Le couteau sur la nuque


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Policier avec Sharon

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Le couteau sur la nuque
Agatha Christie

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Cette fois-ci, le capitaine Hastings nous rapporte une affaire bien retorse dont le dénouement avait donné beaucoup de mal à Hercule Poirot. « Le petit détective Belge » s’était fourvoyé dans ses déductions et avait orienté l’inspecteur Japp de Scotland Yard sur de mauvaises pistes. La tragédie mettant en scène de grands noms de l’aristocratie et du monde du théâtre, l’intérêt du public avait été maintenu par les nombreux actes qui avaient ponctué l’histoire ; trois meurtres et une pendaison…

Je vais juste vous raconter les premières pages et vous situer dans la chronologie. Hastings est revenu d’Argentine pour quelques temps et Poirot semble un peu s’ennuyer. L’histoire se passe au début de l’été, à Londres, mais il est aussi question de la France et de l’Amérique au fil de l’enquête.

Tout commença au théâtre où Poirot et Hastings étaient venus voir Carlotta Adams, une actrice Américaine à la carrière prometteuse. Ses multiples talents allaient du comique à la tragédie, en passant par des imitations. Parmi tous les portraits qu’elle proposait avec plus ou moins de mordant, il y avait la caricature d’une célèbre comédienne, Jane Wilkinson. La jeune femme en question avait quitté momentanément la scène pour épouser le baron Edgware et, après trois ans d’une union houleuse faite de séparations, elle s’apprêtait à le quitter, clamant à tout le monde qu’elle aimerait en être débarrassée. Ce soir d’avant-dernière représentation, elle était dans la salle à rire des pitreries de Carlotta et à saluer son intelligence et sa finesse.
C’est plus tard dans la soirée au restaurant de l’hôtel du Savoy que Poirot et Hastings rencontrèrent Jane, Lady Edgware, qui était à une table voisine de la leur. Invités à la suivre dans sa suite, elle leur fit part d’une requête en réitérant son vœux le plus cher : « Se débarrasser » définitivement de son mari qui lui refusait toute rupture. Lorsque Poirot avait sursauté en lui faisant la remarque que le terme « débarrasser » définissait une suppression bien plus radicale qu’un divorce, Jane avait répondu en riant qu’elle en avait tout à fait conscience…
La demande voulait que Poirot intercède auprès de son mari pour qu’il lui accorde le divorce le plus rapidement possible car elle était amoureuse du duc de Merton qui était prêt à l’épouser.

Pour les beaux yeux de Jane, pour la sympathie qu’elle suscitait, pour l’extravagance de la mission, ou tout simplement pour se divertir, Poirot accepta et prit rendez-vous avec Lord Edgware qui ne tarda pas à le convier.
De cette rencontre, il en était reparti satisfait et troublé par tant de facilité, car Lord Edgware avait lui aussi émis le souhait d’une séparation définitive et avait parlé d’une lettre qu’il aurait envoyée à sa femme, six mois auparavant à Hollywood, pour lui confirmer son accord. La lettre se serait-elle égarée ?
Cette lettre disparue qui avait dès le début intrigué Poirot, avait été l’un des nombreux points à élucider.

Une enquête ? Le lendemain de l’entrevue, Poirot était sollicité par l’inspecteur Japp pour l’assister dans une enquête. On venait de découvrir Lord Edgware assassiné, un coup de poignard dans la nuque. Ainsi commence l’affaire…

Si les soupçons des policiers désignent la frivole et infidèle Jane, très vite, ils doivent lister d’autres suspects car Jane a une pléthore de témoins irréprochables qui lui servent d’alibi. A qui profite le crime ? Il faut préciser que le défunt était détestable ! Manipulateur et sadique, il était haï par toutes les personnes qui l’entouraient. Sa fille, son neveu héritier du titre et des biens, sa secrétaire, son majordome, l’amant de sa femme ? Il y a de quoi faire ! jusqu’à imaginer la comédienne Carlotta Adams dans le rôle de l’assassin et peut-être même, son ami le comédien Bryan Martin.
Les petites cellules grise d’Hercule Poirot vont beaucoup réfléchir au machiavélisme de l’affaire, le capitaine Hastings essaiera de suivre ses raisonnements et l’inspecteur Japp va en perdre son latin, surtout qu’un deuxième et un troisième meurtres suivront.

Japp désespéré de la tournure de l’enquête se plaint à Hastings du comportement de Poirot :
« – Je l’ai toujours trouvé un peu bizarre, dit Japp. Il a une façon très particulière et très étrange d’envisager les choses. C’est une espèce de génie, je le reconnais, mais on dit bien que le génie se situe à la frontière de la folie et qu’il est susceptible d’y basculer à tout moment. Il a toujours aimé les choses compliquées. Une affaire simple ne le satisfait jamais. Non, il faut qu’elle soit tortueuse. Il n’adhère plus à la réalité. Il joue son propre jeu. Comme une vieille dame qui fait des patiences. Si elle ne réussit pas, elle triche. Lui, il triche au contraire si cela vient trop facilement pour rendre les choses plus difficiles. C’est ainsi que je le vois… »

Ce roman publié en 1933  est la huitième des enquêtes d’Hercule Poirot dont les lectures sont de réels plaisirs ! L’intrigue passionnante est relatée par Hastings et sa personnalité franche, ingénue, bonne et fidèle, donne le ton. Lorsque John Watson rapporte les déconvenues de Sherlock Holmes, il le fait avec beaucoup moins d’indulgence. Hastings vénère Poirot et n’hésite pas à nous le témoigner.
Le dénouement surprend moins que la trame qui est tissée de façon à nous perdre. Il est difficile de sonder les personnages car les apparences sont toujours trompeuses.
Une histoire de plus à recommander !

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La quiche fatale


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Policier avec Sharon

 

La quiche fatale
Agatha Raisin enquête.
M.C. Beaton

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Nous sommes à Carsely, un charmant petit village dans les Midlands de l’Angleterre. Tout y est comme sur les cartes postales, très pittoresque et préservé : des cottages en pierre avec des toits en chaume et des jardins fleuris, une belle campagne vallonnée, des sentiers ombragés, des vieilles églises et quelques châteaux à visiter… Ce coin paradisiaque, un peu suranné, a depuis longtemps séduit notre héroïne Miss Agatha Raisin qui l’estampille de trois critères : « beauté-tranquillité-sécurité ».

A cinquante-trois ans, Agatha Raisin a décidé de vendre son agence de relations publiques et de prendre une retraite anticipée dans ce coin paisible des Cotswolds, loin de l’hyperactivité de Londres. Un cottage remis à neuf par un décorateur, dans un style bucolique et romantique, une bicyclette pour entretenir la forme et une panoplie de sourires et d’amabilités pour sympathiser avec les « autochtones », elle s’imaginait être en totale harmonie avec l’ambiance. Mais au bout d’une semaine, après avoir échoué dans ses approches amicales et écumé tous les sites touristiques de la région, elle plonge dans un profond ennui. Que lui ont-ils souhaité à l’agence le jour de son départ ? Ah oui ! qu’elle se dégote « un gentil fermier » pour passer le temps. Seulement ce n’est pas facile à trouver et l’espèce masculine agglutinée au pub n’est guère encourageante.

C’est en faisant ses courses à l’épicerie-bureau de poste du village et en lisant une affichette punaisée au mur que l’idée lui vient. Elle pourrait avoir une certaine reconnaissance si elle remportait le concours de quiches organisé par le village ! Le fait de ne pas savoir cuisiner n’étant pas un problème essentiel pour elle, Agatha part acheter chez un traiteur réputé de Londres une magnifique quiche aux épinards qu’elle arrange pour faire croire qu’elle est de sa composition. Seulement, il va y avoir comme un petit ennui… L’honorable major Cummings-Browne, chargé d’attribuer le prix, meurt le soir même après avoir pris une collation avec les restes de la quiche aux épinards d’Agatha.
Empoisonnement à la ciguë aquatique, plus communément appelée le persil des marais, elle est accusée de meurtre le temps des prémices de l’enquête menée par un jeune lieutenant de police, Bill Wong, qui l’innocente très vite.

Donc, comme le dirait Hercule Poirot dans une de ses histoires, si ce n’est pas elle qui a tué le major, qui l’a tué ? Malgré les objections de Bill Wong, Agatha s’investit dans l’enquête et fait craqueler le vernis bien lisse de ses nouveaux voisins.
« Beauté-tranquillité-sécurité » ?

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Agatha Raisin n’est pas une Miss Marple. Elle est une femme non conventionnelle, massive, très directe, qui inspire peu la sympathie à son voisinage. Pourtant sous cette carapace qu’elle s’est façonnée depuis son enfance, elle a un cœur marshmallow recouvert de liberty. Ce petit village dans lequel elle veut se retirer, elle l’a rêvé. Fille de la ville, elle recherche dans cette campagne des racines terriennes et le label racé qui lui fait défaut. Bien entendu, rien ne se passe comme prévu (surtout lorsqu’on n’est pas un natif du coin) et le roman raconte aussi bien ses mésaventures sociétales que ses investigations sur le meurtre commis.
Une trame classique pour ce premier tome de la série, peut-être trop, sans dénouement spectaculaire, et une kyrielle de personnages qu’il est parfois difficile de restituer dans l’histoire lorsque notre attention papillonne, ce livre reste quand même une lecture agréable qui ne se refuse pas. Il a le mérite de me donner envie de lire un Agatha Christie et de faire une quiche aux épinards…
Je lirai certainement la suite.

 

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Agatha Raisin, série télévisée

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La figure jaune


Challenge polars avec Sharon

40 nouvelles pour mars, avec Aymeline
Et mois Kiltissime de Cryssilda
Mes lectures avec Sherlock…

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La figure jaune
Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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« Norbury »… Le train mène Holmes et Watson vers cette ville du sud de Londres pour enquêter sur une affaire annoncée « délicate ». Le client Grant Munro, un prospère marchand de houblon, pense que sa jeune épouse pourrait être victime d’un chantage manigancé par son nouveau voisin, un homme secret qu’il n’a jamais vu et qu’elle rencontre en cachette. Depuis quelques jours, malgré le caractère enjoué et aimant de sa femme, une aura de mystères l’assombrit et émousse leur relation qui était jusqu’à présent idyllique.
Chantage ou infidélité, Munro souhaite que Holmes lui donne sa vision de l’histoire.

Watson débute cette chronique en précisant qu’il a toujours voulu se montrer honnête dans ses écrits et que sur la douzaine d’enquêtes où son ami s’est montré moins brillant qu’à son habitude, celle-ci en faisait partie.
Lorsque Munro se rend au 21 Baker Street, Holmes est dans une phase d’ennui profond où toute intrigue est bonne à prendre. Ce n’est pas la banale histoire d’un adultère qui émoustillera sa curiosité, mais un fait étrange, suffisamment curieux pour attirer son attention et le faire se déplacer… En approchant de la maison de son voisin, Munro a vu un personnage terrifiant derrière l’une des fenêtres. Le terme exact qu’il emploie est : « inhumain ». L’énigme prend alors une dimension bien ténébreuse…
Je vous laisse le plaisir de découvrir le fin mot de l’histoire qui est comme toujours, étonnant sur bien des points, surtout dans cette Angleterre très conservatrice. Vous partagerez alors la surprise avec Holmes et Watson !

« – Watson, si jamais vous avez l’impression que je me fie un peu trop à mes facultés, ou que j’accorde à une affaire moins d’intérêt qu’elle ne le mérite, alors ayez la bonté de me chuchoter à l’oreille : « Norbury ! » Je vous en serai toujours infiniment reconnaissant. »

Des nouvelles à recommander…

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Aide-moi si tu peux

aide-moi si tu peuxAide-moi si tu peux
Jérôme Attal

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Stéphane Caglia, alias John Franju, est capitaine de police judiciaire. Sous les ordres du colonel Brousmiche, il a infiltré et démantelé une mafia très importante, le Souterrain stellaire. Après une opération commando, la plupart des bandits ont été arrêtés, mais à l’image d’une hydre, il est à craindre que le réseau ne soit pas totalement supprimé. Aux dires de Ned Mangin, un trafiquant d’armes, il reste encore l’Élégant, un tueur à gage, rempli de doutes sur Franju.
Alors que Caglia, surnommé Cague par la brigade, surveille ses arrières, le colonel Brousmiche lui demande de rappliquer sur la scène d’un crime.
Une femme de ménage a découvert son employeur, Maxime Fourque, assassiné par strangulation (presque une décapitation), chez lui. L’arme est une corde de guitare, une corde de ré. La fouille de l’appartement fait très vite apparaître un autre trophée macabre. On découvre dans le congélateur la tête d’une jeune fille dont l’identification se fera plus tard…

Benjamin est le seul à s’inquiéter de la disparition de sa voisine, la jolie Tamara, dont il est éperdument amoureux. D’après ses amies du lycée, elle serait partie en quatrième vitesse à un rendez-vous et depuis, plus rien. En enquêtant sur Tamara, il apprend qu’elle était passionnée par les Beatles, qu’elle chantait et qu’elle postait des vidéos sur You Tube. Sur son vélo, il retrace son parcours et essaie de la retrouver. Il ne découvrira qu’une page portant un mot crayonné de sa main « Help me if you can ».

Habitué à travailler seul, Caglia peste ! Sur ce coup, on lui impose une coéquipière, Prudence Sparks, une charmante anglaise. Si l’un est ingérable (ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle Cague), la deuxième a une allure so british.
L’enquête multiplie les pistes, mais deux ramifications se joignent, la guitare et les Beatles.
Il y a un assassin à découvrir et un autre à éviter… l’Élégant.

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Je n’ai jamais lu Jérôme Attal, mais j’ai vu sur des blogs amis qu’il avait une plume originale. L’écriture, il la décline avec des romans, des chansons et des scénarios de films. Il est auteur mais aussi interprète.
Plume originale… je confirme ! Il donne à son personnage, le capitaine Caglia, une énergie complètement farfelue et le rend fan des années 80. Pour l’expliquer, il raconte qu’il devient orphelin de mère dans ces années là, et tout ce qui concerne cette époque, le rapproche d’elle. (Mon enfance défile dans ces souvenirs ; hit-parade, émissions télé, films, dessins animés, premiers jeux vidéo… nostalgie heureuse). Donc, Caglia, dit Cague parce qu’il est assez chiant, se réfugie dans les années 80 comme s’il s’enroulait dans une douce couverture, chaude et réconfortante. Sa mère décédée, son père devient son modèle. De lui, il hérite de sa soif de justice, son acharnement, son endurance. Sa violence, sa folie, son esprit décalé qui donne au roman un ton surréaliste, il les cultive et s’en fait un bouclier. Il n’est pas toujours évident à suivre, les premières pages du livres sont insensées, mais il faut tenir bon et persévérer, s’habituer à lui. Très vite l’intrigue se développe et, par son cheminement traditionnel, stabilise l’histoire.
Du rythme, des répliques pleines d’humour, acérées, du visuel, un style graphique car parfois on se croirait dans une bande dessinée, des personnalités bizarres dotées de patronymes drôles, un scénario classique qui se confronte à de l’absurde, du Comics avec un héros qui porte un tee-shirt Albator contre une société secrète, le Souterrain stellaire, le duo Caglia-Sparks qui est fort intéressant… tout m’incite à vouloir lire une suite et à vous le recommander.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas l’intrigue policière qui est saisissante mais Stéphane Caglia, « un flic pas comme les autres ».

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D’autres billets chez MissLéo, Karine, Alice, Titine, L’Irrégulière, Cryssilda,

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Le Noël d’Hercule Poirot

« Il était deux fois Noël » avec Chicky Poo, Samarian et Petit Spéculoos
Challenge Agatha Christie de George

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le noel d'hercule poirotLe Noël d’Hercule Poirot
Agatha Christie

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22 décembre… Londres,

Stephen Farr, un bel homme de quarante ans qui arrive d’Afrique du Sud, voudrait être ailleurs qu’à Londres, un ailleurs où il y a du soleil… mais il a une mission et il est décidé à l’accomplir. Dans le train qui le mène dans la région du Middleshire, il fait la connaissance d’une jeune Espagnole, Pilar Estravados. Il se réchauffe à son regard, elle est la chaleur et la passion qu’il désire ; il la trouve sublime, piquante, un peu cruelle, très chatte, et si différente de ses congénères.
Aux premiers échanges, la séduction passe, mais ce que tous deux ne savent pas encore, c’est qu’ils ont une même destination et des objectifs bien déterminés…

A Gorston Hall,

Alfred et Lydia Lee ne comprennent pas pourquoi Siméon, le patriarche de la famille, souhaite réunir tous ses enfants pour les fêtes de Noël, alors que deux de ses fils ne l’ont pas revu depuis une vingtaine d’année. Homme despotique, machiavélique, ayant fait fortune en Afrique du Sud avec des mines de diamants, Siméon se délecte des ambiances haineuses et s’amuse à humilier ses enfants. Tous des mauviettes, ils ne sont pas de sa trempe dit-il !
Alfred, un ancien militaire, marié à Lydia, a été obligé de démissionner de l’armée pour reprendre l’affaire familiale. Demeurant dans le manoir avec son père, il est son vassal et subit tous les jours son autorité.
George, un député, marié à une jeune femme de dix ans sa cadette, trouve son père trop mesquin sur la pension qu’il lui octroie. Il aimerait bien avoir une avance sur son héritage…
David, un artiste peintre, marié à Hilda, n’a pas revu son père depuis la mort de sa mère. Il lui reproche sa méchanceté, ses infidélités, tout un passé tyrannique et mortifiant.
Harry, la brebis galeuse… Après avoir escroqué l’entreprise, il s’est enfui à l’étranger et depuis n’est plus revenu. Les nouvelles qu’il envoyait étaient toujours suivies de demandes d’argent.
Quant à la seule fille de la famille, Jennifer, à présent décédée, elle a fait sa vie en Espagne et n’a eu qu’une fille que personne connait. Ces fêtes seront l’occasion de présenter la jeune Pilar qui a fait le voyage pour rencontrer sa parenté.

Lydia en tant qu’hôtesse doit composer avec cette dynastie si disparate. Et lorsque le fils d’un ancien associé d’Afrique du Sud se présente et accepte l’invitation de Siméon à partager avec eux les festivités, on pense aussitôt à… plus on est de fous, plus on rit… Il faut préciser que le cynique Siméon a annoncé vouloir changer son testament.

La veille de Noël, alors que chacun se prépare pour le réveillon, l’esprit encombré des cruautés assénées par Siméon, des bruits de bagarre et des cris provenant de sa chambre se font entendre. Quand ils arrivent à forcer la porte fermée à clef, ils découvrent une pièce dévastée et le corps du vieil homme baignant dans une mare de sang. Égorgé.
C’est le surintendant Sugden, qui avait rendez-vous avec lui, qui constate le crime et le vol des précieux diamants. Ces cailloux étaient vénérés par Siméon car ils étaient à l’origine de sa richesse.

Près de Gorston, Hercule Poirot réveillonne avec le colonel Johnson, chef de la police du Middleshire. Leur repas est interrompu par un appel téléphonique… Siméon Lee a été assassiné.
Est-ce à cet instant précis que les petites cellules grises du célèbre détective se sont mises à gamberger ?… car l’enquête ne se fera pas sans son assistance…
Qui  a commis le crime ?

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Un Noël particulier avec Hercule Poirot. Dans ce roman, les friandises, fruits confits, petits gâteaux, puddings flambés, les décorations pour le sapin, les crackers et tout ce qui fait un Noël anglais sont restés dans le placard. Il n’y a que le froid qui tétanise Hercule…
La mort est survenue le soir du réveillon et a figé l’ambiance. Comme dans tous les romans d’Agatha Christie, le scénario se développe en plusieurs plans. Le décor (un manoir anglais, une campagne), les personnages (une famille, des invités), l’atmosphère (des animosités, des rancunes, des mensonges, un style), un mort (un assassinat, une pléiade de supposés meurtriers avec leurs secrets) et l’arrivée d’Hercule Poirot. Dans cette histoire, ni son ami Hastings ni l’inspecteur Japp feront leur apparition. Si l’enquête est menée par un surintendant, Hercule ne peut s’empêcher de participer et de dénouer l’intrigue. La réunion rituelle avec tous les protagonistes qui clôture l’histoire, une véritable apothéose à son intelligence, sa finesse, nous laisse encore pantois car il est impossible de découvrir la trame avant le bouquet final ! Pourtant ce n’est pas faute d’avoir incriminé tout le monde (même le majordome)… sauf la bonne personne.

Je vous recommande cette enquête, une très bonne histoire pour retrouver l’homme aux moustaches cirées.
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D’autres billets chez Belette, Bianca, Titine, Karine,

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Le-Noël-dHercule-Poirot1.

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Les enquêtes de Sherlock Holmes, Le diadème de béryls

Le mois anglais avec Titine, Lou, Cryssilda – 12ème billet
La Communauté Sherlock, « God save the livre » d’Antoni, « XIXème siècle » de Fanny, « British mysteries » de Lou et Hilde, « Thrillers-Polars » de Liliba, et « Classique » de Stéphie

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le-diademe-de-berylsLes enquêtes de Sherlock Holmes
Le diadème de Béryls
Sir Arthur Conan Doyle
Illustrations de Christel Espié

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Londres est dans son écrin hivernal. Les rues glacées et enneigées sont désertes. A la fenêtre de leur appartement, Watson observe un étrange individu qui semble perdu. Sa mise sobre et élégante est en décalage avec son comportement désordonné. Lorsque Watson fait part à Holmes de l’objet de son étude, ce dernier sait déjà que l’homme le recherche et qu’il sera son prochain client.

Son nom est Alexander Holder de la Compagnie Bancaire Holder et Stevenson, la deuxième plus grande banque de la City. Envoyé par Scotland Yard, il sollicite l’aide de Sherlock Holmes pour une affaire très délicate. Entre deux souffles, il essaie de relater les faits…
Un illustre personnage, qu’on taira le nom mais qu’on devine appartenir à la famille royale, lui a laissé en gage un diadème de béryls contre un prêt de 50.000 livres sterling. La transaction ne devant pas s’ébruiter et le prêt devant être soldé dans les jours à venir, le mystérieux inconnu confie au banquier sa caution. Bien embêté avec cet inestimable joyau, Holder décide de l’emmener chez lui pour plus de précaution…
Avant même qu’il n’ait raconté la suite de l’histoire, Sherlock Holmes a deviné qu’il y avait un gros problème avec le diadème… Holder ne voit qu’un suspect, qui se trouve déjà derrière les barreaux, c’est son fils Arthur, qui depuis quelques temps fait son désespoir avec ses mauvaises fréquentations. Trois béryls ont été dessertis et ont été dérobés. Où sont-ils passés ? Arthur se tait, fâché contre ce père qui l’a dénoncé.

A Streatham, le manoir de Holder, Sherlock Holmes et le docteur John Watson recherchent le moindre petit indice. Des empreintes de pas et des tâches de sang maculent la neige et dévoilent un pan de l’histoire. C’est à Londres que l’enquête doit se poursuivre, dans les quartiers les plus chauds du West End… Sherlock revêt le costume d’un vieux vagabond et part comme un chat solitaire sur les traces des voleurs.

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Mon amie Somaja m’a fait la surprise de m’offrir ce magnifique livre illustré. Amoureuse depuis longtemps de Sherlock Holmes, j’ai été ravie de découvrir cette parution (texte intégral) avec les dessins de Christel Espié. De plus, dès le premier coup d’œil sur la couverture, j’ai été plus que séduite par la ressemblance de Sherlock Holmes avec le personnage de la série télévisée, Jeremy Brett, fidèle incarnation de ce héros.
C’est le deuxième album qu’elle illustre car avant celui-ci, il y a eu « L’aventure du ruban moucheté ».

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Détail d’une illustration

Ce livre a de belles dimensions, on peut dire qu’il en impose. Le premier dessin affiche un hiver froid, ouaté par la neige, et l’atmosphère, bien qu’extérieure, paraît feutrée comme un salon. En deuxième illustration, nous avons un portrait de Sherlock, songeur et scrutateur. Sombre dans les tons de bruns et de noirs, seul son visage attire le regard ; je le trouve lumineux. Les chapitres se succèdent avec leurs illustrations, de véritables tableaux, des vues intérieures, extérieures, des gros plans, et des personnages acteurs de l’intrigue. Le travail est très soigné, les couleurs sont éclatantes et chaudes, les détails sont nombreux… jusqu’aux légères fêlures d’une tasse en porcelaine, jusqu’aux reflets… les portraits très vivants… ils posent ou ils sont saisis dans leur naturel… C’est beau !
Après autant d’éloges sur les dessins, vous pouvez penser que l’histoire est secondaire… Nenni ! De forme classique, sans un dénouement spectaculaire, elle a comme toutes les autres nouvelles de Conan Doyle, une magie particulière. Watson spectateur, compagnon fidèle, et Holmes le regard acéré, actif, toujours prêt à se fondre dans les bas-fonds pour établir justice et vérité. L’histoire raconte des tromperies, des déceptions et des réconciliations.

J’aime beaucoup, c’est un coup de cœur, et je vous invite à noter cet album ainsi que le nom de cette talentueuse illustratrice.

Un autre billet chez Louise,

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Christmas pudding

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« Il était une fois Noël » avec Chicky Poo, Samarian et Petit Spéculoos, 9ème billet
« Classique » de Stéphie, « Agatha Christie » de George, « God save the livre » d’Antoni,
« British Mysteries » de Hilde et Lou et « Polars » de Liliba

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christmas puddingChristmas pudding
Agatha Christie

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En avant-propos, Agatha Christie raconte le plaisir qu’elle a pris à écrire la première nouvelle. Christmas pudding est un recueil de six histoires.
Les Noëls de son enfance étaient merveilleux. Au décès de son père, elle les passait chez son beau-frère à Abney Hall, une belle et grande demeure agrémentée d’un parc, une cascade, un cours d’eau, un tunnel végétal. Elle avait onze ans et les souvenirs de ce temps sont tous heureux. Elle retrouvait les enfants de la famille et jouait allégrement. Les repas étaient abondants et les desserts savoureux… plum-pudding, tartelettes aux fruits confits, diplomates… chocolats… Elle avait un solide appétit !
Elle nous souhaite un joyeux Noël et nous abandonne aux bons soins d’Hercule Poirot.

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« Un Noël à l’ancienne dans la campagne anglaise. » En disant ceci, Mr Jesmond croit séduire le détective. « Noël est une véritable institution à Kings Lacey. »
Vieille bâtisse, dont une partie date du XIVème siècle, la riche demeure peut faire rêver certains mais en ce qui concerne Hercule Poirot, elle ne le fait que frissonner. Pensez donc, une maison pleine de courants d’air ! Et si en plus on lui promet de la neige…
Dans son confortable appartement bien chauffé, Hercule reçoit deux messieurs.
Mr Jesmond accompagne un jeune homme d’une vingtaine d’année pour une histoire que l’on qualifie de délicate ; en aucune manière il ne faut l’ébruiter.
Héritier de la couronne d’un pays oriental, le jeune prince est venu célébrer son mariage. Mais, la jeunesse bouillonnante, et voulant passer du bon temps à Londres, il a commis une faute impardonnable. Séduit par une femme, il lui a prêté le temps d’une soirée un joyau destiné à sa promise, un inestimable rubis serti par Cartier. La pierre, d’une valeur irremplaçable par son passé sanglant, a été subtilisée par la tentatrice.
Si on ne retrouve pas le rubis, les drames seront multiples et tous à caractères politiques.
Jesmond et le prince s’en remettent à Hercule Poirot.
C’est à Kings Lacey que doit débuter l’enquête.

L’hôtesse Mrs Lacey est une charmante dame qui accueille l’illustre Hercule Poirot avec plaisir. Dans son salon en toute intimité, elle n’hésite pas à confier à Poirot ses soucis qui concernent sa petite fille Sarah. D’une nature un peu belliqueuse, en rupture avec l’étiquette désuète de l’ancienne génération, elle s’est amourachée d’un mauvais garçon, Desmond Lee-Wortley. L’homme est charmeur, attentionné envers sa sœur malade, mais Mrs Lacey ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour Sarah qui va bientôt hériter d’une fortune.
Tous les invités sont là pour le séjour, les derniers préparatifs s’organisent, une joyeuse émulsion s’impatiente, Noël va être fêté dignement dans la pure tradition anglaise… lorsque Poirot reçoit un message anonyme :
« Mangez pas une miette du plum-pudding.
Quelqu’un qui vous veut du bien. »

Le gâteau contiendrait-il autre chose que les surprises habituelles ?
Les petites cellules grises se mettent en branle… Qui en veut à la vie du détective ? et où chercher le rubis ?

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Cette histoire éditée en 1960 est comme un conte. Elle est la première des six ; on trouve par la suite « Le mystère du bahut espagnol », « Le souffre douleur », « Le mort avait les dents blanches », « Le rêve » et « Le policeman vous dit l’heure ».
D’une facture classique, sans panache dans l’intrigue, il semble qu’elle n’ait été construite que pour décrire l’ambiance de Noël. Agatha Christie narre le déjeuner avec délectation et s’éternise sur le clou du spectacle, le plum-pudding. Il faut faire des vœux, on découvre les sujets (le bouton, le dé à coudre, la bague…), on l’arrose de brandy… La cheminée est alimentée par de grosses buches, l’arbre s’illumine, la famille est réunie, il neige…
Le tableau est idyllique et Poirot semble sensible à l’atmosphère. Dans cet épisode, il n’a pas sa sévérité habituelle, on le sent plus simple, bienveillant et même malicieux dans le dénouement de l’enquête.
Christmas pudding n’a pas l’envergure des autres histoires mais elle est une de mes préférées.

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D’autres billets chez Enna, AliceSharon, Un chocolat dans mon roman, Cléanthe, George,
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