Mariage impossible

ban10« Le mois anglais » avec Titine, Lou et Cryssilda – 15ème billet
Challenges…« XIX siècle » de Fanny et Kheira, « God save the livre » d’Antoni, « British Mysteries » de Hilde et Lou, « Polars » de Liliba et Anne Perry de Syl.

Une lecture commune avec Adalana et Shelbylee

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Série William Monk

Tome I, Un étranger dans le miroirTome II, Un deuil dangereux
Tome III, Défense et trahisonTome IV, Vocation fataleTome V, Des âmes noires Tome VI, La marque de CaïnTome VII, Scandale et calomnie
Tome VIII, Un cri étranglé

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Monk9Mariage impossible
Tome IX
Anne Perry

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Londres, 1860,

Oliver Rathbone est considéré comme l’un des meilleurs avocats d’Angleterre. Reconnu par ses pairs, reçu dans les plus grandes familles et anobli par la reine, il peut être fier de sa notoriété. Perdu dans ses réflexions, il est dérangé par son clerc qui lui annonce une visite.
Suivi pour violation de promesse, l’architecte Killian Melville souhaiterait qu’Oliver le représente lors de son procès. Son histoire, surprenante et bien difficile à comprendre, se résume à une certitude… il n’épousera jamais Miss Zillah, la fille de son client  Mr Barton Lambert. L’amitié qui l’unissait à la jeune fille a été mal interprétée et très vite, il s’est vu piégé dans les préparatifs d’un mariage. S’il refuse l’union, la réputation de Zillah sera entachée, la bonne société lui tournera le dos, elle ne pourra plus se marier et restera une vieille fille bannie. Le procès est donc inévitable.
Lorsque Oliver le questionne sur sa résolution à ne pas se marier, Melville reste hermétique à toute explication. Certes, la demoiselle est très belle, douce, intelligente et amoureuse, elle est de surcroit la fille de son mécène qui lui offre l’opportunité de réaliser ses œuvres, mais pour rien au monde il ne se trahirait pour de faux sentiments et certainement pas pour de l’ambition.
 » – Je suis un très bon architecte, sir Oliver, reprit-il à mi-voix. Certains me trouvent même brillant. je ne devrais pas avoir à me prostituer pour obtenir du travail. »
Pour Oliver, il n’y a pas d’alternative, il assurera la défense du mieux qu’il pourra, mais avant, il demandera à William Monk d’enquêter sur Melville et les Lambert.

Hester Latterly travaille à Tavistock Square, un quartier du nord-ouest de Londres, dans la famille des Shelton. Le lieutenant Gabriel Shelton est revenu des Indes défiguré et amputé d’un bras. Sa convalescence est hantée par des visions du massacre de Cawnpore (voir article wikipédia « Révolte des cipayes ») où ses camarades, des civils, des femmes et des enfants furent sauvagement assassinés. « – Nous étions plus de neuf cents… Nous sommes quatre à avoir survécu. » Physique et psychique sont atteints et pour l’aider à affronter ses cauchemars, les exorciser, Hester lui décrit ses propres souvenirs de Crimée, à l’époque où elle était une infirmière des troupes de Florence Ninghtingale. Même si une horreur ne peut en chasser une autre, même si cette complicité n’est pas du goût du frère aîné de Gabriel, Hester arrive petit à petit à sortir le jeune homme de son enfer. Son dévouement, son courage, son anticonformisme, sont des caractères qui intriguent  Perdita, la femme de Gabriel, qui se trouve démunie face à ce mari qu’elle ne comprend plus. Une autre personne approuve les manières sans fard d’Hester, c’est Miss Jackson, la femme de chambre de Perdita. Bien vite, elle perçoit en Hester une personne fiable et généreuse en qui elle peut confier ses remords. Lors d’une discussion, alors qu’elles en sont à parler du visage défiguré de Gabriel, Martha Jackson raconte la triste histoire de la famille de son frère. Au décès prématuré de celui-ci, sa femme a fui en abandonnant à l’orphelinat ses deux petites filles qui souffraient de malformations au visage et de surdité. Vingt ans après, Martha ne peut s’empêcher de penser à ses nièces et son vœu le plus cher serait de les retrouver. Plus proche du fantasme que de la réalité, ce souhait semble impossible mais c’est sans compter la foi et l’obstination d’Hester qui voue une confiance absolue dans les talents d’enquêteur de son ami William Monk…

Sa bienfaitrice et confidente Lady Callandra Daviot étant en Ecosse, William Monk va chercher auprès d’Hester quelques conseils sur sa dernière investigation. L’âme humaine, en particulier celle des jeunes filles de la bonne société et de « l’inconvenance » à rester célibataire, est moins impénétrable pour elle que pour lui. Les plaisirs de la revoir, de se décharger de ses préoccupations, de la trouver en meilleure forme et bien installée, font qu’il repart  de chez les Shelton réconforté, entreprenant, et nanti d’une deuxième enquête. Les deux affaires paraissent insolubles, tortueuses, et pourtant il se sent plus résolu et téméraire qu’avant. Hester est toujours pour lui une source d’agacements, mais aussi de sérénité, non… mieux, de bonheur.

Le procès Melville-Lambert débute avec toute la hargne de l’avocat adverse qui n’hésite pas à divulguer de façons calomnieuses les mœurs « contre-nature » de Melville. L’affaire prend une telle proportion que, chose inhabituelle, Rathbone se sent vaincu avant même d’avoir commencé. Maître de rien, incapable d’avoir la moindre explication de la part de son client qui se borne à se taire, il est seulement le témoin d’un acte perdu d’avance, découragé et déçu. Cette déception prendra toute son ampleur lorsqu’on l’avertira du suicide de Melville ; un être brillant, fascinant, que tous regrettent déjà.

Pourquoi ? Une question supplémentaire que Monk devra élucider. Sur les traces des nièces de Martha dans le Londres le plus sordide, sur le passé mystérieux de Killian Melville et sur les personnalités de la famille Lambert, Monk va se démener et découvrir tragiquement que toutes les routes mènent à une seule destination.

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Ce 9ème tome de la série William Monk est l’un de mes préférés. Anne Perry me surprend toujours. Si j’arrive parfois à soupçonner le meurtrier bien avant les justiciers, je suis toujours épatée par l’histoire et celle-ci est particulièrement étonnante. Comme souvent, l’auteur aime ajouter à sa trame des fils qui finissent par se rejoindre dans le final ; tout s’imbrique pour ne former qu’une intrigue. On pourrait penser que ce surpassement est excessif et théâtral, mais non… on salue l’imagination.
Dans cette lecture, c’est William Monk qui fera le lien, il est l’électron voyageur. Oliver est accaparé par sa plaidoirie et son client, quant à Hester, elle est au service des Sheldon. Monk, embauché par l’un et l’autre pour des affaires différentes, se verra tiraillé et obsédé. Les deux enquêtes sont difficiles à résoudre, presque impossibles.
Le roman aborde différents thèmes importants de cette époque victorienne. En parallèle et en analogie des mystères, il y a la Compagnie anglaise des Indes orientales et la révolte des Cipayes de 1857 à 1859, la condition de la femme dans la bonne société, l’éducation supérieure et l’homosexualité. Des sujets déjà traités par Anne Perry.
Il est à signaler que ce volume voit la réponse à une question que tout lecteur de la saga Monk se pose… et ce, dès le premier tome. Le cas de Melville, sur le mariage ou le célibat, va faire réfléchir Monk et Rathbone. L’un des deux va se décider à franchir le pas…

Un livre et une série à conseiller +++

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D’autres billets chez Adalana, Shelbylee, LilouSoleil,

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James_Tissot
Peinture de James Tissot

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18 réflexions au sujet de « Mariage impossible »

    • Si tu aimes les polars historiques. C’est une série à lire dans l’ordre chronologique. Le premier est « Un étranger dans le miroir »… super !
      A++

  1. J’aime bien cette série (et me suis bien sûr posé les mêmes questions sur les deux héros;..)
    PS qui n’a rien à voir : jolie expo sur les vielles au Chateau d’Ars actuellement. J’ai même redécouvert qu’on peut jouer des compositeurs anciens avec cet instrument…

    • Tu es venue au Château d’Ars sans me le dire ??? Oh ! Keisha… Merci pour le renseignement, j’irai. Mais je suis déçue. La prochaine fois que tu es dans le secteur, envoie-moi un message.

    • Tes livres sont dans des cartons en ce moment ? Tu vas passer les vacances à tout ranger… Bon courage ! car j’imagine une bibliothèque gigantesque.

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