La rivière noire – Tome VII

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« Thrillers et polars » de Liliba

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La cité des jarres, Tome ILa voix, Tome IIIL’homme du lac, Tome IV
Hiver Arctique, Tome VHypothermie, Tome VI

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la rivière noireLa rivière noire
Arnaldur Indridason

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Reykjavik,

Un prédateur organise dans les détails sa soirée. Il repère sa proie de loin, calcule les risques, s’approche et ferre en quelques mots polis, désuets et timides, sa victime. Il ne cherche pas à la charmer, il veut simplement la rassurer. Elle se sent en confiance, elle est piégée.

L’inspecteur Erlendur est parti en vacances quelques jours, à l’est, vers les fjords. Il faut espérer que là-bas, il trouvera la sérénité et le pardon qu’il recherche depuis la mort de son frère lorsqu’il était petit.
C’est sa collègue l’inspecteur Elinborg qui est appelée sur les lieux d’un crime. Là-bas, elle retrouve le troisième de l’équipe, Sigurdur Oli.
La zone est périmétrée par la police scientifique qui lui rapporte les premiers constats. La scène est sanglante, le mort, un jeune homme d’une trentaine d’années, a été égorgé et baigne dans son sang. Il est vêtu d’un tee-shirt féminin et son pantalon est baissé jusqu’aux chevilles. Au premier coup d’œil, il n’y a pas d’équivoque sur son activité, juste avant le meurtre.
En fouillant ses affaires, on retrouve dans la poche de sa veste, des pilules de Rohypnol, la drogue du violeur. Aussitôt, Elinborg songe à des affaires passées et aux jeunes filles abusées. Elles n’ont plus de mémoire mais sont conscientes de leur drame. Le Rohypnol est une substance qui n’est plus décelable après quelques heures. Il n’y a donc plus de preuve pour étayer l’outrage subi, au moment de la plainte.
Une femme était là. Elle a laissé son étole de laine dans la chambre. Une étoffe, au sol, chiffonnée, qui sent le parfum, le tabac et le tandoori. Aurait-elle fait justice ?

Pour commencer l’enquête, Elinborg va quadriller le quartier, interroger les voisins, se rendre dans les bars, les clubs de sport, les lieux que Runolfur fréquentaient. Elle va fouiller son passé et partir dans son petit village natal, un petit port de pêche islandais bien éloigné de la ville, recouvert de neige. Elle interrogera la mère, une femme rude, sévère, quelques personnes qui l’ont bien connu et Valdimar son ami d’enfance.
Ce coin d’Islande est âpre et taiseux, de plus en plus déserté…
Petit à petit, la personnalité de Runolfur se révèle dans les pensées d’Elinborg…

Septième roman de la série avec l’inspecteur Erlendur, l’auteur a accordé à son héros quelques jours de repos, pour appréhender les ombres de son passé.
C’est sa coéquipière et subalterne, qui prend les commandes de l’enquête. Nous avions lu dans les épisodes précédents que Elinborg avait une famille et qu’elle avait pour passion la cuisine, au point d’en écrire un livre avec de très belles photographies. Dans ce tome, nous faisons connaissance avec eux, son mari Teddi, mécanicien, et ses trois enfants, dont un adolescent, Valthor, qui cherche son indépendance et s’éloigne du giron maternel. Son cas inquiète Elinborg qui est partagé entre sa vie professionnelle et sa vie familiale. Le bon équilibre est difficile, surtout lorsqu’elle doit s’absenter pour plusieurs jours et garder le silence sur son quotidien. Son travail est de plus en plus dur et la criminalité est plus intense.
Dès le début, l’auteur ouvre une parenthèse sur ses deux collègues masculins. Apparemment, Elinborg est un peu désespérée du cas de Sigurdur Oli. Ses enfants ont remarqué qu’elle secouait la tête lorsqu’elle parlait de lui… quant à Erlendur, si elle le trouve solitaire, secret, et mauvais père, elle admet qu’il a des qualités d’enquêteur hors pair et lui voue une franche admiration.
Un violeur s’est fait assassiner. Le mobile ressemble à une vengeance. Dans cette histoire, il n’y a point de compassion pour le mort. Les investigations nous transportent d’une Reykjavik animée à un univers « figé dans l’espace et le temps ». J’avais des images glacées et bleutées. A travers cette enquête, c’est tout le système et le comportement de la société qui sont montrés du doigt. Il semblerait que la justice soit indolente sur ce genre d’affaire…
Elinborg est une enquêtrice douce et patiente, mais aussi sans complaisance. Elle paraît rassurante et maternelle. Sa nature sympathique m’a fait oublier Erlendur et ses tourments. Une série avec elle me plairait bien. Je ne vous ai pas parlé de sa fille de onze ans, Théodora. Elle est adorable, douée dans ses études et toujours de bons conseils pour sa mère. J’aimerais la retrouver dans d’autres livres.

Une très bonne lecture, sans déception pour ne pas avoir retrouvé notre inspecteur Erlendur.

Des billets chez Somaja,

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Jóhannes Sveinsson Kjarval
Jóhannes Sveinsson Kjarvalo
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35 réflexions au sujet de « La rivière noire – Tome VII »

  1. J’ai noté les six premiers de la série mais entre-temps tu m’en as fait découvrir tellement d’autres que je n’ai pas commencé mais j’y viendrai, j’y viendrons !!! 😆 L’image de fin est très belle ! ♥

  2. Les séries me font peur, j’aime changer d’un livre à l’autre, pourtant l’enquête semble intéressante. alors peut être un seul de tous ces tomes .

  3. La série marche très fort à la bibli, mais je n’en ai pas encore lu ! Ca vaut le coup alors, ce n’est pas juste un auteur qui surfe sur la vague du polar nordique ? J’emprunterai peut-être le premier tome quand j’aurais le temps !

    • Non, cet auteur écrit bien. Ses livres ne sont pas de simples polars. Il rapporte une certaine atmosphère islandaise…
      Tu peux essayer avec le premier tome « La cité des jarres », un de mes préférés.

  4. Erlendur est une enquêtrice ?? C’est vrai que Erlendur, Elinborg, c’est un peu pareil…;)
    Je ne sais pas trop où ils en sont dans la série, il y a longtemps que je n’ai pas regardé.

  5. Hé hé tu dois être une des rares blogueuses à avoir une catégorie polar islandais…du coup j’ai regardé un peu la liste de tés catégories…c’est impressionnant quand même…sans compter tous ces followers…

    • Nous sommes plusieurs à aimer les polars nordiques. Sharon, Somaja, Asphodèle… Ils sont incontournables pour les lecteurs de policiers.
      Erlendur, Wallander, et tous les suédois, norvégiens… tu commences par en lire un et tu te retrouves embarqué dans leurs séries.
      Mes followers ? C’est peu, je suis un petit blog.

  6. Oh j’ai vu Arnaldur dimanche à St Malo. Mon papa (qui m’a fait découvrir cet auteur) était ravi de lui faire dédicacer un livre et d’assister à une conférence avec lui. Il m’a dit qu’il parlait uniquement en islandais par conviction (les nordiques parlent tous anglais sinon) et que l’Islande est un pays avec si peu de faits divers qu’il s’oblige à ne mettre qu’un seul mort dans ses livres ! 😀
    Je n’ai lu que les deux premiers, le troisième m’attend…
    Bonne journée Syl !

    • Tu as vu Aymeline ? Il y avait aussi Jérôme ! Il a dit ça ? Pourtant à le lire, ce n’est pas tout joyeux ! Plus glauque tu meurs !
      Une très bonne série !
      Bisou

      • Non je n’ai vu personne… Enfin je croyais ! J’ai cliqué sur le lien de Jérome et là je m’aperçois que j’étais sur le stand gallmeister en même temps que lui, je l’ai entendu dire le nom de son blog à un auteur qui était présent. C’est marrant…

  7. Je découvre ton blog avec plaisir ! Arnaldur Indridasson fait partie de mes auteurs de polars favoris et j’ai un gros faible pour Erlendur. Comme toi, j’ai dépassé ma déception à le voir parti en vacances et j’ai apprécié de mieux découvrir sa coéquipière Elinborg. Cet opus m’a beaucoup plu.

    • Un tome que j’avais apprécié, mais il n’est pas le premier de la série. Aujourd’hui, je viens de me prendre le dernier avec Sigurdir Oli…
      Bonne lecture Lily !

  8. Bonjour Syl, j’ai aimé La riviière noire mais autant que La muraille de lave; et je te conseille absolument Etranges Rivages, le dernier en date où l’on retrouve Erlendur dans les fjords (il ne lui ai rien arrivé de grave) qui enquête sur un passé de plus de 60 ans. Un très grand roman. Bonne journée.

    • Je dois lire prochainement « La muraille de lave » ! et tu te doutes bien que je me précipiterai sur « Etranges rivages » ! Cette petite parenthèse avec ses acolytes me plaît bien.
      A bientôt Dasola… et merci !

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