Le rituel des Musgrave


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Policier avec Sharon

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Le rituel des Musgrave
Arthur Conan Doyle

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John Watson n’a guère de miséricorde envers Sherlock Holmes lorsqu’il nous confie ses petits défauts. Dans sa vie privée, le grand détective est  brouillon, négligent et complètement incohérent. On peut découvrir n’importe quoi dans le beurrier ou dans une soupière… et il est incapable de ranger correctement ses papiers. On le savait déjà souffrant de mélancolies, mais dans l’introduction de cette nouvelle, nous le découvrons très désordonné.

C’est dans le chaos des archives à classer, où Watson harangue son ami en le priant de de ranger les documents de ses affaires dans des cartons, que le rituel des Musgrave refait surface. L’histoire des Musgrave, la troisième enquête de ses débuts, est chroniquée dans les Mémoires, juste après « Le Gloria Scott ». Toutes deux font référence à des camarades de classe qui avaient sollicité Holmes pour résoudre des énigmes concernant leurs familles.
Sorti de son abattement, Holmes ouvre une petite boîte en bois dans laquelle se trouve des objets variés : un vieux papier, une clé en cuivre, une cheville de bois, une pelote de ficelle et trois sous en métal rouillé. De ces pièces, souvenirs de ce qu’il nomme « Le rituel des Musgrave », le mystère s’établit avec ce vieux papier du XVIIè siècle que l’on transmet aux générations successives :

« – À qui appartenait-elle? – À celui qui est parti.
– Qui doit l’avoir? – Celui qui viendra.
– Quel était le mois? – Le sixième en parlant du premier.

– Où était le soleil? – Au-dessus du chêne.
– Où était l’ombre? – Sous l’orme.
– Comment y avancer? – Au nord par dix et par dix, à l’est par cinq et par cinq, au sud par deux et par deux, à l’ouest par un et par un et ainsi dessous.
– Que donnerons-nous en échange? – Tout ce qui est nôtre.
– Pourquoi devons-nous le donner? – À cause de la confiance. »

Holmes raconte…

Décidé à gagner sa vie en tant que détective, le jeune Holmes reçoit la visite de Reginal Musgrave, un ancien camarade qui est l’héritier d’une vieille lignée d’aristocrates. A la mort de son père il a hérité du domaine de Hurlstone, des terres et une vieille bâtisse immense « pleine de coins et de recoins » qui nécessite une importante domesticité. Parmi les serviteurs, le majordome Brunton est un personnage étrange qui ne semble pas être à sa place. Homme très intelligent, beau, séducteur, il aurait pu prétendre à d’autres fonctions que celles qu’il occupe. Le cas qui amène Reginal à consulter Holmes concerne justement Brunton qui a disparu sans laisser de message, après avoir commis un impair impardonnable en prenant ses aises dans la bibliothèque. Lorsque Reginal l’avait surpris, il compulsait comme envouté, les vieux papiers de la famille, dont le rituel des Musgrave. Renvoyé avec un sursis de huit jours, Brunton avait perdu sa morgue et s’était montré obséquieux comme jamais. Mais deux jours plus tard, sa fiancée Rachel Howells, une femme de chambre, avait annoncé son brusque départ dans une crise d’hystérie ; Brunton ayant tout laissé dans sa chambre, vêtements et argent.
Ce que rapporte Reginal ne se limite pas à ce seul évènement. Quelques jours après la disparition de Brunton, Rachel qui était tombée malade disparaissait à son tour.

Pour Holmes, les prémices de l’enquête débutent dans l’énigme du rituel… à l’ombre d’un vieil orme de dix-neuf mètres de haut, de sept mètre de circonférence et datant de l’époque de Guillaume le Conquérant.

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A travers les souvenirs de Holmes, cette nouvelle si courte est une des plus denses. L’histoire nous mène dans une chasse au trésor et les disparitions de Brunton et Rachel passent au second plan jusqu’à la chute finale. L’aventure est captivante le trésor vous surprendra !
Des enquêtes à recommander…

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Dans un autre genre, l’épisode de la série télévisée avec Jéremy Brett, chez Belette

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La figure jaune


Challenge polars avec Sharon

40 nouvelles pour mars, avec Aymeline
Et mois Kiltissime de Cryssilda
Mes lectures avec Sherlock…

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La figure jaune
Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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« Norbury »… Le train mène Holmes et Watson vers cette ville du sud de Londres pour enquêter sur une affaire annoncée « délicate ». Le client Grant Munro, un prospère marchand de houblon, pense que sa jeune épouse pourrait être victime d’un chantage manigancé par son nouveau voisin, un homme secret qu’il n’a jamais vu et qu’elle rencontre en cachette. Depuis quelques jours, malgré le caractère enjoué et aimant de sa femme, une aura de mystères l’assombrit et émousse leur relation qui était jusqu’à présent idyllique.
Chantage ou infidélité, Munro souhaite que Holmes lui donne sa vision de l’histoire.

Watson débute cette chronique en précisant qu’il a toujours voulu se montrer honnête dans ses écrits et que sur la douzaine d’enquêtes où son ami s’est montré moins brillant qu’à son habitude, celle-ci en faisait partie.
Lorsque Munro se rend au 21 Baker Street, Holmes est dans une phase d’ennui profond où toute intrigue est bonne à prendre. Ce n’est pas la banale histoire d’un adultère qui émoustillera sa curiosité, mais un fait étrange, suffisamment curieux pour attirer son attention et le faire se déplacer… En approchant de la maison de son voisin, Munro a vu un personnage terrifiant derrière l’une des fenêtres. Le terme exact qu’il emploie est : « inhumain ». L’énigme prend alors une dimension bien ténébreuse…
Je vous laisse le plaisir de découvrir le fin mot de l’histoire qui est comme toujours, étonnant sur bien des points, surtout dans cette Angleterre très conservatrice. Vous partagerez alors la surprise avec Holmes et Watson !

« – Watson, si jamais vous avez l’impression que je me fie un peu trop à mes facultés, ou que j’accorde à une affaire moins d’intérêt qu’elle ne le mérite, alors ayez la bonté de me chuchoter à l’oreille : « Norbury ! » Je vous en serai toujours infiniment reconnaissant. »

Des nouvelles à recommander…

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Flamme d’argent

Challenge polars avec Sharon
40 nouvelles pour mars, avec Aymeline
Et mois Kiltissime de Cryssilda
Mes lectures avec Sherlock…

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Les mémoires de Sherlock Holmes
Flamme d’argent, Silver Blaze
Arthur Conan Doyle

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Dans les mémoires, le docteur John Watson continue à nous rapporter les enquêtes de son ami détective Sherlock Holmes. Cette première nouvelle, issue d’un recueil qui en compte douze, raconte la disparition du cheval Silver Blaze et la mort de son entraîneur John Straker.
Dans les landes rugueuses du Dartmoor, les indices mènent à accuser Fitzroy Simpson, un bookmaker qui aurait parié gros sur la course du Wessex Cup. Mais Holmes n’est pas d’accord avec les conclusions de l’inspecteur Gregory et partage ses doutes auprès de Watson. Invités sur place, il en faut peu pour que des suppositions étayent un tout autre scénario.
Le mystère est absolu, on ne sait vers qui se diriger, et le paysage est lugubre ; Watson écrit « un horizon monotone », mais beau. Fougères, marécages, ronces, cailloux, c’est la même terre que nous lirons plus tard dans le roman « Le chien des Baskerville ».
Le propriétaire, le colonel Ross ? Madame Straker ? L’entraîneur Silas Brown ? ou des bohémiens ? Ce sont les empreintes des sabots de Silver Blaze qui vont renseigner Holmes sur le caractère surprenant de l’affaire.

« Surprenant » est vraiment le mot car, je suis certaine que le dénouement déconcertera tout amateur d’intrigue ! L’originalité de l’histoire ne réside par dans un suspense haletant, ni dans l’ingéniosité criminelle, mais plus dans un sort du destin, une vengeance fatale…
Je vous recommande toutes les enquêtes de Sherlock Holmes !
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L’inconnue de Queen’s Gate

Il était quatre fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Challenge polars chez Sharon

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linconnue-du-queens-gateL’inconnue de Queen’s Gate
Une enquête de Beth Huntly
Anne Beddingfeld

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L’auteur Anne Beddingfeld est connue aussi sous le nom de plume d’Anne Martinetti qui a écrit de nombreux livres de recettes (« Crèmes et châtiments », « La sauce était presque parfaite », « Alimentaire, mon cher Watson »…). Dans cette série, elle met en scène Beth Huntly, qui se voit du jour au lendemain promue au rang de cuisinière lorsque celle qui occupait ce poste, dans l’honorable famille des Hewes, se retrouve à l’hôpital de Saint-Bartholomew’s…

1899, Londres,

A un mois de Noël, la jeune Beth se doit de remplacer Mme Hudson derrière les fourneaux. Cette opportunité est à saisir et elle va tout faire pour conserver la place. Une cuisine un peu plus moderne, des plats aux consonances françaises, une créativité audacieuse, elle saura se montrer à la hauteur de la tâche et séduire ses patrons.
Mais un soir, alors qu’elle s’est retirée dans le jardin pour fumer un cigare, la tête pleine de ces idées gourmandes qu’elle voudrait cuisiner pour les fête, elle découvre le cadavre d’une femme.
Aux premiers rapports et sur les lieux du crime, le superintendant établit que la victime, malgré ses beaux atouts, devait être une prostituée ; un tatouage, des bottines rouges et une forte odeur d’alcool  le laissent supposer. Le deuxième constat considère l’arme avec laquelle le meurtrier l’a tuée. Un kriss malais désigne très vite un suspect. Lord Hewes a pour valet un Indien, Rajiv, qui en était le propriétaire avant qu’il ne le lui offre. Mais cette dernière précision ne rentre pas en compte dans ce jugement hâtif et Rajiv est envoyé en prison.
En peu de temps, les rêves de Beth s’évaporent. Si c’est Lord Hewes le coupable, elle peut se chercher une place ailleurs et oublier ses ambitions. Et si c’est Rajiv… ça ne peut l’être ! Rajiv est son amant, l’homme le plus doux qu’elle connaisse, le plus envoutant aussi. Alors, sans trop réfléchir, elle décide de mener son enquête en parallèle de celle des policiers. Ses investigations la mèneront sur les traces d’une vieille affaire de prostitution enfantine qui n’a jamais pu être jugée et qui mettait en cause des personnalités de la haute société.
Elizabeth Huntly, fille de cuisine fraîchement promue cuisinière et enquêtrice, nous raconte…

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Lectrice-groupie des histoires policières d’Anne Perry, je n’ai pas trouvé dans ce roman les mêmes élans d’intérêts. Je laisse à d’autres cette série.

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Cuisines du Carlton du temps de Mr. Escoffier
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Les quatre

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« British Mysteries » d’Hilde et Lou
et « Agatha Christie » de George

« Le mois anglais » avec Titine, Lou et Cryssilda – 12ème billet

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Un billet particulièrement long ! 12 nouvelles…
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Agatha Christie

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Cette histoire n’a pas une construction ordinaire. Agatha Christie a écrit plusieurs nouvelles sur une organisation criminelle appelée « Les Quatre », puis les a rassemblées en un livre. Chacune de ces histoires, qui sont au nombre de douze, a son intrigue propre avec des chapitres et un dénouement. Se mêle aux enquêtes policières, tout le suspens des romans d’espionnage…

Juste avant la seconde guerre mondiale…
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1. L’hôte imprévu et L’homme de l’asile

Après une absence de près d’un an et demi, le capitaine Hastings revient à Londres pour quelques mois. Il se fait une joie de retrouver son ami Hercule Poirot, le célèbre détective, mais alors qu’il débarque chez lui à l’improviste pour lui faire la surprise, il découvre Poirot sur le point de partir pour Rio. Les retrouvailles sont joyeuses, turbulentes (des gamins !) et assez expéditives car le train qui doit le mener au bateau n’attendra aucun retardataire…

En pleine conversation sur le nom d’un groupuscule qui intrigue Poirot, les « Quatre Grands », ils entendent un bruit dans la chambre d’à côté et découvre un homme groggy qui est passé par la fenêtre. L’inconnu, d’après le médecin qui arrive en urgence, souffre d’un choc nerveux. Il répète sans discontinuer qu’il doit voir Hercule Poirot au 14, Farraway Street. Dans l’impossibilité de communiquer avec lui, on lui donne un crayon et un papier sur lequel il trace le chiffre « 4 »… ce qui n’explique rien. Poirot, maintenant très en retard, continue à préparer ses bagages et laisse l’intrus aux bons soins d’Hastings, quand soudain, il est interrompu… L’homme se met à réciter… « Li Chang Yen peut-être considéré comme le cerveau des Quatre Grands. Il en est la force motrice, le maître. C’est pourquoi je l’appelle le Numéro Un. Le Numéro Deux est rarement désigné par son nom. Il est représenté par un S barré d’un double trait vertical – le symbole du dollar – ou encore par deux bandes horizontales et une étoile. On peut donc en conclure que c’est un citoyen américain et qu’il incarne la puissance financière. Le Numéro Trois est, sans aucun doute, une femme, de nationalité française. Peut-être est-elle de ces courtisanes du demi-monde, mais on ne sait rien de précis sur elle. Le Numéro Quatre… Le « Destructeur »... pour retomber aussitôt en catalepsie.
Il est certain que cette tirade a de quoi intéresser Poirot, lui qui justement voulait se renseigner sur la bande des Quatre, mais bousculé par le temps, il ne prend pas la peine de faire certains rapprochements et se fait mener à la gare.

C’est à ni rien comprendre ! Un homme rentre par effraction chez lui et débite des paroles qui n’ont ni queue ni tête. Il le laisse en transe à sa logeuse et prend le train pour une affaire dont il ne sait strictement rien si ce n’est qu’elle est « royalement payée ». Son obsession étant de ne pas arriver en retard et de ne pas se désavouer en rompant la promesse qu’il aurait faite à ce milliardaire du bout du monde, Abe Ryland. On pourrait croire que ses petites cellules grises se sont disloquées, mais… Dans un sursaut de lucidité, Hercule Poirot réinterprète le tout et fait demi-tour pour découvrir, trop tard, l’inconnu décédé.

Hastings nous raconte cette étrange histoire en essayant de ne rien omettre. Le début qui paraît compliqué ne l’est que si peu en comparaison de la suite qui va se révéler extrêmement plus complexe. Lorsqu’ils constatent le décès, Poirot fait intervenir l’inspecteur Japp qui apporte des éclaircissements à cet embrouillamini. Car un nouveau personnage se faisant passer pour un gardien d’Hanwell, un asile d’aliénés, est rentré sur la scène pour réclamer le cadavre. C’est Le Destructeur de la bande des Quatre, celui qui ratisse le terrain.

Poirot solennel déclare à Hastings : « C’est un duel à la mort, mon ami. Vous et moi d’un côté, les Quatre de l’autre. Ils ont gagné la première partie, mais ils ont échoué dans leur plan pour m’éloigner. Désormais, ils auront affaire à Hercule Poirot ! ».
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2. Où nous en apprenons davantage sur Li Chang Yen et De l’importance d’un gigot

Sa susceptibilité étant largement égratignée, Poirot s’investit dans l’enquête et décide de rencontrer Monsieur John Ingles, un fonctionnaire à la retraite, bien informé des affaires chinoises. En commençant par se renseigner sur le cerveau de cette structure criminelle, Li Chang Yen, il pense pouvoir rassembler les nombreuses ramifications qui se rattachent à lui et démanteler la bande.
Monsieur Yen est un puissant mandarin qui tire les ficelles économiques et politiques de son pays. Son empire s’étend également en Russie, où l’on dit qu’il avait une emprise sur Lénine et Trotski. Son but suprême est de tout contrôler.

Cette visite enrichit le dossier et va déboucher sur un autre protagoniste qui a vécu à Shangaï, Jonathan Whalley, un « vieux loup de mer » très affranchi. Ce dernier a écrit une lettre à Ingles pour lui faire part de ses craintes sur les Quatre et de son désir de quitter l’Angleterre. Menacé, il est cloîtré chez lui et ne peut retirer de l’argent pour fuir.

Sans plus tarder, Poirot, toujours assisté d’Hastings, accompagne donc Ingles à Hoppaton pour rencontrer le vieil homme. Avant même d’arriver sur les lieux, on leur demande s’ils viennent pour le meurtre. La cuisinière de ce pauvre Whalley l’a découvert mort dans une flaque de sang. Une fois encore, Le Destructeur a une avance sur Poirot qui va devoir prouver l’innocence de l‘homme à tout faire, ancien repris de justice qu’on vient d’inculper.

3. Disparition d’un savant et La Femme dans l’escalier

Cette enquête qui n’en finit pas de s’étaler, prend une autre envergure quand l’inspecteur Japp présente à Poirot le capitaine Kent des services secrets américains venu questionner un savant sur ses théories concernant un raz de marée qui a fait naufrager au large des côtes américaines de nombreux destroyers et torpilleurs. Le savant ayant disparu, on confie à Poirot le rôle de le retrouver… C’est en France auprès de Madame Olivier une chimiste de grande renommée que Poirot continue l’investigation. Il aura la surprise également de revoir deux personnes connues ; l’inspecteur Giraud et la Comtesse Vera Rossakoff.
Comme il l’annonce à Hastings, l’étau se resserre. et les menaces d’intimidation qu’il reçoit en attestent.

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4. Les Voleurs de radium

Les Quatre décident de sortir de l’ombre en essayant d’intimider Poirot. Mais le fin limier sait qu’en tissant une toile et en se montrant patient, il aura plus de chance de les capturer.
Dans le laboratoire de Madame Olivier, des cambrioleurs ont voulu s’emparer d’un morceau de radium qu’ils n’ont pas découvert. Anticipant sur leur prochaine visite, Poirot se tient sur ses gardes et organise un stratagème pour les contrer. Toutefois, rien ne va se passer comme prévu… et tel est pris qui croyait prendre.
(Cette nouvelle est excellente !)

5. Dans la maison de l’ennemi

A ce stade, Poirot découvre l’intelligence de cette organisation qui le devance sur tous les points. Sur un échiquier, ses pions seraient en mauvaise posture.
De retour à Londres, il a dans son courrier une lettre de Abe Ryland où il écrit son mécontentement sur son désistement pour Rio. Depuis quelques temps déjà, Poirot soupçonne ce multimilliardaire d’être le numéro deux des Quatre Grands, et quand il apprend sa venue en Angleterre pour rencontrer des politiciens, il songe à une nouvelle stratégie. Ryland recherche un secrétaire capable de lui décortiquer l’étiquette de la haute société britannique… c’est très bien car Poirot en a un sous la main ! Hastings va jouer le rôle, et pour cela, il va devoir, au préalable, passer entre les mains d’un maquilleur….
Dans cet épisode, Hastings, sous le nom d’Arthur Neville, va être livré « dans la maison de l’ennemi » et être les yeux de Poirot, mais ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il va servir d’appât pour l’un et pour l’autre !

6. Le Mystère du jasmin jaune et Notre enquête à Croftlands

Ça ressemble de plus en plus à une guerre, et jusqu’à présent les batailles sont toutes remportées par Les Quatre, désespérant Hastings qui se montre moins confiant que son ami Poirot. Comme c’est lui qui narre les histoires, il ne s’en prive pas de le dire.
« Poirot prenait mes récriminations à la légère :

– Pour le moment, Hastings, ils rient, c’est vrai. Mais comme dit le proverbe : « Rira bien qui rira le dernier ».
Obsédé par Les Quatre Grands, Poirot se donne corps et âme à son Graal. Dans un accord tacite avec Japp, il élucide pour lui quelques enquêtes et l’inspecteur lui fournit des informations sur Les Quatre, comme l’affaire du « Mystère du jasmin jaune ».
Monsieur Paynter, homme fortuné de cinquante-cinq ans, grand voyageur qui écrivait un livre « La main occulte de la Chine », a été retrouvé mort dans son bureau. Le décès toujours inexpliqué, Poirot et Hastings retrouvent Japp sur les lieux pour mener l’enquête. Accident, suicide, meurtre ? Des suspects… l’héritier, le valet de chambre chinois Ah Ling… Poirot voit une fois de plus la marque des Quatre, et il n’a pas tort !
Comment et qui ? On retrouve dans cette petite histoire toutes les subtilités des plus grandes.

7. Un problème d’échecs

Un mois est passé depuis le crime de Croftlands et Hastings inquiet voit Poirot douter de ses capacités. Pour le distraire et le sortir de ses « idées fixes », Japp lui parle de sa nouvelle affaire qui capte aussitôt l’attention des petites cellules grises belges. Lors d’une partie d’échecs entre deux champions, un Russe et un Américain, l’un des deux joueurs s’est écroulé mort sur le plateau. Crise cardiaque ou empoisonnement, l’autopsie doit le révéler…
Serait-ce si surprenant d’apprendre que derrière tout ça, Le Destructeur œuvre une fois de plus ? A croire que
Les Quatre. sont à l’origine de toutes les affaires criminelles qui passionnent Poirot.

8. L’Appât et La Souris prise au piège

C’est l’hiver… Déjà six mois qu’Hastings est aux côtés de Poirot, délaissant sa femme restée en Argentine. Mais il ne peut abandonner son ami, seul face aux Quatre Grands.
Le temps paraît long à attendre une quelconque manigance, toutefois, chose rassurante, Poirot semble confiant. Mais un jour, alors que Poirot s’absente pour une course, Hastings reçoit un télégramme signée d’un « 4 » qui lui annonce que sa femme, la douce Cendrillon, a été kidnappée. On lui demande de suivre le messager du mot, sans informer Poirot.
Hasting va servir d’appât.

9. La Blonde oxygénée

Poirot établit une liste de jeunes gens qui pourraient correspondre au Destructeur, fils de bonne famille, aventuriers, comédiens et sans aucune morale, et fait paraître une annonce pour obtenir des informations. De cette liste, quatre noms l’intéressent, dont celui de Claude Darell.
A l’étude de son notaire, il rencontre Miss Monro, une vieille amie de Darell, comédienne au chômage, qui lui parle longuement de Darell. Bavarde, elle ne se fait pas prier pour décrire son physique, son caractère, ses petites manies, son talent pour interpréter tous les personnages… Elle est même prête à leur donner une photo…
L’étau se resserre.

10. Le Terrible Malheur

Les Quatre Grands ne sont pas des personnages des contes et légendes. Poirot décide de tout raconter au ministre de l’Intérieur de sa Majesté et, profitant de la visite du président du Conseil français, il demande une entrevue. Sur le ton de la plaisanterie, il dit à Hastings que s’il venait à mourir, d’autres personnes seraient au courant…
Ce que Poirot présage n’est pas de bonne augure. Il en arrive même à vouloir contacter son frère jumeau qui habite à Spa en Belgique. Et c’est pour nous, et Hastings, l’occasion de connaître cette parenté qu’il dévoile pour la première fois.
A peine rentrés, ils reçoivent la visite d’une infirmière qui soupçonne la femme infidèle de son patient de vouloir la mort de son mari qui, lui même, se sent menacé par les quatre. Les quatre ? Femme, médecin, fils, dame de compagnie ? ou… Les Quatre Grands ? Poirot et Hastigns sont invités au domaine pour enquêter et découvriront bien trop tard le traquenard, une grande tragédie…
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11. Le Chinois agonisant
12. Le Numéro Quatre gagne une manche et Dans le Felsenlabyrinth

Sans trop raconter le dénouement de l’épisode précédent, il faut préciser qu’Hastings se retrouve seul pour continuer la traque des Quatre. Mais les avertissements, qu’ils soient amicaux ou inamicaux, puis les chantages, ne l’intimident guère, obnubilé qu’il est par sa vengeance. Poirot a fait de cette affaire sa croisade, Hastings la reprend à son compte.
Dans ces deux dernières nouvelles, les évènements s’enchaînent et tout est détaillé pour maintenir captif le lecteur. Hastings, narrateur un peu naïf, nous débite les faits à travers sa vision des choses, bien souvent tronquées pour notre plus grand plaisir !

Qui aura le dernier mot ? Poirot, bien sûr !
« La grande affaire de ma vie est terminée. Après celle-ci, n’importe quelle autre me paraîtrait insipide. Non, je vais prendre ma retraite. j’irai peut-être planter des courges ! Je pourrais même me marier et m’installer ! »
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Vous n’avez certainement pas lu ce billet interminable, le plus long de ce blog, mais sachez que j’ai pris plaisir à l’écrire et à m’attarder sur chacune des nouvelles. Elles sont toutes indispensables au scénario, un tissage finement monté.
Conan Doyle utilise John Watson pour raconter Sherlock Holmes et sa narration, très concrète mais un peu austère, amène une subtile distance entre lui et le lecteur. Avec Hercule Poirot, Agatha Christie a choisi pour quelques aventures le capitaine Arthur Hastings, un homme foncièrement bon, spontané, vaillant et candide. Ce que je peux reprocher à Watson, je ne peux le faire à Hastings qui a une approche plus fantaisiste, pleine d’humour et de dérision.
Il faut donc lire ce roman pour l’intrigue, son genre, mais aussi pour ces deux vedettes qui sont irrésistibles ! … Je vous le recommande, il est captivant.

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Vous trouverez d’autres avis chez Sharon, Alice, Shelbylee,

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27-01-10

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Les cinq pépins d’orange

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«British Mysteries» de Lou et Titine

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 1er billet

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Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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Londres, septembre 1887,

John Watson rassemble ses notes. Il regrette de ne pas avoir retranscrit toutes les enquêtes de son ami Sherlock Holmes même si celles qu’il a racontées sont des plus passionnantes. Certaines ont été faciles à résoudre, d’autres plus ardues. Certaines n’ont pas eu de dénouement et d’autres l’ont rempli d’amertume… comme celle des cinq pépins d’orange.

Septembre est venteux, froid, il n’incite pas à baguenauder dans les rues. Holmes n’attend personne, mais la clochette annonce une visite. C’est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui demande conseil pour une affaire étrange (toutes les affaires sont étranges !), Scotland Yard n’ayant pas voulu le prendre au sérieux.
Son oncle Elias Openshaw qui était parti en Amérique et qui avait combattu dans l’armée sudiste aux côtés du général Lee lors de la guerre de Sécession, est revenu en Angleterre avec une belle fortune. N’ayant aucun héritier, c’est vers son neveu John qu’il s’est retourné, lui demandant de venir le rejoindre dans sa demeure pour faire plus ample connaissance. John découvre alors un homme taciturne, secret et peu sociable, mais s’en accommode très bien les années passant… C’est juste avant la mort d’Elias que John prend mesure de tous les mystères qui l’entouraient. Celui-ci a reçu une lettre avec cinq pépins d’orange. Une phrase sibylline signée KKK et cinq pépins d’orange qui l’ont épouvanté et fait brûler des papiers qu’il tenait cachés.

« Mettez les papiers sur le cadran solaire. »

A ce stade de l’histoire, Watson ne sait que penser et Holmes dodeline de la tête, attentif aux moindres faits… A la mort d’Élias, survenue très rapidement après la missive, l’héritage est allé au père de John, qui moins de deux ans après, reçoit à son tour le même courrier contenant les cinq pépins d’orange… Fatalement, la menace qui fut prise comme une plaisanterie mena le cher homme à sa mort.
John étant le dernier successeur, c’est à présent à lui que la missive est adressée.

Holmes renvoie le jeune homme chez lui et entreprend son enquête sans plus tarder. Mais… mais il est déjà trop tard pour John Openshaw car le KKK va encore frapper. Quelles sont ces trois initiales et quelle est la signification des cinq pépins d’orange ?

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Nouvelle extraite des Aventures de Sherlock Holmes, l’enquête est d’abord sortie dans le Strand Magazine en 1891.
Cette triste affaire relate l’assassinat de trois Openshaw et un dénouement bien affligeant qui restera dans les annales comme un échec cuisant. En effet, même si Holmes élucide le mystère rapidement, il n’a pas su protéger John et n’a pas pu appréhender les criminels. Justice sera faite, mais le châtiment ne sera pas rendu par les hommes.
Ce dernier point chagrine Holmes, plus peut-être que la mort de son client. Watson nous le montre affligé, suspendu entre deux émotions, l’orgueil et la contrition : « Je souffre dans mon orgueil, Watson ! C’est un sentiment mesquin, peut-être, mais je souffre dans mon orgueil. J’en fais à partir de maintenant une affaire personnelle ; si Dieu le veut, je liquiderai ce gang. Dire qu’il est venu pour que je l’aide, et que je l’ai envoyé à la mort !… »

Un plaisir de lecture !

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D’autres billets chez Belette,

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Une affaire d’identité

logo XIXème 2logo british mysteriesUne lecture commune avec Caro, Shelbylee et Aymeline « Challenge XIXème siècle » de Fanny
« Challenge British Mysteries » de Lou et Titine

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Les aventures de Sherlock Holmes
Conan Doyle

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« – La vie, mon cher, est infiniment plus étrange que tout ce que l’esprit humain pourrait inventer ! Il y a certaines choses que nous n’oserions pas concevoir, et qui sont pourtant de simples banalités de l’existence… »

Quand Holmes parle de ces « choses » à son ami Watson, il ne pouvait pas trouver mieux pour justifier ses dires que l’affaire qu’on allait lui proposer… banale et tortueuse.
Mary Sutherland, une jeune femme désespérée, souhaite retrouver son fiancé Hosmer Angel qui a disparu juste avant le mariage, en lui faisant promettre fidélité… quoi qu’il devait arriver. La promesse ne fut pas difficile à donner car Mary voit en Hosmer le preux chevalier de ses rêves. Habitant toujours sous le même toit que sa mère et son beau-père, James Windibank, un homme très sévère qui lui interdit les sorties, elle n’avait jusqu’à présent jamais eu l’opportunité d’être vraiment courtisée. Encouragée par sa mère lors des absences de ce dernier, Mary put mener à bien cette idylle qui devait aller jusqu’aux noces.
Watson se doute bien que tout commence à s’imbriquer dans l’esprit de son ami qui résoudra l’affaire très rapidement… le lendemain.

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Troisième nouvelle des Aventures de Sherlock Holmes, « Une affaire d’identité » est comme les précédentes, courte et machiavélique. Les supercheries, toutes bêtes, médiocres soient-elles, sont le début des affaires criminelles les plus importantes. Le scélérat qui se joue des sentiments de Mary est promu à un avenir des plus noirs. C’est le constat prononcé par Holmes à la fin de l’intrigue.
Si cette affaire n’a pas de panache, elle souligne une fois de plus du formidable raisonnement de notre détective ! Le plus petit indice raconte une histoire… On découvre également dans cette enquête qu’il est prêt à déclarer forfait par compassion. Il ne veut surtout pas révéler la vérité à Mary pour ne pas la peiner davantage.

Toujours aussi séduites par le personnage, enchantées par cette époque, nous continuons notre lecture commune avec « Le mystère du Val Boscombe »… avec Caro, Shelbylee et Aymeline.

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