La cycliste solitaire

Mois anglais avec Lou et Titine
Challenges Policiers historiques avec Sharon et Petit Bac avec Enna

 

 

La cycliste solitaire
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

John Watson nous rapporte cette fois-ci une histoire qui ne tire son intérêt que dans sa mise-en-scène et son humour pince-sans-rire. Sans grande envergure, il arrive toutefois à nous la rendre particulière car il joue de son rôle de narrateur en nous dépeignant des actions ridicules où tout le monde en prend pour son grade… La lecture est alors très visuelle et s’aligne plus sur la commedia dell’arte que sur la trame habituelle d’une chronique criminelle.
Il commence par nous dire que dans ses écrits, il y a différentes affaires. Celles qui sont complexes, sanglantes, et qui plaisent au public et puis d’autres qui n’ont rien de spectaculaire, sauf qu’elles ont une cocasserie pétillante.

Londres 1895,
Mlle Violet Smith est une jeune femme impétueuse qui sait se faire entendre. Elle arrive un jour au domicile de Sherlock Holmes en lui proposant de se pencher sur un fait bien étrange… Elle s’impose presque, face à un détective déjà accaparé par une enquête et un peu agacé de voir une demoiselle aussi « énergique ». Tel est l’adjectif qu’il utilise pour la décrire. Sans cérémonie, il la fait taire et lui prend d’office sa main pour l’étudier, montrant ainsi ses capacités d’analyste. Dans la texture de la peau, il voit que c’est une sportive et une musicienne. Et en effet, Mlle Violet est professeur de musique et fait du vélo…

Elle raconte qu’à la mort de son père, elle s’était retrouvée avec sa mère sans argent en quête d’un emploi. De condition plus que modeste, elle avait accepté de donner des leçons de musique particulières à la fille d’un ami de son vieil oncle parti en Afrique du Sud pour faire fortune. Le pauvre homme était mort dans la misère en s’inquiétant de sa parenté en Angleterre et avait chargé deux de ses connaissances d’aller rendre visite à cette nièce qu’il ne connaissait pas et qui était la seule descendante de la famille.
C’est ainsi qu’elle avait rencontré Messieurs Carruthers et Woodley. En se rendant compte de sa pauvreté, le premier avait proposé de l’embaucher. Charmant, très gentleman, il était la figure contraire du second, un homme rustre et concupiscent.

Dans la maison de Mr Carruthers, Violet s’y sent bien et son élève est une jeune fille délicieuse. Perdue dans la campagne de Charlington, la propriété est loin de la gare la plus proche et c’est donc à bicyclette que tous les samedis, elle s’y rend pour prendre le train de Londres où elle retrouve sa mère. Un travail agréable, une petite rentrée d’argent, un fiancé ingénieur qui bâtit sa carrière dans l’électricité, tout serait idyllique si Mr Woodley ne venait pas aussi souvent la voir. Son comportement et ses regards déplaisants incitent alors Violet à envisager de démissionner de son poste.
Le point inquiétant, dans le genre « icing on the cake », survient tous les samedis lorsqu’elle se retrouve seule à pédaler sur le chemin qui la mène à la gare. Un homme, également sur un vélo, nanti d’une barbe noire très fournie et coiffé d’un chapeau, la suit sur le même rythme qu’elle, à une distance telle qu’elle ne peut voir les traits de son visage. Lorsqu’elle ralentit, il ralentit, lorsqu’elle s’arrête, il s’arrête. La singularité et le comique de la situation n’enlèvent toutefois pas l’impression de menace qu’elle perçoit.

C’est à Watson que Holmes confie les prémices de l’enquête. Il sera ses oreilles et ses yeux. Mais pas tout le monde peut se considérer détective et Holmes, déçu par les qualités de son ami, reprendra l’affaire en faisant une petite incursion dans la campagne de Charlington pour récolter informations et… quelques ecchymoses !
Qui est ce mystérieux cycliste, qui sont réellement Carruthers et Woodley, et Violet doit-elle craindre pour sa vie ? Le rideau est tiré…

Les histoires de Sherlock Holmes sont très différentes les unes des autres. Conan Doyle arrive à donner de la nouveauté dans chacune. Comme Watson nous le confie au début de la nouvelle, il y a celles qui font peur et celles qui font sourire. Le dénouement est heureux, mais il s’en est fallu de peu qu’il vire au tragique…
Une lecture plaisante et bucolique qu’il vous faut lire !

 

 

 

Le mystère de la chambre jaune


Un livre offert par Babelio et les Éditions Omnibus dans le cadre d’une opération « Masses Critiques »

Un beau livre pour Noël
Roman policier pour le challenge de Sharon

 

 

Le mystère de la chambre jaune
Gaston Leroux
Illustrations de Simont & Loevy

 

Cette histoire comme nous l’annonce dès les premières pages le narrateur, est l’une des plus grandes énigmes des affaires criminelles. Elle dépasserait les enquêtes de Sir Arthur Conan Doyle et l’imagination fantasque d’Edgar Allan Poe. Elle prend ses racines en Amérique et elle s’épanouit en France, sur le vieux continent.
C’est son ami le jeune Joseph Rouletabille, reporter dans un grand journal, qui a résolu le mystère et qui dans un coup de maître, un coup d’éclat, en a divulgué toute la teneur en plein procès. Mais de la vérité, la justice et les médias n’en connaîtront qu’une partie, et c’est quelques années plus tard que le narrateur prend la plume pour nous la dévoiler.

La nuit du 25 octobre 1892, au château du Glandier dans la campagne d’Epinay-sur-Orge, on a découvert la fille du propriétaire, le professeur Stangerson, inconsciente dans sa chambre et gravement blessée à la tempe et à la gorge. Le mystère de la chambre jaune tient du fait que la porte était verrouillée de l’intérieur et que les volets étaient fermés. La jeune femme gisante au sol et la trace ensanglantée d’une main sur le mur sont les seules représentations de l’agression. La chambre étant mitoyenne au laboratoire du père où celui-ci travaillait avec son vieux serviteur, Père Jacques, on se demande alors par où se serait enfui le criminel…
Délégué par son rédacteur en chef, Rouletabille embarque avec lui Sainclair (le narrateur) pour investiguer au château, marchant ainsi sur les pas de la police et se confrontant à l’inspecteur Larsan qui en tant qu’enquêteur a déjà une belle notoriété derrière lui.

Rouletabille fait le plan du pavillon du parc qui regroupe le laboratoire, la chambre de Mathilde et les appartements à l’étage de Père Jacques, et rencontre les habitants du domaine ; M. Darzac le fiancé qui devait l’épouser et les domestiques. Aucun indice, aucun suspect à noter, mais il est une certitude pour lui, ce ne sont pas les premiers inculpés par la police qui sont coupables.
Quand Mathilde se réveille de son coma, tout le monde espère avoir des explications. Mais la demoiselle, encore confuse et taiseuse, n’en donne pas.
Les questions sont nombreuses ! Pourquoi, qui, comment ? Surtout que très vite, le petit reporter pense qu’un deuxième attentat serait à craindre…

Le roman de Gaston Leroux est sublimé dans cette belle collection Omnibus qui joint à la fin toute une documentation illustrée des maîtres du « crime impossible », de 1838 à 1945, ainsi que la biographie de l’écrivain, par Philippe Mellot. L’esthétique classique et riche des livres anciens, avec les gravures de la première édition en 1908, ajoute un charme supplémentaire à la lecture…
Ce roman paru en feuilleton dans le journal L’Illustration un an auparavant, est la première aventure du jeune Rouletabille.
Grande énigme qui fut saluée et reconnue par les maîtres du genre, elle est machiavélique dans toute sa construction et mène à un final renversant.
L’enquête n’est pas facile et Mathilde ne fait rien pour aider. On voit qu’elle a un secret et qu’elle est soutenue en cela par Darzac qui est à son tour inculpé. Au fil des pages, les écrits du narrateur qui suit Rouletabille se complètent avec les rapports de justice, et l’écheveau se dénoue lentement, accusant parfois quelques longueurs narratives, et pourtant bien maîtrisées. Les personnages, l’époque, les décors, la plongée dans la fin du XIXe siècle est très intéressante, et le XXe est amené par la jeunesse, la fougue, la vivacité intellectuelle, de Rouletabille.

Un classique excellent, à lire ou à relire dans cette belle version.

 

 

 

 

A l’aveuglette


Juin en Angleterre avec Lou et Cryssilda
et
une année en Angleterre avec Titine

 

A l’aveuglette
Patricia Wentworth

 

Pour rendre service à son amie Ivy Hodge, Flossie Palmer accepte de se faire passer pour elle durant un mois chez Miss Rowland, où elle travaillera comme domestique. Dès le premier jour, la cuisinière l’informe des us draconiens de la maison, car toutes les tâches sont orchestrées à heures fixes et les rituels sont immuables. Miss Rowland étant malade et alitée, rien ne doit venir la perturber. Seule son infirmière personnelle fera le lien entre elle et la domesticité.
Le soir même, après avoir apporté le chocolat chaud, Flossie s’aventure dans un salon où elle admire tout le décorum. Les tentures en velours, les objets, le piano et l’immense miroir à l’encadrement surchargé de dorure.  Mais en poussant sa visite dans les profondeurs de la pièce, elle s’aperçoit que le miroir a fait place à un trou béant et que de cette bouche noire en sort un homme à la tête ensanglantée et au regard cruel. L’épouvante est telle que Flossie s’enfuie de la maison en courant…

Miles Clayton se retrouve sans argent après s’être fait voler juste avant d’arriver à Londres. Secrétaire particulier et homme de confiance d’un riche homme d’affaire New-yorkais, Mr. Macintyre, il a été mandaté pour rechercher une jeune fille de dix-neuf ans dont il ne connaît ni le nom, ni le prénom. Nièce et future héritière de son employeur, il n’a pour s’orienter qu’un vieux courrier, une adresse et le nom de la personne qui les hébergeait, elle et sa mère, vingt ans auparavant.

En pleine nuit, Flossie et Miles se retrouvent prisonniers d’un épais brouillard, incapables de faire un pas de plus. A l’abri dans l’embrasure d’une stèle, tous deux vont lier connaissance ; Flossie racontant le pourquoi de sa fugue et Miles expliquant sa mission. Miles la sermonnant d’être partie sans chercher une explication sur la fantasque apparition et Flossie se moquant de son impossible affaire qui s’annonce pire que de chercher une aiguille dans une meule de foin.
Rapprochement éphémère, au lendemain matin chacun s’en retourne à sa vie sans songer qu’un jour ils se reverront. Et c’est lors d’un dîner que tous deux auront la surprise de se rencontrer à nouveau ;
l’un en tant que convive, l’autre en tant que serveuse…

Pris en charge par un vieil ami, Ian Gilmore, agent au ministère des Affaires étrangères, Miles commence son enquête en mettant des annonces dans les journaux et Flossie qui a réintégré la maison de sa tante qui l’a élevée, apprend que son amie Ivy est entre la vie et la mort depuis qu’on a repêché son corps dans la Tamise. En retrouvant Miles, Flossie n’hésite pas à lui en parler...

Chez Miss Rowland, une nouvelle domestique a pris la place. Kay Moore, une jeune orpheline, semble tout aussi aventureuse et émotive que Flossie car en voyant la vieille dame pour la première fois, un malaise s’empare d’elle, et lorsque la nuit  d’étranges bruits la réveillent, elle ne manque pas d’aller fureter dans les couloirs. Elle découvre alors que les communs où logent les domestiques sont fermés à clef et qu’il lui est impossible de circuler ailleurs.

Flossie, Kay, Miles et une pléthore d’autres personnages sont pris dans une toile qui les mène tous vers une même histoire et un collier de perles noires. Des chassés-croisés providentiels, telles des synapses, les mettent en relation dès les premiers paragraphes et donnent un rythme impétueux, mais aussi théâtral et alambiqué. Ce n’est que dans la dernière partie que les intrigues prennent du sens, lorsque les mystères se dévoilent.
Qui est Miss Rowland ? Qui est l’homme passe-miroir ? Où est l’héritière ? et tant d’autres questions que l’on se ressasse…
Pour ce roman, Patricia Wentworth a été publiée en 1935. Elle plonge le lecteur dans une ambiance très anglaise du début du XXè siècle et décrit une classe ouvrière qui se montre moins timorée avec la bourgeoisie, plus impertinente. Un peu de romance et de noirceur gothique étoffent une intrigue policière assez plaisante. Il me plairait donc bien de lire d’autres livres de l’auteur…
A suivre !

Tableau de Albert Braitou-Sala

 

 

L’interprète Grec

Challenge Polars de Sharon,
une année en Angleterre avec Titine, et le
Mois anglais avec Lou et Cryssilda.

 

 

L’interprète Grec
Les mémoires de Sherlock Holmes

Arthur Conan Doyle

 

« J’en étais arrivé à croire qu’il était orphelin et sans famille, mais un jour je fus tout étonné qu’il se mit à me parler de son frère. »

Un soir d’été, John Watson apprend que son ami Sherlock Holmes a un frère plus doué que lui pour l’observation, et qu’il est peut-être encore plus froid, secret et insociable. A la suite de cette révélation, tous deux partent pour le club Diogène où Mycroft les attend avec son voisin, Monsieur Melas, un interprète Grec qui doit leur relater une étrange histoire.
Embauché par un certain Harold Latimer qui se montre rapidement menaçant quand il lui intime la plus grande discrétion sur cette affaire, Melas est chargé de traduire une conversation entre trois hommes ; Latimer, un comparse à lui et un homme qui semblerait être tenu prisonnier, le visage caché par des bandelettes. Melas, entre les questions des uns et les réponses de l’autre, comprend que l’homme est en fait Paul Kratidès, un Grec venu d’Athène pour voir sa sœur Sophie. Pourquoi le séquestre-t’on ? et qui sont ses geôliers ?
Renvoyé à Londres après qu’un incident ait interrompu la traduction, Melas ne tarde pas à confier à Mycroft les faits qui continuent à le bouleverser et à le maintenir dans l’angoisse.

Pour Watson, Holmes et Mycroft, les déductions vont bon train et toutes les mènent vers la même conclusion. Paul Kratidès court un grand danger ! et peut-être bien que Melas, aussi…

Cette petite nouvelle extraite des mémoires de Sherlock Holmes donne la part belle à John Watson et Mycroft Holmes. Elle n’est pas une histoire très passionnante, même si le dénouement se montre cruel pour l’un des personnages. On ne retiendra que le début lorsqu’on découvre que Holmes a un frère aîné qui est aussi intelligent que lui et bien plus bourru. Il voue à son égard de l’admiration et dit franchement que ses facultés d’observation sont supérieures aux siennes. Cependant, Mycroft est beaucoup moins intrépide que son cadet et moins réactif. Leurs caractères se sont forgés dès leurs enfances, dans une famille conservatrice de petits propriétaires de campagne. A leur arbre généalogique, ils comptent une grand-mère française qui fut la sœur du peintre Vernet.
A travers les chroniques et l’intimité rapportée, il est intéressant de dresser petit à petit le portrait de Sherlock Holmes. Le cher détective prend alors une dimension plus humaine…

Des enquêtes à lire et à relire !

 


Scène extraite de la série télévisée Sherlock Holmes – Granada Télévision

 

 

Le rituel des Musgrave


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Challenge Polars de Sharon

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Le rituel des Musgrave
Arthur Conan Doyle

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John Watson n’a guère de miséricorde envers Sherlock Holmes lorsqu’il nous confie ses petits défauts. Dans sa vie privée, le grand détective est  brouillon, négligent et complètement incohérent. On peut découvrir n’importe quoi dans le beurrier ou dans une soupière… et il est incapable de ranger correctement ses papiers. On le savait déjà souffrant de mélancolies, mais dans l’introduction de cette nouvelle, nous le découvrons très désordonné.

C’est dans le chaos des archives à classer, où Watson harangue son ami en le priant de de ranger les documents de ses affaires dans des cartons, que le rituel des Musgrave refait surface. L’histoire des Musgrave, la troisième enquête de ses débuts, est chroniquée dans les Mémoires, juste après « Le Gloria Scott ». Toutes deux font référence à des camarades de classe qui avaient sollicité Holmes pour résoudre des énigmes concernant leurs familles.
Sorti de son abattement, Holmes ouvre une petite boîte en bois dans laquelle se trouve des objets variés : un vieux papier, une clé en cuivre, une cheville de bois, une pelote de ficelle et trois sous en métal rouillé. De ces pièces, souvenirs de ce qu’il nomme « Le rituel des Musgrave », le mystère s’établit avec ce vieux papier du XVIIè siècle que l’on transmet aux générations successives :

« – À qui appartenait-elle? – À celui qui est parti.
– Qui doit l’avoir? – Celui qui viendra.
– Quel était le mois? – Le sixième en parlant du premier.

– Où était le soleil? – Au-dessus du chêne.
– Où était l’ombre? – Sous l’orme.
– Comment y avancer? – Au nord par dix et par dix, à l’est par cinq et par cinq, au sud par deux et par deux, à l’ouest par un et par un et ainsi dessous.
– Que donnerons-nous en échange? – Tout ce qui est nôtre.
– Pourquoi devons-nous le donner? – À cause de la confiance. »

Holmes raconte…

Décidé à gagner sa vie en tant que détective, le jeune Holmes reçoit la visite de Reginal Musgrave, un ancien camarade qui est l’héritier d’une vieille lignée d’aristocrates. A la mort de son père il a hérité du domaine de Hurlstone, des terres et une vieille bâtisse immense « pleine de coins et de recoins » qui nécessite une importante domesticité. Parmi les serviteurs, le majordome Brunton est un personnage étrange qui ne semble pas être à sa place. Homme très intelligent, beau, séducteur, il aurait pu prétendre à d’autres fonctions que celles qu’il occupe. Le cas qui amène Reginal à consulter Holmes concerne justement Brunton qui a disparu sans laisser de message, après avoir commis un impair impardonnable en prenant ses aises dans la bibliothèque. Lorsque Reginal l’avait surpris, il compulsait comme envouté, les vieux papiers de la famille, dont le rituel des Musgrave. Renvoyé avec un sursis de huit jours, Brunton avait perdu sa morgue et s’était montré obséquieux comme jamais. Mais deux jours plus tard, sa fiancée Rachel Howells, une femme de chambre, avait annoncé son brusque départ dans une crise d’hystérie ; Brunton ayant tout laissé dans sa chambre, vêtements et argent.
Ce que rapporte Reginal ne se limite pas à ce seul évènement. Quelques jours après la disparition de Brunton, Rachel qui était tombée malade disparaissait à son tour.

Pour Holmes, les prémices de l’enquête débutent dans l’énigme du rituel… à l’ombre d’un vieil orme de dix-neuf mètres de haut, de sept mètre de circonférence et datant de l’époque de Guillaume le Conquérant.

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A travers les souvenirs de Holmes, cette nouvelle si courte est une des plus denses. L’histoire nous mène dans une chasse au trésor et les disparitions de Brunton et Rachel passent au second plan jusqu’à la chute finale. L’aventure est captivante le trésor vous surprendra !
Des enquêtes à recommander…

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Dans un autre genre, l’épisode de la série télévisée avec Jéremy Brett, chez Belette

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La figure jaune


Challenge polars avec Sharon

40 nouvelles pour mars, avec Aymeline
Et mois Kiltissime de Cryssilda
Mes lectures avec Sherlock…

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La figure jaune
Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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« Norbury »… Le train mène Holmes et Watson vers cette ville du sud de Londres pour enquêter sur une affaire annoncée « délicate ». Le client Grant Munro, un prospère marchand de houblon, pense que sa jeune épouse pourrait être victime d’un chantage manigancé par son nouveau voisin, un homme secret qu’il n’a jamais vu et qu’elle rencontre en cachette. Depuis quelques jours, malgré le caractère enjoué et aimant de sa femme, une aura de mystères l’assombrit et émousse leur relation qui était jusqu’à présent idyllique.
Chantage ou infidélité, Munro souhaite que Holmes lui donne sa vision de l’histoire.

Watson débute cette chronique en précisant qu’il a toujours voulu se montrer honnête dans ses écrits et que sur la douzaine d’enquêtes où son ami s’est montré moins brillant qu’à son habitude, celle-ci en faisait partie.
Lorsque Munro se rend au 21 Baker Street, Holmes est dans une phase d’ennui profond où toute intrigue est bonne à prendre. Ce n’est pas la banale histoire d’un adultère qui émoustillera sa curiosité, mais un fait étrange, suffisamment curieux pour attirer son attention et le faire se déplacer… En approchant de la maison de son voisin, Munro a vu un personnage terrifiant derrière l’une des fenêtres. Le terme exact qu’il emploie est : « inhumain ». L’énigme prend alors une dimension bien ténébreuse…
Je vous laisse le plaisir de découvrir le fin mot de l’histoire qui est comme toujours, étonnant sur bien des points, surtout dans cette Angleterre très conservatrice. Vous partagerez alors la surprise avec Holmes et Watson !

« – Watson, si jamais vous avez l’impression que je me fie un peu trop à mes facultés, ou que j’accorde à une affaire moins d’intérêt qu’elle ne le mérite, alors ayez la bonté de me chuchoter à l’oreille : « Norbury ! » Je vous en serai toujours infiniment reconnaissant. »

Des nouvelles à recommander…

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Flamme d’argent

Challenge polars avec Sharon
40 nouvelles pour mars, avec Aymeline
Et mois Kiltissime de Cryssilda
Mes lectures avec Sherlock…

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Les mémoires de Sherlock Holmes
Flamme d’argent, Silver Blaze
Arthur Conan Doyle

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Dans les mémoires, le docteur John Watson continue à nous rapporter les enquêtes de son ami détective Sherlock Holmes. Cette première nouvelle, issue d’un recueil qui en compte douze, raconte la disparition du cheval Silver Blaze et la mort de son entraîneur John Straker.
Dans les landes rugueuses du Dartmoor, les indices mènent à accuser Fitzroy Simpson, un bookmaker qui aurait parié gros sur la course du Wessex Cup. Mais Holmes n’est pas d’accord avec les conclusions de l’inspecteur Gregory et partage ses doutes auprès de Watson. Invités sur place, il en faut peu pour que des suppositions étayent un tout autre scénario.
Le mystère est absolu, on ne sait vers qui se diriger, et le paysage est lugubre ; Watson écrit « un horizon monotone », mais beau. Fougères, marécages, ronces, cailloux, c’est la même terre que nous lirons plus tard dans le roman « Le chien des Baskerville ».
Le propriétaire, le colonel Ross ? Madame Straker ? L’entraîneur Silas Brown ? ou des bohémiens ? Ce sont les empreintes des sabots de Silver Blaze qui vont renseigner Holmes sur le caractère surprenant de l’affaire.

« Surprenant » est vraiment le mot car, je suis certaine que le dénouement déconcertera tout amateur d’intrigue ! L’originalité de l’histoire ne réside par dans un suspense haletant, ni dans l’ingéniosité criminelle, mais plus dans un sort du destin, une vengeance fatale…
Je vous recommande toutes les enquêtes de Sherlock Holmes !
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