Le vent dans les saules

Il était neuf fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Les animaux du monde de Sharon

Un livre offert par les Éditions Caurette et Babelio dans le cadre des Masses Critiques

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Le vent dans les saulesLe vent dans les saules
Texte de Kenneth Grahame
Illustrations de Chris Dunn

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Publié en 1908, Le vent dans les saules est un livre qui regroupe plusieurs petites histoires, dont les personnages principaux sont une taupe, un rat, un blaireau, un crapaud et une loutre.
Dans un cadre enchanteur en bordure de la Tamise, sous les ramées des saules, les amis connaissent des aventures rocambolesques, drôles et remuantes qui les auréolent de gloire.
Cette parution grand format reprend le texte intégral de Kenneth Grahame et se pare des superbes dessins de Chris Dunn qui rappellent les illustrations d’origine faites par Ernest Howard Shepard.

Le vent dans les saules 4Les récits se présentent en douze chapitres…
« La berge » ;
C’est le printemps, M. Taupe fait le grand ménage de sa maison, puis décide de laisser les corvées ménagères pour aller voir la nature renaître. Vers les berges de la rivière qu’il découvre, il rencontre M. Rat qui lui propose une balade en barque. Virée en bateau sous la frondaison des arbres, pique-nique dans une clairière ensoleillée et douce somnolence, jusqu’à ce qu’un ami de M. Rat vienne les déranger. C’est M. Loutre…
« La Grande-Route » ; L’air est léger et
M. Taupe est triste de laisser ses nouveaux compagnons. Affligé de le voir ainsi, M. Rat décide de l’inviter chez lui pour partager quelques jours de vacances et lui faire découvrir les joies de la rivière. C’est alors que M. Crapaud leur propose un voyage en roulotte ; sa dernière lubie !
Le vent dans les saules 2« La forêt sauvage » ; M. Taupe souhaiterait rencontrer M. Blaireau qui est quelqu’un de solitaire et qui habite la forêt. Sur un coup de tête, sans écouter les conseils de M. Rat, il part seul, dans le froid glacial de l’hiver et se perd…
« M. Blaireau » ; M. Rat et M. Taupe sont accueillis par M. Blaireau. Dehors, il neige et la maison est un havre bien confortable…
« Foyer, doux foyer » ; M. Taupe a la nostalgie de son logis et invite M. Rat dans son modeste intérieur qu’il faudra dépoussiérer et réchauffer… juste à temps, avant de recevoir la visite d’une chorale de mulots qui chante des cantiques de Noël…
« M. Crapaud », « Le joueur de pipeau aux portes de l’aube », « Les aventures de M. Crapaud », « Les voyageurs », « Les nouvelles aventures de M. Crapaud », « Il éclata en sanglots comme éclate un orage d’été » et « Le retour d’Ulysse »… Les histoires suivent le fil des saisons et les tableaux bucoliques peints par Chris Dunn font rêver.

Le vent dans les saules 5

La vallée de la Tamise est le cadre d’un univers animalier qui côtoie celui des humains. On découvre une bande d’amis qui ont des caractères différents. M. Taupe n’est pas un aventurier et pourtant il se laisse embarquer par les autres avec beaucoup de complaisance. M. Rat est celui qui va l’introduire dans le cercle amical. Il est sympathique, bavard et chaleureux. M. Crapaud est le propriétaire de la Crapaudière, un beau manoir. Riche, arrogant, obsessionnel, mais aussi brave, il lui arrive toujours des péripéties. Le solitaire M. Blaireau est la voix de la sagesse. Quant à Monsieur Loutre, il a une bonne nature et se montre toujours plein d’entrain.
Amitié, complicité, solidarité, aventures, humour, les histoires de ces gentlemen charmeront les enfants et leurs parents.
Un magnifique livre plein de poésie et de douceur à recommander et à offrir…

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Le vent dans les saules 1

Le prix de l’orgueil

LogopolarsthrillerssharonUn livre offert par les Éditions 10/18, dans le cadre des Masses Critiques Babelio

Challenge polars de Sharon

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Le prix de l'orgueilLe prix de l’orgueil
Anne Perry

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Londres, vers les années 1910,

Daniel Pitt est le deuxième enfant de Charlotte et Thomas Pitt. A vingt-cinq ans, il est un avocat qui commence à se faire une belle notoriété et travaille dans un grand cabinet tenu par le directeur Marcus fford Croft. Dans cette affaire, il est confronté à la mort d’un proche, l’avocat Jonah Drake, dont le corps a été découvert dans le quartier mal famé de Mile End, dans l’East End. Criblé de coups de couteau, le visage presque défiguré, Daniel est appelé à la morgue pour le reconnaître. Que s’est-il passé et que faisait-il là ?
Le défunt était un avocat talentueux qui gagnait la plupart de ses affaires en évitant la pendaison à ses clients. Il était un homme distant, discret, secret, pas facile à approcher, et Daniel le connaissait peu, mais avec son ami et collègue Toby Kitteridge, il reprend les dossiers de Drake pour savoir si l’un d’eux ne serait pas à l’origine de sa mort.
Deux affaires retiennent son attention et après s’être renseigné, il décide d’orienter son investigation sur le cas Evan Faber qui avait été accusé d’avoir tué sa maîtresse en la rouant de coups. Evan est le fils d’Erasmus Faver, un armateur riche et puissant qui est en relation étroite avec le gouvernement. C’est donc à pas feutrés qu’il devra enquêter et demander conseils à son père Sir Pitt, directeur de la Special Branch.
Crime de vengeance ou crime commandité par la concurrence, les pistes sont minces et très vite d’autres mobiles apparaissent en mettant dans la ligne de mire Marcus fford Croft susceptible d’être impliqué dans des subordinations de témoins, des malversations, de la corruption et du chantage… Mais à la mort d’Evan, assassiné lui aussi à l’arme blanche, il est difficile pour Daniel de tout concilier et de trouver le point convergeant de l’histoire, un mystère qui l’envoie du côté de Whitechapel sous la juridiction de l’inspecteur Litterman…

Ce quatrième tome de la série Daniel Pitt est un bon cru. L’auteur prend son temps (beaucoup de temps) pour dérouler l’intrigue et l’étoffer de plusieurs indices menant à de différentes trajectoires. Nous avons le plaisir de retrouver Charlotte et Thomas qui ont des rôles très actifs et qui entourent leur fils d’attentions aimantes et protectrices, car Daniel qui cherche à gagner son indépendance et à tracer son chemin sans l’aide paternelle, sollicite malgré tout souvent leurs conseils.
Avec cette série, nous sommes projetés dans la deuxième décennie du XXème siècle. De l’époque des sagas Monk et Pitt, la condition de la femme n’a guère évolué et l’East End est toujours un endroit miséreux, crasseux et coupe-gorge. On lit toutefois une avancée dans différents domaines (les premières automobiles et le relevé des empreintes digitales dans les enquêtes).
Anne Perry ne faillit pas et nous livre encore une fois un bon roman policier… A suivre !

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Noël à la librairie des cœurs brisés


Il était huit fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Une lecture commune avec Amélie (MissyCornish) et Isabelle

 

 

Noël à la librairie des cœurs brisés
Annie Darling


Avec une si belle couverture… pailletée… nous n’avons qu’une seule envie, c’est de s’installer confortablement pour lire le livre… Mais à la page 30, j’étais déjà lasse. Cette romance n’était pas pour moi. Sauf, qu’Isabelle, compagne de lecture avec Amélie, me parle de sacrifice et de jusqu’au-boutisme. C’est un peu du masochisme me direz-vous… et j’ai accepté ! Certes… j’ai lu le livre en diagonale, mais je l’ai lu… C’est l’époque de Noël et tout et tout… donc,

Mattie, une jeune femme de vingt-huit ans, tient un salon de thé à Londres avec Cuthbert, un barista de soixante-douze ans passionné par son métier. Le salon est l’annexe d’une librairie « Au bonheur des tendres » tenue par Posy qui la gère avec Verity, Nina et Tom.
A un mois de Noël, les décorations et festivités doivent être mises en place et cette fois-ci l’organisation est du ressort de Mattie et Tom.
Pour Mattie, allergique à Noël, rien n’est plus fastidieux que ce genre de préparatifs, surtout avec ce binôme qu’elle ne supporte pas. Trop intellectuel, trop condescendant, trop ennuyeux, trop vieillot, trop ci, trop ça, trop horripilant… elle va devoir faire un énorme effort pour le côtoyer et lui donner un peu de ces heures qui lui manquent tant, en cette époque de l’année !
Moins de temps elle restera en sa compagnie et mieux cela sera… seulement, une opportunité qu’elle ne peut refuser s’offre à elle. Au dessus de la librairie et du salon de thé, Posy a un petit appartement qu’elle propose à Mattie et Tom.
Des chambres séparées et tout le reste en commun, la cohabitation s’annonce particulièrement électrique, mais ne serait-ce pas un bon moyen pour découvrir la réelle personnalité de Tom ? Sous son air de vieux garçon qui se cache derrière une tonne de livres, qui ne mange que des paninis, qui utilise de la brillantine pour ses cheveux et qui porte des lunettes en écaille et des vestes en tweed, l’homme qu’elle connaît depuis quatre ans, pourrait se révéler différent.
Il y a des mystères à élucider qui méritent qu’on fasse quelques concessions et la curiosité de Mattie va modifier certaines données…
Le décompte vers Noël est lancé ! J-30.

Le résumé est alléchant, n’est-ce pas ? Oui, mais je me suis follement morfondue. Du bla-bla-bla long et vide, des personnages grossiers, creux et ridicules, une histoire d’amour terne, rigide et puritaine, il n’y avait rien d’enchanteur et de romantique. Le seul point positif qui me laissera un souvenir heureux, ce sont les échanges que j’ai eu avec mes copines de lecture. Nous nous sommes encouragées pour la terminée, motivées pour ne pas nous assoupir, nous avons bien ri, décortiqué quelques passages, nous avons été un tout petit peu méchantes… et ça, ce fut excellent.
Il paraît que ce tome est le dernier de quatre histoires, et je tiens à préciser pour être juste, que c’est une série qui a du succès auprès de certaines lectrices. Alors, à vous de voir…

 

 

 

 

Noël au bord de l’eau

Un livre offert par les Éditions Prisma et Babelio dans le cadre des Masses Critiques

Il était huit fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
De la cuisine dans la littérature avec Fondant et Bidib

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Noël au bord de l’eau
Jenny Colgan

L’île de Mure est un territoire écossais au nord de l’archipel des Orcades. Elle s’étire toute en longueur dans un bas relief avec des landes garnies de bothies, des petits abris en pierre, des prés, des collines, une plage au sable blanc qu’on appelle L’Infinie, une piste d’atterrissage et un port pour se relier au continent, un village aux façades des maisons colorées, une colonie de phoques qui aboient et hurlent comme des chiens, des vaches, du whisky, une culture gaélique très prononcée, un héritage viking, des nuits blanches, beaucoup de vent, un temps suspendu… et des habitants très pittoresques, solidaires, méfiants et généreux.

Dans le premier tome, l’auteur nous présente cette myriade d’âmes aux personnalités marquées qu’on approche avec simplicité et respect. L’héroïne, Flora MacKenzie, assistante juridique dans un prestigieux cabinet d’avocats de Londres, a tout abandonné depuis un an pour revenir s’installer sur son île où elle tient une pâtisserie dans une maison au ton « rose poudré », le Seaside kitchen. Sans trop dévoiler l’épilogue du livre précédent, elle a à présent un amoureux et s’est réconciliée avec sa famille.
Les pâtisseries de Flora sont issues des vieux livres de recettes de sa mère qui était une fine cuisinière. A la saison de l’hiver, elle prépare des sablés, des scones, des puddings, des cakes et des tartelettes aux fruits secs. La boutique a les parfums de Noël, mais les fêtes cette année ne seront pas aussi gaies qu’on pourrait l’espérer car s’il y a beaucoup de magie à Mure, il arrive que la dureté de la vie perce cette protection pour n’épargner personne.

Dans le vieux presbytère du milliardaire Américain Colton Rogers, Fintan, son mari et le frère de Flora, a décoré la maison avec des guirlandes de lierre et de houx. Pourtant, la luxuriance des lieux ne fait pas oublier le triste drame qui se prépare car Colton est très malade.
Flora le sait bien, rien n’est facile et rien n’est acquis. Le bonheur, il faut le cueillir lorsqu’on peut et savoir garder du courage pour tout ce qui n’est pas heureux.
Le domaine du Rock est fermé, en sommeil pour la froide saison. L’homme qu’elle aime vit sur un autre continent à gérer les affaires de Colton. Lorna, sa meilleure amie, a un tendre sentiment envers le nouveau médecin de l’île, un Syrien qui a fuit son pays en guerre avec ses deux garçons. Mais cette idylle n’est pas partagée car Saïf espère toujours retrouver son épouse disparue. Charlie et sa femme, la fielleuse Jan, vont être parents. L’école prépare une crèche vivante pour le spectacle et Agot, sa nièce, aura son rôle à jouer.
Mark et Marsha, les vieux amis de Joël viendront de New York pour les fêtes. Un nouveau vient de débarquer sur l’île. Tripp est le frère de Colton qu’il n’a pas revu depuis des lustres ! Mais les retrouvailles sont amères ; leur passif est tellement lourd ! Et puis Flora se sent seule, fatiguée et très mélancolique…

Flora doit annoncer une belle nouvelle à l’homme qu’elle aime, mais comment le dire ? Elle est celle qui a retrouvé ses racines et qui s’ancre encore plus à Mure, et il y a lui, encore empli de tourments, qui est terrifié à l’idée de s’engager.
Cependant, Mure est enchanteresse. Il faut toujours garder force et confiance, surtout à Noël !

Je vous recommande ce roman qui n’est pas à classer dans les guimauves de Noël. Des histoires d’amour, il y en a… mais elles ont aussi le goût salé des larmes.
A travers ses personnages, sans avoir une plume qui cherche le pathétique, l’auteur aborde d’une manière plus grave des sujets comme la maladie, la mort et la guerre.
Cette suite, c’est aussi retrouver la famille de Flora, tous des personnages attachants et nantis de forts caractères, qu’on aimerait découvrir dans de prochaines histoires…ce sont les habitants de l’île, farouches et fiers de leur patrimoine… ce sont des plats traditionnels et des recettes qu’on découvre dans les dernières pages… c’est un chien berger, Bramble, trop vieux pour travailler, mais toujours assez fou pour gambader sur la lande et se jeter dans les flots froids de l’Atlantique… c’est une petite fille, Agot, qui n’est pas avare de câlins et qui est une digne héritière des selkies… c’est une île, sauvage, mystérieuse, tellement écossaise… et fictive…
Un livre à lire !
Différent et plus léger, le premier tome « Une saison au bord de l’eau » qui déroule son histoire en été, est également à lire

Une saison au bord de l’eau

Lectures celtiques avec avec Cryssilda
Un auteur écossais

De la cuisine dans la littérature avec Fondant et Bidib

 

Une saison au bord de l’eau
Jenny Colgan

 

Flora MacKenzie a quitté son île natale Mure, au nord de l’Écosse, pour Londres. Assistante juridique dans un grand cabinet d’avocats de Broadgate, elle est du genre petite souris grise et comme elle n’a pas le même aplomb que ses collègues, elle se retrouve plus souvent aux archives qu’au devant de la scène. Sauf un jour, où son patron Joël Binder la fait appeler.
Joël Binder… Flora en est amoureuse depuis le premier jour. Beau, talentueux, si sexy, il est celui après qui elle soupire en secret, un fantasme inaccessible. Comparés à lui, les petits amis qui ont jalonné sa vie, monotone et solitaire, n’ont pas fait le poids et ont été rapidement relégués aux oubliettes.

Alors, lorsqu’un client milliardaire Américain qui a acheté la moitié de Mure, a un problème avec les « autochtones », et qu’il apprend qu’une employée du cabinet en est originaire, Flora est convoquée en urgence à l’étage de la direction.
Rougissante, tremblante et presque en apnée, la jeune fille apprend qu’elle va devoir retourner sur son île, une terre abandonnée trois ans auparavant après l’enterrement de sa mère et une violente dispute avec son père et ses trois frères. Elle devra défendre les intérêts de Colton Rogers qui veut faire du domaine du Rock un complexe hôtelier luxueux. La commission chargée des affaires de l’île veut implanter des éoliennes dans le paysage à l’extrémité de Mure, et la mission de Flora consisterait à renouer avec les insulaires et à leur rendre Colton sympathique, afin que le projet n’aboutisse pas.

Sa tâche est une charge qui semble bien trop lourde pour elle, mais les Écossais du nord sont coriaces et opiniâtres. On peut dire qu’elle ne lâchera pas le morceau si vite et elle fera tout pour donner satisfaction à son employeur !
A son arrivée à Mure, elle retrouve tout inchangé ; mêmes gens, mêmes méfiances, mêmes griefs. Et à la ferme de son père, les rancœurs empoisonnent encore leurs relations. Tout semble vétuste, d’un autre temps et bien trop sinistre depuis le départ de sa mère. C’est donc entre les pages des vieux cahiers des recettes maternelles qu’elle puise du réconfort et dans la préparation de ses gâteaux qu’elle se remémore les souvenirs heureux. Les fourneaux dégraissés et remis en états, ce sont des puddings, tourtes, scones, soupe à la queue de bœuf, pommes de terre braisées avec un excellent jambon du pays et du pain de seigle, des odeurs de fumets, des odeurs de sucre roux et d’épices qui parfument la maison et qui petit à petit vont la ramener vers ses proches…

La cuisine est une fine stratégie pour s’attirer les bonnes grâces des Muriens, les apprivoiser, et sur les encouragements de Colton qui l’assiste dans ses approches, Flora improvise dans une petite maison du village aux murs roses, une boutique où elle y vend ses pâtisseries. C’est l’été, l’île s’ouvre aux gens de l’extérieur et un vent nouveau balaye les esprits.
Les plans de bataille, véritables ruses guerrières, ne se feront pas sans certaines personnes. Fintan, le frère de Flora qui travaille à la ferme et qui connaît tous les produits du terroir, sera également sollicité et Joël quittera Londres pour superviser les manœuvres.

La petite assistante juridique sans grande fantaisie, si terne qu’elle en était transparente, si timide qu’elle en était bizarre, devient une jeune femme intéressante et d’une beauté qui s’assortit à son l’île.
Mure est enchanteresse, solennelle, mystérieuse. Elle envoûte le visiteur qui ne veut plus en repartir. Colton en a été sensible et a voulu en achetant ses terres et ses pierres, être l’un des siens. Quant à Joël, celui que bien souvent on décrit comme toxique et odieux, la possession, si on peut appeler ça ainsi, se fait d’une manière plus subtile. L’île se dévoile dans ses brumes, ses nuits claires, dans la fantaisie de ses habitants et sa culture celtique avec ses légendes et sa magie, dans le fait qu’elle soit un bout de terre
au bout du monde. Au fil des jours, elle devient également salvatrice, loin des vieux cauchemars et de l’insipidité de sa vie.

Je vous recommande ce livre qui conte de belles histoires d’amour. Généreusement, l’auteur y a mis de beaux sentiments, de l’humour, de splendides paysages, des noms de plats qui font saliver, et des personnages plein de charme.
Pour avoir déjà lu la suite, « Un Noël au bord de l’eau », je peux vous dire que ce premier tome a de douces saveurs. Il est très différent du prochain qui amène d’autres émotions…

 

Un billet chez Jojo,

 

 

 

Un pique-nique presque parfait

Juin en Angleterre avec Lou et Titine
Challenge polars avec Sharon

Un livre offert par les Editions Harper Collins dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

 

Un pique-nique presque parfait
Une enquête de Loveday et Ryder

Faith Martin

 

Oxford, été 1960,
Le cadavre d’un étudiant prisonnier des racines d’un saule sur les rives de la Tamise va réunir pour la seconde fois Trudy Loveday, une jeunette de dix-neuf ans agent de police stagiaire, et le Dr Clément Ryder, le coroner de la ville d’Oxford âgé de cinquante-sept ans. Lors de la précédente affaire, « Le corbeau d’Oxford », il y avait eu entre eux une bonne alchimie et c’est donc sans hésitation que le duo se reforme à la demande de Ryder.
Les résultats de l’enquête qui ont été relatés au tribunal n’ont pas donné un verdict concluant et une investigation plus approfondie devrait dire si cette noyade est un suicide, un accident ou un meurtre.

Juste avant la découverte du corps de Derek Chadworth, un étudiant de St Bede’s, un collège d’Oxford, le tableau qui est présenté est charmant. La campagne sous le soleil est animée par les rires insouciants des étudiants qui fêtent la fin de leurs examens dans des barques en simulant des joutes. Il y a des pêcheurs qui attendent patiemment une bonne prise, des jeunes gens qui installent des piques-niques et des promeneurs qui cheminent paisiblement le long des berges. Mais lors des témoignages des amis de Derek présents sur les lieux du drame, tout sonne faux et met à mal cette belle ambiance. Entre les mines crispées et les dépositions qui se contredisent, le Dr Ryder qui a un siège à la cour, perçoit intuitivement qu’il y a un malaise et imagine que la personnalité du défunt n’était pas aussi bonne que tout le monde le prétend.

L’enquête prend une autre tournure avec l’aide de Trudy qui va quitter l’habit de policier pour ceux d’une jeune étudiante afin de mieux se mêler à la vie de St Bede’s College. Très vite, elle apprend que Derek faisait partie d’un cercle très sélect et sulfureux, le Marquis Club, tenu par Jeremy Little John, le fils cadet d’un duc. Tous deux semblaient être inséparables et à l’origine de nombreuses extravagances et d’activités coupables.

Qui était vraiment Derek, boursier d’origine modeste qui fréquentait les jeunes aristocrates et d’où venait l’argent qui lui assurait son train de vie princier ? Voici les deux premières questions qui débuteront l’enquête de Trudy et de son mentor le Dr Ryder…

« Un pique-nique presque parfait » est le deuxième tome d’une série qui regroupe deux enquêteurs bien sympathiques, la jeune stagiaire de police prometteuse qui sort de son nid et qui a tout à apprendre et le brillant chirurgien atteint de la maladie de Parkinson qui est contraint de se reconvertir dans la médecine légale. Leur complicité très agréable à lire est l’un des atouts majeurs de l’histoire qui me semble un peu faible au niveau de l’intrigue policière.
L’intérêt du roman réside également dans cette époque au charme vintage
avec les souvenirs de la pop-culture et les us conformistes de la société anglaise qui était pleine d’inégalités, de discriminations et de préjugés ; misogynie, structures hiérarchiques des classes, conservatisme…
Je vous recommande donc cette bonne lecture qui vous ouvre les portes d’un lieu séculaire et prestigieux, Oxford. Je lirai la suite avec grand plaisir…

D’autres billets chez Belette, Hilde, Sharon, Titine,

 

 

 

La crique du Français


Mois anglais avec
Lou et Titine
Challenge Petit Bac avec Enna
Une lecture commune avec Fondant-Grignote

 

 

La crique du Français
Daphné du Maurier

 

Au temps de l’histoire de La crique du Français, le littoral des Cornouailles aux falaises escarpées et aux landes sauvages battues par les vents n’était pas beaucoup fréquenté. Quant au petit hameau d’Helford, il était comme un coin perdu au bout du monde.
C’est dans cette région que la belle sulfureuse, capricieuse et inconstante Dona St Columb décide sur un coup de tête de partir avec ses deux jeunes enfants et leur nounou, pour son domaine de Navron.

En quittant Londres, son mari et ses amis, elle fuie une vie ennuyeuse et débauchée. Car à bientôt trente ans, elle se découvre sans rêves, sans désirs, désabusée et très différente de la femme qu’elle aurait aimé être.
Lorsqu’elle arrive dans le manoir familial où elle n’était pas attendue, elle est accueillie par William, le successeur du vieux régisseur et trouve une demeure en sommeil, pleine de poussière. L’atmosphère des lieux respire un certain mystère et semble porter les promesses d’une vie plus légère et plus saine, sans les miasmes de la capitale et les beuveries de ses fréquentations. Désertée par sa domesticité durant l’absence des propriétaires, elle se remet à vivre lentement.
Sous le regard énigmatique et ironique de William, Lady St Colomb s’acclimate à la douce ambiance de l’été en batifolant dans le jardin avec ses enfants et en menant une existence de bohémienne. Débraillée, enivrée de soleil, alanguie, elle apprécie la solitude et le calme à leur juste valeur. Mais cette quiétude est compromise par l’arrivée de son voisin, Lord Godolphin, qui vient lui présenter ses hommages et l’entretenir d’un sujet important. Il souhaiterait avoir le soutien de son mari pour la traque d’un dangereux pirate qui pille la côte. Le Français les nargue depuis trop longtemps et il serait bon que la justice l’appréhende définitivement.
Intriguée par l’affaire, attirée par le sel de l’aventure et l’aura de ce bandit, Dona se met à surveiller la conduite équivoque de William qui pourrait être de connivence avec lui. Décidant un jour de le suivre discrètement, elle est menée dans une crique près de son domaine, où elle se fait kidnapper et embarquer sur le bateau pirate.
Rudoyée gentiment, juste pour pimenter le rapt, elle se retrouve face au Français, un homme au regard sombre et au charme dévastateur… Étrangement, il l’attendait. Étrangement, tout lui semble normal et naturel, comme si elle avait déjà vécu la scène.

A compter de cet instant, l’existence de Dona va connaître bien des changements ! D’inconséquente, sa vie est happée par un vent de liberté et de passion, car durant un petit intermède en mer sur le bateau La Mouette et sur terre à Navron, les aventures, romanesques et périlleuses, vont s’enchaîner jusqu’à la venue de son mari accompagné de Lord Rockingham, un libertin qui veut la conquérir de gré ou de force.

Au début du roman, l’auteur attribue à l’embouchure d’Helford, le chenal qui conduit à la crique, mille parfums et couleurs, du mystère et de la magie. Cette parcelle de Cornouailles sera le théâtre d’un bel amour, de combats épiques, d’évasions et de malheureuses destinées. Dona devra choisir entre sa vie insipide d’épouse et de mère et une vie exaltante avec l’homme qu’elle aime.

Daphné Du Maurier a implanté son histoire dans une région qu’elle aimait et qu’elle a choisie pour d’autres romans. Récit historique d’aventure et d’amour, elle a attribué à ses héros des caractères forts et nobles, épris de liberté et de justice. On le sait maintenant, elle n’était pas pleinement épanouie aux côtés de son époux et on peut imaginer que le choix qui est soumis à Dona à la fin du roman, elle se l’ait posé aussi un jour…
Je vous recommande cette lecture captivante, très romantique qui n’est aucunement surannée et affectée.

« – En Bretagne, il existe une maison, dit-il, où une fois, vivait un homme, nommé Jean-Benoît Aubéry. Il se peut qu’il y retourne, et recouvre les murs nus de sa demeure de dessins d’oiseaux, de portraits de son mousse. Mais à mesure que passeront les années, ceux-ci pâliront et s’effaceront.
– Dans quelle partie de la Bretagne se trouve la maison de Jean-Benoît Aubéry ? demanda-t-elle.
– Dans le Finistère, ma Dona, répondit-il. Ce qui signifie, la fin de la terre.
Et Dona évoqua les falaises rousses, l’arête déchiquetée du promontoire, le grondement des vagues déferlant contre les rochers, le cri des mouettes, le soleil ardent frappant les falaises, desséchant, brûlant l’herbe rase, ou le doux vent d’ouest, tout enveloppé de brouillard et de pluie.
– Comme un éperon de roches dentelées, elle avance dans l’Atlantique, dit-il. Nous l’appelons la pointe du Raz. Aucun arbre, aucun brin d’herbe n’y poussent. Jour et nuit, elle est battue par tous les vents. Au large, non loin, deux marées se rencontrent ; sans cesse, perpétuellement, le ressac y bouillonne, dans un formidable rejaillissement d’embruns et d’écume… »

 

 

 

Pointe Blanche


Mois anglais avec
Lou et Titine
Challenge Petit Bac avec Enna

 

 

Pointe Blanche
Les aventures d’Alex Rider, Tome 2
Anthony Horowitz

 

New-York,
Le milliardaire Michael J. Roscoe s’imaginait être en sécurité entouré d’anciens agents du FBI, dans sa voiture blindée et dans ses bureaux aux portes ultra sophistiquées avec détecteurs d’empreintes. Mais Roscoe meurt en tombant d’une cage d’ascenseur trafiquée par Le Gentleman, un tueur à gage au service du plus offrant. La mort se voudrait être un accident, toutefois des doutes sont émis du côté des services secrets du MI6 qui étaient en contact avec lui pour une affaire concernant son fils Paul.

Londres,
De retour dans son collège après deux semaines d’absence, Alex Rider se découvre étranger à tout ce qui faisait sa vie avant son enrôlement forcé dans les services secrets et l’assassinat de son oncle. Alors que tout le monde le pensait terrassé par la grippe au fond de son lit, il était à déjouer le complot d’un riche industriel mégalomane.
Mais très vite, suite à une petite bêtise qu’il commet en arrêtant des trafiquants de drogue, Alex se retrouve à nouveau face à Mr Blunt le directeur des opérations spéciales du MI6 qui lui demande d’effectuer une deuxième mission.
Cette fois-ci, Alex doit se faire passer pour le fils rebelle de Sir David Friend un riche homme d’affaire, et intégrer un pensionnat français à la frontière Suisse, le château de Pointe Blanche.
Suite à l’assassinat de Roscoe, c’est au tour d’un ex membre du KGB et chef des services secrets Viktor Ivanov de mourir dans l’explosion de son bateau. Un lien réunissait les deux hommes, leurs fils Paul et Dimitri, tous deux élèves dans la même école qui reconditionne les enfants récalcitrants des hommes les plus influents du monde.
Après une semaine dans la famille de Sir David pour s’imprégner de son rôle, Alex s’envole dans un hélicoptère avec Mme Stellenbosh, l’adjointe du Dr Hugo Grief, le directeur de Pointe Blanche, qui le mène dans cette forteresse perdue dans la montagne. Vieille institution qui fut tour à tour un château, un asile pour aliénés et la demeure de vacances pour des dirigeants nazis, ce fief gardé par des hommes armés devient une prison.
A peine arrivé, Alex comprend que sa mission va se révéler très compliquée… Et ce ne sont pas les simples gadgets de Mr Smithers qui vont l’aider à s’en sortir !
Qui est Grief et quel est son but ?

Sans vouloir dévoiler la trame de l’histoire, sachez qu’Alex va être confronté à un médecin, adepte des théories aryennes sur une race pure, qui a travaillé toute sa vie sur le génome et le clonage.
Avec un héros aussi courageux et sympathique, un méchant horrible et une intrigue bien menée, pleine d’action, cette suite est un épisode bien plus intéressant que le précédent (Strombreaker) et augure d’une série qui captivera le jeune lecteur.
Alors… à suivre !

 

 

 

 

La maison vide

logo petit-bac-2019Challenge polars de Sharon
Challenge mysteries de Lou
Challenge Petit Bac d’Enna – Catégorie adjectif

 

 

La maison vide
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

John Watson reprend ses écrits dans « Le retour de Sherlock Holmes » après l’histoire « Le dernier problème » qui clôt « Les mémoires de Sherlock Holmes », car son ami le grand détective n’est pas mort dans les chutes du Reichenbach…

Dans cette nouvelle, il commence par nous raconter l’assassinat d’un jeune aristocrate dans le bureau de sa demeure de Park Lane (Tué par balle dans une pièce fermée de l’intérieur…). Ronald Adair était le deuxième fils du comte de Maynooth, un homme influent et riche. De Ronald, tous les témoignages s’accordent à dire qu’il était très honorable et qu’il n’avait aucun vice. Il avait les loisirs respectables d’un jeune homme de son âge et appartenait à quelques cercles de jeux très sélects qui n’avaient à lui reprocher aucune immoralité. Le mystère autour de ce crime reste une grande énigme que Scotland Yard n’arrive pas à résoudre et c’est dans ce genre de chroniques criminelles que Watson regrette le plus son ami. Il aurait aimé le voir se torturer les méninges et l’entendre énoncer des évidences qu’aucun autre enquêteur n’aurait soulevées.
En sa mémoire, il décide de se rendre sur place afin de relever quelques indices mais ne découvrant rien il s’en retourne chez lui bredouille, quand il heurte par mégarde un vieux monsieur qui tient une boutique de livres dans le quartier. Ce fait anodin est toutefois très important à souligner car ce personnage ne tarde pas à venir le voir à son cabinet et à dévoiler sa réelle identité… Le vieux bibliophile est Sherlock Holmes !

Après avoir été sévèrement étourdi par cet incroyable évènement, Watson retrouve ses esprits pour entendre son très cher ami lui raconter l’histoire de son duel avec Moriarty, le plus grand criminel de son temps. Nous apprenons alors que pour fuir les complices mafieux qui ont juré de l’assassiner, Holmes a dû se faire passer pour mort et partir dans les quatre coins du globe, du Tibet jusqu’en France, durant ses trois dernières années.
Sans perdre de temps, il emmène Watson dans une vieille maison abandonnée de Baker Street dont les fenêtres donnent sur celles de leur habitation qu’il a réintégrée depuis peu.
Alors… dans les pas de son ami, Watson a matière à se questionner. Quelle est le lien qui relie Holmes au meurtre de Park Lane ?

C’est dans un souffle de soulagement que nous lisons cette résurrection, éditée en 1903 dans The Strand Magazine. Avec cette intrigue du « retour », nous retrouvons Mme Hudson et l’inspecteur Lestrade qui participent également à l’enquête en assistant Sherlock Holmes pour arrêter le bras droit de Moriarty, le colonel Sebastian Moran. Plus qu’une histoire policière qui n’a pas un impact retentissant, cette nouvelle d’une grande théâtralité est très bien construite car elle pioche certains de ses indices dans les écrits précédents.
Humour, frissons et émotions… je ne peux que vous recommander !

Un billet sur la série Granada avec Jeremy Brett, de Belette

 

 

 

Christmas pudding


Des lectures de Noël
Littérature anglaise avec Titine

 

 

Christmas pudding
Nancy Mitford

1930, Londres et le Gloucestershire,

En cette fin de décembre, pour les fêtes, la campagne du Gloucestershire va être le théâtre de nombreuses farces satiriques qui se joueront entre deux imposantes demeures, celles de Lady Bobbyn et de Madame Amabelle Fortescue.
Pour nous aider à situer les seize personnages principaux, Nancy Mitford nous dresse leurs portraits dès les premières pages qui décrivent avec finesse et piquant une société bourgeoise nantie d’un snobisme déconcertant et d’une ringardise déprimante. Deux, voire même trois générations vont se confronter ; les aînés qui sont bien imprégnés des heures glorieuses du passé et qui s’enlisent dans les conventions de leur milieu et les jeunes qui sont avides de plus de liberté, de bêtises, d’anticonformisme et de modernité.

Paul Fotheringay, ancien disciple d’Eton, a décidé de devenir écrivain. Son premier roman voudrait être une tragédie qui raconte les déconvenues romanesques d’un jeune homme, mais, à son grand désespoir, les critiques littéraires et les premiers lecteurs en ont fait le livre le plus divertissant de l’année, saluant la drôlerie de ses écrits en pensant à tort qu’ils sont une bouffonnerie des jeux amoureux. Incompris, déshonoré, Paul aurait aimé être réconforté par la demoiselle qu’il courtise, Marcella, seulement la jeune bécasse, superficielle et égocentrique, n’est d’aucun soutien. C’est donc vers une amie et confidente, Amabelle Fortescue, qu’il épanche sa peine. Cette femme intelligente, pétillante et très estimée, lui conseille de rebondir sur ce semi échec et d’écrire un nouveau livre. Alors, après réflexions et avec un certain entrain, Paul jette son dévolu sur une poétesse du siècle dernier, Lady Maria Bobbin.
Afin d’être au plus juste dans ses écrits, il fait des démarches auprès de ses descendants installés dans le Gloucestershire, pour avoir le droit de consulter son journal intime, mais sa demande reste vaine car la Lady Bobbin actuelle voit en Paul un auteur comique qui ne servirait pas le souvenir de l’ancêtre… Toujours bien aiguillé par Amabelle qui connaît la famille Bobbin, Paul décide de taire sa réelle identité et de se présenter à Lady Bobbin en tant que précepteur pour son fils Bobby, un jeune homme de dix-sept ans qui suit ses études à Eton et qui, durant les vacances de Noël, a grandement besoin d’une remise à niveau.

Ainsi commence le roman. D’une part, nous avons la maison de Lady Bobbin et d’autre part à quelques distances, nous avons la maison qu’Amabelle loue pour les fêtes. De l’une à l’autre, nous participons à l’arrivée des invités venus passer Noël et à un chassé-croisé de leurs visites, ainsi qu’à un chassé-croisé des sentiments.
Il serait bien trop long de vous expliquer qui est qui, qui fait quoi, mais sachez que le lecteur n’éprouve aucun ennui à lire l’ennui des personnages qui se donnent de l’importance jusqu’au ridicule. C’est riche et théâtral, ironique, ça brille de quiproquos, de goujateries, de bêtises et de suffisance. Lady Bobbin est une terrienne qui gère son patrimoine et sa famille à la baguette. En invitant la famille elle accomplit son devoir de chef, mais il ne faut point y mettre de plaisir.

Fille de cette aristocratie trop élitiste, hédoniste, chancelante et gâtée, Nancy Mitford raconte si bien ce qu’elle a vécu ! Sans indulgence, elle peint au vitriol le portrait de son époque et dénonce la condition de la femme dans cette société. Une femme se devait de faire un bon mariage et en oublier l’amour.
Je vous conseille grandement ce livre, à lire juste avant Noël pour le vivre pleinement. La demeure de Lady Bobbin est pleine de houx, on joue et on boit du champagne. Son Noël réunit le faste païen et la rigueur religieuse.

A recommander !

D’autres billets chez Belette,

Tableau peint par Joseph Kleitsch en 1928