Chasseur noir


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Challenge thriller fantastique avec Sharon

 

Chasseur noir
Michel Honaker

 

En pleine nuit, caméra infrarouge en main, le reporter Haskell est en planque derrière une plateforme de ferrailles pour surprendre le commanditaire du meurtre du maire de New York. Dans ce cimetière de carcasses de voitures, la scène a de quoi ébranler le plus téméraire des hommes. Entouré par des croque-morts, Philozoar Reles, un maître en magie noire, passe un pacte avec un certain Mr. Smith, dans une sorte de représentation macabre. Mais très vite, Haskell découvert, est poursuivi par les croque-morts qui le traquent, non pas sur leurs deux jambes, mais à quatre pattes… dents et griffes sorties.

Ebenezer Graymes, professeur en démonologie et traditions anciennes, est invité à donner des cours à l’université de Columbia. De retour d’un long voyage en Égypte, il revient à New York l’âme encore lestée par la nostalgie du désert. C’est là-bas qu’il a laissé la sépulture de son père spirituel le docteur Neery, un mentor qui a su le maintenir hors des mondes de l’obscur, car Graymes n’est pas seulement télépathe ou psycho-kinésiste, il est aussi la réincarnation de grands magiciens qui connaissaient la Cabale, Les livres de Salomon, Le Florilège des astres perdus, Le Penduleum des nécromanciens…
En bordure de l’East River, dans la vieille maison néogothique de Neery, Graymes se réapproprie les lieux en s’imposant comme seul maître. A un gnome appelé Goffon, employé par Reles, il annonce que bien des choses vont changer et que des règles plus strictes vont être établies. Il semblerait que la ville soit le théâtre de sorcelleries en tout genre et qu’elle mérite vraiment son nom, « ville des impossibles ».

L’inspecteur de la criminelle Trevor Meredith a deux dossier sur les bras ; la mort du maire et celle du reporter Haskell qui a laissé une vidéo dans laquelle il dénonce des affaires hautement démoniaques. Afin de mener à bien son enquête, il se rend à Montague Street où vivait le Dr Neery, un consultant avec qui il avait travaillé au début de sa carrière.
En tapant le heurtoir de la porte d’entrée, ce n’est pas sa vieille connaissance qui le reçoit, mais un nouveau locataire, un homme encore jeune, grand, au visage émacié, blême, et à la longue chevelure couleur corbeau.
Graymes, le Chasseur noir, et son épée, la lame mangeuse de démons, vont aider Meredith à trouver les assassins… et ainsi défier celui qui se considère comme le souverain de New York.

Premier tome d’une trilogie, j’ai passé un très bon moment entre ces pages qui se sont lues beaucoup trop vite. Ces livres sont une version édulcorée pour la jeunesse de la série en dix-sept volumes, « Le Commandeur », qui retrace les enquêtes du professeur Graymes, un justicier sorcier.
Roman fantastique et roman policier, on suit Graymes dans un New York dangereux et maléfique. Sorcellerie, nécromancie, occultisme, envoûtement, démons, pentacles… on en a plein les mirettes !
Une intrigue bien menée, avec un épilogue à la hauteur, je ne vais pas tarder à lire la suite.

A recommander !

 

 

Malefica


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Polars fantastiques avec Sharon

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Malefica 1Malefica
Hervé Gagnon

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En 755, sous le règne de Pépin le Bref
Un prisonnier de haut lignage, tenu au secret dans une tour, reçoit pour seule visite celle d’une jouvencelle qui vient le soigner régulièrement. Puis un jour, malgré l’immense plaisir qu’il a de la voir, il lui intime l’ordre de ne plus venir. Il sait que sa mort est programmée pour bientôt.

En 1631, sous le règne de Louis XIII,
Dans le village d’Abelès, la guérisseuse et sage-femme, Catherine Dujardin, aide sa fille Anneline à mettre au monde son bébé. Comme toutes les femmes de leur lignée, elle accouche d’une petite fille qu’elle appelle Jeanne. Jeanne porte la tâche en forme d’abeille qui symbolise l’ordre antique de leur déesse. Mais afin de les protéger de l’Inquisition, le bon curé Bardou ne tarde pas à donner sa bénédiction, car même si elles sont appréciées et demandées par le village, quelques mauvaises âmes n’hésiteraient pas à les traiter de sorcières.
Pendant que la petite Jeanne grandit, instruite par ses deux aînées dans le métier de guérisseuse, pas loin d’Abelès, François Morin, un ancien soldat très valeureux qui avait fait le siège de La Rochelle et avait secouru Jean Armand du Peyrer Comte de Trouville (Capitaine de la compagnie des Mousquetaires), monte une forge pour devenir armurier. Bien installé, de bonne réputation, et heureux en famille, le sort en la personne de Gaston de Villefort, le gabeleur du comté qui commet des exactions sans scrupule, vient le terrasser en tuant sa femme et sa fille. Fou de douleur, François rend sa justice en tuant à son tour le meurtrier, puis s’enfuit en étant gravement blessé.

Poursuivi par le prévôt Reynaud de Villefort, le frère de Gaston, François est retrouvé agonisant dans un fourré par Anneline qui l’emmène chez elle pour le soigner. Suite à cet acte qui suscite la jalousie d’un amoureux éconduit, la jeune guérisseuse va être accusée de sorcellerie et subir un procès mené par l’abbé Guillaume Fagot, un fanatique de l’Inquisition ami de Guy de Maussac. Calomnies, faux témoignages, un bûcher qui est érigé, Anneline voit aussi sa maison brûler et sa mère mourir. Pour elle et Jeanne, il ne reste alors que la fuite, et c’est avec l’aide de François qu’elles partent sur les routes en direction de Paris, avec pour seul héritage, un mystérieux livre de paraboles datant de l’ère mérovingienne, très convoité par l’Église et les hommes de la couronne, qu’elle va essayer de décrypter pour assurer leur survie.

Premier tome d’une trilogie, le roman s’articule autour de nos deux héros pourchassés par l’Église et les hommes de Reynaud de Villefort. Roman épique, rien ne leur est épargné et c’est avec courage et détermination qu’ils cheminent vers les embuches.
Une intrigue longue de 500 pages, le style est fluide malgré des longueurs et des passages très durs sur les tortures pratiquées par l’Inquisition. Des personnages aux tempéraments marqués, une incursion détaillée à l’époque de Louis XIII avec des personnages historiques tels que Richelieu et les Mousquetaires, de la romance, du surnaturel, beaucoup de combats, du mystère et un secret vieux de près de mille ans, peuvent plaire aux lecteurs initiés qui ne s’ennuieront pas. Mais pour ma part, j’ai moyennement apprécié et ne pense pas lire la suite. 

 

Sacre de Pépin le Bref

 

 

Recherche sorcière désespérément


Un mois de sorcellerie pour Halloween avec Hilde et Lou
Les lundis sont romans jeunesse
Billet n°2

Recherche sorcière désespérément
Eva Ibbotson

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A Todcaster, le très beau et grand sorcier du Nord ami de Belzébuth, Arriman l’Affreux, s’ennuie dans son manoir des Brumes.
« Lester, je suis fatigué. Je suis las. Je m’ennuie. »
Ne pouvant le sortir de sa morosité, Lester son valet (un ogre) et M. Ledbetter son secrétaire (un homme avec une petite queue comme un chien) désespèrent de le voir ainsi. Pour le divertir, ils décident alors de présenter à Arriman la voyante Esméralda qui lui prédit qu’un petit sorcier viendra prendre la relève, le déchargeant ainsi de ses responsabilités. Cette prophétie l’ayant enchanté, Arriman prend enfin son mal en patience et… attend… Il attend, longtemps… créant pour l’occasion un superbe lion, le Sorci-Sentinel, qui surveillera des vigiles, les têtes des quatre points cardinaux.

Pour patienter, entre deux tourments qu’il inflige au monde, Arriman se donne l’objectif de rentrer en contact avec le fantôme du manoir, le chevalier Simon Montpelier qui a tué ses sept femmes. De jour et de nuit, l’âme pénitente erre dans la demeure en gémissant et en se tapant le front, incapable de communiquer avec les autres. Pourtant, il aurait tant à dire en régalant son auditoire de ses frasques assassines ! Il serait alors un très bon convive, un très bon ami… Seulement, livres de nécromancie et magie noire ne sont d’aucune aide.

Puis un jour, en se regardant dans le miroir, Arriman voit son premier cheveu blanc. Et c’est la catastrophe ! Toujours point de petit sorcier à l’horizon et il vieillit ! Et si la voyante avait menti ? se chuchotent entre elles les têtes postées sur le domaine.
Pour éviter un drame,
Lester et M. Ledbetter lui proposent d’organiser durant la semaine d’Halloween un concours pour lui trouver une épouse. Évidemment, elle sera une sorcière féroce, une sorcière noire à qui rien ne pourrait résister !
Un mariage… l’idée est séduisante ! Concevoir un bébé… Mais les sorcières de Todcaster sont hideuses ! Affublées de furoncles, d’écailles et autres disgrâces, elles ne sont intéressantes que pour leurs pouvoirs ! Bref,
qu’il en soit ainsi ! Arriman se pliera bon gré mal gré aux désidératas de ses serviteurs. Il va prendre femme !

La nuit du Sabbat, les sorcières célibataires, jeunes et vieilles, se donnent rendez-vous. Toutes ont la particularité d’appartenir à la force noire, toutes, sauf une… Belladonna est ce qu’on appelle le vilain petit canard de la bassecour car elle dépend de la magie blanche. En elle, rien n’est noir et tout est bon, délicat et aimable. Elle soigne, elle embellit, elle offre du bonheur.
Émus par cette blonde sorcière, Lester et M. Ledbetter se persuadent de lui donner sa chance. Elle aura donc une semaine pour se découvrir des pouvoirs mauvais et s’entrainer à changer une machine à écrire en un nid de vipères.

C’est dans la forêt du domaine des Brumes, que Belladonna rencontre un petit garçon solitaire qui pleure Rex, son meilleur ami qui se meurt. Rex est un ver de terre et Terence Tronch est un orphelin qui habite le foyer des enfants trouvés. Entre la jeune sorcière rejetée par sa confrérie et le jeune orphelin trop laid pour être adopté, un lien d’affection se tisse de suite. L’une va lui donner sa protection et sauver Rex, l’autre va l’aider dans ses exercices de sorcellerie. Il faut qu’elle obtienne la meilleure note car Belladonna est amoureuse du grand sorcier.
Tout semble se dérouler comme il se doit avec les mesquineries et les bassesses des candidates aux épousailles, quand une fée enchanteresse du nom de Olympia arrive. Plus noir qu’elle, tu meurs !

Pour le tournoi donné dans le parc du manoir, entrent en lice les sorcières, les sirènes, et les fées hurlantes, avec leurs épouvantables incantations et leurs démons. Qui des sept sorcières subjuguera le maître et aura l’extrême honneur de l’épouser ?

Je vous recommande cette belle histoire qui parodie certains contes en les tournant en dérision et qui allie au fantastique beaucoup d’humour, d’extravagances et d’émotions. Dans ce monde, Eva Ibbotson ne craint pas de louer les plus viles pensées et les actes les moins honorables, mais comme dans tout conte qui se respecte c’est pour mieux glorifier les sentiments les plus beaux. La morale est sauve !
Vous trouverez dans cet univers burlesque des personnages charmants et d’autres beaucoup moins, de l’amitié, de la tendresse et de l’amouuurrr…

« – Arry chéri… ?
– Oui, mon trésor… »

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Illustration de Gianni de Conno

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Patte-Blanche

billet pour Poudlard


La semaine de Walpurgis avec
Hilde, Lou, Marjorie

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patte blanchePatte-Blanche
Marie-Aude Murail
Illustrations d’Anaïs Vaugelade

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Sur les terres du roi Louis, une bête féroce fait des ravages dans les troupeaux et épouvante les campagnes. Il paraît que c’est un loup blanc qui lance du feu.
Grand chasseur de loups et fasciné par la bête, Messire Johan accepte la requête du roi qui lui demande de le filer et le tuer. Surtout que la récompense est très alléchante, car le souverain promet de donner à celui qui ramènera la dépouille, dix mille écus…
Johan le louvetier part aussitôt en chasse, laissant sa jeune femme sur le point d’accoucher seule et désemparée, lui assurant pour la réconforter, la fortune. Mais la  traque n’est pas facile car c’est l’hiver et il neige. « Blanc sur blanc », le loup est là, il rôde, ne laissant aucune trace. Alors, forcé de demander l’aide des villageois, Johan s’engage à partager la prime s’ils arrivaient à l’attraper…
Avec ruse, ils organisent une battue et une embuscade qui fonctionne. Cependant le loup pris au piège arrive à s’enfuir, laissant en gage une de ses pattes blanches.
L’animal doit être doté de magie pour les narguer ainsi, mais la patte servira Johan. Il décide de ne rien dévoiler aux villageois et d’offrir le trophée à la reine en faisant croire à la mort du loup.
C’est avec une bourse remplie d’or qu’il s’en retourne chez lui.

Le jour de l’accouchement, sa femme met au monde deux enfants ; des bessons comme on nomme les jumeaux dans le pays, un garçon et une fille. Si le premier semble un peu malingre, la seconde est bien plus vigoureuse, mais naît avec une malformation. A la place d’un pied, elle a une patte blanche. Ce coup du sort étant certainement une diablerie, le louvetier, fou de douleur et humilié, refuse de garder sa fille.
Et quand sa femme meurt des suites de l’accouchement, plus personne ne peut le raisonner.
« – Messire, vous ne pouvez pas la tuer, se récria la nourrice, c’est une créature du bon Dieu !« 

Patte-Blanche est emmenée dans les oubliettes du castelet où elle y vivra cachée, élevée par la vieille nourrice qui n’a pas pu se résoudre à la tuer. Son frère Thomas, quant à lui, bénéficie des meilleures attentions, mais restera longtemps en manque de sa bessonne.
Jusqu’au jour où… quelques années plus tard… le loup blanc revient hanter la région ; il réclame quelque chose.

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Marie-Aude Murail nous conte un récit bien sombre pour les enfants qui, dès les premières pages, nous fait songer à l’histoire de la bête du Gévaudan. Mais ici, le loup blanc apparaît plus en sorcier, fier, empreint de magie et de mystère, qu’en loup-garou sanguinaire ; dans ce conte, la cruauté vient de l’homme et non de la bête.
Le louvetier est cupide et superstitieux. Enragé de ne pas avoir eu la bête et mortifié de voir que sa fille porte une part du loup, il est sans pitié pour elle. Il commet alors l’action la plus inhumaine en voulant la tuer.
Obscurantisme, magie, liens fraternels, quête, délivrance et réparation, sont les thèmes qui sont abordés.
Ce livre est destiné aux jeunes enfants qui commencent à lire seuls. Avant de connaître un dénouement heureux, l’histoire peut se montrer impitoyable et effrayante. Alors, à ne pas laisser entre les mains d’un enfant craintif !
A recommander…

Un autre billet de George et ses enfants

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Aliénor Mandragore – Merlin est mort, vive Merlin ! Tome 1

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Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Alienor-Mandragore 1Aliénor Madragore
Merlin est mort, vive Merlin ! – Tome 1
Scénario de Séverine Gauthier
Dessins de Thomas Labourot

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Dans la forêt de Brocéliande, en plein cours de mycologie, Merlin succombe au cri d’une mandragore ! Mais que s’est-il passé ?!
Il était là, à expliquer à sa fille les champignons et leurs actions « psychotonques » quand Aliénor s’est soudain retrouvée propulsée par une force enchanteresse devant une mandragore. D’après Merlin… « Les mandragores sont dangereuses. On ne les déterre pas sans prendre certaines précautions… Quand on déterre une mandragore, elle pousse un cri si puissant qu’il tue le premier être vivant qui l’entend. »
En informant Aliénor des risques, le grand magicien se targue alors d’avoir du sang de démon et d’être invincible… Mais arrive ce qu’il devait arriver… à peine sortie de terre, la racine aux vertus extraordinaires se met à émettre le cri de la mort qui terrasse l’enchanteur ; raide, son spectre s’élevant au dessus du corps sans pouvoir le réintégrer…

Menacée par l’Ankou le serviteur de la mort, l’âme de Merlin espère qu’Aliénor découvrira la formule qui le ressuscitera. La jeune fille, seule et désemparée, va alors demander conseils auprès de Morgane, puissante fée et ennemie de Merlin. Cette dernière possède une immense bibliothèque dans laquelle on peut trouver tous les grimoires.

Le temps est compté, l’Ankou veille et la courageuse Aliénor, apprentie magicienne, va se découvrir de nombreux pouvoirs… et des amis.
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Dans la forêt de Brocéliande nous retrouvons quelques personnages enchanteurs de la légende arthurienne. Merlin, Morgane, Viviane, Lancelot… sont aux côtés d’Aliénor pour cette plaisante histoire qui donne un air nouveau et léger au mythe.
Des planches riches en dessins et en couleurs, du dynamisme, de l’humour, du pétillant, on voit un Merlin trop présomptueux qui doit s’en remettre à sa fille novice en magie, pour revivre. Aliénor continue son apprentissage avec Morgane et acquiert un peu d’indépendance dans son aventure. Son autonomie la fait grandir.
Pour continuer dans l’ambiance, l’album nous offre à la fin un journal… « L’écho de Brocéliande ». Nous y trouvons des articles sur le pays, des interviews, la recette d’une potion, et des informations diverses et variées…
Une fin espiègle, certainement un charme facétieux qui remet tout en question,  ouvre la fenêtre sur une autre histoire, faisant sourire le lecteur.
Une bande dessinée à recommander et à suivre…

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D’autres billets chez Mo’, Alice, Fanny, Lasardine, Bianca,

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Tiré à quatre épingles

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Le mois
Halloween avec Hilde et Lou
et Challenge Polars avec Sharon

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Pascal Marmet

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Paris au mois d’août,

Deux jeunes cambrioleurs, un aguerri et un novice, visitent un appartement d’un quartier chic de la capitale. Mais alors qu’ils se croyaient seuls, ils découvrent une femme d’une cinquantaine d’années, blessée, gisante sur le sol ; elle serait tombée des escaliers. Elle demande de l’aide au plus jeune qui ne peut rester insensible à sa détresse, et passe un marché avec lui. S’il téléphone au SAMU et s’il lui rend la statuette qu’il vient de lui voler, elle lui donne 5.000 euros. L’offre est intéressante car le morceau de bois sculpté n’est pas très beau ; plein de clous comme une poupée vaudou et assez bizarre. Au plus vite il s’en débarrassera, au mieux il se portera.

Au 36 Quai des Orfèvres, le commandant Chanel, en plein discours sur le départ de collègues, est interrompu par le capitaine Devaux. On vient de retrouver une femme tuée par balle dans son appartement. Albane Saint-Germain de Ray était la veuve d’un ancien préfet qui fut assassiné six mois auparavant sous le Pont Neuf.
L’équipe de Chanel étant en sous-effectif, le procureur lui octroie deux stagiaires de sexe féminin pour l’enquête. Certes, elles ont toutes les deux de bonnes appréciations, mais ce sont des femmes !… Sans misogynie aucune, Chanel ne veut travailler qu’avec des hommes et, si possible, sportifs et célibataires.

Caverne d’Ali Baba pleine de trésors, l’appartement des deux défunts révèle qu’ils étaient passionnés d’art primitif. L’enquête explorera pour commencer trois directions : le musée du Quai Branly pour les objets de collection, la Gare de Lyon à la recherche des petits malfrats, témoins ou meurtriers, et les méandres de la vie d’Albane, femme mystérieuse, araignée, qui en était à son troisième mari, son troisième veuvage.
Chanel va devoir composer avec toutes ces pistes et lui, le sage, « le mesuré », percera le côté sombre des âmes meurtries.

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Je rencontre parfois le nom de l’auteur sur les réseaux sociaux et je ne connaissais pas ses romans. C’est donc à travers ce titre que j’ai voulu le découvrir. La quatrième de couverture raconte le début d’une histoire policière assez simple et termine par « un polar haletant sur fond de sorcellerie » ; de quoi m’émoustiller, m’appâter ! Mais… Je suis navrée de dire que ma lecture a été peu haletante et peu surnaturelle. Il ne fallait pas que je me fie à cette accroche.
Si je sors mitigée de ce livre, c’est que son style (scénario et écriture) diffère des romans policiers que je lis habituellement (plus des thrillers). J’ai pourtant conscience que la comparaison n’est pas à faire car « Tiré à quatre épingles » a un petit côté désuet qui fait son originalité.
Le roman de Pascal Marmet se lit vite et sans trop d’ennui. L’intrigue est intéressante, les personnages sont curieux et l’ambiance est celle qu’on peut croiser dans un Maigret. Chanel a d’ailleurs cette force tranquille qui caractérise le personnage de Simenon, un être sensible, discret, derrière une façade bourrue, un peu machiste. Le suspense se distille de chapitre en chapitre avec une chronologie décousue. On lit le présent et le passé en essayant de récolter des révélations sur les protagonistes de l’affaire… Puis on tombe de Charybde en Scylla… sans toutefois trouver le véritable meurtrier.
En conclusion, c’est un roman sympathique qui pourrait être le premier d’une série… les enquêtes du commandant Chanel.

Je remercie Babelio qui m’a envoyé ce livre dans le cadre des Masses Critiques, les éditions Michalon et l’auteur qui a eu la gentillesse de le dédicacer.

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Quai BranlyStatue « nkisi nkondi » – Kongo/Vili
(Copyright : musée du quai Branly – Photo Ollivier/Urtado/Scala)

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Indulgences

Un livre en partenariat avec Babelio et HC Editions

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indulgencesIndulgences
Jean-Pierre Bours

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« Dans une Allemagne entre Moyen-Âge et Renaissance,… »

L’an de grâce 1500,
Eva fuit avec son bébé ceux qui la traquent et qui l’accusent de pactiser avec le Diable. Pour un temps, elle a pu détourner la meute des chiens qui la piste, mais elle sait que bientôt, elle devra abandonner sa fille. C’est dans une église, sur son autel, qu’elle la laissera…

L’an 1516,
Gretchen (Marguerite), seize ans, vit avec ses parents, son frère et sa sœur, dans une ferme. On voudrait la marier à un jeune voisin qui s’est engagé dans l’armée de Guillaume et qui reviendra bientôt s’occuper du domaine mitoyen, mais ce n’est pas l’avenir qu’elle désire. Vive, intelligente et curieuse de tout ce qui concerne la médecine, elle voudrait assister son amie Freia, la sage femme de Coswig, une petite ville de Saxe dans le district de Dresde. La mort de son jeune frère Jakob est un élément qui motive ce vœu. C’est avec l’appui du prêtre, qui veille sur elle comme un père, qu’elle parvient à obtenir un sursis… Deux autres facteurs essentiels qui la confortent sur cette voie rebelle, vont la façonner et la mener ailleurs qu’à Coswig. Le premier survient de manière brutale. En se chamaillant avec son frère aîné, elle apprend qu’elle est une enfant adoptée. Si la révélation tombe comme un couperet, Gretchen n’aura qu’une obsession en tête, s’affranchir d’une condition de soumise et aller à Wittenberg pour se renseigner sur ses parents naturels. Le deuxième facteur, elle le rencontre en la personne du docteur Faust, alors que la peste décime les villes et les campagnes. D’abord attirée par sa science et la nouvelle médecine qu’il applique, Gretchen est irrémédiablement séduite lorsqu’il lui parle des mystères de l’univers. De grands changements sont amorcés depuis le siècle dernier et continuent à se développer. D’une voix douce et grave, il l’entretient sans barrière, d’astronomie, des voyages et des découvertes de Christophe Colomb, des artistes Italiens du quattrocento comme Léonard de Vinci, et des artistes Allemands comme Dürer et Cranach.

Une fenêtre s’ouvre sur l’extérieur pour Gretchen et une autre se ferme pour Eva.

L’histoire est rythmée par les vies de ces deux femmes courageuses, intelligentes, avides de connaissances. Eva la mère et Gretchen la fille. Eva Mathis qui en 1500 a été arrêtée, emprisonnée, menacée d’être soumise à la question par l’inquisition, et Gretchen qui voudra découvrir sa filiation, approcher une société fascinante dans l’entourage de Cranach et revoir l’étrange docteur Faust.

« … dans un monde que se disputent la peste et la lèpre, la famine et la guerre, une mère et sa fille doivent braver leur destin pour tenter de se retrouver. »

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Par une note, l’auteur nous raconte sa passion pour le mythe de Goethe, « Faust ». Il a voulu réécrire l’histoire de Johann Faust et Margerete. Entre la réalité et sa fiction, la légende se romance et garde une empreinte surnaturelle et diabolique. Pour le compte du Diable, un des princes de l’enfer, Méphisto, est en quête perpétuelle d’âmes à acheter. Il se fait tentateur, tortionnaire ou parfois simple observateur. Tout au long de la lecture, sa silhouette et ses yeux vairons angoissent !
A travers Gretchen, Eva et les autres personnages du roman, on pénètre dans le début du XVIème siècle par une petite porte et nous découvrons dans la première partie de l’histoire la chasse aux sorcières et l’inquisition (procès, tortures, fanatisme), la ruralité (Coswig, le clergé, les marchés), le monde paysan (le travail, les taxes, leurs statuts), les maladies (typhus, peste, lèpre, administration des soins, préparation des remèdes, grimoires), les guerres, les soldats déserteurs, une armée qui créait des mercenaires (trafics, pillages, viols, prostitution)…
Dans la deuxième partie, Gretchen nous conduit à Wittenberg. La ville est « prospère et célèbre. Frédéric III le Sage avait fait rénover le château, bâtir la Schlosskirche et fondé l’université. Le couvent des Augustins, édifié près de l’entrée est de la ville, comptait parmi ses premiers occupant un certain Martin Luther. Et, dès 1505, était venu s’installer au cœur de la ville un peintre du nom de Lucas Cranach. »  Elle vit chez un imprimeur, le frère de Freia, qui publie les thèses de Luther qui s’est mis à mal avec la papauté en s’attaquant, entre autres, à la pratique des Indulgences. Un autre univers se développe ; la théologie avec Luther et les arts avec Cranach qui la prend pour modèle. Sont également cités Durër et Matthias Grünewald.

La lecture est sans ennui, la grande Histoire est intéressante, abordée dans un style délié, intelligent, bien documenté, et la petite histoire a de quoi captiver le lecteur. Je n’ai abordé qu’une infime part du livre car en dehors du contexte historique, il y a la vie d’Eva face à ses bourreaux et toute son histoire qui explique son emprisonnement, il y a la déchéance de la sœur de lait de Gretchen et la vengeance démente d’un homme éconduit. Quant à ce docteur Faust, si séduisant et si secret, si absent aussi, il est comme une ombre, un peu à l’image de Méphisto.
J’ai aimé la première partie du livre et en particulier un passage sur les marchés. C’était détaillé, coloré, vivant. J’ai lu la deuxième partie avec un un peu plus de distance. Certaines scènes ne m’ont pas convaincue, mais je ne m’étendrai pas car dans l’ensemble c’était une belle lecture.

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D’autres billets chez Les Sorcières, Bianca, Lystig,
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0108_Cranach 001.
Vierge à l’enfant de Lucas Cranach

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