L’envolée des livres, 2017

Que la journée s’annonçait belle dès mon réveil… et elle fut géniale !

Préparer des tartes aux pommes pour le pique-nique du midi (dans une excitation toute fébrile car ce n’était pas le moment de rater la pâte) et embarquer mon amie Do dans la voiture vers mon troisième salon du livre aux Cordeliers. Là-bas, nous attendaient Joëlle alias Keisha, Laétitia, Camille, Fanja, Eglantine, Sabine et Sophie, avec victuailles et autres réconforts. Au menu ? Nous avons commencé par des roulés tomate-gruyère-jambon et un cake-à-tout sans levure, nous avons poursuivi avec des rillettes et du pâté faits maison, du fromage, chèvre, maroilles, camembert, le tout arrosé d’un Saint-Nicolas-de-Bourgueil et d’un Hautes Côtes de Beaune. Pour le dessert, hypocras, brioche et tartes aux pommes,  nous avons eu l’honneur de recevoir de nombreux auteurs qui ont trouvé le temps de venir nous saluer avant de rejoindre les murs solennels du couvent. J’aurais aimé les remercier en achetant tous leurs livres. Certains que je connaissais, d’autres à découvrir… Jérôme, Sandra, Bertrand, Stéphanie, Erwan, Sophie, Gilles, Juliette, Franck… et j’en oublie…
L’après-midi s’est terminé par un « A l’année prochaine ! », même si je les retrouverai bien avant, entre des pages.

 

J’étais entrain de trier mes photos pour rédiger ce billet quand une malencontreuse erreur de ma part a effacé toute ma disquette. C’est trop triste ! J’avais de belles photos de Sandra Reinflet et de Jérôme Attal jouant de la guitare. Il y avait la photo de Sophie Adriensen et de Bertrand Guillot appliqués tous deux à dédicacer leur livre. Puis celle de Stéphanie Pélerin à côté d’Erwan Larher, elle, radieuse, à rire des facéties de son compagnon de banc.
C’est vraiment trop injuste !!!

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Livres à lire…

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Chasseurs de livres

Chasseurs de livres
Jennifer Chambliss Bertman

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Leurs professions leur permettant de travailler chez eux, les parents d’Emily Crane ont décidé de déménager tous les ans pour visiter les cinquante états que compte les États-Unis. Cette fois-ci, leur port d’attache est San Francisco en Californie…
Passionnée de lectures et d’énigmes, Emily est heureuse de se retrouver dans la ville où habite Garrison Griswold, un célèbre éditeur qui organise des chasses aux livres. A partir d’indices pris sur le site internet, Book Scavenger, les lecteurs choisissent des livres cachés dans des lieux publics et partent à leur recherche. Un point est gagné à chaque livre trouvé et Emily alias Wombat mal léché, très douée dans les décodages, convoite le rang le plus élevé, celui de Sherlock Holmes.
Alors que ses parents et son frère Matthew commencent à décharger le camion de déménagement, Emily apprend par la radio la disparition de Monsieur Griswold ! Le cher homme devait inaugurer en direct un nouveau divertissement que tous ses fans attendaient avec impatience. Où est-il ? Serait-ce le début de l’aventure qu’il leur promettait ?
En fait, l’éditeur est à l’hôpital car il a subi une méchante agression qui a failli le tuer. Deux hommes ont voulu lui dérober le roman avec lequel il allait lancer la partie. « Le Scarabée d’or » écrit par Edgar Allan Poe en était le support, une histoire chargée de cryptogrammes qu’il avait remaniée et imprimée lui-même dans le plus grand des secrets ; un livre pour un trésor à déterrer.
Avec l’aide de son frère aîné Matthew et de son voisin James, féru comme elle de codages, ce n’est plus entre les pages des romans qu’Emily va enquêter, mais dans la vraie vie car d’énigme en énigme, croyant participer à un jeu, elle va se retrouver sur la route des malfaiteurs.
Qui tire les ficelles ? Et quels mystères recèle Le Scarabée d’or qu’Emily a découvert derrière une poubelle, sur les lieux de l’agression ? C’est la fin des vacances d’octobre, la ville est aux couleurs d’Halloween, Emily est pleine d’enthousiasme pour sa nouvelle vie… De l’enthousiasme, il va en falloir !

Premier tome d’une série qui aura pour héros nos jeunes amis, ce livre est comme la quatrième de couverture l’annonce, un véritable jeu de piste « pour tous les amoureux des livres et des énigmes ». Devinettes, codages en lettres et en chiffres, références littéraires et plein d’aventures, tout est conçu pour émoustiller la curiosité des jeunes lecteurs, enquêteurs en herbe ou chevronnés. Ils se plairont à mener l’enquête en parallèle, comme j’ai pu le faire. Une écriture dense, peut-être pas évidente dans un premier temps où tout se met en place, de l’humour, un rythme trépidant, du suspense, une belle amitié entre Emily et James, et San Francisco qui se dévoile dans son infrastructure si singulière et son histoire.
L’auteur précise que l’aïeul de Garrison Griswold a vraiment existé et qu’il fut jusqu’à la mort de Poe en mauvais termes avec lui.
« Chasseurs de livres » est à recommander…

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Black Clover, tome 1

Un mois d’albums avec Pilalire
La BD du mercredi chez Noukette
Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde

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Black Clover
Tome 1
Yûki Tabata

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J’ai toujours dit que je ne lirai jamais de manga ! Sauf que pour notre challenge « un mois au Japon », je m’en suis acheté un. J’avais essayé une fois, sans grande conviction, et j’ai voulu réitérer plus sérieusement. Je vous dis de suite ce que j’en pense ?
Je me suis terriblement ennuyée, et dorénavant, je peux certifier que ce genre de lecture n’est vraiment pas pour moi…

Amis et rivaux, Asta et Yuno sont deux adolescents qui se sont fait la promesse de devenir l’empereur-mage du royaume de Clover. Tous deux abandonnés  à la naissance sur les marches d’une église le même jour, ils ont grandi à l’orphelinat et se retrouvent à quinze ans à la veille de la cérémonie du grimoire. C’est à l’occasion de cette cérémonie qu’on attribue aux jeunes leur grimoire de magie qui définit leur personnalité et les aidera dans leur avenir.
Si Yuno excelle dans la magie, Asta est le cancre de sa classe, et leur réputation n’est plus à faire. Sur l’instant, il ne surprend donc personne lorsque aucun livre ne lui est concédé dans la tour des grimoires, mais après une attaque d’un brigand alors qu’il aidait Yuno à conserver son grimoire, un livre lui apparaît avec une épée.
Six mois plus tard, les deux amis se retrouve en compagnie des autres adolescents dans l’enceinte d’une arène pour participer cette fois-ci au test de recrutement des compagnies de Chevaliers-Mages, une armée d’élites qui protège le royaume des démons. Yuno est engagé dans la plus prestigieuse des compagnies, « l’Aube d’Or », et Asta, encore en difficulté, se voit rejoindre celle du « Taureau Noir », la plus excentrique des compagnies.
Aux antipodes l’un de l’autre, mais toujours a
vec le même objectif, Yuno et Asta commencent leur entrainement…


Cette histoire me fait penser à la série de
John Flanagan « L’apprenti d’Araluen » que j’avais beaucoup aimée. Des jeunes gens courageux, des compagnies, de l’action, des apprentissages, de l’amitié, de la magie…, un royaume et un personnage maléfique et mystérieux qui se matérialise petit à petit.
Étant moins que novice dans le monde du manga et peu réceptive, je ne donnerai aucun avis sur cet album car je ne sais pas quoi dire, si ce n’est que Asta a toujours la bouche ouverte. Pertinent, non ?!

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Le Gloria Scott

Challenge polars avec Sharon
40 nouvelles pour mars, avec Aymeline
Et mois Kiltissime de Cryssilda
Mes lectures avec Sherlock…

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.Le Gloria Scott
Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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Dans les mémoires, cette chronique marquante est à retenir car elle retrace la toute première enquête de Sherlock Holmes.
L’hiver, une soirée autour de la cheminée, et des confidences ; Holmes donne à Watson un billet à lire qu’il extrait d’une belle boîte. Sans bouger de leurs fauteuils, tous deux vont se replonger dans cette histoire qui nous entraîne dans la jeunesse du détective.

« Plus de difficultés : rien comme gibier à Londres pour faire la concurrence. Hudson ton représentant a très bien vendu les faisans, la faisane et la mèche de fouet. Ta perdrix rouge seule a la chance de pouvoir quitter cette semaine l’élevage d’Angleterre. »
Les phrases n’ont pas de sens et les mots n’évoquent rien pour Watson. Holmes raconte qu’à la lecture de ce message, le destinataire est mort de terreur. Quelle signification doit-on donner à cette mise à mort ?…
… Pour les grandes vacances, son seul ami d’école Victor Trevor,
fils unique d’un juge de paix, veuf et fortuné, l’invite à passer un mois chez lui à Donnithorpe, dans le Norfolk. Un soir après le dîner en présence du père, Holmes est prié d’animer la soirée en montrant son habileté dans le jeu des déductions et prend pour sujet Monsieur Trevor. Mais très vite, son analyse met à mal le cobaye qui ne peut cacher sa peur. Assurément, il y a des mystères qu’il ne désire pas voir ressurgir de son passé !
La villégiature ayant perdu de sa sérénité, Holmes décide de quitter le manoir. Mais juste avant son départ, un homme étrange se présente en sollicitant un emploi. Ancien marin, Monsieur Hudson semblerait être une vieille connaissance de Monsieur Trevor…
Deux mois après ce séjour, sur un appel désespéré de Victor, Holmes retourne à Donnithorpe et découvre que le père de son ami se meurt. Depuis la venue de Hudson, la vie a viré au cauchemar !
Quel lien unissait le vieil homme à cet inconnu dangereux ? Certainement une histoire bien sombre…

… Dramatique et sanglante. Ce n’est que dans le dénouement de cette affreuse intrigue que nous abordons le Gloria Scott. Dans une lettre testamentaire, le père de Victor parle de ce bateau de forçats qui s’en allait vers l’Australie, plus de vingt ans auparavant.
Par cette nouvelle, l’auteur nous dévoile un peu plus du caractère de son célèbre personnage. Solitaire, guère sportif, mais doué à l’escrime et à la boxe, peu sociable, intelligent et doté d’une remarquable intuition, Holmes prend peu à peu conscience du talent qui le caractérisera plus tard. Sa science est la synthèse d’une multitude de combinaisons  qu’il est le seul à remarquer. Son regard d’adolescent était déjà bien acéré.
Une lecture pratiquement indispensable pour tous les fans de Sherlock Holmes !

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Noël, ce n’est pas sorcier

logonoel4foisIl était quatre fois Noël
avec Chicky Poo et Samarian

D’autres albums pour enfants avec Les Sorcières, Kim, Didine, Mademoiselle Jo, Momiji, SorbetKiwi, Lydiane, Lou, Chicky Poo,

 

 

noel-ce-nest-pas-sorcierNoël, ce n’est pas sorcier
Lieve Baeten

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Même au pays des sorcières, on fête Noël, on décore les maisons et on attend impatiemment l’arrivée de la Mère Noël pour les cadeaux. Oui… ici, c’est la Mère Noël et non le Père Noël.

patou1Avant minuit, la petite Patou doit encore cuisiner et garnir son sapin, lorsque quelqu’un tape à la porte. Toc-toc.
En ouvrant, Patou à la surprise de découvrir la Mère Noël qui vient lui demander son aide. Est-ce que Patou voudrait bien lui garder sa fille, la petite Péronnelle ?
On ne refuse rien à Mère Noël… et voilà que Patou se charge du bout de chou qui est aussi frétillante qu’un feu follet !

Toc-toc-toc… Qui est là ? Patou est débordée, elle n’arrivera jamais à faire ce qu’elle doit faire… Mais voici la sorcière des Ours qui vient demander l’hospitalité car dehors il fait très froid.
La maison compte désormais des convives assez remuants ; une Péronelle et la sorcière des Ours accompagnée de deux gros ours. Tous sont autour du poêle à bois, quant à Patou, elle continue la décoration du sapin. Quand…

Dehors, il neige. Toc-toc-toc… Oui ? C’est qui ?
Et il faut encore jeter un sort à la guirlande pour qu’elle s’illumine et mettre les biscuits au four !!!
Est-ce que Patou arrivera à tout faire ? La maison, sera-t-elle assez grande pour héberger tout ce monde ? Et quel sera le cadeau que recevra Patou pour Noël ?

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L’histoire commence alors que la petite Patou, sorcière du Pays des Sorcières, organise sa maison pour Noël. Seule avec son chat, elle ne le reste pas longtemps ! Des invités inattendus viennent tout perturber et, dans ce joyeux désordre, égayer ce soir de fête. Mais c’est bien ainsi, car c’est triste d’être seul en ce jour !
L’auteur, conteuse et illustratrice, présente une petite sorcière très sympathique, toujours gaie et vive, qu’on retrouve également dans d’autres livres, pour d’autres aventures.
Des mots doux, faciles pour les enfants qui commencent à lire, faciles à raconter, et de nombreux dessins que l’on découvre dans des diptyques, riches en détails, il est un livre qu’on ne doit pas ignorer en ce mois de décembre ; magie, tendresse, amitiés…

A recommander !

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Trollhunters

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Un livre offert par Babelio et les Éditions Bayard

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Guillermo Del Toro
Daniel Kraus

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San Bernardino, une petite ville de Californie,

Depuis que sa mère les a laissés quand il était petit, James Sturges Junior, dit Jim, vit seul avec son père dans une maison qui ressemble à un bunker. Des alarmes, des capteurs de présence, des dizaines de verrous aux portes et des caméras, ont été installés pour assurer leur protection. Jim a beaucoup de peine pour ce père névrosé, négligé, vieux avant l’âge, qui n’a jamais pu se remettre de la disparition de son frère Jack, quarante cinq ans plus tôt. Depuis ce drame, il a essayé de maintenir un semblant de vie normale, mais sévèrement traumatisé, il n’y arrive pas et fait subir à son fils toutes les psychoses qu’il a en lui.

Trollhunters-Artwork-1En 1969 dans la région de San Bernardino, près de deux cents enfants ont disparu sans laisser de trace. Jim Sénior avait à l’époque huit ans et Jack treize ans. Une milice de parents avait été créée, les enceintes des écoles avaient été renforcées et le soir, un couvre-feu avait été instauré. Mais pour l’anniversaire de Jack, on leur avait accordé un peu de liberté et ils étaient partis essayer le nouveau vélo reçu en cadeau. Ils avaient emprunté la route qui mène au canal et au pont Holland. C’est à cet endroit, sombre et encombré de rebuts, que Jim Sénior a vu pour la dernière fois Jack. Il n’a jamais pu raconter le cauchemar qu’il avait vécu, entre rêve et réalité. Qui aurait pu le croire s’il avait dit qu’il avait vu un monstre poilu, immense, plein de griffes ?

Les monstres… Jim Junior en voit un tous les jours au lycée. Steve, le capitaine de l’équipe de basket, est le caïd qui fait subir aux plus faibles les pires tourments. Avec son copain Toby, ils ne font pas le poids et se retrouvent souvent la cible de ses perversions. Mais ce n’est pas en se comportant comme une mauviette qu’il séduira Claire Fontaine, une Écossaise qui vient d’arriver… Claire est différente des autres filles ; belle, intelligente et curieuse. Son non-conformisme est une singularité qui détonne dans l’univers du lycée. Et quand elle joue le rôle de Juliette au théâtre, elle est simplement magnifique !

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Une nuit, Jim est surpris par des bruits. Il avait déjà entendu de tels chuintements dans les canalisations des sanitaires du lycée, et pour rire, il avait imaginé des créatures surnaturelles qui ne demandaient qu’à sortir. Mais seul dans sa chambre, c’est une autre histoire. N’osant pas s’aventurer dans la maison, il reste dans son lit, à l’affut des grognements. Serait-il devenu fou ? Sur son ordinateur portable, il cherche des vidéos qui témoignent des étrangetés qui se seraient passées à San Bernardino et tombe sur des trucs incroyables. C’est alors que la porte de sa chambre s’ouvre sur le pire de ses cauchemars. Une odeur fétide, des tentacules, plusieurs yeux, et voilà qu’un monstre l’entraîne sous son lit, à l’intérieur des lattes du plancher.

Toby lui avait bien dit qu’il fallait toujours regarder sous son lit ! Tétanisé par la peur, Jim est contraint par le monstre et se retrouve dans une sorte de caverne remplie d’ordures. Quel est cet endroit ?

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C’est un homme en armure qui va répondre à ses questions. Les monstres sont des trolls qui habitent une cité souterraine. Grâce à un médaillon traducteur, il peut comprendre leur langage et communiquer avec eux. Ils sont horribles mais pas forcément cruels. Enfin, pas tous ! L’homme de fer lui présente ARRRGH et Blinky, des compagnons d’armes qui l’aident à combattre Gunmar le Noir, le troll mangeur de chair humaine et kidnappeur d’enfants.
S’il a choisi Jim pour l’avoir à ses côtés, c’est qu’il est le descendant d’une lignée de guerriers. Son patronyme signifie « lance ». Il est le paladin de sa génération.

Jim découvre un univers parallèle grouillant fait de poubelles et de trolls en tout genre qui aiment guerroyer, manger, chanter et parler en prose. S’il comprend bien, cette visite impromptue n’est pas une simple sollicitation courtoise… La menace est claire et impérative. Il doit prendre les armes pour lutter contre Gunmar.  L’homme de fer insiste en lui donnant le médaillon…
« – Si tu ne le prends pas maintenant, s’emporta-t-il, nous reviendrons te chercher demain dans la nuit. Et la nuit d’après. Et celle d’après encore. Et ce sera tout ce à quoi se résumera ta vie, Jim Sturges, jusqu’à ce que tu nous obéisses. »

Le soleil commence à se lever, c’est l’heure de regagner pour chacun leur monde. Jim se retrouve dans sa chambre, le médaillon près de lui. Ce n’était pas un rêve. Pfff… il va falloir qu’il raconte sa nuit à Toby !

Élève médiocre, adolescent gringalet, pas trop héroïque, comment Jim pourrait se transformer en un valeureux guerrier chasseur de trolls ? Là, est toute l’histoire qu’on nous invite à lire…
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Guillermo del Toro avoue aimer les créatures monstrueuses. Dans ce livre, avec l’auteur Daniel Kraus, il nous en présente tout un panel. Au plus elles sont horribles, au mieux c’est. Quel est le lecteur qui ne frissonne pas d’effroi quand il lit qu’elles se cachent sous le lit ou qu’elles profitent des coins les plus obscurs pour surprendre l’enfant ? Ça nous renvoie aux fantasmes terrifiants de notre enfance.
L’histoire embarque deux adolescents, Jim et Toby, guère confiants en leurs capacités, pour cette quête initiatique ! L’un est petit pour son âge, l’autre est obèse. Ils ne sont pas préparés à affronter de gigantesques bestioles aux dents acérées, pourtant ils vont s’en donner à cœur joie ! Tremble Gunmar !
Sur un tempo échevelé qui va en crescendo, les aventures de notre héros et comparses ne manquent pas d’humour, ce qui allège un peu la tension du début…
Le fantastique permet des intrigues les plus farfelues.
Pénétrer dans un autre monde m’a fait penser à l’expérience d’Alice de Lewis Carroll, quant aux trolls, ce fut une pensée à la série « A comme Association » d’Erik L’Homme et Pierre Bottero.

Je recommande ce livre qui est destiné aux jeunes adolescents. J’ai pris plaisir à le lire et je prendrai plaisir à le voir, car on découvrira Trollhunters dans le courant de l’année avec une adaptation en film d’animation. Alors… à suivre !

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Images du film d’animation « Trollhunters »

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Il faut sauver la reine !

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Un livre offert, dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Il faut sauver la reine !Il faut sauver la reine !
Carl Aderhold et Michèle Lancina

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1792, La Bretagne – Paris

Fuyant la Révolution qui menace tout aristocrate, Héloïse de Saint-Phalle attend avec ses parents et sa gouvernante, le bateau qui les mènera en Angleterre. Mais rien ne se passe comme prévu… Alors que deux chaloupes s’approchent du rivage pour les embarquer clandestinement, une troupe de Bleus, des soldats de la Révolution, arrive, les met en joue et fait feu. Dans l’action et la violence d’une houle déchaînée, Héloïse se retrouve seule dans une barque avec sa gouvernante, Mme de Boisgobey. Séparée des siens et prise au piège par des canonnades, elle voit s’éloigner la deuxième barque où sont montés ses parents. Sa mère est blessée par un tir et son père est maîtrisé par les marins paniqués qui le contraignent à ne pas lui venir en aide car au loin, une frégate française se dirige vers eux.

Fille de marquis, élevée pour être un jour dame d’honneur de la reine Marie-Antoinette, rien ne prédisposait Héloïse à vivre une telle mésaventure. Pourtant, la jeune fille  ne reste pas longtemps désemparée. Assumant seule leur sauvegarde, elle décide de retourner à Janzé pour prendre la diligence qui les mènera à Paris où réside sa tante, la comtesse de Vauséjour.
Avec une Mme de Boisgobey très craintive, Héloïse se crée une nouvelle identité. Elle sera la fille de sa gouvernante, une bonne citoyenne qui s’en va travailler à la capitale.
Lors de ce voyage, elle fait la connaissance d’un jeune sans-culotte. Fils d’un épicier, Brutus ne parle que de cette Révolution qui offre au peuple justice et égalité. Intarissable, enflammé, il informe ainsi Héloïse des us de ce nouveau régime. Elle comprend donc que tout est dans l’attitude et le parler. D’ailleurs, pour ne pas être repérée par les Comités de surveillance, il faudra qu’elle apprenne à tutoyer tout le monde… c’est une question de survie ! Et pour survivre, il leur faut quitter ce Brutus si inquisiteur qui se passionne également pour les énigmes. Dommage… il aurait fait un charmant ami.

Après un périple très mouvementé, Héloïse arrive enfin chez sa tante. On la présente à tous comme la fille de la nouvelle dame de compagnie de Madame la comtesse et on lui attribue le poste d’aide cuisinière. A l’office, novice en tout, l’intégration n’est pas facile car on la traite de « prétentieuse méprisante », mais cette existence lui procure une liberté qu’elle n’avait jamais expérimentée, et c’est grisant ! Elle peut aussi passer du temps à l’écurie à soigner les chevaux. Avec Jean le palefrenier, elle s’entend bien. Homme discret, peu bavard, il semblerait que sa tante lui ait donné pour mission de la protéger. Les temps sont dangereux, il en faut peu pour être suspecté et arrêté.
Un jour en cuisine, on leur livre des commissions et à la grande surprise d’Héloïse, elle revoit Brutus.

Le hasard, espiègle, fait que l’épicerie du père de Brutus se trouve dans la même rue que l’hôtel particulier de sa tante ! Et ce n’est pas pour lui déplaire. Entre eux, commence alors un jeu fait d’une séduction toute innocente, mais basé sur de nombreuses faussetés.
Héloïse invente des histoires pour justifier ses agissements bizarres et Brutus tait à cette nouvelle amie le fait qu’il surveille la maison de la comtesse avec Pierre, son frère. Un de ses rêves, en dehors de partir au Québec vivre d’extraordinaires aventures, c’est de devenir un fin limier comme son parrain, le commissaire Périgord. Chez la comtesse, il se passe d’étranges choses la nuit. Elle reçoit régulièrement un homme mystérieux, armé, au comportement suspect. Pour Brutus, il n’y a point de doute, c’est un espion qui complote contre le nouveau régime. Et sur ce point, il n’a pas tort ! C’est ce que découvrira Héloïse, un soir.

Cet homme est Lord Englewood, un espion anglais envoyé par George III, roi d’Angleterre, pour faire évader la famille royale maintenue prisonnière aux Tuileries. Alors, lorsque Héloïse apprend la conspiration, elle n’a qu’une idée en tête, c’est de prendre part au projet.
Impétueuse, courageuse et profondément dévouée à leur cause, Héloïse de Saint-Phalle va tout faire pour sauver la reine Marie-Antoinette… quitte à perdre son jeune et gentil ami, le sans-culotte. Quant à Brutus, il est prêt à tout… pour faire échouer les desseins des ennemis de la République…

« Les deux héros vont-ils devoir renoncer à leurs sentiments pour rester fidèles à leurs idées ? »
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Roman d’aventure pour les jeunes adolescents, cette histoire passionnante est aussi une belle reconstitution historique. Carl Aderhold, écrivain-historien, et Michèle Lancina, auteur pour la jeunesse, mêlent plusieurs ambiances à leur récit, donnant au tempo beaucoup de vivacité. Des équipées périlleuses en Bretagne jusqu’à l’atmosphère oppressante de Paris, l’attention du lecteur est maintenue en haleine. Nous avons le récit d’une jeune aristocrate qui raconte son désir de faire évader la reine Marie-Antoinette, et le récit d’un jeune sans-culotte qui veut servir un nouveau monde. Ces narrations épiques se mâtinent de sentiments amoureux. Héloïse et Brutus sont jeunes, treize ans, mais ils éprouvent l’un pour l’autre de tendres penchants. C’est raconté avec beaucoup de fraîcheur et d’humour. Elle dit de lui qu’il est assommant et « donneur de leçons de la pire espèce », il dit d’elle qu’elle est « une demoiselle sans cervelle et frivole ». Il faut dire qu’au début la demoiselle Héloïse se targue d’appartenir à une élite et qu’elle peut paraître bien bêcheuse. Ce qui fait son charme… car parfois hautaine et réservée, elle est aussi adorable, bonne et pleine d’ardeur (c’est ce qui séduit son ami). Quant à Brutus, il est un enfant qui croit en la République, aux valeurs de liberté et d’égalité. Ses mots sur les monarques sont durs, ils sont empreints de violence, ils sont ceux des révoltés.
Le contexte historique est cruel. On ressent bien cette frénésie délirante qui va emporter dans le sang de nombreuses personnes. L’intrigue est très bien écrite, le suspens tient jusqu’à la dernière page. Mais ce livre est un premier tome, nous sommes en 1792, il y a encore tant à raconter… Les auteurs nous préparent donc une suite.
De cette suite, je voudrais lire le mystère qui entoure la naissance de Brutus et je voudrais retrouver certains personnages, Mme de Boisgobey, mais aussi Lord Englewood, un homme à l’ambiguïté très intéressante…

Vous l’aurez compris, je vous recommande ce livre !