Noël chez Ernest et Célestine

logonoel4fois


Il était quatre fois Noël

avec Chicky Poo et Samarian

 

 

noel-chez-ernest-et-celestineNoël chez Ernest et Célestine
Gabrielle Vincent

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Il n’a pas été facile de convaincre Ernest de faire une fête de Noël ! Célestine qui avait prévu d’inviter tous ses camarades à un réveillon, était à deux doigts de se voir refuser cette joie car Ernest invoquait systématiquement le manque d’argent. Pas d’argent pour les bougies, pas d’argent pour le sapin, pas d’argent pour les cadeaux, pas d’argent pour le repas… Pas d’argent tout court !!!
Nous sommes à une semaine du grand jour, il neige, il fait froid, il y a le vent qui s’amuse à balancer des bourrasques, et Ernest qui ne veut pas abdiquer !
« – … Dis « oui », Ernest, dis « oui » !
– Non ! C’est NON ! Pas cette année ! »
Mais Célestine sait se montrer éloquente avec des mots doux et des câlins. S’ils sont pauvres, ils sont aussi très astucieux. Alors, on commence par aller chercher le sapin dans la forêt, à faire de jolis dessins qu’on enrubanne, puis on va chiner de la vaisselle dans les poubelles et…
… et…  vous le découvrirez en lisant cette belle histoire de Noël, le cœur serré, plein d’étoiles, ému.
Noël est une fête de partage, une générosité de l’âme. Ernest et Célestine vont s’appliquer à donner à cette soirée toute sa magie. Contes, violon, déguisements, farandole, que la fête commence ! Même le petit grincheux du groupe ne résistera pas à l’ambiance et souhaitera revenir le Noël prochain ! Car il y aura une fête… n’est-ce pas Ernest ?

Livre doudou, bonheur pour les enfants, je vous le recommande.

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Un défi pour Vanessa, Tome 3

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Il était quatre fois Noël
avec Chicky Poo et Samarian

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1er tome – Arcadia, le rêve de Vanessa
2ème tome – La nouvelle vie de Vanessa

 

 

un-defi-pour-vanessa-arcadiaUn défi pour Vanessa
3ème tome

Cécile Soler

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Sourire… penser à sourire… Les conseils de la chorégraphe Roumaine, Iliana Radulescu, claquent comme un fouet. Perfectionniste, elle vise l’excellence pour les élèves patineurs de l’académie Arcadia.
« – Vanessa pas concentrée. Pas attitude vrrrraie championne. Iliana grrrrande expérrrrience avec équipe nationale Rrrroumanie. Si Vanessa vouloirr vrrrraie championne comme gymnaste Boucarrrest, Vanessa écouter. Vanessa rrrecommencer encorrre et encorrre… »

Vanessa file sur la glace en pensant à sa prochaine compétition pour le challenge du Médoc. Sélectionnée avec son amie Jade, elle s’accorde le fébrile espoir de monter sur le podium, car malgré les réprimandes de son entraîneur Eric, elle sait que depuis son entrée à Arcadia elle a fait de nombreux progrès.
Toujours aux prises des chipies jalouses qui s’échinent à lui rendre la vie impossible, elle essaie de déjouer leurs manigances avec l’aide de ses nouvelles amies. Et bien entendu, ce sont dans les moments les plus délicats qu’elles œuvrent à leurs perfides complots…
Sourire, voler comme un elfe sur la musique de
Fantasia, L’apprenti Sorcier, ne penser qu’à l’objectif, le challenge du Médoc. Se surpasser…

J’ai toujours beaucoup de plaisir à suivre l’aventure de Vanessa.
Un anniversaire, douze ans, et une maturité qui s’affirme… Comme dans les précédents tomes, Vanessa nous confie cette existence passionnante, faite de patinage, d’endurances, de nombreuses amitiés et de rivalités qui entretiennent l’intrigue et la mâtinent de suspenses. Ses parents inexistants dans son éducation, égoïstes, n’apparaissent que pour la menacer de la retirer de l’académie. Le gouffre qui les maintiennent à l’opposé se creuse de plus en plus, ne laissant à la jeune fille que le refuge protecteur des bras de sa tante Lili, journaliste sportive, qui l’encourage et l’introduit dans le monde des grands compétiteurs.

L’auteur a une écriture fluide, vivante, pleine d’humour et d’allégresses, qui nous facilite l’entrée de ce monde particulier et qui nous met en phase avec Vanessa, en nous faisant partager ses émois, ses rêves, ses peines et ses peurs.
Je recommande aux jeunes lecteurs (à partir de 7-8 ans) cette série qui les ravira. Trois petits livres au pied du sapin serait un beau cadeau…
Une lecture à suivre !

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Noël, ce n’est pas sorcier

logonoel4foisIl était quatre fois Noël
avec Chicky Poo et Samarian

D’autres albums pour enfants avec Les Sorcières, Kim, Didine, Mademoiselle Jo, Momiji, SorbetKiwi, Lydiane, Lou, Chicky Poo,

 

 

noel-ce-nest-pas-sorcierNoël, ce n’est pas sorcier
Lieve Baeten

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Même au pays des sorcières, on fête Noël, on décore les maisons et on attend impatiemment l’arrivée de la Mère Noël pour les cadeaux. Oui… ici, c’est la Mère Noël et non le Père Noël.

patou1Avant minuit, la petite Patou doit encore cuisiner et garnir son sapin, lorsque quelqu’un tape à la porte. Toc-toc.
En ouvrant, Patou à la surprise de découvrir la Mère Noël qui vient lui demander son aide. Est-ce que Patou voudrait bien lui garder sa fille, la petite Péronnelle ?
On ne refuse rien à Mère Noël… et voilà que Patou se charge du bout de chou qui est aussi frétillante qu’un feu follet !

Toc-toc-toc… Qui est là ? Patou est débordée, elle n’arrivera jamais à faire ce qu’elle doit faire… Mais voici la sorcière des Ours qui vient demander l’hospitalité car dehors il fait très froid.
La maison compte désormais des convives assez remuants ; une Péronelle et la sorcière des Ours accompagnée de deux gros ours. Tous sont autour du poêle à bois, quant à Patou, elle continue la décoration du sapin. Quand…

Dehors, il neige. Toc-toc-toc… Oui ? C’est qui ?
Et il faut encore jeter un sort à la guirlande pour qu’elle s’illumine et mettre les biscuits au four !!!
Est-ce que Patou arrivera à tout faire ? La maison, sera-t-elle assez grande pour héberger tout ce monde ? Et quel sera le cadeau que recevra Patou pour Noël ?

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L’histoire commence alors que la petite Patou, sorcière du Pays des Sorcières, organise sa maison pour Noël. Seule avec son chat, elle ne le reste pas longtemps ! Des invités inattendus viennent tout perturber et, dans ce joyeux désordre, égayer ce soir de fête. Mais c’est bien ainsi, car c’est triste d’être seul en ce jour !
L’auteur, conteuse et illustratrice, présente une petite sorcière très sympathique, toujours gaie et vive, qu’on retrouve également dans d’autres livres, pour d’autres aventures.
Des mots doux, faciles pour les enfants qui commencent à lire, faciles à raconter, et de nombreux dessins que l’on découvre dans des diptyques, riches en détails, il est un livre qu’on ne doit pas ignorer en ce mois de décembre ; magie, tendresse, amitiés…

A recommander !

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La vengeance de Cornebidouille

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Octobre en Halloween avec Hide et Lou

 

 

la-vengeance-de-cornebidouilleLa vengeance de Cornebidouille
Texte de Pierre Bertrand
Illustrations de Magali Bonniol
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la-vengeance-de-cornebidouille1 Préservons le dénouement de la première histoire, en ne vous dévoilant pas le pourquoi de cette vengeance… Sachez, que Cornebidouille est très en colère après Pierre. Vous songez aussitôt que c’est parce qu’il n’a pas mangé sa soupe ! Mais non… Cornebidouille a plus d’une raison d’être fâchée ! Et le terme « fâchée » est un euphémisme !

C’est la nuit… Pierre est couché quand il entend des gargouillis dans la canalisation. Il se lève, regarde partout, mais ne trouve rien de particulier. Quand… l’ombre de Cornebidouille se dresse derrière lui…

« – Ah, chenapan, tu croyais t’être débarrassé de moi ? A croire vraiment que tu me prends pour une imbécile !
– Euh oui, madame la sorcière, répondit Pierre en souriant.
– Petit impertinent, je vais te compresser, t’écraser, t’écrabouiller ! »

Impertinent… compresser… écrabouiller… Cornebidouille crie « Vengeance ! » sur toutes les tonalités. Pierre va manger de la soupe qu’elle va préparer. Et cette soupe, croyez-moi, ne sera pas faite avec les bons légumes du potager ! Un peu de bave de crapaud, un peu de toile d’araignée…

Alors… Pierre dégustera-t-il cette bonne soupe ? ou trouvera-t-il encore un subterfuge pour contrer Cornebidouille ?

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Il faut que vous racontiez les histoires de Pierre et Cornebidouille à vos enfants ! Ils vont bien rire… La fin est délicieuse ! Faites attention aux citrouilles !

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Sophie Canétang et Le tailleur de Gloucester

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Mois anglais avec Lou, Cryssilda et Titine

Journée livres pour enfants

J’ai choisi l’illustratrice et conteuse Beatrix Potter. Je vous recommande tous ses contes ; ils font la joie des enfants comme des grands.

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le-conte-de-sophie-canetangSophie Canétang

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A la ferme, Sophie Canétang ne peut pas couver ses œufs car on les lui retire à chaque fois. On dit d’elle qu’elle est incapable de le faire ! Triste, elle décide alors d’aller pondre clandestinement dans les bois afin de mener à terme sa ponte.
Dans les digitales, elle rencontre un charmant personnage qui lui fait bon accueil. Sensible à sa détresse, il lui propose l’hospitalité de sa demeure où elle pourra pondre au calme. Il lui assure aussi, que durant son absence, il prendra soin des œufs.
La cabane paraît miséreuse et guère en harmonie avec l’inconnu très distingué, mais Sophie s’en accommode et commence à faire son nid dans la paille.

Pauvre Sophie ! Naïve, elle n’a pas vu que sous les habits élégants se cachait un renard rusé et gourmand qui verrait bien à sa table, une cane rôtie aux petits légumes.
De plus en plus impatient et brutal, le renard commence à se dévoiler. Mais le pire dans l’ignominie, c’est quand il demande à Sophie de ramener de la ferme des oignons et des herbes pour son repas. Et Sophie, obligeante et généreuse, s’accomplit…

Oui… pauvre Sophie ! Mais heureusement que le colley de la ferme veille sur elle et qu’il interviendra avec ses amis pour la secourir…
Ouf ! Mais les œufs ? me direz-vous. Aille, les œufs… c’est une autre affaire !

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Le conte présente une morale évidente. Il ne faut jamais faire confiance à un inconnu, même s’il est courtois et affublé de beaux vêtements. L’ingénue Sophie, sympathique mais crétine, se fait bernée par le rusé renard qui sait l’amadouer avec ses bonnes attentions. Beatrix Potter illustre cette fable animalière avec de beaux dessins qui fleurent bon la campagne et la ferme.


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Le tailleur de GloucesterLe tailleur de Gloucester

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le tailleur de gloucester5Dans la ville de Gloucester, un vieux tailleur désargenté doit confectionner pour le maire, un habit de mariage pour Noël ; « De soie couleur cerise, brodé de pensées et de roses avec gilet assorti de satin crème orné de gaze et de chenilles vertes… ».
Ce costume de soie et de broderies serait pour lui l’occasion de montrer son adresse et de trouver une belle clientèle. Sans tarder, il trace et coupe toute la journée, jusqu’à la nuit.

Lorsqu’il rentre chez lui, il est tellement fatigué, qu’il ne peut plus faire un pas. Il demande alors à son chat Simon d’aller lui faire quelques achats, de quoi manger, boire, et de quoi coudre car il lui manque du fil de soie rouge. Durant l’absence de son compagnon, il découvre sous des tasses des petites souris piégées. Aussitôt libérées, les petites souris s’en retournent dans leur trou, et le gentil tailleur part se coucher, de plus en plus fiévreux. Mais à son retour, Simon a la surprise de voir son repas envolé et, mécontent, décide de punir le vieil homme en lui confisquant la bobine de soie rouge…

le tailleur de gloucester4 La nuit est longue, le pauvre tailleur est bien malade et il ne pourra pas terminer le travail commandé !
Dans leur repère, les petites souris pleine de reconnaissance pour leur hôte, décident alors de l’aider. Elles savent bien tirer l’aiguille et profitent tous les jours des largesses du tailleur qui abandonne avec générosité des bouts d’étoffes, de fils, de dentelles et de rubans. Ainsi, elles peuvent réaliser leurs habits et se montrer coquettes.

Durant trois jours, elles vont coudre et broder. Mais vont-elles pouvoir donner à l’ouvrage toute la préciosité et la rareté que le tailleur voulait donner au costume ? Et la bobine de fil de soie rouge ? Et  Simon le chat ?…

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De la campagne, nous passons à la ville.  Beatrix Potter conte une belle histoire, douce, pleine de dévouement et de magie, à l’heureuse conclusion. Les illustrations sont riches, plus détaillées, encore plus belles. Le costume couleur cerise rappelle un peu la robe couleur du temps de Peau d’Âne, un habit chargé d’espoir.

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Le singe à Buffon

le singe à buffonLe singe à Buffon
Gilles Bachelet

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« Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788), est un naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain français. » Source Wiki
Gilles Bachelet a voulu raconter les rapports entre ce scientifique des Lumières et son animal de compagnie, un singe
désopilant, qui se conduit très mal, mais qui sait susciter beaucoup d’indulgence et de tendresse.

Le singe est colérique, capricieux, il casse tout, s’amuse de ses bêtises et se montre très irrévérencieux. Il ne comprend que ce qu’il veut. On lui découvre un peu d’intelligence quand il fait des farces aux dépens de Buffon, mais sinon, c’est un enfant très indiscipliné qui aime reproduire tout l’inverse de ce qu’on lui demande.

De belles illustrations, bien détaillées, qui parlent plus que les mots, on retrouve l’humour et la fantaisie de Bachelet avec beaucoup de plaisir. Ici point de carotte doudou, comme celle du Chat, mais un morceau de chiffon… certainement sale et malodorant.

C’est très drôle, impertinent, et on se demande si le singe ne fait pas une étude zoologique sur l’homme. D’après Buffon, l’homme est semblable aux animaux.
L’auteur a reçu le Grand prix jeunesse de la Société des gens de lettres pour cet album, en 2003.
Je vous le recommande !

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le singe a buffon 1

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Il faut sauver la reine !

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Un livre offert, dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Il faut sauver la reine !Il faut sauver la reine !
Carl Aderhold et Michèle Lancina

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1792, La Bretagne – Paris

Fuyant la Révolution qui menace tout aristocrate, Héloïse de Saint-Phalle attend avec ses parents et sa gouvernante, le bateau qui les mènera en Angleterre. Mais rien ne se passe comme prévu… Alors que deux chaloupes s’approchent du rivage pour les embarquer clandestinement, une troupe de Bleus, des soldats de la Révolution, arrive, les met en joue et fait feu. Dans l’action et la violence d’une houle déchaînée, Héloïse se retrouve seule dans une barque avec sa gouvernante, Mme de Boisgobey. Séparée des siens et prise au piège par des canonnades, elle voit s’éloigner la deuxième barque où sont montés ses parents. Sa mère est blessée par un tir et son père est maîtrisé par les marins paniqués qui le contraignent à ne pas lui venir en aide car au loin, une frégate française se dirige vers eux.

Fille de marquis, élevée pour être un jour dame d’honneur de la reine Marie-Antoinette, rien ne prédisposait Héloïse à vivre une telle mésaventure. Pourtant, la jeune fille  ne reste pas longtemps désemparée. Assumant seule leur sauvegarde, elle décide de retourner à Janzé pour prendre la diligence qui les mènera à Paris où réside sa tante, la comtesse de Vauséjour.
Avec une Mme de Boisgobey très craintive, Héloïse se crée une nouvelle identité. Elle sera la fille de sa gouvernante, une bonne citoyenne qui s’en va travailler à la capitale.
Lors de ce voyage, elle fait la connaissance d’un jeune sans-culotte. Fils d’un épicier, Brutus ne parle que de cette Révolution qui offre au peuple justice et égalité. Intarissable, enflammé, il informe ainsi Héloïse des us de ce nouveau régime. Elle comprend donc que tout est dans l’attitude et le parler. D’ailleurs, pour ne pas être repérée par les Comités de surveillance, il faudra qu’elle apprenne à tutoyer tout le monde… c’est une question de survie ! Et pour survivre, il leur faut quitter ce Brutus si inquisiteur qui se passionne également pour les énigmes. Dommage… il aurait fait un charmant ami.

Après un périple très mouvementé, Héloïse arrive enfin chez sa tante. On la présente à tous comme la fille de la nouvelle dame de compagnie de Madame la comtesse et on lui attribue le poste d’aide cuisinière. A l’office, novice en tout, l’intégration n’est pas facile car on la traite de « prétentieuse méprisante », mais cette existence lui procure une liberté qu’elle n’avait jamais expérimentée, et c’est grisant ! Elle peut aussi passer du temps à l’écurie à soigner les chevaux. Avec Jean le palefrenier, elle s’entend bien. Homme discret, peu bavard, il semblerait que sa tante lui ait donné pour mission de la protéger. Les temps sont dangereux, il en faut peu pour être suspecté et arrêté.
Un jour en cuisine, on leur livre des commissions et à la grande surprise d’Héloïse, elle revoit Brutus.

Le hasard, espiègle, fait que l’épicerie du père de Brutus se trouve dans la même rue que l’hôtel particulier de sa tante ! Et ce n’est pas pour lui déplaire. Entre eux, commence alors un jeu fait d’une séduction toute innocente, mais basé sur de nombreuses faussetés.
Héloïse invente des histoires pour justifier ses agissements bizarres et Brutus tait à cette nouvelle amie le fait qu’il surveille la maison de la comtesse avec Pierre, son frère. Un de ses rêves, en dehors de partir au Québec vivre d’extraordinaires aventures, c’est de devenir un fin limier comme son parrain, le commissaire Périgord. Chez la comtesse, il se passe d’étranges choses la nuit. Elle reçoit régulièrement un homme mystérieux, armé, au comportement suspect. Pour Brutus, il n’y a point de doute, c’est un espion qui complote contre le nouveau régime. Et sur ce point, il n’a pas tort ! C’est ce que découvrira Héloïse, un soir.

Cet homme est Lord Englewood, un espion anglais envoyé par George III, roi d’Angleterre, pour faire évader la famille royale maintenue prisonnière aux Tuileries. Alors, lorsque Héloïse apprend la conspiration, elle n’a qu’une idée en tête, c’est de prendre part au projet.
Impétueuse, courageuse et profondément dévouée à leur cause, Héloïse de Saint-Phalle va tout faire pour sauver la reine Marie-Antoinette… quitte à perdre son jeune et gentil ami, le sans-culotte. Quant à Brutus, il est prêt à tout… pour faire échouer les desseins des ennemis de la République…

« Les deux héros vont-ils devoir renoncer à leurs sentiments pour rester fidèles à leurs idées ? »
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Roman d’aventure pour les jeunes adolescents, cette histoire passionnante est aussi une belle reconstitution historique. Carl Aderhold, écrivain-historien, et Michèle Lancina, auteur pour la jeunesse, mêlent plusieurs ambiances à leur récit, donnant au tempo beaucoup de vivacité. Des équipées périlleuses en Bretagne jusqu’à l’atmosphère oppressante de Paris, l’attention du lecteur est maintenue en haleine. Nous avons le récit d’une jeune aristocrate qui raconte son désir de faire évader la reine Marie-Antoinette, et le récit d’un jeune sans-culotte qui veut servir un nouveau monde. Ces narrations épiques se mâtinent de sentiments amoureux. Héloïse et Brutus sont jeunes, treize ans, mais ils éprouvent l’un pour l’autre de tendres penchants. C’est raconté avec beaucoup de fraîcheur et d’humour. Elle dit de lui qu’il est assommant et « donneur de leçons de la pire espèce », il dit d’elle qu’elle est « une demoiselle sans cervelle et frivole ». Il faut dire qu’au début la demoiselle Héloïse se targue d’appartenir à une élite et qu’elle peut paraître bien bêcheuse. Ce qui fait son charme… car parfois hautaine et réservée, elle est aussi adorable, bonne et pleine d’ardeur (c’est ce qui séduit son ami). Quant à Brutus, il est un enfant qui croit en la République, aux valeurs de liberté et d’égalité. Ses mots sur les monarques sont durs, ils sont empreints de violence, ils sont ceux des révoltés.
Le contexte historique est cruel. On ressent bien cette frénésie délirante qui va emporter dans le sang de nombreuses personnes. L’intrigue est très bien écrite, le suspens tient jusqu’à la dernière page. Mais ce livre est un premier tome, nous sommes en 1792, il y a encore tant à raconter… Les auteurs nous préparent donc une suite.
De cette suite, je voudrais lire le mystère qui entoure la naissance de Brutus et je voudrais retrouver certains personnages, Mme de Boisgobey, mais aussi Lord Englewood, un homme à l’ambiguïté très intéressante…

Vous l’aurez compris, je vous recommande ce livre !