La mariée de Ceylan

Un livre offert par Babelio et les Éditions Milady

 

La mariée de Ceylan
Dinah Jefferies

 

Ceylan, de 1925 à 1934

Sans jamais avoir quitté le Gloucestershire, sauf en de rares occasions pour aller à Londres, Gwendolyn, une jeune mariée de dix-neuf ans, part seule à Ceylan pour rejoindre son mari, Laurence Hooper un veuf de trente-sept ans, propriétaire d’une plantation de thé, qu’elle a rencontré lors d’un bal. Candide et encore ignorante de ses devoirs d’épouse, elle fait confiance à Laurence pour donner le ton à leur mariage. Mais celui-ci, très occupé par son travail, la confie dès le premier jour de son arrivée à sa gouvernante et vieille nourrice dévouée, Naveena. Une maison tenue par des serviteurs silencieux et un mari souvent absent, Gwen chasse son ennui en s’aventurant sur la propriété et découvre peu à peu un cadre enchanteur et luxuriant, mais aussi la dure vie d’une plantation dans un pays colonisé. Elle fait alors le triste constat que l’image qu’elle en avait est à mille lieues de la réalité.

Amoureuse, sensible et d’un naturel expansif malgré son éducation de jeune fille de bonne famille, elle essaie de s’acclimater à son nouveau rôle et à ce pays étrange et sauvage, mais la personnalité changeante de son mari la surprend et la déroute. Toujours charmant et prévenant avec elle, il peut se montrer tour à tour très aimant ou très réservé, surtout lorsqu’elle lui pose des questions sur son passé, sa première femme qui s’est suicidée et la petite tombe d’un enfant qui est perdue et ensevelie sous la végétation de la propriété.

Des promenades dans la nature, des heures passées entre les pages de romans policiers et quelques soirées avec des voisins sont les seuls dérivatifs d’une vie indolente qui n’arrive pas à la satisfaire et à lui faire oublier que ses questions restent toujours sans réponse, que sa belle-sœur Verity est antipathique, lunatique et très possessive envers Laurence, qu’une vieille amie de son mari, qui fut sa maîtresse après son veuvage, est un peu trop envahissante et que le régisseur de la plantation se montre impitoyable envers les ouvriers cingalais. Jusqu’au jour où elle apprend qu’elle est enceinte.

Tout le temps de la grossesse est un état de grâce. Gwen resplendit et rien ne peut interférer à son bonheur, même pas lorsqu’elle apprend qu’elle attend des jumeaux. Laurence est aux petits soins pour elle, plus attentif et protecteur que jamais, et Naveena l’entoure de beaucoup de tendresse. Mais le jour de l’accouchement, rien ne se passe comme prévu et Gwen doit faire un choix terrible, dans le secret le plus absolu.
« Si un jour la vérité éclate, Laurence parviendra-t-il à comprendre et à lui pardonner ? »


On débarque à Ceylan avec des senteurs de cannelle et de bois de santal mélangées aux effluves nauséeux du port. La lumière est aveuglante et la chaleur étouffante. C’est chamarré de couleurs, bruyant, captivant et effrayant. Puis nous pénétrons dans les terres où les cultures des théiers ondulent suivant les courbes des vallons. Les cris perçants des oiseaux, les bruits d’eau d’un lac, le parfum des fleurs… C’est l’ambiance et l’atmosphère du début de ce roman de 562 pages construit en quatre parties, qui racontent une époque et une île à travers un couple et ses secrets de famille. Comme dans « Rebecca » de Daphné du Maurier, il y a une magnifique propriété, une jeune épousée naïve, un veuf tourmenté, une maîtresse, une gouvernante et un fantôme.
Les personnages évoluent sur une dizaine d’années, les années de l’entre-deux-guerres. Nous traversons les troubles communautaires et les approches pour une autonomie et une indépendance, et nous abordons tous les thèmes d’une colonisation avec les rapports entre colons et autochtones, dominants et dominés. Cette décennie raconte
l’insouciance des années folles et une certaine liberté pour les femmes qui génère beaucoup d’optimisme mais la crise économique de 1929 vient assombrir le tableau et redéfinir la trame de l’intrigue.
Ce livre est une romance dans la lignée des romans gothiques, avec ses noirceurs et ses mystères. Il ne manque pas de piment, d’amour, et il vous tiendra captif le temps de sa lecture…

 

 

Une photo prise « ici »

 

 

 

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Un mari idéal

Un livre offert par Babelio et les Éditions Albin Michel

 

Un mari idéal
Leah McLaren

 

Nick et Maya sont très enviés par leurs amis car tout semble leur réussir. Mais dans l’intimité de ce couple rien ne va depuis trois ans. La naissance de leurs jumeaux a bouleversé leur quotidien, leurs désirs, et leurs aspirations qui ne sont plus les mêmes prennent des voies opposées. Maya a perdu son aura d’amante et se consacre à ses enfants, pleinement, charnellement. Fusionnelle, elle continue à les allaiter et à les garder toutes les nuits dans son lit. Quant à Nick, évincé de ses rôles de mari et de père, il souhaiterait s’échapper de cette cellule exclusive et tout remettre en question en divorçant.
Lorsqu’il en parle à son meilleur ami qui est aussi son avocat, il lui explique que s’il est prêt à se séparer de sa famille, il l’est beaucoup moins pour accorder à sa femme la moitié de sa fortune. La dureté du dilemme est à son point culminant quand tous deux trouvent la solution, la plus cynique qui soit. Si Nick se comporte en mari et père idéal durant quelques temps, soulagée de ses responsabilités, sa femme aurait peut-être l’envie de reprendre son métier d’avocate et ainsi, diminuer l’exorbitante pension qu’il devrait lui verser.

« – Qu’est-ce qu’il faudrait que je fasse ?
Gray tire une grande bouffée sur sa cigarette électronique et exhale, tel un dragon, un nuage de fumée. « Tu dois devenir un homme meilleur. »…
– Tu dois changer et devenir un meilleur mari, espèce de connard égoïste ! Tu devras bien la traiter pendant un certain temps (…) Tu lui dis que tu l’aimes. Redonne-lui confiance en elle, encourage-la à reprendre son travail d’avocate. Veille à ce qu’elle le fasse. Encourage-la aussi dans ses loisirs. Et pas seulement le sport. Emmène-la en vacances, distrais les enfants quand elle est occupée. Fais une pause avec tes sorties à vélo du samedi matin et passe du temps avec ta famille. Propose-lui de lui vernir ses ongles de pieds, ou un truc dans le genre. Assure-toi juste que lorsque tu finiras par lâcher ta bombe, elle ne pourra plus t’accuser d’être un mauvais mari. Non seulement cela affaiblira son cas d’un point de vue financier, mais en plus, inconsciemment, elle se sentira redevable. Le jugement te sera favorable… »

Le processus s’enclenche et Nick met tout en œuvre pour surprendre et re-séduire Maya. Il met un terme à ses petits rendez-vous avec la sculpturale Shelley et reprogramme ses activités et son travail en fonction de sa famille. Invitations au restaurant, sorties au parc et vacances à Belize sont planifiées.
Sur la défensive au début, Maya ne tarde pas à succomber à la nouvelle personnalité de son mari. Elle redéfinit ses priorités elle aussi et retrouve sa féminité qu’elle avait mise en marge. Mais peut-on reconstruire sur des faux-semblants et ira-t-elle jusqu’à reprendre une vie professionnelle comme l’espère Nick ?


Ce livre n’est pas une gentille romance  comme pourraient le supposer le titre et la couverture, car il distille des émotions plus acides que douces. La malhonnêteté de Nick, sa goujaterie, son égocentrisme ne peuvent pas susciter la sympathie. Ni le tempérament de Maya qui est obsessionnel, névrosé et inquiétant. Ni une romance… ni un thriller, of course !… ce roman se lit bien et vite, mais sans grande passion également. Je n’ai pas pu éprouver de compassion pour l’agonie de ce couple qui oublie bien souvent que leurs enfants sont des êtres fragiles et vulnérables. Leur transformation à chacun, même « vertueuse » n’arrivera pas à me réconcilier avec eux.
Certaines lectrices pourront trouver l’histoire rafraîchissante et plaisante, mais pour ma part, j’ai un peu grincer des dents… Désolée !

 

Couple, Picasso

 

 

Un Noël dans les Catskills

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Il était cinq fois Noël de Chicky Poo et Samarian
Challenge Feel Good de Soukee

 

 

Un Noël dans les Catskills
Nora Roberts

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Pour s’empêcher de pleurer, Pandora jette un regard ironique sur ses oncles, tantes et cousins qui, après le décès de l’oncle Jolley, se sont réunis dans son bureau pour la lecture du testament. Tous s’attendent impatiemment à recevoir une belle part des cent cinquante millions de dollars. Tous, à l’exception du cousin Michael qui comme elle, se fout de la succession et regrette profondément la mort du vieil homme. Elle en est à regarder Michael et à se rappeler leur animosité et leurs nombreuses disputes qui égayaient oncle Jolley, lorsque le notaire commence à lire les dernières volontés du défunt.
Pour deux petites-nièces, à l’une superficielle et narcissique, il lègue un miroir qui aurait appartenu à la reine Marie-Antoinette, et à l’autre, une maison à Key West qu’elle déteste. A un petit-neveu, il transmet sa collection de boîtes d’allumettes. A un neveu, il lui offre son premier dollar gagné et dignement encadré. A son unique fils, il lègue une panoplie de magicien. Et à son petit-fils, seulement ses meilleurs vœux… Le tollé est unanime, et il double d’intensité quand le notaire termine par une disposition particulière qui concerne l’essentiel de la fortune et des biens immobiliers. Le vieux filou qui avait aimé Pandora et Michael comme ses enfants leur laisse tout s’ils vivent ensemble durant six mois consécutifs dans la maison qu’on appelle La Folie de Jolley. Si les deux jeunes gens refusent cette disposition, tout, jusqu’à la moindre babiole, serait décortiqué et à partager entre les héritiers et un institut pour plantes carnivores.
Pandora et Michael ne sont pas très surpris par ce dernier clin d’œil. Oncle Jolley était un original qui aimait tirer les ficelles et avoir le dernier mot. Mais si dans un premier temps tous les deux se rebiffent, dans un second temps, ils se voient contraints d’accepter la cohabitation pour ne pas voir cette magnifique demeure s’éparpiller aux quatre vents. D’une architecture baroque, très fantaisiste, La Folie de Jolley est pleine des souvenirs de celui qui l’a habitée et ça serait la pire des trahisons de ne pas la garder intacte.

Dans les montagnes de Catskills, pour Noël, la neige ne va pas tarder à tout recouvrir et à isoler les deux duellistes, toujours en verve d’amabilités assassines. Pandora, créatrice de bijoux, implante son atelier dans la serre. Quant à Michael, scénariste renommé de feuilletons policiers pour la télévision, il se terre dans sa chambre pour écrire… Respecter l’espace de chacun est le pacte qui scelle leur accord et qui leur permettra d’endurer cette union forcée.
Alors que les vieux domestiques souhaitent les voir se rapprocher selon les désirs coupables d’oncle Jolley, d’autres personnes manigancent de les séparer. Vandalisme, empoisonnement et autres surprises sont au programme. Mais pas que… il y aura aussi des frissons, des fantasmes, et… plus…
Pandora et Michael devront composer.

De l’auteur, je ne connais que les premiers tomes de sa série policière « Eve Dallas », et j’ai voulu tester l’une de ses romances. Celle-ci est sur le modèle des livres sentimentaux et ne fait pas mystère de son dénouement. Écrite en 1986, elle a quelque chose de désuet, de passé, de charmant, et… d’assez soporifique, aussi. Elle est juste bien pour un challenge sur Noël, et pour un après-midi de grisaille !

 


Catskills Mountains
Une photo Pinterest prise « ici »

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Le parfum des fraises sauvages


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine

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Le parfum des fraises sauvages
Angela Thirkell

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Les fraises sauvages ont un parfum de liberté à Rushwater House. Cette demeure imposante de style néo-gothique, construite par le grand-père du propriétaire actuel Lord Leslie, est pleine d’enfants de de petits-enfants en ce début d’été.
Nous faisons la connaissance de cette famille par l’entremise du révérend de l’église St. Mary’s qui les attend pour célébrer l’office du matin. Il nous confie que leurs personnalités sont peu classiques et que Lady Emily, tête de proue, est assurément la plus fantasque.
Nous sommes dans la deuxième période de l’Entre-deux-guerres et le roman ne va raconter que l’insouciance des beaux jours.

Un anniversaire à fêter et un bal à organiser, c’est dans cette ambiance qu’arrive Mary Preston, une nièce du colonel Graham qui est l’époux d’Agnès, la fille cadette des Leslie. A vingt-trois ans, Mary a essayé de s’affranchir de sa mère autoritaire en travaillant dans une bibliothèque, mais une modeste rente et une éducation stricte ont fait qu’elle n’a pas pu aller bien loin. Au contact des Leslie, Mary sort de sa chrysalide et se prend d’affection pour tous les membres de la famille. Ils sont charmants, intelligents, taquins et unis. Lady Emily et son mari ont la générosité du cœur. Après avoir perdu leur fils aîné à la guerre, ils ont surmonté leur douloureuse peine pour le bonheur des autres. De leurs enfants, John est le deuxième de la fratrie. Responsable, sérieux, doux et attentionné, il a connu le malheur de perdre sa femme un an après leur mariage. Le deuil est difficile à vivre, il ne recherche l’apaisement que dans le travail et le bien-être des siens. Après lui, vient Agnès, une mère de famille comblée. De son caractère on retient qu’elle est une sotte gentille et c’est dit avec beaucoup de tendresse. Elle est, elle aussi à sa manière, une originale. Le quatrième, le benjamin, est David. La première fois qu’elle le voit, Mary ne peut s’empêcher de tomber sous le charme de ce diablotin égocentrique qui rêve de faire du cinéma, de travailler à la radio ou d’écrire un livre. Artiste, il insuffle à Rushwater House le dynamisme de sa jeunesse, sa désinvolture et un esprit jazzy. David est aussi le modèle de son neveu Martin qui a dix ans de moins que lui. Martin, fils du fils aîné disparu, est l’héritier du domaine et celui qui va fêter ses dix-sept ans…
Que du monde à tous les étages de la maison !

De la superficialité, de l’extravagance mais aussi beaucoup d’humanité, il semble que le temps ait été suspendu et qu’une sphère protège ce coin de campagne des désolations de l’époque. L’été, c’est aussi la saison des amours. Les roucoulades sont innocentes, les élans timides et seules les pensées vagabondent vers la romance. Mary se met à rêver au parfum des fraises sauvages… et ainsi, permettre à Lady Emily et sa fille Agnès de jouer les Cupidon.
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Ne prenez pas ce livre au premier degré, ni au deuxième, et retenez plutôt le comique de cette satire qui nous est contée. Il est difficile de suivre le fil du scénario car nous avons parfois l’impression que l’auteur nous plonge dans une dimension surréaliste tant les personnages nous paraissent stupides. L’histoire en elle même n’est pas transcendante. De la nurserie, nous passons à table, puis sur les chaises longues du jardin, et les bavardages sont des banalités désopilantes. Mais ce qui élève l’intérêt du roman, c’est la peinture de cette société de la campagne anglaise. La bizarrerie étant dans un mélange de conservatisme et d’anticonformisme fantaisiste de la famille Leslie, des domestiques qui sont à leurs services et des voisins.
Ce livre édité en 1934 est… intéressant !

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Peinture de John Collier représentant Angela Thirkell

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Coup de foudre à Austenland

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Septembre en Amérique
avec Titine
1er billet

 

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coup de foudre à austenlandCoup de foudre à Austenland
Shannon Hale

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Jane, une Américaine célibataire de trente-deux ans, est obsédé par l’histoire d’amour entre Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy. C’est à l’âge de seize ans qu’elle a découvert le roman de Jane Austen « Orgueil et préjugés » et qu’elle s’est amourachée du ténébreux Darcy. L’adaptation télévisée de la BBC, avec Colin Firth dans le rôle, n’a fait que renforcer cette toquade, en transformant l’engouement en tourment. Car songez… quel est l’homme qui peut surpasser Colin Firth lorsqu’il sort de l’étang, sa chemise mouillée collant à son torse et quelle est la fille qui n’a pas fantasmé sur cette scène ? Pauvre Jane ! Va-t-elle se languir longtemps ?
On pourrait répondre par l’affirmative car son cas est désespéré, mais ça serait compter sans sa grande-tante Carolyn qui, fine mouche, a su déceler le syndrome obsessionnel de sa petite-nièce en découvrant le coffret vidéo de la série, caché derrière une pile de livres.
Au décès de la vieille dame et à la lecture de son testament, Jane a une surprise. Carolyn ne lui a pas donné un sou de sa fortune mais lui offre un séjour en Angleterre dans le fastueux domaine de Pembrook Park.

Pembrook Park est un parc à thème, un Austenland. Dès qu’on franchit les grilles, on est transporté en 1816. On ne porte pas seulement les costumes de l’époque, on adopte aussi les codes de bienséance… et la directrice, Mrs Wattlesbrook, veille comme un dragon sur le règlement et le scénario qui doit se jouer.
Un cottage dans une verte campagne, une soubrette pour l’assister, une calèche pour la véhiculer et des personnages qu’on croirait sortis du livre pour l’escorter. Elle est Jane Erstwhile qui vient rendre visite à sa tante Saffronia et qui rencontre d’autres convives… Lady Templeton, Miss Charming, le colonel Andrews, Mr Nobley…

Si dans un premier temps Jane essaie de se conformer au décorum et au protocole, très vite, dans un second temps en cachette de tous, elle envoie valser sa timidité et son bonnet dans les allées du parc. Il faut préciser que le jardinier a les muscles d’un quaterback et le visage d’un ange.
Alors… parviendra-t-elle à supporter cette parodie durant les trois semaines de son séjour ? ainsi que tous ces gens qui minaudent et qui se soumettent à un script soigneusement écrit ? Quant à Darcy… saura-t-elle le reconnaître ?

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J’ai lu cette romance austenienne au début de mes vacances et je suis navrée de vous dire que je n’ai pas adhéré. Je ne suis pas très chick-lit. Mon avis s’arrête donc sur ces mots… et les liens qui suivent, car d’autres lectrices ont aimé…

Des billets chez Alice, Fanny,

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Photo du film Austenland

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Les aventures improbables de Julie Dumont

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Un polar avec Sharon
Un livre pris au salon du livre de Limoges

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les-aventures-improbables-de-julie-dumontLes aventures improbables de Julies Dumont
Cassandra O’Donnell

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Si je devais dresser le portrait de Julie Dumont (famille comprise), je dirais qu’elle a un chouia de Bridget Jones, un chouïa de Stephanie Plum, un chouïa d’Isabel Spellman  et un chouïa de Heather Wells (avis aux expertes…).

De Paris à Neubourg en Normandie,

Julie, vingt-six ans, brune, grande, bien foutue… cé-li-ba-taire, désespère sa mère, reine de la tarte tatin, qui dit qu’elle finira soit vieille fille comme tante Solange, soit cinglée comme mémé Gertrude (en fait, c’est Clara qui trouve qu’elle ressemble de plus en plus à mémé Gertrude (inquiétant)).
Après avoir fait une école de journalisme, Julie a décroché un job dans un magazine féminin, mais son ambition est freinée par de méchantes rédactrices en chef qui la cantonnent à la rubrique « santé-beauté ». Ce poste est plus un placard proche de la porte de sortie qu’un tremplin vers un brillant avenir. Toutefois, Julie s’accroche… elle ne veut pas quitter la capitale pour retourner vivre dans son patelin perdu et être embauchée, faute de mieux, dans la société familiale. Oui… car ses parents sont propriétaires d’une florissante entreprise de pompes funèbres. Fille de croque-mort, c’est percutant ! surtout lorsque tout le monde s’accorde à lui reconnaître des talents de coiffeuse et de maquilleuse. Savoir embellir les trépassés c’est un truc qui n’est pas donné à tout le monde quand même ! Bref…

Le jour de l’anniversaire de mariage de ses parents où toute la famille sera réunie, et sa mère plus horripilante que jamais, sa cousine Clara est investie d’une mission : venir la réveiller et veiller à ce qu’elle ne lambine pas en se posant les questions cruciales « J’y vais ? », « J’y vais pas ? ». Donc Clara arrive et la découvre profondément assommée par des litres de téquila bus la veille. Vasouillarde, agonisante, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus… « Et lui ? ». Question surprise qui la dégrise de suite… Lui, tout nu sous les draps, endormi, est un beau ténébreux qu’elle ne connaît pas. Ou alors un peu… Rencontré lors de la soirée, elle ne se rappelle pas son nom, (juste ses baisers). Mais que fait-il ici ?!!! Et puis que sait-il passé ? Avant de crier au déshonneur, ou avant de succomber à une crise d’hystérie, Clara fouille ses affaires et découvre dans le portefeuille ses papiers d’identité. Ce n’est pas un psychopathe, mais un flic du nom de Michaël Lewis. (Rassurant, même si dans certaines histoires, l’un n’empêche pas l’autre…).

Vous allez penser que ce livre n’est pas un polar mais bel et bien un roman sentimental vu comment cela se présente… Je vais vous parler énigmes très bientôt… Pas de celles que Julie se pose en cette matinée… « A-t-on fait autre chose que dormir ? »
Ce que je viens de vous raconter ce sont les 6 premières pages bavardes d’une histoire qui en a 364. Rha ! Michaël !!! Je vous l’ai dit qu’il était beau ? Ah oui… je l’ai même souligné.
Alors pour en revenir à du sérieux… Julie confie le-beau-Michaël-endormi à sa cousine, se prépare à toute vitesse et prend la route direction de Neubourg…

Déprimée, tout en étant heureuse de retrouver la Normandie, Julie doit s’arrêter faire l’essence. Et c’est là que tout débute…
En discussion avec le garagiste qui lui vante les mérites de vivre en campagne et de travailler en famille, Julie voit une voiture ralentir, ouvrir la porte et balancer dans le fossé un cadavre. Un cadavre ? Non ! L’homme couvert de blessures doit être transporté immédiatement à l’hôpital et c’est elle qui s’y colle.
Après quelques quiproquos aux urgences… « Ce n’est pas mon ami… Ce n’est pas mon mari… », on apprend qu’il s’appelle Benjamin Stein, qu’il est journaliste au « Nouvel Inquisiteur » et qu’il enquête sur un meurtre commis récemment dans la région, Mathilde Bouvier assassinée par son amant Roumain. Immobilisé, Benjamin supplie Julie de l’aider le temps qu’il retrouve son indépendance et… Julie accepte un peu malgré elle. Faut dire que l’énergumène sait y faire.
Cependant, n’oublions pas qu’elle doit toujours se rendre à la fête de ses parents…
Quand elle rentre enfin chez elle, que la famille est au complet, avec les amis, une partie du village, qu’elle s’aperçoit que sa mère la traîtresse a aussi invité son ex, Julie est comme une marmite sur le point d’exploser. Et la journée n’étant pas finie, arrive la cerise sur le gâteau en la personne de Charlotte Roger, une cinquantenaire épanouie. Charlotte qui décède subitement d’une crise cardiaque aux pieds de Julie.
(Dès le début du livre, Julie nous annonce qu’elle est « une fille à emmerdes »…)

Charlotte était comptable dans la société des Bouvier ainsi que la meilleure amie de Mathilde. Pour Julie, ça ne fait aucun doute, il y a assassinat ! Cinq heures après, comme c’est son père qui est chargé des formalités funéraires et de la placer dans la salle réfrigérée, ils ne vont pas se priver d’autopsier cette nouvelle recrue pour étayer les soupçons…

On ne s’ennuie pas au Neubourg, il y a de quoi faire. Et les surprises vont s’enchaîner.
Commence pour Julie une autre vie, celle d’enquêtrice, enfin… apprentie enquêtrice… et pour l’assister, outre Benjamin qui était déjà sur l’affaire, arrive Michaël, flic à la criminelle.

De vous relater les faits m’amuse beaucoup !
Si je ne suis pas lectrice de ce genre de littérature, un peu girly, j’avoue n’avoir pas boudé ma lecture et avoir beaucoup souri en lisant les aventures de cette miss catastrophes qui ne s’en laisse pas compter ! L’humour, la fantaisie des personnages haut en couleur (les parents, le grand-père, les voisins…) et l’énergie du scénario, sont les sucs de ce roman. En ce qui concerne l’intrigue policière, je suis moins enthousiaste… peut-être étais-je plus accès sur les bêtises qui nous étaient racontées…
Alors si vous désirez une récréation, quelque chose d’agité et de pétillant comme un Orangina, vous pouvez prendre la direction de Neubourg, petit coin pas si tranquille de Normandie.

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Le Neubourg.

Le Neubourg

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L’homme idéal (en mieux)

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Une semaine Saint-Valentin

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l'homme idéal en mieuxL’homme idéal (en mieux)
Angela Morelli

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Depuis dix-huit mois qu’elle est séparée du père de sa fille, Émilie, une jeune femme de trente-cinq ans, vit chez son amie Clara. Professeur de lettres, sa vie est rythmée par ses cours, les copies à corriger, ses insomnies, des débats philosophiques sur Facebook (genre : – Il l’a comment ? – Trop petite – Ben, zut alors !…), et ses soirées gloussements girls and cocktails. Il y a aussi sa fille de neuf ans, Elizabeth, ses parents protecteurs et « légèrement » inquisiteurs, et son ex, le beau Diego libre dans sa tête, indomptable sur sa moto, qu’elle veut éradiquer de sa vie.

Un jour, pour rendre service à son amie Clara qui tient une librairie, Émilie la remplace.
Et alors ? et alors ?… 1. Zorro 2. Bradley Cooper. 3. Samuel… est arrivé.
– Imaginez… une jeune femme pulpeuse (tout bien comme il faut), une peau blanche (c’est pour mieux rougir Mère-Grand), une chevelure difficilement soumise (pour s’y perdre), une timidité presque victorienne et une panoplie de jurons mythologiques (par les « bip » d’Hadès !).
Elle est dans ses songes lorsque quelqu’un s’adresse à elle.

– Imaginez… un homme. Beau. Grand. Un regard et un sourire à devenir chamallow. Intelligent (oh oui ! il ne peut que l’être). Et terrriblement… sexy.
– Imaginez… après les personnages, la scène… « – Vous êtes Madame Vanderhelde, c’est bien ça ! » (voix basse et chaude) Il la reconnaît, elle était la prof de son fils Louis au lycée. Elle ne voit pas… Oh ! mais oui ! elle se rappelle… « Winterfeld ». Des salutations cordiales, (intérieurement chez Émilie, il y a les hormones qui dansent le flamenco et chez Samuel, la bête se réveille), des raclements de gorge, des odeurs musquées, une caresse par inadvertance, l’atmosphère s’électrifie, ils font comme si de rien n’était, blablatèrent sur des livres et… se promettent un rendez-vous pour un jour, un verre.

(Mes regrets pour cette introduction un peu niaise, elle ne rend pas justice à l’histoire, mais c’est le souvenir attendri que j’en ai. Ce sont des prémisses heureux et souriants.)

Samuel et Émilie, « C’est une question de feeling… ».
Après son veuvage, Samuel a longtemps fuit tout rapprochement avec les femmes qu’on lui présentait. Il y avait toujours quelque chose qui le dérangeait. Mais ce petit bout de femme, naturelle, timide, spirituelle, vive, douce, l’a séduit sur un regard. Il aimerait enfouir ses mains dans ses cheveux, suivre du doigt ses fards qui s’étendent dans le décolleté, caresser le velours de sa peau, mordre ses lèvres, la protéger. Il ne va pas la brusquer, il va se montrer galant et lui faire entrevoir tout le potentiel de leur future histoire.
Un verre, un film au ciné, un dîner…
Émilie sait qu’elle devrait tourner une page. Lorsqu’elle rencontre Samuel, les émotions qu’elle ressent ne la trompent pas. L’attirance est immédiate, animale. Elle aime son odeur, ses sourires, sa façon de la regarder, le fait qu’il ait traduit « Nord et Sud » de Gaskell (quel homme !)… et si parfois elle le trouve un peu trop autoritaire, elle apprécie aussi sa prévenance et sa force.
Osera-t-elle ? mais alors juste un peu…

Sans trop vouloir précipiter les choses et rendre leur relation éphémère, tous deux vont se découvrir et s’aimer. Patience et fougue ne sont pas toujours antinomiques !
Paragraphe, chapitre, chacun se raconte à tour de rôle, et lorsque Diego réapparaît, toujours épris d’Émilie, l’histoire pourrait alors se scinder et prendre un autre chemin.

L’homme idéal ? Émilie est prête à lui offrir ses meilleurs sentiments et plus si affinité.

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L’auteur a écrit un roman qui allie deux genres, la chick-lit à la romance. Un beau style, une histoire pleine d’humour, de vitalité, d’émotion, des personnages séduisants, un tantinet fantasmé pour Samuel, bien ancrés dans notre société pour Émilie, Clara, Louisa et Maria (les amies), on partage, on est de connivence et on aime tout ce petit monde. L’écriture est aussi belle dans les fantaisies, les délires entre copines, les chagrins, le veuvage et la rupture, la vie de tous les jours, travail et famille, que dans les scènes intimes (si bien imaginées !). La gamme des sentiments est de toutes les couleurs.
Pour une lecture douce, chaude, drôle, je vous recommande ce livre…

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D’autres billets chez Cécile, Jérôme, Noukette, Stéphie, Sandrine, Cathulu, Cuné, l’Irrégulière, Karine, Leiloona, Sarah, Yueyin, Albertine,

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Bradley Cooper… dans le rôle de Samuel Winterfield… (On peut toujours rêver !)

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