Sous les couvertures

En partenariat avec PriceMinister et les Éditions rue fromentin pour la rentrée littéraire

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Bertrand Guillot

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Cent milles livres invendus vont au pilon… par an… Après un cri d’effroi, le silence se fait… Mais il faut vous expliquer d’abord ce qu’il en est la nuit, dans une librairie… Peut-être dans toutes les librairies ou seulement dans celle de ce vieux libraire perclus de rhumatismes, insomniaque et désenchanté, qui fait la sourde oreille lorsque sa femme lui dit… « tu devrais vendre ! ».

Un samedi soir sur la Terre, comme dirait un chanteur, un soir où le rideau de fer est tiré et que le vide se fait dans la boutique, jusqu’au lundi. Le libraire s’en va avec sa mélancolie chronique due à la nostalgique d’une époque révolue. Son apprentie, la jeune Sarah, s’en va également, avec son enthousiasme en bandoulière, ses idées novatrices bridées et sa rancœur à fleur de peau. Elle devrait lui en parler, mais saurait-il l’écouter ?
Cette nuit, comme toutes les nuits, il y a de la magie. Imaginez notre monde avec des livres vivants ! Des livres qui parlent, qui circulent, qui réfléchissent… Notre fantasme !

Avant les livres, il y avait des conteurs qui rapportaient les histoires et après ils sont arrivés, bavards, remplis de mots, de personnalités, de vies, de l’essence même de leurs auteurs.
Sur les étagères, en premières lignes ou perdus dans des creux obscurs du Boudoir, ils attendent le lecteur. Toutes les semaines, ils voient arriver des cartons plein de petits nouveaux, surtout en période de rentrée littéraire. Il faut alors faire de la place et, parfois, accepter de tirer sa révérence. Quand l’un des leurs pose la question sur leur devenir et qu’un autre lâche le mot « pilon », c’est l’affolement suivi d’une épouvante muette. Comment peuvent-ils survivre si on ne leur donne pas une petite chance ?
Grand, un livre, ne peut tolérer une telle injustice. Il en fait part à son ami Junior et au Conteur. Tous sont d’accord pour déloger les succès du moment, mais comment mener un tel combat ? L’Académicien les snobe et les intimide.
Avec l’assistance de Mauve, de Divoire, de Darien, de Spartacus et de tant d’autres, Grand va organiser une révolution ! Aux dires de Spartacus, il faut dans un premier temps causer stratégies et le moment venu, le deuxième temps, se mettre à crier et foncer ; foi de légionnaire !
Bientôt, Rouge, le petit livre d’importance, et Machiavel, tacticien hors pair, se mêlent au débat… Il va falloir choisir son camp et mener le complot à son terme. Le jour est venu…

A l’extérieur, dans le monde des humains, le libraire se perd dans ses doutes et prend conscience qu’il ne peut continuer ainsi. Sarah se questionne également sur sa vie, ses ambitions, ce qu’elle attend vraiment de l’avenir. Dans les salons littéraires, les auteurs se croisent, s’interpellent et subissent les mêmes vicissitudes que leurs livres, leur fortune est précaire. On perçoit le pathétique, une certaine bestialité, le caractère instable de ce monde.

Alors que l’insurrection se prépare, que les livres s’apostrophent avec des noms d’oiseaux, j’en suis à les imaginer tous, fringants, rebelles, fiers de leur contenu, prêts pour la grande bataille…

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L’auteur nous livre un joli conte et, à l’approche de Noël, cette lecture me plonge dans une ambiance douce, fantaisiste, empreinte d’un merveilleux que tout lecteur a dû s’inventer. Plus qu’un objet, le livre a une entité particulière. Il est une histoire, un vécu, une personnalité entière. L’humour, la truculence du verbe, la cocasserie des situations, cette effervescence un peu naïve que l’on retrouve dans le dessin animé Toy Story, amènent à sourire. Mais derrière cette animation héroïque, il y a une dimension qui montre les fébrilités du monde de l’édition, la crise économique et culturelle, les audiences qui surfent sur les modes, le marasme ambiant, toutes les choses qui font que les livres se vendent moins bien. Et pourtant ! nous savons que la lecture est un bel échappatoire…
Le livre se termine par une réflexion que se fait Grand, le livre. Et si son triomphe était le un servage et non une liberté ? L’allégresse se ternit et il émane de cette morale un sentiment de tristesse.
« Il commençait à comprendre les best-sellers. Défendre sa place, épier, compter : tel serait désormais son destin. »
Je vous recommande ce livre qui est une belle histoire. Elle continue dans la lignée des romans que j’ai aimés, qui parlent des livres, des libraires et des librairies… Je terminerai ce billet par… « Poudoupoudou ! », la petite clochette de la porte qui comptabilise les entrées et les sorties de la librairie de Régis de Sa Moreira.

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Comme ce livre m’a été adressé dans le cadre d’une opération, Les matchs de la rentrée littéraire, je dois donner une note. J’accorde donc un 17. (Je suis sévère ? un 18 alors ? dites-moi !)

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Des billets chez Hilde, Leiloona, Jérôme, Stéphie, Keisha, Valentine, Bianca,

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picasso

La lecture de Picasso

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30 réflexions au sujet de « Sous les couvertures »

  1. Un roman fait pour toi ! J’aime bien prêter vie à mes livres, imaginer que Kundera taille une bavette avec Sagan juste à côté sur l’étagère et qu’ils dissertent sur Jane Eyre juste en-dessous ! 17 est une très belle note, je mets 18 si c’est un coup de coeur ! 😆

  2. je dis aussi 18…
    merci pour ce joli partage
    bon week end
    gros bisous
    rosa

    ps j’ai beaucoup de nostalgie quand je pense avec le son des petites cloches en ouvrant le porte des ancienes livrairies, je aimais beaucoup ce doux son.

  3. Pas nouveau tout ça, Jasper Fforde l’a déjà fait avec brio. 😉 Bon, je sais que tu ne l’aimes pas…
    Je note quand même celui-là, pour une lecture légère qui donne le sourire. Le genre de chose qui ne se refuse pas. biz

    • Bonjour So… Le Jasper, j’aimerais bien l’aimer ! Un jour, je vais me pencher sur la question avec sérieux.
      « Sous les couvertures », tu verras, (si parfois dans la fin du livre on voudrait un peu activer), c’est une belle histoire.

  4. Jusqu’à présent je n’avais pas envie de le lire, mais comme tu as mis de l’humour dans ton billet, pourquoi pas. Peut-être que s’il y a autant de livres qui partent au pilon ,c’est parce qu’il y a trop de production. Quel gaspillage. Je n’ai pas encore fini mon livre des matchs, et je n’aime pas mettre une note (ça dépend de mon humeur, )

    • Je crois que tout lecteur devrait le lire, juste pour lire la révolte des livres. Si je ne vois pas passer ton billet, tu viendras me donner ton lien ?
      Bonne fin de semaine Noukette !

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