A couteaux tirés

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Le mois du polar chez Sharon

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A couteaux tirésA couteaux tirés
Olen Steinhauer

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Henry Pelham, agent de la CIA en poste en Autriche, doit rencontrer dans un restaurant de Carmel (Californie), Célia Favreau qu’il n’a pas revue depuis cinq ans. Ancienne maîtresse et agent lorsqu’ils étaient en poste à l’ambassade de Vienne, elle est à présent une femme « rangée », photographe pour le journal local, mariée et mère de deux enfants. S’il veut lui parler, ce n’est pas pour lui rappeler le bon vieux temps, mais pour l’interroger sur un dossier sensible, non classé ; Frankler.

En 2006 à l’aéroport de Vienne, un attentat islamiste avait fait cent vingt victimes. Suite à cette tragédie, leur cellule à l’ambassade avait été disloquée. Le chef Bill Compton avait pris sa retraite, et Célia qui travaillait sous ses ordres directs, avait demandé à retourner en Amérique, mettant subitement fin à sa relation avec Henry. Mais cinq ans plus tard, l’affaire refait surface avec le témoignage d’un détenu de Guantanamo qui a avoué qu’un agent de l’ambassade aurait été complice. La sulfureuse révélation met en joue les cinq personnes présentes lors de l’attentat ; Henry, Célia, Bill, Vick et Gene.
Frankler est une mission délicate qu’il ne faut surtout pas faire remonter à Langley. Henry et Vick se concertent et s’entendent sur ce fait… l’enquête doit être officieuse et deux sur les cinq sont désignées suspectes.

« – Tu sais ce qu’il en est, Henry. On ne peut pas se permettre un procès, et il n’est pas question d’un échange de prisonniers avec les djihadistes. En fait, je préfèrerais que Langley n’en entende jamais parler.
– Si je comprends bien, tu voudrais que j’exécute le traître.
-… Je n’ai jamais dit ça… »

Après avoir interrogé Bill, Henry se prépare à retrouver Célia. Dans le restaurant, il l’attend avec impatience, fantasmant sur cette femme qu’il aime toujours. Différente, plus voluptueuse, moins sûre d’elle, la métamorphose le saisit sur l’instant. Elle lui plaît.
Les premiers échanges sont guindés, il perd ses moyens, mais très vite leur professionnalisme rétablit les codes. La joute s’engage. A tour de rôle, ils prennent le pouvoir l’un sur l’autre. Attitudes policées, sourires complices, chaud, froid, ce pas de deux sera fatal.
Henry appuie sur l’enregistreur et la laisse parler. Le huis-clos s’étend hors du restaurant et retrouve Vienne…

Est-ce Célia le traître ? A l’extérieur, Treble, l’exécuteur des basses besognes se tient prêt. Sur un simple mot, il fait feu.

« – Allô ?
– Piccolo ?
– Euh… oui.
(…)
– Bon, je la vois. Elle est là, devant moi. Elle marche dans la rue. Très lentement. (…) Si vous voulez que j’agisse, c’est le moment. Je ne sais pas quand se présentera une nouvelle occasion.
– Je comprends.
– A vous de décider, Piccolo. Il n’y aura aucune trace. Je peux faire ça proprement… »

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Ce roman d’espionnage nous remet en mémoire certains évènements de l’actualité qui se sont passés dans les années 2002-2003. Les attentats commis par les rebelles Tchétchènes, la répression russe, les assassinats. Par la suite, avec les attentats islamistes de l’histoire, c’est notre présent qui nous saute à la gorge. La partie géo-politique est abordée pour la toile de fond car en premier plan, l’auteur a voulu mettre à l’honneur l’échange verbeux entre Henry et Célia ; ambiance froide où la passe d’armes est toute en introspections, en analyses, en couperets, « à couteaux tirés ».
L’étrange face à face, inquiétant, des deux amants est tout l’intérêt du livre. Le suspense n’étant pas étoffé, nous nous rabattons sur la psychologie des deux personnages et l’angoisse qui grimpe les échelons… Nous partageons alors leur nervosité.

J’ai apprécié ma lecture et je la proposerai certainement à une amie pour ses vacances.

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Journal intime

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« Septembre en Amérique » de Titine
« Polars » de Liliba

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Chuck Palahniuk

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Suite à une tentative de suicide, son mari se retrouve dans le coma. Qu’est-ce qui a bien pu le pousser à les quitter ? Dans le journal qu’elle lui écrit, Mitsy Wilmot se dédouble pour jeter sa rancœur et mêler sa vie passée à son présent.
Ça commence par le chemin de ses rides. Elle donne à ces plis, ses peines, ses pleurs, ses peurs. Elle esquisse des sourires, s’essaye à des grimaces. Elle incrimine le lâche et l’accuse d’être le fauteur de trouble qui a vieilli prématurément sa fille et a lesté un peu plus sa femme et sa mère de crevasses. Mitsy donne aux trois femmes de sa vie, l’image des trois épidermes qu’il a marqués. Et la poudre de riz camoufle difficilement les scions.
Perter Wilmot… il l’avait embarquée alors qu’elle était jeune étudiante dans une école d’arts plastiques, pleine de fougue pour les tableaux qu’elle voulait peindre. Artiste. Il lui avait répondu qu’elle le serait sur son île, et qu’elle deviendrait la plus célèbre de leur génération…
Mitsy est devenue femme de chambre à l’hôtel Waytansea. Elle vit avec sa fille Tabby, sa belle-mère Grace, et reçoit depuis le suicide manqué des tas d’appels téléphoniques bizarres. Les clients de son mari, architecte qui rénovait les vieilles maisons de l’île, se plaignent de voir « disparaître » des pièces de leur maison. Il y a celui qui n’a plus de salle-de-bains, celle qui a perdu un placard à linge, celui qui ne trouve plus sa cuisine… et un autre qui découvre des graffitis bien personnels sur les cloisons. Pourquoi Peter a jeté sur les murs, sa haine pour les nouveaux venus ? Pourquoi les accuse-t-il de ses misères, de son ambition avortée et de la déchéance de son mariage ? Ces dernières harangues font mal. Elles conduisent Mitsy à boire et à vouloir tout quitter pour partir ailleurs.
C’est sa belle-mère qui va l’inciter à reprendre ses crayons et ses peintures. Mitsy est douée, elle doit exprimer son art.

Entre ses visites à Peter, corps décharné, recroquevillé, végétal, ses écrits-confessions dans son journal, son travail à l’hôtel, ses premiers dessins encouragés par tout le monde, Mitsy cherche à comprendre certains mystères d’une île qui se dégénère… jusqu’à se perdre dans des fantasmes ou dans une conspiration machiavélique.

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Quel étrange livre ! angoissant, violent et déroutant. On peut penser que Misty va continuer à s’épancher dans son journal et ainsi se soulager de sa colère, mais au fil des pages, l’histoire se pare d’une détresse bien différente. Le huis clos devient inquiétant et les personnages prennent petit à petit leurs véritables dimensions diaboliques.
Ce thriller distille son épouvante au compte goutte en délivrant son horreur seulement dans les dernières pages.  Le lecteur se perd souvent dans cette ébullition, surpris par le style, les mots crus, intenses, agressifs, ne sachant à qui accorder son empathie et quoi imaginer. Le suspens est garanti ! le malaise aussi… il ne nous lâche pas.
C’est la première fois que je lis Palahniuk et je ne sais quoi penser. Je salue son écriture particulière, l’impact des mots choisis, sa folie, mais je continue à me demander si j’ai vraiment apprécié ma lecture. Une immersion dans un camp de psychopathes n’est pas une balade facile !
Recommanderai-je ce roman ? Oui… bien sûr !

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Edgar Hopper

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Ne t’éloigne pas

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« Septembre en Amérique » de Titine
« Thrillers et polars » de Liliba

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ne t'éloigne pasNe t’éloigne pas
Harlan Coben

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Le lieutenant Broome de la Criminelle d’Atlantic City voit ressurgir une enquête non élucidée, vieille de dix-sept ans ; un homme, bon citoyen, mari et père modèle, disparaît un soir sans laisser de trace. Mêmes lieux, même époque de l’année, une disparition similaire se produit et l’incite à croire que les deux affaires sont liées. Avec son ex-femme et coéquipière, il va chercher le « dénominateur commun » : un bar, des entraîneuses, des clients, de la violence, de la prostitution, beaucoup de solitude, des hommes qui oublient femmes et enfants pour assouvir leurs pulsions…
Broome va ainsi reprendre contact avec des personnages hantés par ce passé. Ils ont disparu eux aussi, chacun pour fuir leurs cauchemars, mais des évènements vont les faire revenir. Une mère de famille comblée par sa petite vie bourgeoise et un photographe talentueux qui a sombré dans l’alcoolisme sont des éléments essentiels aux dossiers.
Dix-sept ans… et beaucoup attendent un dénouement. Certains vont même chercher les explications avec des méthodes fort peu conventionnelles… Un couple, qu’on appelle Ken et Barbie, va semer des cadavres en extirpant des indices avec un fer à souder et un scalpel.
Très vite, Broome s’aperçoit que ces deux disparitions font écho à une vingtaine d’autres enquêtes non abouties. Et si c’était un serial killer qui sévissait ?
C’est février, la période du carnaval. Broome devra faire tomber les masques.

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Depuis quelques livres, il est pour moi difficile de retrouver ce que j »aime chez Coben ; du suspens, de l’essoufflement, de la surprise… Si j’ai passé un moment agréable dans cette lecture, je n’en sors pas ébouriffée. Comme dans toutes les enquêtes que je lis, j’aime à suivre mes pistes en parallèle de celles écrites. Et si je trouve dès le début… je suis déçue. Que le lecteur est dur pour l’auteur qu’il apprécie ! Je peux reconnaître que le style est toujours limpide, que certains personnages sont séduisants, que… l’auteur est charmant… mais ça ne fait pas tout.
En quatrième de couverture, ils disent « Une formidable poussée d’adrénaline, un voyage en enfer mené tambour battant par le maître de vos nuits blanches. Oserez-vous fermer l’œil cette nuit ? »… Oui ! non seulement j’ai fermé l’œil mais l’autre aussi. Et j’ai bien dormi malgré les litres dispensés d’hémoglobine.

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Atlantic City
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Le jardin blanc

logo arionlogorl2013« Rentrée littéraire » chez Hérisson, logo british mysteries
« British Mysteries » de Hilde et Lou
Partenariat avec les Editions Robert Laffont

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le jardin blancLe jardin blanc
Stephanie Barron

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Rodmell, le 28 mars 1941,
Elle vient de terminer « Entre les actes » et Leonard la trouve fatiguée, désenchantée. En effet, Virginia se sent fragilisée, si osseuse, vieille, trop sensible à la folie qui la menace. Après le jardin de Monk’s House, il y a la Ouse qui serpente et qui remue. Le vent de mars culbute les herbes et brouille l’onde. Elle a toujours été attirée par l’eau et cette rivière l’appelle.
Virginia Woolf est morte ce jour.

Kent, Octobre 2008,
Jo Bellamy est une paysagiste américaine. En Angleterre, on dit « jardinière ».
Engagée par un richissime homme d’affaires, Gray Westlake, elle doit reproduire dans sa propriété de New-York, le Jardin Blanc de Vita.
Sissinghurst Castle, aujourd’hui propriété de la National Trust, a appartenu aux Nicolson en 1930. A l’époque, l’ensemble du domaine, maisons, tours, dépendances et jardins, était en ruine et Lady Nicolson, connue sous le nom de Vita Sackville-West, romancière-poétesse, mit tout en œuvre pour le restaurer. Avec son mari, elle a dessiné les plans et a créé le site magnifique qu’on continue à admirer de nos jours.
Le jardin aux roses, le passage des tilleuls, le jardin paysan, le petit canal, la noiseraie, le jardin aux herbes, le verger et… le jardin blanc.
Le blanc pour unique couleur, le jardin enthousiasme Jo. Se perdre dans les roses, les mufliers, les buis, les arums, la glycine, les pivoines… dans leurs fantasques compositions ou leurs ordonnances géométriques… est un enchantement.
Octobre n’a pas une floraison luxuriante, mais, le temps de la fermeture annuelle, le hors-saison a ses privilèges. Jo s’abandonne et se recueille en pensant à son grand-père qui lui a transmis la passion du jardinage.

Le vieil homme, Jock Bellamy, s’est suicidé récemment et n’a laissé à sa petite-fille qu’une lettre écrite à ses parents en 1941, juste avant son départ pour la guerre. Il demandait leur pardon pour son engagement et parlait d’une « Dame » au regard sombre. Une aura de mystères et de secrets incite Jo à consulter les registres d’états civils et paroissiaux. Elle découvre ainsi que dans sa jeunesse, vers ses dix-sept ans, son grand-père avait travaillé à Sissinghurst, pour les Nicolson. Une révélation qui paraît surprenante sur l’instant mais qui perd de son intensité après réflexion… La famille Bellamy vivait à Knole House, un domaine dans la campagne du Kent qui appartenait aux parents de Vita Sackville-West.

Pour réaliser la copie du Jardin Blanc, Jo demande à voir les documents archivés ; plans, mesures, conception… mais c’est dans un cabanon abandonné qu’elle fait une découverte déconcertante. Une boîte ordinaire recèle un cahier sans prétention portant une étiquette : « Le livre de Jock ».
Le récit est un journal qui commence un 29 mars 1941. « Quand un être meurt, on dit que son fantôme nous hante parfois. » Les mots « désespoir, évasion, chant de la vie : Vita ! »… racontent une histoire incroyable. Jo associe le style d’écriture à celui de Virginia Woolf, la célèbre romancière et grande amie de Vita. Mais l’incohérence des dates rend l’évènement impossible. Virginia n’aurait pas pu l’écrire puisqu’elle s’était suicidée le 28 mars 1941.
Une question en fait naître cent autres ! Comment ? Pourquoi ? Qui ? Quel rôle a eu Jock dans ce mensonge ? et « Qui a tué Virginia Woolf ? »

Délaissant le temps de quelques jours le Jardin Blanc, Jo part chercher des réponses auprès des experts de Sotheby’s à Londres. La jardinière en chef de Sissinghurst veut bien lui confier le manuscrit pendant vingt-quatre heures. Les passions vont se déchaîner si l’expertise se révèle authentique…

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Ce titre figure dans les rentrées littéraires et je le classe dans « enquête policière » ; américaine pour l’auteur, anglaise pour l’ambiance et les décors.
Si je n’ai pas été sensible à l’intrigue, au style et aux personnages contemporains, le livre aura eu le mérite de me faire découvrir deux femmes exceptionnelles ; Vita et Virginia. Partir en quête d’informations a été un véritable plaisir. Côté jardins de rêve, Sissinghurst a une part importante. Lire : digitales, lupins, aubépine, pyramides d’ifs, dédales de buis…, m’emporte autant qu’une aventure passionnante !
A partir de la découverte d’un livre, beaucoup de choses sont remises en question et défraient le monde littéraire. Nous traversons une époque, celle de la Seconde Guerre mondiale, une région, le Kent, et côtoyons un groupe d’artistes et d’intellectuels, le Bloomsbury Group.
Mon appréciation du roman est scindée. Je l’ai aimé pour l’ouverture qu’il offre, je voudrais lire Vita et Virginia, mais je n’ai pas été sensible à l’écriture de Stéphanie Barron. Je pense que la traduction est en grande partie responsable. De plus le scénario est à mon goût un peu trop léger, même si la trame est intéressante, et le soupçon de romance ne m’a pas convaincue.
Je tiens à préciser que cet avis est personnel, car mes copines de lecture sont bien plus clémentes que moi. Heureusement !
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D’autres billets chez Cryssilda, George, Alice, Titine, Karine, L’Irrégulière,

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Virginia Woolf, 1917
Virginia par Roger Fry
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Si douce sera la mort

Halloween de Lou et Hilde
Thriller de Liliba
STAR de Liyah
ABC de Babalio


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Si douce sera la mort
Charlaine Harris

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« La chaleur du Mississipi est étouffante, les insectes grouillent. Catherine Linton, vingt-trois ans, s’entraîne à tirer sur des cannettes devant une cabane. Elle est interrompue par une odeur pestilentielle. Une main dépasse de la porte, celle du cadavre ensanglanté d’une femme… L’infirmière de son père. Cette fois, le shérif de Lowfield la croira quand elle lui dira que ses parents ne sont pas morts accidentellement six mois plus tôt. La petite ville paisible où Catherine a grandi risque de devenir l’endroit où elle mourra si elle n’éclaircit pas les secrets qui pèse sur sa famille… »


J’avais choisi ce livre dans le cadre du mois Halloween, pour l’étape américaine. Je me suis fourvoyée royalement car il n’a rien « de méchant », « de sanglant » ou « d’ensorcelant ». Je souhaitais également l’inclure dans le challenge Polars et Thrillers, et piouf ! c’est pire ! Il me faudrait un challenge Potager et là… je pourrais l’inscrire dans la catégorie navet.

Que vous dire d’autre… tout est fade, même le beau Randall (qui a « les fesses plates »). C’est à croire que le soleil du sud, sur les bords du Mississippi, rend les personnages mous, si mous qu’ils n’ont plus envie de jouer dans le livre. L’ambiance est engourdie, on entend seulement les bruits des insectes volants… enfin presque…
On se doute du meurtrier très vite car l’auteur offre des indices trop criants, le début est trop long, la fin est expédiée en trois pages et comme au théâtre, tous se retrouvent pour la scène finale.
Je vous dirais bien un truc… je spoile d’accord ? C’est la seule chose intéressante. Donc, ci-après vous découvrirez pourquoi le meurtrier… assassine ses victimes à coups de batte de baseball… c’est parce qu’il est lépreux. Bouh ! Il ne veut pas que ça s’ébruite, alors il tue le médecin, l’infirmière… C’est le seul truc palpitant. Puis il y a aussi la main de Randall dans les cheveux de Catherine…

A éviter !

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Mississipi

Des billets chez Séléna,

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Une irrésistible envie d’aimer

Lecture commune avec Sharon et Mia
Challenge de L’Irrégulière, Catégorie « Aimer »

Tome 1 – Une irrésistible envie de sucré

 Une irrésistible envie d’aimer
Tome 2
Meg Cabot

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Embauchée définitivement à l’université, Eather Wells souhaiterait poursuivre en parallèle des études en sciences humaines.
Toujours adjointe à la direction d’un dortoir d’une des résidences, elle a pour nouveau chef le sympathique Tom Snelling.
Ce deuxième semestre n’a rien à envier au premier ! On découvre dans une marmite du réfectoire une tête décapitée.
La délégation habituelle débarque… Les pontes de l’administration universitaire, la police et l’inspecteur Canavan… Enchanté de vous revoir Eather !…

Lindsay Combs, reine du bal de la promo, capitaine de l’équipe des pompoms girls et petite amie du meneur de l’équipe de basket (titrée la tête !) contemple de ses yeux éteints les téméraires qui osent soulever le couvercle de sa dernière résidence.

La recherche du corps risque de devenir intéressante et Eather se lancerait bien dans la chasse au « trésor » malgré les conseils, les avertissements et les vitupérations de Canavan et Cooper ; Cooperson logeur, le frère de son ex-petit-ami, l’homme de ses fantasmes.

Une fuite de gaz est donnée pour excuser la fermeture de la cafétéria. Il ne faudrait pas remuer les braises encore brûlantes des évènements survenus quelques mois avant… « Le dortoir de la mort », surnom attribué à la résidence, voudrait garder ses secrets pour le début de l’enquête.

Mine de rien Eather commence à poser ses questions et les réponses l’orientent vers une fraternité d’étudiants. Assistée de Cooper, toujours exaspéré par son entêtement, elle arrive à s’immiscer dans les arcanes des confréries.

Lu à la suite du premier tome, je n’ai pas été déçue. Dans cet épisode Eather prend de l’assurance. Elle ne supporte pas le désordre qui règne dans sa résidence ! Elle sait comment mener son investigation, s’affirme, ose élever le ton et brave l’autorité toute protectrice de Cooper. Il semble aussi qu’elle soit moins addicte à la nourriture. Son père incarcéré pour fraudes fiscales, sort de prison et lui demande assistance. Cherchant à se faire pardonner, il essaie de se rapprocher de sa fille et demande à Cooper de l’héberger. La maison du grand-père est un asile bienfaiteur.
Nous retrouvons les personnages de Pete, Magda, le Dr Jessup, Jordan, le président Allington… et la communauté s’élargit avec quelques nouveaux, créant autour d’Eather la famille qui lui a tant manquée. Jordan étoffe son rôle et le dealer aux dreads qui traîne dans son quartier se montre entreprenant…
L’auteur nous entraîne dans un milieu où l’hérédité, le pouvoir et l’argent peuvent être une aliénation.
Un roman très agréable à lire – humour, surprise, intrigue policière (moins déconcertante que la première), romance – qui m’a fait aller à la ville la plus proche (35 km) pour me saisir du troisième tome…

Sharon : Tome 1Tome 2
Mia : Tome 1Tome 2
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Image sur google !

Sharon : Tome 1Tome 2
Mia : Tome 1Tome 2
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Sans un mot

Challenge Le nez dans les livres de George
Un livre offert par Sharon

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Sans un mot
Harlan Coben

 

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Une femme dans un bar, Marianne, veut s’oublier dans quelques verres de tequila. Au comptoir, un homme l’aborde et lui parle de la théorie de Darwin dans des propos décousus. Il part, avant de devenir trop lourd… Les verres de cuervo se boivent vite jusqu’à la rendre malade. Une blonde l’aide à se lever et l’accompagne à l’extérieur. Marianne respire l’air frais de la rue. Dehors, une camionnette aux portes arrières ouvertes, attend…

Une femme, Reba, commence à ranger ses commissions dans le coffre de sa voiture. Près d’elle, un homme bataille en voulant installer le siège auto de son enfant. Petit regard amusé, pitié pour l’homme démuni, elle lui propose son aide qu’il accepte avec soulagement. Elle s’avance alors vers la camionnette…

Tia et Mike ont deux enfants, Jill onze ans et Adam seize ans. Tia est avocate dans un illustre cabinet et Mike est un brillant chirurgien spécialisé dans les transplantations. Tous deux s’inquiètent pour leur fils Adam. Depuis le suicide de son ami Spencer Hill, Adam a changé. Renfermé, cachottier, il s’isole dans sa chambre et passe son temps à l’ordinateur.
Tia essaie alors de convaincre son mari sur la nécessité d’espionner leur fils en mettant un logiciel de contrôle dans son ordinateur. La méthode est certes détestable mais elle semble être inévitable, une ultime tactique pour protéger un enfant qui fuit le giron familial. Bien vite, des messages préoccupants interpellent les parents…

« CJ8115 : Ca va, toi ?
HockeyAdam1117 : Je continue à penser qu’on devrait le dire.
CJ8115 : C de l’histoire ancienne. Boucle-la et tu risques rien…
CJ8115 : Qu’est-ce qui ne va pas ?
HockeyAdam1117 : Sa mère m’a chopé après les cours.
CJ8115 : Elle a dit quoi ?
HockeyAdam1117 : Elle sait quelque chose.
CJ8115 : Et toi, tu as dit quoi ?
HockeyAdam1117 : Rien. Je me suis tiré.
CJ8115 : On en reparle ce soir. »

Comment préserver son enfant sans le montrer ? La tâche est délicate et lorsque Adam disparaît sans laisser de mot, toute finesse et subtilité n’ont plus lieu d’être.
Dans un temps minuté par un métronome fou, chacun se livre dans une course angoissante à la recherche du fugueur, glanant au fil de leur enquête des informations alarmantes.

En parallèle, la police enquête sur la disparition de deux femmes, la mère de Spencer cherche à comprendre le geste suicidaire de son fils, une mère attend un donneur pour son fils malade, un serial killer prend plaisir à démolir des femmes, un instituteur se fait harceler et sombre dans une mélancolie… Y aurait-il un fil conducteur à tout cela ?

Je remercie Sharon pour ce cadeau. Je n’avais pas lu Harlan Coben depuis longtemps et je l’ai retrouvé avec plaisir.

Si le scénario est alambiqué, si les personnages principaux et gentils sont tous beaux, intelligents et forts, si la fin est déjà connue dès le début, si on se perd parfois avec tous les intervenants… j’ai quand même passé un bon moment de lecture. Lorsque j’ouvre un livre de cet auteur, je ne veux pas autre chose.
Sharon dans sa critique fait référence au feuilleton « Desperate housewives » et c’est tout à fait l’image que j’avais en tête en visualisant l’implantation de l’histoire. Dans un quartier cossu aux jardins bien entretenus, aux façades pimpantes, chaque maison a son drame et essaie de s’en dépêtrer.
Le rôle des parents dans ce roman est mis à mal, fragilisé, empli de culpabilités et d’incertitudes. Jusqu’à quel point pouvons-nous surprotéger nos enfants, les surveiller, les garder près de nous ? La confiance que nous aimerions leur accorder peut-elle être donnée sans crédulité et sans appréhension ? L’intrigue au fil de sa lecture, glace la lectrice et surtout, la mère que je suis…
Le rythme s’emballe vers la fin dans un tempo haletant et tout s’imbrique pour ne former qu’une histoire.

De tous les personnages du roman, j’ai préféré la petite soeur, Jill. Une fillette un peu trop précoce pour son âge mais courageuse, intelligente et fine observatrice…

Wisteria Lane ?

D’autres billets chez Somaja, Antoni, Sharon, Mia,
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