Malefica


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde
Polars fantastiques avec Sharon

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Malefica 1Malefica
Hervé Gagnon

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En 755, sous le règne de Pépin le Bref
Un prisonnier de haut lignage, tenu au secret dans une tour, reçoit pour seule visite celle d’une jouvencelle qui vient le soigner régulièrement. Puis un jour, malgré l’immense plaisir qu’il a de la voir, il lui intime l’ordre de ne plus venir. Il sait que sa mort est programmée pour bientôt.

En 1631, sous le règne de Louis XIII,
Dans le village d’Abelès, la guérisseuse et sage-femme, Catherine Dujardin, aide sa fille Anneline à mettre au monde son bébé. Comme toutes les femmes de leur lignée, elle accouche d’une petite fille qu’elle appelle Jeanne. Jeanne porte la tâche en forme d’abeille qui symbolise l’ordre antique de leur déesse. Mais afin de les protéger de l’Inquisition, le bon curé Bardou ne tarde pas à donner sa bénédiction, car même si elles sont appréciées et demandées par le village, quelques mauvaises âmes n’hésiteraient pas à les traiter de sorcières.
Pendant que la petite Jeanne grandit, instruite par ses deux aînées dans le métier de guérisseuse, pas loin d’Abelès, François Morin, un ancien soldat très valeureux qui avait fait le siège de La Rochelle et avait secouru Jean Armand du Peyrer Comte de Trouville (Capitaine de la compagnie des Mousquetaires), monte une forge pour devenir armurier. Bien installé, de bonne réputation, et heureux en famille, le sort en la personne de Gaston de Villefort, le gabeleur du comté qui commet des exactions sans scrupule, vient le terrasser en tuant sa femme et sa fille. Fou de douleur, François rend sa justice en tuant à son tour le meurtrier, puis s’enfuit en étant gravement blessé.

Poursuivi par le prévôt Reynaud de Villefort, le frère de Gaston, François est retrouvé agonisant dans un fourré par Anneline qui l’emmène chez elle pour le soigner. Suite à cet acte qui suscite la jalousie d’un amoureux éconduit, la jeune guérisseuse va être accusée de sorcellerie et subir un procès mené par l’abbé Guillaume Fagot, un fanatique de l’Inquisition ami de Guy de Maussac. Calomnies, faux témoignages, un bûcher qui est érigé, Anneline voit aussi sa maison brûler et sa mère mourir. Pour elle et Jeanne, il ne reste alors que la fuite, et c’est avec l’aide de François qu’elles partent sur les routes en direction de Paris, avec pour seul héritage, un mystérieux livre de paraboles datant de l’ère mérovingienne, très convoité par l’Église et les hommes de la couronne, qu’elle va essayer de décrypter pour assurer leur survie.

Premier tome d’une trilogie, le roman s’articule autour de nos deux héros pourchassés par l’Église et les hommes de Reynaud de Villefort. Roman épique, rien ne leur est épargné et c’est avec courage et détermination qu’ils cheminent vers les embuches.
Une intrigue longue de 500 pages, le style est fluide malgré des longueurs et des passages très durs sur les tortures pratiquées par l’Inquisition. Des personnages aux tempéraments marqués, une incursion détaillée à l’époque de Louis XIII avec des personnages historiques tels que Richelieu et les Mousquetaires, de la romance, du surnaturel, beaucoup de combats, du mystère et un secret vieux de près de mille ans, peuvent plaire aux lecteurs initiés qui ne s’ennuieront pas. Mais pour ma part, j’ai moyennement apprécié et ne pense pas lire la suite. 

 

Sacre de Pépin le Bref

 

 

Esprits libres, Mindjack – Tome 1

Un livre offert par les Éditions MxM, dans le cadre des Masses Critiques Babelio

 

 

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Mindjack, tome 1
Susan Kaye Quinn

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Nouvelle Chicago…

Notre monde a progressivement évolué vers une société de télépathes et, dorénavant, celui qui n’en est pas un est considéré comme un zéro, une personne en marge de la communauté, reléguée à son dernier rang ou, comme dans certains états, enfermée dans des asiles ; une sur mille ne peut lire et communiquer par la pensée.
Kira Moore est une jeune lycéenne de seize ans qui n’a pas encore subi la transformation que tous les adolescents endurent à la puberté. Dans son lycée, elle est mise à l’écart, et depuis que son frère Seamus parti pour West Point n’est plus là pour la protéger, elle se sent harcelée. Seul, Raf, son ami d’enfance qu’elle aime en secret, reste à ses côtés et lui accorde une confiance absolue. Mais lors d’un rapprochement un peu plus physique avec lui, elle foudroie Raf qui perd connaissance. Kira décèle en elle un pouvoir qui pourrait être fatal pour son entourage et décide alors de protéger son ami en le tenant à distance (quitte à le faire souffrir). Cette différence qu’elle ne maîtrise pas et qui l’effraie encore plus, est découverte par Simon, un camarade qui a autant de succès que Raf auprès des lycéens. Simon lui confesse qu’il n’est pas un télépathe mais un mindjacker, comme elle. Ils ont la faculté de pénétrer les esprits et de les manipuler. La divergence leur permet de se fondre dans la masse et de contrôler les pensées, se lier aux autres. Ainsi, elle pourra faire croire à tout le monde qu’elle est devenue une changeline et elle sera intégrée dans la société. Cependant, si une nouvelle voie s’ouvre à elle, elle est faite de mensonges et de manipulations. Après l’avoir initiée à quelques subtilités et au contrôle de sa force, Simon lui parle d’un clan de mindjakers qu’il aimerait lui faire rencontrer à l’occasion d’une cérémonie. L’intégration au sein de la fraternité est presque obligatoire car ils seront désormais sa famille, les seuls à pouvoir la protéger.
Kira se laisse entraîner malgré sa défiance et découvre un enfer à la suite des présentations. Comme par le passé, les Services Secrets traquent les gens dits « anormaux ». A une époque, dans un premier temps, il y a eu les télépathes, puis les zéros et aujourd’hui, ce sont les mindjackers qu’il faut éradiquer.
On soumet à Kira deux choix ; soit elle coopère avec le Gouvernement comme un petit animal de laboratoire, soit elle finira ses jours dans une prison
édifiée pour les mindjackers, perdue dans le désert.
Digne fille de son père, un militaire dans les Services Secrets de la Marine, fière et rebelle, elle ne tarde pas à donner sa réponse… Son esprit est une arme redoutable.
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« Esprits libres » est le premier tome d’une trilogie fantastique qui a pour pour personnage principal une héroïne courageuse, sensible et attachante. L’histoire est basée sur la découverte de son pouvoir, sa survie et ses choix cruciaux qui tissent l’intrigue dans l’action, les amitiés et les sentiments amoureux. Ce monde de télépathes est bien décrit, facile à comprendre, et nous accédons de chapitre en chapitre à des évolutions plus alambiquées, mais toujours cohérentes (pour le genre). Construite comme la plupart des dystopies actuelles, la trame ne perd rien en originalité et intérêt. Je ne me suis pas amusée à noter toutes les invraisemblances, j’ai simplement savouré et aimé cette fiction jeunesse que je vous recommande. Je tiens cependant à préciser que la violence de certains passages peuvent heurter certains jeunes lecteurs.

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Photo prise « ici »

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Le condamné de Noël

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Il était quatre fois Noël avec Chicky Poo et Samarian

Challenge polars avec Sharon
Challenge Anne Perry

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le-condamne-de-noelLe condamné de Noël
Anne Perry

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Au grand dam de son mari, Claudine Burroughs n’a jamais pu rentrer dans le cercle conformiste de la haute société. D’un caractère plus libre que la plupart de ses congénères, elle s’est progressivement affranchie des codes jusqu’à proposer ses services à la clinique tenue par Hester Monk, où elle s’occupe des malades, gens du peuple et femmes de mauvaise vie. Les œuvres de charité qui donnent bonne conscience aux ladys et les sortent de leur morosité, ne sont pas pour elle.
A quelques jours de Noël, les réceptions rythment les soirées et c’est chez les Gifford que le drame de cette histoire se déroule.
Alors que Claudine traîne son ennui en essayant d’être aimable avec les uns et les autres pour complaire à son mari, elle s’accorde un sursis en s’isolant sur la terrasse. Mais seule, elle ne l’est point ! Un drôle d’énergumen, tapi dans un coin, semble compter les étoiles. Les présentations se font de manières peu protocolaires, très fantaisistes. Il est Dai Tregarron, « poète, philosophe et grand buveur de vie », un être sulfureux que toute cette bonne société victorienne aime inviter pour se donner des vapeurs et animer leurs soirées.
Sa poésie aux airs chantant du pays de Galles, son charme de chenapan, sont des atouts qui séduisent les femmes. Avant même qu’elle dise son nom, il la rebaptise Olwen. Elle est pour lui, en ce fugace instant, Olwen issue de la mythologie gaélique. Si Claudine lui trouve une certaine grâce malgré son ivresse, elle ne doit pas rester en sa compagnie et doit le quitter…
Ce n’est qu’une heure plus tard qu’elle le reverra, en de tristes circonstances, accusé du meurtre d’une prostituée, Winnie Briggs.
Winnie aurait été introduite dans un des salons de la demeure par Tragarron, pour égayer trois jeunes hommes ; Cecil Crostwick, Creighton Foxley et Ernest Halvergate. Mais rien ne se serait passé comme prévu et, suite à une dispute, il l’aurait rouée de coups sous les regards consternés des trois témoins qui n’ont pu le maîtriser. Présents, Cécil, Creighton et Ernest témoignent de l’horrible acte, quant au jeune poète, il est obligé de fuir.
Recherché par la police, coupable, menacé par la pendaison, sa destiné semble être écrite, mais ça serait sans compter Claudine qui a une sincère conviction… Elle pense que Dai Tragarron est innocent.
Avec l’aide de Squeaky Robinson, le comptable de la clinique d’Hester, un homme au passé tourmenté, fin connaisseur de la misère humaine, elle va essayer de dénouer la trame du drame en ébranlant les figurants d’une bonne société très hypocrite.

Pour la fin, gardons l’esprit de Noël !

Comme à son habitude, Anne Perry nous fait vivre le XIXe siècle à travers une enquête et donne encore de beaux rôles aux protagonistes de la gente féminine. Certes, cette histoire est moins ciselée que ses autres romans, mais nous avons toujours plaisir à la lire. Il ne faut pas s’attendre à une grande énigme, ni à un suspense haletant, ni à des retournements spectaculaires, il faut simplement se laisser porter par l’ambiance et le charisme des personnages principaux, à savoir Claudine et Squeaky.
Elle égratigne encore une fois la bonne société de l’époque en pointant les us et parades, les impostures des gens « biens nés », le paraître, l’hypocrisie qui est comme une gangrène qui cyanose l’élite.
Claudine ressemble à Hester. Elles ont en commun des convictions honnêtes, droites, elles défendent l’injustice, elles sont des femmes modernes, trop pour l’époque, et elles font fi des préjugés.
Un roman policier sympathique, parfait pour décembre… une petite parenthèse entre les préparatifs qui occupent les journées de l’Avent.

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Les Hêtres Rouges

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Mois anglais avec Cryssilda et Lou

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Les Hêtres Rouges

Arthur Conan Doyle

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Les avis de Sherlock Holmes s’accordent avec les nôtres lorsqu’il dit que certaines de ses enquêtes sont moins captivantes que d’autres et que c’est la plume de Watson qui les pare de sensationnel et de romance. Cette petite réflexion a de quoi égratigner la susceptibilité du narrateur qui ne se prive pas de terminer sa nouvelle en disant que son ami Holmes l’a déçu dans le dénouement de son enquête. Ce ne sont pas les brillantes déductions du détective qui sont mises en cause, mais plus sa compassion et sa bienveillance…

La dernière nouvelle du recueil « Les aventures de Sherlock Holmes » raconte l’histoire d’une jeune gouvernante, Violet Hunter, à qui on propose un poste très bien rémunéré si elle se faisait couper les cheveux. L’offre est irrésistible mais elle n’en est pas moins très étrange. Décidée à l’accepter, malgré les réticences du détective, elle promet de donner de ses nouvelles.
Quinze jours après, un télégramme de la demoiselle parvient à Holmes, dans lequel elle demande son aide…
« Veuillez être à Hôtel Cygne-Noir à Winchester demain à midi. Je suis à bout. »

Une campagne dans le Hampshire, une maison « Les Hêtres Rouges », un jeune garçon de six ans et ses parents, les Rucastle, des gens très intrigants, l’histoire s’enveloppe d’une aura mystérieuse digne des romans gothiques lorsque la jeune gouvernante qui doit s’occuper du fils est invitée à jouer un rôle pour distraire sa patronne. Pas de crime, pas de violence physique, le forfait a une autre densité immorale.
Cette douzième affaire devait être la dernière de Sherlock Holmes, mais encouragé par ses groupies, Conan Doyle poursuivra les aventures avec les mémoires. « Flamme d’argent » étant le prochain tome à lire…
A suivre !

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Un aristocrate célibataire

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Mois anglais avec Cryssilda et Lou

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Un aristocrate célibataire
Arthur Conan Doyle

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Je continue dans leur chronologie les nouvelles des aventures de Sherlock Holmes. Elles ne sont pas toutes égales mais elles méritent de figurer au palmarès du détective, comme le précise invariablement John Watson. Interlude à d’autres histoires plus passionnantes, celle-ci raconte l’affront subit par un pair du royaume le matin de ses noces. Les scandales sont des petits fours que la bonne société adore déguster. Si l’affaire fut étalée dans les journaux et commentée dans les meilleurs salons, elle a vite disparu au profit d’autres cancans. Mais le mystère demeure et c’est à Holmes de découvrir le fin mot de l’histoire.

Lord Saint-Simon, fils cadet du duc de Balmoral, demande à Holmes de découvrir ce qui est arrivé à sa femme, Mlle Hatty Doran, une riche héritière Américaine. Disparue juste après le mariage qui fut célébré en petit comité à Saint-George, on craint qu’elle ait été kidnappée et peut-être même tuée. Si l’inspecteur Lestrade est bien décidé à suivre les soupçons de Lord Saint-Simon qui accuse son ancienne maîtresse, Holmes s’attache à un indice, retrouvé dans les vêtements de la jeune épousée ; un petit mot et des initiales.

Lord Saint-Simon relate à Holmes et Watson la cérémonie de son mariage. La mariée était radieuse jusqu’au moment où elle a eu un vertige et fait tomber son bouquet. Elle semblait perturbée d’avoir pu l’abîmer, mais un gentleman le lui a rendu et les fleurs n’étaient  pas meurtries. Donc ce n’est pas ça qui aurait pu la chagriner… Cependant ?

Holmes commence à comprendre et le mystère revêt alors une tournure moins dramatique.

La nouvelle est brève, mais l’histoire nous fait partir loin vers la conquête de l’ouest, la ruée vers l’or, les indiens… Loin des meurtres habituels et des machinations criminelles, Watson rapporte une belle histoire d’amour.

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Trollhunters

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Un livre offert par Babelio et les Éditions Bayard

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Guillermo Del Toro
Daniel Kraus

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San Bernardino, une petite ville de Californie,

Depuis que sa mère les a laissés quand il était petit, James Sturges Junior, dit Jim, vit seul avec son père dans une maison qui ressemble à un bunker. Des alarmes, des capteurs de présence, des dizaines de verrous aux portes et des caméras, ont été installés pour assurer leur protection. Jim a beaucoup de peine pour ce père névrosé, négligé, vieux avant l’âge, qui n’a jamais pu se remettre de la disparition de son frère Jack, quarante cinq ans plus tôt. Depuis ce drame, il a essayé de maintenir un semblant de vie normale, mais sévèrement traumatisé, il n’y arrive pas et fait subir à son fils toutes les psychoses qu’il a en lui.

Trollhunters-Artwork-1En 1969 dans la région de San Bernardino, près de deux cents enfants ont disparu sans laisser de trace. Jim Sénior avait à l’époque huit ans et Jack treize ans. Une milice de parents avait été créée, les enceintes des écoles avaient été renforcées et le soir, un couvre-feu avait été instauré. Mais pour l’anniversaire de Jack, on leur avait accordé un peu de liberté et ils étaient partis essayer le nouveau vélo reçu en cadeau. Ils avaient emprunté la route qui mène au canal et au pont Holland. C’est à cet endroit, sombre et encombré de rebuts, que Jim Sénior a vu pour la dernière fois Jack. Il n’a jamais pu raconter le cauchemar qu’il avait vécu, entre rêve et réalité. Qui aurait pu le croire s’il avait dit qu’il avait vu un monstre poilu, immense, plein de griffes ?

Les monstres… Jim Junior en voit un tous les jours au lycée. Steve, le capitaine de l’équipe de basket, est le caïd qui fait subir aux plus faibles les pires tourments. Avec son copain Toby, ils ne font pas le poids et se retrouvent souvent la cible de ses perversions. Mais ce n’est pas en se comportant comme une mauviette qu’il séduira Claire Fontaine, une Écossaise qui vient d’arriver… Claire est différente des autres filles ; belle, intelligente et curieuse. Son non-conformisme est une singularité qui détonne dans l’univers du lycée. Et quand elle joue le rôle de Juliette au théâtre, elle est simplement magnifique !

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Une nuit, Jim est surpris par des bruits. Il avait déjà entendu de tels chuintements dans les canalisations des sanitaires du lycée, et pour rire, il avait imaginé des créatures surnaturelles qui ne demandaient qu’à sortir. Mais seul dans sa chambre, c’est une autre histoire. N’osant pas s’aventurer dans la maison, il reste dans son lit, à l’affut des grognements. Serait-il devenu fou ? Sur son ordinateur portable, il cherche des vidéos qui témoignent des étrangetés qui se seraient passées à San Bernardino et tombe sur des trucs incroyables. C’est alors que la porte de sa chambre s’ouvre sur le pire de ses cauchemars. Une odeur fétide, des tentacules, plusieurs yeux, et voilà qu’un monstre l’entraîne sous son lit, à l’intérieur des lattes du plancher.

Toby lui avait bien dit qu’il fallait toujours regarder sous son lit ! Tétanisé par la peur, Jim est contraint par le monstre et se retrouve dans une sorte de caverne remplie d’ordures. Quel est cet endroit ?

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C’est un homme en armure qui va répondre à ses questions. Les monstres sont des trolls qui habitent une cité souterraine. Grâce à un médaillon traducteur, il peut comprendre leur langage et communiquer avec eux. Ils sont horribles mais pas forcément cruels. Enfin, pas tous ! L’homme de fer lui présente ARRRGH et Blinky, des compagnons d’armes qui l’aident à combattre Gunmar le Noir, le troll mangeur de chair humaine et kidnappeur d’enfants.
S’il a choisi Jim pour l’avoir à ses côtés, c’est qu’il est le descendant d’une lignée de guerriers. Son patronyme signifie « lance ». Il est le paladin de sa génération.

Jim découvre un univers parallèle grouillant fait de poubelles et de trolls en tout genre qui aiment guerroyer, manger, chanter et parler en prose. S’il comprend bien, cette visite impromptue n’est pas une simple sollicitation courtoise… La menace est claire et impérative. Il doit prendre les armes pour lutter contre Gunmar.  L’homme de fer insiste en lui donnant le médaillon…
« – Si tu ne le prends pas maintenant, s’emporta-t-il, nous reviendrons te chercher demain dans la nuit. Et la nuit d’après. Et celle d’après encore. Et ce sera tout ce à quoi se résumera ta vie, Jim Sturges, jusqu’à ce que tu nous obéisses. »

Le soleil commence à se lever, c’est l’heure de regagner pour chacun leur monde. Jim se retrouve dans sa chambre, le médaillon près de lui. Ce n’était pas un rêve. Pfff… il va falloir qu’il raconte sa nuit à Toby !

Élève médiocre, adolescent gringalet, pas trop héroïque, comment Jim pourrait se transformer en un valeureux guerrier chasseur de trolls ? Là, est toute l’histoire qu’on nous invite à lire…
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Guillermo del Toro avoue aimer les créatures monstrueuses. Dans ce livre, avec l’auteur Daniel Kraus, il nous en présente tout un panel. Au plus elles sont horribles, au mieux c’est. Quel est le lecteur qui ne frissonne pas d’effroi quand il lit qu’elles se cachent sous le lit ou qu’elles profitent des coins les plus obscurs pour surprendre l’enfant ? Ça nous renvoie aux fantasmes terrifiants de notre enfance.
L’histoire embarque deux adolescents, Jim et Toby, guère confiants en leurs capacités, pour cette quête initiatique ! L’un est petit pour son âge, l’autre est obèse. Ils ne sont pas préparés à affronter de gigantesques bestioles aux dents acérées, pourtant ils vont s’en donner à cœur joie ! Tremble Gunmar !
Sur un tempo échevelé qui va en crescendo, les aventures de notre héros et comparses ne manquent pas d’humour, ce qui allège un peu la tension du début…
Le fantastique permet des intrigues les plus farfelues.
Pénétrer dans un autre monde m’a fait penser à l’expérience d’Alice de Lewis Carroll, quant aux trolls, ce fut une pensée à la série « A comme Association » d’Erik L’Homme et Pierre Bottero.

Je recommande ce livre qui est destiné aux jeunes adolescents. J’ai pris plaisir à le lire et je prendrai plaisir à le voir, car on découvrira Trollhunters dans le courant de l’année avec une adaptation en film d’animation. Alors… à suivre !

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Images du film d’animation « Trollhunters »

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Un océan d’amour

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La BD du mercredi

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un océan d'amourUn océan d’amour
Scénario de Wilfrid Lupano
Dessin et couleur de Grégory Panaccione

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Un album muet, pas une bulle pas un mot, pour raconter l’histoire d’un pêcheur Breton parti en mer, à qui il arrive d’incroyables mésaventures (les auteurs lui ont imaginé tout un panel de fléaux… tempête, pirates, naufrage…), et de sa femme restée à l’attendre, toujours pleine d’espoir de le revoir malgré tout… et qui pugnace, ira jusqu’à Cuba pour le retrouver.

Un couple dépareillé ! Lui, petit, maigrichon, elle, d’une généreuse prestance, plus grande que lui et d’une humeur bien plus joviale. Le matin, alors qu’il fait encore nuit, la crêpière dégage des arômes de galettes ; lard, œuf et fromage. Un mug de café pour remettre les idées en place, la météo à la radio qui annonce déjà l’air du temps et voici que la valisette du casse-croute est prête. Toujours des sardines en boîte à son grand désespoir !… qui finiront en compagnie des autres, intactes dans la soute du bateau. Il ne sait pas que bientôt ils les dégustera avec délice en compagnie d’une mouette. Mais voyons juste le début… ce début qui s’émaille de petites facéties. Les réveils matinaux, même pour des gens aguerris, peuvent être éprouvants.

La « vraie » journée s’amorce après le baiser.
Il s’en va sur la lande qui borde l’océan, rejoindre son comparse jusqu’au bateau de pêche, le Maria. Sur le pas de la porte, un dernier coucou de la main, amoureux, maternel, et un sourire. La vie de marin est difficile, si rude, mais celle de sa femme l’est tout autant, de manière différente.
Le bateau file vers un horizon qui s’éclaire petit à petit. On écoute le silence, les mouettes rieuses qui les escortent, le grincement de la poulie lorsqu’elle remonte le filet ; il prélève une pêche très maigre, un seul petit poisson parmi des détritus. L’océan est calme, le moral semble au beau fixe, une petite pause avec le thermos de café… quand soudain, un énorme chalutier transperce la brume matinale et fonce sur eux.
Le GoldFish racle les fonds avec son filet et accroche par malheur le Maria. S’enchaîne alors un scénario catastrophe, car prisonnier, le bateau se retrouve à la verticale contre la coque du Goliath.
Panique et branle-bas : la fusée de détresse hors d’usage, un porte-voix qui ne donne rien, une radio atone… le canot de survie qu’on déploie et… Un capitaine n’abandonne JAMAIS son bateau.
Ainsi commence ce que je disais en préambule, les « mésaventures » de ce marin maigrichon, qui après avoir laissé partir son matelot sur le canot de survie, se retrouve seul à bord.

Peut-être ressent-elle dans ses chairs la détresse de son mari ? Sur le quai, face au soleil qui décline, sa femme, la plantureuse Maria, commence à s’inquiéter. Aussi vaillante que lui, la coiffe de bigoudène bien fixée sur le sommet de la tête, elle se tient droite et inébranlable. Les copines viennent la soutenir et installent près d’elle une barrière de chaises pliantes. Ouvrages en dentelle qui occupent les mains, tasses de café, bavardages, rire pour ne pas pleurer, et la nuit qui s’installe… Mais Maria, attend. Sa silhouette devient ombre.
Que fait-il ? Ou est-il ?
Si elle savait ! La nuit n’est pas des plus paisibles, là-bas sur l’océan et les lendemains seront très éprouvants car de multiples péripéties guettent le petit capitaine.

Au matin, le canot de survie s’est échoué sur la plage et le marin de son mari raconte…
Attendre et abdiquer ? Oh que non ! Maria est bien décidée à ramener sa tendre moitié.

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Cet album est un bijou. Comme le dit la quatrième de couverture, tous les ingrédients sont réunis pour rendre l’histoire palpitante, émouvante. Il est précisé qu’il est plein d’une valeur énergétique qui mêle à l’aventure de « la poésie, de l’amour, des paysages sublimes, du suspens, des gags… », beaucoup d’humour. Autres points importants qui donnent au scénario une note triste de notre monde, on voit un océan pollué, poubelle, et une mondialisation menaçante.
On sourit, on frémit, on éprouve de la tendresse pour ce couple, on salue leur courage, on détaille tous les dessins et on réfléchit sur la valeur de la vie…
Un livre sans un mot, mais très éloquent ! Je vous le recommande ++.
Génial !

« A consommer de préférence avant que l’océan ne fasse plus rêver. »

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D’autres billets chez Louise, Jérôme, Moka, Livresse des mots, Mo’, Noukette, Sandrine, Didi, Le Bibliocosme, Yaneck, Eimelle, Hélène, Bianca,

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un océan d'amour.

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Les quatre

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« British Mysteries » d’Hilde et Lou
et « Agatha Christie » de George

« Le mois anglais » avec Titine, Lou et Cryssilda – 12ème billet

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Un billet particulièrement long ! 12 nouvelles…
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Agatha Christie

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Cette histoire n’a pas une construction ordinaire. Agatha Christie a écrit plusieurs nouvelles sur une organisation criminelle appelée « Les Quatre », puis les a rassemblées en un livre. Chacune de ces histoires, qui sont au nombre de douze, a son intrigue propre avec des chapitres et un dénouement. Se mêle aux enquêtes policières, tout le suspens des romans d’espionnage…

Juste avant la seconde guerre mondiale…
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1. L’hôte imprévu et L’homme de l’asile

Après une absence de près d’un an et demi, le capitaine Hastings revient à Londres pour quelques mois. Il se fait une joie de retrouver son ami Hercule Poirot, le célèbre détective, mais alors qu’il débarque chez lui à l’improviste pour lui faire la surprise, il découvre Poirot sur le point de partir pour Rio. Les retrouvailles sont joyeuses, turbulentes (des gamins !) et assez expéditives car le train qui doit le mener au bateau n’attendra aucun retardataire…

En pleine conversation sur le nom d’un groupuscule qui intrigue Poirot, les « Quatre Grands », ils entendent un bruit dans la chambre d’à côté et découvre un homme groggy qui est passé par la fenêtre. L’inconnu, d’après le médecin qui arrive en urgence, souffre d’un choc nerveux. Il répète sans discontinuer qu’il doit voir Hercule Poirot au 14, Farraway Street. Dans l’impossibilité de communiquer avec lui, on lui donne un crayon et un papier sur lequel il trace le chiffre « 4 »… ce qui n’explique rien. Poirot, maintenant très en retard, continue à préparer ses bagages et laisse l’intrus aux bons soins d’Hastings, quand soudain, il est interrompu… L’homme se met à réciter… « Li Chang Yen peut-être considéré comme le cerveau des Quatre Grands. Il en est la force motrice, le maître. C’est pourquoi je l’appelle le Numéro Un. Le Numéro Deux est rarement désigné par son nom. Il est représenté par un S barré d’un double trait vertical – le symbole du dollar – ou encore par deux bandes horizontales et une étoile. On peut donc en conclure que c’est un citoyen américain et qu’il incarne la puissance financière. Le Numéro Trois est, sans aucun doute, une femme, de nationalité française. Peut-être est-elle de ces courtisanes du demi-monde, mais on ne sait rien de précis sur elle. Le Numéro Quatre… Le « Destructeur »... pour retomber aussitôt en catalepsie.
Il est certain que cette tirade a de quoi intéresser Poirot, lui qui justement voulait se renseigner sur la bande des Quatre, mais bousculé par le temps, il ne prend pas la peine de faire certains rapprochements et se fait mener à la gare.

C’est à ni rien comprendre ! Un homme rentre par effraction chez lui et débite des paroles qui n’ont ni queue ni tête. Il le laisse en transe à sa logeuse et prend le train pour une affaire dont il ne sait strictement rien si ce n’est qu’elle est « royalement payée ». Son obsession étant de ne pas arriver en retard et de ne pas se désavouer en rompant la promesse qu’il aurait faite à ce milliardaire du bout du monde, Abe Ryland. On pourrait croire que ses petites cellules grises se sont disloquées, mais… Dans un sursaut de lucidité, Hercule Poirot réinterprète le tout et fait demi-tour pour découvrir, trop tard, l’inconnu décédé.

Hastings nous raconte cette étrange histoire en essayant de ne rien omettre. Le début qui paraît compliqué ne l’est que si peu en comparaison de la suite qui va se révéler extrêmement plus complexe. Lorsqu’ils constatent le décès, Poirot fait intervenir l’inspecteur Japp qui apporte des éclaircissements à cet embrouillamini. Car un nouveau personnage se faisant passer pour un gardien d’Hanwell, un asile d’aliénés, est rentré sur la scène pour réclamer le cadavre. C’est Le Destructeur de la bande des Quatre, celui qui ratisse le terrain.

Poirot solennel déclare à Hastings : « C’est un duel à la mort, mon ami. Vous et moi d’un côté, les Quatre de l’autre. Ils ont gagné la première partie, mais ils ont échoué dans leur plan pour m’éloigner. Désormais, ils auront affaire à Hercule Poirot ! ».
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2. Où nous en apprenons davantage sur Li Chang Yen et De l’importance d’un gigot

Sa susceptibilité étant largement égratignée, Poirot s’investit dans l’enquête et décide de rencontrer Monsieur John Ingles, un fonctionnaire à la retraite, bien informé des affaires chinoises. En commençant par se renseigner sur le cerveau de cette structure criminelle, Li Chang Yen, il pense pouvoir rassembler les nombreuses ramifications qui se rattachent à lui et démanteler la bande.
Monsieur Yen est un puissant mandarin qui tire les ficelles économiques et politiques de son pays. Son empire s’étend également en Russie, où l’on dit qu’il avait une emprise sur Lénine et Trotski. Son but suprême est de tout contrôler.

Cette visite enrichit le dossier et va déboucher sur un autre protagoniste qui a vécu à Shangaï, Jonathan Whalley, un « vieux loup de mer » très affranchi. Ce dernier a écrit une lettre à Ingles pour lui faire part de ses craintes sur les Quatre et de son désir de quitter l’Angleterre. Menacé, il est cloîtré chez lui et ne peut retirer de l’argent pour fuir.

Sans plus tarder, Poirot, toujours assisté d’Hastings, accompagne donc Ingles à Hoppaton pour rencontrer le vieil homme. Avant même d’arriver sur les lieux, on leur demande s’ils viennent pour le meurtre. La cuisinière de ce pauvre Whalley l’a découvert mort dans une flaque de sang. Une fois encore, Le Destructeur a une avance sur Poirot qui va devoir prouver l’innocence de l‘homme à tout faire, ancien repris de justice qu’on vient d’inculper.

3. Disparition d’un savant et La Femme dans l’escalier

Cette enquête qui n’en finit pas de s’étaler, prend une autre envergure quand l’inspecteur Japp présente à Poirot le capitaine Kent des services secrets américains venu questionner un savant sur ses théories concernant un raz de marée qui a fait naufrager au large des côtes américaines de nombreux destroyers et torpilleurs. Le savant ayant disparu, on confie à Poirot le rôle de le retrouver… C’est en France auprès de Madame Olivier une chimiste de grande renommée que Poirot continue l’investigation. Il aura la surprise également de revoir deux personnes connues ; l’inspecteur Giraud et la Comtesse Vera Rossakoff.
Comme il l’annonce à Hastings, l’étau se resserre. et les menaces d’intimidation qu’il reçoit en attestent.

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4. Les Voleurs de radium

Les Quatre décident de sortir de l’ombre en essayant d’intimider Poirot. Mais le fin limier sait qu’en tissant une toile et en se montrant patient, il aura plus de chance de les capturer.
Dans le laboratoire de Madame Olivier, des cambrioleurs ont voulu s’emparer d’un morceau de radium qu’ils n’ont pas découvert. Anticipant sur leur prochaine visite, Poirot se tient sur ses gardes et organise un stratagème pour les contrer. Toutefois, rien ne va se passer comme prévu… et tel est pris qui croyait prendre.
(Cette nouvelle est excellente !)

5. Dans la maison de l’ennemi

A ce stade, Poirot découvre l’intelligence de cette organisation qui le devance sur tous les points. Sur un échiquier, ses pions seraient en mauvaise posture.
De retour à Londres, il a dans son courrier une lettre de Abe Ryland où il écrit son mécontentement sur son désistement pour Rio. Depuis quelques temps déjà, Poirot soupçonne ce multimilliardaire d’être le numéro deux des Quatre Grands, et quand il apprend sa venue en Angleterre pour rencontrer des politiciens, il songe à une nouvelle stratégie. Ryland recherche un secrétaire capable de lui décortiquer l’étiquette de la haute société britannique… c’est très bien car Poirot en a un sous la main ! Hastings va jouer le rôle, et pour cela, il va devoir, au préalable, passer entre les mains d’un maquilleur….
Dans cet épisode, Hastings, sous le nom d’Arthur Neville, va être livré « dans la maison de l’ennemi » et être les yeux de Poirot, mais ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il va servir d’appât pour l’un et pour l’autre !

6. Le Mystère du jasmin jaune et Notre enquête à Croftlands

Ça ressemble de plus en plus à une guerre, et jusqu’à présent les batailles sont toutes remportées par Les Quatre, désespérant Hastings qui se montre moins confiant que son ami Poirot. Comme c’est lui qui narre les histoires, il ne s’en prive pas de le dire.
« Poirot prenait mes récriminations à la légère :

– Pour le moment, Hastings, ils rient, c’est vrai. Mais comme dit le proverbe : « Rira bien qui rira le dernier ».
Obsédé par Les Quatre Grands, Poirot se donne corps et âme à son Graal. Dans un accord tacite avec Japp, il élucide pour lui quelques enquêtes et l’inspecteur lui fournit des informations sur Les Quatre, comme l’affaire du « Mystère du jasmin jaune ».
Monsieur Paynter, homme fortuné de cinquante-cinq ans, grand voyageur qui écrivait un livre « La main occulte de la Chine », a été retrouvé mort dans son bureau. Le décès toujours inexpliqué, Poirot et Hastings retrouvent Japp sur les lieux pour mener l’enquête. Accident, suicide, meurtre ? Des suspects… l’héritier, le valet de chambre chinois Ah Ling… Poirot voit une fois de plus la marque des Quatre, et il n’a pas tort !
Comment et qui ? On retrouve dans cette petite histoire toutes les subtilités des plus grandes.

7. Un problème d’échecs

Un mois est passé depuis le crime de Croftlands et Hastings inquiet voit Poirot douter de ses capacités. Pour le distraire et le sortir de ses « idées fixes », Japp lui parle de sa nouvelle affaire qui capte aussitôt l’attention des petites cellules grises belges. Lors d’une partie d’échecs entre deux champions, un Russe et un Américain, l’un des deux joueurs s’est écroulé mort sur le plateau. Crise cardiaque ou empoisonnement, l’autopsie doit le révéler…
Serait-ce si surprenant d’apprendre que derrière tout ça, Le Destructeur œuvre une fois de plus ? A croire que
Les Quatre. sont à l’origine de toutes les affaires criminelles qui passionnent Poirot.

8. L’Appât et La Souris prise au piège

C’est l’hiver… Déjà six mois qu’Hastings est aux côtés de Poirot, délaissant sa femme restée en Argentine. Mais il ne peut abandonner son ami, seul face aux Quatre Grands.
Le temps paraît long à attendre une quelconque manigance, toutefois, chose rassurante, Poirot semble confiant. Mais un jour, alors que Poirot s’absente pour une course, Hastings reçoit un télégramme signée d’un « 4 » qui lui annonce que sa femme, la douce Cendrillon, a été kidnappée. On lui demande de suivre le messager du mot, sans informer Poirot.
Hasting va servir d’appât.

9. La Blonde oxygénée

Poirot établit une liste de jeunes gens qui pourraient correspondre au Destructeur, fils de bonne famille, aventuriers, comédiens et sans aucune morale, et fait paraître une annonce pour obtenir des informations. De cette liste, quatre noms l’intéressent, dont celui de Claude Darell.
A l’étude de son notaire, il rencontre Miss Monro, une vieille amie de Darell, comédienne au chômage, qui lui parle longuement de Darell. Bavarde, elle ne se fait pas prier pour décrire son physique, son caractère, ses petites manies, son talent pour interpréter tous les personnages… Elle est même prête à leur donner une photo…
L’étau se resserre.

10. Le Terrible Malheur

Les Quatre Grands ne sont pas des personnages des contes et légendes. Poirot décide de tout raconter au ministre de l’Intérieur de sa Majesté et, profitant de la visite du président du Conseil français, il demande une entrevue. Sur le ton de la plaisanterie, il dit à Hastings que s’il venait à mourir, d’autres personnes seraient au courant…
Ce que Poirot présage n’est pas de bonne augure. Il en arrive même à vouloir contacter son frère jumeau qui habite à Spa en Belgique. Et c’est pour nous, et Hastings, l’occasion de connaître cette parenté qu’il dévoile pour la première fois.
A peine rentrés, ils reçoivent la visite d’une infirmière qui soupçonne la femme infidèle de son patient de vouloir la mort de son mari qui, lui même, se sent menacé par les quatre. Les quatre ? Femme, médecin, fils, dame de compagnie ? ou… Les Quatre Grands ? Poirot et Hastigns sont invités au domaine pour enquêter et découvriront bien trop tard le traquenard, une grande tragédie…
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11. Le Chinois agonisant
12. Le Numéro Quatre gagne une manche et Dans le Felsenlabyrinth

Sans trop raconter le dénouement de l’épisode précédent, il faut préciser qu’Hastings se retrouve seul pour continuer la traque des Quatre. Mais les avertissements, qu’ils soient amicaux ou inamicaux, puis les chantages, ne l’intimident guère, obnubilé qu’il est par sa vengeance. Poirot a fait de cette affaire sa croisade, Hastings la reprend à son compte.
Dans ces deux dernières nouvelles, les évènements s’enchaînent et tout est détaillé pour maintenir captif le lecteur. Hastings, narrateur un peu naïf, nous débite les faits à travers sa vision des choses, bien souvent tronquées pour notre plus grand plaisir !

Qui aura le dernier mot ? Poirot, bien sûr !
« La grande affaire de ma vie est terminée. Après celle-ci, n’importe quelle autre me paraîtrait insipide. Non, je vais prendre ma retraite. j’irai peut-être planter des courges ! Je pourrais même me marier et m’installer ! »
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Vous n’avez certainement pas lu ce billet interminable, le plus long de ce blog, mais sachez que j’ai pris plaisir à l’écrire et à m’attarder sur chacune des nouvelles. Elles sont toutes indispensables au scénario, un tissage finement monté.
Conan Doyle utilise John Watson pour raconter Sherlock Holmes et sa narration, très concrète mais un peu austère, amène une subtile distance entre lui et le lecteur. Avec Hercule Poirot, Agatha Christie a choisi pour quelques aventures le capitaine Arthur Hastings, un homme foncièrement bon, spontané, vaillant et candide. Ce que je peux reprocher à Watson, je ne peux le faire à Hastings qui a une approche plus fantaisiste, pleine d’humour et de dérision.
Il faut donc lire ce roman pour l’intrigue, son genre, mais aussi pour ces deux vedettes qui sont irrésistibles ! … Je vous le recommande, il est captivant.

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Vous trouverez d’autres avis chez Sharon, Alice, Shelbylee,

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27-01-10

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Fantômette et l’île de la Sorcière

logowalpurgisCette nuit, c’est Walpurgis !

Hilde, Lou, Marjorie et bien d’autres, célèbrent la fin de l’hiver et le retour du printemps… Les sorcières sortent et festoient…
FondantochocolatAymelineNahePurple

Je participe pour cette nuit, avec

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Fantomette et l'ile de la sorciereFantômette et l’île de la Sorcière
Georges Chaulet

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Ficelle et Françoise :
« – Je me demande à quoi elle s’occupe quand elle ne pourchasse pas les bandits. Elle va peut-être à l’école ?
– C’est probable.
– Et quand elle a de mauvaises notes, comme moi, elle reste en retenue pour copier des lignes et des verbes ?
– Il ne t’est pas venu à l’idée que c’est peut-être une bonne élève que l’on ne punit jamais ?
– Heu… Non, je n’y avais pas pensé… Mais quand elle n’est pas en classe et qu’elle ne court pas après les voleurs, que fait-elle ?
– Beaucoup de choses. Elle lit des livres et des revues, elle écoute des disques, elle regarde la télévision, elle pilote un kart le dimanche, fait du ski en hiver, de la plongée sous-marine en été, du tir à l’arc ou au pistolet en toute saison…
– Oh ! Tu crois qu’elle fait tout ça ? C’est curieux, mais on a l’impression que tu la connais ? »

Pour les vacances, l’oncle de Ficelle invite les filles, Françoise, Boulotte et Ficelle, à venir faire un petit séjour dans sa ferme à Goujon-sur-Epuisette. La campagne dans ce petit coin est bien jolie et on ne s’ennuie jamais à la ferme. De plus, comme l’institutrice Mademoiselle Bigoudi le conseille, il y a des monuments historiques et des curiosités typiques de la région qu’il serait bon de découvrir pour leur éveil intellectuel.

Arrivées à Goujon-sur-Epuisette, les trois amies font la connaissance des gens du village et apprennent qu’une île, appelée l’île de la Sorcière, se niche dans le milieu du fleuve l’Épuisette. Personne ne va sur l’île car elle a une mauvaise réputation. Les eaux sont noires, agitées et les bords ne sont pas facilement accessibles car des barrières de roseaux l’entourent. Mystérieuse et inhospitalière… l’endroit idéal pour des jeunes aventurières intrépides et rêveuses. Puis, Ficelle n’en démord pas, il y a certainement un trésor à déterrer.

Une barque un peu pourrie et des provisions, Françoise, Boulotte et Ficelle partent à la découverte de cette nouvelle terre. Mais bien vite leur insouciante virée va rencontrer quelques périls… et Fantômette devra réapparaître ! Des voleurs cambriolent les bijouteries du canton.

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Cette histoire est le cinquième tome des aventures de Fantômette. Écrit en 1964, il a le charme désuet de la bibliothèque rose de l’époque, du vintage qu’on aime parfois retrouver. Rien d’effrayant, rien de bien captivant, je l’ai relu avec une pincée de nostalgie et le sourire un peu niais de la fillette d’autrefois. Plairait-il aux enfants d’aujourd’hui ? Je ne sais pas… et pourtant j’aimerais le croire !

A redécouvrir pour un voyage dans le temps, dans la vieille édition, papier jauni et rugueux, avec les illustrations de Jeanne Hives.
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Du danger de perdre patience en faisant son plein d’essence

du danger de perdre patience en faisant son plein d'essenceDu danger de perdre patience en faisant son plein d’essence
Pascal Martin

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« Du danger de perdre patience »… Parfois, on imagine avoir dans la tête deux consciences qui régissent nos actions. Il y a le gentil Jiminy Cricket, sorte de maître Yoda plein de sagesse, et l’autre, le diablotin malicieux qui sautille et qui nous incite à quelques folies. Ainsi commence la rocambolesque histoire de Victor Cobus, un stratège de la finance, trader et écrivain de polars, qui, après avoir fait le plein d’essence de son luxueux Defender, a commis une terrible imprudence !

La scène… Le soir, une station essence, Cobus vient de payer son plein, il s’engage pour partir et est stoppé net dans son élan par une Porsche Carrera mal garée. Une ou deux secondes après, le voilà qu’il commence à s’impatienter… il fait un petit pouet avec son klaxon. Aucune réaction. La Porsche et un taxi sont en conversation, ils l’ignorent… Un deuxième pouet plus affirmé retentit sans les déranger… C’est à ce moment précis, que le petit démon se réveille… Cobus, transformé, appuie fougueusement sur l’avertisseur en provoquant les deux hommes et son destin…

« – J’ai bloqué ma main sur le klaxon.
Le type qui faisait face au chauffeur de taxi s’est retourné et m’a adressé un geste plein de morgue agacée. Il était noir, grand, massif. Il m’a semblé voir luire dans la lumière des phares les éclats d’une chaîne en or autour du cou.
Je me suis mis à tambouriner sur mon klaxon.
C’est alors que j’ai vu un type sortir de la Porsche, côté passager.
Il était jeune, crâne rasé. Son teint était si pâle qu’on aurait cru à l’apparition d’un mort vivant. Il était vêtu d’une veste en cuir sombre. Il est venu vers moi. J’ai enlevé ma main du klaxon. Je me suis composé un visage souriant et j’ai actionné l’ouverture électrique de ma vitre. Il m’a apostrophé.
– Qu’est-ce que tu nous sonnes avec ta trompette, bouffon ?
La colère révulsait ses traits. Les yeux lui sortaient de la tête. Ce type me donnait l’impression d’avoir fumé dix tonnes de crack en une seule pipe. J’ai temporisé.
– Si vous pouviez demander à votre ami d’avancer un peu, ne serait-ce que d’un mètre, ça me permettrait de passer. A moins que vous puissiez vous-même prendre le volant.
– J’ai pas mon permis.
– Alors…
– Alors ? Tu vois pas qu’ils tapent la discute ?
– Si je le vois bien, mais…
– Alors qu’est-ce que tu klaxonnes, connard, avec ton quat’quat de merde ?
– Je suis un peu pressé et… « 

Il aurait pu se la jouer modeste, mais son diablotin est à la fête. Cobus, complètement irresponsable, allume encore plus son public et fonce avec sa voiture bélier dans le tas. Le noir costaud pointe une arme et… et… tout s’enraye dans une incroyable aliénation.

« Le superbe appartement dans le XVIè, la villa à Deauville, le chalet à Chamonix, coke et whisky à gogo, avalanche de filles « bombesques »… », adieu tout cela ! Cobus se retrouve rapidement en garde à vue, bon pour la prison, accusé d’avoir sciemment renversé Mr. Ouatara et d’avoir fui. Le scénario de la légitime défense s’effondre car on n’a pas retrouvé l’arme. De plus, les témoignages ne le servent pas, ni sa personnalité de trader-romancier, et, cerise sur le gâteau, le juge chargé de l’affaire éprouve de la compassion pour le jeune homme hospitalisé qui passera certainement sa vie en fauteuil roulant. Ça fait beaucoup pour une soirée ! un véritable cauchemar !

Fleury-Mérogis, à chaque sas, « Porte ! », des cris, des insultes des autres détenus, des menaces, « Porte ! », oui surveillant, merci surveillant, « Porte ! ». Cobus reçoit les consignes de ce monde à part. Si on l’intègre dans une cellule à un lit, quartier des homos, c’est que son CV intéresse le gardien chef. On lui propose de lui adoucir l’existence, à l’écart des autres, s’il fait fructifier leurs économies qui s’élèvent à 31.230 euros. On le prévient également que Sid Juvenal, le caïd de la prison et grand ami de Ouatara, a des vues sur lui. La tractation est aussitôt topée ! Cobus demande et se crée une salle des marchés avec un ordinateur, un téléviseur branché à la chaîne BFM Business et un portable relié à l’international. Il fera tout son possible pour les satisfaire… c’est une question de survie.

Nanti d’un avocat issu des banlieues, d’une clique de surveillants « bienveillants », d’une petite-amie qui fantasme sur son incarcération, d’un père milliardaire tortueux, « guigné » par les taulards, torturé par les courbes du CAC 40 qui dégringolent… Cobus continue à suivre son instinct avec une morgue qui en agace plus d’un !

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Explosif ! ce livre, qui est le premier de la série « Le monde selon Cobus », maintient captif le lecteur. Fou, flippant, d’un humour noir et corrosif, l’auteur modèle Cobus tout au long du livre. Le trader antipathique mue et arrive à ressembler à son personnage de fiction, Jack Wallace. En prison, le diablotin s’exprime pleinement, il est parfois sans limite ! C’est jouissif (même s’il fait peur).
Un début disjoncté, une ambiance carcérale angoissante, claustrophobe, bestiale (bien documentée), une fin qui est une renaissance, des dialogues rythmés, rock, schizophrènes, azimutés, avec un peu d’humanité, des personnages stéréotypés mais intéressants, certains attachants, qu’on aimerait retrouver dans le deuxième volet… cette lecture fut très divertissante.
(Divertissante… mais l’empreinte qui me reste, c’est la vie en prison ; une horreur. Pascal Martin est journaliste d’investigation, alors je pense qu’il a été honnête et que la représentation qu’il a donnée n’est pas une caricature.)

Je vous recommande ce livre !

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D’autres billets chez Alice,

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