L’Île du Crâne


Halloween en octobre avec Hilde et Lou
Billet n° 30

 

 

L’Île du Crâne
Anthony Horowitz

« Cher M Eliot,

Vous êtes-vous jamais demandé où trouver un collège qui dresserait votre fils ? Pas un de ces endroits ramollis d’aujourd’hui, mais un établissement qui croit encore à la discipline ? Et vous est-il jamais venue à l’idée que, de nos jours, la plupart des enfants ne savent même pas épeler le mot discipline… ?
Permettez-nous de vous présenter Groosham Grange. Comme l’indique la brochure ci-jointe, nous sommes un pensionnat et nous offrons un environnement unique à des enfants âgés de douze à seize ans, qui se sont montrés réfractaires aux méthodes modernes d’enseignement.
Groosham Grange est situé sur une île privée, au large de la côté du Norfolk. Aucun service régulier de ferry ne dessert l’île, il n’y a donc pas de congés fixes. En réalité, les élèves n’ont droit qu’à un seul jour de vacances par an. Les parents ne sont jamais invités à l’école, sauf en cas de circonstances exceptionnelles, et seulement s’ils savent nager.
Je suis certain que votre fils profitera pleinement des excellentes méthodes de Groosham Grange et du niveau élevé d’études. J’attends avec impatience de vos nouvelles dans la prochaine demi-heure.

Sincèrement vôtre,
John Kilgraw, directeur adjoint. »

Les mots de la lettre font mouche ! Discipline, dresser, pensionnat, île, un jour de congés, pas de parents… Lorsque M. Eliot lit la brochure publicitaire, il envisage sans plus tarder à inscrire son fils dans ce collège. David qui est un cancre et qui s’est fait renvoyé de son école, trouvera en cet établissement sa nouvelle demeure !
Une heure pour faire les bagages et prendre le train à la gare de Liverpool, David a juste le temps de mettre quelques affaires dans une petite valise et d’embrasser sa mère avant de partir. Dans le train, il fait la connaissance de deux autres élèves de son âge qui sont envoyés à Groosham Grange. Jeffrey est un garçon un peu balourd qui bégaie. On a assuré à ses parents que l’enseignement qu’il recevra là-bas, lui apportera beaucoup plus d’assurance. Quant à Jill, qui est un vrai garçon manqué et qui ne reste jamais longtemps dans une même école, elle apprendra les bonnes manières.
Avant de descendre du train où ils seront a
ccueillis par Grégor le chauffeur, un homme bossu et borgne, les trois nouveaux amis concluent un pacte de solidarité.
Solidaires, il faudra qu’ils le soient, car sur l’Île du Crâne, l’école est plus qu’étrange !

L’intendante Mme Windergast souhaite la bienvenue aux nouveaux arrivés. Si vous désirez y aller pour bénéficier de leur singulière pédagogie, il faut que vous soyez le 7ème fils d’un 7ème fils. Cela vous rappelle quelque chose ?

David commence un journal où il confie ses premières impressions. Ses peurs, le décor lugubre orné de trophées de chasse empaillés, les cours, les élèves et les professeurs tous très bizarres, l’isolement, le froid, la neige, les hurlements d’un loup la nuit…  et le regard perçant du directeur adjoint, M. Kilgraw.
Si les jours sont d’une morne platitude, sans vie, les soirs après le coucher, tout le monde semble s’éveiller pour disparaître derrière une porte secrète de la bibliothèque.
Où vont-ils ? que font-ils ? et pourquoi tous les élèves portent-ils une bague noire dès leurs treize ans ?
Ce ne sera que le jour de son anniversaire, pour ses treize ans, que David aura les réponses à ses questions. Mais avant ça… avec son amie Jill, il connaîtra bien des mésaventures !

« – Nous avons une vieille coutume à Groosham Grange. Nous demandons à nos élèves d’inscrire leur nom dans le registre de l’école. Toi et tes deux amis porterez le total de nos pensionnaires actuels à soixante-cinq. Soit cinq fois treize, David, Un très bon chiffre.
… Quand David avança la main, M. Kilgraw se pencha d’un mouvement brusque. La pointe aiguisée de la plume se planta dans le pouce de David qui poussa un petit cri…
– Tu auras la bonté d’inscrire ton nom, poursuivit M. Kilgraw. (Il lui tendit la plume qui maintenant était rouge du sang de David.) Nous n’aurons pas besoin d’encre. »

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Anthony Horowitz nous dévoile dans ce premier livre les prémices de son histoire en deux tomes, peuplée de sorciers, de fantômes, de vampires et de loups-garous. Son univers fantastique rappelle quelques romans de la littérature jeunesse. Poudlard pour l’école des sorciers, et L’apprenti épouvanteur pour le 7ème fils du 7ème fils. J’ai parfois eu aussi une pensée pour  Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire et Matilda lorsque les parents de David rentraient en scène. Si M. Kilgraw est un personnage effrayant, les parents de David le sont tout autant dans un autre registre.
L’histoire, qui ne manque pas d’humour, se lit bien et les enfants (- de 10 ans) aimeront découvrir les mystères de ce collège en compagnie de nos héros, des adolescents très téméraires.

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L'île au crâne 1

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L’étrange boutique de Miss Potimary, La boîte à secrets

Un mois d’albums avec Pilalire
La BD du mercredi chez Moka
Un livre offert par Babelio et Jungle, dans le cadre des Masses Critiques

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L’étrange boutique de Miss Potimary
La boîte à secrets
Scénario d’Ingrid Chabbert
Dessins et couleurs de Séverine Lefèvre

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L’adorable Betty reçoit pour ses neuf ans un appareil photo de ses parents et un peu d’argent de sa grand-mère. C’est donc avec sa petite cagnotte et Dare-Dare sa souris qu’elle se dirige vers le magasin de Miss Potimary. Elle découvre une boutique remplie de bibelots et de vieux livres qui attisent sa curiosité et son envie. Avec émerveillement, elle jette son dévolu sur une très belle boîte japonaise datant du XIXe siècle. Mais lorsqu’elle fait part à Miss Potimary de son désir de l’acheter, cette dernière émet des réticences avant d’accepter. Si Betty la prend, elle devra faire très attention car il se pourrait qu’elle soit enchantée. Quiconque arrivera à l’ouvrir, sera emporté dans un autre temps…
Une fois dans sa chambre, Betty manipule la boîte sans jamais trouver le mécanisme du casse-tête. Mais en pleine nuit, alors qu’elle n’arrive pas à dormir et qu’elle essaie encore une fois, elle a la surprise de voir la boîte s’ouvrir…
Qu’avait dit Miss Potimary ? « Il y a des choses qui dépassent ce qui est visible à l’œil nu. »

Trouver dans un capharnaüm de vieilleries un petit trésor, et comme la lampe d’Aladin, découvrir qu’il est magique ! La belle boîte transporte Betty trente ans en arrière. La maison où elle habite avec ses parents est différente, avec une décoration plus vieillotte, sa grand-mère a rajeuni, et Betty se voit dans le miroir sous les traits de sa maman. Seule, Dare-Dare, toujours présente à ses côtés, la relie à sa vraie vie.
Des fantômes qu’elle seule peut voir, Dare-Dare qui est dotée du langage humain, et un mystérieux personnage du nom de Kariptor qui vole les spectres pour les emmener du côté obscur… tout est angoissant ! Mais pour la courageuse Betty qui se voit confier une mission bien dangereuse, rien n’est impossible…

Cet album est une sympathique histoire que les enfants de 6 ans apprécieront. L’héroïne est une délicieuse petite fille énergique, décidée et lumineuse, quant à Kariptor, il a la physionomie ténébreuse d’un méchant sorcier. Si le texte est mince, le charmant scénario dynamique, dosé de fantastique, satisfera les jeunes qui débutent en lecture. Quant au graphisme, il est beau, riche, expressif, avec de douces rondeurs. Les couleurs aux dominantes orangées sont chaleureuses. L’ensemble donne à ce premier tome bien des promesses et juste le suspense et les frissons qu’il sied.
« L’étrange boutique de Miss Potimary » est une série que je ne manquerai pas de suivre… Le dernier dessin montre un grimoire que Miss Potimary a laissé à Betty. Une note l’accompagne et précise : « A parcourir avec prudence »… Dare-Dare a un sale pressentiment !

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Zombillénium, Gretchen, Tome I


La BD du mercredi chez Mango

Octobre, Voyage de Lou et Hilde, destination Halloween

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Zombillénium
Gretchen, tome 1
Arthur de Pins

« Ici, on embauche… pour l’éternité. »

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Une silhouette fait du stop sur le bord de la route. La capuche rabattue sur le visage, on ne peut distinguer aucune chair. Ses copains qui sont à sa poursuite vous répondrez… normal ! puisque c’est une momie !
Aton, momie datant de 3.000 ans avant JC., rêve de voir le Caire. Son travail ne le passionne guère et sa reconversion en vendeur de barbe à papa l’a décidé à fuguer. Une momie doit faire peur et ne pas vendre des douceurs !
Récupéré par Sirius le squelette et Francis le vampire, il est grondé comme un adolescent et ramené au foyer… le parc d’attraction Zombillénium.
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Dans la voiture, les susceptibilités sont chatouillées et très vite, une petite bévue est commise… Le parechoc avant de la voiture caresse la carcasse de Aurélien Zahner, le laissant mort sur le bitume.
Aurélien venait de quitter l’antre d’un bistrot, un peu déboussolé. Sa femme le trompait, il envisageait de tuer l’amant et il venait de braquer le bistrotier avec un révolver qui s’était transformé en une banane ! Ne pas cherchez à dénouer le fil de la subtilisation, vous n’y verriez rien, si ce n’est la présence d’une jeune fille accoudée au zinc.

Gretchen est une apprentie sorcière embauchée au parc d’attraction. Elle aime apaiser les conflits et désentortiller les situations périlleuses. Lorsqu’elle voit derrière la vitre, Aurélien voltiger dans les airs et s’écraser pitoyablement, elle se précipite pour découvrir que le corps s’est volatilisé ! Où est-il passé ???

Elle n’aura pas loin à chercher… Aurélien a reçu les crocs de Francis qui l’a embarqué précipitamment et l’a emmené à Zombillénium. Le cher accidenté a été ressuscité et reçoit le parrainage de deux créatures surnaturelles… vampire et loup-garou.
Un contrat lui est glissé sous le nez. Signez là Monsieur, non… seulement avec de l’encre et pas avec votre sang… Vendeur de barbe à papa…

Zombillénium est un parc comme vous n’en avez jamais vu ! Les animateurs sont plus que naturels ! Momie, vampires, garous, monstres, squelettes, zombies, fantômes, sorciers… du vrai de vrai, des chairs décomposées et des os bien récurés, des dents acérées et des spectres tous légers… Si vous aimez avoir peur, ce monde vous accueille avec un grand professionnalisme. Mais chuuut ! Seul le lecteur est dans la combine. Les visiteurs, charmés par tant de réalisme, applaudissent aux illusions, louent les techniciens et admirent les déguisements sophistiqués.

Aurélien a du mal à comprendre sa transformation et à redéfinir le concret. Ce cauchemar n’est pas tiré d’un songe nocturne, il est bien réel. Avec l’aide de Gretchen, il essaie de s’habituer à sa condition et à tenir sa place au sein de l’organisation. La communauté Zombillénium n’est pas très amicale avec le petit dernier et les finances du parc vont bientôt être déclarées en faillite.

Une solution est à trouver ! Il faut proposer encore plus de terreur ! Mais qui va jouer le rôle du Super Méchant ?
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Cet album est super ! J’aime beaucoup. Il m’a surprise, je ne pensais pas me divertir autant !
Les dessins, aux formes simples, épurées, sont très éloquents et « énergiques ». Parfois, ils suffisent au scénario et se dispensent de mots. Les monstres ont des expressions drolatiques et animées. Avant même de lire le texte, nous leur accordons notre sympathie.
Le texte est plein d’humour et de petits clins d’œil. Il est rock ! Les acteurs de Zombillénium sont des monstres naïfs, déjantés, fragiles, parfois dépressifs, sourcilleux… bien humains ! Quant à Gretchen, elle paraît être la personne la plus fiable, équilibrée et sérieuse de la bande, un peu désabusée aussi. Aurélien a bien choisi sa camarade !
Le scénario n’est pas qu’une simple histoire sur la vie et le management d’un parc d’attraction, la dernière page nous livre une pirouette qui nous laisse supposer une suite bien plus sombre…

A conseiller !

PS : Les petits plus
J’ai ri à la vignette où Aurélien se retrouve dans le vestiaire des hommes. Il se change et se retrouve face à un satyre… bien charpenté ! (J’imagine… nous n’avons droit qu’à son fessier) Les yeux exorbités d’Aurélien témoignent de la chose.
Très marrant aussi le « Hee-hee ! » de la doublure de Michael Jackson dans Thriller qui se produit sur scène. Je vous assure que le « Hee-hee ! » vous poursuit toute la journée après.
Puis le syndicat des zombies…
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Des billets chez Hilde, Manu, AcrO, Yaneck, Noukette, Lectrissima, Sara,

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