Le mois anglais, 6ème édition

En partance pour l’Angleterre !
avec nos hôtesses Cryssilda et Lou

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Au programme :

02 : « La dame en blanc » de Wilkie Collins
04 : Salade de poitrine fumée et petits pois
05 : « Un été avant la guerre » de Helen Simonson
11 : Muffins aux cerises
13 : « La quiche fatale » de M.C. Beaton
16 : « Le couteau sur la nuque » d’Agatha Christie
18 : Rolls à la viande
19 : « Le parfum des fraises sauvages » d’Angela Thirkell
23 : Jane Austen
24 : Mes enquêteurs préférés dans les polars anglais
25 : La quiche aux épinards d’Agatha Raisin
26 : « Le rituel des Musgrave » de Conan Doyle
27 :
29 : « Retour à Brideshead » d’Evelyn Waugh

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Album de vacances en Normandie, 3 – Etretat, Honfleur, Cabourg…

Etretat 3 Etretat

Des galets sous les espadrilles, le chapeau qui s’envole, près de 300 marches à gravir ou peut-être 1000, des pauses par palier pour immortaliser l’instant et apaiser le souffle, penser à Monet, Courbet, Lupin, être poursuivis par un goéland,
téléphoner pour dire : « Mais que c’est beau ! »…

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Honfleur

Honfleur 4

« – J’ai perdu le ticket pour sortir du parking !
– Mais non ! Tu vas le retrouver…
– …
– Tu as regardé par terre ?
– …
– Tu es sûr ? Cherche mieux !
– Il est presque minuit et on va rester coincés ici toute la nuit !!! »
Malgré cette mésaventure qui nous fait rire à postériori, nous gardons de cette petite ville un très bon souvenir. Et si vous vous dites « Mais l’ont-ils retrouvé ? », le ticket, je vous répondrais par la négative. Il a fallu téléphoner, réveiller quelqu’un, puis attendre, qu’on nous délivre…

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Cabourg…

… et sur les pas de Proust.

Cabourg 1

Cabourg 2 Cabourg 3 Cabourg 4 Cabourg 5

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Sous les couvertures

En partenariat avec PriceMinister et les Éditions rue fromentin pour la rentrée littéraire

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sous-les-couverturesSous les couvertures
Bertrand Guillot

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Cent milles livres invendus vont au pilon… par an… Après un cri d’effroi, le silence se fait… Mais il faut vous expliquer d’abord ce qu’il en est la nuit, dans une librairie… Peut-être dans toutes les librairies ou seulement dans celle de ce vieux libraire perclus de rhumatismes, insomniaque et désenchanté, qui fait la sourde oreille lorsque sa femme lui dit… « tu devrais vendre ! ».

Un samedi soir sur la Terre, comme dirait un chanteur, un soir où le rideau de fer est tiré et que le vide se fait dans la boutique, jusqu’au lundi. Le libraire s’en va avec sa mélancolie chronique due à la nostalgique d’une époque révolue. Son apprentie, la jeune Sarah, s’en va également, avec son enthousiasme en bandoulière, ses idées novatrices bridées et sa rancœur à fleur de peau. Elle devrait lui en parler, mais saurait-il l’écouter ?
Cette nuit, comme toutes les nuits, il y a de la magie. Imaginez notre monde avec des livres vivants ! Des livres qui parlent, qui circulent, qui réfléchissent… Notre fantasme !

Avant les livres, il y avait des conteurs qui rapportaient les histoires et après ils sont arrivés, bavards, remplis de mots, de personnalités, de vies, de l’essence même de leurs auteurs.
Sur les étagères, en premières lignes ou perdus dans des creux obscurs du Boudoir, ils attendent le lecteur. Toutes les semaines, ils voient arriver des cartons plein de petits nouveaux, surtout en période de rentrée littéraire. Il faut alors faire de la place et, parfois, accepter de tirer sa révérence. Quand l’un des leurs pose la question sur leur devenir et qu’un autre lâche le mot « pilon », c’est l’affolement suivi d’une épouvante muette. Comment peuvent-ils survivre si on ne leur donne pas une petite chance ?
Grand, un livre, ne peut tolérer une telle injustice. Il en fait part à son ami Junior et au Conteur. Tous sont d’accord pour déloger les succès du moment, mais comment mener un tel combat ? L’Académicien les snobe et les intimide.
Avec l’assistance de Mauve, de Divoire, de Darien, de Spartacus et de tant d’autres, Grand va organiser une révolution ! Aux dires de Spartacus, il faut dans un premier temps causer stratégies et le moment venu, le deuxième temps, se mettre à crier et foncer ; foi de légionnaire !
Bientôt, Rouge, le petit livre d’importance, et Machiavel, tacticien hors pair, se mêlent au débat… Il va falloir choisir son camp et mener le complot à son terme. Le jour est venu…

A l’extérieur, dans le monde des humains, le libraire se perd dans ses doutes et prend conscience qu’il ne peut continuer ainsi. Sarah se questionne également sur sa vie, ses ambitions, ce qu’elle attend vraiment de l’avenir. Dans les salons littéraires, les auteurs se croisent, s’interpellent et subissent les mêmes vicissitudes que leurs livres, leur fortune est précaire. On perçoit le pathétique, une certaine bestialité, le caractère instable de ce monde.

Alors que l’insurrection se prépare, que les livres s’apostrophent avec des noms d’oiseaux, j’en suis à les imaginer tous, fringants, rebelles, fiers de leur contenu, prêts pour la grande bataille…

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L’auteur nous livre un joli conte et, à l’approche de Noël, cette lecture me plonge dans une ambiance douce, fantaisiste, empreinte d’un merveilleux que tout lecteur a dû s’inventer. Plus qu’un objet, le livre a une entité particulière. Il est une histoire, un vécu, une personnalité entière. L’humour, la truculence du verbe, la cocasserie des situations, cette effervescence un peu naïve que l’on retrouve dans le dessin animé Toy Story, amènent à sourire. Mais derrière cette animation héroïque, il y a une dimension qui montre les fébrilités du monde de l’édition, la crise économique et culturelle, les audiences qui surfent sur les modes, le marasme ambiant, toutes les choses qui font que les livres se vendent moins bien. Et pourtant ! nous savons que la lecture est un bel échappatoire…
Le livre se termine par une réflexion que se fait Grand, le livre. Et si son triomphe était le un servage et non une liberté ? L’allégresse se ternit et il émane de cette morale un sentiment de tristesse.
« Il commençait à comprendre les best-sellers. Défendre sa place, épier, compter : tel serait désormais son destin. »
Je vous recommande ce livre qui est une belle histoire. Elle continue dans la lignée des romans que j’ai aimés, qui parlent des livres, des libraires et des librairies… Je terminerai ce billet par… « Poudoupoudou ! », la petite clochette de la porte qui comptabilise les entrées et les sorties de la librairie de Régis de Sa Moreira.

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Comme ce livre m’a été adressé dans le cadre d’une opération, Les matchs de la rentrée littéraire, je dois donner une note. J’accorde donc un 17. (Je suis sévère ? un 18 alors ? dites-moi !)

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Des billets chez Hilde, Leiloona, Jérôme, Stéphie, Keisha, Valentine, Bianca,

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picasso

La lecture de Picasso

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La petite fille qui aimait trop les allumettes

livres couronnes ana-rosa2« A tous prix » d’Asphodèle pour le logoquébec2Prix Ringuet

Septembre au Québec, 8ème billet
Avec Karine et Yue-Yin


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la petite filleLa petite fille qui aimait trop les allumettes

Gaétan Soucy

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Dans un grand domaine au sein d’une forêt, un père et ses deux enfants vivent dans un complet isolement. Le narrateur, le plus jeune des deux, se nomme le secrétarien. Il débute son récit par le décès de leur père qu’il découvre avec son frère, un matin. 
« Nous avons dû prendre l’univers en main mon frère et moi car un matin peu avant l’aube papa rendit l’âme sans crier gare ».

Ses écrits vont révéler une histoire surprenante, extravagante, terrifiante aussi, qui commence dès les premières pages. Ils sont des mots issus d’un parler ancien, moyenâgeux, un patois, parfois grossier, primitif et si raffiné, poétique. Le dosage est complexe et savant ! C’est un dictionnaire d’images et de doctrines où la sagesse et l’absurde se partagent. On ne sait plus l’époque, les lieux, les personnages. Nous sommes spectateurs d’un huis clos et de la confrontation entre deux mondes, le nôtre et le leur.

Ils veulent enterrer le corps mais se retrouvent désemparés face à cette épreuve. Il n’y a plus de directives paternelles, celles qui ordonnent et font loi, celles qui rossent et qui accablent.
La demeure devient un lieu d’exploration et la chambre du père, un sanctuaire, est visitée dans ses secrets… armoire, tiroirs, recoins… On ne le saura que plus tard, la demeure est riche et imposante avec sa salle de bal ; un château.
Cette liberté semble factice, l’autorité et le rigorisme planant encore dans la maison.
Dans cette maison, les sentiments sont inexistants, les joies et les chagrins toujours en sourdine, les plaisirs, les loisirs, sont à dérober et à cacher.
Avec cheval, le secrétarien décide d’aller voir au village « les semblables » pour demander de l’aide. Il y rencontre l’homme à la soutane, une veille « pute » (les femmes sont appelées putes), le maire et un homme en costume, l’inspecteur, beau, si beau, que ses émois lui labourent le ventre.
Il ne comprend pas ce qui se passe, ni cette histoire de mine qui paraît les animer jusqu’à la déraison.
Et on le dit « elle » aussi, « sauvage » et belle. Le secrétarien le sait, il s’en doute, mais le père les nommait fils.

« Je ne sais combien de temps j’ai pu écrire à toute vitesse et le coeur en chamaille, car il n’y a pas de lune, le ciel était couvert de limbes, mais je dus remplir une douzaine de feuilles d’un coup sans m’arrêter, traversant les phrases et les mots comme une balle de fusil les pages d’une bible. Quand le secrétarien s’est mis en tête de pédaler dans le verbe, ôtez-vous du chemin, ça déménage, peuchère, tombeau ouvert… »

De retour sans cercueil, en tête à tête avec un frère rageur à la limite de la folie, un mort encombrant, un palais au bord de la décomposition, le « Juste châtiment », et des ombres à foison, le secrétarien confie les délires et les évènements qui s’enchaînent. L’histoire, un ruban plein de nœuds, se dénoue et dévoile toute sa tragédie.

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Je vous conseille cette lecture fantasque, son originalité la rend unique. Elle prête à sourire, elle émeut et fait grincer les dents. L’auteur joue avec les mots, les pare de métaphores, les poétise. L’histoire a plusieurs facettes qui captivent le lecteur de leurs bizarreries. L’innocence se mêle à la violence et à la cruauté, c’est insidieux et malsain. Les mystères la rendent gothique. Le secrétarien comme un moine copiste, un conteur, dit avec ingénuité et son intelligence les faits qu’on ne peut deviner tellement ils sont surprenants. Ainsi, au fil des pages, nous comprenons son histoire, bestiale et lyrique.
Un livre qui fera sa place dans mes bons souvenirs…

Un grand merci à Eliza, Lou… sans eux, je n’aurais jamais fait ce billet !

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Des billets chez Cryssilda, Lystig, Isallysun, Delphine, Lou de Libellus, Eliza, LilasViolet, Valentine, NathChoco, Karine,

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Marc Aurèle de Foy Suzor-Coté
Marc Aurèle de Foy Suzor-Coté
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