Le chemin de la plage

Décembre nordique avec Cryssilda
Littérature suédoise
Une lecture commune avec Nahe

 

 

Le chemin de la plage
Anna Fredriksson

 

En apprenant l’infidélité de son mari, Jenny décide de se déconnecter de sa vie durant cinq jours et contacte ses trois amies d’enfance afin qu’elles l’accompagnent pour un périple dans la région d’Österlen, au sud de la Suède.

C’est la fin de l’été, Martina, Anja et Petra voient en ce départ l’occasion de renouer leurs liens qui s’étaient délités avec les années. La quarantaine, toutes les quatre vont aborder les inquiétudes et les contrariétés de cet âge, avec des envies de tout remettre en question, de tout aplanir. La condition de la femme dans le mariage, la condition de la femme en tant que mère, la condition de la femme dans le monde du travail, la condition de la femme en tant qu’amante.
« Prendre de la distance c’est salvateur ! »… Le train, l’hôtel, les balades en vélo, les confidences, les réconforts, la mer, les disputes, les angoisses, les règlements de compte entre copines et le voile sur leur intimité se lève, délestant le poids des non-dits, des secrets.

« Toujours pragmatique et sensée », c’est ce qu’on a dit à Jenny quand on lui a proposé le poste envié de chef de son service. Avec les chapitres du livre qui alternent entre un avant et un présent, on la découvre peu sûre d’elle, stressée, très directive et assez individualiste, organisant son existence autour de son entreprise et délaissant sa vie de couple. Alors après les louanges et les courbettes, ce sont les critiques qui fusent et les mesquineries de la part de ses collègues qui ne tardent pas à échafauder son trépas.
Sur ce point, il est question alors de harcèlement, de la malveillance à tous les étages et de l’incompétence de certains que l’on impute à d’autres, jusqu’à ce que la pression outrage la dignité et fait perdre toute notion objective.

Johan, l’homme qu’elle a aimé, est à Stockholm. Ses jours et ses nuits portent encore l’empreinte de sa présence et Jenny à beau pédaler très vite, elle n’arrive jamais à le semer. Si elle a choisi de se perdre sur les bords de mer d’Österlen, c’est aussi pour retrouver Nicklas qui a tout quitté, son travail et la ville, pour venir avec sa compagne s’occuper d’une maison d’hôtes. A lui qui a toujours été de bons conseils, un ami fidèle et prévenant, elle aurait tant à raconter ! Et puis, il y a Petra qui leur avoue être enceinte, Anja la taiseuse à qui il est difficile de pardonner car elle connaissait depuis six mois l’infidélité de Johan, et Martina… Jenny pédale, se perd dans la contemplation du paysage, et songe au moment où elle sera bien obligée de tout dire…

Une chose est certaine, c’est que tout au long de la lecture on s’imagine faire du vélo et souffler dans l’effort avec elles ! La nature est belle, les odeurs sont salées, il fait beau, mais l’eau doit être froide… Même si le rappel des jours précédents le voyage contrarie la quiétude de ces images, on perçoit une certaine confiance en l’avenir qu’il me plaît de projeter dans la fin du roman laissée comme des petits points de suspension par l’auteur.
C’est le deuxième livre d’Anna Fredriksson que je lis et je vous avouerai que je n’éprouve pas une sympathie débordante pour ses héroïnes, pourtant très en phase avec notre époque. Dans « Rue du bonheur » je disais que j’aimais les seconds rôles et je réitère avec celui-ci.
C’est si doux d’avoir des amis !

 

Une photo d’Österlen prise sur ce site « ici »

 

 

 

Dialogues de fleurs


Un livre offert par Babelio et les éditions Petit Génie dans le cadre des Masses Critiques
Un livre de contes pour le challenge de Bidib « Contes et légendes »

 

 

Dialogues de fleurs
Mohammed El Faïz
Illustrations d’Anne Sorin

 

« Mohammed El Faïz, l’auteur, est professeur d’histoire économique à l’université de Cadi Ayyad de Marrakech (Maroc), et spécialiste de l’agronomie et des jardins du monde arabe. Anne Sorin, l’illustratrice, issue des Beaux-Arts de Rennes, travaille depuis plus de vingt ans dans l’édition… ».

 

« Il y a quatre mille ans, les Sumériens, habitants de l’Irak ancien, ont inventé un genre littéraire appelé adaman-du-ga. Ce genre met en scène des plantes, des arbres et des arbustes… »

Ce petit livre joliment illustré rapporte des fables florales écrites au IIIe siècle après J.C. et traduites en 902, de la langue syriaque en arabe. De la Mésopotamie aux rives du Guadalquivir, les histoires donnent la paroles aux végétaux et leur attribuent des sentiments humains pour débattre de leurs conditions et exprimer des requêtes.
Bien souvent, même s’il y a une grande solidarité entre eux, leurs conversations ne sont pas des causeries harmonieuses, mais plus des altercations et des polémiques très bavardes. Fleurs, arbres, arbustes défendent leurs droits, leurs rangs dans la hiérarchie des plantes, et deviennent de véritables tribuns justiciers. Ainsi lit-on qu’une ketmie se compare à la mandragore et demande que les Magiciens de Babylone réévaluent sa position. Ou, lors des élections de la reine des fleurs avec les différentes délibérations envers la rose, qui dans une autre fable se targue d’être aussi la reine des aromates. Ou, le jujubier qui demande grâce à son bûcheron… Ou bien encore, les prétentions d’un abricotier et l’arrogance d’un mûrier qui se disputent la place…

Toutefois, si ces vindictes se montrent violentes, elles n’en ont pas moins une poésie orientale, spirituelle et enchanteresse qui donne à la lecture sa musique et son miel.
Des images se dessinent, des jardins antiques foisonnants comme les illustrations, avec ses patios et ses oiseaux. La végétation domestiquée ou sauvage a du tempérament et aime jouter. Il faut lire ce livre sans vouloir dans un premier temps chercher les symboles que les paraboles veulent raconter. Il faut simplement se laisser mener vers une dimension féérique et trouver aux verbes leurs belles mélodies, leurs couleurs et leurs essences, juste pour un plaisir gourmand.
Je vous recommande ce beau recueil de contes sur la flore.

 


1er dessin : Les fanfaronnades dignes du figuier et de la vigne

2ème dessin : Le tournoi des fleurs

 

 

Incroyables nids


Un livre offert par Babelio et les Editions Amaterra dans le cadre de Masses Critiques Jeunesse
Challenge Animaux du monde avec Sharon

 

 

Illustrations de Gaëlle Lasne
Texte de Guénolée André

 

Dans ce très bel album destiné aux enfants, Gaëlle Lasne a pris ses crayons pour présenter d’incroyables architectures, dont les bâtisseurs sont les oiseaux.

Ils ont tous des spécialités bien singulières pour construire leurs nids qui abritera leurs œufs et leurs oisillons. Ils tissent, ils tressent, ils tapissent, ils cimentent, ils creusent, ils cousent… Ils habillent leurs structures de branchages, de papier, de ficelles, de crin, de toiles d’araignées, de boue, d’algues, de lichen, de coquilles d’escargots, de mues de serpents, de plumes, de feuilles…
Accrochés aux branches des arbres en hauteur, ou cachés dans les creux des troncs, nichés au sol, isolés ou en collectivité, à ciel découvert ou sous un toit, ils peuvent être aussi léger qu’une plume ou peser plusieurs tonnes.


Trente huit nids sont ainsi évoqués et illustrés, avec leurs charpentiers venus des quatre coins de la planète, des oiseaux aux noms connus comme la mésange bleue ou des oiseaux étrangers comme l’amblyospize à front blanc venu d’Afrique.
Des mots simples et de courts descriptifs, de belles illustrations colorées des oiseaux en action, l’enfant aura aussi le plaisir de découvrir ce qu’il se cache dans les nids en relevant un volet de la forme des nids.

Je vous recommande ce beau livre qui nous raconte la beauté, l’intelligence de la nature et les différentes nidifications des oiseaux, de véritables petites merveilles…

 

 

 

 

La maison dans les bois

Juin en Angleterre avec Lou et Cryssilda
Un album illustré avec Hérisson
Challenge Animaux du monde avec Sharon

 

 

 

La maison dans les bois
Inga Moore

 

Suzie Truie et Simon Cochon sont voisins. Un jour d’automne, après leur promenade dans la forêt, ils découvrent que leurs logis ont été pris par Léone Oursonne et Vincent Élan.
Les deux amis ne refusent pas l’hospitalité aux intrus, mais leurs tanières avaient été construites pour eux et pas pour de grands gabarits.
Les abris détruits, ils se retrouvent donc sans logement, à cogiter. Et c’est Vincent Élan qui propose d’appeler l’équipe des Castors, d’excellents bâtisseurs, pour qu’ils leur fassent une grande et solide maison où ils pourront loger tous les quatre.
Les murs, le toit, les fenêtres, les portes, les cheminées, l’escalier, la nouvelle maison se construit vite. Une belle maison qu’il faut aussi aménager, décorer, et remplir les placards de la cuisine de nourriture… Quelle journée ! quelle magnifique journée !
Le soir, après être allés chez les Castors pour les payer en sandwichs au beurre de cacahuète, Suzie, Simon, Léone et Vincent peuvent enfin se reposer chez eux. Une soupe et au lit ! ou plutôt, une soupe, la vaisselle, une veillée à la cheminée… et au lit !

Cette petite histoire classique, joyeuse et très joliment illustrée, raconte le plaisir de vivre ensemble, l’amitié, la générosité et la solidarité. Le texte court est parfait pour la lecture-câlins du soir, et les beaux dessins, aux doux coloris, nous embarquent dans un monde animalier heureux, plein de sérénité.
On peut retrouver l’auteur et ses dessins dans une adaptation du roman animalier « Le vent dans les saules » de Kenneth Graham.
Un très bel album tout mignon à recommander !

 

La-maison-dans-les-bois 3

 

 

 

La famille Souris et le potiron


Hal
loween en octobre avec Hilde et Lou
Les samedis sont albums jeunesse
Billet n°7

 

 

La famille Souris et le potiron
Kazuo Iwamura

.

Les mystères de la nature avec une graine de potiron à planter, « une étincelle de vie » !
Grand-père Souris rassemble ses petits-enfants pour planter la graine, et c’est l’occasion d’une leçon sur le jardinage, entre sarclage, binage… et attente…

La famille souris et le potimarron 1
Il va falloir se montrer patient car le premier germe se fait languir ! Mais lorsqu’il pointe son nez, c’est magique ! Et c’est alors que papillons, coccinelles et sauterelles convoitent les feuilles tendres qu’il faut vite protéger.


La plante s’étend, grandit, fleurit, sous le soleil, sous la pluie… le potiron se forme. La famille Souris est émerveillée et continue à lui donner tous les soins nécessaires à sa croissance.

La famille souris et le potimarron 2
A la bonne saison, à l’automne, il y aura de quoi faire en cuisine ! Soupes, gâteaux, pâtés et croquettes garniront la table de la famille. Puis, pour l’année suivante, il y aura encore des graines à planter !
Comme pour les autres albums, le quotidien est toujours une fête et le travail se fait en famille. C’est une ode à la nature, au courage et à la persévérance, c’est doux et poétique.

 

La famille souris et le potimarron 3

.

.

.

Gifts from the garden

logo un_bouquet_des_pivoines_par_pierre_joseph_redoutelogomoisanglais16Mois anglais avec Cryssilda et Lou

Lorsque des amis partent pour les Cornouailles et me ramènent un beau présent…

.

.

 

9781908991157Gifts from the garden
Stephanie Donaldson
Photographies de Michelle Garrett

.

Stéphanie Donaldson est rédactrice en chef du magazine Country Living et l’auteur de nombreux livres sur le jardinage, dont certains sont spécialisés dans le développement de l’horticulture biologique.
Plus qu’une jardinière, elle aime aussi proposer dans ses ouvrages des ornements pour agrémenter les jardins. « Gifts from the garden » présente plus d’une cinquantaine de créations à réaliser soi-même… du home-made.

garden1Des explications claires, des réalisations faciles qui sont à la portée de toute bonne volonté (même pour les enfants), des pochoirs, de belles photographies mettant en scène les ouvrages, tout incite à se mettre au travail pour embellir nos intérieurs comme nos extérieurs.

Ce livre mène aussi à la rêverie. On ne peut s’empêcher d’imaginer une serre où l’on entasserait de jolies poteries peintes, ornées de mosaïques. Je mettrais des semis dans de vieilles cagettes en bois, et j’y collerais de belles étiquettes… Je suspendrais mes roses, ma lavande et du blé, pour en faire des bouquets de fleurs séchées ou des pots-pourris, mélanges de senteurs estivales. Je pense également aux sœurs Dashwood. Dans l’adaptation cinématographique de « Raison et sentiments », on les voit dans une réserve de leur cottage du Devonshire, où elles accrochent des bouquets de fleurs, le long d’une poutre. Une belle façon de garder l’été à l’approche de l’automne.

Ambiances bucoliques, vintages, des couleurs patinées, on apprend à composer des sachets d’herbes aromatiques, un nichoir pour oiseaux, des bougies à la citronnelle, un attrappe-rêve, des tuteurs très stylés pour pieds de tomates, des jardinières faites à partir d’objets de récupération, des fusettes de lavande pour les armoires… les idées ne manquent pas !
garden2
Alors, choisissez vos couleurs, sélectionnez de beaux rubans, achetez un pot de persil, un pot de ciboulette, un pot de basilic… allez fouiller dans votre grenier une vieille marmite rouillée ou un panier à salade en fer, et amusez-vous à organiser le tout !

Je vous conseille ce beau livre aux idées créatrices foisonnantes et harmonieuses. Il peut être le compagnon de vos longs après-midi d’été durant les vacances…

  garden3

.

.

.

l’Irlande, un art de vivre

l'irlande un art de vivre

L’irlande
Un art de vivre
Walter Pfeiffer

.

Des petits cottages aux demeures les plus somptueuses, de la campagne aux landes sauvages, des lacs profonds  jusqu’aux bord des mers, de la sobriété, de la rusticité au raffinement et au faste… l’air est empreint de romantisme, de mystère et de passion.

« La mer omniprésente, des centaines de lacs romantiques, des rivières saumoneuses, des landes sauvages, des jardins splendides et des pubs accueillants font le charme de ce pays où il fait bon prendre son temps. Un pays original, fier de ses traditions, à découvrir de cottage en château, au gré des chemins détournés qui le sillonnent. Surprenantes images d’une île verte où vibrent le rose des forêts de rhododendrons et le pourpre des bruyères, et où l’art de vivre rime avec nature et traditions. »

.

L'irlande 1 L'irlande 2

.

.

.