La maison vide

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Challenge mysteries de Lou
Challenge Petit Bac d’Enna – Catégorie adjectif

 

 

La maison vide
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

John Watson reprend ses écrits dans « Le retour de Sherlock Holmes » après l’histoire « Le dernier problème » qui clôt « Les mémoires de Sherlock Holmes », car son ami le grand détective n’est pas mort dans les chutes du Reichenbach…

Dans cette nouvelle, il commence par nous raconter l’assassinat d’un jeune aristocrate dans le bureau de sa demeure de Park Lane (Tué par balle dans une pièce fermée de l’intérieur…). Ronald Adair était le deuxième fils du comte de Maynooth, un homme influent et riche. De Ronald, tous les témoignages s’accordent à dire qu’il était très honorable et qu’il n’avait aucun vice. Il avait les loisirs respectables d’un jeune homme de son âge et appartenait à quelques cercles de jeux très sélects qui n’avaient à lui reprocher aucune immoralité. Le mystère autour de ce crime reste une grande énigme que Scotland Yard n’arrive pas à résoudre et c’est dans ce genre de chroniques criminelles que Watson regrette le plus son ami. Il aurait aimé le voir se torturer les méninges et l’entendre énoncer des évidences qu’aucun autre enquêteur n’aurait soulevées.
En sa mémoire, il décide de se rendre sur place afin de relever quelques indices mais ne découvrant rien il s’en retourne chez lui bredouille, quand il heurte par mégarde un vieux monsieur qui tient une boutique de livres dans le quartier. Ce fait anodin est toutefois très important à souligner car ce personnage ne tarde pas à venir le voir à son cabinet et à dévoiler sa réelle identité… Le vieux bibliophile est Sherlock Holmes !

Après avoir été sévèrement étourdi par cet incroyable évènement, Watson retrouve ses esprits pour entendre son très cher ami lui raconter l’histoire de son duel avec Moriarty, le plus grand criminel de son temps. Nous apprenons alors que pour fuir les complices mafieux qui ont juré de l’assassiner, Holmes a dû se faire passer pour mort et partir dans les quatre coins du globe, du Tibet jusqu’en France, durant ses trois dernières années.
Sans perdre de temps, il emmène Watson dans une vieille maison abandonnée de Baker Street dont les fenêtres donnent sur celles de leur habitation qu’il a réintégrée depuis peu.
Alors… dans les pas de son ami, Watson a matière à se questionner. Quelle est le lien qui relie Holmes au meurtre de Park Lane ?

C’est dans un souffle de soulagement que nous lisons cette résurrection, éditée en 1903 dans The Strand Magazine. Avec cette intrigue du « retour », nous retrouvons Mme Hudson et l’inspecteur Lestrade qui participent également à l’enquête en assistant Sherlock Holmes pour arrêter le bras droit de Moriarty, le colonel Sebastian Moran. Plus qu’une histoire policière qui n’a pas un impact retentissant, cette nouvelle d’une grande théâtralité est très bien construite car elle pioche certains de ses indices dans les écrits précédents.
Humour, frissons et émotions… je ne peux que vous recommander !

Un billet sur la série Granada avec Jeremy Brett, de Belette

 

 

 

Sherlock, Lupin et moi, Dernier acte à l’opéra

Challenge et mois des polars avec Sharon

 

1er tome – Le mystère de la dame en noir

Sherlock, Lupin et moi
Dernier acte à l’opéra, tome 2
Irène Adler
Illustrations Iacopo Bruno

 

Londres, septembre 1870,

Le temps des vacances à Saint-Malo est terminé. Sherlock a regagné l’Angleterre, Arsène est quelque part dans le circuit d’un cirque ambulant en quête de nouveaux spectacles, et à Paris, Irène se morfond dans la bienséance, à la merci de sa mère qui organise des réunions mondaines avec ses amies. Épuisée par l’ennui, elle en est à apprendre par cœur les lettres envoyées par Sherlock qui la distraient de son confinement et de la triste actualité. Napoléon III a capitulé face à l’armée prussienne et a été déchu de son titre. Il n’y a plus d’Empire, mais une République qui se constitue, avec des soldats Allemands, baïonnette à l’épaule, partout dans la capitale.
C’est donc avec une grande joie qu’elle accepte de partir avec son père à Londres pour assister au dernier concert à Covent Garden de la cantatrice Ophelia Merridew menée par son mentor le compositeur Giuseppe Barzini. Elle rapporte dans ce journal de souvenirs, l’effervescence heureuse de ce départ qui s’entache toutefois par l’absence de sa mère qui, perturbée par ce voyage précipité, a décidé de rester à Paris.

Le train bleu, le paquebot, les falaises de Douvres, quelques pas sur le quai pour le débarquement, et voilà qu’elle reçoit déjà un petit mot de Sherlock qui lui donne rendez-vous le lendemain dans un coffee de Londres et qui l’informe qu’Arsène sera là, lui aussi ! A l’idée de reformer leur trio, Irène a le cœur qui s’emballe…
C’est à l’hôtel Claridge que son père, Mr. Nelson (le majordome-homme de confiance) et elle, posent leurs valises. Sans perdre de temps, elle assiste le soir même au concert et en ressort émerveillée par la grâce et le talent de la cantatrice. En ces instants tout semble idyllique, sauf que son père s’inquiète de n’avoir reçu aucune réponse de sa femme à ses messages et qu’il doit abandonner une fois de plus Irène aux bons soins de Mr. Nelson, pour retourner à Paris.
Ce dernier fait ne chagrine pas trop la jeune fille car ainsi, elle sera plus libre d’aller où bon lui semble et suivre ses compagnons d’aventure… Nostalgique de Saint-Malo, elle aimerait bien vivre quelque chose de palpitant.

Lorsque les trois amis se revoient ce n’est pas avec légèreté et insouciance. Arsène leur apprend que son père Théophraste est inculpé du meurtre commis à l’hôtel Albion, du secrétaire particulier du compositeur Giuseppe Barzini, et que de plus, on le croit responsable de la disparition de la cantatrice Ophelia Merridew, témoin du drame. Il leur confie également que son père est un voleur qui opérait ce soir là sur les lieux de la tragédie à la demande d’un commanditaire Espagnol.
L’innocence de Théophraste n’est pas remise en question par Sherlock et Irène qui se proposent d’assister Arsène dans l’enquête qu’il va mener pour le disculper et le sauver de la potence car les policiers de Scotland Yard sont sûrs d’avoir leur coupable.

Cette aventure n’est pas comme la précédente car elle touche intimement un membre de leur fraternité. Pour dénouer la trame du traquenard qu’un diable d’homme a tendue, leurs premiers élans les mènent dans un tripot malfamé et dans des quartiers obscurs et miséreux de la ville, plus précisément à Bethnal Green d’où Ophelia Merridew est originaire.
Dans les pas de Sherlock et d’Arsène, Irène découvre une ville qui déploie ses petites rues comme une pieuvre ses tentacules…

Deuxième tome de la saga « Sherlock, Lupin et moi », les auteurs nous offrent un roman qui captivera les jeunes lecteurs par son intrigue, son tempo très dynamique et le portrait d’une époque en pleine évolution. Il est très intéressant de lire ce qu’il se passe à Paris, de découvrir la ville de Londres dans ses contrastes et de pénétrer le monde de l’opéra.
Comme je le disais dans le précédent billet « Le mystère de la dame en noir », c’est Irène qui nous convie à les suivre dans leurs investigations qui se révèlent de plus en plus intrépides, et à travers quelques confidences qui balisent ses écrits, nous en apprenons beaucoup sur elle, ses amis et leurs familles. Les caractères s’étoffent en laissant deviner l’ébauche de leur personnalité future.
L’histoire avec ces trois amis donne quelques émotions, entre frissons et sourires. Elle est à recommander !
A suivre…

D’autres billets chez Sharon, Belette et Bianca

Plan de Londres en 1862

 

 

Sherlock, Lupin et moi, Le mystère de la dame en noir


Challenge polars avec Sharon
Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie couleur

 

 

Sherlock, Lupin et moi
Le mystère de la dame en noir, tome 1
Irène Adler
Illustrations Iacopo Bruno

Saint-Malo, été 1870,

Irène Adler, une gamine de douze ans, a quitté la capitale avec sa mère pour passer des vacances estivales à Saint-Malo. Toute seule et menée par son ennui vers les remparts de la cité malouine, elle rencontre Sherlock Holmes, un Anglais de trois ou quatre ans plus âgé qu’elle qui s’est installé avec un livre sous la statue du corsaire René Duguay-Trouin(*). Même si les premiers échanges sont impétueux, entre une espiègle et un sérieux, le contact s’établit facilement. Étrangement, une amitié semble s’imposer d’une manière très naturelle, évidente. Puis lorsque Sherlock la présente à un camarade du nom d’Arsène Lupin, Irène est comblée ! Les vacances s’annoncent passionnantes car les deux garçons vont la distraire et l’extraire du carcan de la jeune fille de bonne famille.

Dans une barque appartenant au père d’Arsène, le trio rame vers la demeure Ashcroft, une imposante bâtisse qui surplombe la mer. Loin des convenances et de la tutelle des adultes, ils peuvent rêver d’indépendance et d’aventures, en s’imaginant mille mystères. Mais des fantasmes enfantins à la morbide réalité il n’y a pas d’intervalle quand tous trois découvrent le cadavre d’un homme, échoué sur la plage. Noyade ou meurtre ? Dans la poche de son veston, une lettre parle de fautes et de repentirs ce qui étaierait la piste d’un triste suicide, mais lorsque Irène surprend au loin une silhouette sombre et fantomatique qui les observe avec attention, pour disparaître instantanément, tout laisserait à penser que ça serait un acte criminel.

Les jeunes amis qui étaient avides d’action voient en cette intrigue matière à s’aventurer et à vivre des vacances palpitantes ! Un meurtre, un cadavre dont l’identité est à découvrir, et d’autres évènements qui mènent au vol d’un magnifique collier en diamants et à un mystérieux équilibriste qui arpente les toits de la cité la nuit, vont assurément donner quelques frissons à ces détective en herbe…

Irène Adler est l’association de deux auteurs Italiens, Alessandro Gatti et Pierdomenico Baccalario qui donnent une nouvelle histoire de jeunesse à trois illustres personnages.
Et si Sherlock Holmes ne rencontrait pas pour la première fois Irène Adler dans « Un scandale en Bohême » en 1888 et Arsène Lupin en 1904 lors de son arrestation ? Leur personnalité et leur intelligence étant prédisposées à se réunir, c’est par la plume de la jeune Irène que nous lisons leurs rencontres dans des épisodes dignes de leur goût pour le danger, les énigmes policières et le travestissement. Dans un style qui allie la fraîcheur, la candeur, de la jeunesse et la clairvoyance d’un esprit fin, elle rapporte avec un certain humour leur enthousiasme et leur complicité face aux périls qui vont jalonner leurs retrouvailles qui comptent à ce jour six tomes.
Outre cette intelligence et cette audace commune, Irène a séduit ses comparses avec son caractère malicieux et sa voix remarquable. Nous savons déjà qu’elle sera plus tard une cantatrice. Dans ce tome, elle parle un peu de ses parents qui habitent Paris. Proche de son père, un homme d’affaires Américain, elle dit qu’elle n’a pas de connivence avec sa mère qui voudrait la façonner à l’image modèle de la parfaite jeune fille de son époque. Autre personnage récurent de la série, elle est souvent confiée aux bons soins d’un majordome, Mr. Horatio Nelson qui se conduit avec elle, soit comme une gouvernante, soit comme un garde du corps. Il est un homme très mystérieux, toujours là dans les moments critiques.
De son côté, formé par son père, Théophraste Lupin professeur de boxe, gymnastique et d’escrime, Arsène est un grand sportif. De sa mère, il raconte à ses amis qu’elle est d’une famille noble qui a refusé de reconnaître son mariage avec un misérable roturier sans fortune. Les ayant délaissés pour un temps, Arsène se retrouve donc avec son père à suivre les itinérances d’un cirque…
Quant à Sherlock Holmes, on apprend qu’il a un frère plus âgé, Mycroft, et une jeune sœur, tous deux assez horripilants. C’est pour les fuir que Sherlock s’échappe le plus souvent de chez lui pour trouver le calme. Taciturne et sérieux, avec un soupçon d’excentricité, il est l’esquisse du célèbre détective que nous révérons.
Au fil de la saga, nous en apprendrons plus sur leurs secrets familiaux, des secrets déjà lus dans les canons holmésiens et lupiniens et d’autres tirés de la belle imagination de nos auteurs.
En ce qui concerne l’intrigue policière de La dame en noir, elle est d’un niveau jeunesse qui ne posera pas de difficulté pour les jeunes lecteurs. Vous l’aurez compris… le charme de ce scénario est avant tout dû à la fusion de nos trois héros.

J’ai beaucoup aimé ma lecture et je ne tarderai pas à vous raconter le prochain tome. J’ai aimé et je vous recommande la série !
Mes amies de lecture me rejoignent… Sharon, Belette, Bianca

(*) Erreur :
La statue du corsaire ne pouvait pas être en 1870 car elle a été édifiée en 1973 !

 

 

 

Un Noël plein d’espoir

Lecture de Noël
Challenge polars de Sharon
Challenge British Mysteries de Lou
Lecture commune pour un livre de l’auteur avec
Lou, Corinne, Bianca, Sharon,

 

 

Un Noël plein d’espoir
Anne Perry

Noël 1883,
Londres, dans l’East End,

Très bientôt c’est Noël… Dans les rues ça sent les marrons chauds, les vitrines sont décorées de branches de houx, et les étals sont bien garnis. Mais un vent glacial annonce la neige et il n’est pas bon de rester longtemps dehors. La jeune Gracie Phipps fait des courses pour sa grand-mère, de maigres commissions pour une potée de chou et trois pommes de terre, juste à peine de quoi caler l’estomac de ses frères, car pour célébrer dignement la fête, il leur faut faire en ce moment des repas frugaux pour économiser. Elle en est donc à se hâter, son châle bien serré autour de ses épaules, lorsqu’elle rencontre une fillette en détresse.
Plus jeune qu’elle et plus frêle, Minnie Maude Mudway lui confie sa détresse dans un souffle… Son oncle Alf vient de mourir et Charlie a disparu. Charlie est l’âne qui tirait la charrette de son oncle, un chiffonnier. Il s’est enfui lors de l’accident et Minnie qui l’imagine perdu, frigorifié et affamé, s’est mis en tête de le ramener. L’histoire qu’elle raconte est décousue, mais ce que Gracie retient c’est qu’il y a un doute sur le décès de l’oncle qui serait mort assassiné pour une boîte dorée, certainement une boîte en or…

Sensible à ce désespoir et à la misère de Minnie, Gracie décide de l’aider à retrouver Charlie. En quadrillant dans un premier temps le périmètre de l’accident et en se renseignant auprès des témoins peu bavards, elle va, dans un deuxième temps, demander l’assistance d’un commerçant un peu mystérieux, Monsieur Balthasar le propriétaire d’une boutique très exotique de Whitechapel Road.
Téméraires, déterminées et inconscientes du danger qu’elles encourent, Gracie et Minnie vont devoir faire face à de dangereux criminels avant de fêter dignement Noël et de bénéficier de sa féerie.

Dans la série « Histoires de Noël », le roman met à l’honneur la jeune Gracie Phipps que l’on retrouve domestique dans la saga des Charlotte et Thomas Pitt. L’auteur nous mène dans les rues pauvres de Londres à l’époque de Noël, et à travers les regards innocents de nos héroïnes, nous dévoile la trame de ce conte policier de petite facture. L’histoire réside plus dans son ambiance et le caractère singulier des personnages que dans son enquête qui se révèle assez décevante et simpliste dans son épilogue.
Comme à mon habitude avec cette série de Noël, j’en ressors mitigée mais toujours présente à ces rendez-vous de fin d’année…

 

 

 

 

 

 

 

Esprit, es-tu là ?


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde

 

Esprit es-tu là ?
Le fantôme de la bibliothèque

Elizabeth Cody Kimmel

 

Kate découvre pour ses treize ans qu’elle a le même pouvoir que sa mère médium ; elle arrive à voir les fantômes et à communiquer avec eux.
Dans leur nouvelle maison, elle n’ose plus inviter des copines depuis le jour où Vanessa, la fille la plus populaire du collège, a fui, poussée par les cris et les gémissements d’esprits en dérive.
Se sentant plus que jamais seule, inquiète de ce que pourrait raconter Vanessa auprès des filles satellites qui gravitent autour d’elle, Kate se rapproche d’une nouvelle élève qui transporte partout avec elle un violoncelle, plus grand et plus gros qu’elle !
Jac est une petite rouquine bien sympa, qui sous une allure classique de fille sage est moins timide et plus frondeuse que Kate. Très vite, toutes deux tissent des liens d’amitié, se confient leurs secrets et se rebaptisent Maestra et Mama Vaudou, suite à une manifestation surnaturelle dans la bibliothèque du collège.
Alors que toutes deux sont entrain de potasser des livres pour un devoir en commun, elles ont la surprise de voir un livre tomber au sol, comme expulser des rayonnages. Pas une, mais deux fois, car aussitôt rangé à sa place, le livre s’extrait à nouveau.
Ce livre est un album photos des anciennes classes de 1960. Autre génération, le vintage avec les coiffures « choucroute », « coupe en brosse » et les lunettes « papillon » les amusent sur l’instant, mais très vite l’atmosphère change en devenant plus solennelle. Les pages se tournent pour s’ouvrir sur le portrait d’une fille de dix-sept ans, Suzanne Bennis, décédée cette même année. Elle pose figée avec une flûte traversière ; deux tresses qui encadrent son visage translucide et un regard fixe. En mémoire de Suzanne Bennis… elle n’a même pas terminée son année scolaire.
Après le livre, c’est l’apparition de Suzanne qui se matérialise devant Kate. Son fantôme, triste et silencieux a besoin d’elle…
Maestra et Mama Vaudou vont faire des recherches sur cette fille étrange et tout faire pour l’aider à retrouver la sérénité.
Que c’est-il passé au collège en 1960 ?

« Esprit, es-tu là ? » est le premier tome d’une série qui raconte les aventures surnaturelles des deux amies, Kate et Jac. Dans un style simple et imagé adapté pour les jeunes enfants du primaire, l’auteur donne la plume à son héroïne qui nous raconte une histoire divertissante et attendrissante. Aux problèmes de l’adolescence, des amitiés au collège et de l’intégration, il y a ceux des fantômes.
Je recommande donc ce livre bien sympathique…

 

Une photo prise sur le site de l’artiste, Delfine Ferré

 

 

Le dernier problème

Juin en Angleterre avec Lou et Cryssilda,
Challenge polars avec Sharon
et
une année en Angleterre avec Titine

 


Le dernier problème

Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

« Le meilleur et le plus sage de tous les hommes que j’aie connus. »
Par cette phrase, John Watson termine les chroniques des mémoires de Sherlock Holmes…
C’est la dernière fois que le fidèle ami trempe la plume pour raconter les aventures du célèbre détective. Il reprend la chronologie des enquêtes en se remémorant la première qu’il avait intitulée « Une étude en rouge » et la dernière « Le traité naval ». Pour cet ultime récit, qu’il aurait souhaité ne pas rapporter, il nous fait rencontrer pour la première fois l’ennemi juré de Sherlock Holmes, le professeur James Moriarty.

En 1890, les notes se sont faites rares. Un mariage, une autre maison, John Watson n’avait plus la possibilité de suivre Sherlock Holmes dans ses aventures, et c’est un soir d’avril 1891, qu’une opportunité lui est offerte à nouveau…
Sherlock Holmes arrive chez lui, complétement défait et effrayé. Le maître de Londres, où comme il l’appelle le Napoléon du crime, veut le tuer et met tout en œuvre pour le faire. Il s’en est fallu de peu qu’un fiacre ne l’écrase, qu’une brique dégringolée d’une toiture ne lui fracasse la tête, et que son appartement au 221B Baker Street ne prenne feu.
Moriarty est à l’origine de tous les crimes et forfaits. Cultivé, issu d’une famille de la bonne société, brillant, détenteur d’une chaire de mathématiques dans une faculté, il dit de lui qu’il est son égal et qu’il ne peut s’empêcher d’éprouver de l’admiration. Mais entouré de gens influents qui lui assurent leur protection, il est très difficile, voire impossible, d’arrêter ses agissements et de le faire traduire en justice.

Afin de mieux réfléchir et de se reposer un peu au calme, Holmes l’informe qu’il va partir seul quelques temps, loin de Londres et des sbires de Moriarty. Mais à cela Watson lui répond… « Je serai ravi de vous suivre. »
Le duo se retrouve donc pour ce voyage, une excursion dans les Alpes ; Genève, Meiringen pour terminer aux chutes du Reichenbach.

Le bon air pur, des randonnées sur des sentiers escarpés, les montagnes, la neige sur les hauteurs… et bientôt Moriarty…

Lorsque Watson écrit les dernières pages, il ne s’attarde pas trop et va directement à l’essentiel. Sa peine est immense et il nous confie le vide qu’il ressent car Sherlock Holmes va disparaître dans les chutes du Reichenbach avec le pire des criminels.
J’arrête là de vous raconter cet épisode qui devait être le dernier des mémoires. En 1893, las des aventures de son héros, Arthur Conan Doyle avait souhaité le supprimer, sans songer un instant à la pression du public qui le fera revenir sur cette décision quelques dix années plus tard…
Je reprendrai donc mes lectures pour ma plus grande joie, avec le titre « La maison vide » et je vous recommande cette nouvelle pleine d’émotion, qui ne sera pas un final, mais le prélude à d’autres lectures…
A bientôt Sherlock !

« Mon cher Watson,
Je dois à la courtoisie de M. Moriarty de vous écrire ces quelques lignes. Il consent à attendre mon bon plaisir pour que nous procédions au règlement final des questions pendantes entre nous. Il m’a résumé les méthodes grâce auxquelles il a échappé à la police anglaise et s’est tenu informé de tous nos déplacements. Ces méthodes confirment la très haute opinion que je m’étais formée de ses capacités. Je suis satisfait à la pensée que je vais délivrer la société de sa présence, bien que je ne craigne que ce ne soit au prix d’un sacrifice qui attristera mes amis et vous spécialement, mon cher Watson. Je vous ai déjà expliqué toutefois que ma carrière avait atteint son apogée ; aucun dénouement ne me paraît plus décent que celui-ci. En vérité, pour tout vous avouer, j’étais tout à fait persuadé que la lettre de Meiringen était un piège, et je ne vous ai pas retenu parce que j’étais sûr de ce qui allait se passer. Prévenez l’inspecteur Patterson que les papiers dont il a besoin pour faire condamner la bande sont dans le casier M, enfermés dans une enveloppe bleue sur laquelle est écrit : « Moriarty ». Avant de quitter l’Angleterre, j’avais disposé de tous mes biens en faveur de mon frère Mycroft. Je vous prie de transmettre mon souvenir à Mme Watson et de me croire, mon cher ami, très sincèrement vôtre,
Sherlock Holmes. »

 

 

Image extraite de la série Granada – Sherlock Holmes et John Watson

 

 

 

Drame en trois actes

Juin en Angleterre avec Lou et Cryssilda,
Challenge polars avec Sharon
et
une année en Angleterre avec Titine
Une lecture partagée avec Nahe

 

 

Drame en trois actes
Agatha Christie

 

Ce drame en trois actes commence sur les hauteurs du port de Loomouth en Cornouailles, dans la belle maison de Sir Charles Cartwright, Nid de Corneilles. Cette fois-ci, le narrateur n’est point le capitaine Hastings, mais nous suivons l’histoire avec les observations de Mr Satterthwaite, un mécène  fortuné qui fréquente la bonne société et qui se montre curieux de la nature humaine. Il nous présente : une maison, le propriétaire, des invités et un mort, le premier d’un scénario très tortueux.

Sir Charles, acteur de renom à la cinquantaine bien fringante, a invité pour la soirée des amis et des voisins, « des gens du pays ». Dans cette assemblée d’une douzaine de personnes, il y a…
Mr Satterthwaite, riche mécène
Miss Lytton Gore, (Pomme), une jeune fille qui ne laisse pas indifférent Sir Charles,
Lady Mary Lytton Gore, sa mère,
Miss Milray, secrétaire et gouvernante de Sir Charles,
Miss Will, auteur de pièce de théâtre qui se fait appeler Anthony Astor,
Mr Oliver Manders, journaliste,
Mr Dacres, capitaine à la retraite, et Mrs Dacres, modiste et propriétaire de la boutique Ambrosine,
Mrs et Mr le révérend Babbington,
Miss Suttcliffe, comédienne,
Sir Bartholomew Strange, (Tollie), médecin neurologue,
et… Mr Hercule Poirot, détective à la retraite.

Lorsque Sir Charles parle avec Sir Bartholomew Strange et Mr Satterthwaite du petit détective Belge, les trois compères dressent de lui un portrait peu flatteur en le qualifiant de « prétentieux lascar », « égoïste » et « drôle de loustic ». Mr Satterthwaite conclut aussi par… « un individu remarquable ». Et c’est Sir Bartholomew Strange qui, suivant une théorie plus ou moins fumeuse, espère que la soirée ne se terminera pas par un meurtre.

« – (…) En tout cas Charles, j’espère que nous n’aurons pas de crime ce week-end.
– Pourquoi ? Parce que nous avons un détective à la maison ? Tu n’aurais pas un peu tendance à mettre la charrue avant les bœufs, Tollie ?
– Ma foi, ça a toujours été une de mes théories.
– Quelle est cette histoire, docteur ? demanda Mr Satterthwaite.
– Ce sont les évènement qui vont vers les hommes, et non l’inverse. Pourquoi certaines personnes ont-elles une vie exaltante et d’autres pas ? A cause de leur milieu ? Pas du tout ! Untel pourra voyager jusqu’aux confins de la Terre sans qu’il lui arrive rien. Il y aura un massacre une semaine avant son arrivée, un tremblement de terre le lendemain de son départ et le bateau qu’il aura failli prendre fera naufrage. Tel autre qui habite la banlieue de Londres et ne va jamais plus loin que la City, vivra toutes sortes d’aventures. Il sera mêlé à des affaires louches : bandits, chantage, jolies filles, poursuites en voiture, que sais-je ? Il y a des gens qui attirent les naufrages : même s’ils ne prennent le bateau que sur un lac de plaisance, il leur arrivera quelque chose. De la même manière, les hommes comme votre Hercule Poirot n’ont pas besoin de chercher le crime, c’est le crime qui vient à eux. »

Sir Bartholomew Strange ne croit pas si bien dire car une mort survient, non pas à la fin de la soirée mais en son début, à l’heure des cocktails. Le sympathique révérend Babbington meurt en buvant son verre de vermouth. D’après la police locale et le médecin, le décès est certainement dû à une crise cardiaque et n’a pas d’origine meurtrière. Ce constat rassure tout le monde, excepté un petit noyau de personnes qui doute des faits sans pouvoir étayer leur suspicion. Ainsi se termine le premier acte…

Le deuxième acte nous mène à Monte-Carlo quand Mr Satterthwaite apprend par le Daily Mail que son ami Sir Bartholomew Strange vient de mourir dans les mêmes circonstances que le révérend Babbington, en portant à ses lèvres son verre de porto, lors d’une soirée donnée chez lui dans le Yorkshire, avec la plupart des invités qui étaient venus à Nid de Corneille. Mais dans cette nouvelle affaire, l’enquête a conclu que l’honorable Sir Bartholomew Strange est mort empoisonné.
La nouvelle à peine lue, que Sir Charles apparaît pour l’informer du décès et pour lui confier ses craintes. Il semblerait que dans leur entourage, un meurtrier tue ses victimes avec de la nicotine…

Comme dans une représentation théâtrale, les rebondissements s’enchaînent, nous ramenant de la Riviera par le train Bleu, en compagnie de Sir Charles, Mr Sattethwaite et… Mr Hercule Poirot qui quitte sa villégiature pour élucider cette sombre énigme.

Même si nous sentons l’aura d’Hercule Poirot à chaque page tournée, Agatha Christie donne à son héros un rôle « secondaire » car il n’interviendra que dans la troisième partie du livre, dans un chapitre intitulé « Hercule Poirot rentre en scène », pour clore cette tragédie en trois actes. Les investigations qui nous sont racontées sont menées par Sir Charles, Mr Sattethwaite et la délicieuse Miss Lytton Gore. Tous trois vont tuer l’ennui en jouant les détectives et en élaborant un « plan de campagne » pour regrouper les indices susceptibles de faire avancer l’enquête. Puis survient une troisième victime…

Trois morts, trois empoisonnements, et combien de mobiles ? Quels sont les liens qui réunissent les trois affaires ? et qui est le meurtrier ? Pour cette dernière question, nous n’avons que l’embarras du choix dans le vivier des invités et des domestiques.
Ce n’est qu’à la fin quand Hercule Poirot nous convie pour le baisser de rideau, à un sherry-party, que nous découvrons un scénario diabolique, savamment, habilement, orchestré.

Dans la chronologie des livres avec Hercule Poirot, ce roman vient après « Le crime de l’Orient Express ». Le détective a pris sa retraite et profite de l’argent qu’il a gagné. Dans un moment de partage avec Mr Satterthwaite, il se confie et lui parle de son enfance dans une famille pauvre, de ses débuts dans la police en Belgique, et de son arrivée en Angleterre alors qu’il avait été démobilisé pour blessure. Sincère et sans artifice, il avoue également jouer un rôle en se montrant précieux et ridicule afin de mieux tromper « l’ennemi »…

Je vous recommande cette passionnante enquête structurée comme une pièce ; amours, suspense et tragédie. A la fin, nous applaudissons.