La bande à Grimme


Il était neuf fois Noël
avec Chicky Poo et Samarian

Challenge polars de Sharon

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La bande à Grimme
Aurélien Loncke

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« Bande de loqueteux, gardiens de poux, crèves-la-faim… » dans la bande à Grimme, il y a Sucette, Fanette, Griotte, Muffline, Sibotie et les jumeaux Mako et Moka, sept orphelins qui ont des habits décousus, des chaussures percées, et qui vivent leur enfance dans la misère. Ils sont bleuis par le froid, ne parlent presque pas pour s’économiser et se perdent dans des rêves qui ont tous une même image, un toit et une table garnie.
Assis sur un banc du parc sous la neige qui tombe, ils attendent Grimme et espèrent qu’il leur ramènera quelques piécettes de ses rapines. Dans la rue, on se débrouille comme on peut. Et quand il arrive, de le voir, c’est toujours un soulagement. Grimme est le plus vieux de la bande, il a douze ans.
Ce jour là, il n’a pas grand chose car il y a très peu de promeneur. Seul un petit soldat en plomb pourrait être échangé contre des pommes, mais Griotte qui le baptise Joli Sourire Banane préférerait le garder comme mascotte. Heureux de faire plaisir à la petite dernière, Grimme accepte. Dans leur monde, on ne peut pas refuser un petit bonheur quand il se présente, et d’en grappiller par-ci, par-là, comme d’aller coller son nez sur la vitrine du Palais-Bonbons, le confiseur, ou d’aller voir le magicien Nicholas Gazame qui donne ses représentations dans le parc. Malgré le froid, les spectateurs sont toujours au rendez-vous et cette fois-ci, le magicien fait participer Grimme en lui demandant d’échanger un objet pris dans ses poches contre ce qu’il va faire apparaître entre ses doigts.
Abracadabra ! la magie opère et la bande se retrouve avec cinq sous qui représentent un beau magot pour les trois prochains jours. Mais l’histoire ne va pas s’arrêter là pour eux… Peu de temps après, à la lecture d’un journal, ils apprennent que des bandits ont volé la collection d’un riche homme d’affaires, douze soldats en plomb d’une valeur inestimable, les douze rieurs.
Ils comprennent alors qu’il va falloir retrouver Gazame et lui reprendre Joli Sourire Banane pour pouvoir le monnayer auprès de son propriétaire, Henry Harrings.
A la veille de Noël, la bande à Grimme va vivre une rocambolesque aventure…

Ce roman est une très belle histoire qui nous rappelle les livres de Dickens. Poignante, mais sans trop de pathos, elle combine à la fois du suspens, de l’action et de l’humour. La bande à Grimme c’est une famille d’enfants qu’on aime dès la première page quand l’auteur décrit leurs traits de caractères, tous différents et attendrissants. Ils sont terriblement tenaces, courageux et solidaires, avec une liste de contradictions car ils sont anges et fripons, démunis et forts, blasés et candides. L’intrigue nous balade à travers la ville, dans les rues animées des grandes artères jusque dans les petites rues sombres. Il y a une certaine poésie dans les descriptions et une théâtralité dans les scènes, le trait de plume est vif, prenant, et les jeunes lecteurs ne seront pas que spectateurs, ils prendront pleinement part aux évènements qui sont le début d’une belle série à suivre…
A recommander !

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Le voleur de souhaits

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Challenge Halloween de Lou et Hilde

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Le voleur de souhaits

Le voleur de souhaits
Scénario de Loïc Clément
Dessin et couleur de Bertrand Gatignol

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Le voleur de souhaits 1Félix n’est pas un enfant comme les autres car il a le pouvoir de prendre les souhaits des gens, qu’il collectionne en les conservant dans des bocaux en verre. Sa méthode est assez surprenante… A la saison des pollens et à la saison des premiers frimas, il guette les éternuements des passants, les attrape en plein vol et les enferme. Un simple « Atchoum ! » contient dans ses particules une ambition ou un vœu ou une envie qui s’envole, et suivant la formule magique qu’il souffle, « A mes souhaits ! », il peut les capturer.
Mais un jour, il croise une fille de son âge qu’il trouve différente. Intrigué, il la suit prêt à prendre son souhait, mais rien ne fonctionne avec elle et quand Calliope s’aperçoit de son manège, il ne peut que lui expliquer sa singulière passion.
Entre eux, une complicité se développe lorsqu’ils décident de partir en quête des désirs de la jeune fille qui n’attend rien, et au fil du temps… ils deviennent inséparables.
Où sont les rêves de Calliope ? Peut-être là où se trouve Félix…

Le voleur de souhaits 3« Le voleur de souhaits » est une très jolie histoire d’amour, poétique, tendre et pleine d’espoir. C’est aussi l’histoire personnelle de Loïc Clément qui la raconte à la fin de l’album. Il s’est aperçu enfant que la plupart des gens ne faisaient pas cas des bons souhaits qu’on leur accordait après leurs éternuements. Cette politesse qui offre le respect est devenue une expression-réflexe, bête, qui a oublié son sens premier.
Dans un article sur son étymologie, j’ai lu que la tradition remontait à l’Antiquité. « Éternuer était une chance car c’était le signe d’un esprit divin » d’après les Grecs, et d’après les Romains, c’était selon la Lune, l’éternuement pouvait être alors un signe bon ou mauvais. C’est incroyable tout ce qu’on peut lire sur cette formulation ! Et chaque époque a sa définition jusqu’à nos jours.
Le scénario s’accompagne de peu de texte et de très beaux dessins, expressifs, fournis et joliment colorés.
C’est donc un album que je vous recommande… et sur ma lancée, après avoir lu de l’auteur « Chaque jour Dracula » et celui-ci « Le voleur de souhaits », j’ouvre… « Le silence est d’ombre ».

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Le voleur de souhaits 2

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Rendez-vous en enfer

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Challenge Halloween de Lou et Hilde
Littérature jeunesse
Une lecture commune avec Isabelle

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Retour en enferRendez-vous en enfer
Hervé Fontanières

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Après les fêtes de Noël, Sylvain, un adolescent de quinze ans, se rend en pleine mer auprès de son oncle Jos Le Flohic qui est l’un des gardiens du phare d’Armen, pour passer une nuit le temps de la relève entre lui et Loïc Finaz.
D’origine bretonne par la branche maternelle, Sylvain qui a toujours été attiré par tout ce qui fait la Bretagne, réalise l’un de ses rêves en allant sur ce « cailloux ». Arrivé avec le Velléda, le bateau qui ravitaille le phare en carburant et en vivres, il a déjà un aperçu de la violence des éléments et de l’inconfort que doit supporter un marin, et lorsqu’il pénètre le phare, il est confronté à la majesté des lieux qui compte cent dix-huit marches en colimaçon jusqu’au sommet. De sa chambre qu’on lui attribue, son regard se noie dans l’immensité bouillonnante de l’océan qui est à perte de vue. Les vagues s’écrasent violemment sur la structure du phare dans des échos furieux qui résonnent jusque dans son ventre. Conscient que cette aventure est exceptionnelle, il essaie d’emmagasiner le  plus d’images, le plus de sensations, quand il
voit Loïc Finaz se débattre dans les flots et se faire avaler.
L’exaltation fait place à l’horreur car malgré les tentatives pour le repêcher, le second de l’Armen a été englouti. Ce que Sylvain ne sait pas encore, c’est que le cauchemar ne fait que commencer.
La radio en panne, l’océan déchaîné, la brume comme de la poix, l’impossibilité aux secours de venir, le pavillon noir dressé, la sirène hurlante, le huis clos donne à la tragédie une dimension dantesque et le jeune garçon voit son oncle se décomposer et avoir peur, lui qui était une force de la nature et qui faisait figure de héros.
Pour s’occuper, pour ne pas paniquer et voir les oiseaux déboussolés attirés par la lumière du phare s’écraser sur les vitres, Sylvain cherche de la lecture et tombe sur le journal de bord de Jos dans lequel il relate la mort de son ami Yves Le Doaré, mort dans les mêmes circonstances que Loïc un an jour pour jour.
Une légende bretonne raconte qu’à la fin de l’année, l’Ankou vient chercher le dernier marin mort en mer pour qu’il pilote son bateau le Bag-Noz. La légende… Sylvain est prêt à oublier toute rationalité quand il voit venir vers eux la silhouette de l’Ankou et que des faits inconcevables et mystérieux surviennent dans cette tour maudite.
Qui vient-il chercher cette fois-ci et quel tribut peut-il demander ? Qui est véritablement son oncle ? Sylvain devra s’armer de courage pour affronter les nombreux dangers qui les menacent.

Sylvain, Jos, l’Armen, l’océan et l’Ankou… L’auteur nous donne rendez-vous en enfer avec ce thriller policier écrit pour la jeunesse. L’action cauchemardesque arrive très vite et nous plonge dans des extravagances, dont on ne sait si elles sont fantastiques ou vraisemblables, seulement dues à la folie de l’isolement.
Dans ce décor du grand large et pourtant fermé, on éprouve une claustrophobie qui génère une angoisse jusqu’au dénouement. Quant aux personnages du huis-clos, il y a l’oncle au comportement ambigu, Sylvain, un héros sympathique et courageux, l’Ankou, le spectre de la mort, et le phare, l’un des personnages principaux du roman qui semble être vivant.
Je recommande aux jeunes lecteur cette lecture qui se lit d’une seule traite, presque en apnée, et qui nous emporte loin, très loin…

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Chaque jour Dracula

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Challenge Halloween de Lou et Hilde
Une lecture commune avec Jojo et Belette

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Chaque jour Dracula

Texte de Loïc Clément
Dessins de Clément Lefèvre

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Dracula est un enfant qui n’aime pas aller à l’école pour une triste raison. Harcelé, battu, appelé le monstre ou l’intello par ses camarades de classe qui se moquent de ses yeux rouges, ses dents pointues, son éducation et ses différences, Dracula est sans défense face aux petits tortionnaires. Solitaire et ne pouvant se confier à personne, même pas à son père qu’il veut préserver, il pense que tout est de sa faute s’il ne peut pas se faire apprécier.
« Le jeune vampire se sentait en partie responsable de ce qui lui arrivait. Il croyait que si on s’en prenait à lui, c’était sans doute un peu de sa faute. Une pensée certes absurde, mais allez expliquer ça à un petit être qui essaie de comprendre pourquoi on le persécute lui, et pas un autre… »

Chaque jour Dracula 1Mais un soir, tout en édulcorant son cas, Dracula essaie d’aborder le sujet en demandant des conseils à son père qui ne perçoit pas la gravité des choses et qui préconise une riposte assez simpliste. C’est en faisant venir le médecin alors que Dracula est au plus mal, que les véritables mots sont mis sur les maux et que la situation change.
La douleur du père est terrible, sa colère, aussi… et ensemble, père et fils, vont trouver comment parer le harcèlement scolaire. Il faut avant tout que le petit Dracula reprenne confiance en lui, qu’il combatte ses complexes, et très vite, avertir le corps enseignant…

Cette poignante histoire qui leste le cœur du lecteur d’un poids lourd, arrive à un dénouement heureux. C’est donc un récit optimiste sur un thème difficile à aborder, pas trop dur à lire, pas larmoyant pour les enfants, qui chamboule un peu les codes en donnant à un petit vampire le rôle du gentil.
La violence est combattue par la forte détermination et le courage de Dracula qui est encouragé par son père, si fier de lui et si aimant. Beaucoup d’amour, de sensibilité, d’espoir et d’humour font de cet album une belle lecture que je vous recommande.
J’ai aimé également les dessins…

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Les Croques, Oiseaux de malheur, tome 2

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Challenge Halloween de Lou et Hilde
Une lecture avec Jojo

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Tuer le temps, tome 1

Les Croques2Les Croques
Oiseaux de malheur, Tome 2
Léa Mazé

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Le tome précédent dévoilait une mystérieuse silhouette tapie dans le noir, entrain de surveiller les jumeaux, Colin et Céline. Sous les ordres d’une tierce personne, elle est toujours là, à les guetter… puis à les menacer… Sa mission ? les liquider.

Les Croques 2bColin et Céline ont suivi leur piste qui les a menés jusqu’à la crypte d’une chapelle où ils ont découvert des objets de valeur et des murs maculés de sang. Partagés entre le dire à leurs parents ou refermer la porte comme si de rien n’était, ils préfèrent opter pour la première solution, mais la réaction des adultes n’est pas d’un grand soutien car lorsqu’ils retournent sur les lieux, le trésor a disparu et une inscription à la peinture rouge tague le mur… « Les zombies arrivent »… Comment les prendre au sérieux avec un tel graffiti ?
Pensant que les jumeaux sont les auteurs du vandalisme, les parents ont également un dilemme. Doivent-ils en référer à la gendarmerie quitte à ce que les enfants aient des représailles juridiques, ou doivent-ils, encore une fois, les punir et ne rien dire ?
Colin et Céline ne peuvent se confier à personne et Poussin, le sculpteur du cimetière, a disparu. Ce départ semblant suspect, ils en sont même à lui trouver une complicité dans l’affaire. En construisant l’intrigue, indices-mobile-crime-assassin, ils en viennent à noter un autre larron… le notaire !
Nos deux aventuriers-justiciers-imprudents vont devoir affronter bien des dangers…

Ce deuxième tome est un régal ! Le suspense est grandissant et les rebondissements sont nombreux. Quand les parents demandent à leurs enfants pourquoi ils sont sortis la nuit, les enfants rétorquent : « C’est pour jouer à se faire peur… ». Quelle belle réponse ! tellement candide, spontanée et simple. Alors, l’histoire qui se déroule en grande partie dans un cimetière est assez flippante quand on s’aperçoit qu’un psychopathe est à l’origine de tout ce qui se passe, mais c’est raconté avec beaucoup d’humour ; une malice macabre.
La suite, justement appelée « Bouquet final », sera le dernier album de cette série, bien écrite et bien illustrée, que je vous recommande…

 

Les Croques 2a

 

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Flow, tome 2

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Challenge Halloween de Lou et Hilde
Littérature jeunesse

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Flow, Tome 1

Flow 2

Flow
tome 2
Mikaël Thévenot

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De retour de Boston avec un lourd secret, Josh ne voit pas comment il pourrait en parler à son père et à sa sœur ; pourtant il va devoir le faire car son comportement inquiète ses proches. Cette découverte va chambouler leurs vies…
Chevaucher le flow reste toujours une épreuve, même si ses progrès sont considérables, mais pour lui ce qui urge le plus est une mission qui va le renvoyer en Amérique avec son copain Alex. Là-bas, ils vont retrouver l’ancien agent du FBI, Kyle Chester qui après avoir enquêté sur la mort de la mère de Josh a quitté le bureau fédéral pour être détective privé.
A peine rentré, Josh songe à repartir et cette fois-ci, il planifie avec minutie son voyage, assisté d’Alex et de Bee, une jeune fille experte en cybernétique.

Ce deuxième livre clôt l’histoire largement confiée dans le précédent opus. On poursuit donc les aventures de Josh, entre les révélations, la course-poursuite, et les évènements qui se sont déroulés douze ans auparavant avec la disparition de Jenny, sa prise de conscience, sa fuite et son accident. Il sollicite de plus en plus ses pouvoirs télépathes. Ce don est une puissance qui va le servir, mais il sait également que cette intelligence nouvelle doit être utilisée à bon escient.
Comme pour le premier tome, le rythme de l’histoire reste inégal et j’ai préféré la deuxième partie, plus trépidante.
Je pense que cette lecture, fluide, agréable, prenante, peut plaire aux jeunes adolescents.

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Les élèves de l’ombre

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Challenge Halloween de Lou et Hilde
Littérature jeunesse

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Les élèves de l'ombreLes élèves de l’ombre
Anaïs Vachez

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Jade ne va pas au collège avec plaisir car elle a mal vécu sa sixième. Harcelée par un groupe de filles mené par la belle Romane, elle pense que pour sa cinquième elle endurera les mêmes épreuves qu’elle nomme « supplices ». Et elle a tristement raison car dès le premier jour, le canevas s’ébauche sur des vexations.
Ce premier jour voit également deux nouvelles arrivées. Adry est un redoublant qui ne connaît aucun élève et qui s’installe près d’elle. Méfiante, Jade tient à garder ses distances et essaie de rester insensible à ses sourires. L’autre personne est Mr Erbenet, professeur de français et professeur principal de sa classe. Si l’un est très sympathique, le second est tout l’inverse ! Sévère, inquiétant, grand, maigre, sinistre, rigide, regard hypnotique, sont des qualificatifs peu engageants qui le caractérisent.
Le surnom attribué à Jade est « l’intello ». Bonne élève et le nez toujours dans les livres, elle en exaspère plus d’un, alors quand elle reçoit la note de son premier contrôle, l’une des plus basses de la classe, elle est très surprise. Surtout ce qu’elle veut c’est de ne pas attirer l’attention de Mr Erbenet qui a la singularité de coller les élèves chahuteurs et mauvais.
D’ailleurs Jade s’aperçoit d’une chose troublante… Deux garçons de sa classe, particulièrement remuants et stupides, sont revenus de leurs heures de colle complètement métamorphosés, sages et dotés d’intelligence. Elle aurait pu ne pas relever cette bizarrerie si les cas beaucoup trop fréquents ne s’étaient pas reproduits. Que se passe-t-il lors des retenues ? Le changement n’intervient pas simplement sur leurs attitudes, mais aussi sur leurs physiques, donnant l’impression qu’il n’y a que du vide en eux.
C’est au CDI, que Jade va chercher à se documenter, avec l’aide d’Adry qui sera son chevalier protecteur car Mr Erbenet s’intéresse beaucoup trop à elle…

La collection Hanté de chez Casterman a son slogan : « Pire que vos pires cauchemars ». Avec cette histoire, digne des Chair de poule, les jeunes lecteurs en quête de frissons trouveront matière à frémir. Sans trop dévoiler l’intrigue de celle-ci, on peut signaler qu’il est question de vampirisme dans ce livre. Outre le thème fantastique, l’auteur aborde la cruauté du harcèlement à l’école. Jade est une enfant sensible et très courageuse qui subit ce fléau toute seule. Elle voudrait gérer les persécutions, sans en parler à sa mère, mais ses souffrances sont lourdes à porter. Le parallèle avec ces deux thèmes est facile à faire car le harcèlement moral est aussi une forme de perversion, une possessivité qui pompe son fluide vital.
Un livre à lire la nuit, bien à l’abri dans sa chambre… !

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Lord Jeffrey, La nuit du cerf

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Challenge Halloween de Lou et Hilde

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Tome 1 – Le train de 16h54

Lord Jeffrey
La nuit du cerf – Tome 2
Scénario de Joël Hemberg
Dessin et couleurs de Hamo

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Le premier tome de cette série implante un décor et narre le début des aventures du jeune Jeffrey Archer qui enquête sur la disparition de son père et qui se retrouve kidnappé et emmené dans un pensionnat sur une île. La fin se trouvant être assez nébuleuse, ce deuxième tome est donc le bienvenu…

« Équilibrer le monde, entre les proies et les prédateurs »… serait l’un des enjeux du consortium appelé Les douze cadrans, qui régente l’école dans laquelle Jeffrey a été placé de force. Mère-Grand, le directeur de l’établissement, a de grands projets en voulant former une élite qui œuvrerait en sourdine pour la grandeur du pays. Mais ne serait-ce pas plutôt un enrôlement pour servir les desseins coupables d’une bande de criminels ?
La vieille école est immense, pleine de couloirs, de pièces et d’étages, pleine de coins sombres et interdits. Jeffrey se sent plus téméraire en compagnie de sa nouvelle amie, Éléonore, une étudiante de son âge qui connait son père et qui décide de l’aider. Il apprend alors que son père, professeur d’histoire, travaillait ici et que suite à une altercation avec Mère-Grand, il a été congédié et placé à l’isolement sous bonne garde. Juste avant de disparaître, il a laissé un message à Éléonore dans lequel il lui dit de se méfier du directeur.
Où ont-ils mis son père ? Est-il toujours sur l’île ? Comment peut-on s’en échapper ? Le temps presse et l’ambiance commence à devenir pesante, menaçante et baroque avec un bal masqué, La nuit du cerf, qui couronne les six mois d’étude et l’adoubement de certains élèves qui quitteront bientôt l’île.

A Édimbourg, au fond de son lit, sa mère se désole de tout ce qui se passe. Mais une information extraite du journal et la venue d’un inspecteur de Scotland Yard vont la tirer de sa torpeur…

Ce deuxième tome nous plonge à nouveau dans la perplexité malgré qu’on obtienne quelques réponses aux questions qu’on peut se poser en refermant l’album précédent. Étrange et rocambolesque, de nombreuses images se télescopent dans notre esprit avec des ambiances issues de films et de séries télévisées des années 60-70 ; espionnage, savants fous, groupuscules fanatiques, criminels de haute envergure… et dans la physionomie de certains personnages comme celle du gardien qui ressemble à Argus Rusard, le concierge de Poudlard dans Harry Potter, ou celle du secrétaire Indien qui pourrait sortir d’un roman de Jules Verne, ou celles des sbires de Mère-Grand qui sont les copies des Dupond et Dupont de Tintin, ou celle de Mère-Grand qui est le portrait de son homonyme dans Chapeau melon et bottes de cuir… Le tout pourrait donner le tournis, mais la trame reste homogène et l’intrigue se tient, avec toutes ses imbrications.
Du suspense, de l’action, un épisode qui se termine dans une autre dimension, de multiples arcanes, la mère qui sort de sa léthargie et qui est épaulée par la police… tout m’incite à attendre la suite avec une petite impatience.
Mais où est le père ?!!!

.Lord Jeffrey 2a

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Flow, tome 1


Challenge Halloween de Lou et Hilde
Littérature jeunesse

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Flow
tome 1
Mikaël Thévenot

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Poitiers, 2011,
Josh Gambo, un adolescent de seize ans, vit avec son père, informaticien, et sa sœur, étudiante en première année de médecine. Sa naissance et ses premières années se sont passées en Amérique à Boston, mais depuis le décès tragique de sa mère, morte carbonisée dans sa voiture accidentée, sa famille s’est reconstruite en France. Douze ans ont passé et le drame est toujours très présent. Jenny Gambo était l’assistante du professeur Leonard Cooper, un imminent neurobiologiste qui travaillait sur la maladie d’Alzheimer, mais elle était avant tout une épouse et une mère très aimée. Au fil du temps, les souvenirs de Josh se délitent et il ne la retrouve qu’à travers des cauchemars où il la voit périr dans les flammes, emprisonnée dans sa voiture.
Avec la transition collège-lycée, Josh est de plus en plus perturbé et les migraines qui le font souffrir depuis son enfance reviennent très fréquemment. Seuls un isolement dans le noir et le silence peuvent les atténuer, mais les crises sont un handicap qui lui pourrit l’existence, qui le fait paraître étrange aux yeux des gens et qui le rend solitaire. Sa tête semble exploser en un brouhaha de phrases qui le parasitent comme s’il était sur plusieurs fréquences radio.
Lorsqu’il reçoit un mot sur la messagerie de son journal-blog où il écrit son quotidien et les pensées qui le traversent, Josh est surpris de lire son contenu. Cette personne qui tient à rester anonyme, lui écrit en anglais et l’encourage à travailler son « Flow ». Le flow est le flux des pensées venues de l’extérieur qui l’accaparent quand il croise des personnes. Il doit donc faire plusieurs expériences avant de dompter sa télépathie ; bien s’immerger pour mieux revenir à la surface.
Son angoisse, il ne peut la partager qu’avec son ami Alex, un passionné d’informatique qui ne voit pas en lui une bête de foire et qui va l’aider à découvrir qui est ce mystérieux correspondant.

En parallèle du présent, l’histoire revient souvent en 1999 à Boston, par l’entremise d’un agent du FBI, Kyle Chester, qui enquête sur la mort de Jenny et sur l’agression à son bureau du professeur Cooper. L’affaire qui lie ces deux cas est très complexe. En fait, elle est tellement ténébreuse qu’elle lui est retirée pour être transmise à la CIA qui verrouille le dossier… top secret.

Lancé sur la piste de l’internaute, Josh va retourner à Boston…

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Premier tome d’un diptyque, Flow est un roman fantastico-policier qui mène vers les chemins secrets des agences gouvernementales et des pouvoirs de la télépathie. La lecture est aisée et l’intrigue, au tempo un peu traînant au début, captive rapidement l’attention.
Dans la catégorie jeunesse, le public visé devrait être conquis car il fera certainement l’impasse sur un scénario parfois prévisible.
Je lirai avec plaisir le second tome… A suivre !

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RC 2722

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Challenge Halloween de Lou et Hilde
Littérature jeunesse

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RC 2722

RC 2722
David Moitet

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Depuis quinze ans, Oliver vit sous terre, dans le monde dit « d’après » ; après le Grand Effondrement. A cinq cents mètres de profondeur, la vie s’est reconstituée dans un dédale de galeries qui abritent près de deux mille personnes. Des abris comme celui-ci, il paraît qu’il y en a une centaine, mais qu’en est-il en réalité ? Car nul ne sait ce qu’il se passe ailleurs.
Oliver a voulu quitter son père et son frère qui ont des postes très enviés, pour s’occuper de l’entretien de la structure. La maintenance traite des machines de ventilation, du traitement des eaux, et parfois les missions peuvent être dangereuses car les conduits ne sont pas sûrs, à la limite des zones infestées, par la maladie et la radioactivité, et des zones envahies par les rats affamés.

Ses souvenirs de l’ancien temps sont quasiment inexistants, mais il peut s’en créer avec tous les films qu’il visionne et qui lui racontent un passé révolu.
Les hommes n’ont pas voulu reconnaître les alertes du réchauffement climatique et ont été piégés très vite dans de nombreuses catastrophes. L’effet papillon est venu de Russie avec la fonte du permafrost, générant le réveil de virus mortels. L’homme étant un loup pour l’homme, les ravages ont été considérables. La migration vers le nord a abouti à des camps de réfugiés, à des sélections et des matricules tatoués sur le bras. L’humanité n’avait plus rien d’humain. La misère a tué mais en a fait prospérer d’autres. L’épidémie de choléra a décimé la planète, les centrales nucléaires ont explosé, les incendies ont consumé tous les continents, le désert a avalé toute civilisation, toute végétation… Aujourd’hui, on ne doit plus sortir et seuls les guerriers de l’eau, une élite de jeunes gens conditionnés, peut le faire.

Oliver n’est pas ce qu’on appelle une personne facilement manipulable. Par contradiction, son esprit rebelle s’est façonné au contact de son père, un chercheur spécialisé dans le nucléaire, et de son frère, un guerrier de l’eau, qui ont en commun une grande discipline et une certaine froideur. Il a donc quitté le confort qu’ils lui procuraient pour aller vivre son émancipation avec les agents de maintenance, dans une cellule de dix couchettes. Alors, lorsqu’un jour on lui apprend que son père vient de mourir d’une crise cardiaque et que son frère Marco a été banni de leur colonie pour insubordination, Oliver y voit une manipulation d’envergure et va tout faire pour trouver ce qu’il s’est réellement passé. En volant la carte mémoire de son père qui était implantée dans sa nuque et en voulant suivre son frère expédié en surface, Oliver devient un renégat et va découvrir l’extérieur, un univers nouveau, plein de dangers, où la violence fait sa loi…

Cette fiction post-apocalyptique fait peur car elle est à la frontière de la réalité, et si proche de notre actualité sur certains points. Les catastrophes ont généré un monde inhospitalier, détruit, enlisé, divisé, sans âme, individualiste, complètement fou, régi par la loi du plus fort, du plus riche. Il n’y a plus de nations, mais des cités emmurées.
J’ai beaucoup aimé ce livre et je le conseille aux jeunes lecteurs. Malgré le fond dramatique, ils trouveront du plaisir à lire l’aventure d’Oliver, un périple qu’il va vivre avec une jeune fille de son âge, Tché. Beaucoup d’action, des mystères, de l’amitié, de l’amour… et un dénouement qui espère un futur meilleur.

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L’avis de Sharon

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Image extraite de la série « Tchernobyl »
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