Le croque-mort est bon vivant

Lecture commune avec Manu,
l’avant-dernière de cette série

Défi de Mia

Tome 1 – Le croque-mort à la vie dure
Tome 2 Le croque-mort préfère la bière
Tome 3 – Le croque-mort à tombeau ouvert

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Le croque-mort est bon vivant
Tim Cockey

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Rappel du premier billet :

L’entreprise des Pompes Funèbres Sewell et fils, dans les quartiers de Baltimore, près du port, est dirigée par un sémillant croque-mort, Hitchcok Sewell, trente-quatre ans, un mètre quatre-vingt dix, corps d’athlète, visage d’ange, et sa tante Billie, une dame douce et malicieuse.

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Lors d’une cérémonie funèbre, Ray chuchote à Hitch que Libby est revenue…
Six ans plus tôt, cette amoureuse l’avait laissé pour épouser un ancien fiancé éconduit. A cette époque, Hitch, jeune divorcé, n’était pas prêt pour fonder une famille et c’est vers un autre que Libby avait projeté ses ambitions conjugales et maternelles.
Lorsqu’il se présente à sa porte, il retrouve Libby avec deux petits enfants. La jeune femme est toujours aussi belle, mais elle ne peut cacher son angoisse.
Son mari, Mike, substitut du procureur général d’Annapolis, promis à un brillant avenir, fait l’objet d’une enquête interne et risque d’être radié du barreau. Dans cette tourmente, il s’est montré violent et Libby a fuit leur domicile. Cependant, si elle a souhaité revoir Hitch, ce n’est pas pour lui raconter ses déboires matrimoniaux. Elle s’inquiète de la disparition de la jeune fille au pair, Sophie, qui s’occupe de ses deux enfants et demande à Hitch de l’aider à la retrouver.
Sophie a vingt-deux ans et est originaire de Hongrie. Sa soudaine absence n’est pas normale car la jeune fille est une personne sérieuse et responsable.
Hitch est légèrement dubitatif, mais face à une femme en détresse, il ne peut que se montrer chevaleresque et lui promettre de s’intéresser à l’affaire.
C’est sur son répondeur téléphonique, qu’il reçoit un premier indice par la voix enrouée de Libby… On a retrouvé Sophie au fond de la Severn River.

Fin de l’enquête ? Et non… Hitch ne veut pas s’arrêter au premier constat de police qui aimerait bien clore le dossier par un « suicide ». Surtout qu’à l’autopsie, on apprend que Sophie était enceinte.
Dans la chambre de la défunte, Hitch en retire les premières évidences. Sophie aimait l’acteur Gary Cooper, des dizaines de photographies ornent les murs, elle appartenait à une église fondamentaliste, l’ARCH, des tracts sont éparpillés sur son bureau, et sur un petit coffret à bijoux repose une alliance. A la stupéfaction de Libby, il est facile de comprendre que l’anneau ne lui est pas inconnu.

« Je me retournai vers Libby. Plus une goutte de sang n’irriguait son visage.
– La bague, Hitch. Cette alliance.
– Oui, quoi ?
Il lui fallut un moment pour arriver à faire le point sur mes yeux.
– C’est celle de Mike. »

La recherche d’informations se poursuit à travers son ancienne école, ses employeurs, l’église, ses amis et toutes les personnes qui seraient susceptibles de donner le plus infime des indices. Sophie était timide, naïve, effacée mais aussi enjouée et merveilleuse.
Qui a voulu détruire ce petit ange, un angyalkam (mot hongrois) ?

Quatrième épisode de cette série, je n’ai pas trouvé l’essence humoristique qui m’avait séduite dans les précédents. La particularité de ces polars était surtout l’écriture taquine, ironique, vitriolée qui relevée l’histoire. J’aimais lire les réparties de notre croque-mort et les situations burlesques où il s’empêtrait. Son cœur d’artichaut le rendait vulnérable et charmait la lectrice. Dans ce volume, je l’ai senti désabusé et fatigué. Alors que le titre annonçait « Le croque-mort est bon vivant », je m’attendais à une suite de chapitres loufoques, frétillants, piquants et singuliers. J’aurais pu me rabattre sur l’intrigue policière, et là, déconvenue… Presque trois cents pages à raconter, chercher, de façon languissante… Seules les dernières pages ont pimenté le livre, mais elles étaient tardives ! Je suis navrée, j’éreinte une de mes séries fétiches et je suis très curieuse de connaître l’avis de Manu qui m’a accompagnée dans cette lecture.

Je peux ajouter que j’ai appris un mot… Evatonné. Ce dit d’une personne évatonnée quelqu’un de désinvolte, de dégagé et d’évaporé. Ce passage du début est digne de Hitch. Il est irrésistible ! Il m’en aurait fallu d’autres Monsieur Cockey !

Comme je ne veux pas vous laisser avec cette note de déception, je vous laisse un extrait où Hitch rencontre Mike, un homme qui l’insupporte. Toujours dans ces cas-là, quand il est énervé, Hitch se surpasse :

« Mike lança une jambe par-dessus la chaise et s’y abaissa comme sur une selle. Les vieux cow-boys ont la peau dure. Il tendit la main par dessus la table et tenta de me broyer les doigts.
– Comment tu vas, Sewell ?
– Oh, je vais… à pied, en voiture, ça dépend.
– Ça fait une paye, hein ? J’imagine que tu gagnes toujours ta croûte en enterrant les gens ?
– Voui m’sieur, absolument. J’en ai planté un ce matin même, d’ailleurs. Rien de tel pour se sentir bien vivant, tu vois ce que je veux dire ? »

Je vous dis à bientôt pour le dernier tome… « Le croque-mort enfonce le clou ».
Une série que je vous recommande, à lire ++

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Magritte

Billets de Manu : Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4
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Le croque-mort à tombeau ouvert

Lecture commune avec Manu de Chapum
Challenge Summer PAL de Bleue et Violette
Défi STAR, 2ème édition de Liyah

Le croque-mort à la vie dure, T1
Le croque-mort préfère la bière, T2


Le croque-mort à tombeau ouvert
Tim Cockey

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Rappel du premier billet :
L’entreprise des Pompes Funèbres Sewell et fils, dans les quartiers de Baltimore, près du port, est dirigée par un sémillant croque-mort, Hitchcok Sewell, trente-quatre ans, un mètre quatre-vingt dix, corps d’athlète, visage d’ange, et sa tante Billie, une dame douce avec une petite pointe de malice.

 

Juin à Baltimore,

Le téléphone sonne, Hitch décroche et se retrouve en conversation avec Calmar Martin, le dernier petit-ami de Lucy. Lucy Taylor est généreuse, gentille et crédule. Julia, l’ex-femme de Hitch, la surnomme « Miss-la-Poisse » car depuis sa naissance, elle accumule les ennuis comme les attrapes-mouches aspirent les insectes ou comme si elle dégageait une substance phéromone spécial-tourment.
Les quelques mots que Calmar ânonne sont décousus et hachés. Rien de surprenant, le cher homme agonise ; Lucy lui aurait tiré dessus.
A peine Hitch enregistre l’information, que Lucy arrive et lui dépose sur le bureau le revolver du délit. Elle se remet corps et âme à son ami d’enfance, en sa sagesse et sa protection.
A l’hôpital, l’état de Calmar est stationnaire. Hitch contacte Julia, partie dans une chasse à l’amoureux, et lui raconte la dernière frasque de Lucy.
L’histoire aurait pu se clore sur un accident, une émotion mal maîtrisée, mais dans le courant de la nuit, le détective John Kruk apprend à Hitch que Colmar est décédé, poignardé sur son lit de convalescence.

« – Vous êtes en état d’arrestation.
J’ôtai la main de mon bras comme on tient un rat mort.
– Pour quel motif ?
– Présence indéfectible sur le lieu de tous mes crimes.
John Kruk me décocha le rictus qui, chez lui, fait office de sourire. Peut-être même pouffa-t-il. Il scruta mon smoking de haut en bas et retour.
– J’étais sorti faire un footing, dis-je. »

Ça sent le roussi… Lucy, première suspecte, a disparu, ainsi que Julia… Seraient-elles en villégiature toutes les deux ? Hitch cherche alors à disculper son amie recherchée par la police et essaie de collecter des renseignements sur Calmar. Aux premières confidences des gens qui l’entouraient, le défunt était infidèle, bookmaker et trafiquait de la drogue.

Petit à petit, les pièces du puzzle s’imbriquent et racontent une histoire…

J’ai bien apprécié cette troisième aventure de Hitch, le croque-mort de Baltimore. J’ai retrouvé l’humour qui ponctue les histoires, les galéjades, le tombeur de ses dames, tous les personnages secondaires… Julia et ses parents, la tante Billie, Kruk… ainsi que des nouveaux aux portraits croustillants. Quant à l’intrigue, elle se laisse lire sans déplaisir. Ça se passe dans les arcanes interlopes du jeu, des paris et des magouilles. Cependant, j’avoue avoir ressenti un peu d’ennui dans le milieu du livre.
Bientôt, avec Manu, nous vous raconterons la suite des enquêtes de Hitch, détective amateur, ainsi que ses déconvenues concupiscentes…



Peinture de Magritte

Billets de Manu :
Le croque-mort à la vie dure, T1
Le croque-mort préfère la bière, T2
Le croque-mort à tombeau ouvert, T3
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Le croque-mort préfère la bière

Première lecture commune avec Manu de Chaplum pour le deuxième livre de notre croque-mort sexy, au cœur d’artichaut, Hitchcock Sewell.

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La croque-mort préfère la bière
Tome 2

Tim Cockey

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L’entreprise des Pompes Funèbres Sewell et fils, dans les quartiers de Baltimore, près du port, est dirigée par un sémillant croque-mort, Hitchcok Sewell, trente-quatre ans, un mètre quatre-vingt dix, corps d’athlète, visage d’ange, et sa tante Billie, une dame douce et malicieuse.  Voir le billet du précédent tome, le croque-mort à la vie dure…


Hitchcock Sewell vit toujours dans sa petite ville de Baltimore. Avec sa tante Billie, il continue à assumer son rôle de croque-mort…
En ce jour de décembre, glacial et neigeux, Hitch se retrouve face au cadavre d’une jeune femme. Tout avait commencé par la cérémonie mortuaire de Richard Kingman. Le mort mis « à l’honneur » pour sa veillée, était un imminent cardiologue. Sa femme et ses enfants recevaient les amis venus témoigner leurs condoléances, lorsque un évènement survint… Une femme meurt sur le perron des pompes funèbres… Assassinée… Poignardée ? Tuée par balle ? Elle anime en un instant la petite réception. Cris, pâmoisons et whisky pour tout le monde !

« – Je suis affreusement désolé, mais je vais devoir demandé à tout le monde de bien vouloir rester ici jusqu’à l’arrivée de la police. Faites comme chez… Si vous voulez bien faire preuve de patience, je suis sûr que nous…
Billie me tirait la manche. Elle me fit descendre à son niveau et chuchota à mon oreille. Excellente tacticienne. Je me redressai et m’éclaircis la voix :
– Quelqu’un veut-il boire un verre ?
Un soupir général de soulagement se fit entendre. »

La police arrive et le lieutenant Kruk entre en scène, légèrement exaspéré et désabusé de retrouver notre charmant mais horripilant croque-mort !

C’est dans le journal le  « Baltimore Sunpaper », un article signé par le journaliste Jay Adams, que Hitch fait la connaissance de « La belle inconnue tuée de frais ». Elle était une serveuse de vingt-six ans, maman-célibataire d’un petit garçon et portait le nom d’Helen Waggoner.
Pourquoi a-t-on porté le cadavre à la porte de son entreprise ? Qui était cette femme ? Beaucoup d’autres questions taraudent Hitch qui est chargé après l’autopsie de préparer l’enterrement. En regardant la photo de la morte, il est attiré par ses yeux couleur chocolat, profonds et troublants. (Et la sœur, Vickie, n’est pas mal non plus… )
Tata Billie, en tournant la petite cuillère dans sa tasse « arhumatisée », est très perspicace, elle sait déjà ce qui va se passer…

Peut-être bien malgré lui (ou peut-être non !), d’une façon presque inévitable et d’une complaisance chevaleresque, Hitch entreprend une enquête. Sa petite amie du moment, Bonnie, Miss Météo sur la chaîne télévisée de Baltimore, le tarabuste pour mener l’investigation. Armée de beaucoup d’ambition, elle se verrait bien promue à un autre poste si elle proposait un scoop… et Vickie Waggoner, la sœur, lui demande à demi-mot, entre confessions sur leur enfance et larmes, de trouver le meurtrier…

« – Ma sœur mérite mieux que ça, dit-elle d’une voix fluette. C’est tellement injuste. Elle… vivre comme elle a vécu et finir comme ça. Quelle idiote, quelle imbécile. Elle mérite d’être en vie. Elle…
– (…) J’aimerais vous aider à trouver qui à fait ça. Je ne sais pas vraiment ce que je peux faire, mais… je veux aider. Vous êtes d’accord ?
C’est ainsi que j’ai découvert que Vickie Waggoner avait aussi un sourire magnifique. Comme sa sœur. C’était la première fois qu’elle me le montrait. »

Tiraillé par ces femmes, Bonnie, Vickie et même son ex-épouse Julia qui voudrait bien « se dégourdir » avec lui, Hitch pénètre dans le monde louche des bars, des boîtes à striptease, en marge de la prostitution.
Quels sont le lien et la relation, si ténus soient-ils, qui tissent la trame de cet assassinat ? Avec élégance et toujours respectueux des dames (de la haute ou des bas-fonds), Hitch devient le justicier de Baltimore…

Quel bijoux ! Un grand plaisir de retrouver les écrits de Tim Cockey. Dans le premier tome, l’intrigue était bien moins importante que le style d’écriture. L’humour, la truculence ironique, la personnalité de Hitch, primaient sur l’histoire. Dans cette suite, deuxième de la série, la fantaisie et les joyeuses réparties de notre fossoyeur préféré sont toujours présentes, mais l’enquête et l’enchevêtrement des pistes apportent l’efficacité et la gravité à un bon polar. Nous sommes baladés d’un suspect à un autre, d’un univers aseptisé et chic à celui sordide de la rue.
Un livre qui se lit très vite, avec le sourire et des étoiles dans les yeux… ce qui plairait énormément à Hitch !

PS : Hitch n’est pas un séducteur ; il séduit les femmes sans le faire exprès… Comme qui dirait l’autre en lisant sa carte de visite et en le regardant avec des yeux affamés : « Quel gâchis ! ».

Je sais déjà que Manu a énormément apprécié ce livre. Nous avons convenu de lire le troisième prochainement… C’était bien, hein Manu !!!

Extrait… Hitch, ne se laisse pas faire… la joute est lancée…
« – Vickie Waggoner m’a parlé en confidence. Au cas où vous ne sauriez pas ce que c’est, je vous explique : ça veut dire qu’elle n’escomptait pas que je coure rapporter notre conversation à notre intrépide reporter du Sunpapers.
Adams ôta de sa manche une miette inexistante.
– A titre officieux, alors.
– Pas question.
– Qu’est-ce que vous protégez, Hitch ?
– Je protège la vie privée de quelqu’un, Jay. Et ne m’appelez pas Hitch.
– Je vous appelle comment ?
Le petit sourire satisfait était revenu. Si tant est qu’il eût jamais vraiment disparu.
J’ignorai la question.
– La police enquête sur le crime. je connais le détective Kruk. C’est un bon. Il trouvera.
– Je connais Kruk aussi. Ce serait chouette pour Bonnie de le coiffer au poteau.
– Pour Bonnie. Donc ce que vous faites là, c’est par pure amitié.
– Exactement.
– Eh bien, Jay, vieux pote, je sais dire « d’la merde » dans six langues, mais je crois qu’une seule suffira.(…)
Duel au soleil. »
Yes ! Hitch… c’est toi le vainqueur !!!
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Tableau de Magritte, Le balcon de Manet

Billet de la lecture commune chez Manu-Chaplum
Et chez Scor13
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Le croque-mort a la vie dure

Dans la catégorie « Métier » du challenge Petit BAC d’Enna et un livre en moins extrait de ma PAL, pour le challenge de Leilloona

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Le croque-mort a la vie dure
Tome 1

Tim Cockey

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L’entreprise des Pompes Funèbres Sewell et fils, dans les quartiers de Baltimore, près du port, est dirigée par un sémillant croque-mort, Hitchcok Sewell, trente-quatre ans, un mètre quatre-vingt dix, corps d’athlète, visage d’ange, et sa tante Billie, une dame douce et malicieuse.
A l’âge de douze ans, Hitch s’est retrouvé orphelin suite au décès de ses parents dans un accident de la route. Élevé par sa tante et son oncle, il a pris le relais de l’entreprise familiale à la mort de celui-ci.

« La fête battait son plein. La pièce grouillait de personnes du troisième âge et du deuxième un peu avancé (ce qu’on nomme aujourd’hui pudiquement les « seniors ») regroupé çà et là, parlant à voix basse, se serrant la main et évitant soigneusement l’invité d’honneur – Mr. Weatherby – étendu dans son cercueil (modèle Ambassade : très prisé) à l’autre bout de la pièce, aussi mort qu’un mort puisse l’être… Je déambulai dans la pièce et serrai quelques mains. On m’assura à chaque fois que le pompier retraité avait été « un brave homme ». C’est assez courant. Il n’y a que des braves illuminés pour venir vous susurrer à l’oreille que le mort était un ignoble fils de pute. »

Durant une veillée mortuaire, par un mercredi du joli mois de mai, une jeune femme fait trébucher Hitch, légèrement abruti d’ennui. Intrigué par cette pin-up habillée en joueuse de tennis et surtout attiré par ses longues jambes et son petit minois, Hitch voit en cette apparition un salut à sa langueur. Discrètement, il se présente et cherche à savoir comment elle a pu s’égarer en ces lieux et circonstances. La demoiselle est peu loquace, légèrement ivre et ne souhaite que partir, rendant Hitch beaucoup plus pressant. Toutefois, avant qu’elle ne disparaisse, elle lui laisse son nom et la raison de sa visite… Elle s’appelle Carolyn James et souhaiterait avoir des renseignements sur un enterrement. A la question de Hitch « Puis-je me permettre de vous demander à qui vous pensiez exactement ? », elle lui répond « A moi ».

Toute la journée du lendemain, entre la première répétition de la troupe de théâtre associatif Les Gypsy Players de leur petite ville, où Hitch se voit contraint (acte civique et social) de jouer un rôle, et les quelques heures passées dans les bras et le lit de son ex-femme Julia, une artiste peintre très excentrique et croqueuse d’hommes (divorcés, certes, mais relations encore très amicales), notre peu commun croque-mort pense à Carolyn… Imaginez alors sa surprise, lorsque sa tante lui annonce à son retour que le client qui attend bien sagement et patiemment dans le sous-sol pour une préparation funéraire est une jeune femme de vingt-sept ans, suicidée, portant au visage la couleur estompée d’hématomes et ayant le nom de Carolyn James.
Sa Carolyn James ? Non !… une autre.
Lors de la cérémonie, très peu de gens sont présents, voire personne. Mr. Castlebaum, un vieux monsieur, voisin de la défunte, et le compagnon de celle-ci, Guy Fellows, un bel homme, un peu trop susceptible, bâti comme un boxeur qui n’hésite pas à bousculer et menacer du poing, lui rendent un dernier hommage. Mais à la fin de l’enterrement, Hitch se voit forcer d’interrompre une bagarre entre Fellows et Castlebaum. Se mêlant à la querelle, les coups tombent sans discernement.
« – Vous n’êtes qu’un loquedu !
– Fermez-la !
– Occupez-vous de vos putains d’oignons !
– Ne dites pas « putain » dans un cimetière, espèce de nazi !
– Allez vous faire foutre !… »

Reconsidérant les faits passés, Hitch songe à sa mystérieuse inconnue qui lui a donné le nom d’une autre, anticipant sur le décès. L’appelant Lady X, il commence à enquêter sur la vie de la vraie Carolyn.
Son investigation sera brève car dans la soirée, un détective vient le chercher et l’emmène au poste de police. Il est suspect dans une affaire criminelle. Le mort est un certain professeur de tennis, Mr. Guy Fellows.

L’affaire est étrange, dès le début Hitch perçoit juste fil de la trame ; tout commence par des violences conjugales. Mais beaucoup de personnalités rentrent en scène. Des flics corrompus, des politiciens véreux, des maîtres chanteurs, des milliardaires, un jeune conseiller ambitieux… jusqu’à sa Lady X qui l’assistera dans sa justice…

Ce livre est un polar peu ordinaire et je l’ai beaucoup apprécié. Avant l’intrigue, c’est la truculence des personnages qui entourent Hitch. Sa tante, ses amis, ses ex-beaux-parents, son ex-femme, sa troupe de théâtre… Il y a beaucoup d’humour, d’ironie, d’auto-dérision et pour certains, une naïveté attendrissante. Dans ce quartier de Baltimore, il y a une belle solidarité. Hitch, séducteur, preux justicier et croque-mort, est parfois d’une intrépidité un peu stupide et c’est ce qui fait son charme. Sa verve et son espièglerie fantaisiste rendent le sérieux de certaines situations comiques.
En ce qui concerne, l’intrigue policière… j’en ai lu des plus palpitantes… et ce n’est pas pour cette raison que je continuerai la série. Cela sera surtout pour le charisme de Hitch (et  ses beaux yeux bleus !). A suivre…

Petit extrait ; Hitch peut être taquin :

« M’apercevant à l’accueil, le détective John Kruk m’invita à le rejoindre dans son bureau.
– Asseyez-vous, Mr. Sewell. Je m’exécutai.
Il alla droit au but :
– Mr. Sewell, auriez-vous l’obligeance de me redire où vous étiez samedi soir dernier ?
– M’enfin, encore ?
– Vous répondez à ma question par une question. Je n’aime pas ça.
– Ah oui ?
Je ne pouvais pas résister. Le détective attendait. Son expression me disait qu’il pouvait patienter toute la journée. Je repris :
– Voyons si j’ai bien compris. Je ne suis pas suspecté de ce meurtre, mais vous aimeriez entendre mon alibi quand même, c’est ça ?
– C’est ça, oui.
– Et si je n’en ai pas ?
– Vous posez encore des questions.
J’agitai théâtralement mon poing dans les airs.
– Eh bien, je suis désolé, détective. Mais je veux des réponses, bon sang !
Une fois, il y a bien longtemps, dans le passé préhistorique du clan Kruk, un léger sourire a peut-être été esquissé. Si tel est le cas, l’auteur de cet affront a immédiatement été matraqué à mort et le gène dévoyé, éliminé à jamais. »
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Tableau de Magritte

Des billets chez Chaplum,
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