Malefica


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Polars fantastiques avec Sharon

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Malefica 1Malefica
Hervé Gagnon

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En 755, sous le règne de Pépin le Bref
Un prisonnier de haut lignage, tenu au secret dans une tour, reçoit pour seule visite celle d’une jouvencelle qui vient le soigner régulièrement. Puis un jour, malgré l’immense plaisir qu’il a de la voir, il lui intime l’ordre de ne plus venir. Il sait que sa mort est programmée pour bientôt.

En 1631, sous le règne de Louis XIII,
Dans le village d’Abelès, la guérisseuse et sage-femme, Catherine Dujardin, aide sa fille Anneline à mettre au monde son bébé. Comme toutes les femmes de leur lignée, elle accouche d’une petite fille qu’elle appelle Jeanne. Jeanne porte la tâche en forme d’abeille qui symbolise l’ordre antique de leur déesse. Mais afin de les protéger de l’Inquisition, le bon curé Bardou ne tarde pas à donner sa bénédiction, car même si elles sont appréciées et demandées par le village, quelques mauvaises âmes n’hésiteraient pas à les traiter de sorcières.
Pendant que la petite Jeanne grandit, instruite par ses deux aînées dans le métier de guérisseuse, pas loin d’Abelès, François Morin, un ancien soldat très valeureux qui avait fait le siège de La Rochelle et avait secouru Jean Armand du Peyrer Comte de Trouville (Capitaine de la compagnie des Mousquetaires), monte une forge pour devenir armurier. Bien installé, de bonne réputation, et heureux en famille, le sort en la personne de Gaston de Villefort, le gabeleur du comté qui commet des exactions sans scrupule, vient le terrasser en tuant sa femme et sa fille. Fou de douleur, François rend sa justice en tuant à son tour le meurtrier, puis s’enfuit en étant gravement blessé.

Poursuivi par le prévôt Reynaud de Villefort, le frère de Gaston, François est retrouvé agonisant dans un fourré par Anneline qui l’emmène chez elle pour le soigner. Suite à cet acte qui suscite la jalousie d’un amoureux éconduit, la jeune guérisseuse va être accusée de sorcellerie et subir un procès mené par l’abbé Guillaume Fagot, un fanatique de l’Inquisition ami de Guy de Maussac. Calomnies, faux témoignages, un bûcher qui est érigé, Anneline voit aussi sa maison brûler et sa mère mourir. Pour elle et Jeanne, il ne reste alors que la fuite, et c’est avec l’aide de François qu’elles partent sur les routes en direction de Paris, avec pour seul héritage, un mystérieux livre de paraboles datant de l’ère mérovingienne, très convoité par l’Église et les hommes de la couronne, qu’elle va essayer de décrypter pour assurer leur survie.

Premier tome d’une trilogie, le roman s’articule autour de nos deux héros pourchassés par l’Église et les hommes de Reynaud de Villefort. Roman épique, rien ne leur est épargné et c’est avec courage et détermination qu’ils cheminent vers les embuches.
Une intrigue longue de 500 pages, le style est fluide malgré des longueurs et des passages très durs sur les tortures pratiquées par l’Inquisition. Des personnages aux tempéraments marqués, une incursion détaillée à l’époque de Louis XIII avec des personnages historiques tels que Richelieu et les Mousquetaires, de la romance, du surnaturel, beaucoup de combats, du mystère et un secret vieux de près de mille ans, peuvent plaire aux lecteurs initiés qui ne s’ennuieront pas. Mais pour ma part, j’ai moyennement apprécié et ne pense pas lire la suite. 

 

Sacre de Pépin le Bref

 

 

Cuisine d’Arménie


Un livre offert par Babelio et les Éditions Solar dans le cadre
des Masses Critiques.

 

Cuisine d’Arménie
Corinne et Richard Zarzavatdjian
Préface d’André Manoukian
Graphisme : Stéphanie Aparicio et Julia Philipps

 

J’aime inviter dans ma cuisine des livres de recettes qui retracent l’histoire d’une famille. Je me projette facilement dans leurs lignées, sensible à la transmission, à l’héritage des valeurs ancestrales, aux traditions, à l’unité. Je découvre aussi d’autres lieux, d’autres temps, d’autres racines que les miennes.
Ce livre écrit par un frère et une sœur, raconte « un don, une identité culturelle, un trait d’union… et le bien-vivre, le savoir recevoir, le respects des produits, le plaisir de partager… ».

Boulettes d’agneau – Keuftés

Leur nom Zarzavatdjian évoque un métier qui travaille la terre. Des produits récoltés à la cuisine, il n’y a au final qu’un tout petit pas à franchir. A une époque, « Arméniens, Grecs, Kurdes, Turcs, chrétiens, musulmans et athées » se croisaient sur les marchés dans une ambiance vive, chaleureuse, et dans une atmosphère aux senteurs exacerbées par les épices. « On achète, on troque, on crie, on danse, on mange, on boit sans compter… » ; ce sont les sucs d’une vie qui pétille, généreux, riches, exubérants, d’une mixité venue des pays voisins et de la méditerranée.

Des racines, 1915, le génocide, un peuple en souffrance, des exodes aux quatre coins du monde, une diaspora… s’intégrer et transmettre ; « Être français, mais rester Arméniens »

Corinne et Richard sont les petits-enfants d’un grand-père venu s’installer en France. Par le biais de la cuisine, ils retrouvent leur terre, les essences de leur civilisation, et c’est avec un classeur de recettes, qui appartient à leur mère et qui fut découvert dans une valise dite « à souvenirs », que l’idée de rassembler ces recettes dans un livre s’est développée. Comme le dit André Manoukian dans la préface, cette cuisine est riche en tout et surtout en amour. Elle est un lien à la mère, elle est « mayring ».

Hammous, beuregs, tchi keufté, moussaka, haygagan printz pilaw, kavourma, tcheureg, kadaïf, paklavas… pour les non initiés, la musicalité de ces noms ont des résonances lointaines, suaves et pleines des mystères de l’orient. Dans la famille, ils ont tous un plat préféré qu’ils aiment retrouver à la table, familiale et festive. Les grandes tablées regorgent de mets traditionnels. Corinne aime les keuftés, des boulettes de viande, et Richard, un grand gourmand, aime tout !

Aubergines à la viande hachée

Vieilles photos, anecdotes, des consignes de la mère, des conseils du grand-père, des menus de fêtes, des menus dans le respect des saisons, on trinque, on mange, on joue de la musique, on rit, on s’aime, on se rappelle, et on partage. Lorsqu’ils reçoivent, l’hospitalité et la générosité ne sont pas de vains mots. La table se doit d’être belle, abondante, variée, bigarrée et parfumée. Les épices embaument les entrées (boulgour, potage, tarama, feuilles de vigne farcies…), les plats à base de viande (agneau, mouton, poulet), de poisson (moules) et les desserts (brioche, sablés, dattes, confiture de rose….). On les utilise en parsemant, en farcissant (coriandre, aneth, persil, basilic, cerfeuil, piment de Jamaïque, ciboulette, nigelle, cannelle, sumac…).  Le café, sourdj, est doux, sucré, épais, il doit délivrer des formes dans le fond de la tasse, des formes qui deviennent des histoires.
Authenticité, rusticité, cette cuisine séculaire est une des bases du patrimoine arménien.

Cheveux d’ange – Kadaïf

Près d’une centaine de recettes nous sont offertes, toutes illustrées avec de belles photos et expliquées avec des mots simples ; pédagogiques, initiatiques. On retrouve dans le design du livre et les compositions photographiques, les notes rustiques, abondantes et anciennes que les mots ont précédées. La couverture a les veinures du bois et leurs reliefs, les pages sont bistrées, les plats sont mis en valeur avec des gros plans, il y a de la lumière, de la couleur, c’est gourmand et très tentant, ça titille l’esprit. Cuisiner et voyager.

Les auteurs nous souhaitent pari ahrordjag… bon appétit !… et de profiter pleinement de « la joie de l’instant présent »

Ce livre précieux, riche de son patrimoine, riche en émotion, riche en lignage et en fratrie, est à conserver, à recommander et à offrir. Et mes pensées vont vers mes cousines Nathalie et Carine.

 

Riz au lait – Gatnabour

 

 

Le livre de Kells

 

le livre de KellsLe livre de Kells
Une introduction illustrée au manuscrit
du Trinity College, Dublin
Bernard Meehan

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Le Livre de Kells, Grand Évangéliaire de Saint Colomban, a été réalisé par des moines celtes vers l’an 820. De nos jours, il est exposé à la bibliothèque du Trinity College de Dublin, en Irlande.

Dans le secret de l’art, fait de pigments organiques et minéraux, d’encres, de formules mathématiques… le Livre de Kells retrace en latin les Évangiles. Magnifiquement orné, il a était exécuté du VIIe au IXe siècle. A cette époque la culture et l’Art Irlandais étaient « en plein essor ». Le christianisme progressait et s’affirmait.

L’auteur de ce livret, qui répertorie de nombreuses illustrations du Livre de Kells, dit qu’il est difficile de le décrire « comme s’il s’agissait d’un ouvrage issu d’un autre monde ». Et, l’historien du XIIIe siècle, Gerald de Bary disait « non l’œuvre des hommes, mais celle des anges ».

Les enluminures sont des symboles, le symbolisme eucharistique. Des médaillons d’entrelacs représentent des hommes, des anges, des animaux tels que l’aigle, le lion, le poisson, le serpent… et embellissent les textes. Le Christ, la Vierge et la croix sont souvent figurés.

Les couleurs sont superbes ; ocres, bruns, vert émeraude, turquoise, mauves, bleus lapis-lazuli, jaune or, rouges… des teintes cernées de noir qui mettent en relief les dessins.

« Le livre de Kells fut un temps « l’objet de plus précieux d’Occident ». C’était à l’époque où les moines irlandais partaient évangéliser le reste de l’Europe. Il tire son nom de la petite ville de Kells, au monastère de laquelle remonte son origine obscure, à la fin du premier millénaire… Chef-d’œuvre de l’enluminure médiévale, cette version des quatre Évangiles reste un vibrant hommage au génie irlandais, avec ses représentations du Christ, de la Vierge et des évangélistes entremêlées de plaisantes figures animales, loutres, phalènes, et souris décoratives… »

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le livre de kells.

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Cher pays de notre enfance

logo priceministerUn album lu dans le cadre de « la BD fait son festival » de PriceMinister
Ma note : 20/20

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cher-pays-de-notre-enfance-benoit-collombat-et-etienne-davodeauCher pays de notre enfance
Enquête sur les années de plomb de la Ve République
Étienne Davodeau
Benoît Collombat

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Ce livre est difficile à résumer. Pour le comprendre, il faut relever toutes les arcanes des quatre parties. J’écris donc ce billet pour vous, amis lecteurs, mais aussi pour moi, pour mieux me rappeler…

En introduction, je reprends les mots de Roberto Scarpinato, lus dans l’épilogue de l’album. Roberto Scarpinato, procureur général de Palerme, vit depuis plus de vingt-cinq ans sous protection policière…

« – Il y a deux Histoires : l’Histoire officielle, menteuse, qu’on enseigne, puis l’Histoire secrète, où sont les véritables causes des évènement, une histoire honteuse.-
Cette phrase d’Honoré de Balzac m’est souvent revenue à l’esprit au cours de ma longue carrière de magistrat en Italie lorsque, enquêtant sur des assassinats politiques, des attentats, des complicités entre dirigeants des institutions et mafieux, sur le blanchiment international, j’ai compris que derrière tous ces crimes se cachait ce que mon ami Giovanni Falcone, juge assassiné par la Mafia en 1992, appelait « le grand jeu du pouvoir »…
… En lisant le livre de Benoît Collombat et d’Étienne Davodeau, je me suis rendu compte que ces entrelacs secrets entre crime et pouvoir ne font pas seulement partie de l’histoire italienne, mais aussi de l’histoire française… »

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L’un est dessinateur et scénariste, c’est Étienne Davodeau. L’autre, c’est Benoît Collombat, il est grand reporter, journaliste radio à France Inter, auteur du livre « Un homme à abattre », une contre-enquête sur la mort de Robert Boulin. Tous deux nous présentent à travers cet album graphique, une enquête sur les années dites « de plomb » de la Ve République. Un reportage construit comme un roman policier, en plusieurs parties, qui révèle la noirceur d’une époque et les secrets d’état qu’on laisse dans les tiroirs… « Ne pas remuer la boue ! ». Sobriété dans les dessins, portraits très bien esquissés, tout est rapporté avec beaucoup de finesse, de dynamisme et de véracité. Chose surprenante, on peut sourire dans cette lecture !

Davodeau et Collombat commencent par l’affaire du juge Renaud… et finiront par l’affaire de l’assassinat (un suicide simulé) de Robert Boulin, un homme politique qui a été secrétaire d’État et ministre sous les présidences de de Gaulle, Pompidou et Giscard d’Estaing.
Témoignages, coupures de presse, rapports, les pièces d’un puzzle s’ordonnent petit à petit.

Lyon, le 3 juillet 1975 dans la montée de l’Observance, en pleine nuit, le juge François Renaud a été assassiné devant chez lui. Trente-huit ans plus tard, Davaudeau et Collombat retournent sur les lieux pour débuter leur enquête.

On dit de Lyon que c’est « Chicago-sur-Rhône », on surnomme l’incorruptible juge Renaud le « Shériff ». Cet épisode se situe après la seconde guerre mondiale, après la guerre froide, après la guerre d’Algérie, après le putsch d’Alger. Lyon est bouillonnante, les affaires criminelles, prostitution, corruption, règlements de compte et autres, se confondent.
Le juge Renaud qui se distingue par ses manières et son allure, différentes de celles des autres magistrats bien plus classiques, doit gérer le dossier du braquage de l’hôtel des Postes de Strasbourg. C’est Robert Daranc, quatre-vingts ans aujourd’hui, journaliste et ancien correspondant de RTL à Lyon, qui raconte l’histoire à nos auteurs… Ayant bien connu Renaud, il explique l’arrestation en 1974 d’Edmond Vidal du Gang des Lyonnais, une bande de braqueurs inculpée pour le hold-up de Strasbourg, et les hypothèses émises par le juge sur l’origine du casse. Une partie de l’argent volé aurait été remise à un parti politique…
« – Le juge Renaud m’a laissé entendre que l’argent du hold-up de Strasbourg avait dû être rapatrié au profit d’un parti politique, l’UDR. (L’ancêtre du RPR et de l’UMP).
– Il vous l’a dit aussi clairement que ça ?
– Ah oui ! Il avait réussi à savoir que l’avion d’un des patrons du SAC de Lyon, Jean Schnaebelé, s’était posé à Strasbourg ce jour-là. Il a fait le rapprochement entre le passager de cet avion et le fait que le gang des Lyonnais passait à travers tous les barrages de police et de gendarmerie déployés après chaque hold-up… »

L’affaire prend du poids, lorsque le juge reçoit la visite de deux responsables du SAC. La visite est loin d’être courtoise… et fait suite à de nombreuses menaces de mort. Daranc parle alors de ce service de police privée très puissant, le Service d’Action Civique.
Officiellement, c’est un service d’ordre qui a été créé en 1960 pour soutenir le général de Gaulle dans sa présidence, mais officieusement, ce service se comporte plus comme une organisation mafieuse. Des militants gaullistes ont été sélectionnés dans la police, la gendarmerie et l’armée pour maintenir l’ordre. Certains adhérents avaient été résistants mais d’autres étaient des criminels bien connus. L’histoire du SAC est terrible car sous couvert de la carte tricolore, ils ont commis d’atroces actions. Là où il y a du désordre, ils arrivent… taper du communiste, des grévistes, intimider… assassiner… c’étaient des missions.

Après les souvenirs de Daranc, c’est auprès de Nicole Renck l’ancienne greffière du juge Renaud, que les auteurs vont chercher des informations. Puis auprès de Pierre Richard, patron de la SRPJ qui raconte ses souvenirs en Algérie avec les fellaghas, l’OAS, toute l’horreur de la guerre… et des gens qu’il retrouve dans l’équipe du SAC, d’anciens truands et des tortionnaires… L’enquête s’étoffe avec les témoignages des gens qui ont bien connu Renaud, des gens pour la plus part à la retraite… François Colombet, magistrat bardé de titres, Marie-Françoise Mirot sa meilleure amie rencontrée sur les bancs de la fac de droit de Lyon, Yves Boisset le réalisateur du film « Le Sheriff » qui est une adaptation de l’histoire du juge Renaud… le fils, Francis Renaud qui avait vingt ans à l’époque…

Je ne vais pas reprendre tous les noms des intervenants. Ils sont trop nombreux…

D’une histoire à une autre (le chemin est long mais pas si tortueux que ça…), un dénominateur commun, le SAC qui administre à sa manière les affaires d’état dans « une violence légitime ». Deuxième partie de l’album, cette pieuvre tend ses tentacules partout.

Policiers, hommes politiques, magistrats, journalistes, famille, tous apportent leur déposition à l’investigation et plombent un peu plus cette Ve République. Mais dans les hautes sphères de la politique et du gouvernement, d’autres hommes essaient de se disculper et de minimiser le pouvoir de cette milice. Beaucoup de non-lieux closent les dossiers. Si ce n’était pas aussi tragique, cela serait risible.

Le 18 juillet 1981, Jacques Massié, responsable du SAC marseillais, soupçonné par ses collègues de détournement de fonds et de vouloir donner des dossiers compromettants au gouvernement de gauche, est assassiné avec sa famille dans sa maison à Auriol. Épouse, fils, beaux-parents et beau-frère ; six personnes. Ce drame n’a pu être étouffé et fut très médiatisé. Ce fut alors le début de la fin, le SAC est dissout par le président François Mitterrand le 3 août 1982.
Gilbert Collard, secrétaire général du parti « Rassemblement Bleu Marine » revient sur cette affaire et sur le financement du SAC (blanchiment d’argent par les trafics d’armes et de drogue). Lors du procès, il a été l’avocat de la sœur de Jacques Massié et a eu entre les mains des informations capitales et « fracassantes »… Informations qui bien entendu ont été archivées et n’ont jamais été utilisées…
« – 2000 noms d’adhérents au SAC. Dont 600 très intéressants ! Des noms de haut niveau… niveau chef de sûreté, président de tribunal administratif ou de commerce, commissaire divisionnaire, directeur de la sécurité sociale ! De quoi faire exploser la structure administrative du pays ! »

La troisième partie relate les syndicats ouvriers. On met en place un syndicat patronal pour « maintenir la paix sociale » et « contrer l’influence de la CGT ou de la CFDT jugées trop gauchistes ». Le SAC joue de l’intimidation et du poing. Trois syndicalistes de la CGT, maintenant retraités, sont interviewés et se rappellent « les années SAC »… A l’époque, avant 68, on rentrait « clandestinement » à la CGT car on risquait de perdre son travail (et pas que…) ! On apprend que les membres du SAC étaient surnommés les « Nervis » et que cette unité spéciale n’était composée que de gros bras spécialisés dans la baston, et parfois plus… Les souvenirs affluent… Temps sombres, mais oh combien fascinants !

La quatrième et dernière partie est destinée à Robert Boulin, ministre du Travail et de la Participation sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet, le 30 octobre 1979. L’enquête conclut à un suicide, pourtant tout laisse entendre que ce fut un assassinat. C’est Collombat qui connaît bien l’histoire pour l’avoir racontée dans un livre, qui renseigne Davodeau.
Les gendarmes interrompus dans leurs premiers constats, une enquête court-circuitée, de fausses informations et une campagne de dénigrement sur Boulin… mais personne n’est dupe car Boulin était un homme intègre. Cette affaire fait remonter des dossiers sur la Françafrique, ELF, le Gabon, des comptes en Suisse… des documents qui furent jetés dans une fausse et détruits après la mort de Boulin. Là encore, dans les témoignages, le SAC revient… avec des avertissements… jusqu’à cette gerbe déposée sur la tombe de Boulin lors de son enterrement : « A notre regretté ami Robert Boulin. Le SAC de Gironde. »
Eric Burgeat, proche collaborateur de Boulin et gendre, rapporte…
« – Trois semaines avant la mort de Robert, il se passe ceci : Jean Lipkowski, membre du RPR et proche de Chrirac, reçoit des industriels Français et des hommes d’affaires du Moyen-Orient… Tout ce beau monde papote avant de signer les contrats. Et soudain devant ses invités interloqués, Lipkowski déclare que , concernant Boulin, « Le problème sera bientôt réglé et qu’on entendra plus parler. » Après quoi, il débouche le champagne. »

« Douce France… » mais dans quel monde sommes- nous ?
Je vous recommande ce roman graphique lourd, captivant et très bien documenté. Davodeau-Collombat forment une belle unité pour cette enquête aboutie qui nous laisse triste et amer.
Petites histoires de notre Histoire. La Ve République est éclaboussée.

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Un autre billet chez Le Bibliocosme, Didi,

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Cher pays de mon enfance

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Le marquis d’Anaon, La bête – Tome 4

Logo BD Mango NoirUn rendez-vous de Mango and Co.

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L’île de Brac, tome I
La Vierge Noire, tome II
La Providence, tome III

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la bêteLe marquis d’Anaon
La bête, Tome IV
Scénario de Fabien Wehlmann
Dessin de Matthieu Bonhomme

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Le XVIIIè siècle entre lumières et ombres… en Isère,

La bête était là, les traces sont encore fraîches… Ils la pistent depuis longtemps. De saccages en charniers, elle mène une troupe des dragons du roi dans un petit village à l’orée de la forêt. La bête est venue et a massacré une famille de fermiers, terrorisant tous les villageois qui se sont enfermés dans l’église. La bête, ils l’ont vue ! Elle dépassait la cime des arbres, elle était monstrueuse, entre loup-garou et  grizzli, enragée, vicieuse et satanique…
Le capitaine des dragons écoute les témoignages. A la vue des traces, elle aurait quitté leur juridiction et dépassé la frontière France-Savoie. Pour les soldats, là devrait s’arrêter leur traque, mais tous en font une affaire d’honneur et décident de mener la chasse à titre personnel.
« Qui est prêt à suivre ? »… Tous ! « Un bon dragon ne doit avoir peur de rien ! ».

Jean-Baptiste Poulain, le marquis d’Anaon, accompagne son cousin dans cette poursuite. Taiseux et en retrait, il n’en est pas moins vigilant et curieux des événements. Cette affaire le sort d’un enfer, souvenirs d’un naufrage traumatisant, qui le maintenait cloîtré chez ses parents. Pour capturer la bête, il faudra plus que de l’acharnement, de l’habileté à la gâchette et du courage… Il va falloir se surpasser car le duel sera féroce.
Pour le marquis des âmes en peine, c’est une rédemption inespérée.

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Quatrième tome de la série, nous continuons avec les histoires obscures et les démons qui les peuplent. Après l’ogre, les sorcelleries, les damnations et la légende du Hollandais Volant, nous découvrons une histoire qui rappelle la bête du Gévaudan.
La créature dépeinte comme un monstre va mener Jean-Baptiste et son cousin sur son territoire. La lutte qui sera menée sera une des plus périlleuses pour les chasseurs.
Les auteurs nous présentent un album riche en péripéties et paysages. On traverse une forêt, des marécages, des alpages, on monte une montagne jusqu’aux sommets enneigées… on rencontre des contrebandiers, on piste la bête qui sème des cadavres.
Quant à Jean-Baptiste, on le voit progresser, devenir « homme » et retrouver la confiance qu’il avait perdue dans le précédent opus.

Je continue la série avec « la chambre de Khéops ».


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Beta… civilisations – Volume I

T0xYY8YPAaqOhIkNItneF3SkQCE@375x135La BD fait son festival avec PriceMinister
un partenariat avec les éditions Actes Sud – L’An 2

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9782330028183Beta… civilisations
Volume I
Jens Harder

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Une introduction personnelle s’impose ! Lorsqu’il a fallu choisir une BD de la sélection, j’ai été attirée par la couverture de « Beta… civilisation ». Je fabulais sur le titre et je me voyais déjà paléontologue ou paléoanthropologue en herbe. Sottement, j’imaginais retrouver les frises murales qu’il y avait dans mes classes primaires et qui représentaient l’évolution de la vie sur la Terre. Des schémas simples, colorés, et de belles illustrations.
L’aventure est autre ! certes, ce livre est illustré, mais il n’est rien de ce que je pouvais concevoir…

L’album fait suite au titre « Alpha… directions » qui a eu le Prix de l’audace au festival d’Angoulême en 2010 et qui retrace quatorze milliards d’années, du Big Bang à l’apparition des hominidés. Beta relate la continuité avec l’évolution des hommes sur quatre millions d’années.
(« Audace » dans l’originalité, la singularité, le travail… le tout est très surprenant.)
Ce livre, 1kg750, 367 pages, est divisé en deux grandes parties, Tertiaire et Protohistoire, qui ont plusieurs chapitres…

Paléolithique inférieur
Paléolithique moyen
Paléolithique supérieur
Mésolithique
Néolithique – Age de pierre
Antiquité – Premières grandes civilisations – Age de cuivre et Age de bronze
Haute Antiquité – Époque des premiers empires – Age de fer

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L’auteur commence par présenter la disparition des dinosaures et l’extinction de toute vie sur la Terre. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact car certains mammifères survivent et engendrent d’autres espèces qui se développent… La transformation est importante et donne « un être d’un genre nouveau disposé à conquérir un continent entier  : l’australopithèque… ».

On retient notre souffle et on repart en arrière pour détailler le graphisme très riche en planches anatomiques, enluminures médiévales et iconographies bibliques. Car ce livre, ou cette « bible », est ainsi construit… Jens Harder mêle à ces mutations et à la progression des civilisations, tout un patchwork d’images puisées dans le vivier de la littérature, le cinéma, les sports, l’industrialisation, les religions… les mondes fusionnent. Sont côte à côte, des primates, Elvis Presley et Superman. Il ne faut point chercher l’erreur, mais plutôt un fil conducteur, et ça rend le parcours ludique. Lorsque l’homme préhistorique taille la pierre, Harder l’associe à Obélix taillant son menhir.
La chronologie nous fait avancer vers des postures et des traits plus humains. Il y a dans les regards des émotions troublantes et les gestes sont les nôtres. La chasse, le combat, les jeux, les mouvements ont une même origine. Aussitôt une analogie est esquissée.
Tout est dense, trop peut-être…, mais les illustrations sont superbes et on ne peut que saluer l’incroyable travail, même si on se perd dans ce labyrinthe.
Les âges défilent, pierre, cuivre, bronze, fer, la nature progresse jusqu’à l’Antiquité, jusqu’au règne de Caligula, jusqu’en Palestine où la naissance d’un petit garçon annonce une autre ère, celle qui sera racontée dans le deuxième volume.

L’humanité ainsi symbolisée, synthétisée, nous offre quelque chose de fabuleux, d’abondant, et surtout une approche atypique. Dorée, mordorée, bronze, argentée, métallique, la couleur change en fonction des chapitres et amène du minéral, du faste.
Vous ne resterez pas insensible…

Je vous recommande ce livre, mais avant je vous conseille de le feuilleter car il peut surprendre. Il n’est pas facile à aborder.

Dans le cadre du jeu PriceMinister, il faut que j’attribue une note. Je donne un 18 tout en pensant qu’il dépasse largement le plafond réducteur des notations dans son cadre « hors normes ».

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Champignon Bonaparte

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« Je lis aussi des albums » avec Hérisson.

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champignon bonaparteChampignon Bonaparte
Gilles Bachelet

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En août 1769 sur l’Île de Beauté, toute la famille se réunit autour d’un couffin pour admirer Champignon, un bébé braillard. Déjà, le caractère s’affirmait !
A l’âge des couches… et plus tard, Champignon découvre son monde et cherche son indépendance… des velléités aux autres, aussi !
Encore plus tard, lorsqu’on lui offre un sabre, Champignon s’exerce à son maniement en trucidant toute chose qui croise sa route. Doué, le Champignon ! On va donc l’inscrire dans une école militaire.
Et puis… Champignon grandit, devient un maître de guerre, un grand stratège… se marie, se fait couronner… bat la campagne, investit des pays… jusqu’au jour où… « à trop vouloir en faire, on lasse son entourage. »… il se retrouve tout seul sur un îlot…

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Gilles Bachelet revisite l’Histoire avec un Bonaparte Champignon assez antipathique, dans le genre fable avec morale. L’humour est toujours aussi aiguisé, caustique, et les pinceaux toujours aussi généreux, tant dans les expressions que dans la profusion des détails.
On voit l’évolution de ce Napoléon, un bébé adulé par sa mère, et on s’achemine vers sa découverte du monde militaire. Les grandes lignes sont représentées… sa campagne en Égypte, sa rencontre avec Joséphine, son sacre, la défaite de Russie…
Comme dans ses autres albums, l’auteur réétudie à sa sauce des tableaux célèbres. Ici, c’est celui de Jacques-Louis David pour le « Sacre de l’empereur Napoléon Ier et le couronnement de l’impératrice Joséphine ». En dernière page, il fait un clin d’œil à la peinture de Napoléon à Sainte-Hélène regardant la mer.
Tous les personnages sont chapeautés et avec quelques connaissances en mycologie, on peut s’amuser à désigner leurs espèces. Il me semble que ce Bonaparte est un beau cèpe…

Je vous recommande ce livre qui est une source inépuisable de découvertes. Chaque fois que je le feuillette, je déniche des nouveautés.

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