La ronde du mois, les chandeliers et bougeoirs

Logo Samarian 2https://sylectures.files.wordpress.com/2015/12/45613-ronde2bdes2bbougeoirs2brr.pngLa ronde du mois de LylouAnne
Un chalet à Noël avec Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian
Session bricolage

.

Ce mois-ci, Lylouanne nous propose une ronde avec des bougeoirs et des chandeliers… Dans ma session bricolage, j’ai pris un chandelier à trois branches, du lierre, des baies artificielles, un ruban et j’ai entortillé le tout pour donner une ambiance baroque.
Le lierre tient facilement une semaine et même un peu fané, il est un joli ornement. Vous pourrez par la suite le bomber d’or ou d’argent…

.

chandelier

.

.

.

.

Un clic ! le lundi – Les lumières

Logo Samarian 2Un chalet à Noël avec Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian
Le lundi, c’est photo !

Le thème du jour, après les chaussons et chaussettes, ce sont les lumières. La maison ainsi parée rentre dans l’ambiance…

Ont participé : Les Sorcières, Nahe, Alix, Lilas, Marie, Rose, Sophie, Saloria, Petit Speculoos, Sorbet Kiwi,

.

lumières1 lumières2

.

.

.

Un clic ! le lundi – Chaussettes et chaussons

Logo Samarian 2

Un chalet à Noël avec Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian
Le lundi, c’est photo !

.

.
Tous les lundis, les organisatrices nous demandent une photo. Ce jour, le thème est chaussettes – chaussons… Alors voici mes petons…

Vous trouverez d’autres participations chez Nahe, Les Sorcières, PatchCath, SorbetKiwi, Mélodie, Cazadora, Momiji, Petit Speculoos,

.

.
chaussons.

.

.

Une photo, une histoire.

Sur une photo, Leiloona nous propose d’écrire un texte.

.
femme

Je m’appelle Cadie. Cadie parce que je suis née dans une vieille Cadillac noire démembrée, abandonnée dans une remise du village. Ma mère, comme tous les enfants, aimait s’installer au volant pour faire semblant. Chacun avait droit à cinq minutes.
A l’âge de quatorze ans, bien que mariée et grosse de son premier enfant, elle aimait toujours s’évader par la pensée, assise sur le cuir éclaté et brûlant. Et c’est en rêvant d’un ailleurs que les premières eaux ont dégouliné le long de ses jambes jusqu’aux pédales, que les contractions lui ont vrillé le ventre et que je suis arrivée. Elle a eu juste le temps d’aller à l’arrière pour me réceptionner.
Je m’appelle Cadie et j’ai trente cinq ans. J’ai quitté le Rwanda en 1994, cela fait vingt ans.
Mes parents avaient une ferme et quelques vaches. Nous n’étions pas pauvres, mon père avait été plusieurs fois sollicité pour représenter le village. Mais il était plus sage qu’ambitieux. Son plaisir était de conter des légendes ; il le faisait fort bien. C’était un prince conteur qui nous régalait de mille et une histoires. Au village, lorsque nous recevions d’importantes autorités, on le priait toujours de venir. Il revêtait alors ses habits d’apparats aux couleurs éclatantes et s’imbibait d’une sorte d’aura magique, l’habit d’un sorcier. Je me souviens encore de cette fierté qui me faisait frissonner.
Un jour, nous avons eu l’honneur d’accueillir une délégation de Hutus, des gens de Kigali. A la fin du repas, mon père s’est positionné au centre et les a hypnotisés par ses mots. Il m’avait demandé laquelle de ses chroniques il allait leur livrer et j’avais bien voulu leur offrir ma préférée. Celle qui raconte les grands lacs et les collines de mon pays, deux enfants qui découvrent une source, un trésor et un monstre à tête de crocodile pour le garder. Oui, ils avait été subjugués. Le plus jeune de cette ambassade s’était incliné bien bas pour saluer mon père et ils étaient partis sans autre forme de politesse ; une grosse vexation pour notre chef !
Nous étions un jour de janvier et l’année s’annonçait pour moi la meilleure. Notre plus proche voisin était venu la veille pour parler de mes épousailles avec son fils Caleb. Je pensais alors que mon destin était ficelé. J’aimais bien Caleb, mais pas d’amour. Fille unique, je n’aurais rien dit, j’aurais accepté, mais mes parents souhaitaient pour moi un autre avenir. J’étais en âge de partir et ils voulaient que j’intègre une école privée qui m’enseignerait le secrétariat et la comptabilité. En ce début d’année, ils me faisaient un magnifique cadeau.
Je me préparais donc pour la grande ville quand les événements se sont bousculés. Les actualités n’étaient pas bonnes et inquiétaient tout le monde. Mon père et ma mère avaient dû s’absenter pour l’enterrement d’un grand oncle et en ce mois d’avril pluvieux, je me suis retrouvée seule à la ferme ce fameux jour.
J’entendais des tirs, je sentais la menace arriver, mes oreilles étaient pleines de cris des maisons voisines, j’imaginais le pire, l’enfer. Je n’avais qu’une cachette minuscule où me terrer et je m’y suis mise ; un réduit ménager, derrière deux bonbonnes de gaz. L’attente n’a pas été longue. J’ai vu à travers la persienne l’ombre du monstre qui allait me dévorer et je n’avais point de crocodile pour me défendre, seulement un opinel que j’avais saisi avant de me tapir. L’ombre avait des bottes et criait des ordres que je n’arrivais pas à comprendre tellement que mon cœur bourdonnait dans ma tête.
Ai-je eu un malaise ? Je ne me rappelle de rien, sauf de la brûlure sur la joue et des yeux fous de mon assassin. Je percevais un liquide chaud qui coulait le long de mon cou, je le voyais me hurler des choses et brandir son couteau. Mes pieds effleuraient la surface du sol, il me serrait le col du chemisier et je commençais à voir des arabesques se former. Elles étaient belles, venues d’un espace divin. J’ai pensé à mes parents, à cette école qui ne me verrait jamais, aux contes et aux grandes profondeurs qui abritaient des trésors. J’ai même eu une pensée pour Caleb, mon compagnon de jeux. Peut-on songer à tout ça en une seconde ? J’étais prête.
Je me suis réveillée dans un dispensaire, paralysée sur un côté du visage. Il paraît que j’ai été sauvée par un Hutu. C’est Caleb qui l’a vu et reconnu. Il a poignardé son compagnon de crime pour me délivrer ; c’était le jeune homme qui avait été tant impressionné par mon père quelques mois auparavant. Avant de me laisser dans les bras de Caleb, épargné lui aussi, il aurait dit que c’était grâce au Père Conteur.
A la prochaine station, je descendrai. Ma maison est à quinze minutes du métro. J’aurais encore le temps d’arranger mon histoire. Je me suis décidée à la raconter aux enfants, les miens et mes neveux. Cette cicatrice les intrigue.
Il faut juste que j’arrive à retrouver le ton qu’employait mon père… et je commencerai par : Je m’appelle Cadie, j’ai trente quatre ans, je suis Rwandaise et j’habite en France.
Caleb ajoutera les précisions.

.

D’autres récits chez Leiloona, Stéphie, Cécile, Sabine, Stéphanie, La plume dilettante, Jean-Charles, Sara,

.
.
.
.
.