La maison aux 52 portes


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde

Un autre avis chez Lou

 

La maison aux 52 portes
Evelyne Brisou-Pellen

 

La maison aux 52 portes… Maïlys la voit pour la première fois sur une vieille photo, un grand manoir de la fin du 19e siècle qui présente une façade avec ses seize fenêtres. Dans la voiture qui les conduit vers cet héritage inattendu venu d’un grand-oncle, elle ne peut s’empêcher d’éprouver un malaise et d’avoir des visions sur une époque révolue. Serait-ce l’attitude soucieuse de son père qui la plonge dans un état fiévreux ?

Sous un ciel menaçant, lorsqu’ils arrivent enfin devant la maison, ils découvrent une propriété décrépie, abandonnée, mangée par les mauvaises herbes et étouffée par les grands arbres du bois qui l’entoure. Sous une épaisse couche de poussière, l’intérieur est en bien plus mauvais état et guère hospitalier. Lugubre est le terme qui vient aussitôt à l’esprit et l’odeur de moisi qui s’en dégage n’arrange rien à l’atmosphère. Étrangement, seul un piano au centre du salon brille comme un sou neuf.
Elle devait être belle cette maison du temps du grand-oncle, avec des domestiques à tous les étages ! Mais pour lui redonner son lustre, il faudra de longues journées de travail et beaucoup de patience.
Pour compléter le sinistre décor, une pluie torrentielle coupe l’électricité qui plonge les nouveaux venus dans la pénombre et qui les prive de la pompe à eau. Avec le chemin
impraticable qui mène à la grande route, ils se retrouvent aussi coupés du monde extérieur. Sans perdre de temps, Maïlys s’aventure avec son père dans la découverte des pièces. Toujours gênée par une étrange tension, une angoisse qu’elle ne peut analyser, elle doit choisir une chambre un peu plus propre que les autres où elle passera la nuit. En espérant retrouver le lendemain son entrain habituel, elle s’endort très fatiguée. Mais durant la nuit, des bruits et des cris la réveillent… Céleste, Céleste… Céleste est son véritable prénom de baptême que lui avait donné son parrain, ce grand-oncle décédé, et de l’entendre ainsi, lui donne la peur de sa vie !
Au matin, elle rejoint ses parents pour le petit-déjeuner et prend la décision de taire ce qu’il lui arrive pour ne pas les inquiéter. Son cauchemar a été effrayant, surtout qu’en se réveillant, elle a constaté des griffures ensanglantées sur la tapisserie de la chambre qu’elle n’avait pas vues la veille. Cependant, elle perçoit dans ces manifestations surnaturelles, comme un appel au secours. C’est donc avec un certain courage que Maïlys entreprend de faire des recherches de la cave au grenier, en quête du moindre indice qui raconterait le passé de la maison.

Dans une ambiance qui se révèle lourde de tristesse, en totale harmonie avec le temps, Maïlys va ouvrir une porte, la cinquante-deuxième, qui donne sur un secret familial bien gardé… et du coup, délivrer tous les fantômes qui hantent la demeure, pour le bonheur et la rédemption des siens.

Cette histoire ne raconte pas les délires d’une jeune adolescente, mais une malédiction et un dédoublement de la personnalité, car Maïlys, comme toutes les femmes de sa famille, est médium. Un esprit manifeste sa peine et son tragique destin à travers elle. Roman pour la jeunesse, il donne à ce mystère une part fantastique et une part bien concrète qui relate des pans de la guerre de 14-18. On voyage alors dans le temps et on aborde la vie des Poilus au front, une partie très intéressante pour les jeunes lecteurs.
Lecture fluide, écriture soignée, intrigue à frissons… c’est assurément un livre à recommander !

 

 

La résurrection de l’Epouvanteur


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
Thème : Créatures maléfiques

 


La résurrection de l’Epouvanteur
Tome XV
Joseph Delaney

 

A la frontière nord, des milliers de Kobalos attendent pour exterminer les humains et depuis que le Malin est mort, ces créatures à demi loups à demi hommes sont la plus grande menace du Comté. Tom Ward, devenu épouvanteur à la mort de son mentor John Gregory, a été défié devant l’un des grands princes de la caste dirigeante, le prince Stanislaw de Polyznia, dans un duel à mort par leur plus grand guerrier, Shaiksa. Mais au terme du combat, guerrier et épouvanteur finissent pas périr. Aucune magie de son épée Lame-Étoile ou de la sorcière Grimalkin n’a pu éviter la mort de Tom et c’est sur son enterrement que ce roman débute…

D’écrire que Tom ressuscite lors de la cérémonie n’est pas une grande révélation car ce nouveau tome porte le titre « La résurrection ». Sous le regard de Grimalkin et de la jeune Jenny, la nouvelle apprentie, le corps de Tom sort de terre pour léviter dans le ciel. Un ange affilié à l’obscur par le mage Lukraste lui redonne vie. Cette « renaissance » sert les desseins de plusieurs personnes qui ont pour objectif de faire la guerre aux envahisseurs. C’est Jenny qui narre dans le cahier de Tom, la résurrection, et qui décrit la surprise et la peur de Grimalkin face à cette puissante magie noire. Elle apprend aussi que son maître n’est pas seulement le septième fils d’un septième fils, mais qu’il est également le fils d’une lamia, ce qui permet à son sang de se régénérer plus vite.

Dans le chapitre suivant, Tom reprend la plume pour nous raconter l’histoire. Invités au château du prince Stanislaw, Grimalkin, Jenny et lui apprennent par le fantôme d’un ancien mage Kobalos que le plus haut des donjons cache le passage pour accéder au portail du domaine de Talkus, un dieu en gestation qui sera plus fort que les anciens dieux, plus fort que Golgoth. La genèse de sa création remonte aux temps où dans la cité de Valkarky, les Hauts Mages d’un Triumvirat avaient comploté et imaginé d’éradiquer toute trace humaine.
Il revient alors à nos héros de résister, survivre, repousser et peut-être vaincre l’ennemi.

Plus sombre et plus sanglante que les autres histoires rapportées précédemment, le lecteur est néanmoins soulagé de retrouver Tom. Nous retrouvons également Alice qui réapparaît pour les aider dans le combat. Toujours sorcière, elle a su concilier ses deux personnalités sorties de l’obscur et de la lumière en se vouant au dieu Pan.
A tour de rôle, Tom et Jenny racontent leurs visions du chaos. A dix-sept ans, l’Epouvanteur, valeureux et preux, a bien du mal à se remémorer les préceptes un peu dépassés de John Gregory. Pris dans l’action, il compose en fonction, plus puissant et déterminé qu’avant. Quant à Jenny, elle est la novice qui découvre tout un monde cauchemardesque et apocalyptique, fait de monstres, de démons et de magie. Elle aussi n’est pas épargnée, mais elle en ressort plus énergique et courageuse.
Dans le final, l’auteur n’épargne pas son lecteur qui, en quatorze tome, a forgé de la sympathie et de l’affection pour certains personnages. Hélas… dans toute bataille, de belles âmes s’éteignent…
Une saga captivante que je recommande mais qui n’est pas pour les lecteurs un peu craintifs et trop jeunes. Les tomes ont des scénarios de différentes envergures, mais l’écriture est toujours de qualité. Tout se terminera dans le prochain tome, le seizième, avec « L’héritage de l’Epouvanteur »…

 

 

 

L’héritage des jumeaux diaboliques

Mois anglais avec Lou et Titine
Challenges Policiers historiques avec Sharon
D’autres billets du livre ce mois-ci : Lou, Cryssilda, FondantG,

 

 

L’héritage des jumeaux diaboliques
Gareth P. Jones

 

Dans le comté d’Hexford,

Lorelei et Ovide Spleenspick sont des jumeaux de treize ans, orphelins de leurs parents depuis la petite enfance. Héritiers d’une grande fortune, ils habitent le manoir familial et vivent sous la tutelle de leur majordome M. Crutcher, un homme lugubre qui inculque aux enfants des valeurs rigoristes. Dans cette ambiance gothique, perpétuellement endeuillée, sans musique, sans télévision, sans amis, seule la bibliothèque est un lieu d’évasion où l’esprit peut vagabonder de livre en livre.
Il n’y a pas que la lecture et les parties d’échecs qui occupent Lorelei et Ovide. Leur spécialité à tous les deux c’est leur grande jalousie l’un envers l’autre. Elle affûte l’esprit et les plonge dans de surprenantes inventions… Ainsi, ils rivalisent d’ingéniosités en créant des stratagèmes criminels pour des explosions, des décapitations, des défenestrations et d’autres dispositifs bien sanglants, comme une baignoire remplie de piranhas. Ils font tout pour s’entretuer.
Doit-on chercher l’origine de cette haine dans la tragique destinée de leurs parents ? Car la deuxième particularité qui singularise ces enfants se trouve dans leur lignage. Toutes les générations ont connu des drames et la malédiction n’a pas épargné leur père tué par empoisonnement et leur mère morte électrocutée par la foudre.

Jusqu’où seraient-ils allés si à l’aube de leur anniversaire, las de leurs surenchères assassines, ils n’avaient pas décidé de conclure une trêve ?
Afin d’établir un document très officiel dans lequel il serait stipulé que si l’un des enfants venait à décéder avant sa majorité l’autre n’hériterait de rien, ils font venir le notaire de la famille pour ajouter cette clause au testament. M. Carpenny a bien connu les parents des jumeaux et c’est en leur mémoire qu’il accepte d’écrire un avenant et de reprendre l’inventaire du manoir afin d’établir une liste des biens. Quatre-vingt-sept pièces à répertorier et un mois pour le faire…

Les jumeaux font bon accueil à M. Carpenny qui en cette période de vacances scolaires, est accompagné par son fils Adam. Si Lorelei découvre en cet adolescent de quinze ans un ami qui lui raconte le monde extérieur et qui l’incite à franchir les frontières du domaine, pour Ovide, le contact est bien différent ! Pour la première fois, le frère et la sœur connaissent une césure dans leurs relations fusionnelles et les hostilités reprennent ; noyade, attaque d’un essaim d’abeilles tueuses, ours en liberté, arbre piégé…
Lorsque Lorelei accuse son frère de ne pas avoir cessé ses machinations, Ovide lui jure que ces tentatives criminelles ne sont pas de son ressort. Alors… qui tente de tuer Lorelei, Ovide et le nouveau venu, Adam ? Un tueur les prend pour cible en se basant sur leurs machiavéliques artifices et tout le monde semble suspect : Mme Badshow la cuisinière, Mlle Grill la gouvernante, M. Paine le jardinier, M. Crutcher et même M. Carpenny qui semble cacher un secret.

Tous coupables ? Les jumeaux diaboliques vont mener une enquête et faire ressurgir les mystères du passé. Petit à petit, de confidence en confidence, de révélation en révélation, les personnages se dévoilent et l’histoire se réécrit…

Roman à suspens, roman à l’humour noir, dans la famille Spleenspick, la mort rôde ! Sur un tempo vif, diaboliquement tissé, fantasque et sépulcral, l’histoire n’est pas avare en action et en mystères. Le jeune lecteur lira donc les aventures des sympathiques jumeaux avec le sourire et sans chagrin pour toutes les misères qu’ils endurent. Il y a un peu de la vie désastreuse des orphelins Baudelaire.
Une charmante lecture à recommander, même si elle n’est pas très facile à lire car le scénario mêle plusieurs histoires, enchaîne les périls et multiplie les fausses pistes.

« – Les chats ont neuf vies. Nous, on n’en a qu’une. Après tout, on se fiche de savoir qui a commencé. L’important, c’est qu’on soit tous les deux d’accord pour arrêter. »

 

 

 

Skeleton Key

Mois anglais avec Lou et Titine

 

 

 

Skeleton Key
Les aventures d’Alex Rider, Tome 3
Anthony Horowitz

 

Skeleton Key, l’île du squelette au large de Cuba, 40 km de long, 6 km de large,
Le Général Alex Sarov vient de réceptionner 1 kg d’uranium enrichi pour créer une bombe nucléaire.

Londres,
Depuis sa dernière mission, quatre semaines ont passé. Alex, quatorze ans et espion malgré lui, se retrouve pour commencer les vacances d’été à ramasser les balles sur les courts de Wimbledon pour les premiers matchs du tournoi. Cette couverture doit lui permettre de surveiller le Pavillon du Millénaire, espace réservé aux joueurs et aux officiels, car une semaine plus tôt, un Chinois s’est infiltré en pleine nuit pour commettre un cambriolage. Mais était-ce vraiment un vol ? En peu de temps, Alex découvre que le véritable objectif était de truquer les jeux en droguant les favoris et en faisant gagner les outsiders. Mais en mettant à mal l’une des plus grandes triades chinoises, le Grand Cercle, Alex devient une cible à abattre…

Après avoir échappé à deux tentatives d’assassinat, Alex doit quitter l’Angleterre pour sa sécurité. Le MI6 le confie à la CIA qui pour mener à bien une mission a besoin d’un adolescent pour jouer l’enfant d’un couple, des espions chevronnés qui enquêtent sur les agissements du Général Sarov, un ancien de l’ex-URSS. Une terrible menace pèse sur le monde !
Sur la paradisiaque île du squelette, Alex aura fort à faire avec des requins, un général et une bombe nucléaire.

Pour ce troisième récit, nous partons dans les eaux dangereuses des Caraïbes ; un décor de mangroves peuplées de crocodiles et d’une mer infestée de requins. Une fois encore, Alex Rider se retrouve seul pour déjouer un scénario machiavélique naît d’une vengeance personnelle et de la fascination d’un homme pour les idéaux politiques d’un vieux monde. Aventures explosives au service de sa Majesté, l’histoire à la Ian Fleming a de quoi captiver le lecteur !
Depuis la mort de son oncle, Alex n’a presque plus le temps de penser et malgré son inexpérience, il devient un agent redoutable déjà repéré par les plus grands pontes de la criminalité. Dans ce tome, il a quand même le temps de rencontrer une jeune fille, Sabina, qui va être pour lui d’un grand soutien moral… Nous la retrouverons dans le prochain épisode… alors, affaire à suivre !
Une série qui commence à être passionnante et que je n’hésiterai pas à recommander ; jeunes lecteurs, à partir de 8-9 ans.

 

 

 

Pointe Blanche


Mois anglais avec
Lou et Titine
Challenge Petit Bac avec Enna

 

 

Pointe Blanche
Les aventures d’Alex Rider, Tome 2
Anthony Horowitz

 

New-York,
Le milliardaire Michael J. Roscoe s’imaginait être en sécurité entouré d’anciens agents du FBI, dans sa voiture blindée et dans ses bureaux aux portes ultra sophistiquées avec détecteurs d’empreintes. Mais Roscoe meurt en tombant d’une cage d’ascenseur trafiquée par Le Gentleman, un tueur à gage au service du plus offrant. La mort se voudrait être un accident, toutefois des doutes sont émis du côté des services secrets du MI6 qui étaient en contact avec lui pour une affaire concernant son fils Paul.

Londres,
De retour dans son collège après deux semaines d’absence, Alex Rider se découvre étranger à tout ce qui faisait sa vie avant son enrôlement forcé dans les services secrets et l’assassinat de son oncle. Alors que tout le monde le pensait terrassé par la grippe au fond de son lit, il était à déjouer le complot d’un riche industriel mégalomane.
Mais très vite, suite à une petite bêtise qu’il commet en arrêtant des trafiquants de drogue, Alex se retrouve à nouveau face à Mr Blunt le directeur des opérations spéciales du MI6 qui lui demande d’effectuer une deuxième mission.
Cette fois-ci, Alex doit se faire passer pour le fils rebelle de Sir David Friend un riche homme d’affaire, et intégrer un pensionnat français à la frontière Suisse, le château de Pointe Blanche.
Suite à l’assassinat de Roscoe, c’est au tour d’un ex membre du KGB et chef des services secrets Viktor Ivanov de mourir dans l’explosion de son bateau. Un lien réunissait les deux hommes, leurs fils Paul et Dimitri, tous deux élèves dans la même école qui reconditionne les enfants récalcitrants des hommes les plus influents du monde.
Après une semaine dans la famille de Sir David pour s’imprégner de son rôle, Alex s’envole dans un hélicoptère avec Mme Stellenbosh, l’adjointe du Dr Hugo Grief, le directeur de Pointe Blanche, qui le mène dans cette forteresse perdue dans la montagne. Vieille institution qui fut tour à tour un château, un asile pour aliénés et la demeure de vacances pour des dirigeants nazis, ce fief gardé par des hommes armés devient une prison.
A peine arrivé, Alex comprend que sa mission va se révéler très compliquée… Et ce ne sont pas les simples gadgets de Mr Smithers qui vont l’aider à s’en sortir !
Qui est Grief et quel est son but ?

Sans vouloir dévoiler la trame de l’histoire, sachez qu’Alex va être confronté à un médecin, adepte des théories aryennes sur une race pure, qui a travaillé toute sa vie sur le génome et le clonage.
Avec un héros aussi courageux et sympathique, un méchant horrible et une intrigue bien menée, pleine d’action, cette suite est un épisode bien plus intéressant que le précédent (Strombreaker) et augure d’une série qui captivera le jeune lecteur.
Alors… à suivre !

 

 

 

 

Les aventures extraordinaires de Jules Quatrenoix, T1, La malédiction de Datura

Challenge Policiers historiques avec Sharon
Challenge Petit Bac avec Enna, catégorie « végétal »
Une semaine de romans pour la jeunesse – 5

 

 

Les aventures extraordinaires de Jules Quatrenoix
La malédiction de Datura, Tome 1
Tatiana Deschamps

 

Nous sommes en juillet 1912 et Jules Quatrenoix, un garçon de douze ans, quitte Paris avec sa mère Ernestine pour aller vivre dans une petite ville de province, à Hurlus-le-Mort-Homme. Le décès de son père qui était officier sur le Titanic fait que sa mère a été obligée de solliciter une place de gouvernante dans une riche famille, les De Chaussecourte.

Très bien accueillis par des gens chaleureux, Jules va profiter des vacances scolaires pour découvrir la région et les personnes qui l’habitent. Les De Chaussecourte devant partir en vacances pour un mois, il aura ainsi tout le loisir de parcourir la grande demeure et le parc qui l’entoure.

Sa curiosité est excitée lorsque dès le premier soir il entend des bruits et une voix d’outre-tombe l’appeler. Cachée derrière une bibliothèque, il décèle alors une pièce abandonnée qui fut le bureau de l’ancien propriétaire de la maison ; surprenante et pleine de singularités avec des collections d’insectes. Le lendemain, c’est la cuisinière qui lui raconte la triste histoire des De Crochemarre qui avait vécu trois drames successifs cent ans plus tôt. Le père était un naturaliste renommé qui avait fait la campagne d’Égypte de Napoléon et qui avait ramené la Pierre de Rosette. A son retour de l’expédition, il avait eu une crise cardiaque et en était mort. L’année d’après, c’est son jeune fils Barnabé qui s’était noyé dans le bassin du parc. La mère, devenue folle, fut internée dans un asile où elle y mourut.
Jules, grand amateur de romans policiers et plus particulièrement du livre « Le mystère de la chambre jaune » avec le héros Rouletabille, décide de commencer une enquête car il est persuadé que ces morts ne sont pas naturelles ou accidentelles et que, comme lui souffle une voix intérieure et les confidences de Monsieur De Crochemarre faites dans un cahier, elles sont dues à une ancienne légende, la malédiction de la déesse Datura… Malédiction, relique, femme, scorpion, pacte, démons, sacrifices…
Assez rapidement dans les archives de la mairie, Jules découvre des évènements qui étayent ses soupçons car tous les ans, la commune répertorie des morts étranges.

Son incursion dans la petite ville d’Hurlus-le-Mort-Homme, se fait aussi lors d’une fête annuelle où on lui présente des personnalités influentes ; le maire Monsieur Vampierre, le notaire Monsieur Lecroquenec et le directeur du lycée Monsieur Landemorre où il poursuivra sa scolarité à Notre-Dame-de-la-Désolation dès la rentrée en octobre. Conscients de leur importance, ces trois notables semblent bien trop mystérieux et calculateurs pour être honnêtes.
Ce même jour, il rencontre également un garçon de son âge avec qui il sympathise immédiatement. Aristide, nanti d’un caractère impétueux et d’une gouaille de titi Parisien, sera le parfait acolyte pour l’aventure qui se profile. Et plus tard, un troisième luron les rejoindra, en la personne de Lothaire, le fils d’un diplomate qui sera interne au lycée.
Un peu embarrassé, Jules confie ses déductions à Aristide qui prend au sérieux ses élucubrations fantaisistes et, friands de romans policiers aux énigmes fantastiques, tous deux se retrouvent dans une dimension digne des histoires de Jules Verne et de Gaston Leroux. Surtout lorsque le libraire, Monsieur Papyrus, les convie à assister à une représentation de spiritisme avec une médium qui par la voix de l’esprit de Barnabé, le fils De Crochemarre, leur annonce qu’un sacrifice sera bientôt commis et qu’il faudra faire attention « au vampire de la lande morte et au croque-mort »

Dans ce premier tome, l’auteur rassemble trois jeunes adolescents héroïques qui s’unissent pour défier une société secrète, avide de puissance, qui œuvre pour la cruelle déesse Datura, démone des ténèbres. Accompagnés d’un chien qui les aide dans leur périple, Jules Rouletabille, Aristide l’Intrépide et Lothaire de Téméraire sont confrontés à des phénomènes surprenants, terrifiants et sanglants. Sur un rythme trépidant et plein de suspense qui ne cesse d’évoluer au fil des pages, le quatuor bien audacieux nous embarque dans un univers surnaturel baigné de violence. Mais que le jeune lecteur à l’émotivité titillée se rassure, nos braves héros seront les plus forts ! et ça se lit très bien.
A cette intrigue bien menée, l’auteur nous plonge dans les débuts du 20ème siècle et nous raconte toute cette époque à travers la littérature (ses romans, ses auteurs), les évènements et personnages historiques, et la désuétude des us. La rentrée scolaire se faisait au début d’octobre, le jeudi était un jour de congés, et l’écolier qui avait un stylographe était bien gâté !
Je vous recommande grandement ce roman d’aventure du genre fantastique, qui m’a rappelé de nombreuses lectures de ma jeunesse et du plaisir que j’avais à les dévorer. Il a toutefois un charme bien à lui… Et j’espère pouvoir retrouver nos amis dans la suite à venir. Le dernier paragraphe du livre porte la date de 1916 et parle déjà de la nostalgie de l’été 1912.

 

 

 

Eliott et la bibliothèque fabuleuse

Challenge Petit Bac avec Enna, catégorie « Livre »
Un livre offert par Sharon
Une semaine de romans pour la jeunesse – 4

 

 

Eliott et la bibliothèque fabuleuse
Pascaline Nolot

 

Lorsque dans un livre, un petit garçon trouve son salut…
Eliott Tartignol (on peut avoir mieux comme patronyme !) est un petit garçon solitaire et malheureux qui va à l’école avec un nœud au ventre. Tous les jours, il fait l’objet de persécutions morales et physiques de la part de Charlie et de ses sbires, Illio et Nico, des jumeaux pas très futés qu’il rebaptise dans sa tête Idiot et Nigaud. Il aimerait bien dénicher une solution, mais il n’en trouve pas, et quand il essaie d’en parler à sa mère, celle-ci lui répond que si Charlie le tarabuste constamment, c’est qu’elle est attirée par lui. En somme, elle aurait un petit béguin pour lui. Oui… parce que Charlie est une fille ! A la voir, on lui donnerait l’absolution sans lui regarder les dents ; petite fille toujours bien vêtue, bien coiffée, avec un regard d’une candeur de madone. Sauf qu’en vrai, elle est un diablotin, une petite méchante… une harceleuse tyrannique.

Un jour à la sortie de l’école, pourchassé par ses tortionnaires, Eliott trouve refuge dans la bibliothèque municipale. L’établissement est un sanctuaire qu’il connait dans tous ses rayonnages. A l’abri, il se retire dans un coin et laisse passer les minutes en grignotant des bonbons. Puis les minutes deviennent des heures car Eliott s’est endormi. En se réveillant, il découvre que la bibliothèque a fermé ses portes et qu’il en est prisonnier.
Seul ? Pas tout à fait ! Face à lui, le gros chat qui hante les lieux le regarde d’un air pas commode. Et tout vire au cauchemar lorsque le chat se met à parler en criant : « Alerte intrusion ! Code 10-24 ! Je répète : ennemi sur place ! Renforts demandés ! ».

A ce stade de l’histoire, nous nous questionnons avec Eliott. Est-il bien réveillé ? A-t-on bien lu ? Un chat qui parle, ce n’est que dans les livres qu’on en trouve ! Mais le pire est à venir… Des petits rats, des automates en fer mécanisés, viennent le ficeler pour l’enfermer dans un placard. Maaaow, le chat qui dirige les troupes, l’accuse de délits et le met en détention provisoire avant de le juger. Abracadabrant délire !
C’est Monsieur Caleb, le bibliothécaire, qui vient le délivrer, lui expliquer ce qu’il se passe et lui citer ses droits. En tant que directeur de la BRB, Brigade des Rats de Bibliothèque, il n’a le pouvoir que de l’assister durant son procès et il ne peut le libérer, car Eliott est accusé d’intrusion et d’espionnage.

Un chat doté de parole et de jugement, une armée de rats sous ses ordres, un bibliothécaire qui mène une double vie et pour la parodie du tribunal, s’amène … Basile le fantôme, qui va officier en tant qu’avocat de la défense. En trois coups de marteau, la sanction tombe. Soit on lui efface la mémoire, soit il garde le secret absolu. Si la première condamnation n’est pas du goût d’Eliott, le juge Maaaow qui se montre méfiant, n’agrée pas beaucoup la seconde. C’est donc d’un commun accord, qu’ils décident de surveiller le jeune garçon au sein même de leurs unités et de l’embaucher suivant leur devise : « Lire et Servir ».

Trois tâches sont imposées. D’abord, il va être au service de la section des archives, au Tri Spécial. Par la suite, il devra voyager dans les livres pour sauver des âmes en peine. Et si tout va bien, s’il ne se fait pas dévorer par une bête ou un ogre dans un conte, il ira aider le Bibliomancien à mettre de l’ordre entre les pages.
La bibliothèque est composée de cette dimension invisible dans la journée et la nuit, elle devient le théâtre vivant d’un monde tout dévoué aux livres, aux histoires, à leurs personnages, aux mots, aux paysages de lettres et d’encre. A l’aide de marque-pages, les membres du BRB balisent leurs descentes et leurs voyages. Les missions sont très périlleuses car parfois on peut s’y perdre et ne jamais retrouver le tunnel qui mène au monde réel.

Eliott découvre aussi qu’il existe un livre vital pour lui, « L’indispensable guide de survie du souffre-douleur », et il voudrait bien mettre la main sur lui. Tout à ses aventures incroyables, fantasmagoriques, il essaiera aussi de l’obtenir et ainsi modifier la trajectoire de sa vie !
Pfff… il se passe de ces choses dans les bibliothèques !!!

Adorable conte dans le genre les livres sont nos amis. L’auteur connaît bien l’univers des lecteurs, elle sait qu’on pénètre les livres et que leurs histoires nous font voyager. L’objet, leur odeur, leur toucher, la magie opère avant même leur lecture. Eliott vit un drame tous les jours et personne ne lui vient en aide. Ses camarades n’osent pas, son institutrice ne le voit pas, son père est accaparé par son travail et sa mère, malgré tout l’amour qu’elle lui porte, reste aveugle et sourde à sa détresse. A travers les livres, il peut alors s’évader et se trouver du courage. D’ailleurs, c’est grâce à l’un d’eux, qu’il pourra s’affranchir de son rôle de « souffre-douleur ». Parfois la solution est toute simple, mais elle demande du caractère, une force qui tient plus du mental que du physique.
Écrit avec finesse, humour et une certaine poésie fantaisiste et imagée, cette histoire plaira aux enfants pour ses aventures, sa magie et sa justice.
Je vous recommande donc ce très sympathique roman !

Un gloutomot ?