La mariée de Ceylan

Un livre offert par Babelio et les Éditions Milady

 

La mariée de Ceylan
Dinah Jefferies

 

Ceylan, de 1925 à 1934

Sans jamais avoir quitté le Gloucestershire, sauf en de rares occasions pour aller à Londres, Gwendolyn, une jeune mariée de dix-neuf ans, part seule à Ceylan pour rejoindre son mari, Laurence Hooper un veuf de trente-sept ans, propriétaire d’une plantation de thé, qu’elle a rencontré lors d’un bal. Candide et encore ignorante de ses devoirs d’épouse, elle fait confiance à Laurence pour donner le ton à leur mariage. Mais celui-ci, très occupé par son travail, la confie dès le premier jour de son arrivée à sa gouvernante et vieille nourrice dévouée, Naveena. Une maison tenue par des serviteurs silencieux et un mari souvent absent, Gwen chasse son ennui en s’aventurant sur la propriété et découvre peu à peu un cadre enchanteur et luxuriant, mais aussi la dure vie d’une plantation dans un pays colonisé. Elle fait alors le triste constat que l’image qu’elle en avait est à mille lieues de la réalité.

Amoureuse, sensible et d’un naturel expansif malgré son éducation de jeune fille de bonne famille, elle essaie de s’acclimater à son nouveau rôle et à ce pays étrange et sauvage, mais la personnalité changeante de son mari la surprend et la déroute. Toujours charmant et prévenant avec elle, il peut se montrer tour à tour très aimant ou très réservé, surtout lorsqu’elle lui pose des questions sur son passé, sa première femme qui s’est suicidée et la petite tombe d’un enfant qui est perdue et ensevelie sous la végétation de la propriété.

Des promenades dans la nature, des heures passées entre les pages de romans policiers et quelques soirées avec des voisins sont les seuls dérivatifs d’une vie indolente qui n’arrive pas à la satisfaire et à lui faire oublier que ses questions restent toujours sans réponse, que sa belle-sœur Verity est antipathique, lunatique et très possessive envers Laurence, qu’une vieille amie de son mari, qui fut sa maîtresse après son veuvage, est un peu trop envahissante et que le régisseur de la plantation se montre impitoyable envers les ouvriers cingalais. Jusqu’au jour où elle apprend qu’elle est enceinte.

Tout le temps de la grossesse est un état de grâce. Gwen resplendit et rien ne peut interférer à son bonheur, même pas lorsqu’elle apprend qu’elle attend des jumeaux. Laurence est aux petits soins pour elle, plus attentif et protecteur que jamais, et Naveena l’entoure de beaucoup de tendresse. Mais le jour de l’accouchement, rien ne se passe comme prévu et Gwen doit faire un choix terrible, dans le secret le plus absolu.
« Si un jour la vérité éclate, Laurence parviendra-t-il à comprendre et à lui pardonner ? »


On débarque à Ceylan avec des senteurs de cannelle et de bois de santal mélangées aux effluves nauséeux du port. La lumière est aveuglante et la chaleur étouffante. C’est chamarré de couleurs, bruyant, captivant et effrayant. Puis nous pénétrons dans les terres où les cultures des théiers ondulent suivant les courbes des vallons. Les cris perçants des oiseaux, les bruits d’eau d’un lac, le parfum des fleurs… C’est l’ambiance et l’atmosphère du début de ce roman de 562 pages construit en quatre parties, qui racontent une époque et une île à travers un couple et ses secrets de famille. Comme dans « Rebecca » de Daphné du Maurier, il y a une magnifique propriété, une jeune épousée naïve, un veuf tourmenté, une maîtresse, une gouvernante et un fantôme.
Les personnages évoluent sur une dizaine d’années, les années de l’entre-deux-guerres. Nous traversons les troubles communautaires et les approches pour une autonomie et une indépendance, et nous abordons tous les thèmes d’une colonisation avec les rapports entre colons et autochtones, dominants et dominés. Cette décennie raconte
l’insouciance des années folles et une certaine liberté pour les femmes qui génère beaucoup d’optimisme mais la crise économique de 1929 vient assombrir le tableau et redéfinir la trame de l’intrigue.
Ce livre est une romance dans la lignée des romans gothiques, avec ses noirceurs et ses mystères. Il ne manque pas de piment, d’amour, et il vous tiendra captif le temps de sa lecture…

 

 

Une photo prise « ici »

 

 

 

Sous la glace


Novembre au Québec avec Karine et YueYin
Challenge Polars de Sharon

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Sous la glace
Louise Penny

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Le lendemain de Noël, le rituel préférée de l’inspecteur chef Armand Gamache du Quartier Général de la Sûreté de Montréal, est de pique-niquer dans son bureau avec sa femme Reine-Marie et de ressortir les vieux dossiers qui n’ont jamais été élucidés. Parmi les enquêtes, une affaire récente de seulement quelques jours attire leur attention. C’est celui d’une SDF qu’ils croisaient depuis quelques années, toujours à la même place, et qu’on a retrouvé morte étranglée dans un quartier qui n’était pas le sien. Ils en étaient à décortiquer la chronique du dossier quand Armand reçoit un appel pour un crime commis dans les Cantons-de-l’Est. Cette région, il la connait bien pour avoir mené une enquête un an auparavant, dans le petit village très pittoresque de Three Pines. (voir 1er tome « En plein cœur »)

Avec son adjoint Jean-Guy Beauvoir, il y retourne et retrouve certaines personnes du village avec qui il avait sympathisé. Toutes étaient présentes lors du drame et toutes avaient tenté de secourir CC. de Poitiers, une femme d’affaire, adepte des philosophies du bien-être, qui venait d’acheter la vieille demeure des Hadley. On pourrait croire que la mort fut due à un stupide accident d’électrocution alors qu’elle assistait à un match de curling sur le lac gelé, mais en se penchant d’un peu plus près, on découvre qu’il y a bien eu un assassinat.
En écoutant les témoignages des uns et des autres, il en ressort que la défunte était une
femme amère, mesquine, cruelle et égocentrique. Tous la détestaient. Elle trompait son mari avec un photographe, humiliait sa fille sans émotion particulière et se montrait méprisante avec tout le monde. Triste personnage…
Alors, qui a voulu tuer CC. de Poitiers ? Les suspects sont nombreux !

Ce livre est le deuxième tome d’une série qui en compte à ce jour douze. J’ai retrouvé dans le tableau qui nous est dressé les ambiances des petits villages anglais décrits par Agatha Christie. Un Noël, froid et joyeux, en prime. L’enquête se construit comme celles que mènent Hercule Poirot : un mort, tous présumés coupables, et des suspicions à donner le vertige.
Outre l’histoire qui est bien composée, cette série séduit le lecteur avec son inspecteur, un homme intègre, rassurant, bienveillant, proche des gens.
Emmitouflez-vous sous des couches de laine et de duvet et allez passer les fêtes à Three Pines… on vous attend !

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Photo prise sur Pinterest

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Légende d’un dormeur éveillé

Les livres de la rentrée littéraire avec PriceMinister

J’ouvre mon salon à une amie qui a voulu lire et écrire la chronique du livre. Cette amie se nomme Dominique. Je lui laisse la page ; elle vous parle de sa lecture…

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Légende d’un dormeur éveillé
Gaëlle Nohant

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Gaëlle Nohant a réussi un tour de force, nous donner « des yeux de poète » le temps d’une lecture sous enchantement.

A travers les yeux de Desnos, nous voyons s’animer le Paris de ce printemps de 1928, quand il revient de Cuba, accompagné d’Alejo Carpentier qu’il a embarqué clandestinement dans sa cabine pour le faire échapper au dictateur Machado – déjà en résistance contre tous les assassins de liberté – . Dans le quartier des Halles de son enfance, la pierre du square de la Tour St Jacques est mystérieusement chaude sous sa main et les dragons de pierre prêts à s’envoler. Les rues de Montparnasse sont peuplées de poètes, de peintres, de femmes libres. On boit, on danse, on désire, on s’éprend déraisonnablement dans les bars et les bals de ces années encore folles. A travers les yeux de Desnos, nous subissons le charme d’Yvonne George, la chanteuse « à la voix déchirante », qui se meurt de tuberculose et d’opium, l’Étoile de mer, belle et cruelle.

La dompteuse et le lionLa dompteuse et le lion, juin 1930,
peinture à l’huile sur toile, Petit-Palais, Genève

A travers les yeux de Desnos, nous rencontrons Youki Foujita, la très sensuelle épouse du peintre japonais. Troublée par le poète, celle qui deviendra sa Sirène lui dit : « Vous avez des yeux d’huître, c’est joli. »

« Des yeux d’huître. Pourquoi pas ? Ses yeux étranges, où se mêlent le bleu, le vert et le gris, ont les reflets de la mer quand elle se casse sur les falaises crayeuses par temps de pluie. Ce sont des miroirs qui débordent pour embrasser l’infini. »

Desnos, le prophète du Surréalisme, selon son Pape, André Breton, est revenu de Cuba rebelle à l’autocratisme grandissant de ce chef qui exclut ses amis, qui condamne ses moyens de survivre – son activité de journaliste -, qui veut lui imposer choix politiques et amoureux. Il prend ses distances et de tensions en conflit ouvert, ce sera la rupture brutale, violente.

Gaëlle Nohant a choisi de commencer sa biographie romancée à ce moment charnière où Desnos se libère des diktats de Breton, où il devient l’amant de Youki, où sa poésie s’ouvre au monde dans une attention et une perception aiguisées. Impossible de faire la part de la fiction et de l’érudition dans ce livre qui se lit avec passion. Gaëlle Nohant s’est approprié Desnos, son univers, sa poésie, et elle nous fait la grâce de les partager avec nous simplement, naturellement. Le récit intègre des extraits de poèmes ; ils s’éclairent réciproquement et nous avons l’impression que Desnos se confie à nous, que peu à peu, nous le connaissons personnellement, cet amant patient, cet ami généreux et joyeux, ce rêveur lucide qui nous promet que « La peine sera de peu de durée », que « La belle saison est proche ».

L’écriture sensible de Gaëlle Nohant ne nous restitue pas seulement le poète, sa poésie, ses amours, ses lieux d’élection, mais toute une foule de personnages, ceux qu’on attend, bien sûr, les Surréalistes : Breton, Eluard, Aragon, Man Ray et sa muse, Kiki, mais d’autres aussi, méconnus ; je ne peux pas les évoquer tous, et chaque lecteur fera ses propres rencontres au fil de sa lecture ; je reste hantée par deux figures tragiques, deux suicidés, le poète René Crevel, archange foudroyé, aux « yeux de ciel gelé », et un peintre, Pascin, le « prince de Montparnasse », l’ordonnateur de fêtes splendides. La première partie du livre se ferme sur son enterrement qui réunit tout le quartier, jusqu’aux clochards, derrière son cercueil ; c’est la fin de l’insouciance. Ce seront, ensuite, les années de crise, où comme des millions de gens, Desnos connaît le chômage, le ventre vide et les souliers troués, et malgré la parenthèse heureuse du Front Populaire en 36, la montée des fascismes et la guerre d’Espagne, prélude sanglant à la tourmente qui va emporter toute l’Europe. Robert Desnos change, sa poésie se transforme.

Le lecteur découvre un Desnos peu connu, celui qui imagine et dirige « une superproduction radiophonique » qui fait revivre les aventures de Fantômas, le terrifiant bandit masqué de la Belle Époque, auquel Antonin Artaud, artiste tourmenté, prête sa voix et son ricanement à donner la chair de poule. La TSF est alors un médium à explorer, riche de potentialités, pour faire vibrer les auditeurs, les cultiver, les bousculer. Desnos inventera une émission d’interprétation des rêves ; il lit les récits de rêves qu’on lui envoie et les déchiffre. La créativité du poète s’exerce dans de multiples directions, cherche sans cesse de nouvelles voies pour atteindre le public populaire, la publicité, la chanson, le cinéma. Dans un nouvel appartement, rue Mazarine, la « maison magique », se réunissent les amis, Jacques Prévert, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, Henri Jeanson, Théodore Fraenkel ; Youki se laisse davantage aimer ; la Sirène est moins fuyante. Robert veut écrire une poésie claire, qui dise le monde réel, la révolte et l’espoir, une poésie pour tout le monde, aux mots de tous les jours.

Mais les temps sont cruels aux poètes. On tue Federico Garcia Lorca à Grenade ; son crime ? chanter la justice, la liberté, le peuple. Les artistes sont désormais sommés de choisir leur camp. Desnos a choisi de longue date. Je ne connaissais pas le bagarreur qui n’hésite pas à faire le coup de poing quand le dégoût et la rage le submergent contre les ligueurs fascistes dans les années 30, contre les collaborateurs sous l’Occupation, dans cette France où les Céline et les Laubreaux le dénoncent dans leurs journaux comme « juif embusqué ». Desnos devra apprendre la prudence pour protéger ses activités clandestines. Dans ces années obscures, il devient le « Veilleur » : « Je veille tandis que dort Paris. » La poésie se fait arme, celle d’Eluard, d’Aragon, la sienne. C’est « L’Honneur des poètes » de dire non, d’appeler à l’insoumission, d’annoncer l’aube nouvelle : « Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu… ». Mais écrire bientôt ne lui suffit plus ; il lui faut agir contre la terreur nazie qui s’abat sur ses amis juifs, résistants, communistes ; il apprend à faire de faux papiers, et même, il passe à l’action directe en intégrant un réseau de résistance. Comment ne pas admirer, ne pas aimer cet homme qui « espère toujours que demain sera plus beau qu’aujourd’hui», et va au bout de ses engagements ?

Gaëlle Nohant, dans la dernière partie de son livre, bouleversante et puissante , a pour lui les yeux de Youki. Elle lui donne voix, maintenant, pour raconter les derniers mois de la vie de Robert Desnos, son arrestation, son internement au camp de Compiègne, sa déportation d’abord, par erreur, à Auschwitz, puis Buchenwald, Flossenbürg et Flöha d’où il lui écrit plusieurs lettres pleines de promesses d’un bel avenir, enfin Theresienstadt où il meurt, épuisé, du typhus, en juin 1945, à 45 ans. Ce livre peut se lire aussi comme un étonnant roman d’amour : entre la première rencontre et cette fin déchirante, Youki, la volage, l’écervelée, la frivole, se métamorphose en une femme audacieuse et tenace, prête à tout pour sauver celui dont l’amour – enfin, elle s’en rend compte – lui est vital. Elle l’avait, d’ailleurs, presque sauvé, avait obtenu que son nom soit rayé de la liste du convoi de déportation, quand l’intervention haineuse d’Alain Laubreaux annihile tous ses efforts.

A travers les témoignages que Youki recueille de tous ses compagnons de déportation, l’ultime portrait qui se dessine de Desnos est celui d’un homme pleinement homme, qui, dans l’enfer concentrationnaire, transformé en pitoyable clown, rasé, en guenilles, n’abdique pas une once de son humanité, grâce à l’humour, la compassion, la poésie. Image saugrenue que je retiens pour conclure : Desnos, pour remonter le moral de ses compagnons les plus affaiblis, leur lisait les lignes de la main et leur prédisait un avenir radieux ; comment se laisser emporter par le désespoir quand on vous a prédit que vous auriez trois enfants ?

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© Henri Martinie / Roger – Viollet

« … des cernes profonds ombrent son drôle de regard myope […] ses yeux toujours en voyage entre ce monde et d’autres »

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Recherche sorcière désespérément


Un mois de sorcellerie pour Halloween avec Hilde et Lou
Les lundis sont romans jeunesse
Billet n°2

Recherche sorcière désespérément
Eva Ibbotson

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A Todcaster, le très beau et grand sorcier du Nord ami de Belzébuth, Arriman l’Affreux, s’ennuie dans son manoir des Brumes.
« Lester, je suis fatigué. Je suis las. Je m’ennuie. »
Ne pouvant le sortir de sa morosité, Lester son valet (un ogre) et M. Ledbetter son secrétaire (un homme avec une petite queue comme un chien) désespèrent de le voir ainsi. Pour le divertir, ils décident alors de présenter à Arriman la voyante Esméralda qui lui prédit qu’un petit sorcier viendra prendre la relève, le déchargeant ainsi de ses responsabilités. Cette prophétie l’ayant enchanté, Arriman prend enfin son mal en patience et… attend… Il attend, longtemps… créant pour l’occasion un superbe lion, le Sorci-Sentinel, qui surveillera des vigiles, les têtes des quatre points cardinaux.

Pour patienter, entre deux tourments qu’il inflige au monde, Arriman se donne l’objectif de rentrer en contact avec le fantôme du manoir, le chevalier Simon Montpelier qui a tué ses sept femmes. De jour et de nuit, l’âme pénitente erre dans la demeure en gémissant et en se tapant le front, incapable de communiquer avec les autres. Pourtant, il aurait tant à dire en régalant son auditoire de ses frasques assassines ! Il serait alors un très bon convive, un très bon ami… Seulement, livres de nécromancie et magie noire ne sont d’aucune aide.

Puis un jour, en se regardant dans le miroir, Arriman voit son premier cheveu blanc. Et c’est la catastrophe ! Toujours point de petit sorcier à l’horizon et il vieillit ! Et si la voyante avait menti ? se chuchotent entre elles les têtes postées sur le domaine.
Pour éviter un drame,
Lester et M. Ledbetter lui proposent d’organiser durant la semaine d’Halloween un concours pour lui trouver une épouse. Évidemment, elle sera une sorcière féroce, une sorcière noire à qui rien ne pourrait résister !
Un mariage… l’idée est séduisante ! Concevoir un bébé… Mais les sorcières de Todcaster sont hideuses ! Affublées de furoncles, d’écailles et autres disgrâces, elles ne sont intéressantes que pour leurs pouvoirs ! Bref,
qu’il en soit ainsi ! Arriman se pliera bon gré mal gré aux désidératas de ses serviteurs. Il va prendre femme !

La nuit du Sabbat, les sorcières célibataires, jeunes et vieilles, se donnent rendez-vous. Toutes ont la particularité d’appartenir à la force noire, toutes, sauf une… Belladonna est ce qu’on appelle le vilain petit canard de la bassecour car elle dépend de la magie blanche. En elle, rien n’est noir et tout est bon, délicat et aimable. Elle soigne, elle embellit, elle offre du bonheur.
Émus par cette blonde sorcière, Lester et M. Ledbetter se persuadent de lui donner sa chance. Elle aura donc une semaine pour se découvrir des pouvoirs mauvais et s’entrainer à changer une machine à écrire en un nid de vipères.

C’est dans la forêt du domaine des Brumes, que Belladonna rencontre un petit garçon solitaire qui pleure Rex, son meilleur ami qui se meurt. Rex est un ver de terre et Terence Tronch est un orphelin qui habite le foyer des enfants trouvés. Entre la jeune sorcière rejetée par sa confrérie et le jeune orphelin trop laid pour être adopté, un lien d’affection se tisse de suite. L’une va lui donner sa protection et sauver Rex, l’autre va l’aider dans ses exercices de sorcellerie. Il faut qu’elle obtienne la meilleure note car Belladonna est amoureuse du grand sorcier.
Tout semble se dérouler comme il se doit avec les mesquineries et les bassesses des candidates aux épousailles, quand une fée enchanteresse du nom de Olympia arrive. Plus noir qu’elle, tu meurs !

Pour le tournoi donné dans le parc du manoir, entrent en lice les sorcières, les sirènes, et les fées hurlantes, avec leurs épouvantables incantations et leurs démons. Qui des sept sorcières subjuguera le maître et aura l’extrême honneur de l’épouser ?

Je vous recommande cette belle histoire qui parodie certains contes en les tournant en dérision et qui allie au fantastique beaucoup d’humour, d’extravagances et d’émotions. Dans ce monde, Eva Ibbotson ne craint pas de louer les plus viles pensées et les actes les moins honorables, mais comme dans tout conte qui se respecte c’est pour mieux glorifier les sentiments les plus beaux. La morale est sauve !
Vous trouverez dans cet univers burlesque des personnages charmants et d’autres beaucoup moins, de l’amitié, de la tendresse et de l’amouuurrr…

« – Arry chéri… ?
– Oui, mon trésor… »

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Illustration de Gianni de Conno

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Un mois de sorcellerie avec Lou et Hilde… Bouh !


Depuis quelques années, octobre est essentiellement magique ! C’est en compagnie de Hilde et Lou que je voyage à bord de trains et de navires fantômes et que je visite des lieux improbables, tels que des cimetières et des maisons hantées. 

Cette année, le mois est consacré à Harry Potter car cela fait 20 ans que le petit sorcier est rentré dans nos maisons. Mes garçons ont grandi avec lui…

Dans un imaginaire débridé, comme nous le concevons dans l’univers de la blogo des lecteurs, j’ai élu domicile dans une chambre de Poudlard avec ma copine Nahe. Nous nous retrouverons dans des lectures communes le plus souvent possible.

Participantes et participant : Hilde, Lou, Nahe, Sharon, Les sorcières, AcrO, NathChoco, Soukee, Maëlle, Chicky Poo, Kobaitchi, Grignote, Blandine, Bidib, Rachel, Missycornish, L’Or, Pierre, Samlor, SKTV,

Lectures, recettes de cuisine et bricolages seront au programme…

Dimanche 1er : Cuisine – Butternut
Lundi 2 : Jeunesse – « Recherche sorcière désespérément », Eva Ibbotson
Mardi 3 : Adulte – « L’océan au bout du chemin », Neil Gaiman
Mercredi 4 : BD – « Croquemitaines », Mathieu Salvia et Djet
Jeudi 5 : Bricolage – Une citrouille (1)
Vendredi 6 : Adulte – « La main de la nuit », Susan Hill
Samedi 7 : Album – « La famille Souris et le potiron », Kazuo Iwamura
Dimanche 8 : Cuisine – Pancakes au potimarron, nappage chocolat et caramel
Lundi 9 : Jeunesse – « YanaBosse et le Brahima-Shatam-O-Boktatou », Yann Rambaud
Mardi 10 : Adulte – « Le rituel » d’Adam Nevill
Mercredi 11 : BD – « Zombillénium, Control freaks », T3, Arthur de Pins
Jeudi 12 : Bricolage – Une citrouille (2)
Vendredi 13 : RAT – Marathon lecture RATHALLOWEEN !
Samedi 14 : Album – « Une recette top secrète », Quitterie Simon et Olivier Latyk
Dimanche 15 : Cuisine –  Dans l’univers d’Harry Potter, la brioche
Lundi 16 : Jeunesse – « La pâtisserie de Bliss », T1, Kathryn Littlewood
Mardi 17 : Adulte –
Mercredi 18 : BD – « Croquemitaines, tome 2 », Mathieu Salvia et Djet
Jeudi 19 : Bricolage – Des pots pour la pâtisserie Bliss !
Vendredi 20 : Adulte – « L’ombre au tableau », Susan Hill
Samedi 21 : Album – « La Belle et la Bête », Leprince de Beaumont et Pacheco
Dimanche 22 : Cuisine – Orange et noir, un tiramisu pour Halloween et truffes citrouilles
Lundi 23 : Jeunesse – « Le secret du quai 13 », Eva Ibbotson
Mardi 24 :
Mercredi 25 : BD – « Macabre », Pedro Rogriguez
Jeudi 26 : Bricolage – Un atelier dessin avec Anne la Sorcière : Petite souris
Vendredi 27 : « Neverwhere », Neil Gaiman
Samedi 28 : Album – « La naissance de la sorcière Camomille », Larreula et Capdevita
Dimanche 29 : Cuisine pour Halloween – Tarte à la mélasse
Lundi 30 : Jeunesse – « L’île au crâne », Anthony Horowitz
Mardi 31 : Déco Halloween
Mercredi 01 :
Jeudi 02 : Bricolage – Atelier marque-page avec ChikyPoo
Vendredi 03 : Album – « La sorcière Camomille et le château hanté », Larreula et Capdevita
Samedi 04 : Bilan…

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Le chat qui venait du ciel

Un livre offert par Babelio et les Editions Philippe Picquier dans le cadre des Masses Critiques

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Le chat qui venait du ciel
Hiraide Takashi

Illustration de Qu Lan
Traduction d’Elisabeth Suetsugu

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Une vieille bâtisse japonaise enchâssée entre deux autres maisons pavillonnaires, des fenêtres donnant sur un jardin bien entretenu dominé par un orme majestueux et un passage que le narrateur nomme la sente de l’éclair… Ce tableau devient une source de contemplation et d’inspiration, lorsqu’un petit chat vient animer cette enceinte.

C’est le petit garçon de la maison voisine qui dans un cri se déclare propriétaire de cette boule de poil bien sympathique et remuante qu’il nomme Chibi.
Pas timide, plutôt sauvage et libre, Chibi aime venir chasser les insectes du jardin, se tapir derrière les touffes d’herbes et combattre les chimères qui se présentent à lui. Équilibres, jeux de pattes, petit à petit Chibi se rapproche de la maison jusqu’à y rentrer. Le narrateur qui aime l’observer décrit ses mouvements et se montre ravi de sa curiosité. Empreint de lassitude et de mélancolie pour la vie qu’il mène, il voit en ce nouvel ami un instigateur à de nouvelles gaietés. Ce plaisir, il le partage avec sa femme qui lui voue d’emblée une affection inconditionnelle ! Elle le trouve spécial…

Prévenus dès le début par leurs vieux locataires qui ne désirent aucun enfant et aucun animal, le couple ne s’attendait pas à inviter Chibi pour un gite et couverts par intermittence. En commençant par une petite écuelle, puis un carton bien douillet, ils offrent à Chibi une seconde maison qu’il adopte rapidement pour de longues siestes.

Le récit tourne essentiellement autour de Chibi et la maison ne semble s’éveiller qu’en sa présence. Pourtant ce n’est pas un huis clos et ce n’est pas ennuyeux, car le narrateur poète parle aussi de ses aspirations et de son travail dans une maison d’édition. Quant aux images qu’il nous donne, elles sont des havres harmonieux et sereins.
Les saisons passent, les années aussi, Chibi se montre toujours espiègle et libre. La notion de liberté chère à l’auteur, est importante et souvent soulignée. On dirait qu’il l’a apprise avec Chabi. Aux consonances heureuses, viennent s’ajuster d’autres échos bien plus tristes et inéluctables. Mais si rien n’est éternel, l’âme et les souvenirs le sont.

Cette belle histoire qu’on nous dit autobiographique, douce, rêveuse, poétique et joliment illustrée, vous rappellera peut-être un vécu. Mon Chabi s’appelait Minette…

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Une autre lecture chez Alex,
 

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Le saut oblique de la truite

Un livre offert par l’auteur et je l’en remercie.

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Le saut oblique de la truite
Jérôme Magnier-Moreno

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Le récit de ce petit livre débute dans les toilettes du cimetière Montparnasse où l’auteur confie que la décision qu’il a prise le rend malade. Depuis dix ans, il trimballe dans un vieux sac à dos rouge, sorte de gri-gri, garde-corps et compagnon d’aventures, un journal de bord dans lequel il raconte son séjour en Haute-Corse ; les pérégrinations d’un jeune Parisien, architecte, peintre et pêcheur de truite. Une décennie plus tard, il est enfin prêt à le faire publier.
Dans une gamme de couleurs allant du rouge au bleu profond, l’auteur saisit le paysage, l’odeur du maquis, l’ambiance, ses rencontres et ses sentiments. Il devait rejoindre son ami Olivier qui n’est jamais venu et il s’est retrouvé à longer le fleuve Tavignanu, seul et, au final, heureux de l’être.

Quelques jours d’introspection pour appréhender l’avenir et reconquérir le goût de la vie, réflexions en tout genre, sexualité exacerbée, méditation poétique, de belles images et une communion forte avec l’espace, l’écriture peut aussi parfois se montrer sinueuse, comme un chemin de randonnée. Par « sinueux », je définie ainsi les déséquilibres de ma lecture où j’ai souri et… de temps en temps, fait la moue..
La quête initiatique du jeune homme n’aurait pas pu trouver plus belle terre que cette île, forte et fière…
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D’autres billets chez Didi, Keisha, Aifelle,

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