Défense et trahison

logo anneperry2logo-challenge-victorienlogo VictoriaRencontre avec Anne Perry
« Challenge victorien » d’Aymeline
« God save the livre » d’Antony
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Lecture commune avec Claire, Adalana et Shelbylee

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Série William Monk
Un étranger dans le miroir – Tome I
Un deuil dangereux – Tome II

Monk3Défense et trahison
Tome III
Anne Perry

Avril 1857,

Hester Latterly a rendez-vous avec son amie Edith dans un parc. Le printemps est radieux. Hester avance d’un bon pas. Elle est à présent l’infirmière personnelle d’un militaire à la retraite, le major Tiplady, qui s’est fracturé le fémur.
Les premiers mots prononcés par Hester lorsqu’elle retrouve Edith sont « Que se passe-t-il ? », car l’expression de son amie n’est pas rassurante et mérite explication…
Son frère, le général Thaddeus Carlyon, est mort. Il est passé par la balustrade de l’escalier et s’est empalé sur la lance d’une armure.

Ironiquement, et bien atrocement, la première pensée qui surgit à l’esprit est « accident grotesque ». Pour ces familles orgueilleuses, il est de meilleur goût de mourir au champ d’honneur et non vulgairement, stupidement, d’une mésaventure hasardeuse.

Une semaine après, Hester rend visite à Edith, qui, veuve, sans fortune, a été obligée de réintégrer le foyer de ses parents. Le deuil est délicat car aux dernières nouvelles, la police est forcée de réfuter la mort accidentelle. Le meurtrier s’est dénoncé et les aveux ont été prononcés par Alexandra, la femme du général Carlyon.

L’homicide est incompréhensible ! Tous sont atterrés par l’évènement. Edith confesse à Hester sa stupéfaction et son incrédulité. Alexandra est une personne douce, généreuse, une épouse et une mère exemplaire. Certes, lors de cette sinistre soirée, elle paraissait perturbée, un peu hystérique, mais l’ambiance chez les Furnivals, leurs hôtes, n’était pas très chaleureuse. Les invités étaient guindés et simulaient un engouement qui faisait défaut. Il y avait Mr et Mrs Furnivals, le Dr Hargrave et sa femme, Thaddeus et Alexandra, leur fille Sabella et son mari Fenton Pole, sa soeur Damaris et son époux Peverell Erskine.
Si ce n’est pas Alexandra, c’est l’un d’entre eux ? ou un domestique ou un intrus venu pour cambrioler ? Et… quel serait le mobile ?

Alexandra est arrêtée suite à ses révélations. Hester, dubitative et perspicace, ressent dans ce dénouement trop rapide, une faille. Elle promet à Edith de contacter deux personnes de confiance qui seraient susceptibles de poursuivre l’enquête et de démêler les artifices de l’intrigue… le détective William Monk et le célèbre avocat Oliver Rathbone.

« On va pendre une innocente ». Dans la cellule, face à cette femme de tempérament, altière, et courageuse, Oliver Rathbone prend la mesure de sa forte résolution. Intuitivement, il rejette le mobile qu’elle offre. Meurtrière, peut-être, mais pourquoi ? Elle avoue que son mari était infidèle et qu’il la trompait avec Louisa Furnivals. La piste est à considérer. Mais… à cette époque, dans leur milieu, il était de bon aloi, aux épouses, de détourner le regard des incartades de leurs conjoints. La déraison de ce geste ne peut être mise sur le compte de la jalousie, surtout dans le cas de cette suspecte.
Difficile… presque impossible… Oliver n’accepte pas l’évidence. L’affaire promet d’être rude et c’est à Monk qu’il remet la mission de trouver des indices.

Ancien inspecteur de police, démissionnaire, Monk est à son compte depuis deux mois avec le soutien de Lady Callandra Daviot. Intrigué par cette histoire qui sonne faux, il n’hésite pas à collaborer avec Rathbone. En le suivant, on pénètre dans les coulisses d’une demeure aristocratique. On passe par les escaliers de service, on décompose le travail de la fille de cuisine à celui du majordome, on y parle de seaux à charbon, de pile de linge, d’argenterie à astiquer, des tables à dresser, on visite le cellier, la cave, les quartiers des domestiques… on pose des questions anodines, on laisse traîner la conversation, on ne bouscule rien, on est prévenant et on écoute beaucoup.

« Fébrilité ». D’après nos spécialistes un crime se décompose en trois éléments. Suite aux investigations, il manque toujours le dernier… le mobile. Le temps commence à manquer. Le procès se profile et rien ne vient étayer les pressentiments de nos trois limiers.

Le présage est mauvais mais ne laisse aucunement supposer l’horrible vérité.
Hester demandera à Rathbone : « Est-ce plaidable ? » il répondra : « Non. »
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Troisième tome de la série William Monk, une relecture, l’auteur me surprend toujours ! J’ai retrouvé tous les personnages avec plaisir, même ceux qui font une brève apparition comme John Evan, l’ancien assistant de Monk, et Lady Callandra, la marraine d’Hester. Dans cet épisode, Monk s’efface un peu au profit de ses deux autres comparses, Hester et Oliver. Son amnésie le fragilise encore et il poursuit des bribes de son passé qui se rappellent à sa mémoire par des images et des sentiments.
Cette histoire est bouleversante. L’intimité des familles de la bonne société n’est pas la façade respectable qu’ils présentent. C’est secret, caché.
Si je me suis doutée dès le début du mobile, ma lecture n’en a pas souffert. J’étais très curieuse de voir l’écheveau de l’intrigue se défaire. Il n’y a pas que l’enquête qui est passionnante, les instants du procès le sont aussi ! Les conclusions, les confessions, amènent les larmes.
Anne Perry aime raconter la condition des femmes. Elles ne sont pas délicates, elles sont fortes. C’est la société qui les rend chétives et vulnérables. Une femme n’est rien, qu’elle soit riche ou pauvre, elle est un accessoire, une matrice. Certains de ces portraits sont admirables d’intensité, d’élégance et d’honneur. D’autres ressemblent à des monstres.
Elle souligne dans ce livre le veuvage. Une femme qui se retrouve veuve et sans fortune, n’existe pratiquement plus, elle régresse.

Malgré la dureté et l’infamie de l’histoire, je vous recommande ce tome. Il est très bon !
(Un billet assez long… mais il y a tant à dire !!!)

Billets chez Claire, Adalana, Shelbylee,

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James Tissot – Colonel Frederick Gustavus Burnaby

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34 réflexions au sujet de « Défense et trahison »

  1. Quel beau billet ! Tu me fais envie, je dois résister !!! J’ai remarqué que les Monk sont mieux écrits et traités beaucoup plus finement, que ce soient les descriptions, la narration historique ou la psychologie des personnages. Sèche tes larmes ! 🙂

  2. Très beau billet Syl! Tu donnes très envie de lire le roman!
    J’ai bien aimé ce tome, même si j’ai été un peu décontenancée par l’importance accordée au procès! Et j’ai été vraiment horrifiée par le mobile! Le poids des apparences. Parfait reflet du carcan de la société victorienne!
    J’ai hâte de retrouver les personnages et je me joins à vous trois pour le 4ème tome!
    Vive Monk! Et surtout vive Anne Perry!

    • Merci Claire, c’est que je suis très bavarde lorsque je parle de cette série.
      Pour le procès, tu as vu un peu comme Oliver amène tout doucement le sujet ?! Il est un prestidigitateur !
      Donc, nous lirons la suite pour le 17…
      Vive Monk !!!

  3. Oh mais c’est qu’il va vraiment falloir que je m’y mette à cette série !! Il y a l’air d’avoir tellement plus que juste une intrigue policière, je suis certaine de me régaler.

  4. Décidément, Anne Perry fait l’unanimité auprès du petit cercle de blogueuses chez qui je me rends. L’histoire se passe à peu près à la même époque que celles racontées par Jane Austen à moins que je ne fasse erreur. Peut être une fois, j’essayerai de lire l’un de ses ouvrages.

    • MTG ! Tu ne sais pas à qui tu t’adresses !!! A une fervente admiratrice d’Anne Perry !
      Alors je te conseille « Un étranger dans le miroir » de la saga William Monk.
      Ce n’est pas à l’époque de Jane Austen, c’est plus tard au temps de Victoria, XIXème siècle. C’est bien traduit et on côtoie le peuple, les bas fonds et les aristocrates. Les personnages (principaux) sont valeureux.
      Bonne lecture et n’oublie pas de venir t’inscrire à mon challenge !

    • Bien heureuse San-Tooshy que tu aimes l’écriture et les histoires de cet auteur. Tu vas tomber sous le charme de Monk… il a un côté sardonique qui peut te séduire. Bonne soirée

  5. quel enthousiasme ! mais j’adore cette série, encore plus que les Pitt. tu en parles bien…et je préfère ça aux vampires et autres créatures que tu aimes aussi !
    jen te fait dire qu’elle aime aussi « le passage des lumières ».(je lui lis, forcée par deux foldingues, une Corse et une centreuse, si tu vois qui je vuex dire !!!)
    biz dame Syl

  6. Je pense lire un de ces contes de Noël en décembre (enfin, si j’en trouves le temps :0)
    Mais tu sembles totalement conquise, d’ailleurs je crois n’avoir jamais lu de billets négatifs sur cette auteure. Bonne semaine Syl

  7. Cet été, je suis tombée dans une brocante sur deux gros cartons de livres d’Anne Perry, pour une vingtaine d’euros, j’espère que je vais aimer cette auteure, mais je crois que oui!

  8. J’envie celles qui n’ont pas entièrement lu la série « Monk », car elles ont tout à découvrir encore. J’ai relu toute la série une deuxième fois mais dans l’ordre chronologique puisque à côté de chaque enquête, nous suivons l’évolution des personnages qui sont tous attachants, même Monk, surtout Monk !! et puis la courageuse Hester et ce cher Oliver. J’aime beaucoup Anne Perry, je regrette juste que chaque livre se termine si brutalement. J’ai essayé la série « Pitt » mais je n’ai pas du tout accroché, bizarre !

    • Si tu as des billets sur ton blog, tu peux me donner tes liens pour que je les insères dans notre « rencontre ». J’ai une préférence pour Monk… un gros faible… un gros béguin !!!

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