Le passeur

Le-passeurLe Passeur
Lois Lowry

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Jonas est un jeune garçon de douze ans qui va bientôt célébrer la cérémonie de décembre avec ses amis Asher et Fiona. Dans leur communauté, c’est à cet âge qu’on leur attribue leur véritable fonction qui définira leur vie. L’étape n’est pas sans inquiétude car c’est aussi un adieu à l’insouciance et à l’indépendance des jeunes années.
Dans sa famille, on se demande bien quel statut on va lui attribuer… Son père est nourricier et sa mère a un poste à la justice. Quant à sa sœur Lily, elle est encore bien petite. Ses seules préoccupations sont les études et savoir bien attacher ses cheveux.
Le jour de la célébration, Jonas a la surprise de recevoir la plus haute charge de la communauté. Il sera le dépositaire de la mémoire, un Passeur, car il possède  les quatre qualités requises ; intelligence, intégrité, courage et sagesse.

Le Passeur est l’homme qui détient le savoir du monde ancien, celui qui existait avant le contrôle climatique. Il est le seul car dans le monde actuel, nommé aussi « Identique », personne n’est au courant de cette forme de vie. Ce monde est aseptisé, sans couleurs, sans émotions, divisé en castes, avec des cellules familiales d’un masculin, d’un féminin et de deux enfants, c’est aussi un univers qui ne tolère aucune faiblesse. Lorsqu’on est déficient, lorsqu’on commet une faute impardonnable, on est « élargi » et le terme n’est pas anodin. Tout cela, Jonas le reçoit par le Passeur quand il pose ses mains sur lui. Le fluide passe avec des images et des sensations surprenantes, inconnues, qu’il doit conserver et taire. Il apprend également à dissimuler, il apprend surtout que ses parents sont les premiers à le faire, à mentir.
La complicité avec le Passeur est immédiate. Jonas essaie de le soulager de ses douleurs et des noirceurs qu’il a emmagasinées, mais le vieil homme commence par lui offrir les belles choses des temps passés, la neige, des animaux, des instants heureux en famille, le nom des couleurs, le bonheur, l’amour, la liberté, avant de lui montrer la peur, les guerres, la souffrance et la sauvagerie des hommes. C’est enivrant  et si déchirant !

Alors un jour, lorsque ses parents lui apprennent que Gabriel, l’enfant qu’ils élèvent depuis sa naissance, va être élargi, Jonas s’insurge et décide de fuir leur communauté avec ce frère de cœur. Il va partir à la recherche d’un « Ailleurs »…

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J’ai beaucoup aimé cette dystopie qui révèle un monde sans pitié. La cruauté est dans l’absence des sentiments et le contrôle despotique de la société. Tout bien ordonné, propre, sans faille, avec une petite pilule pour annihiler les émotions, on découvre petit à petit l’inhumanité des programmes et la frigidité de chacun.
Jonas est un enfant différent qui se distingue par ses réflexions et sa sensibilité. Les Sages ont vu juste, il est un esprit brillant et téméraire. Son apprentissage avec le Passeur va stimuler son désir d’émancipation ; vivre un monde vrai et pas seulement le rêver.
Une belle histoire, émouvante, que je vous conseille. Elle est la première d’une série. Il me reste à lire « L’élue », « Messager » et « Le Fils ».

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D’autres billets chez Adalana,

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the giver

Film The giver
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Indulgences

Un livre en partenariat avec Babelio et HC Editions

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indulgencesIndulgences
Jean-Pierre Bours

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« Dans une Allemagne entre Moyen-Âge et Renaissance,… »

L’an de grâce 1500,
Eva fuit avec son bébé ceux qui la traquent et qui l’accusent de pactiser avec le Diable. Pour un temps, elle a pu détourner la meute des chiens qui la piste, mais elle sait que bientôt, elle devra abandonner sa fille. C’est dans une église, sur son autel, qu’elle la laissera…

L’an 1516,
Gretchen (Marguerite), seize ans, vit avec ses parents, son frère et sa sœur, dans une ferme. On voudrait la marier à un jeune voisin qui s’est engagé dans l’armée de Guillaume et qui reviendra bientôt s’occuper du domaine mitoyen, mais ce n’est pas l’avenir qu’elle désire. Vive, intelligente et curieuse de tout ce qui concerne la médecine, elle voudrait assister son amie Freia, la sage femme de Coswig, une petite ville de Saxe dans le district de Dresde. La mort de son jeune frère Jakob est un élément qui motive ce vœu. C’est avec l’appui du prêtre, qui veille sur elle comme un père, qu’elle parvient à obtenir un sursis… Deux autres facteurs essentiels qui la confortent sur cette voie rebelle, vont la façonner et la mener ailleurs qu’à Coswig. Le premier survient de manière brutale. En se chamaillant avec son frère aîné, elle apprend qu’elle est une enfant adoptée. Si la révélation tombe comme un couperet, Gretchen n’aura qu’une obsession en tête, s’affranchir d’une condition de soumise et aller à Wittenberg pour se renseigner sur ses parents naturels. Le deuxième facteur, elle le rencontre en la personne du docteur Faust, alors que la peste décime les villes et les campagnes. D’abord attirée par sa science et la nouvelle médecine qu’il applique, Gretchen est irrémédiablement séduite lorsqu’il lui parle des mystères de l’univers. De grands changements sont amorcés depuis le siècle dernier et continuent à se développer. D’une voix douce et grave, il l’entretient sans barrière, d’astronomie, des voyages et des découvertes de Christophe Colomb, des artistes Italiens du quattrocento comme Léonard de Vinci, et des artistes Allemands comme Dürer et Cranach.

Une fenêtre s’ouvre sur l’extérieur pour Gretchen et une autre se ferme pour Eva.

L’histoire est rythmée par les vies de ces deux femmes courageuses, intelligentes, avides de connaissances. Eva la mère et Gretchen la fille. Eva Mathis qui en 1500 a été arrêtée, emprisonnée, menacée d’être soumise à la question par l’inquisition, et Gretchen qui voudra découvrir sa filiation, approcher une société fascinante dans l’entourage de Cranach et revoir l’étrange docteur Faust.

« … dans un monde que se disputent la peste et la lèpre, la famine et la guerre, une mère et sa fille doivent braver leur destin pour tenter de se retrouver. »

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Par une note, l’auteur nous raconte sa passion pour le mythe de Goethe, « Faust ». Il a voulu réécrire l’histoire de Johann Faust et Margerete. Entre la réalité et sa fiction, la légende se romance et garde une empreinte surnaturelle et diabolique. Pour le compte du Diable, un des princes de l’enfer, Méphisto, est en quête perpétuelle d’âmes à acheter. Il se fait tentateur, tortionnaire ou parfois simple observateur. Tout au long de la lecture, sa silhouette et ses yeux vairons angoissent !
A travers Gretchen, Eva et les autres personnages du roman, on pénètre dans le début du XVIème siècle par une petite porte et nous découvrons dans la première partie de l’histoire la chasse aux sorcières et l’inquisition (procès, tortures, fanatisme), la ruralité (Coswig, le clergé, les marchés), le monde paysan (le travail, les taxes, leurs statuts), les maladies (typhus, peste, lèpre, administration des soins, préparation des remèdes, grimoires), les guerres, les soldats déserteurs, une armée qui créait des mercenaires (trafics, pillages, viols, prostitution)…
Dans la deuxième partie, Gretchen nous conduit à Wittenberg. La ville est « prospère et célèbre. Frédéric III le Sage avait fait rénover le château, bâtir la Schlosskirche et fondé l’université. Le couvent des Augustins, édifié près de l’entrée est de la ville, comptait parmi ses premiers occupant un certain Martin Luther. Et, dès 1505, était venu s’installer au cœur de la ville un peintre du nom de Lucas Cranach. »  Elle vit chez un imprimeur, le frère de Freia, qui publie les thèses de Luther qui s’est mis à mal avec la papauté en s’attaquant, entre autres, à la pratique des Indulgences. Un autre univers se développe ; la théologie avec Luther et les arts avec Cranach qui la prend pour modèle. Sont également cités Durër et Matthias Grünewald.

La lecture est sans ennui, la grande Histoire est intéressante, abordée dans un style délié, intelligent, bien documenté, et la petite histoire a de quoi captiver le lecteur. Je n’ai abordé qu’une infime part du livre car en dehors du contexte historique, il y a la vie d’Eva face à ses bourreaux et toute son histoire qui explique son emprisonnement, il y a la déchéance de la sœur de lait de Gretchen et la vengeance démente d’un homme éconduit. Quant à ce docteur Faust, si séduisant et si secret, si absent aussi, il est comme une ombre, un peu à l’image de Méphisto.
J’ai aimé la première partie du livre et en particulier un passage sur les marchés. C’était détaillé, coloré, vivant. J’ai lu la deuxième partie avec un un peu plus de distance. Certaines scènes ne m’ont pas convaincue, mais je ne m’étendrai pas car dans l’ensemble c’était une belle lecture.

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D’autres billets chez Les Sorcières, Bianca, Lystig,
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Vierge à l’enfant de Lucas Cranach

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Le testament de Stone

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Dans le vaisseau fantôme d’Halloween avec Hilde et Lou

 

 

le-testament-de-stone_couvLe testament de Stone
Celia Rees

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« Une statue qui pleure, un crucifix qui saigne… Sur tous les continents, d’étranges évènements laissent présager la fin du monde.
Le compte à rebours a commencé !
Zillah, Adam et Kris. Depuis la nuit des temps, leur destin semble être lié. Aujourd’hui, ils sont les seuls à pouvoir combattre les forces du mal… Sauront-ils survivre en pleine apocalypse pour sauver l’humanité ? »

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Tout commence avec Mikel, chargé de tracer sur les cartes des routes maritimes. On ne sait encore où le situer, il est dans un monde étrange peut-être parallèle, qui se nomme « temps anciens ». Les pages suivantes sont dans les « temps futurs »… où nous croisons Zillah, Adam et Kris. Les trois adolescents ne se connaissent pas mais sont liés sans qu’ils le sachent. Ils vont s’unir et sauver notre monde.
Zillah vit recluse dans un grand manoir avec ses frères et sœurs du Cinquième Âge, sous l’influence de l’Avocat, le grand maître. Elle est une enfant de la Sixième Aube et loge dans la Maison des Femmes. Cette congrégation attend l’apocalypse et suit les préceptes instaurés par le Fondateur Divin. Zillah ne se rappelle plus son véritable nom, ni son âge, ni d’où elle vient, mais à la différence des autres, elle n’est pas dupe de ce qui se passe. Curieuse, elle aime s’aventurer dans la demeure et découvrir les pièces défendues. C’est ainsi, par un passage secret, qu’une nuit elle arrive à la bibliothèque. Elle puise alors sans retenue les histoires interdites et acquiert un esprit indépendant, libre. Lorsqu’un jour l’Avocat leur donne une pilule pour accéder dans une autre dimension, elle comprend le véritable but. Simulant sa mort, elle parvient à échapper à ce « suicide collectif »… Au même moment, partout dans le monde, des Enfants de la Sixième Aube meurent.
A l’hôpital, Adam se prépare à subir une opération pour son pied. Juste avant de passer au bloc, il apprend qu’une jeune fille est dans la chambre voisine, sous la garde de la police. Elle est la seule rescapée…
Kris vit pratiquement dans la rue avec une bande de copains. Sa grand-mère Célestine et Bram, un vieil homme sans logement, sont les seuls qu’il écoute…

A ce niveau de la lecture, tout s’imbrique et semble compréhensible. Le décor défile et le scénario promet quelque chose d’intéressant, voire même de palpitant. C’est lorsque Bram se fait hospitaliser et qu’Adam se fait anesthésier que cela commence à devenir confus. Les personnages semblent se dédoubler, on ne sait plus si c’est réel ou fantasmé. Une correspondance datant des années 1900, entre Londres, la Californie et le Mexique, vient compléter la trame, tout en la lestant. Elle raconte le voyage d’Ambrose Stone et ses expériences avec des shamans… Je suis dans le milieu du livre, je fais déjà des retours en arrière pour assimiler ce que je viens de lire et je suis consciente d’être déjà en marge. La part fantastique du récit m’a perdue ! ou les passages entre les époques anciennes et futures, ou tout simplement la complexité de l’histoire…
J’ai lu le livre jusqu’à la dernière page, un peu en rechignant, et je n’ai pas trouvé la fin satisfaisante. Une fois de plus, l’auteur me laisse perplexe.
Si cet avis (très personnel) semble négatif, je tiens à préciser que le roman est bien écrit, riche dans sa fiction, loin d’être ennuyant et qu’il a plu à de nombreux lecteurs.
Ésotérisme, magie, vieilles légendes, civilisations précolombiennes, fin du monde, crâne en cristal, secte mystique, aventure… il vous plaira peut-être !

Des billets chez Clarabel,

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Image prise « ici »

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Dark Shadows

logohalloween14 Dans le vaisseau fantôme avec Hilde et Lou Un film pour l’escale dans le Maine . .

120x160 DS.inddDark Shadows Film de Tim Burton

Dixit Wikipédia : « Dark Shadows, ou Ombres et ténèbres au Québec et au Nouveau-Brunswick, est une comédie horrifique fantastique américaine réalisée par Tim Burton, sortie en 2012. Il s’agit de l’adaptation en long métrage de la série télévisée américaine Dark Shadows de Dan Curtis, diffusée de 1966 à 1971 sur ABC. »

Fiche : Réalisateur : Tim Burton Scénariste : Seth Grahame-Smith Acteurs principaux : – Johnny Depp : Barnabas Collins – Michelle Pfeiffer : Elizabeth Collins Stoddard (descendante) – Helena Bonham Carter : Dr Julia Hoffman (psychiatre) – Eva Green : Angelique Bouchard (sorcière) – Jackie Earle Haley : Willie Loomis (serviteur) – Jonny Lee Miller : Roger Collins (descendant) – Chloë Moretz : Carolyn Stoddard (fille d’Elizabeth) – Bella Heathcote : Victoria Winters et Josette du Pres – Gully McGrath : David Collins (fils de Roger)   Dark-Shadows1 En 1760, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool avec leur garçon Barnabas pour s’installer en Amérique. Déjà fortunés, ils fondent une ville dans le Maine, qu’ils baptisent Collinsport, et font construire Collinswood, un splendide château de deux cents pièces, décoré de gargouilles, de monstres marins sculptés dans des bois précieux et rempli d’endroits secrets. Leur entreprise de pêche accroît leur fortune, tout semble aller pour le mieux pour eux, mais… Quelques années plus tard, Barnabas est devenu un beau jeune homme qui entretient une relation avec une de leurs servantes, Angélique Bouchard, amoureuse de lui depuis qu’elle est toute petite. Lorsqu’elle lui confie son amour, il ne peut tricher avec elle et lui avoue avec franchise qu’il n’est pas épris. Le camouflet est si cruel qu’Angélique décide alors de se venger en tuant ses parents… Peu de temps après, en apprenant que Barnabas courtise la délicate Josette du Pres, sa colère est terrible. Sorcière, elle invoque les forces du mal, mène au suicide Josette qui se précipite du haut d’une falaise et jette une malédiction sur Banrnabas en le transformant en vampire ; sa souffrance devant durer l’éternité. Pourchassé par les habitants de Collinsport pour avoir voulu s’abreuver à quelques gorges, Barnabas est capturé, enfermé dans un cercueil et enterré très profondément dans la terre, au centre d’une forêt.

Dark-Shadows5 Octobre 1972, Maggie Evans se rend dans le Maine pour un poste de gouvernante au service de la famille Collins. Quand elle se retrouve devant le portail de la propriété, un parc à l’abandon, un manoir gothique sinistre, elle semble réjouie et non apeurée. Désireuse de changer d’identité, elle se fera appeler désormais Victoria Winters. Fille étrange, d’allure fragile, elle va s’occuper d’un garçon de dix ans, David, obsédé par la mort de sa mère. Bien accueillie par l’aînée de la famille Collins, Elizabeth, Victoria fait la connaissance du reste de la famille, tous des gens bizarres, cyniques et las de leur vie de déchus. Au fil des siècles, de générations maudites, la fortune a décliné, leur société qui employait tous les pêcheurs des environs a fait faillite. Dans la forêt, des ouvriers font des travaux. La pelleteuse tape sur quelque chose de dur… un cercueil cadenassé…

Dark-Shadows3Barnabas se réveille, il est affamé. Il découvre alors ce nouveau siècle et ce que sont devenus ses héritiers. Il retrouve également Angélique, puissante, riche, et Josette, dans la personne de Victoria. Deux objectifs se dessinent. Redorer le blason de la famille à l’aide d’un trésor caché et déclarer sa flemme au fantôme de la femme qu’il a toujours aimée. Des projets qui ne plairont pas à Angie, sorcière immortelle de Collinsport.

Dark-Shadows4.. Ma première critique cinématographie sur ce blog ! J’ai retrouvé dans ce film tout l’univers que Tim Burton affectionne. Outre le fait qu’il ait donné le premier rôle à son acteur fétiche, Johnny Deep, et un beau rôle à Helena Bonham Carter (sa femme souvent présente dans ses réalisations), on voit son talent de conteur, ses névroses, son sens artistique, ses ambiances oniriques et fantastiques, un humour funèbre, des personnages fardés, la musique omniprésente, et une palette de couleurs souvent utilisée, des gris, des bleus, des crèmes, du translucide, du noir et le rouge, décliné du pale au framboise-rubis. Le rouge, dans les plus petits détails, représentant le sang, l’amour, mais aussi la violence et le diable, vient en contraste avec les couleurs froides du sommeil, de la mort, la peur, le froid… La région du Maine si bien détaillée par Stephen King dans ses thrillers, rend bien cette atmosphère asphyxiante et close, par la densité de ses forêts, ses côtes déchirées par les roches et sa mer, océan menaçant, meurtrier. J’ai aimé l’histoire, sa théâtralité, l’esthétique, décor et costumes, et la musique venue des années seventies, c’est pop, c’est rock. « Nights in white satin » (The Moody Blues), mélodie traînante, douce, débute l’histoire de 1972 avec Victoria, puis nous entendons Alice Cooper dans la dernière partie du film, complètement fou, effrayant avec ses peintures de guerre… Un plus pour le film, et une grande surprise pour moi, il fait une apparition chantée en interprétant son propre rôle. Sinon… en dehors du rôle d’Angélique tenu par Eva Green et celui de quelques seconds rôles (dont Carolyn),  j’ai trouvé le jeu des acteurs passable, éteint, guère convainquant, ce qui me laissera un goût de déception. La fin du film est aussi une déconvenue, pas dans son histoire, mais dans son plan, comme une ébauche. Ce film est passé à la télévision avec une classification « interdit au moins de dix ans ». Les quelques scènes sanglantes peuvent heurter la sensibilité des enfants. Barnabas est un vampire qui s’alimente comme un vampire… sans conscience, sans remord… Un dernier mot ? Sympa, mais je voulais plus !

Un billet chez L’Or Rouge,

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 dark-shadows2. Nights in white satin – The Moody Blues – « ici » . . .

 

J’ai embrassé un zombie (et j’ai adoré)

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Octobre sur le vaisseau fantôme avec Hilde et Lou

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j'ai embrassé un zombieJ’ai embrassé un zombie (et j’ai adoré)
Adam Selzer

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Depuis que Megamart, une enseigne de grande distribution, a eu la scandaleuse idée de ressusciter les morts pour les faire travailler dans leurs entrepôts, le monde connaît deux sociétés ; les humains et les post-humains. C’est ainsi que les êtres surnaturels, loups-garous et vampires, ont été obligés de dévoiler leur existence tenue secrète jusque là. Une intégration réussie, des lois adaptées et régies par les deux sociétés, l’unification est totale. La mode gothique revient en force ! On peut désormais se marier et changer de condition… être humain et devenir post-humain après accord des Conseils. Ce n’est pas la recherche de l’immortalité qui conditionne ce choix, mais l’amour…

Algonquin, diminutif Alley, ou Gonck ou Quin, est une jeune lycéenne qui a la réplique mordante. La demoiselle est aussi connue sous le nom de Reine des Glaces du Cercle Vicieux ; le Cercle en question étant le groupe rédacteur du journal du lycée qui a la réputation de lapider ces cibles avec ironie… surtout les vampires et les personnes qui les chérissent.
Lorsqu’un soir elle se rend à la Cage pour faire un article sur le groupe qui se produit, les Sorry Mario, Alley rencontre Doug venu interpréter des chansons de Leonard Cohen et Cole Porter, deux chanteurs qu’elle affectionne particulièrement. Le coup de foudre est immédiat car Doug est l’incarnation de ses rêves, une beauté ténébreuse, une personnalité secrète, beaucoup de douceur et d’élégance, une voix chaude, cassée, empreinte de rythme et de mélancolie.
Leur premier rendez-vous confirme son attirance. Certes, il est un peu bizarre, sa voix s’enraille rapidement et, atteint d’une pathologie incurable mais non transmissible, il doit prendre un médicament régulièrement, mais Alley est pour la première fois follement amoureuse ; la morosité qui la tourmentait semble s’être volatilisée.
Dans sa bulle de bonheur, elle en oublierait tout… même les signes les plus flagrants qui révèlent que Doug est un zombie…

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C’est ma bibliothécaire qui m’a confié ce roman en me disant que l’histoire était bien et, pour la première fois, je ne suis pas d’accord avec elle. Je me suis ennuyée. J’ai lu que cette romance jeunesse était marrante, émouvante, pleine de fraîcheur, et je n’ai même pas esquissé un sourire, ni été émue. Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur ce billet, je passe à autre chose, je suis désolée…
Ce livre n’était pas pour moi.

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Mon plan de destruction des pouvoirs de mon petit frère

logoSyl.2jeanbaptiste_monge 2Billet d’avant-garde !
Pour notre mois d’octobre avec Lou et Hilde
« Nos gourmandises » pour les recettes !

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mon plan de destructionMon plan de destruction des pouvoirs de mon petit frère
Mélanie Lafrenière
Illustrations de Laurence Cornou

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« Pour les enfants qui croient à leurs rêves parce qu’ils sont vrais. »

Le PDPPF, Plan de Destruction des Pouvoirs de mon Petit-Frère, est en marche. Gigi l’a finement élaboré, avec une planification très structurée ; A, B et C, puis éventuellement D, E et… mais ne bousculons pas le processus !

Anségisèle von Wienenberg, dite Gigi, a treize ans. Elle descend d’une lignée de sorcières qui remonte au XIIIème siècle. De mère en fille, les pouvoirs se perpétuent sans laisser aux hommes la moindre petite puissance. Son héritage, elle le tient de sa mère Bilichilde, de sa grand-mère Gundperga, et encore plus loin dans le temps, d’une ancêtre qui a échappé au bûcher et qui s’est mariée avec un Roumain de Transylvanie… Vous voyez qui je veux dire ?
Donc… Gigi a un jour la regrettable surprise de découvrir que son petit frère chéri, Alaric six ans et demi, est un sorcier. Ne paniquons pas ! Le fait est ahurissant, exceptionnel, complétement A-NOR-MAL et… très inquiétant !!! mais… Gigi est une sorcière douée et déterminée. Songez ! un petit frère… ouais, c’est bien même si c’est embêtant, il n’a pas les mêmes délires, mais un petit frère sorcier, c’est vraiment impensable ! N’est-elle pas l’héritière ?
Anomalie génétique ? Mutation générationnelle ?

Plan A… c’est la potion magique qu’il faut cuisiner pour le déposséder de ses pouvoirs… La pratique est longue, mais la confiance est totale… (Que de belles illusions !).
Suivi du Plan B… Faire un pentacle ! Le GénIX va apparaître et exaucer trois voeux…
(Seulement, il ne comprend rien à rien !!!).
Suivi du Plan C… Grand-mère Gundperga ! Son expérience peut être salvatrice !
(L’espoir fait vivre !)
Suivi du Plan…
Gigi devient hystérique ! Rien ne fonctionne, surtout que le « sujet », déjà bien impétueux par nature, devient carrément insupportable.

Potion puissante de disparition

Ingrédients :
– 1 griffe de Dragon Rouge des Prairies
– 1 cil de l’œil gauche d’une chauve-souris noire
– 1 cuillère à thé de feuilles d’Alamatô
– 3 litres d’eau claire
– 1 œil de salamandre
– 2 ou 3 vers bien gluants et phosphorescents
– 1/2 litre de lait bien périmé (2 mois c’est un minimum !)
– 1 œuf pourri de petite caille
– 1 brindille de balai volant
– Le groin d’un cochon rose

Pour la marche à suivre, veuillez me la demander par message privé. Une formule secrète doit être murmurée « avec beaucoup de conviction » et un chant est à psalmodier.

« La patience vient à bout de tout », « Qui trop se hâte reste en chemin », « Il faut donner du temps au temps » et ainsi vont les proverbes qui ne réconforteront pas Gigi, mais qui me viennent à l’esprit en écrivant ce billet.
Gigi a beaucoup d’imagination, mais ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’Alaric en a autant.
De combinaison en machination, le constat sera digne d’une belle moralité tel que « On a toujours besoin d’un plus petit que soi ».

Il est écrit que « ce livre est destiné aux filles qui en ont marre de leur petit frère et aux autres filles aussi, solidarité féminine oblige ! ».
En effet, je peux le conseiller aux jeunes demoiselles, mais j’ajouterai une fourchette d’âges, entre 7 et 10 ans. Elles passeront un agréable moment à lire les désagréments de Gigi, à imaginer d’autres machiavéliques stratagèmes et à sourire au dénouement.
Alaric est tout aussi émérite que sa sœur… sinon plus !
L’auteur offre un récit sympathique, jeune, enjoué, dynamique…, prend le temps de poser les décors et de décrire les situations. Parfois un peu longuet pour l’adulte que je suis, je pense que les enfants n’y verront pas d’incrimination et se plairont dans le monde magique de Gigi.
Une suite est sortie sous le titre « Mon Plan d’Action pour Jeunes Sorcières Très Amoureuses ». Il est dans mon programme !

Je tiens à souligner que les illustrations de Laurence Cornu sont charmantes et très expressives. Elles complètent l’histoire et cet agrément en devient indispensable !

PS.1 : Mélanie Lafrenière a deux chats noirs…
PS.2 : Vive les petits frères !!! Bisou mon coco…

Des billets chez Clarabel, Lou pour le 2ème tome,

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Les fées du jardin

.logo un_bouquet_des_pivoines_par_pierre_joseph_redoute« Mondes imaginaires » d’Aymeline, « God save the livre » d’Antoni, « Beaux livres » d’Eiluned,
« Chlorophylle » de Syl., et « Mois anglais » de Titine et Lou – 3ème billet

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les fées du jardinLes fées du jardin
Beatrice Phillpotts
Illustrations de Kim Glass

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Aujourd’hui, il fait beau. C’est une matinée à prendre son thé dans le jardin, un livre sur les genoux. La campagne est silencieuse, seuls les oiseaux parlent. Un petit air balance les branches des arbres. J’ai trois grands marronniers qui crissent dans un petit bruit argentin, ce sont des chuchotements coquins. Les fées m’observent… je le sais, on le dit dans mon livre.

Le jardin img142recèle un univers enchanteur. Cette communauté est aussi vieille que notre monde. On ne sait jamais où la trouver, mais parfois, elle se livre au regard d’un promeneur au détour d’un chemin, d’une balade en forêt, dans un verger…
Ainsi par une nuit sombre et lugubre, comme on peut l’imaginer dans un conte, un fermier de Cornouaille, Mr. Noy, les découvrit en traversant la lande. Il rapporta que c’était dans « le plus merveilleux des vergers ». Fleurs, fruits, arbres, tout y était épanoui et luxuriant. Le dramatique de l’histoire, c’est que Mr. Noy y vit aussi sa fiancée défunte. Elle n’était pas morte, mais simplement prisonnière d’un enchantement pour avoir croqué un fruit de ce verger. Son éternité maintenant était parmi les fées. Mr. Noy dut la quitter et toute sa vie, il pleura cet amour.
Cherry de Zennor, de Cornouaille également, raconta son amour avec un homme du peuple des fées… Il ne faut jamais brusquer ces créatures surnaturelles, sinon, elles disparaissent à jamais et leur monde nous ferme ses portes.

Dans les arbres, chênes, frênes, noisetiers, noyers, sureaux… ils aiment s’y reposer, ou surveiller. Les légendes citent souvent l’arbre comme le portail du royaume. Les nymphes des bois, les lutins sylvestres, peuvent se transformer en arbre, en ramage, et ainsi garder les lieux. Malheureux celui qui s’aventurerait à tronçonner sans réfléchir ! Des créatures maléfiques viendraient aussitôt le tourmenter.
L’aubépinier a un pouvoir qu’il ne faut pas négliger. En 1920, « … on avait prévu de défricher pour construire un hôpital. Un bûcheron avait été prévenu que cet abattage risquait fort d’être le dernier pour lui, mais il rétorqua : « Je reviendrai sauf, sans aucune peur, et allez donc au diable avec vos foutues superstitions ! ». La vengeance des esprits fut impitoyable. Le bûcheron fut foudroyé par une attaque dans la nuit même. Il retourna en ville, ainsi qu’il l’avait juré, mais dans un cercueil, l’année suivante. L’hôpital fut construit mais n’a jamais été en fonction. »

D’hier et d’aujourd’hui, les contes et légendes témoignent qu’il ne faut pas prendre à la légère les avertissements des fées. Elles peuvent se montrer bonnes comme mauvaises si on commet un impair. Il est donné dans le livre quelques consignes pour ne pas être impudent et les vexer.
Un jour, le jeune Willy du comté de Durham, à Midrige, se montra sot en oubliant les consignes : Ne pas leur adresser directement la parole, venir seul pour les rencontrer, se montrer poli… Il fut donc poursuivi par les esprits furieux jusqu’à sa maison et fut à deux doigts d’être embroché par la lance du roi des fées.

Campagnes, vergers, arbres, chemins, collines et aussi eaux… mers, lacs, rivières, étangs, marécages, puits. Elles sont partout. Un topographe écossais, Gérald Cambresis, a découvert un palais sous un lac. Sirènes, ondines, naïades, elles n’hésitent pas à rejoindre la terre par amour, mais s’enfuient dès leur susceptibilité chatouillée.

La lune est l’astre propice pour les rencontres. Dès que le soir tombe, on peut les surprendre entrain de danser. Il faut se montrer patient, d’un bon œil, et être accompagné d’une chatte noire. Un petit rituel est alors préconisé… si vous êtes curieux, demandez-le moi et je vous le transmettrai…
Vous pouvez aussi voir d’autres choses moins belles. Le peuple des fées a des créatures que l’on appelle des gnomes. Ils vivent sous terre et dans des grottes. Ils se montrent vindicatifs, hargneux, et protègent les trésors. Les illustrations qui les représentent ne sont pas très sympathiques ! ils sont moins élégants que les petites créatures ailées.
Certaines fées ont été photographiées. Sir Arthur Conan Doyle en a écrit un livre et nous présente les jeunes filles qui les ont saisies dans leur parade. Elsie Wright et Frances Griffiths sont deux petites friponnes… Le romancier qui a donné vie à Sherlock Holmes, se questionnait encore à la fin de son livre ; les ont-elles vraiment vues ?
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A la moitié de mon livre, j’arrête ma lecture et m’attarde sur les dessins qui le parent. Le papier a une teinte beige rosé, et donne un aspect vieilli. Les couleurs sont douces, un peu fanées, aquarellées. De belles illustrations enluminent les textes, certaines récentes sont de Kim Glass, d’autres sorties d’ouvrages anciens, dans le style de Cicely Mary Barker.
La magie fut immédiate, l’évasion aussi.

La deuxième partie révèle un herbier magique. Je pense alors à Benjamin Lacombe et son magnifique album « L’herbier des fées » et à Jean-Jacques Grandville avec « Les fleurs animées ».
J’en conçois que fées et fleurs se confondent.
« La magie « verte » génère d’innombrables sortilèges. La force vitale dégagée par nos plantes est telle que, lorsqu’on l’exploite, elle transforme inévitablement nos existences. »
Les saisons offrent ses fleurs et délicatement, on peut les récolter. Chacune à ses particularités, ses emblèmes, ses senteurs, ses histoires, ses secrets. Admirées, célébrées, priées, elles sont plus que des corolles, elles sont magiciennes, et leurs pouvoirs sont multiples.

Mais avant la cueillette des fleurs, il faut cultiver son jardin. Nous passons ainsi dans la troisième partie.
Un jardin est personnel, il se créait amoureusement et méthodiquement. N’allez pas croire que les fées apprécient toutes les terres ! Il faut la travailler suivant les astres et les conseils des anciens pour avoir une belle moisson. Ici, nous parlons d’un jardin de plantes magiques. Il sera alors divisé en quatre loges ; un massif pour l’amour, un deuxième pour la protection, un troisième pour la médecine et un quatrième pour l’âme. Quelques sortilèges sont dévoilés, ainsi que le cérémonial pour le faire et il est indispensable d’avoir un couteau rituel, seulement approprié à la coupe des plantes.
« Le couteau devra être neuf et propre, avec un manche en bois et une lame d’acier… »

Le boudoir fleuri de la reine Titania, dans « Le songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare, et le bosquet des fées, closent cette incursion au pays imaginaire et féérique des légendes. Après le jardin, il nous faut préparer un bois avec au moins cinq arbres. Le chêne est un réceptacle de gui (« sacré pour les druides »), le frêne pour les baguettes magiques, l’aubépine pour le sabbat, le sureau pour la protection et le saule pour exaucer les vœux.
Avec ces essences végétales, nous sommes parés pour passer la frontière qui sépare nos deux mondes.

Je lisais et je vous écrivais. Nous sommes à présent l’après-midi, nous aurons pratiquement passé la journée ensemble. Il fait toujours beau, le vent est plus taquin, les oiseaux s’égosillent allègrement. J’ai reçu la visite du chat de la voisine (dommage, il n’est pas noir), j’ai entrecoupé ma lecture de pauses, j’ai une théière pleine de thé de Chine à la bergamote et au citron, je suis allée visiter mon potager et mes parterres de fleurs en fouillis (il en faut pour mes fées), je suis allée caresser mon aubépine en lui promettant de ne plus jamais la couper. J’ai remarqué que je n’avais pas de saule ! J’ai essayé d’écouter, de voir… je crois qu’il faut que je me montre patiente. Voilà… je referme ce livre et je me sens rajeunie et contente.
Je vous conseille ce beau livre dont l’initiation se fait avec bienveillance, charme et sourire…
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Des billets chez Clémentine,

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