Le traité naval


Challenge Polars de Sharon,
une année en Angleterre avec Titine, et le
Mois anglais avec Lou et Cryssilda.

 

 

Le traité naval
Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

John Watson se penche sur les brouillons de ses écrits pour relater une enquête dans les Mémoires de Sherlock Holmes, et repère une intrigue qu’il avait intitulée « Le traité naval ». L’importance de ce dossier aurait pu rester clôt dans les archives confidentielles si Holmes ne l’avait pas élucidé dans les temps, car il concernait le Bureau des Affaires Étrangères.
Dans la chronologie des faits, il faut situer cette histoire au mois de juillet, juste après le mariage de Watson avec Mary…

John Watson soumet au détective une lettre d’un ancien camarade d’école qui lui demande d’interférer en sa faveur auprès de Sherlock Holmes pour qu’il donne un avis de toute urgence. Percy Phelps avait été un brillant étudiant qui était rentré au service du Foreign Office après ses études à Cambridge. D’après le courrier, Phelps se dit très malade et dans l’incapacité de résoudre une affaire que les autorités officielles ne peuvent pas solutionner et qui concerne le vol d’un précieux document secret, un traité naval entre l’Angleterre et l’Italie. Son responsable Lord Holdhurst, qui est aussi son oncle, lui avait confié le travail de reprendre par écrit tous les articles du traité et c’est donc sous sa responsabilité que le vol a été commis.
Ce qui séduit Holmes, ce n’est pas le caractère d’urgence, ni la gravité de l’affaire si le document devait aller entre de mauvaises mains, mais plutôt la calligraphie de la lettre, une écriture intelligente et féminine qu’il attribue à la secrétaire de Phelps. De découvrir cette personne mérite bien un voyage !

Les deux amis partent à Woking dans le Surrey où réside Phelps. A Briarbrae, une belle demeure située dans une pinède, ils sont accueillis par Joseph Harrison le futur beau-frère de Phelps, qui les mène dans la chambre de celui-ci. Aux côtés du malade désespéré par le drame qui s’est joué et qui met à mal son honneur, Holmes rencontre également la jeune femme qui avait servi de scribe et qui n’est autre que sa fiancée. Annie Harrison est conforme à ses attentes, une personne vive qui semble être digne de confiance.
Phelps reprend les faits en les étayant d’un plan de l’étage où il travaillait et d’indications plus précises. Viennent alors dans l’histoire, l’huissier du Foreign Office et sa femme, M. et Mme Tangey qui étaient tous les deux présents à l’heure du vol et qui n’ont vu personne quitter les lieux. Qui a dérobé les papiers et par où est-il passé ?

L’analyse du problème fait penser à Holmes que tout n’est pas joué et que le scélérat va bientôt se manifester. Il faudra donc lui tendre un piège…

Je vous conseille la lecture de cette nouvelle qui est composée d’une trame très intéressante. Le délit n’est pas d’ordre criminel, mais il est assez grave pour les affaires du pays et la réputation d’un homme intègre et dévoué. Holmes arrive très vite à une conclusion et élabore un guet-apens avec la participation de Watson, Phelps et  Miss Harrison… sans qu’ils le sachent ! Il y a un maître de jeu et des pions…
Je vous conseille également la belle adaptation télévisée de Granada avec Jeremy Brett dans le rôle de Sherlock Holmes.


 

 

Esprits libres, Mindjack – Tome 1

Un livre offert par les Éditions MxM, dans le cadre des Masses Critiques Babelio

 

 

esprits-libres-1Esprits libres
Mindjack, tome 1
Susan Kaye Quinn

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Nouvelle Chicago…

Notre monde a progressivement évolué vers une société de télépathes et, dorénavant, celui qui n’en est pas un est considéré comme un zéro, une personne en marge de la communauté, reléguée à son dernier rang ou, comme dans certains états, enfermée dans des asiles ; une sur mille ne peut lire et communiquer par la pensée.
Kira Moore est une jeune lycéenne de seize ans qui n’a pas encore subi la transformation que tous les adolescents endurent à la puberté. Dans son lycée, elle est mise à l’écart, et depuis que son frère Seamus parti pour West Point n’est plus là pour la protéger, elle se sent harcelée. Seul, Raf, son ami d’enfance qu’elle aime en secret, reste à ses côtés et lui accorde une confiance absolue. Mais lors d’un rapprochement un peu plus physique avec lui, elle foudroie Raf qui perd connaissance. Kira décèle en elle un pouvoir qui pourrait être fatal pour son entourage et décide alors de protéger son ami en le tenant à distance (quitte à le faire souffrir). Cette différence qu’elle ne maîtrise pas et qui l’effraie encore plus, est découverte par Simon, un camarade qui a autant de succès que Raf auprès des lycéens. Simon lui confesse qu’il n’est pas un télépathe mais un mindjacker, comme elle. Ils ont la faculté de pénétrer les esprits et de les manipuler. La divergence leur permet de se fondre dans la masse et de contrôler les pensées, se lier aux autres. Ainsi, elle pourra faire croire à tout le monde qu’elle est devenue une changeline et elle sera intégrée dans la société. Cependant, si une nouvelle voie s’ouvre à elle, elle est faite de mensonges et de manipulations. Après l’avoir initiée à quelques subtilités et au contrôle de sa force, Simon lui parle d’un clan de mindjakers qu’il aimerait lui faire rencontrer à l’occasion d’une cérémonie. L’intégration au sein de la fraternité est presque obligatoire car ils seront désormais sa famille, les seuls à pouvoir la protéger.
Kira se laisse entraîner malgré sa défiance et découvre un enfer à la suite des présentations. Comme par le passé, les Services Secrets traquent les gens dits « anormaux ». A une époque, dans un premier temps, il y a eu les télépathes, puis les zéros et aujourd’hui, ce sont les mindjackers qu’il faut éradiquer.
On soumet à Kira deux choix ; soit elle coopère avec le Gouvernement comme un petit animal de laboratoire, soit elle finira ses jours dans une prison
édifiée pour les mindjackers, perdue dans le désert.
Digne fille de son père, un militaire dans les Services Secrets de la Marine, fière et rebelle, elle ne tarde pas à donner sa réponse… Son esprit est une arme redoutable.
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« Esprits libres » est le premier tome d’une trilogie fantastique qui a pour pour personnage principal une héroïne courageuse, sensible et attachante. L’histoire est basée sur la découverte de son pouvoir, sa survie et ses choix cruciaux qui tissent l’intrigue dans l’action, les amitiés et les sentiments amoureux. Ce monde de télépathes est bien décrit, facile à comprendre, et nous accédons de chapitre en chapitre à des évolutions plus alambiquées, mais toujours cohérentes (pour le genre). Construite comme la plupart des dystopies actuelles, la trame ne perd rien en originalité et intérêt. Je ne me suis pas amusée à noter toutes les invraisemblances, j’ai simplement savouré et aimé cette fiction jeunesse que je vous recommande. Je tiens cependant à préciser que la violence de certains passages peuvent heurter certains jeunes lecteurs.

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Photo prise « ici »

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Avant la tourmente

Rendez-vous avec Anne Perry

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Joseph et Matthew Reavley
Avant la tourmente
Tome I
Anne Perry

Quatrième de couverture :

« En ce magnifique mois de juin 1914 à Cambridge, les journées s’étirent, ensoleillées, intemporelles. Mais pour Joseph Reavley, professeur à Saint-John, cet été idyllique est anéanti par la mort de ses parents dans un accident de voiture. En lui annonçant l’horrible nouvelle, son frère Matthew, agent des services secrets britanniques, lui révèle que leur père lui apportait justement un mystérieux document… Les deux frères se mettent alors en quête de ce fameux dossier concernant un sinistre complot, et rejoignent leurs soeurs Hannah et Judith dans la demeure familiale… »

En général, lorsque je commence mon billet par la quatrième de couverture, c’est que je n’ai pas apprécié ma lecture. Cette rencontre ne m’a pas séduite, ou plus exactement elle m’a laissée sceptique et j’en suis marrie !
Pourtant tout avait bien débuté.

Une famille, deux frères et deux sœurs. Ils ont tous les quatre des personnalités affirmées, originales, même s’ils sont un peu rigides et issus d’une famille bourgeoise très traditionnelle. L’amour qu’ils se portent, la solidarité fraternelle, m’amènent à de la sympathie.
Joseph et Matthew… Le premier, l’aîné, a préféré rejoindre l’église anglicane que de continuer ses études de médecine. Dans ce tome, il est professeur à Cambridge. Le second a étudié l’histoire contemporaine et les langues avant de rentrer au Secret Intelligence Service. Il travaille à Londres.
Hannah et Judith… La première est la femme d’un officier de la marine britannique. La seconde, petite dernière, vit dans la maison familiale. Elle est indécise sur son avenir.
La fratrie se réunit pour le décès de leurs parents morts dans un accident de voiture. Après les funérailles, les questions ne tardent pas à fuser car l’accident semble artificiel. Un dossier que Monsieur Reavley devait remettre à son fils Matthew a disparu et durant les obsèques, quelqu’un est venu fouiller le bureau de leur père.
Ce même jour, on apprend qu’à Sarajevo, l’archiduc d’Autriche s’est fait assassiner avec sa femme.

Dès les premières pages, l’histoire aimante l’attention du lecteur qui anticipe déjà sur les répercussions de l’attentat. On voit se profiler les débuts de la première guerre mondiale, les alliances avec l’Allemagne, une fermentation politique qui œuvre secrètement, les consciences qui s’échauffent, la jeunesse qui parle déjà de protéger « les idées, la beauté, la connaissance, la liberté de penser »…
La lecture s’engloutit alors dans la politique et les évènements. L’auteur nous livre une documentation bien fournie sur ce cycle ainsi que les prémisses pour l’unification de l’Irlande. C’est à ce moment, qu’Anne Perry m’a perdue ! Les conciliabules, les pions qui se positionnent, l’Empire anglais qui est menacé, les conspirations, les intimidations, toute la froideur de l’intelligentsia diplomatique qui trame juste « avant la tourmente »… cette concrétion aurait pu me passionner mais je n’ai ressenti que de l’ennui.

Un vent de panique souffle sur l’Europe et l’Angleterre se prépare à porter le deuil…
Le mystère du dossier reste toujours très vif dans les pensées de Matthew et Joseph mais un autre bouleversement survient. Joseph apprend la mort d’un de ses élèves, Sebastian Allard. Un crime qui lui fera poser des questions…
Dans cette partie, j’ai retrouvé l’écriture de l’auteur. Plus que son style, c’est l’intrigue qui traite des thèmes qu’elle affectionne dans ses romans victoriens… honneur, tradition, consciences, famille. J’aime la finesse avec laquelle elle dépeint le monde guindé de la bourgeoisie, les images, l’ambiance et ses convenances.

On alterne donc avec Matthew, partagé entre les arcanes politiques et la recherche du dossier, et Joseph qui sonde les âmes en enquêtant sur le crime de Sebastian.
J’ai trouvé que cette bascule rendait des transitions indistinctes et confuses. Ce n’est pas le fusionnel des histoires qui me dérange mais plus leurs « longueurs » stagnantes.
Je pense lire la suite qui j’espère m’intéressera bien plus.
Ce livre était une introduction… très longue, presque apathique. L’auteur a peut-être voulu nous attirer doucement vers un climat et un décor plus fracassant et dantesque.

Vous pouvez aller lire les avis de mes copines de lecture… Miss Léo et Mazel.
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Université de Cambridge
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