Le saut oblique de la truite

Un livre offert par l’auteur et je l’en remercie.

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Le saut oblique de la truite
Jérôme Magnier-Moreno

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Le récit de ce petit livre débute dans les toilettes du cimetière Montparnasse où l’auteur confie que la décision qu’il a prise le rend malade. Depuis dix ans, il trimballe dans un vieux sac à dos rouge, sorte de gri-gri, garde-corps et compagnon d’aventures, un journal de bord dans lequel il raconte son séjour en Haute-Corse ; les pérégrinations d’un jeune Parisien, architecte, peintre et pêcheur de truite. Une décennie plus tard, il est enfin prêt à le faire publier.
Dans une gamme de couleurs allant du rouge au bleu profond, l’auteur saisit le paysage, l’odeur du maquis, l’ambiance, ses rencontres et ses sentiments. Il devait rejoindre son ami Olivier qui n’est jamais venu et il s’est retrouvé à longer le fleuve Tavignanu, seul et, au final, heureux de l’être.

Quelques jours d’introspection pour appréhender l’avenir et reconquérir le goût de la vie, réflexions en tout genre, sexualité exacerbée, méditation poétique, de belles images et une communion forte avec l’espace, l’écriture peut aussi parfois se montrer sinueuse, comme un chemin de randonnée. Par « sinueux », je définie ainsi les déséquilibres de ma lecture où j’ai souri et… de temps en temps, fait la moue..
La quête initiatique du jeune homme n’aurait pas pu trouver plus belle terre que cette île, forte et fière…
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D’autres billets chez Didi, Keisha, Aifelle,

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l’Irlande, un art de vivre

l'irlande un art de vivre

L’irlande
Un art de vivre
Walter Pfeiffer

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Des petits cottages aux demeures les plus somptueuses, de la campagne aux landes sauvages, des lacs profonds  jusqu’aux bord des mers, de la sobriété, de la rusticité au raffinement et au faste… l’air est empreint de romantisme, de mystère et de passion.

« La mer omniprésente, des centaines de lacs romantiques, des rivières saumoneuses, des landes sauvages, des jardins splendides et des pubs accueillants font le charme de ce pays où il fait bon prendre son temps. Un pays original, fier de ses traditions, à découvrir de cottage en château, au gré des chemins détournés qui le sillonnent. Surprenantes images d’une île verte où vibrent le rose des forêts de rhododendrons et le pourpre des bruyères, et où l’art de vivre rime avec nature et traditions. »

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L'irlande 1 L'irlande 2

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Gargilesse

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Un di
manche avec du soleil et des amis, nous avons pris la route du Boischaut Sud, dans l’Indre, pour le charmant petit village de Gargilesse. Traversé par la rivière Gargilesse et nanti d’un château dont la construction fut commencée au Xè siècle, ce village pittoresque est connu pour ses activités culturelles offertes à la belle saison et pour l’une de ses petites maisons qui a appartenu à George Sand. Maison de campagne, « refuge » qu’elle partageait avec Alexandre Manceau, elle est sans prétention, nichée dans un coin. Agencée comme à l’époque de George, avec des souvenirs récoltés par sa petite-fille Aurore, elle est aujourd’hui un musée qu’on peut visiter.
Flânerie en photos…

Gargilesse 1.gargilesse1   banngar1 banngar2gargilesse5Église Saint-Laurent et Notre-Dame

IMGP6165banngar3Au sous-sol, une crypte décorée de fresques – XIIIe, XVe et XVIe siècle

banngar4Maison de George Sand

gargilesse7Le château

banngar5banngar6gargilesse11gargilesse12Maison du peintre Henri Jamet et et de son fils, le harpiste Pierre Jamet

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                           gargilesse13

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Beaune, entre campagne, vignes et remparts

Dernière semaine des vacances, escapade de deux jours, nous sommes partis en Bourgogne. Depuis des lustres, Mister B. souhaitait voir le polyptyque « Le Jugement dernier » de Rogier van der Weyden.

Une belle campagne, des coins seuls au monde, puis les premières vignes… et le ciel bleu. La route des vins nous la ferons après notre découverte de Beaune.
Une première approche par les remparts qui ceinturent la ville, nous nous sommes dirigés vers le syndicat d’initiative qui nous a donné plans et renseignements.
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.Beaune2.
Première visite, le musée des beaux-arts. Petit, il a été une mise en bouche. J’ai découvert deux peintres qui rendent merveilleusement bien les tendons, les rides, les veinules… ce sont Édouard Darviot et Édouard Paupion.
Aux tableaux se mêlent des sculptures, une collection égyptienne et une archéologique. En exposition temporaire, nous avons admiré les dessins du journaliste et illustrateur Noël Dorville.
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Beaune3« La grand-mère » d’Edouard Paupion

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Deuxième visite et sujet de notre voyage, les Hospices de Beaune, l’Hôtel-Dieu un « palais pour les pôvres ». Il fut fondé en 1443 par Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne et Guigone de Salins, son épouse. Les soins et la charité y ont été dispensés par les Sœurs  Hospitalières jusqu’en 1983. Son architecture, ses toits vernissés, ses ventes de bouteilles de vin, produit de leurs vignes, qui aident à l’entretien de ce patrimoine, et le polyptyque  de Rogier van der Weyden, font la renommée de ce monument historique.

bannBeaune1Entrée

4Cour intérieure
et toitures

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1. Premières salles, la salle des pôvres et la chapelle où Guigone repose en paix. C’est là qu’était accroché le polyptyque du « Jugement dernier ». Mais à présent, il est dans une salle à part.
A l’origine, les deux salles n’en formaient qu’une et les malades pouvaient regarder ce tableau de leurs couches. Un espace immense avec une charpente magnifique, poutres peintes aux couleurs lumineuses et ornées de gargouilles sorties d’un bestiaire féerique, qui ressemble à celle d’un bateau.

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bannBeaune4bannBeaune3.
2. Dans la salle Saint-Hugues qui date de 1645, douze lits sont alignés. Cet espace était destiné aux hommes. Les murs sont richement décorés de peintures.

73. Dans la salle Saint-Nicolas, salle réservée aux personnes âgées, une singularité est à dévoiler… La rivière la Bouzaise coule sous les dalles. La pièce est traversée par une rigole protégée par des ferronneries. C’est par là qu’on jetait les déchets, les eaux usagées.
Aujourd’hui, des vitrines exposent des instruments de « l’art médical » et des maquettes des Hospices.

bannBeaune5894. La cuisine… on y préparait les repas des malades mais aussi les galettes de pain blanc qu’on distribuait aux portes de l’Hôtel-Dieu.
  bannBeaune6105. Le laboratoire où on élaborait les médications, emplâtres et potions…
     6. L’antre de l’apothicaire avec ses innombrables pots…

11bannBeaune7. 12137. Par la cour, nous allons à la salle Saint-Louis, aménagée en 1660 pour les patients d’origine militaire, où se trouvent les tapisseries et les coffres. Une importante collection de taste-vin est exposée.

bannBeaune8.
8. De ce sanctuaire, nous accédons à la salle où est accroché le retable de Rogier van der Weyden… « Le Jugement dernier ». Les photos que j’ai prises sont floues et il serait sacrilège de vous les montrer ! Alors, merci Google…
Polyptyque, de quinze panneaux en chêne, peint entre 1443 et 1452 pour l’Hôtel-Dieu.

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jugement dernier.
jugement dernier 12Partie gauche
La joie dans la Jérusalem nouvelle
Pierre, socle de l’Église (en rouge)
Marie pleine de grâce

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jugement dernier 13Partie droite
Jean-Baptiste le précurseur et André le protecteur
Paul le messager (en vert)
L’horreur dans les abîmes de l’Enfer

.jugement dernier 14Partie centrale
La pesée des âmes
Un rappel de la Passion (les anges sur les deux panneaux)
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jugement dernier 2Le retable fermé.

Il était présenté ainsi tout au long de l’année. On ne l’ouvrait que pour les dimanches et les fêtes solennelles.
Commande du chancelier Rolin à Rogier van der Weyden, peintre flamand du XVè siècle qui en 1435 devint peintre officiel de Bruxelles. Il était disposé au fond de la salle des pôvres pour que les malades puissent l’admirer. Il leur donnait force et courage dans la foi. L’âme devait déjà s’orienter vers le dernier jugement.
L’œuvre est magnifique et saisissante. Les couleurs sont éclatantes ! Nous sommes restés près de trente minutes, assis à le contempler. Nous avons eu de la chance, il y avait peu de monde.

Nous sommes retournés doucement dans le centre de la ville, dans les petites rues pavées. Une glace italienne, des achats souvenirs, et nos pas sont allés vers l’hôtel des ducs de Bourgogne où est le musée du vin de Bourgogne.

14    Jarres, amphores – Époque antique grecque et gallo-romaine

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Détails des tapisseries d’Aubusson
Gauche : Michel Tourlière / Droite : Jean Lurçat

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Retour à la maison d’hôtes, un cadre enchanteur et des hôtesses aux petits soins…
Une adresse coup de cœur ?

Côté Remparts – 2, Rempart de la Comédie, 21200 Beaune

15bannBeaune12Le lendemain matin, balade-vitrines. Et un ciel toujours aussi clément. Il faisait chaud ! Nous choisissions nos trottoirs à l’ombre…

bannBeaune13bannBeaune14.

Nous quittons Beaune en pensant la revoir un jour. Être ailleurs… le sens fut vrai. Nous étions dans une autre vie, une autre époque. Albertine dit « S’oublier un temps… ».
Nous prenons la route des vins de la Côte d’Or. Des adresses de caves… des accueils charmants, bavards, des dégustations, des odeurs de cave, de bois, de frais, de moisissures… des premiers crus. Pommard, Meursault, Volnay, du blanc, du rouge…
« – Madame, vous pouvez recracher ici.
– Non, non, je ne conduis pas. » et je suis gourmande !
C’est magique ! des terres qui se touchent, qui se mêlent, un même cépage et des goûts différents qui explosent.

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16bannBeaune15bannBeaune16 bannBeaune17.

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Et le prochain voyage ?

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Le Québec

logomelangedesgenres1logoquebec14Septembre, mois québécois, avec Karine et YueYin « Tout genre » de Miss Léo

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le québecLe Québec Heureux qui… Maurice Sand

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Maurice Sand est le fils du baron François Casimir Dudevant et de George Sand. En 1861, à l’âge de trente-huit ans, il accompagne le prince Napoléon, dit « Plon-plon », dans une mission diplomatique en direction de l’Amérique et du Canada. Proche de sa mère, il lui adresse des lettres qu’il écrit quotidiennement. George Sand trouve dans ce journal, la spontanéité, la fougue d’un jeune homme ravi de découvrir une contrée lointaine et des gens très différents. Dans la préface, elle salue le style d’écriture, enjoué, anecdotique, observateur, intime, et raconte que tout cela mériterait d’être publié dans La Revue des Deux Mondes. La rubrique s’intitulera « Six mille lieues à toute vapeur ».

La route est longue ! Terre, mer, bateau, train, la route qui doit les mener au Québec n’est pas une des plus directes… plus de six mille lieues, soit trois mois et vingt jours de voyage. Maurice dit qu’il a souvent quartier libre et qu’il a le droit d’aller où bon lui semble. Une indépendance qu’il cite… « liberté de manœuvre ». Il n’hésite donc pas à quitter le groupe et à s’aventurer pour saisir les paysages, faune-flore, les gens, physionomie-mœurs, et l’essence particulière d’une atmosphère étrangère. Il imagine sa mère à ses côtés et s’intéresse à toutes les curiosités qu’elle aurait pu avoir.

Lincoln est élu président des États-Unis, la guerre de Sécession se prépare. Après tout un parcours, Washington, Alexandria, Fairfaw, Cleveland, les Grands Lacs…, le voyage princier arrive à la frontière canadienne, Port Huron le 20 août. L’accueil est chaleureux avec trompettes, fanfares et salves de canon. L’ambiance est festive, les bals cadencent les soirées, les femmes dévoilent sans pudeur leurs gaietés et les hommes chiquent, crachent, boivent, sans continence. Maurice souligne que les Américains qu’il côtoie dans cette effervescence, paraissent mal éduqués, bruyants, et sans code de bienséance. Le tableau tranche avec le regard des « indigènes ». Les jours suivants, le bateau vapeur borde des paysages qui célèbrent une nature magnifique, sauvage, rugueuse. Maurice, l’artiste, le géologue, le botaniste, le collectionneur, les dessine avec les mots. Tout est répertorié… le schiste calcaire, le fer, des roches multicolores, les immortelles blanches, les framboisiers, les arbousiers, les pins, les chênes, les érables, des arbres gigantesques qui soulignent la côte. La végétation luxuriante saisit et peut angoisser. L’homme n’ose pas l’apprivoiser et la délaisse pour une région moins rude, vers l’est. Lorsque Maurice est face à tant de grandeur, lorsqu’il parle avec les trappeurs et les locaux, il se dit que la modernité, les élégances, sont superflues. Les indiens aux peaux rouges les regardent arriver. Certains sont de bons hôtes et parlent même « un petit brin de français », d’autres rejettent l’invasion et la suprématie des blancs. Les regards sont indifférents ou tentent de cacher leur mépris. Maurice trouve une ressemblance avec les Arabes qui subissent le colonialisme.

22 août, Lac Supérieur… visite des mines de fer, collecte de pierres pour George et aurore boréale… 23 août, Île Manitou, Copper-Harbour, Eagle-Harbour… Il voyage à bord du North-Star, en compagnie de trois jeunes filles qui s’appellent Mary et joue les galants avec elles. En parenthèse, il précise que les femmes célibataires sont toutes en recherche d’un mari, elles sont coquettes et voraces. Il faut être donc très attentif et ne pas commettre un impair ! … 26 août, Saut-Sainte-Marie, Île de Mackinaw, il quitte ses compagnons de voyage pour une autre embarcation… 7 septembre, les rives du Niagara… des lieux-dits et des gares qui portent les noms des capitales Londres, Paris, Naples, Moscou, Le Caire… Il retrouve une partie de la délégation pour admirer les chutes. Le spectacle est grandiose, ses mots peinent à décrire…

« C’est si grandiose, si beau que je ne saurais te le décrire, et je pense à ce Nègre d’un roman de Cooper qui ne peut manifester son admiration que par un éclat de rire homérique. Moi aussi je ris, mais c’est de mon impuissance à rendre par des mots l’admirable chose que j’ai vue. Devant ces montagnes d’eau, on ne pense ni à peindre, ni à dépeindre : on est abasourdi, terrifié. L’imagination vous emporte au milieu de ces tourbillons, et on se sent aplati comme un brin de chaume sous cette foudre de cataractes… »

Le pont est traversé, frontière menant aux rives canadiennes, et Maurice voit les forêts comme des cathédrales. Il aime se perdre dans cette immensité. Apprenti aventurier, il croise des écureuils, un pic noir, des fourmilières géantes, des insectes de toutes sortes, des milles-pattes jaunes et des crotales. Ces derniers font sa fierté car il est arrivé à en capturer… Le 11 septembre, c’est Montréal après Mille-Îles, les rapides de Long-Sault. La civilisation est chaleureuse et Maurice est « tout gaillard d’entendre tout le monde parler français à la mode de Normandie et de Touraine ». « Population française et gouvernement anglais », ils sont reçus avec beaucoup de générosité. Des drapeaux, des acclamations, et c’est la Nouvelle France qui refait surface ! Une terre que Maurice dit « lâchement cédée aux Anglais par Louis XV en 1763. » La ville est presque scindée en deux. Les Anglais d’un côté, les canadiens de l’autre. Le 14 et 16 septembre, le Québec. La terre ferait presque pleurer Maurice. Il découvre un sol dévasté par le déboisement, éventré, « en chantier ». L’homme veut la transformer. L’agriculture se fait une place. Il parle des richesses, du sucre brun que l’on récolte en sirop, du goût de l’indépendance et d’une constitution qui se voudrait ni anglaise, ni américaine, ni française. Pourtant la France est bien acceptée. La citadelle est belle, dominante. Le séjour touche à sa fin, les cocktails et les dîners sont aussi au programme. La délégation est fêtée. Le jour du départ qui est aussi la fin de ce recueil, Maurice colporte une conversation qui mérite d’être livrer dans ce billet…

« – Dis donc, les Anglais, ils font feu des quatre pieds pour le prince français !
– Tiens ! je crois bien ! Ils font contre mauvaise fortune bon cœur ; mais, il n’y a pas à dire, il faut le recevoir comme ça, ou avoir la guerre avec la France.
– Bah ! Qu’est-ce que vous dites donc là, vous autres ? Tout le monde est content de voir des Français. Si c’étaient des Américains, je ne dis pas !
– Tiens ! tiens ! regardez donc la-haut. Le canon de la citadelle a envoyé un rond de fumée en couronne !

– Ah ! C’est comme quand on fait des ronds avec la fumée d’une pipe. C’est un présage.

– Quel présage ?
– Présage de bonheur.

– Pour la France ?

– Et pour nous aussi, donc ! Ça veut dire que nous redeviendrons enfants de la mère-patrie.
– Laissez donc ! nous n’avons pas trop à nous plaindre pour le moment. Si on continue à marcher droit…
– Dame ! on verra, on verra. Vive la France ! en attendant.
– Oui, oui, vive la France ! »

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Ce recueil de lettres n’a rien de barbant ou de savant. Comme il est dit dans la préface, Maurice a écrit cette correspondance pour divertir sa mère. Ça se lit facilement, avec plaisir et intérêt.

La place du Québec est petite et se raconte dans la fin du livret. Dans ce court chapitre, plus que la nature, c’est l’ambiance qui est traduite. La carte territoriale n’a rien de conforme à celle d’aujourd’hui, elle était bien plus réduite. Il semble que la délégation princière permet de redécouvrir ces régions oubliées et joue un rôle de voyagiste. Maurice retrouve ces lointains cousins et l’alchimie affective renait avec force, à sa grande stupéfaction ! Sur ce continent, il y a beaucoup de nous, de notre terroir.
Je vois George Sand se régaler des missives qui devaient arriver par paquets ! Son fils a un certain talent de conteur… Il combine les images entre une nature majestueuse, une société qui partage son voyage, moins conservatrice qu’on aurait pu le penser, des fastes et trompettes, des bals et des séductions, les officiels, le peuple amérindien… rien qui ne peut lasser et tout qui peut captiver.
Dans le récit, Maurice emploie souvent le terme « Nègre » pour appeler les noirs qui servent sur le bateau. Sincèrement, dans ce cas là je ne pense pas qu’il y ait matière à se formaliser, même si c’est déplaisant. Pas de racisme, mais plus une époque qui ne notait pas le caractère péjoratif de l’adjectif. Il est à relever également que Maurice a de la compassion pour le peuple indien. Les passages qui les concernent sont respectueux.
Je garderai de ces lettres, l’extrait où Maurice fait face aux chutes du Niagara. Il disait que les mots ne pouvaient exprimer la puissance, l’impact, la beauté des lieux. Je ne suis pas d’accord… j’ai reçu à cet instant précis, les embruns des cascades.

Des lettres que je vous recommande ! « … Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage… » Les Regrets, de Joachim du Bellay

.. Krieghoff_Quebec_1862 Vue de Québec, 1865 du peintre Cornelius David Krieghoff . . .

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Deux jours de novembre à Paris – 3ème partie

Challenges « L’art dans tous ses états » de Shelbylee et « Paris, je t’aime » de L’Ogresse et Sharon

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La galerie du Louvre pour ce dernier jour. Nous avons décidé de flâner dans les boutiques toute la matinée jusqu’au déjeuner. Direction la librairie où nous avons fait des folies…

« – Combien puis-je dépenser chéri ?
– Pfff… on fera les comptes après… »
Message reçu, pas la peine de répéter. Et vous savez quoi ? C’était délicieux.
PS : J’ai découvert la boutique Fragonard.
Après notre repas à consonances méditerranéennes, nous avons pris le jardin des Tuileries en direction de l’Orangerie pour l’exposition de Frida et Diego…

  . IMGP1090Paris1IMGP1106.P1050821P1050823Frida Kahlo, Diego Rivera,
L’art en fusion

Musée de l’Orangerie
du 09.10.13 au 13.01.14

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Nous n’avons pas eu le droit de prendre des photos. Avant d’aller saluer le talent de ce couple d’artistes, nous sommes passés nous imprégner des couleurs des nymphéas de Monet.


fridaPhoto de Nickolas Muray – Frida Kahlo sur un banc blanc, 1939.
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L’art en fusion… ce titre est si bien approprié ! Les couleurs et la passion sont éclatantes. Diego est à l’honneur dans la première salle et j’aime particulièrement un de ses tableaux aux formes cubiques, aux teintes plus douces. En Espagne dans les premières années, il s’est inspiré des maîtres Velasquez, Goya, le Greco… puis à Montparnasse en France, il rencontre Picasso, Mondrrain, Modigliani…
Dans la deuxième salle, Frida apparaît. Des photos racontent leur vie et sont mises en valeur par un mur jaune-moutarde ; chaleur, soleil (nous venions de quitter une salle aux murs bleus).

Frida-et-DiegoDiego et Frida


Ils se sont rencontrés en 1928, se sont mariés en 1929, et leur amour « passionnel et conflictuel » a duré 25 ans, jusqu’à la mort de Frida en 1954.
Les photos reflètent l’amour, une part de bonheur, mais aussi beaucoup de souffrance. C’est le thème abordé dans la salle suivante…
Leurs tableaux se mêlent, se complètent et dévoilent des personnalités entières, dévouées à leurs causes, impliquées.
L’émotion est forte. C’est beau et douloureux, la mort se manifeste à travers les stigmates et les symboles. Je n’ai pas pu soutenir du regard un des tableaux de Frida, celui où elle est maintenue par une colonne de fer et persécutée par des clous, des sangles.
Une expo très intéressante qui pourtant n’a com
blé mes attentes qu’à moitié. Je pensais découvrir une œuvre plus complète et non partagée. Je voulais en voir plus…

.frida khaloStitched Panorama

Autoportraits…
Frida Kahlo, 1926, huile sur toile, 79,7 x 61 cm, collection particulière

Diego Rivera, 1907, musée Dolores Olmedo, Xochimilco, Mexique

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frida-kahloPortrait de Doña Morillo de Frida Kahlo
1944, musée Dolores Olmedo, Xochimilco, Mexique

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Frida-Kahlo 3Portrait d’Alicia Galant de Frida Kahlo
1927, huile sur toile, 107 x 93,5 cm

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diego rivera 3Vendedoras de alcatraces de Diego Rivera, 1943

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Sur le chemin du retour, le jardin prenait ses ombres vespérales, nous étions un peu plus silencieux et nous ne voulions plus partir.

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D’autres billets chez ClaudiaLucia,
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