La maison dans les bois

Juin en Angleterre avec Lou et Cryssilda
Un album illustré avec Hérisson

 

 

 

La maison dans les bois
Inga Moore

 

Suzie Truie et Simon Cochon sont voisins. Un jour d’automne, après leur promenade dans la forêt, ils découvrent que leurs logis ont été pris par Léone Oursonne et Vincent Élan.
Les deux amis ne refusent pas l’hospitalité aux intrus, mais leurs tanières avaient été construites pour eux et pas pour de grands gabarits.
Les abris détruits, ils se retrouvent donc sans logement, à cogiter. Et c’est Vincent Élan qui propose d’appeler l’équipe des Castors, d’excellents bâtisseurs, pour qu’ils leur fassent une grande et solide maison où ils pourront loger tous les quatre.
Les murs, le toit, les fenêtres, les portes, les cheminées, l’escalier, la nouvelle maison se construit vite. Une belle maison qu’il faut aussi aménager, décorer, et remplir les placards de la cuisine de nourriture… Quelle journée ! quelle magnifique journée !
Le soir, après être allés chez les Castors pour les payer en sandwichs au beurre de cacahuète, Suzie, Simon, Léone et Vincent peuvent enfin se reposer chez eux. Une soupe et au lit ! ou plutôt, une soupe, la vaisselle, une veillée à la cheminée… et au lit !

Cette petite histoire classique, joyeuse et très joliment illustrée, raconte le plaisir de vivre ensemble, l’amitié, la générosité et la solidarité. Le texte court est parfait pour la lecture-câlins du soir, et les beaux dessins, aux doux coloris, nous embarquent dans un monde animalier heureux, plein de sérénité.
On peut retrouver l’auteur et ses dessins dans une adaptation du roman animalier « Le vent dans les saules » de Kenneth Graham.
Un très bel album tout mignon à recommander !

 

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Le chat qui venait du ciel

Un livre offert par Babelio et les Editions Philippe Picquier dans le cadre des Masses Critiques

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Le chat qui venait du ciel
Hiraide Takashi

Illustration de Qu Lan
Traduction d’Elisabeth Suetsugu

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Une vieille bâtisse japonaise enchâssée entre deux autres maisons pavillonnaires, des fenêtres donnant sur un jardin bien entretenu dominé par un orme majestueux et un passage que le narrateur nomme la sente de l’éclair… Ce tableau devient une source de contemplation et d’inspiration, lorsqu’un petit chat vient animer cette enceinte.

C’est le petit garçon de la maison voisine qui dans un cri se déclare propriétaire de cette boule de poil bien sympathique et remuante qu’il nomme Chibi.
Pas timide, plutôt sauvage et libre, Chibi aime venir chasser les insectes du jardin, se tapir derrière les touffes d’herbes et combattre les chimères qui se présentent à lui. Équilibres, jeux de pattes, petit à petit Chibi se rapproche de la maison jusqu’à y rentrer. Le narrateur qui aime l’observer décrit ses mouvements et se montre ravi de sa curiosité. Empreint de lassitude et de mélancolie pour la vie qu’il mène, il voit en ce nouvel ami un instigateur à de nouvelles gaietés. Ce plaisir, il le partage avec sa femme qui lui voue d’emblée une affection inconditionnelle ! Elle le trouve spécial…

Prévenus dès le début par leurs vieux locataires qui ne désirent aucun enfant et aucun animal, le couple ne s’attendait pas à inviter Chibi pour un gite et couverts par intermittence. En commençant par une petite écuelle, puis un carton bien douillet, ils offrent à Chibi une seconde maison qu’il adopte rapidement pour de longues siestes.

Le récit tourne essentiellement autour de Chibi et la maison ne semble s’éveiller qu’en sa présence. Pourtant ce n’est pas un huis clos et ce n’est pas ennuyeux, car le narrateur poète parle aussi de ses aspirations et de son travail dans une maison d’édition. Quant aux images qu’il nous donne, elles sont des havres harmonieux et sereins.
Les saisons passent, les années aussi, Chibi se montre toujours espiègle et libre. La notion de liberté chère à l’auteur, est importante et souvent soulignée. On dirait qu’il l’a apprise avec Chabi. Aux consonances heureuses, viennent s’ajuster d’autres échos bien plus tristes et inéluctables. Mais si rien n’est éternel, l’âme et les souvenirs le sont.

Cette belle histoire qu’on nous dit autobiographique, douce, rêveuse, poétique et joliment illustrée, vous rappellera peut-être un vécu. Mon Chabi s’appelait Minette…

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Une autre lecture chez Alex,
 

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Une nouvelle maison pour la famille Souris

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Un mois d’albums avec Pilalire

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Une nouvelle maison pour la famille Souris
Kazuo Iwamura

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Cet épisode est le premier de la série « La famille Souris ». Parents, enfants et grands-parents partent en quête d’un abri juste avant les premières gelées. Sac à dos pour tous et besace en bandoulière pour Benjamin le petit dernier, ils dépassent la forêt déjà tronçonnée par les bucherons et vont encore plus loin, plus haut, au-delà de la rivière…

Lorsqu’ils découvrent enfin leur nouvelle maison, sous un magnifique arbre, les petites souris s’attèlent à organiser leur intérieur. Atelier de coupe de roseaux, atelier de confection des meubles, atelier des ponts… puis plus tard, atelier des provisions pour le garde-manger… la journée est bien remplie ! Alors le soir, quand tout est en ordre, et après un royal dîner, personne ne rechigne à aller se coucher ! Papa et maman Souris, heureux et fiers de leurs enfants, peuvent enfin se détendre en buvant une petite tisane. Que la journée fut belle !

Kazuo Iwamura continue à raconter le quotidien bien heureux de cette famille Souris dans d’autres albums. On retrouve la même douceur, la même solidarité, le même effort dans le travail. Des histoires qui apaisent, des histoires qui racontent des instants de bonheur…

 

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Le petit-déjeuner de la famille Souris

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Un mois d’albums avec Pilalire

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Le petit-déjeuner de la famille Souris
Kazuo Iwamura

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La famille Souris est une grande famille qui comprend les parents, les grands-parents et dix enfants ; une belle famille !
Tous les matins, un rituel s’organise pour le petit-déjeuner. Le grand-père qui doit allumer le feu, apprécie de se lever tôt pour profiter du calme et des premiers chants des oiseaux. Puis, petit à petit, les enfants se réveillent et commencent à se préparer. La mère s’occupe du petit Benjamin, le père programme la journée en préparant du travail pour tout le monde et la grand-mère entreprend la cuisine avec les plus grandes des filles. Le rôle des enfants lorsqu’ils sont tous habillés, c’est de partir dans la forêt cueillir des framboises sauvages… Avez-vous déjà goûté des framboises dans des petits pains briochés ? Ou mélangées dans une bonne bouillie ? Tous vont se régaler ! Et les petits bobos récoltés en forêt vont très vite disparaître car il n’y a pas de meilleurs réconforts qu’une belle table et une famille aimante.
Bonne journée les petites souris !

Lorsque
vous partagez le quotidien de la famille Souris, vous entrez dans un monde de douceur et d’amour. Je vous garantis le sourire ! Elles sont si mignonnes !
Réveiller son enfant avec cette petite histoire, c’est lui offrir un gros câlin pour débuter sa journée. Il s’amusera à retracer les scènes et à chercher les petits détails, car l’auteur-illustrateur raconte beaucoup par le dessin, et les mots deviennent mineurs.

Je vous recommande cette série qui compte près d’une quinzaine de titres. Ils mettent en scène la famille Souris dans différentes étapes de leur vie… à la lessive, au coucher, au dîner… en automne, pour le Jour de l’An…
Un album irrésistible !

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D’autres avis chez Noukette, Sharon,
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Le chat du rabbin, La Bar-Mitsva – Tome I

Logo BD Mango NoirMercredis BD de Mango and Co..
Challenge « Animaux du monde » de Sharon
Challenge « A tous prix » d’Asphodèle

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le chat du rabbin 1Le chat du rabbin
La Bar-Mitsva – Tome 1
Texte et dessins de Joann Sfar
Colorisation de Brigitte Findakly

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Alger, début du XXè siècle,

Être chat de rabbin n’est pas de tout repos, surtout lorsqu’on est obligé d’étudier le Talmud, la Torah et tout le reste… parce que…
Un jour, le Chat, style abyssin gris-bleu, agacé par le bavardage du perroquet, l’a avalé tout entier, laissant seulement quelques plumes de son méfait. A sa grande surprise, lui qui n’arrivait qu’à miauler, s’est mis à parler comme un humain.
Il nous raconte alors sa vie chamboulée, ses états d’âme et ses réflexions sur de nombreux points de la judéité. La première question qu’il se pose concerne son identité. Est-il Juif ou chat de Juifs ? C’est très important ! Car s’il veut rester auprès de Zlabya, la fille du rabbin, il doit se comporter comme un « vrai » Juif.
Un « vrai » et « bon » Juif ? oui-oui… rentrer « dans le droit chemin », faire sa bar-mitsva, étudier la kabbale… et tout le toutim… Que tout semble compliqué ! surtout lorsque le Chat se met à chipoter et à philosopher sur les sujets qui le tracassent et qui vont à l’encontre de ses désirs et des principes de son maître.
Il parle… il discutaille, intellectualise, chicane, « thèse, antithèse, antithèse de l’antithèse », fait de l’esprit, ironise, damne le rabbin en chef et perturbe la conscience de tout le monde. Les valeurs traditionnelles, les croyances, les dogmes, la spiritualité… sont affaires de débat. Le Chat est désespérant ! Son maître le lui dit… c’était mieux avant quand il ne parlait pas et on lui demande expressément de ne plus dire un mot.

Ne plus parler. Le Chat est d’accord. Il va sacrifier ce droit à la parole pour pouvoir rester avec Zlabya. Ne plus parler… ne plus parler… oui, mais alors, il va observer et tout nous raconter.

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J’ai beaucoup aimé cette rencontre avec le Chat du rabbin et je ne tarderai pas à lire la suite. L’auteur fait parler le chat dans une langue pleine d’humour, de finesse et de causticité. Il controverse et remet en question certains points du judaïsme ce qui chagrine et tourmente son maître. Cabochard mais très sympathique, à travers lui on découvre la communauté juive d’Alger et l’importance qu’elle accorde à la kabbale.
Chat heureux dans une maison bienveillante, l’album dégage également de beaux sentiments comme la tendresse et le partage.
Le scénario est généreux, les dessins aussi. La richesse des mots, des couleurs, des expressions, des détails des décors, font de cet album une belle réussite qui a été deux fois primé ; en 2003, prix du jury œcuménique de la bande dessinée et en 2006, prix Eisner de la meilleure édition américaine d’une œuvre internationale.

Dans la préface, Eliette Abécassis dit de ce conte qu’il est poétique et qu’il raconte l’essentiel du judaïsme. « Œuvre unique et intelligente ». Quant à Joann Sfar, par cet album, il rend un hommage aux peintres d’Alger du XXè siècle et cite l’ouvrage de Marion Vidal-Bué « Alger et ses peintres, 1830-1960 ». Ce dernier point m’embarque déjà de ce côté-ci de la Méditerranée !

Je vous recommande donc ce premier tome… gourmand.
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D’autres billets chez Mo’, Catherine,

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Les carnets de Cerise, Le zoo pétrifié – Tome I

logo asphoMercredi BD chez Logo BD Mango NoirMango et ses amis
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Challenge « A tous prix » d’Asphodèle, prix Angoulême 2013, sélection jeunesse

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les carnets de CeriseLes Carnets de Cerise
Le zoo pétrifié
Tome I
Scénario de Joris Chamblain
Dessin d’Aurélie Neyret

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Cerise est une petite fille de dix ans et demi qui souhaiterait devenir écrivain comme sa voisine, Madame Desjardins. Sur les conseils de cette dernière, elle raconte sur un cahier, qu’elle illustre aussi de dessins, tout ce qui se passe dans sa vie… sa maman, ses amies Line et Erica, son entourage… et commence son journal par « Il était une fois ». 
Pour être romancière, il faut savoir observer les choses, et pour écrire une intrigue captivante, il faut chercher l’inspiration tout autour de soi. Ainsi, Cerise reste à l’affut…
« … regarder les gens, à essayer de deviner ce qui se cache derrière les apparences, ou du moins à percevoir ce qu’elles veulent bien exprimer. »
Avec l’assistance des frères de Line et Erica, les trois amies construisent une cabane perchée dans un arbre. Du haut de ce promontoire, elles peuvent tenir des séances secrètes mais aussi surveiller le monde. Comme elle le note « Avant chaque début d’intrigue, il faut planter le décor. »
Le décor est planté ; la cabane, l’arbre, la forêt. Ne reste alors à Cerise qu’à raconter son histoire, du « Monsieur Mystère »…

Il était une fois… un vieux monsieur bizarre qui circulait dans la forêt, toujours chargé de pots de peinture. Il était une fois, trois copines très curieuses qui décident un jour de le suivre et qui se font semer. Il était une fois… Cerise qui s’aventure toute seule sur les traces du vieil homme et qui découvre le plus merveilleux des endroits qu’elle n’ait jamais vu… un parc zoologique abandonné avec des animaux particuliers… ils sont peints. Elle est mille fois enchantée ! car son autre passion après l’écriture, est le dessin.
Cerise nous raconte ce vieux monsieur, son monde, et toute la magie qui s’en dégage.
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Suspendue à la plume de Cerise, j’ai beaucoup aimé son univers et ses réflexions. Elle est une petite fille adorable qui apprend à canaliser sa curiosité et son imaginaire par l’écriture (ce qui ne l’empêche pas aussi d’être active). Du haut de ses dix ans, elle découvre du monde, ses subtilités, ses petits secrets et ses différences. Lorsqu’elle pénètre le parc de Michel (le vieux monsieur), ce n’est pas simplement son beau travail de peintre animalier qu’elle admire, elle parvient à redonner vie aux images endormies et va aider Michel à rebâtir ses rêves. Solidarité, amitié, partage, Cerise arrive à fédérer ses amis, Madame Desjardins, sa mère et plein d’autres personnes pour faire renaître la réserve. C’est bien reconnu, l’union fait la force !
Avec l’histoire de Joris Chamblain, le graphisme… Aurélie Neyret nous offre de superbes illustrations, douces, vives, expressives, naïves lorsqu’elle représente les dessins de Cerise, si sûres lorsque ce sont les fresques animalières. L’album est riche en détails, en coloris, en espaces. Il mêle deux parties, l’évocation du journal intime de Cerise et l’aventure de notre future romancière.
Cet album a été primé au festival d’Angoulême de 2013 pour le prix Jeunesse et c’est bien mérité !
J’ai beaucoup aimé, je vous le recommande…
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D’autres billets chez Mango, Jérôme, Noukette, Moka, AcrO, Bianca, Bladelor, L’Or,
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