Soie et vent


Un mois au Japon en compagnie de
Lou et Hilde
Un jeudi haïkus avec Kiona,

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Soie et vent

Kimono au vent
mêle pivoine et dragon
dans un pas de deux.

Tourbillon de soie,
oriflamme tourmentée,
l’assaut est mené.

Les gémissements,
que des froufrous murmurés,
content leurs plaisirs.

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Le marquis d’Anaon, La bête – Tome 4

Logo BD Mango NoirUn rendez-vous de Mango and Co.

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L’île de Brac, tome I
La Vierge Noire, tome II
La Providence, tome III

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la bêteLe marquis d’Anaon
La bête, Tome IV
Scénario de Fabien Wehlmann
Dessin de Matthieu Bonhomme

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Le XVIIIè siècle entre lumières et ombres… en Isère,

La bête était là, les traces sont encore fraîches… Ils la pistent depuis longtemps. De saccages en charniers, elle mène une troupe des dragons du roi dans un petit village à l’orée de la forêt. La bête est venue et a massacré une famille de fermiers, terrorisant tous les villageois qui se sont enfermés dans l’église. La bête, ils l’ont vue ! Elle dépassait la cime des arbres, elle était monstrueuse, entre loup-garou et  grizzli, enragée, vicieuse et satanique…
Le capitaine des dragons écoute les témoignages. A la vue des traces, elle aurait quitté leur juridiction et dépassé la frontière France-Savoie. Pour les soldats, là devrait s’arrêter leur traque, mais tous en font une affaire d’honneur et décident de mener la chasse à titre personnel.
« Qui est prêt à suivre ? »… Tous ! « Un bon dragon ne doit avoir peur de rien ! ».

Jean-Baptiste Poulain, le marquis d’Anaon, accompagne son cousin dans cette poursuite. Taiseux et en retrait, il n’en est pas moins vigilant et curieux des événements. Cette affaire le sort d’un enfer, souvenirs d’un naufrage traumatisant, qui le maintenait cloîtré chez ses parents. Pour capturer la bête, il faudra plus que de l’acharnement, de l’habileté à la gâchette et du courage… Il va falloir se surpasser car le duel sera féroce.
Pour le marquis des âmes en peine, c’est une rédemption inespérée.

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Quatrième tome de la série, nous continuons avec les histoires obscures et les démons qui les peuplent. Après l’ogre, les sorcelleries, les damnations et la légende du Hollandais Volant, nous découvrons une histoire qui rappelle la bête du Gévaudan.
La créature dépeinte comme un monstre va mener Jean-Baptiste et son cousin sur son territoire. La lutte qui sera menée sera une des plus périlleuses pour les chasseurs.
Les auteurs nous présentent un album riche en péripéties et paysages. On traverse une forêt, des marécages, des alpages, on monte une montagne jusqu’aux sommets enneigées… on rencontre des contrebandiers, on piste la bête qui sème des cadavres.
Quant à Jean-Baptiste, on le voit progresser, devenir « homme » et retrouver la confiance qu’il avait perdue dans le précédent opus.

Je continue la série avec « la chambre de Khéops ».


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Je suis un dragon

logo Robert-Laffont
Un livre offert par les Éditions Robert Laffont

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je suis un dragonJe suis un dragon
Martin Page
(Pit Agarmen)

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Le docteur Poppenfick travaille depuis huit ans pour la C.I.A. Scientifique sans aucune éthique, il jouit de son pouvoir et de l’impunité qu’on lui procure pour ses expériences médicales. Lui qui a toujours vénéré la force et détesté la faiblesse, il va se retrouver devant un cas d’étude surprenant, extraordinaire…

Au mauvais endroit, un règlement de compte entre mafieux. Margot a six ans lorsqu’elle voit ses parents se faire tuer. Devenue orpheline, les services sociaux la place dans une famille d’accueil, puis dans un foyer pour enfants maltraités. Dans cet établissement, elle essaie de se fabriquer la cellule familiale qui lui manque tant, en offrant son soutien et son amitié. C’est à l’école, puis au collège, qu’elle perçoit sa différence. Survivre. Sa solitude et son désir de passer inaperçue se renforcent ; Margot a un secret, elle a peur d’être un monstre.

Ne pas connaître la douleur physique, avoir une force inconcevable, être invincible… et voler. La petite fille qui dessinait partout des dragons se doutait bien qu’elle n’était pas comme les autres, depuis toujours, mais c’est à la suite d’un évènement tragique qu’elle prend conscience de ses capacités surnaturelles. Dès l’instant où elle se dévoile, elle est kidnappée par les services secrets français et américains qui l’emmènent dans un hôpital militaire pour lui faire subir des tests et essayer de définir sa nature. Extraterrestre, anomalie génétique, on ne sait ce qu’elle est. Elle a douze ans, elle est fragile, presque chétive, et sa foi en l’humanité est déjà bien atteinte.

Au manoir, domaine où on la tient sous haute surveillance, Margot continue à subir toutes sortes d’examens. S’il pouvait, le Dr Poppenfick la dépècerait pour mieux l’analyser… Toujours seule, considérée comme une créature inhumaine, petit à petit, Margot se lie avec des personnes bienveillantes qui assurent sa tutelle et lui offrent une éducation. Elle ne peut s’empêcher d’éprouver envers eux des sentiments de gratitude, de respect, et de s’imaginer qu’ils sont une famille.
Douze ans… puis quatorze. Margot est une adolescente normale, avec ses rébellions, ses failles et son envie de liberté. C’est aussi à cet âge qu’on lui confie un rôle. Margot va être une justicière, un super-héros, qui devra sauver la planète. Elle sera Dragongirl.

« Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ? »

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Pratiquement immortelle, sa peau est une carapace protectrice que rien ne peut atteindre, mais pas insensible. Margot a une émotivité très humaine qui la rend vulnérable. Considérée comme une arme exceptionnelle, elle est utilisée et manipulée sans aucune morale pour l’ordre et le bien de l’humanité. Là est le cœur du problème… Elle doit se donner pour pouvoir expier ; c’est ce qu’ils veulent lui faire croire.
« – Tu vas te racheter. Et nous allons t’aider dans cette entreprise. Tu peux accomplir de grandes choses. Tu peux sauver des vies par milliers. »
L’auteur a imaginé un être qui a les pouvoirs d’un x-men, d’un super-héros des Marvel Comics (super-pouvoirs, costume moulant de justicière, identité cachée) et lui confère une fragilité qui émeut le lecteur. Si jeune et si recluse. A travers elle, il raconte alors une société décevante, barbare, stupide, et la fourberie, le machiavélisme, de nos dirigeants.

L’évolution du personnage de Dragongirl-Margot prend de l’ampleur dans la deuxième partie du livre. Les missions s’enchaînent dans des
conjonctures plus guerrières, plus radicales, elle devient un symbole, elle est encensée, et c’est aussi le temps des réflexions plus personnelles. Margot commence à ré-envisager sa vassalité. Intelligente, lucide, honnête, elle perçoit les enjeux politiques et l’hypocrisie qui l’entourent. L’adolescente souhaite s’affranchir de tout contrôle pour vivre une vie « normale » et partir en quête de ses origines ; qui étaient ses parents ?
Je vous conseille cette lecture qui est une satire fantasque, sombre, perspicace, très actuelle, de notre monde, avec ses cruautés, ses faiblesses, son obsession toujours croissante de domination. La violence, les vengeances, sont décrites crûment, sans paravent. Au delà de la caricature, pas si parodique, c’est aussi un conte qui réserve de belles surprises. L’écriture est alors pleine d’espièglerie, de poésie et d’une énergie positive qui donne à l’histoire sa part de sourires.

Sauve-toi Margot, envole-toi !

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D’autres billets chez MissLéo, Fanny, L’Irrégulière, Laétitia, Noukette, Jérôme, Alice, Valérie, SophieLit, Stéphie, Bianca,

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dragon
Encre de Chen Rong

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Charles à l’école des dragons

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« Je lis des albums » d’Hérisson
Sur les conseils de Za

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charles à l'école des dragonsCharles à l’école des dragons
Texte d’Alex Cousseau
Illustrations de Philippe-Henri Turin

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Charles est un bébé dragon, né un 9 avril 1821 au sommet d’une montagne couverte de nuages. A trois ans, il paraît un peu « maigrichon », a des ailes et des pieds disproportionnés, et aime réciter la poésie qu’il écrit. Ses parents sont si fiers de lui !
Trois ans, c’est l’âge d’aller à l’école. Un matin, son papa l’accompagne auprès de la maîtresse qui lui apprendra tout ce qu’un dragon doit savoir faire… Mais les jours passent et Charles est de plus en plus tenu à l’écart. Pataud et chétif, il n’a que la poésie pour compagnie, car ses camarades l’ignorent et le narguent. Voler, cracher du feu sont deux exercices élémentaires qu’il n’arrive pas à faire…

« On me dit de cracher
alors très bien crachons
Mais pour cracher du feu
je suis trop maigrichon
Mon souffle est bien trop faible
pour les incendies
Je ne crache que des mots
que de la poésie… »

L’hiver arrive, puis bien vite, c’est la fin de l’année scolaire. Toujours rejeté, seul avec ses cahiers de poésie et découragé, Charles aspire à autre chose… Un jour, lui aussi déploiera ses ailes pour parcourir le ciel…

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Deux auteurs au service de Charles et le résultat est excellent ! Histoire et dessins sont une réjouissance pour le petit lecteur. L’émotion est au rendez-vous.
Charles aime s’exprimer en vers et sa prose sensible raconte bien souvent sa mélancolie. Il est dans la lignée des romantiques et très tôt, il clame la laideur de son horizon, le ridicule du bonheur et la vulgarité de la beauté (…un régal dans les rimes !). Même s’il est le petit chéri de ses parents et qu’il ne se laisse pas facilement intimider, ses problèmes à l’école l’attristent. A la fin de son année scolaire, sa patience étant érodée, il veut alors rencontrer d’autres univers, découvrir le monde, et ne plus connaître cet ostracisme.
Heureusement, l’histoire est joyeuse, le petit lecteur, titillé par l’infortune de Charles, sera comblé par la fin.
Les dessins de Turin sont magnifiques ! Les expressions, les détails, les couleurs, c’est une abondance qui accroche le regard et qui suscite toute notre admiration. Ils illustrent superbement la verve malicieuse, fantaisiste et pleine de tendresse.

Un livre à conseiller !

Des billets chez Za, Bladelor, Jen, Somaja, Bianca,

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charles.

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