Tu tueras le père

Venise grand canallogohallow15dirty-harry-haut23-3620006ixocj_2587.

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Le mois italien avec Eimelle,
Halloween avec Hilde et Lou et Polars avec Sharon

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tu tueras le pèreTu tueras le père
Sandrone Dazieri

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De la brigade mobile de Rome, le commissaire Colomba Caselli est appelée par son supérieur Alfredo Rovere, sur les lieux d’un meurtre et d’une disparition. Une femme décapitée, son jeune fils de huit ans disparu (on ne découvre que ses chaussures suspendues à un arbre), le mari est soupçonné d’être le meurtrier. Homme violent, il n’aurait pas accepté le fait que sa femme veuille le quitter…
Aux premiers coups d’œil, Colomba conteste la version de son collègue le commissaire adjoint Marco Santini et c’est auprès d’une autre personne, Dante Torre, qu’elle va demander soutien et conseils. Les rivalités et antagonismes au sein de la brigade plombent l’atmosphère et nuisent à l’enquête.

Commotionnée par « le désastre », une précédente enquête qui s’est terminée à Paris dans un bain de sang, Colomba a bien du mal à se concentrer. Les souvenirs reviennent dans des flashs et génèrent des crises de panique. Sa lettre de démission préparée, elle prendra sa retraite après cette enquête qu’elle est contrainte de mener de façon officieuse pour rendre service à Rovere, son chef et mentor.

Dante Torre a le don de voir le vrai visage des gens et de lire leurs pensées, leurs vérités. Il met sa science, ses « sensibilités », à la disposition de sociétés qui l’emploient et le rémunèrent fort bien ! Pourtant, sa seule et véritable mission est de retrouver des personnes disparues. Riche, extrêmement intelligent, mais en proie à des paranoïas, il reste terré dans son appartement où il voit très peu de monde. Lui aussi se charrie des traumatismes… Il a été kidnappé enfant et maintenu prisonnier dans un silo à grains durant onze ans. Un jour, alors que la personne qui le rattachait à un semblant d’humanité, qui le nourrissait, l’éduquait, le maltraité, s’est montrée moins vigilante, Dante a pu s’échapper. Mais le cauchemar perdure car le ravisseur que la police a arrêté n’était pas le véritable tortionnaire. Depuis toutes ces années, Dante le clame mais personne ne veut le croire. Comme on dit « affaire classée – mort et enterré ».
Parfois, il se sent observé par lui, silhouette noire et mystérieuse qu’il nomme le « Père ».

Le binôme Colomba-Dante fonctionne aussitôt. Deux âmes abîmées se sont reconnues. Lorsqu’elle le mène sur les lieux du crime et de la disparition, Dante plonge directement dans l’horreur. On découvre peu d’indices, sauf un sifflet mis en évidence qu’il reconnaît. Le « Père » est revenu…

« – Il est revenu, murmura Dante. Après toutes ces années.
– On verra bien ce qu’ils disent au laboratoire, répondit-elle, diplomatiquement.
– J’ai toujours su qu’il était encore là, quelque part.
(…)
– Vous savez ce qu’il voulait me dire, le Père, avec ce sifflet ?
– Il est mort, Torre. Il y a très longtemps.
– Il voulait me dire : « Reste loin de mon territoire. » Et j’ai l’intention de le faire. »

« Il est revenu »… et s’il n’était jamais parti ? et s’il avait sévi depuis tout ce temps… L’un est sûr, la seconde l’est moins. Elle ne voudrait pas se perdre dans les délires de Dante.
Tous deux vont devoir travailler seuls car leur investigation ne plaît à personne. L’affaire a son coupable et il n’est pas bon de remuer la boue, surtout lorsqu’elle est parsemée de cadavres.

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Ce thriller captivant se lit dans un souffle ; on ne le lâche pas facilement ! J’ai tout aimé… même les longueurs du scénario (et quelques invraisemblances) trouvent grâce à mes yeux. Le roman fait 665 pages.
J’ai été séduite par les personnages, des tempéraments forts et fragiles. Colomba est une belle femme de trente deux ans, énergique, déterminée, intuitive, marquée dans ses chairs par le « désastre ». Elle ne se pardonne pas d’avoir été manipulée et prend à sa charge la responsabilité de l’échec. Dante, la trentaine, ressemble à David Bowie… très grand, mince, dandy, souvent vêtu de noir. Atteint de troubles obsessionnels dûs à son rapt et son enfermement dans un silo quand il était enfant, il a une addiction aux tranquillisants et vit dans un appartement envahi par des piles de documents, de journaux, de disques… toujours à la recherche de son enfance volée.
L’histoire commence par un meurtre, une disparition et l’incarcération d’un homme qui ne cesse de dire qu’il est innocent. Les institutions policières et judiciaires aimeraient entériner le dossier mais le duo Colomba-Dante a une autre vision de l’affaire et contre les autorités supérieures en provoquant de nombreux « désordres ». Après recherches, c’est l’horreur absolue car ils découvrent d’autres disparitions d’enfants… Une trame habilement tissée, déconcertante, des manipulations machiavéliques, un exécuteur qui nettoie le terrain, de l’humour, des frissons, une cadence infernale, du suspense… le Père, un homme démoniaque… et Rome la ville éternelle, le Tibre, ses campagnes.
Je vous conseille ce roman… j’espère qu’il vous surprendra !

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D’autres billets chez Mille et une pages,

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Dérapages

logo_babelioUn livre offert dans le cadre d’une opération Masse Critique de Babelio avec le partenariat des éditions Versilio

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Danièle Thiéry

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Paris,
Jennifer se retrouve seule, enfermée dans son appartement bunker avec un nourrisson vieillard qu’elle doit nourrir de son lait. Rien ne peut expliquer ce qu’il vient de se passer… la voiture qui l’a percutée sciemment, la disparition de son bébé, l’échange… et cette entité qui se tortille de douleur et de faim ; humaine, mais monstrueuse. Son mari, serait-il de connivence ?

Berck, Pas-de-Calais,
Quel est ce corps qu’on découvre dans l’écume d’une plage de Berck ? Un enfant à qui il est difficile de donner un âge. Il paraît faire six ou sept ans et pourtant les traits de son visage renvoient un autre âge, entre cinquante et soixante ans. Créature sortie d’une histoire à la Mary Shelley, elle se retrouve sur la table d’autopsie sous le scalpel du médecin légiste et sous le regard d’Edwige Marion, commissaire divisionnaire de la police judiciaire de Paris.

Marion n’a guère le temps d’extrapoler des hypothèses car on lui annonce que sa fille adoptive Nina est revenue d’Angleterre dans un sale état. Elle la retrouve à Paris couverte de sang, mutique, ayant certainement subi un traumatisme psychologique et complètement métamorphosée en une femme à la poitrine épanouie. Que s’est-il passé ? Elle avait confié Nina à sa sœur Angèle qui vivait à Londres avec son mari, le brillant Azonov un scientifique de renommée internationale, elle pensait qu’elle devait se plaire dans le lycée français, elle avait essayer de gommer toute appréhension, défiance, et la voilà face à une jeune fille qu’elle ne reconnait plus, secrète, muette, qui cherche à se réfugier dans le sommeil et qui ne dévoile rien de ce qu’elle aurait subi, si ce n’est le mot « Cambridge » qu’elle cite dans une litanie. Ce n’est pas non plus Angèle qui pourrait donner une quelconque explication, car Angèle a disparu… Un vrai cauchemar !
C’est donc auprès d’Alistair Mac Queen, un vieil ami devenu Chief Superintendant à la Metropolitan Police de Londres, qu’elle va demander une pré-enquête et découvrir que Nina a bien changé !

Avec ses amis, le capitaine Valentine Cara, Stéphane Ducros le psychologue, Rose Vergne le médecin légiste, son lieutenant Jean-Charles Annoux et bien d’autres qui gravitent autour de la Mouzaïa, un QG offcieux, Marion va commencer son investigation et découvrir l’horreur absolue ; Jennifer, Berck-Plage, Nina, Angèle… Azonov et ses expériences sur le génome pour lien.
Qu’a subi Nina ? Où est passée Angèle ? et Jennifer, retrouvera-t-elle son bébé ?

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C’est la première fois que je lis Danielle Thiery et c’est au cours de ma lecture que j’ai compris que ce tome est le onzième d’une suite qui raconte les enquêtes tourmentées d’Edwige Marion, commissaire de police. Il est donc dommage de lire « Dérapages » sans connaître les histoires précédentes qui ont bâti son personnage ainsi que ceux des rôles seconds. J’ai souvent été déstabilisée par des réminiscences des chroniques antérieures et la synergie en a été amoindrie. De plus, je n’ai pas compris pourquoi l’auteur dévoile dès le début le fil de l’intrigue car très rapidement on sait de quoi il en retourne. J’aurais souhaité un peu plus de suspens, des indices distillés avec plus de subtilité et un dénouement peut-être plus « classique », péremptoire. Là sont les points négatifs qui rendent mon appréciation mitigée. Pour les points positifs, je voudrais souligner le style alerte et accrocheur de la narration, les personnages qui entourent Marion à la Mouzaïa, tous intéressants et séduisants, la thématique qui si elle n’a rien d’original, a su quand même me captiver… et Marion, une femme attachante qui m’incite à vouloir en savoir un peu plus sur elle.
Ce thriller a quelques passages féroces, implacables, et je ne le conseillerai pas à tout le monde, seulement à un public avisé…

A suivre.

 

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Maman a tort

Un partenariat avec Babelio et les Editions Presse de la Cité

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Michel Bussi

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Le Havre,

Sur la requête de son amie Angélique, la commandante de police Marianne Augresse reçoit Vasile Dragonman, un psychologue scolaire, qui souhaiterait lui confier le cas d’un petit garçon de trois ans et demi. L’infirmière scolaire lui a demandé d’écouter Malone qui raconte que ses parents ne sont pas vraiment ses parents. Tous les enfants aiment se raconter des fables, mais d’après Vasile, ce n’est pas le cas de Malone. L’affaire est urgente car la mémoire de la petite enfance s’efface rapidement. Déjà les souvenirs de l’enfant commencent à s’effilocher, rien ne peut vraiment soutenir ses « affabulations » et l’intuition fortement ancrée de Vasile, à part quelques dessins sur les pirates et les châteaux. Drôle d’histoire ! Mais Marianne Augresse ne l’écoute que d’une oreille car son attention est plus orientée vers Timo Soler et ses acolytes, de dangereux braqueurs en cavale qu’ils recherchent depuis près d’un an. Toute son équipe est sur le qui-vive, prête à la traque. En solo, elle verra plus tard pour Malone…

Lorsque Maman-da le laisse dans sa chambre, Malone se sent en sécurité et peut parler à Gouti son doudou peluche. L’un relate sa journée, lui abandonne ses peurs, les images qui reviennent dans des flashs, l’autre l’écoute et lui raconte en cachette l’histoire de ses origines. Gouti connaît ses secrets, Gouti lui rappelle son autre vie et le berce de sa douce voix le soir pour l’endormir. Pourtant il l’aime bien, Maman-da…
Maman-da est Amanda, une mère qui ne sait plus comment rassurer son fils fantasque et précoce, ni comment légitimer la parenté. Elle a beau fournir le livret familial et les photos depuis la naissance de Malone, rien ne peut étouffer les doutes de la directrice de l’école primaire, ni ceux du psychologue. Il faut que tout cesse, surtout que son mari ne peux plus endurer cette inquisition… il pourrait même se montrer violent.

Marianne Augresse ne songe pas un instant à lier ces deux enquêtes qu’elle va mener en parallèle, car rien ne peut justifier d’une quelconque correspondance. Pourtant, comme sur un métier à tisser, fil après fil, les évidences se matérialisent et suivent un scénario bien écrit ; hasard ou manipulation ? La violence, des menaces, la mort, vont baliser les différentes pistes qu’elle va suivre.

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L’auteur débute le roman par une femme et un enfant qui vont prendre l’avion pour la forêt des ogres… Une femme nerveuse, un enfant confiant. Un paragraphe plus loin… on rencontre la commandante Marianne Augresse et sa brigade qui talonnent la femme et l’enfant. Trop tard ! Lorsqu’elle voit passer l’avion, Marianne commence à comprendre (la lectrice que je suis, pas du tout !). Tout se combine…« La fusée, la forêt des ogres, les pirates et leur bateau échoué, l’amnésie d’un rongeur tropical, le trésor, les quatre tours du château, tous ces délires sur lesquels elle et ses hommes bloquaient depuis cinq jours. »
Cinq jours plus tôt, l’histoire distille une atmosphère angoissante.  Un enfant seul dans son monde avec ses cauchemars, on l’imagine un peu autiste, qui répète que ses parents ne le sont pas et qui parle à une peluche, sa seule alliée. Un psychologue qui s’accroche à ses intuitions et part en croisade. Une mère aimante, prise dans un étau. Un père caractériel. Une directrice d’école dépassée qui voudrait bien clore l’affaire… Cette partie du livre est assez anxiogène et débouche sur un autre univers, celui de Marianne, la commandante de police. Marianne dirige son équipe d’hommes avec douceur et fermeté. Toute à son métier, elle n’a pas vu les années passer et se retrouve à trente-neuf ans sans compagnon et sans enfant. Le cas de Malone ne la laisse pas indifférente et c’est plus par empathie que par devoir qu’elle aborde le dossier. Conjointement, elle recherche les braqueurs, dont un est gravement blessé. Entre psychologie et action, les scènes se succèdent et entretiennent un véritable suspens qui se joue de nos nerfs. Les indices que l’auteur veut bien nous communiquer ne sont que supercheries, des appâts pour mieux nous perdre, et ce n’est qu’à la fin qu’on découvre la trame d’un canevas alambiqué depuis longtemps dessiné.

Je vous recommande cette histoire captivante que j’ai appréciée. Je compte pour ma part continuer avec l’auteur avec deux de ses titres : « Nymphéas noirs » et « Un avion sans elle ».

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D’autres billets chez Albertine, Sharon, Bianca,

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agoutiAgouti d’Amérique Centrale

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Le syndrome (E)

Un livre offert par Sharon avec un gentille dédicace de l’auteur…

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le-syndrome ELe Syndrome E
Franck Thilliez

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Après avoir visionner la pellicule d’un vieux film qui appartenait à un collectionneur, un cinéphile devient aveugle de façon inexpliquée. Pour rendre service à cet ami qui se retrouve à l’hôpital, le lieutenant de police de la PJ de Lille, Lucie Henebelle, se lance dans une investigation hasardeuse pour découvrir les causes de cette cécité. Elle serait à l’origine du visionnage, un scénario étrange et malsain… un parc, des lapins, une petite fille qui se balance, une femme morte, et surtout une atmosphère démente, surréaliste. Un message subliminal passe, mais lequel, pourquoi et comment ?

Leclrec, chef de l’OCRVP, Office Central pour la Répression des Violences aux Personnes, demande au commissaire Franck Sharko, spécialisé dans les tueurs en série, de réintégrer la brigade pour une enquête, car on vient de déterrer cinq cadavres, tous trépanés, les yeux énucléés.
Se rattacher à ce genre de réalités n’effraie aucunement Sharko qui subit des congés forcés à l’hôpital psychiatrique. Depuis les décès de sa femme et de sa fille cinq ans plus tôt, il se réfugie dans des hallucinations et la consommation de barbituriques.

Les deux affaires paraissent assez éloignées l’une de l’autre, mais Henebelle trouve un fil conducteur et contacte Sharko pour se mettre à sa disposition. Tous deux vont rassembler le peu d’indices et essayer de comprendre l’affaire…
C’est d’abord en Égypte, au Caire, que Sharko va chercher des explications. Quant à Hennebelle, c’est au Canada qu’elle partira. Ce binôme ne sera pas exempt de cicatrices, aussi bien physiques que morales et il fera remonter à la surface de machiavéliques trafics datant d’une époque révolue.
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L’auteur réunit pour la première fois deux de ses enquêteurs de choc et le duo fonctionne « plus que bien » ! Des caractères différents, mais une même « assiduité » au travail. A première vue l’intrigue paraît trop alambiquée, puis au fil des pages, tout s’imbrique pour captiver le lecteur qui voyage ! Violences, horreurs macabres, illusions, manipulations psychologiques, expériences… on lit une surenchère d’abominations, on frissonne et on tourne les pages en essayant de ne pas lire en diagonale certains passages. Ayant lu précédemment d’autres romans avec Sharko, on peut dire que j’étais prévenue ! et c’est toujours sur la pointe des pieds qu’on pénètre son univers.
De l’action, des tensions, du suspens à foison, de la schizophrénie, des secrets d’état, de diaboliques expériences, du mysticisme… et tout un panel d’abjections.

Un thriller que je vous recommande, et je continuerai avec « Gataca » qui reprend le tandem Sharko-Hennebelle avec un scénario dans la même veine.

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D’autres billets chez Belette,
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disque-femme-de-feu10

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Les Brillants

logo_babeliologosérienoiregallimardUn partenariat avec Babelio et les Editions Gallimard

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les-brillants 1Les Brillants
Marcus Sakey

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Depuis les années 1980, on s’est aperçu qu’une nouvelle génération d’enfants surdoués naissait. On les appelle les Brillants. Dotées de pouvoirs exceptionnels, ils sont placés dans des académies dès l’âge de huit ans afin de les observer et les « éduquer ». Séparés de leurs familles, on leur enlève toute identité, on leur attribue un tuteur et on leur donne tous le nom de Smith. Au fil des ans, les programmes des académies s’affermissent et on leur implante des micro-puces.
Depuis qu’un as de la finance, Erik Epstein, a fait effondrer les marchés boursiers, on sait que les Brillants peuvent être une menace pour l’économie planétaire.
Depuis l’attentat qui a tué soixante-treize personnes, dont un sénateur influent, dans un club proche du sénat, le militant anormal John Smith est l’homme à abattre.
Depuis… le DAR, une agence bien plus subventionnée que la NASA, essaie de maintenir l’ordre en traquant les Brillants qui se distinguent. Son directeur Drew Peters a toutes les libertés pour les réprimer.

Nick Cooper, un agent des Services Équitables, la branche active du DAR, est un Brillant de niveau un qui a la faculté surnaturelle de lire les schémas du langage corporel. Il déchiffre, devine et anticipe tout comportement, réactif ou émotif. Avec son équipe, il pourchasse les Brillants hors la loi et applique sans faillir une justice assez expéditive. Peters dit de lui qu’il est son meilleur inquisiteur, l’homme en qui il a le plus confiance.
Le vœu de Cooper serait que les « surdoués » et les « normaux » vivent en bonne harmonie, qu’il n’y ait plus d’académies-prisons et que John Smith soit arrêté car aux dernières informations, ce terroriste envisagerait de pirater les réseaux informatiques des lignes aériennes et d’y mettre un virus. Les conséquences seraient dramatiques…

L’enquête le lance sur la piste d’Alex Vasquez, une Brillante qui œuvre pour Smith. Mais sur le point d’être arrêtée, la jeune fille préfère se suicider plutôt que d’être embarquée par le DAR pour être interrogée. Juste avant de mourir, elle lui confie qu’un projet d’une grande envergure a été planifié et qu’il y a au sein du DAR quelques infiltrés.

Les évènements s’enchaînent rapidement et modifient les trajectoires ! Joueur d’échecs hors pair, Smith déjoue tous les plans de Cooper et fait exploser des bombes. La dernière tue 1143 personnes dans un centre de Manhattan. Cooper, présent lors de ce drame, comprend que la politique envers les Brillants va être plus répressive et que le monde va se fragmenter en deux clans. Il pense aussitôt à sa fille Kate qui malgré son jeune âge commence à présenter toutes les caractéristiques d’un Brillant de niveau un. Il désire pour ses enfants un monde moins chaotique et certainement pas un monde où les Brillants seraient ostracisés.

Avec l’aval de Peters, et de lui seul, Cooper va brouiller les données en se faisant passer pour un renégat ; c’est le seul stratagème qui s’impose. Juste le temps de dire au revoir à sa famille et le voilà devenu un homme traqué par ses anciens amis du DAR.
Le banni investit le milieu criminel et met tout en marche pour faire sortir John Smith de son antre.
Mission suicide ? Ce qui est sûr, c’est que Cooper découvrira certaines vérités qui seront aussi puissantes qu’un tsunami ou que mille explosifs. Les apparences peuvent être trompeuses.

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Premier tome d’une trilogie et une très bonne lecture !
Sans connaître la plume de l’auteur, juste à la lecture de la 4ème de couverture, j’ai accepté de recevoir ce roman et j’en suis ravie.
J’ai beaucoup apprécié l’histoire, le rythme et les personnages ; le roman mélangeant les genres fantastique, espionnage et thriller. L’écriture est si bien scénarisée et imagée qu’on oublie qu’on tient un livre et qu’on ne regarde pas un film d’action. Les 495 pages se lisent très facilement, captant notre intérêt sans temps de pause. Question intrigue, on devine assez rapidement la trame, mais ça ne m’a pas gêné.
Cooper est un héros intègre, patriote, qui doit faire cavalier seul pour sauver son pays (il a du Jack Bauer !). Sa singularité donne à son personnage séduction et intelligence, ses rapports avec sa famille le montre humain et protecteur. Dans certaines circonstances pour défendre ses valeurs, il peut se montrer très violent et radical. L’auteur va le bousculer en insérant dans l’histoire des conspirations qui ébranleront ses certitudes et sa foi en l’humanité. Il est très intéressant de lire toutes ses ambiguïtés qui le déstabilisent et le cheminement de ses interrogations.
D’autres personnes l’encadrent, toutes aussi sympathiques et attachantes… Natalie son ex-femme, vaillante et déterminée, peut-être toujours amoureuse de lui, Bobby Quinn son ami et coéquipier, fidèle et loyal, et Shannon « La Fille Qui Passe A Travers Les Murs », mystérieuse et inébranlable.

Je vous recommande ce roman qui fut une lecture distrayante. Le prochain tome paraîtra en 2016.

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Philidor, illustration de 1792

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Dark Eden

logohalloween14logo thriller 13Dans le vaisseau fantôme d’Halloween
avec Hilde et Lou
Thriller chez Liliba

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dark edenDark Eden
Patrick Carman

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Will, quinze ans, suit une thérapie avec le docteur Stevens depuis plus de deux ans. Ses problèmes émotionnels qui le contraignent à rester reclus chez lui ne peuvent être soignés que dans un cadre très particulier. Sa phobie étant considérée maintenant comme un cas incurable, on propose à ses parents de l’envoyer dans un centre spécialisé, Fort Eden, pour une courte durée. Sept jours.

Il raconte… Ils sont sept adolescents, quatre garçons, trois filles, à pouvoir bénéficier de ce traitement ; sept à franchir le portail de la propriété. Le docteur Stevens a bien précisé que c’était une chance pour eux de pouvoir bénéficier des soins de Rainsford, un professeur expérimenté, et qu’à l’issue de cette semaine de thérapie, ils seraient tous guéris. Des sept, il est le seul à connaître les pathologies des uns et des autres car à chaque entretien avec le docteur Stevens, Will piratait sur l’ordinateur les dossiers confidentiels ainsi que les bandes sons de leurs entretiens… Connor, Alex, Ben, Avery, Kate et Marisa.
A l’écart, niché dans une forêt dense, le centre ressemble plus à une prison qu’à une institution médicale. La bâtisse, immense forteresse, fait face à un bunker. Aucun contact avec l’extérieur, ils sont accueillis par une vieille femme revêche, Madame Goring, l’intendante du domaine.
Alors que ses six compagnons se dirigent vers l’établissement, Will ralentit le pas et se fait distancer. Observateur méfiant, il préfère rester sur ses gardes et se cacher le temps d’un premier repérage. Planqué derrière la barrière d’arbres, il voit ses camarades disparaître dans Fort Eden. Il est sûr que quelque chose d’anormal se trame.

Dans le sous-sol du bunker, Will aménage sa planque et découvre une pièce de contrôle avec des écrans de surveillance. Une fois allumés, ils projettent avec indiscrétion les chambres de ses amis. A l’affut, Will ne veut rien laisser échapper. Les traitements se donnent dans une pièce étrange ; un fauteuil, un casque, des fils, les pensées sont vampirisées et s’étalent sur un écran comme pour un film… leurs pires cauchemars. Traiter le mal par le mal.

Qui est Rainsford ? pourquoi le traitement laisse des séquelles ? sortiront-ils vivants de  Dark Eden ?

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Une semaine après la lecture, je garde de ce livre un sentiment confus et je tiens à préciser que confusion n’est pas synonyme de déception. Le roman génère son angoisse petit à petit… les dernières pages n’apaisent aucunement cette anxiété, elles l’amplifient car le dénouement est amer.
Will, le narrateur, observe l’histoire à distance, ne s’impliquant que très rarement dans l’ambiance. Cela donne une mesure pesante, un peu doucereuse, racontée par un adolescent névrosé qui se parle beaucoup à lui même et qui se réconforte en pensant à son jeune frère. Une lenteur, des longueurs, on ne sait où tout va mener. Le suspens s’étoffe avec la venue du professeur Rainsford, un vieux monsieur charmant et bienveillant. Tout paraît trop tranquille, les guérisons sont rapides, les enfants peu curieux, le huis clos oppresse, leur solitude est étonnante. Madame Goring ne fait rien pour soulager la tension, elle ressemble trop à un pitbull. Une histoire d’amour se greffe, on n’y croit pas trop… Il faut donc arriver à la fin pour comprendre le cheminement et en percevoir toute l’horreur et le fantastique. Les enfants devront s’acquitter de leur guérison et le tribut est considérable.
Ce thriller de la littérature jeunesse est à conseiller, mais pas à tout le monde !
Particularité du roman, les sept phobies ont leurs chapitres et leurs illustrations à l’encre noire, de beaux dessins qui lestent un peu plus le livre.

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H.H. Holmes, White City – Tome II

 « Thrillers » de Liliba, « XIXème siècle » de Fanny et « Septembre en Amérique » de Titine

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HHHolmes2H.H. Holmes, White City
Tome II
Scénariste Henri Fabuel
Dessinateur Fabrice Le Hénanff

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Chicago, avril 1891,

img425Des preuves ! Il manque des preuves pour pouvoir accuser le docteur Holmes des crimes qu’il commet. De la célèbre Agence Pinkerton, deux détectives sont à l’affut du moindre petit indice. Siringo et Miss Martinelli ne sont pas dupes mais le docteur Holmes est quelqu’un de minutieux qui n’abandonne pas facilement ses lambeaux de chair.
Des femmes disparaissent et lorsqu’on découvre un cadavre, tout mène à penser que le Ripper de Londres a traversé l’océan.
L’Exposition universelle de 1893 génère une ambiance brouillonne très active. L’hôtel de Holmes se concrétise. Une femme rentre dans sa vie, Julia Connor, une autre en sort, son épouse. Il multiplie les conquêtes et les répudie d’une manière très catégorique.

Si rien ne peut incriminer Holmes, il faut le brusquer et aller le trouver dans sa tanière. Miss Martinelli devient alors « une véritable plaie » pour lui, n’hésitant pas à afficher sa carte de détective. Mais le jeu est horrible. Fournisseur en squelettes et organes à la Faculté de Médecine, Holmes tisse tout un réseau pour ses diaboliques affaires.

Le château de Holmes s’érige et les hauts-fourneaux vont cracher bientôt autre chose que de la fumée de charbon.

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Nous pénétrons avec ce deuxième volume un peu plus dans l’enfer d’un serial killer du XIXème siècle. Le rapprochement avec Jack l’éventreur se fait naturellement et la question est posée. Est-ce lui ou un disciple ?
L’atmosphère est sombre, étouffée, pour le titre de cet album, « White city ». Elle provoque une appréhension, une sensation de claustrophobie et de froid. Les teintes sont obscures, le texte est écrit en petits caractères, parfois les personnages peuvent se confondre et on est alors obligé d’accorder toute notre attention à l’histoire, faire corps avec elle.
En parallèle des tragédies, il y a les deux détectives de Pinkerton qui se liguent pour piéger Holmes. Personnages torturés, solitaires, dissemblables, durs, les auteurs ont voulu les associer plus intimement…
Holmes se fera arrêter en 1894. Il nous reste encore deux tomes à découvrir.

Une série bien construite… à recommander, mais pas pour tout le monde.

D’autres billets chez Estellecalim,

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Journal intime

journal-intimeJournal intime
Chuck Palahniuk

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Suite à une tentative de suicide, son mari se retrouve dans le coma. Qu’est-ce qui a bien pu le pousser à les quitter ? Dans le journal qu’elle lui écrit, Mitsy Wilmot se dédouble pour jeter sa rancœur et mêler sa vie passée à son présent.
Ça commence par le chemin de ses rides. Elle donne à ces plis, ses peines, ses pleurs, ses peurs. Elle esquisse des sourires, s’essaye à des grimaces. Elle incrimine le lâche et l’accuse d’être le fauteur de trouble qui a vieilli prématurément sa fille et a lesté un peu plus sa femme et sa mère de crevasses. Mitsy donne aux trois femmes de sa vie, l’image des trois épidermes qu’il a marqués. Et la poudre de riz camoufle difficilement les scions.
Perter Wilmot… il l’avait embarquée alors qu’elle était jeune étudiante dans une école d’arts plastiques, pleine de fougue pour les tableaux qu’elle voulait peindre. Artiste. Il lui avait répondu qu’elle le serait sur son île, et qu’elle deviendrait la plus célèbre de leur génération…
Mitsy est devenue femme de chambre à l’hôtel Waytansea. Elle vit avec sa fille Tabby, sa belle-mère Grace, et reçoit depuis le suicide manqué des tas d’appels téléphoniques bizarres. Les clients de son mari, architecte qui rénovait les vieilles maisons de l’île, se plaignent de voir « disparaître » des pièces de leur maison. Il y a celui qui n’a plus de salle-de-bains, celle qui a perdu un placard à linge, celui qui ne trouve plus sa cuisine… et un autre qui découvre des graffitis bien personnels sur les cloisons. Pourquoi Peter a jeté sur les murs, sa haine pour les nouveaux venus ? Pourquoi les accuse-t-il de ses misères, de son ambition avortée et de la déchéance de son mariage ? Ces dernières harangues font mal. Elles conduisent Mitsy à boire et à vouloir tout quitter pour partir ailleurs.
C’est sa belle-mère qui va l’inciter à reprendre ses crayons et ses peintures. Mitsy est douée, elle doit exprimer son art.

Entre ses visites à Peter, corps décharné, recroquevillé, végétal, ses écrits-confessions dans son journal, son travail à l’hôtel, ses premiers dessins encouragés par tout le monde, Mitsy cherche à comprendre certains mystères d’une île qui se dégénère… jusqu’à se perdre dans des fantasmes ou dans une conspiration machiavélique.

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Quel étrange livre ! angoissant, violent et déroutant. On peut penser que Misty va continuer à s’épancher dans son journal et ainsi se soulager de sa colère, mais au fil des pages, l’histoire se pare d’une détresse bien différente. Le huis clos devient inquiétant et les personnages prennent petit à petit leurs véritables dimensions diaboliques.
Ce thriller distille son épouvante au compte goutte en délivrant son horreur seulement dans les dernières pages.  Le lecteur se perd souvent dans cette ébullition, surpris par le style, les mots crus, intenses, agressifs, ne sachant à qui accorder son empathie et quoi imaginer. Le suspens est garanti ! le malaise aussi… il ne nous lâche pas.
C’est la première fois que je lis Palahniuk et je ne sais quoi penser. Je salue son écriture particulière, l’impact des mots choisis, sa folie, mais je continue à me demander si j’ai vraiment apprécié ma lecture. Une immersion dans un camp de psychopathes n’est pas une balade facile !
Recommanderai-je ce roman ? Oui… bien sûr !

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Edgar Hopper

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London, La fenêtre fantôme et Le carnet volé – Tome I et II

Mercredi BD chez Mango
« Thrillers et polars » de Liliba
, « British mystéries » de Lou et Hilde et « XIXème siècle » de Fanny

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London
La fenêtre fantôme, Tome I et Le carnet volé, Tome II
Scénario de Rodolphe
Illustrations d’Isaac Wens

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Déshérité par sa famille, certainement pour sa peinture, Mort London est un jeune homme qui doit se débrouiller seul. A la suite d’une rencontre avec son ami Bram Stoker qui lui recommande une adresse, il a l’opportunité d’obtenir son indépendance en travaillant en tant qu’intendant dans un domaine au sud-ouest de Londres.
Lorsqu’il arrive dans la famille Delawny, il ne peut s’empêcher d’éprouver un malaise. La famille vit dans une belle opulence mais l’atmosphère est glaciale. C’est Miss Gray, la gouvernante du jeune Cyril, qui lui fait visiter la demeure et qui le met en garde sur les Delawny. De plus, une chose étrange serait à élucider. La façade de la maison a une fenêtre dont on ne connaît pas la pièce…
Pour les beaux yeux de Miss Gray, Mort veut bien essayer de découvrir cette fenêtre fantôme, mais ce n’est pas ce qui l’intrigue le plus. On lui demande de faire murer un vieux passage dans le jardin, or la serrure et l’endroit sont bien entretenus. C’est dans sa quête du mystère, en compagnie de Miss Gray, qu’une nuit, il surprend Sir Charles à passer par là, silhouette toute noire vêtue et allure inquiétante.

A Londres, des crimes atroces sont commis et tout le monde raconte que Jack the ripper serait revenu.

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« La fenêtre fantôme » et « Le carnet volé » nous introduisent dans une ambiance gothique. Dès le début, la rencontre avec Bram Stocker met le ton sur le sanglant. L’auteur est entrain d’écrire son roman sur Vlad Tépes, fils d’un prince des Carpates que l’on appelait Drakull. Vlad fit empaler 40.000 personnes. Le sujet du livre à de quoi faire frissonner, et lorsque Mort London se retrouve dans le château, cerné par des ombres et des secrets, il est vite visiter par des cauchemars !
Mort est un jeune homme charmant qui est attiré par les femmes ; sans façon, il peut en avoir une dans son lit et faire les yeux doux à une autre. Artiste peintre, il aime les peindre nues et lorsque Lady Paule, la femme de Sir Charles, lui fait des avances en se proposant comme modèle, les scrupules ne le font guère hésiter. Donc… séducteur, peu pointilleux sur la morale, il est aussi intrépide et curieux. Le domaine qui l’accueille est imposant et la famille n’a de singularités que les particularités de l’aristocratie anglaise. Cependant, à vivre avec elle, Mort s’aperçoit que la nuit tient éveillées quelques âmes qui rôdent et qui s’esquivent vers Londres. Je ne vais point ici raconter ce qu’elles y font… ni qui elles sont… là est toute l’histoire !
Le premier tome implante le paysage et les personnages. Le début de l’intrigue s’esquisse et s’étoffe dans les dernières pages, mettant en scène des crimes calqués sur ceux de Jacques l’Éventreur. Dans le second épisode, l’enquête est menée par des inspecteurs de Scotland Yard qui viennent poser des questions au patriarche de la famille Delawny. Mort London, toujours assisté de Miss Gray, continue d’investiguer dans la maison et de collecter des informations auprès de Lady Paule. Le fantôme du jumeau de Sir Charles fait son apparition… ainsi qu’un petit carnet rempli de lignes et de labyrinthes incompréhensibles, convoité par un groupe de fanatiques mystiques.

Cette lecture est une bonne découverte. On s’aventure dans l’Angleterre victorienne et on est tenu par une intrigue très bien scénarisée qui reprend les caractères des romans fantastiques comme « Le Dr Jekyll et M. Hyde », « Dracula », et qui conjecture sur le cas de l’Éventreur. J’ai été séduite par le graphisme et la colorisation, avec des planches qui assurent l’épouvante. Un troisième tome est sorti où l’on retrouve Mort London, Bram Stoker, Victoria Gray, audacieuse aventurière, et le fameux petit carnet rouge… j’espère le lire prochainement !

Je vous recommande cette trilogie, vous passerez un agréable moment.

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Le baiser du banni

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Challenge Thriller de Liliba

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le baiser du banniLe baiser du banni
Cristina Rodriguez

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Résumé de l’éditeur :

« Dalach Cuevas Matamoros, alias « la murena » est un phénomène… Non content d’être un pur hermaphrodite, il est héritier d’une anomalie génétique qui lui permet de contrôler à loisir son émission de phéromones et d’en sélectionner le type (mâle ou femelle). Ce don de séduction fait de « la Murena » un redoutable négociateur souvent mis à contribution par de puissants industriels lorsqu’il s’agit d’influencer un acheteur potentiel. Alors qu’il/elle s’apprête à se rendre à un rendez-vous d’affaires, Dalach découvre à la télévision les images des restes fossilisés d’un humain paré d’une paire d’ailes datant de plusieurs millions d’années. La nouvelle paraît absolument incroyable et pourrait bouleverser l’ordre du monde ainsi que la vie trop paisible de Dalach. »

Quatrième de couverture :

« Dalach Matamoros, hermaphrodite aux grands yeux violets, est à Washington pour un rendez-vous d’affaires quand la nouvelle tombe sur tous les écrans : des « anges fossiles » ont été découverts en Chine ! Pour les Matamoros et les Di Dante, deux clans qui s’affrontent depuis la nuit des temps, la guerre céleste est ouverte… Et Dalach se retrouve confrontée de plein fouet à l’histoire de sa famille en même temps qu’à un combat sans merci pour la résurrection des archanges. Un attentat sanglant à Washington, un faux rabbin à Jérusalem, un manoir ancestral au cœur d’une réserve naturelle de Leon en Espagne, un navire transportant des « antiquités » en provenance de Chine et sur lequel se succèdent d’étranges accidents mortels, la mythique Bible Noire que recèle le Vatican : autant de mystères auxquels Dalach et les siens sont confrontés. Une intrigue sulfureuse sur fond de guerre de religion ultime, des rebondissements en cascade à couper le souffle, une écriture maîtrisée, Le Baiser du banni va vous entraîner très loin, du côté des anges bannis… »
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Pas de résumé personnel pour ce roman. L’histoire que je viens de terminer est trop complexe pour que je m’amuse à balbutier quelques mots.
J’ai découvert l’auteur avec son enquêteur Kaeso, chef de la garde prétorienne sous l’empire de Tibère. Alors que je me renseignais sur une hypothétique suite (qui tarde trop… message subliminal à Cristina), j’ai eu le plaisir de voir qu’elle avait écrit un thriller, édité en octobre 2012.
Aussitôt commandé, reçu, lu dans un après-midi.

Je ferme le livre, le souffle un peu oppressé, avec une sensation mitigée qui me dérange, car j’ai apprécié ma lecture. Je ne cataloguerai pas ce livre de thriller. Je n’ai pas ressenti un frisson d’horreur, j’étais seulement speedée par le rythme haletant de la deuxième partie du roman, le suspense de l’histoire, et légèrement « dégoûtée » par certaines scènes bien détaillées (pour les lecteurs : Marina, le cuistot du cargo et le père Santiago).
L’auteur a une plume alerte et son imagination est fertile ! Elle tisse l’intrigue sur l’histoire des origines que nous livre la Genèse, mettant en scène les archanges Lucifer, Michaël et la rébellion des anges
contée par le livre d’Hénoch. Une trame très intéressante, intelligente, prolixe, ébouriffante dans l’action, avec une dose d’humour et de sarcasmes, irrévérencieuse envers le Vatican (plus précisément le pape), surprenante avec Dalach (le fait qu’elle soit hermaphrodite ajoute à l’histoire, une originalité. Je l’imaginais plus femme que homme), ce livre se lit sans ennui même si on se perd un peu dans les noms des personnages qui foisonnent. Autres que les clans des Matamoros et des Di Dante qui s’opposent et se défient depuis des lustres, beaucoup de personnages interviennent, chacun dans leur quête, leur ordre, leur mystère, leur avidité, leur croyance. Ainsi notre lecture nous emmène en Espagne, en Italie, en Israël, dans les airs, sur les mers… et ce désordre, qui apporte une dynamique au roman, peut entraîner une certaine confusion au début.
J’aurais souhaité ressentir un peu plus de sympathie pour Dalach et Angel, les deux personnages principaux de l’histoire. Leurs sentiments sont discrets et trop sages pour leurs tempéraments pétulants.
L’épilogue du livre nous laisse supposer une suite… je la lirai avec plaisir.
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Des billets chez Lilly,
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L’Archange Raphaël du peintre Hossein Naqqâsh

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