Le marquis d’Anaon, L’île de Brac – Tome 1

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Le marquis d’Anaon
L’île de Brac – Tome 1
Scénario de Fabien Wehlmann
Dessin de Matthieu Bonhomme

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Une île, au large des côtes bretonnes, au XVIIIe siècle,

Précepteur, Jean-Baptiste Poulain arrive sur l’île de Brac pour s’occuper du fils du baron de Brac, mais à peine débarqué, il prend conscience de l’hostilité des villageois pour cet homme qui semble régner en despote… « l’Ogre ».
Conduit au manoir par Yvon l’intendant et bras droit du baron, le jeune homme reçoit un bon accueil par le maître qui se révèle être un personnage fort aimable, proche des gens qui l’entourent. Mais un drame survient le soir même… On vient de découvrir le corps de Nolwen, le fils du baron ; le jeune garçon aurait été piétiné par son cheval.
Le bateau qui l’avait amené étant déjà parti, Jean-Baptiste ne peut retourner sur le continent et se voit obliger d’accepter l’hospitalité du baron pour un mois.

img550bRetrouvant le conteur qu’il avait rencontré lors de son voyage, Jean-Baptiste s’entretient des mystères de l’île, du décès du pauvre enfant et des soupçons qui l’obsèdent.
Il y a des légendes qui puisent leurs origines dans la vérité. Quinze ans auparavant, on a retrouvé dans la forêt des restes de corps d’enfants. Même si le meurtrier a été arrêté, des rumeurs continuent à se répandre et à alimenter le mythe du gardien  de l’autre monde.

« – Alors peut-être croirez-vous la légende qui prétend que l’île cache une porte… une porte donnant sur l’autre monde.
– Vous voulez dire de l’au-delà ?
– Ce n’est ni tout à fait la mort, ni tout à fait la vie : l’autre monde est partout autour de nous, mais sans qu’on puisse le voir. C’est le royaume des êtres féériques et des esprits errants, le domaine secret où se cachent les créatures qui hantent nos rêves et assaillent les fous. On dit que quelques hommes courageux ont franchi cette porte guidés par un lièvre ou un cerf blanc, et qu’ils en sont revenus chargés d’or… mais vieillis de mille ans. On dit aussi que cette porte a un gardien… un monstre sans pitié… »

Jean-Baptiste, l’étranger qu’ils appellent marquis d’Anaon, le Seigneur des âmes en peine, va être confronté à la hargne des villageois et à de diaboliques manigances.

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On découvre dans ce premier album, le personnage de Jean-Baptiste, un jeune homme intelligent et curieux, ancien étudiant en médecine, pris dans le fantastique des contes et légendes des terres de Bretagne. Histoires de naufrageurs, de mondes parallèles, de fantômes, d’un ogre qui tuerait des enfants, et bien d’autres intrigues qui racontent l’obscurantisme, face sombre du siècle des lumières.
J’ai aimé le scénario et le graphisme. L’ambiance est noire, un peu dépouillée, violente et inquiétante. La peur est omniprésente… tout pour me plaire !
Jean-Baptiste, enquêteur de l’obscur, va voyager. Dans le prochain tome, nous le trouverons en Auvergne, avec « La vierge noire ».

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Beta… civilisations – Volume I

T0xYY8YPAaqOhIkNItneF3SkQCE@375x135La BD fait son festival avec PriceMinister
un partenariat avec les éditions Actes Sud – L’An 2

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9782330028183Beta… civilisations
Volume I
Jens Harder

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Une introduction personnelle s’impose ! Lorsqu’il a fallu choisir une BD de la sélection, j’ai été attirée par la couverture de « Beta… civilisation ». Je fabulais sur le titre et je me voyais déjà paléontologue ou paléoanthropologue en herbe. Sottement, j’imaginais retrouver les frises murales qu’il y avait dans mes classes primaires et qui représentaient l’évolution de la vie sur la Terre. Des schémas simples, colorés, et de belles illustrations.
L’aventure est autre ! certes, ce livre est illustré, mais il n’est rien de ce que je pouvais concevoir…

L’album fait suite au titre « Alpha… directions » qui a eu le Prix de l’audace au festival d’Angoulême en 2010 et qui retrace quatorze milliards d’années, du Big Bang à l’apparition des hominidés. Beta relate la continuité avec l’évolution des hommes sur quatre millions d’années.
(« Audace » dans l’originalité, la singularité, le travail… le tout est très surprenant.)
Ce livre, 1kg750, 367 pages, est divisé en deux grandes parties, Tertiaire et Protohistoire, qui ont plusieurs chapitres…

Paléolithique inférieur
Paléolithique moyen
Paléolithique supérieur
Mésolithique
Néolithique – Age de pierre
Antiquité – Premières grandes civilisations – Age de cuivre et Age de bronze
Haute Antiquité – Époque des premiers empires – Age de fer

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L’auteur commence par présenter la disparition des dinosaures et l’extinction de toute vie sur la Terre. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact car certains mammifères survivent et engendrent d’autres espèces qui se développent… La transformation est importante et donne « un être d’un genre nouveau disposé à conquérir un continent entier  : l’australopithèque… ».

On retient notre souffle et on repart en arrière pour détailler le graphisme très riche en planches anatomiques, enluminures médiévales et iconographies bibliques. Car ce livre, ou cette « bible », est ainsi construit… Jens Harder mêle à ces mutations et à la progression des civilisations, tout un patchwork d’images puisées dans le vivier de la littérature, le cinéma, les sports, l’industrialisation, les religions… les mondes fusionnent. Sont côte à côte, des primates, Elvis Presley et Superman. Il ne faut point chercher l’erreur, mais plutôt un fil conducteur, et ça rend le parcours ludique. Lorsque l’homme préhistorique taille la pierre, Harder l’associe à Obélix taillant son menhir.
La chronologie nous fait avancer vers des postures et des traits plus humains. Il y a dans les regards des émotions troublantes et les gestes sont les nôtres. La chasse, le combat, les jeux, les mouvements ont une même origine. Aussitôt une analogie est esquissée.
Tout est dense, trop peut-être…, mais les illustrations sont superbes et on ne peut que saluer l’incroyable travail, même si on se perd dans ce labyrinthe.
Les âges défilent, pierre, cuivre, bronze, fer, la nature progresse jusqu’à l’Antiquité, jusqu’au règne de Caligula, jusqu’en Palestine où la naissance d’un petit garçon annonce une autre ère, celle qui sera racontée dans le deuxième volume.

L’humanité ainsi symbolisée, synthétisée, nous offre quelque chose de fabuleux, d’abondant, et surtout une approche atypique. Dorée, mordorée, bronze, argentée, métallique, la couleur change en fonction des chapitres et amène du minéral, du faste.
Vous ne resterez pas insensible…

Je vous recommande ce livre, mais avant je vous conseille de le feuilleter car il peut surprendre. Il n’est pas facile à aborder.

Dans le cadre du jeu PriceMinister, il faut que j’attribue une note. Je donne un 18 tout en pensant qu’il dépasse largement le plafond réducteur des notations dans son cadre « hors normes ».

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