Les Brillants

logo_babeliologosérienoiregallimardUn partenariat avec Babelio et les Editions Gallimard

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les-brillants 1Les Brillants
Marcus Sakey

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Depuis les années 1980, on s’est aperçu qu’une nouvelle génération d’enfants surdoués naissait. On les appelle les Brillants. Dotées de pouvoirs exceptionnels, ils sont placés dans des académies dès l’âge de huit ans afin de les observer et les « éduquer ». Séparés de leurs familles, on leur enlève toute identité, on leur attribue un tuteur et on leur donne tous le nom de Smith. Au fil des ans, les programmes des académies s’affermissent et on leur implante des micro-puces.
Depuis qu’un as de la finance, Erik Epstein, a fait effondrer les marchés boursiers, on sait que les Brillants peuvent être une menace pour l’économie planétaire.
Depuis l’attentat qui a tué soixante-treize personnes, dont un sénateur influent, dans un club proche du sénat, le militant anormal John Smith est l’homme à abattre.
Depuis… le DAR, une agence bien plus subventionnée que la NASA, essaie de maintenir l’ordre en traquant les Brillants qui se distinguent. Son directeur Drew Peters a toutes les libertés pour les réprimer.

Nick Cooper, un agent des Services Équitables, la branche active du DAR, est un Brillant de niveau un qui a la faculté surnaturelle de lire les schémas du langage corporel. Il déchiffre, devine et anticipe tout comportement, réactif ou émotif. Avec son équipe, il pourchasse les Brillants hors la loi et applique sans faillir une justice assez expéditive. Peters dit de lui qu’il est son meilleur inquisiteur, l’homme en qui il a le plus confiance.
Le vœu de Cooper serait que les « surdoués » et les « normaux » vivent en bonne harmonie, qu’il n’y ait plus d’académies-prisons et que John Smith soit arrêté car aux dernières informations, ce terroriste envisagerait de pirater les réseaux informatiques des lignes aériennes et d’y mettre un virus. Les conséquences seraient dramatiques…

L’enquête le lance sur la piste d’Alex Vasquez, une Brillante qui œuvre pour Smith. Mais sur le point d’être arrêtée, la jeune fille préfère se suicider plutôt que d’être embarquée par le DAR pour être interrogée. Juste avant de mourir, elle lui confie qu’un projet d’une grande envergure a été planifié et qu’il y a au sein du DAR quelques infiltrés.

Les évènements s’enchaînent rapidement et modifient les trajectoires ! Joueur d’échecs hors pair, Smith déjoue tous les plans de Cooper et fait exploser des bombes. La dernière tue 1143 personnes dans un centre de Manhattan. Cooper, présent lors de ce drame, comprend que la politique envers les Brillants va être plus répressive et que le monde va se fragmenter en deux clans. Il pense aussitôt à sa fille Kate qui malgré son jeune âge commence à présenter toutes les caractéristiques d’un Brillant de niveau un. Il désire pour ses enfants un monde moins chaotique et certainement pas un monde où les Brillants seraient ostracisés.

Avec l’aval de Peters, et de lui seul, Cooper va brouiller les données en se faisant passer pour un renégat ; c’est le seul stratagème qui s’impose. Juste le temps de dire au revoir à sa famille et le voilà devenu un homme traqué par ses anciens amis du DAR.
Le banni investit le milieu criminel et met tout en marche pour faire sortir John Smith de son antre.
Mission suicide ? Ce qui est sûr, c’est que Cooper découvrira certaines vérités qui seront aussi puissantes qu’un tsunami ou que mille explosifs. Les apparences peuvent être trompeuses.

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Premier tome d’une trilogie et une très bonne lecture !
Sans connaître la plume de l’auteur, juste à la lecture de la 4ème de couverture, j’ai accepté de recevoir ce roman et j’en suis ravie.
J’ai beaucoup apprécié l’histoire, le rythme et les personnages ; le roman mélangeant les genres fantastique, espionnage et thriller. L’écriture est si bien scénarisée et imagée qu’on oublie qu’on tient un livre et qu’on ne regarde pas un film d’action. Les 495 pages se lisent très facilement, captant notre intérêt sans temps de pause. Question intrigue, on devine assez rapidement la trame, mais ça ne m’a pas gêné.
Cooper est un héros intègre, patriote, qui doit faire cavalier seul pour sauver son pays (il a du Jack Bauer !). Sa singularité donne à son personnage séduction et intelligence, ses rapports avec sa famille le montre humain et protecteur. Dans certaines circonstances pour défendre ses valeurs, il peut se montrer très violent et radical. L’auteur va le bousculer en insérant dans l’histoire des conspirations qui ébranleront ses certitudes et sa foi en l’humanité. Il est très intéressant de lire toutes ses ambiguïtés qui le déstabilisent et le cheminement de ses interrogations.
D’autres personnes l’encadrent, toutes aussi sympathiques et attachantes… Natalie son ex-femme, vaillante et déterminée, peut-être toujours amoureuse de lui, Bobby Quinn son ami et coéquipier, fidèle et loyal, et Shannon « La Fille Qui Passe A Travers Les Murs », mystérieuse et inébranlable.

Je vous recommande ce roman qui fut une lecture distrayante. Le prochain tome paraîtra en 2016.

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PhilidorLeJeuDesEchecs1792
Philidor, illustration de 1792

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Je suis un dragon

logo Robert-Laffont
Un livre offert par les Éditions Robert Laffont

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je suis un dragonJe suis un dragon
Martin Page
(Pit Agarmen)

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Le docteur Poppenfick travaille depuis huit ans pour la C.I.A. Scientifique sans aucune éthique, il jouit de son pouvoir et de l’impunité qu’on lui procure pour ses expériences médicales. Lui qui a toujours vénéré la force et détesté la faiblesse, il va se retrouver devant un cas d’étude surprenant, extraordinaire…

Au mauvais endroit, un règlement de compte entre mafieux. Margot a six ans lorsqu’elle voit ses parents se faire tuer. Devenue orpheline, les services sociaux la place dans une famille d’accueil, puis dans un foyer pour enfants maltraités. Dans cet établissement, elle essaie de se fabriquer la cellule familiale qui lui manque tant, en offrant son soutien et son amitié. C’est à l’école, puis au collège, qu’elle perçoit sa différence. Survivre. Sa solitude et son désir de passer inaperçue se renforcent ; Margot a un secret, elle a peur d’être un monstre.

Ne pas connaître la douleur physique, avoir une force inconcevable, être invincible… et voler. La petite fille qui dessinait partout des dragons se doutait bien qu’elle n’était pas comme les autres, depuis toujours, mais c’est à la suite d’un évènement tragique qu’elle prend conscience de ses capacités surnaturelles. Dès l’instant où elle se dévoile, elle est kidnappée par les services secrets français et américains qui l’emmènent dans un hôpital militaire pour lui faire subir des tests et essayer de définir sa nature. Extraterrestre, anomalie génétique, on ne sait ce qu’elle est. Elle a douze ans, elle est fragile, presque chétive, et sa foi en l’humanité est déjà bien atteinte.

Au manoir, domaine où on la tient sous haute surveillance, Margot continue à subir toutes sortes d’examens. S’il pouvait, le Dr Poppenfick la dépècerait pour mieux l’analyser… Toujours seule, considérée comme une créature inhumaine, petit à petit, Margot se lie avec des personnes bienveillantes qui assurent sa tutelle et lui offrent une éducation. Elle ne peut s’empêcher d’éprouver envers eux des sentiments de gratitude, de respect, et de s’imaginer qu’ils sont une famille.
Douze ans… puis quatorze. Margot est une adolescente normale, avec ses rébellions, ses failles et son envie de liberté. C’est aussi à cet âge qu’on lui confie un rôle. Margot va être une justicière, un super-héros, qui devra sauver la planète. Elle sera Dragongirl.

« Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ? »

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Pratiquement immortelle, sa peau est une carapace protectrice que rien ne peut atteindre, mais pas insensible. Margot a une émotivité très humaine qui la rend vulnérable. Considérée comme une arme exceptionnelle, elle est utilisée et manipulée sans aucune morale pour l’ordre et le bien de l’humanité. Là est le cœur du problème… Elle doit se donner pour pouvoir expier ; c’est ce qu’ils veulent lui faire croire.
« – Tu vas te racheter. Et nous allons t’aider dans cette entreprise. Tu peux accomplir de grandes choses. Tu peux sauver des vies par milliers. »
L’auteur a imaginé un être qui a les pouvoirs d’un x-men, d’un super-héros des Marvel Comics (super-pouvoirs, costume moulant de justicière, identité cachée) et lui confère une fragilité qui émeut le lecteur. Si jeune et si recluse. A travers elle, il raconte alors une société décevante, barbare, stupide, et la fourberie, le machiavélisme, de nos dirigeants.

L’évolution du personnage de Dragongirl-Margot prend de l’ampleur dans la deuxième partie du livre. Les missions s’enchaînent dans des
conjonctures plus guerrières, plus radicales, elle devient un symbole, elle est encensée, et c’est aussi le temps des réflexions plus personnelles. Margot commence à ré-envisager sa vassalité. Intelligente, lucide, honnête, elle perçoit les enjeux politiques et l’hypocrisie qui l’entourent. L’adolescente souhaite s’affranchir de tout contrôle pour vivre une vie « normale » et partir en quête de ses origines ; qui étaient ses parents ?
Je vous conseille cette lecture qui est une satire fantasque, sombre, perspicace, très actuelle, de notre monde, avec ses cruautés, ses faiblesses, son obsession toujours croissante de domination. La violence, les vengeances, sont décrites crûment, sans paravent. Au delà de la caricature, pas si parodique, c’est aussi un conte qui réserve de belles surprises. L’écriture est alors pleine d’espièglerie, de poésie et d’une énergie positive qui donne à l’histoire sa part de sourires.

Sauve-toi Margot, envole-toi !

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D’autres billets chez MissLéo, Fanny, L’Irrégulière, Laétitia, Noukette, Jérôme, Alice, Valérie, SophieLit, Stéphie, Bianca,

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dragon
Encre de Chen Rong

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