Les cousins Karlsson, Tome 1 – Espions et fantômes


Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
Challenge polars et thrillers de Sharon

 

Les cousins Karlsson
Espions et fantômes, tome 1
Katarina Mazetti

 

Les grands-parents Karlsson ont eu quatre filles aux caractères et univers bien différents. Trois d’entre-elles ont eu des enfants ; Ulla, chercheuse, a deux filles, Julia et Daniella, Molly, actrice, a un garçon, George, et Ellen, chef cuisinière établie en France, a aussi un garçon, Alex. La quatrième, Frida qui vit seule sur une île suédoise loin de la civilisation, est artiste.
Lorsque Julia, douze ans, apprend par sa mère qu’elle et sa petite sœur Daniella (appelée Bourdon) vont devoir passer tout l’été chez leur tante Frida, c’est vraiment l’horreur ! Et de savoir que leurs cousins, George et Alex, les rejoindront, ne la réconforte en aucune façon car les souvenirs qu’elle a des garçons ne leurs sont pas très favorables.

Julia et Daniella, accompagnées de leur chat Chatpardeur, retrouvent les cousins sur le quai de l’île aux Grèbes. Les quatre enfants qui comprennent qu’il est essentiel de se montrer solidaires, refont connaissance en attendant tante Julia qui tarde à venir. Esprit fantasque, bohème et dévoué à son art, la sculpture, elle n’a aucun sens des priorités et du quotidien qu’elle gère très mal. Elle n’aura donc aucune honte à faire manger une pizza froide à peine décongelée à ses neveux le soir de leur arrivée. Pourquoi froide ? Parce que dans la maison de tante Julia le confort est vraiment secondaire et que la gazinière ne fonctionne jamais !
Dans cette vieille maison de trois étages desservis par un escalier en colimaçon, les enfants constatent que tout est archaïque et qu’il n’y a pas d’eau courante. Toutefois, ce qu’ils vont retenir c’est que tante Julia ne pourra pas s’occuper d’eux et qu’ils seront libres. D’un côté, la mer, de l’autre, la forêt… Quel est l’enfant qui s’en plaindrait ?

C’est l’été, la Suède en cette saison est très agréable et les enfants découvrent une maison qui se trouve être en définitive, assez plaisante et curieuse. Ils sont libres et seuls au monde ! Seuls ? et non… Dès ce premier jour, en découvrant par l’une des fenêtres le beau paysage, George croit voir une silhouette au loin fuir vers les bois. Puis dans la nuit, c’est au tour de Julia de voir un fantôme…
Qui est cette personne qui semble se cacher ? En riant, ils émettent l’hypothèse que cela pourrait être un loup-garou, un fantôme, un ornithologue et pourquoi pas, un espion…
Voilà un mystère qu’ils vont devoir élucider sans tante Julia qui doit partir sur le continent pour résoudre un autre problème. A eux l’aventure !

Dans la lignée des livres de la bibliothèque rose et verte que je lisais quand j’étais petite, cette série des cousins Karlsson en est une digne héritière. On y retrouve des enfants seuls, sans adultes, de l’amitié, de la solidarité et des mystères à dénouer. Mais alors que ces séries vintages racontaient des histoires de justiciers en culottes courtes et de bandits, Katarina Mazetti aborde dans ce premier tome « Espions et fantômes » un sujet très sensible qui colle à l’actualité de notre époque et qui raconte une histoire bien triste, celle des migrants et des passeurs. Ce n’est pas désuet, c’est très ancré dans notre temps.
Je vous recommande ce roman de la littérature jeunesse qui donne un aperçu bien sympathique de ce que peuvent être les autres histoires qui à ce jour sont au nombre de sept.


Peinture du peintre Suédois Bruno Andreas Liljefors

 

 

Mangez-moi

logogourmandises2logo lecture_aveugleIMGP1800Une lecture à l’aveugle, « une idée » proposée par Jérôme – Merci NathChoco pour ce cadeau ♥
« Les gourmandises »

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mangez-moiMangez-moi
Agnès Desarthe

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Afin de réaliser son rêve, Myriam est obligée de mentir à son banquier en ajoutant quelques fabulations sur son CV, pour le rendre riche et digne de confiance. L’emprunt dans la poche, elle peut monter sa petite affaire, un restaurant qu’elle appelle « Chez moi ». Le nom n’est pas anodin, il est une terre d’asile, une parcelle qui n’appartiendra qu’à elle. Cette chance qu’elle s’accorde, elle la peaufine les nuits d’insomnie en la souhaitant proche de ses idéaux. Elle ne veut pas d’un restaurant sans âme et froid, elle l’imagine chaleureux. Le mieux serait qu’elle puisse choisir sa clientèle pour lui préparer avec amour des petits plats… Sa cuisine, elle la désire généreuse.

Myriam a une quarantaine d’années et déjà, elle est bien fatiguée, lasse de cette vie qui tangue sur un fil. Que s’est-il passé ? Dans la journée, elle se donne à fond dans cette périlleuse entreprise, mais le soir, lorsqu’elle baisse son rideau de fer et qu’elle s’écroule sur son sac de couchage, elle retrouve son passé si douloureux et pesant…

Une petite salle, des meubles de bric et de broc, une bibliothèque, un divan, une cuisine ouverte, une première journée d’incertitudes, un lendemain d’inauguration avec la famille, et voici ses premiers clients qui arrivent un peu à tâtons. Deux jeunes lycéennes qui prendront pension chez elle par la suite, et son voisin fleuriste qu’elle accepte malgré sa mauvaise haleine. Myriam les adopte sans contrepartie. Les filles ont des hanches dodues et ne font pas les mijaurées, elles aiment saucer, elles sont gourmandes, jeunes et fraîches. Vincent lui apporte des fleurs sur le déclin qu’elle met dans des carafons. Et bientôt Ben, un étudiant qui se passionne pour le restaurant et qui se propose comme serveur. Ben apporte à Myriam les bases qui lui manquent ; côté cuisine, rien à redire, mais côté gestion, c’est une catastrophe !
Sur un cahier, elle note ses concepts et se motive. Sa seule ambition, c’est de retrouver une atmosphère familiale. En cuisinant, elle a les gestes de sa grand-mère et ceux de toutes les ménagères. C’est l’amour maternel qui renaît.

Le quartier s’anime chez elle, ceux qui viennent déjeuner, ceux qui viennent souper et ceux qui passent pour un café dans la journée. Ça s’étire, ça devient un foyer. Comme à l’époque où elle travaillait en tant que cantinière dans un cirque, Mr. Slimane, dans sa camionnette bleue, lui apporte les produits de son jardin, des fruits et des légumes de qualité. Le restaurant dégage l’humanité que Myriam recherchait,  elle peut enfin se permettre une petite part de bonheur, c’est tout ce qu’elle s’autorise car les spectres du passé continuent à la perturber.

Petit à petit, au fil de cette lecture qui se pare de plats alléchants, nous découvrons la peine secrète de Myriam. Elle se confie seulement à nous, timidement, et sans le savoir, amorce une guérison.

Soupes, petites salades, herbes parfumées, boulettes de viande, terrines, daubes mais aussi une cuisine raffinée comme… « dos de cabillaud au jus de mûres et aux mousserons, mille-feuille d’aubergine et d’agneau, tourte blanche au fromage, aux raisins et cognac… », Myriam nous enchante, partage, et se donne. « Mangez-moi » pense-t-elle… Celle qui veut garder ses distances, se livre avec abnégation comme une offrande.

C’est un très beau portrait de femme qu’Agnès Desarthe nous raconte. Poignant avec une poésie légère et gastronome, riche en sentiments, en désirs, en espoirs, le roman est une quête. Myriam recherche une légitimation et l’exploration douloureuse se fait dans la confidence. Elle ne se connaît pas, elle est humble alors qu’elle est solaire. L’amour ne se trompera pas… il l’a reconnaîtra.
A ses côtés, de bonnes âmes sont ses anges gardiens. Le cocon est doux, amical avec une once de sensualité.

Je vous recommande cette belle histoire.
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Des billets chez NathChoco, Patacaisse, Soukee,

Lire un livre à l’aveugle, sans connaître le nom de l’auteur, le titre du livre, le sujet de l’histoire, est une expérience étonnante. Les premières pages ne se lisent pas aussi aisément, car j’ai eu le sentiment d’être embarquée dans une balade forcée. Faire confiance à NathChoco me disais-je… elle sait mes goûts, elle n’irait pas les trahir ! J’ai tenu et n’ai découvert le livre qu’au point final. A ce stade, la curiosité m’avait presque désertée ! J’étais pleine de cette histoire, j’étais à cent lieux…
Etrange pratique, sans contrôle, une belle aventure !
Je remercie NathChoco pour cette surprise et cette amitié bloguesque si particulière.

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San-Tooshy.

Jeanne ( ou la femme au col doré) de San-Tooshy

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