Kay et on l’imagina mort dans les eaux glacées de la rivière. Tout le monde, sauf Gerda qui, sur les dires du Soleil et des hirondelles, avait l’intime certitude qu’il était tenu prisonnier quelque part. Ce qu’elle ne savait pas encore, c’est que son ami avait été emporté par la Reine des Neiges.

A partir de la troisième partie du conte, Gerda part toute seule à l’aventure et, comme dans toutes les quêtes initiatiques, elle fait de nombreuses rencontres !

Elle cherche Kay dans la rivière, où elle jette ses petits souliers rouges en guise d’offrande. Elle monte dans une barque qui la mène chez une vieille dame gentille qui l’accueille.  Mais en fait la vieille dame est une magicienne qui souhaite avoir à ses côtés une belle enfant comme elle et qui l’ensorcelle tous les jours en lui peignant les cheveux. Elle retrouve sa liberté grâce à une rose qui lui rappelle Kay.


La quatrième partie la transporte dans un royaume où une corneille pensant, à tort, savoir où se trouve Kay, la mène vers une princesse et son prince. Attristés par l’histoire de Gerda, tous deux lui donnent des habits, de la nourriture et un carrosse pour continuer son voyage…

La cinquième partie retrace sa rencontre avec la fille d’un brigand.
En voyant passer le luxueux carrosse et à son bord une belle enfant richement parée, une bande de brigands l’arrête pour la détrousser et tue le cocher.

Avant qu’elle ne soit tuée à son tour, la fille du brigand la réclame pour qu’elle soit sa prisonnière et sa compagne de jeux. Capricieuse et déterminée, elle lui impose de rester tout le temps avec elle. C’est durant la nuit que Gerda commence à lui confier le but de ce voyage vers un pays du grand nord, la Laponie. Car elle a appris par les ramiers de la forêt où se trouvait Kay.
Sensible à ce qu’elle lui dit, la fille du brigand la pousse à reprendre le chemin et lui offre un renne pour la transporter.
Le renne qui était en captivité se montre ravi de retourner chez lui…


La sixième partie la conduit chez une vieille Laponne à qui Gerda demande la route qui la mènera vers le palais de la Reine des Neiges. Mais celle-ci ne sait rien et elle la recommande à une amie qui habite en Finlande.

A partir d’un grimoire, la Finnoise, un peu sorcière, lui dévoile ce qui est arrivé à Kay ; de l’éclat de verre enfuit dans son cœur jusqu’à sa disparition. Pour la dernière partie de sa tâche, elle lui dit comment sortir Kay de sa transe et comment vaincre l’emprise de la Reine des Neiges.

Le chemin a été long et de nombreuses années se sont écoulées.
Gerda prendra conscience de ce fait, bien après avoir découvert Kay, lorsque tous deux retourneront chez eux où la grand-mère les attend. Bien des étés et des hivers sont passés, et elle a toujours gardé espoir de revoir les enfants. Le conte se termine par…

« Les roses fleurissent et se fanent.
Nous verrons bientôt l’enfant Jésus. »

Ce conte est un des plus jolis contes d’Andersen, poétique, fantastique et épique. Gerda s’aventure en toute innocence sur un chemin bien périlleux, mais les embuches s’effacent devant son courage et son cœur pur.
Les sept parties sont des petits épisodes qui peuvent se lire chaque soir de la semaine. J’ai choisi cette vieille parution pour les illustrations d’Edmond Dulac, mais il y en avait bien d’autres aussi tentatrices, comme celles d’Arthur Rackham.

 

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