Sidney Chambers et l’ombre de la mort

Challenge Polars de Sharon

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sydney-chambers-1 Sidney Chambers et l’ombre de la mort
Les mystères de Grantchester
James Runcie

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Après avoir succombé au charme dévastateur du séduisant chanoine Sidney Chambers, rencontré dans la série télévisée policière « Les mystères de Grantchester », j’ai voulu reprendre ses enquêtes à travers les récits de son auteur, James Runcie.
La question qui me taraudait était de l’ordre de : « Sera-t-il aussi craquant que James Norton, l’acteur ? ». Dois-je vous préciser que ce n’était pas Mister Bean que j’imaginais, page après page… Après cette introduction hautement spirituelle, passons au roman.
Le livre retrace ses enquêtes menées sur une année, d’octobre 1953 à novembre 1954.

Le révérend Sidney Chambers est le pasteur de Grantchester, un petit village dans le comté de Cambridgeshire. Trentenaire célibataire, bel homme, sportif, ancien officier dans les Scots Gards durant la Seconde guerre mondiale, aîné d’une famille de trois enfants, aimant le jazz, la littérature, le cricket et le whisky, rien ne le prédisposait à suivre des études théologiques, mais rien n’aurait pu l’en dissuader. Proche des gens, profondément gentil, il occupe son temps entre sa paroisse et le collège de Corpus Christi, où il est directeur d’études.
Mais un jour après un enterrement, une femme vient le trouver pour lui confier ses doutes sur la mort du défunt que l’on vient d’inhumer ; Stephen Staunton se serait donné la mort à son bureau avec son arme. Notaire associé et ami de son mari, il fut aussi son amant. Ils avaient envisagé de changer de vie et de tout quitter pour partir à l’étranger. Certes, il abusait du whisky et souffrait de mélancolie, mais comme tous les Irlandais, non ?!
Sidney qui ne peut oublier cette confession, se doit d’en référer à son ami l’inspecteur Geordie Keating du commissariat de St Andrew Street qui avait clos l’affaire par un suicide. La secrétaire aurait découvert une lettre tapée à la machine expliquant le geste fatal et, avec cette preuve manifeste, le dossier ne peut être relancé.
Le quotidien bien chronométré de Sidney bascule à compter de ce jour. Empreint d’une certitude, intuition d’un homme qui connaît bien l’âme humaine, il commence par rendre visite à Hildegard Staunton. Cette femme, meurtrie par une vie stérile et un mari indifférent, rêve de retourner dans son Allemagne natale. Déçue par des promesses non tenues, solitaire dans un pays étranger, elle lui livre un aperçu de sa vie maritale qui n’avait rien d’enthousiasmant. Oui, elle n’était pas dupe des infidélités de son mari. Alors, serait-elle la coupable ? De petites confidences en petites confidences, Sidney éprouve de la compassion pour elle et oriente son début d’enquête vers l’étude notariale…
Ainsi, à l’ombre de la mort, commencent les enquêtes de ce prêtre anglican peu conventionnel.

Cette histoire est suivie par cinq autres, toutes relatant des faits qui se déroulent dans les différentes strates de la société du Cambridgeshire. On retrouve au fil des mois, des saisons, des fêtes, les personnages principaux qui entourent Sidney. Il y a la gouvernante du presbytère Mme Magire, au caractère bien coriace, le vicaire Leonard Finch, un homme doux, fragile, lettré, qui seconde bien Sidney, Amanda Kendall, la meilleure amie de sa sœur Jennifer, et l’inspecteur Geordie Keating… Ces deux derniers sont des piliers du roman. Sidney a des sentiments pour Amanda, mais par fierté il n’ose pas les prononcer ouvertement, pensant que cette jeune fille issue de la haute société ne pourrait jamais épouser un chanoine et se contenter d’une vie ordinaire régie par les ouailles du Seigneur. Quant à Geordie, il est au commencement du livre, un simple camarade de jeu au pub de la RAF de l’Eagle. Tous les jeudis soirs, ils se retrouvent pour boire des pintes de bière (ce sont des grands buveurs !) et jouer au backgammon. Il est écrit que Sidney n’était jamais allé le voir au commissariat. Par la suite, après l’histoire de Stephen Staunton, l’inspecteur suit ses investigations, lui accordant toute sa confiance et son admiration, même si bien souvent leurs approches et leurs moralités sont différentes.
Entre sermons, citations bibliques, détresses humaines, crimes abominables, le jazz est toujours présent. Il cadence le rythme de cette après-guerre où chacun essaie de trouver sa place.
Je vous recommande ce livre et la série télévisée qui est une belle réussite…

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Sidney et Amanda dans la série policière télévisée

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La maison du péril

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Mois anglais avec Cryssilda et Lou

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la maison du péril

La maison du péril
Agatha Christie

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Pour le capitaine Hastings, St Loo est une station balnéaire de Cornouailles qui vaut la Riviera. Quant à Poirot, la Côte d’Azur le renvoie à sa dernière enquête, un meurtre commis dans le Train Bleu. Descendus tous deux à l’hôtel du Majestic pour des vacances, ils font la connaissance de Nick Buckley, une charmante jeune fille propriétaire d’une vieille demeure construite sur la falaise, face à l’océan, « La maison du péril ».
Par sa vivacité, sa fraîcheur, Nick attire aussitôt la sympathie des deux amis et les convie à venir lui rendre visite dans sa maison où elle reçoit des amis. La principale raison qui va pousser Poirot à accepter, c’est que lors de leur conversation Nick leur confie que dans le courant de la semaine, à trois reprises, elle a failli mourir. Si la jeune fille le dit en riant, prenant ces accidents comme des facéties de la providence, le célèbre détective, lui, les prend très au sérieux. Surtout quand il est témoin d’une quatrième tentative… avortée comme les précédentes.

Estimant qu’il est de son devoir de la protéger, Poirot va mener l’enquête et découvrir les secrets des uns et des autres qui, sous des faux-semblants, cachent leurs vraies personnalités.

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Hercule Poirot n’a pas une retraite des plus paisibles et ce n’est pas pour lui déplaire, même s’il refuse les dossiers du Ministère de l’Intérieur. Lors de sa précédente affaire, il avait pour compagnon son valet George, un homme taciturne et beaucoup moins volubile qu’Hastings. Dans celle-ci, il avoue que le retour d’Argentine du capitaine lui fait très plaisir. L' »imagination » de son fidèle ami est un complément presque indispensable à ses petites cellules grises… Hastings, le narrateur de cette enquête, n’hésite pas à le rapporter dans ses écrits (comme il souligne aussi le manque de modestie de Poirot).
Ils sont tous les deux en villégiature dans un luxueux hôtel, les pieds dans l’eau, et l’aspect sauvage et escarpé des Cornouailles qu’on retrouve dans les romans de Daphné du Maurier, s’illustre avec cette maison qu’ils distinguent au loin ; la maison du péril. C’est l’été, l’ambiance est légère, pétillante, baignée de désinvolture, mais petit à petit au fil des pages, l’atmosphère devient funeste, gothique. Il y a une fracture entre ce que voit Poirot et ce que vit Nick Buckley. Le premier est visionnaire, la seconde a l’insouciance de la jeunesse et se refuse à envisager le pire… jusqu’à la mort de sa cousine Maggy.
Agatha Christie tisse une trame des plus compliquées et surprend le lecteur dans le dénouement. Les personnages secondaires, tous intéressants, alimentent le récit dans son suspense.
J’ai beaucoup aimé ce roman policier, il est dans le top des enquêtes de Poirot, alors je vous le recommande !

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Le train bleu

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Challenge de Titine

Challenge Agatha Christie de George
Mois du polar avec Sharon

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 le train bleu
Le train bleu
Agatha Christie

 

Cœur de feu, un rubis ayant appartenu à la Grande Catherine de Russie, a été acheté par le milliardaire américain Van Aldin pour sa fille chérie, Ruth Kettering. Pierre convoitée, mystérieuse, on dit d’elle qu’elle porte malheur à celui qui l’acquiert.
Fatalité ou hasard, la superstition frappe sa nouvelle propriétaire à bord du Train Bleu, une ligne qui mène ses voyageurs vers la Riviera.

Qui a volé et tué Ruth ? Plusieurs personnes seraient susceptibles de l’avoir fait et c’est à Hercule Poirot de le découvrir…
Nice, dernier arrêt !
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Éditée en 1928, cette histoire débute comme un roman d’espionnage avec des personnages cosmopolites ; un Russe, un Américain, un Grec, un Français… L’atmosphère froide, mystérieuse, sombre et oppressante, change après quelques pages pour nous embarquer dans un train luxueux en direction de la Côte d’Azur, parmi des voyageurs en quête de soleil, de légèreté et d’amour. Présent dans le train, retraité et vacancier, Hercule Poirot va être sollicité par Van Aldin pour mener l’enquête sur la mort de sa fille qui a été défigurée et étranglée dans son compartiment en pleine nuit.

Pour le plaisir de nos petites cellules grises, Agatha Christie complique la trame de ce suspense en nous baladant. Des rues malfamées de Paris, nous passons dans les quartiers chics de Londres, puis dans un petit village tranquille du Kent, St. Mary Mead que nous connaissons bien pour l’avoir découvert avec Miss Marple… Nous prenons le train et nous arrivons sur la Riviera. Cette intrigue doit se mériter ! a dû se dire la romancière… Du paysage et de nombreux personnages à soupçonner.
Autour du meurtre, munissez-vous de quoi noter, il y a…
. le groupe des suspects proches de la victime, le mari, l’amant et la maîtresse… un vaudeville ! Ruth voulait divorcer de Derek, un aristocrate désargenté épousé pour son titre, et rejoindre son amant, le comte de la Roche, un sacré gredin. Quant à lui, Derek, un joueur et un noceur, poussé par sa maîtresse Mireille, ne souhaitait pas le divorce…
. le groupe des escrocs qui veulent le rubis… Un mystérieux et dangereux criminel connu sous le nom du Marquis… Se profilent aussi un Grec et sa fille, les Papopoulos, plus receleurs qu’antiquaires.
. et le groupe qui encadre Katherine Grey, une femme de trente-trois ans qui vient d’hériter de la fortune de la vieille dame qui l’employait depuis une dizaine d’années en tant que dame de compagnie. Invitée par Mme Tamplin, une lointaine cousine, Katherine prenait le train bleu pour la rejoindre.

Dans ce roman, Hercule Poirot semble un peu désenchanté, solitaire. La retraite ne lui convient pas du tout et la compagnie de son valet George n’est pas des plus pétillantes. C’est donc avec un réel ravissement qu’il va conduire l’enquête et aborder tous les protagonistes (des chaînons les relient les uns aux autres). On le retrouve vif, charmant, toujours très confiant en ses capacités, un peu séducteur… Deux jeunes femmes vont l’aider dans ses recherches, Katherine Grey et Lennox Tamplin ; perspicaces et intuitives.

Lorsqu’elle a écrit ce roman, Agatha Christie venait de subir le décès de sa mère et de découvrir l’infidélité de son mari. Je me demande si en dessinant le personnage de Katherine, elle n’a pas mis un peu de sa personnalité, et, désirant s’affranchir de tout joug, lui offrir une belle indépendance.
Quand dans son autobiographie, elle dit « ce misérable livre », je suis loin de l’approuver ! J’ai trouvé cette enquête passionnante, bien aboutie et très fine. Comme à son habitude, elle raconte superbement la nature humaine et ses complexités. Nous épatant, toujours.
Vous l’aurez compris… je vous le recommande !
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D’autres billets chez Sharon, FondantGrignote,

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le train bleu

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Hamlet au paradis – Subtil changement, tome 2

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Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Hamlet au paradisHamlet au paradis
Le Cercle de Farthing, Subtil changement – Tome 2
Jo Walton

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Nous sommes dans le Londres de 1949, huit ans après la fin de la guerre. L’Angleterre a négocié avec Hitler leur paix, laissant au dictateur le reste de l’Europe ; un monde fascisant, conservateur, anticommuniste, antisémite et homophobe.
Viola Lark, comédienne talentueuse promise à un bel avenir, partage le récit de ce roman policier et uchronique avec l’inspecteur Carmichael de Scotland Yard…

Viola Lark a commis un acte qui mérite la pendaison, mais elle sait que tout lui sera pardonné si elle rentre dans « le rang ». Fille renégate d’une famille patricienne, belle-sœur de Himmler, elle va devoir courber l’échine pour survivre. Elle entame le récit comme une confession et raconte comment tout a commencé.
Un metteur en scène de renom lui propose un rôle qu’elle ne peut refuser. Dans une adaptation avant-gardiste, Hamlet est une femme ! Viola veut ce personnage et n’hésite pas à sacrifier sa belle chevelure pour le rôle. Alors que l’excitation exacerbe une partie de la troupe, on apprend qu’une des actrices, Lauria Gilmore, vient de mourir dans un attentat à la bombe.

L’enquête sur l’attentat est menée par l’inspecteur Peter Anthony Carmichael de Scotland Yard. Acte terroriste de la part des communistes ou des Juifs ? Carmichael doute du fait et oriente son investigation dans le cercle intime de l’actrice. Rapidement, il découvre une personnalité complexe et des motivations qui ont pour but de changer la politique du pays.
Un groupe d’hommes démocrates souhaite accorder à Churchill le pouvoir de réformer le gouvernement et de briser le pacte de Farthing.

Par l’intermédiaire de son oncle lord Scott, Viola est approchée par ces hommes de l’ombre qui préméditent une action de grande envergure. Quant à l’inspecteur Carmichael, il débute son enquête sous la pression de sa hiérarchie qui, sans subtilité, veut l’impliquer dans de nouvelles réformes et la création d’une police secrète qui prendrait exemple sur la Gestapo d’Hitler.
Contraints à suivre des voies qu’ils ne souhaitent pas prendre et poussés vers les extrêmes, tous deux ont conscience d’être des funambules qui avancent sur une corde raide.

Le metteur en scène de « Hamlet, princesse du Danemark » ne le sait pas encore… mais sa pièce va connaître un certain retentissement…
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On retrouve dans ce deuxième tome de la trilogie, un montage similaire au premier. Une histoire racontée par deux personnes, deux visions, une tonalité très britannique, une sphère conservatrice, aristocratique, et la montée du fascisme en Angleterre. L’auteur nous fait la surprise de convier Hitler dans son livre et nous le faire rencontrer… Mais si « Le Cercle de Farthing » nous présentait un scénario sis dans un huis-clos, « Hamlet au paradis » nous fait circuler dans différents univers. Les ambiances de la ville (théâtre, cafés, hôtels, dédales des rues…) et les ambiances extérieures (campagne, manoir, gares…) apportent au livre un réel intérêt.
Livre uchronique, livre d’espionnage, l’intrigue policière n’est pas le véritable moteur, ce que je regrette un peu car j’aurais aimé plus de suspense dans la trame.
Cette suite est aussi intéressante pour certaines révélations faites sur le caractère  de l’inspecteur Carmichael. On apprend qu’il est homosexuel et qu’il vit avec un ami. Son personnage prend de l’ampleur et si parfois on peut faire la moue, agacé à lire tant de candeur de sa part, on peut espérer que dans le troisième opus sa personnalité se révèlera plus frondeuse, car il est temps qu’il comprenne certaines choses…
Pour Viola, ce n’est que vers la fin du roman que j’ai ressenti de l’intérêt pour le personnage, lorsqu’elle réalise ce que fait Hitler. Auparavant, son histoire familiale, ses sentiments pour Devlin, sa passion pour le théâtre, n’ont pas su me captiver et me la rendre sympathique.
Pour conclure, je souhaite donner un avis assez favorable car j’ai lu ce livre avec plaisir, toujours curieuse des pages à tourner. J’ai aimé le côté froid et angoissant des romans d’espionnage et cette fin qui annonce des actes de résistance.
J’espère ne pas être déçue par le tome à venir…
A suivre !
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D’autres billets chez AcrO, Dionysos,

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Hamlet

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Les quatre

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« British Mysteries » d’Hilde et Lou
et « Agatha Christie » de George

« Le mois anglais » avec Titine, Lou et Cryssilda – 12ème billet

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Un billet particulièrement long ! 12 nouvelles…
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Agatha Christie

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Cette histoire n’a pas une construction ordinaire. Agatha Christie a écrit plusieurs nouvelles sur une organisation criminelle appelée « Les Quatre », puis les a rassemblées en un livre. Chacune de ces histoires, qui sont au nombre de douze, a son intrigue propre avec des chapitres et un dénouement. Se mêle aux enquêtes policières, tout le suspens des romans d’espionnage…

Juste avant la seconde guerre mondiale…
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1. L’hôte imprévu et L’homme de l’asile

Après une absence de près d’un an et demi, le capitaine Hastings revient à Londres pour quelques mois. Il se fait une joie de retrouver son ami Hercule Poirot, le célèbre détective, mais alors qu’il débarque chez lui à l’improviste pour lui faire la surprise, il découvre Poirot sur le point de partir pour Rio. Les retrouvailles sont joyeuses, turbulentes (des gamins !) et assez expéditives car le train qui doit le mener au bateau n’attendra aucun retardataire…

En pleine conversation sur le nom d’un groupuscule qui intrigue Poirot, les « Quatre Grands », ils entendent un bruit dans la chambre d’à côté et découvre un homme groggy qui est passé par la fenêtre. L’inconnu, d’après le médecin qui arrive en urgence, souffre d’un choc nerveux. Il répète sans discontinuer qu’il doit voir Hercule Poirot au 14, Farraway Street. Dans l’impossibilité de communiquer avec lui, on lui donne un crayon et un papier sur lequel il trace le chiffre « 4 »… ce qui n’explique rien. Poirot, maintenant très en retard, continue à préparer ses bagages et laisse l’intrus aux bons soins d’Hastings, quand soudain, il est interrompu… L’homme se met à réciter… « Li Chang Yen peut-être considéré comme le cerveau des Quatre Grands. Il en est la force motrice, le maître. C’est pourquoi je l’appelle le Numéro Un. Le Numéro Deux est rarement désigné par son nom. Il est représenté par un S barré d’un double trait vertical – le symbole du dollar – ou encore par deux bandes horizontales et une étoile. On peut donc en conclure que c’est un citoyen américain et qu’il incarne la puissance financière. Le Numéro Trois est, sans aucun doute, une femme, de nationalité française. Peut-être est-elle de ces courtisanes du demi-monde, mais on ne sait rien de précis sur elle. Le Numéro Quatre… Le « Destructeur »... pour retomber aussitôt en catalepsie.
Il est certain que cette tirade a de quoi intéresser Poirot, lui qui justement voulait se renseigner sur la bande des Quatre, mais bousculé par le temps, il ne prend pas la peine de faire certains rapprochements et se fait mener à la gare.

C’est à ni rien comprendre ! Un homme rentre par effraction chez lui et débite des paroles qui n’ont ni queue ni tête. Il le laisse en transe à sa logeuse et prend le train pour une affaire dont il ne sait strictement rien si ce n’est qu’elle est « royalement payée ». Son obsession étant de ne pas arriver en retard et de ne pas se désavouer en rompant la promesse qu’il aurait faite à ce milliardaire du bout du monde, Abe Ryland. On pourrait croire que ses petites cellules grises se sont disloquées, mais… Dans un sursaut de lucidité, Hercule Poirot réinterprète le tout et fait demi-tour pour découvrir, trop tard, l’inconnu décédé.

Hastings nous raconte cette étrange histoire en essayant de ne rien omettre. Le début qui paraît compliqué ne l’est que si peu en comparaison de la suite qui va se révéler extrêmement plus complexe. Lorsqu’ils constatent le décès, Poirot fait intervenir l’inspecteur Japp qui apporte des éclaircissements à cet embrouillamini. Car un nouveau personnage se faisant passer pour un gardien d’Hanwell, un asile d’aliénés, est rentré sur la scène pour réclamer le cadavre. C’est Le Destructeur de la bande des Quatre, celui qui ratisse le terrain.

Poirot solennel déclare à Hastings : « C’est un duel à la mort, mon ami. Vous et moi d’un côté, les Quatre de l’autre. Ils ont gagné la première partie, mais ils ont échoué dans leur plan pour m’éloigner. Désormais, ils auront affaire à Hercule Poirot ! ».
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2. Où nous en apprenons davantage sur Li Chang Yen et De l’importance d’un gigot

Sa susceptibilité étant largement égratignée, Poirot s’investit dans l’enquête et décide de rencontrer Monsieur John Ingles, un fonctionnaire à la retraite, bien informé des affaires chinoises. En commençant par se renseigner sur le cerveau de cette structure criminelle, Li Chang Yen, il pense pouvoir rassembler les nombreuses ramifications qui se rattachent à lui et démanteler la bande.
Monsieur Yen est un puissant mandarin qui tire les ficelles économiques et politiques de son pays. Son empire s’étend également en Russie, où l’on dit qu’il avait une emprise sur Lénine et Trotski. Son but suprême est de tout contrôler.

Cette visite enrichit le dossier et va déboucher sur un autre protagoniste qui a vécu à Shangaï, Jonathan Whalley, un « vieux loup de mer » très affranchi. Ce dernier a écrit une lettre à Ingles pour lui faire part de ses craintes sur les Quatre et de son désir de quitter l’Angleterre. Menacé, il est cloîtré chez lui et ne peut retirer de l’argent pour fuir.

Sans plus tarder, Poirot, toujours assisté d’Hastings, accompagne donc Ingles à Hoppaton pour rencontrer le vieil homme. Avant même d’arriver sur les lieux, on leur demande s’ils viennent pour le meurtre. La cuisinière de ce pauvre Whalley l’a découvert mort dans une flaque de sang. Une fois encore, Le Destructeur a une avance sur Poirot qui va devoir prouver l’innocence de l‘homme à tout faire, ancien repris de justice qu’on vient d’inculper.

3. Disparition d’un savant et La Femme dans l’escalier

Cette enquête qui n’en finit pas de s’étaler, prend une autre envergure quand l’inspecteur Japp présente à Poirot le capitaine Kent des services secrets américains venu questionner un savant sur ses théories concernant un raz de marée qui a fait naufrager au large des côtes américaines de nombreux destroyers et torpilleurs. Le savant ayant disparu, on confie à Poirot le rôle de le retrouver… C’est en France auprès de Madame Olivier une chimiste de grande renommée que Poirot continue l’investigation. Il aura la surprise également de revoir deux personnes connues ; l’inspecteur Giraud et la Comtesse Vera Rossakoff.
Comme il l’annonce à Hastings, l’étau se resserre. et les menaces d’intimidation qu’il reçoit en attestent.

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4. Les Voleurs de radium

Les Quatre décident de sortir de l’ombre en essayant d’intimider Poirot. Mais le fin limier sait qu’en tissant une toile et en se montrant patient, il aura plus de chance de les capturer.
Dans le laboratoire de Madame Olivier, des cambrioleurs ont voulu s’emparer d’un morceau de radium qu’ils n’ont pas découvert. Anticipant sur leur prochaine visite, Poirot se tient sur ses gardes et organise un stratagème pour les contrer. Toutefois, rien ne va se passer comme prévu… et tel est pris qui croyait prendre.
(Cette nouvelle est excellente !)

5. Dans la maison de l’ennemi

A ce stade, Poirot découvre l’intelligence de cette organisation qui le devance sur tous les points. Sur un échiquier, ses pions seraient en mauvaise posture.
De retour à Londres, il a dans son courrier une lettre de Abe Ryland où il écrit son mécontentement sur son désistement pour Rio. Depuis quelques temps déjà, Poirot soupçonne ce multimilliardaire d’être le numéro deux des Quatre Grands, et quand il apprend sa venue en Angleterre pour rencontrer des politiciens, il songe à une nouvelle stratégie. Ryland recherche un secrétaire capable de lui décortiquer l’étiquette de la haute société britannique… c’est très bien car Poirot en a un sous la main ! Hastings va jouer le rôle, et pour cela, il va devoir, au préalable, passer entre les mains d’un maquilleur….
Dans cet épisode, Hastings, sous le nom d’Arthur Neville, va être livré « dans la maison de l’ennemi » et être les yeux de Poirot, mais ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il va servir d’appât pour l’un et pour l’autre !

6. Le Mystère du jasmin jaune et Notre enquête à Croftlands

Ça ressemble de plus en plus à une guerre, et jusqu’à présent les batailles sont toutes remportées par Les Quatre, désespérant Hastings qui se montre moins confiant que son ami Poirot. Comme c’est lui qui narre les histoires, il ne s’en prive pas de le dire.
« Poirot prenait mes récriminations à la légère :

– Pour le moment, Hastings, ils rient, c’est vrai. Mais comme dit le proverbe : « Rira bien qui rira le dernier ».
Obsédé par Les Quatre Grands, Poirot se donne corps et âme à son Graal. Dans un accord tacite avec Japp, il élucide pour lui quelques enquêtes et l’inspecteur lui fournit des informations sur Les Quatre, comme l’affaire du « Mystère du jasmin jaune ».
Monsieur Paynter, homme fortuné de cinquante-cinq ans, grand voyageur qui écrivait un livre « La main occulte de la Chine », a été retrouvé mort dans son bureau. Le décès toujours inexpliqué, Poirot et Hastings retrouvent Japp sur les lieux pour mener l’enquête. Accident, suicide, meurtre ? Des suspects… l’héritier, le valet de chambre chinois Ah Ling… Poirot voit une fois de plus la marque des Quatre, et il n’a pas tort !
Comment et qui ? On retrouve dans cette petite histoire toutes les subtilités des plus grandes.

7. Un problème d’échecs

Un mois est passé depuis le crime de Croftlands et Hastings inquiet voit Poirot douter de ses capacités. Pour le distraire et le sortir de ses « idées fixes », Japp lui parle de sa nouvelle affaire qui capte aussitôt l’attention des petites cellules grises belges. Lors d’une partie d’échecs entre deux champions, un Russe et un Américain, l’un des deux joueurs s’est écroulé mort sur le plateau. Crise cardiaque ou empoisonnement, l’autopsie doit le révéler…
Serait-ce si surprenant d’apprendre que derrière tout ça, Le Destructeur œuvre une fois de plus ? A croire que
Les Quatre. sont à l’origine de toutes les affaires criminelles qui passionnent Poirot.

8. L’Appât et La Souris prise au piège

C’est l’hiver… Déjà six mois qu’Hastings est aux côtés de Poirot, délaissant sa femme restée en Argentine. Mais il ne peut abandonner son ami, seul face aux Quatre Grands.
Le temps paraît long à attendre une quelconque manigance, toutefois, chose rassurante, Poirot semble confiant. Mais un jour, alors que Poirot s’absente pour une course, Hastings reçoit un télégramme signée d’un « 4 » qui lui annonce que sa femme, la douce Cendrillon, a été kidnappée. On lui demande de suivre le messager du mot, sans informer Poirot.
Hasting va servir d’appât.

9. La Blonde oxygénée

Poirot établit une liste de jeunes gens qui pourraient correspondre au Destructeur, fils de bonne famille, aventuriers, comédiens et sans aucune morale, et fait paraître une annonce pour obtenir des informations. De cette liste, quatre noms l’intéressent, dont celui de Claude Darell.
A l’étude de son notaire, il rencontre Miss Monro, une vieille amie de Darell, comédienne au chômage, qui lui parle longuement de Darell. Bavarde, elle ne se fait pas prier pour décrire son physique, son caractère, ses petites manies, son talent pour interpréter tous les personnages… Elle est même prête à leur donner une photo…
L’étau se resserre.

10. Le Terrible Malheur

Les Quatre Grands ne sont pas des personnages des contes et légendes. Poirot décide de tout raconter au ministre de l’Intérieur de sa Majesté et, profitant de la visite du président du Conseil français, il demande une entrevue. Sur le ton de la plaisanterie, il dit à Hastings que s’il venait à mourir, d’autres personnes seraient au courant…
Ce que Poirot présage n’est pas de bonne augure. Il en arrive même à vouloir contacter son frère jumeau qui habite à Spa en Belgique. Et c’est pour nous, et Hastings, l’occasion de connaître cette parenté qu’il dévoile pour la première fois.
A peine rentrés, ils reçoivent la visite d’une infirmière qui soupçonne la femme infidèle de son patient de vouloir la mort de son mari qui, lui même, se sent menacé par les quatre. Les quatre ? Femme, médecin, fils, dame de compagnie ? ou… Les Quatre Grands ? Poirot et Hastigns sont invités au domaine pour enquêter et découvriront bien trop tard le traquenard, une grande tragédie…
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11. Le Chinois agonisant
12. Le Numéro Quatre gagne une manche et Dans le Felsenlabyrinth

Sans trop raconter le dénouement de l’épisode précédent, il faut préciser qu’Hastings se retrouve seul pour continuer la traque des Quatre. Mais les avertissements, qu’ils soient amicaux ou inamicaux, puis les chantages, ne l’intimident guère, obnubilé qu’il est par sa vengeance. Poirot a fait de cette affaire sa croisade, Hastings la reprend à son compte.
Dans ces deux dernières nouvelles, les évènements s’enchaînent et tout est détaillé pour maintenir captif le lecteur. Hastings, narrateur un peu naïf, nous débite les faits à travers sa vision des choses, bien souvent tronquées pour notre plus grand plaisir !

Qui aura le dernier mot ? Poirot, bien sûr !
« La grande affaire de ma vie est terminée. Après celle-ci, n’importe quelle autre me paraîtrait insipide. Non, je vais prendre ma retraite. j’irai peut-être planter des courges ! Je pourrais même me marier et m’installer ! »
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Vous n’avez certainement pas lu ce billet interminable, le plus long de ce blog, mais sachez que j’ai pris plaisir à l’écrire et à m’attarder sur chacune des nouvelles. Elles sont toutes indispensables au scénario, un tissage finement monté.
Conan Doyle utilise John Watson pour raconter Sherlock Holmes et sa narration, très concrète mais un peu austère, amène une subtile distance entre lui et le lecteur. Avec Hercule Poirot, Agatha Christie a choisi pour quelques aventures le capitaine Arthur Hastings, un homme foncièrement bon, spontané, vaillant et candide. Ce que je peux reprocher à Watson, je ne peux le faire à Hastings qui a une approche plus fantaisiste, pleine d’humour et de dérision.
Il faut donc lire ce roman pour l’intrigue, son genre, mais aussi pour ces deux vedettes qui sont irrésistibles ! … Je vous le recommande, il est captivant.

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Vous trouverez d’autres avis chez Sharon, Alice, Shelbylee,

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27-01-10

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Le cercle de Farthing

11188172_391095041080163_5368143613513055468_nlogo_babelioUn livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio avec la collection Lunes d’encre – Denoël – Gallimard

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 2ème billet

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Le cercle de Farthing
Le cercle de Farthing
Jo Walton

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Le cercle de Farthing est une société conservatrice très influente de politiciens, de militaires et de gens du monde de la finance, qui règne en sous-main sur l’Angleterre depuis le traité de paix signé avec Hitler, en 1941. Farthing est aussi un domaine dans le Hampshire qui appartient à la famille Eversley.
Huit ans après la guerre, Hitler a remisé ses ambitions et se contente de la partie occidentale de l’Europe (la France incluse). Les Juifs sont toujours persécutés, faits prisonniers et gazés. Le fascisme s’insère partout, même en Angleterre où de plus en plus les Juifs sont ostracisés.
L’élite, la caste supérieure dominante tirée de l’aristocratie britannique,  Lucy Eversley, petite-fille de duc, a voulu s’en affranchir. En épousant David Kahn, elle est allée à l’encontre de sa famille et de leur monde. Même si David est l’héritier d’une famille fortunée et directeur de sa propre banque, il a une tare qu’on ne lui pardonnera jamais.

Le temps d’un week-end, tous se retrouvent à Castle Farthing pour un raout politique. Faux-semblants, adultères et concile sur l’avenir, Lucy, à mille lieux de ces intrigues, se demande pourquoi sa mère a tant insisté pour qu’elle vienne en compagnie de son mari que tous méprisent. L’ambiance est pesante, hypocrite, puis survient le drame… L’un des invités découvre dans un boudoir le cadavre de Sir James Thirkie, un politicien en pleine ascension qui fut à l’origine du pacte de paix avec l’Allemagne. Près du corps, un poignard de style oriental, sur le corps, l’étoile jaune de David.

L’inspecteur Peter Anthony Carmichael de Scotland Yard est appelé sur les lieux du crime car l’enquête ne peut être menée par une police rurale. Dès le premier coup d’œil, il comprend que le corps a été déplacé et que le meurtre est bien plus complexe qu’il ne semble. Poignardé, étranglé, gazé, Carmichael voit en cet acharnement un acte raisonné pour brouiller les pistes.
Les invités doivent rester à demeure pour interrogatoires ; le personnel, les hôtes et les convives, à commencer par David dont la culpabilité est trop évidente.
Crime politique organisé par des terroristes venus de l’est, crime commis par un Juif ou simplement crime passionnel ?
Lucy sait que tous ont quelque chose à cacher, quant à Carmichael, il va falloir qu’il fasse tomber le légendaire flegme de toute cette intelligentsia britannique.

Vous prendrez une tasse de ce thé noir de Chine ?

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Ce roman est une uchronie policière. Et si Hitler… l’auteur imagine alors son enquête dans une Histoire revisitée. Churchill a été évincé, l’Angleterre a négocié sa tranquillité et Hitler continue ses exécrations. Dans une demeure aristocratique où les membres d’un cercle politique se sont réunis, un meurtre est commis. Comme dans les romans d’Agatha Christie, tout s’assemble pour le scénario d’un huis clos sis dans un beau domaine… un inspecteur accompagné de son sergent, une veuve éplorée, une maîtresse énigmatique, des personnalités tortueuses, une ambiance délétère, malsaine, un coupable servi sur un plateau, un mort qui était détestable… et une société toujours tirée à quatre épingles, policée, ambiguë, très anglaise.
L’histoire est vue par deux personnes. Lucy qui se confie, qui raconte son désarroi et la personnalité des uns et des autres, et Carmichael qui n’est dupe d’aucun subterfuge et qui va essayer d’innocenter David. Si les intrigues avec Hercule Poirot sont basées sur le machiavélisme du meurtrier et les déductions de l’imminent détective, Jo Walton met l’accent sur une atmosphère angoissante, fascisante, dystopique. Il y a deux mondes, celui d’une après-guerre qui essaie de se reconstruire et le prochain qui se structure dans toute l’horreur qu’on peut imaginer.
J’ai appréciée cette lecture surprenante, mais la fin est encore plus déconcertante… (le dénouement de l’enquête, un peu trop simpliste, et l’épilogue). J’aurais émis un avis mitigé si je n’avais pas lu que ce livre est en fait le premier tome d’une trilogie. La fin n’en est donc pas une et il est à souhaiter que nous retrouvions tous les protagonistes pour clarifier certains points et espérer que le bien puisse triompher du mal.
Alors… à suivre !

D’autres billets chez Dionysos,
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View from Shoulder of Mutton Hill in Ashford Hangers near Petersfield, Hampshire
Photo du Hampshire prise sur Google

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Le Noël d’Hercule Poirot

« Il était deux fois Noël » avec Chicky Poo, Samarian et Petit Spéculoos
Challenge Agatha Christie de George

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le noel d'hercule poirotLe Noël d’Hercule Poirot
Agatha Christie

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22 décembre… Londres,

Stephen Farr, un bel homme de quarante ans qui arrive d’Afrique du Sud, voudrait être ailleurs qu’à Londres, un ailleurs où il y a du soleil… mais il a une mission et il est décidé à l’accomplir. Dans le train qui le mène dans la région du Middleshire, il fait la connaissance d’une jeune Espagnole, Pilar Estravados. Il se réchauffe à son regard, elle est la chaleur et la passion qu’il désire ; il la trouve sublime, piquante, un peu cruelle, très chatte, et si différente de ses congénères.
Aux premiers échanges, la séduction passe, mais ce que tous deux ne savent pas encore, c’est qu’ils ont une même destination et des objectifs bien déterminés…

A Gorston Hall,

Alfred et Lydia Lee ne comprennent pas pourquoi Siméon, le patriarche de la famille, souhaite réunir tous ses enfants pour les fêtes de Noël, alors que deux de ses fils ne l’ont pas revu depuis une vingtaine d’année. Homme despotique, machiavélique, ayant fait fortune en Afrique du Sud avec des mines de diamants, Siméon se délecte des ambiances haineuses et s’amuse à humilier ses enfants. Tous des mauviettes, ils ne sont pas de sa trempe dit-il !
Alfred, un ancien militaire, marié à Lydia, a été obligé de démissionner de l’armée pour reprendre l’affaire familiale. Demeurant dans le manoir avec son père, il est son vassal et subit tous les jours son autorité.
George, un député, marié à une jeune femme de dix ans sa cadette, trouve son père trop mesquin sur la pension qu’il lui octroie. Il aimerait bien avoir une avance sur son héritage…
David, un artiste peintre, marié à Hilda, n’a pas revu son père depuis la mort de sa mère. Il lui reproche sa méchanceté, ses infidélités, tout un passé tyrannique et mortifiant.
Harry, la brebis galeuse… Après avoir escroqué l’entreprise, il s’est enfui à l’étranger et depuis n’est plus revenu. Les nouvelles qu’il envoyait étaient toujours suivies de demandes d’argent.
Quant à la seule fille de la famille, Jennifer, à présent décédée, elle a fait sa vie en Espagne et n’a eu qu’une fille que personne connait. Ces fêtes seront l’occasion de présenter la jeune Pilar qui a fait le voyage pour rencontrer sa parenté.

Lydia en tant qu’hôtesse doit composer avec cette dynastie si disparate. Et lorsque le fils d’un ancien associé d’Afrique du Sud se présente et accepte l’invitation de Siméon à partager avec eux les festivités, on pense aussitôt à… plus on est de fous, plus on rit… Il faut préciser que le cynique Siméon a annoncé vouloir changer son testament.

La veille de Noël, alors que chacun se prépare pour le réveillon, l’esprit encombré des cruautés assénées par Siméon, des bruits de bagarre et des cris provenant de sa chambre se font entendre. Quand ils arrivent à forcer la porte fermée à clef, ils découvrent une pièce dévastée et le corps du vieil homme baignant dans une mare de sang. Égorgé.
C’est le surintendant Sugden, qui avait rendez-vous avec lui, qui constate le crime et le vol des précieux diamants. Ces cailloux étaient vénérés par Siméon car ils étaient à l’origine de sa richesse.

Près de Gorston, Hercule Poirot réveillonne avec le colonel Johnson, chef de la police du Middleshire. Leur repas est interrompu par un appel téléphonique… Siméon Lee a été assassiné.
Est-ce à cet instant précis que les petites cellules grises du célèbre détective se sont mises à gamberger ?… car l’enquête ne se fera pas sans son assistance…
Qui  a commis le crime ?

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Un Noël particulier avec Hercule Poirot. Dans ce roman, les friandises, fruits confits, petits gâteaux, puddings flambés, les décorations pour le sapin, les crackers et tout ce qui fait un Noël anglais sont restés dans le placard. Il n’y a que le froid qui tétanise Hercule…
La mort est survenue le soir du réveillon et a figé l’ambiance. Comme dans tous les romans d’Agatha Christie, le scénario se développe en plusieurs plans. Le décor (un manoir anglais, une campagne), les personnages (une famille, des invités), l’atmosphère (des animosités, des rancunes, des mensonges, un style), un mort (un assassinat, une pléiade de supposés meurtriers avec leurs secrets) et l’arrivée d’Hercule Poirot. Dans cette histoire, ni son ami Hastings ni l’inspecteur Japp feront leur apparition. Si l’enquête est menée par un surintendant, Hercule ne peut s’empêcher de participer et de dénouer l’intrigue. La réunion rituelle avec tous les protagonistes qui clôture l’histoire, une véritable apothéose à son intelligence, sa finesse, nous laisse encore pantois car il est impossible de découvrir la trame avant le bouquet final ! Pourtant ce n’est pas faute d’avoir incriminé tout le monde (même le majordome)… sauf la bonne personne.

Je vous recommande cette enquête, une très bonne histoire pour retrouver l’homme aux moustaches cirées.
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D’autres billets chez Belette, Bianca, Titine, Karine,

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Le-Noël-dHercule-Poirot1.

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