Tu tueras le père

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Le mois italien avec Eimelle,
Halloween avec Hilde et Lou et Polars avec Sharon

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tu tueras le pèreTu tueras le père
Sandrone Dazieri

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De la brigade mobile de Rome, le commissaire Colomba Caselli est appelée par son supérieur Alfredo Rovere, sur les lieux d’un meurtre et d’une disparition. Une femme décapitée, son jeune fils de huit ans disparu (on ne découvre que ses chaussures suspendues à un arbre), le mari est soupçonné d’être le meurtrier. Homme violent, il n’aurait pas accepté le fait que sa femme veuille le quitter…
Aux premiers coups d’œil, Colomba conteste la version de son collègue le commissaire adjoint Marco Santini et c’est auprès d’une autre personne, Dante Torre, qu’elle va demander soutien et conseils. Les rivalités et antagonismes au sein de la brigade plombent l’atmosphère et nuisent à l’enquête.

Commotionnée par « le désastre », une précédente enquête qui s’est terminée à Paris dans un bain de sang, Colomba a bien du mal à se concentrer. Les souvenirs reviennent dans des flashs et génèrent des crises de panique. Sa lettre de démission préparée, elle prendra sa retraite après cette enquête qu’elle est contrainte de mener de façon officieuse pour rendre service à Rovere, son chef et mentor.

Dante Torre a le don de voir le vrai visage des gens et de lire leurs pensées, leurs vérités. Il met sa science, ses « sensibilités », à la disposition de sociétés qui l’emploient et le rémunèrent fort bien ! Pourtant, sa seule et véritable mission est de retrouver des personnes disparues. Riche, extrêmement intelligent, mais en proie à des paranoïas, il reste terré dans son appartement où il voit très peu de monde. Lui aussi se charrie des traumatismes… Il a été kidnappé enfant et maintenu prisonnier dans un silo à grains durant onze ans. Un jour, alors que la personne qui le rattachait à un semblant d’humanité, qui le nourrissait, l’éduquait, le maltraité, s’est montrée moins vigilante, Dante a pu s’échapper. Mais le cauchemar perdure car le ravisseur que la police a arrêté n’était pas le véritable tortionnaire. Depuis toutes ces années, Dante le clame mais personne ne veut le croire. Comme on dit « affaire classée – mort et enterré ».
Parfois, il se sent observé par lui, silhouette noire et mystérieuse qu’il nomme le « Père ».

Le binôme Colomba-Dante fonctionne aussitôt. Deux âmes abîmées se sont reconnues. Lorsqu’elle le mène sur les lieux du crime et de la disparition, Dante plonge directement dans l’horreur. On découvre peu d’indices, sauf un sifflet mis en évidence qu’il reconnaît. Le « Père » est revenu…

« – Il est revenu, murmura Dante. Après toutes ces années.
– On verra bien ce qu’ils disent au laboratoire, répondit-elle, diplomatiquement.
– J’ai toujours su qu’il était encore là, quelque part.
(…)
– Vous savez ce qu’il voulait me dire, le Père, avec ce sifflet ?
– Il est mort, Torre. Il y a très longtemps.
– Il voulait me dire : « Reste loin de mon territoire. » Et j’ai l’intention de le faire. »

« Il est revenu »… et s’il n’était jamais parti ? et s’il avait sévi depuis tout ce temps… L’un est sûr, la seconde l’est moins. Elle ne voudrait pas se perdre dans les délires de Dante.
Tous deux vont devoir travailler seuls car leur investigation ne plaît à personne. L’affaire a son coupable et il n’est pas bon de remuer la boue, surtout lorsqu’elle est parsemée de cadavres.

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Ce thriller captivant se lit dans un souffle ; on ne le lâche pas facilement ! J’ai tout aimé… même les longueurs du scénario (et quelques invraisemblances) trouvent grâce à mes yeux. Le roman fait 665 pages.
J’ai été séduite par les personnages, des tempéraments forts et fragiles. Colomba est une belle femme de trente deux ans, énergique, déterminée, intuitive, marquée dans ses chairs par le « désastre ». Elle ne se pardonne pas d’avoir été manipulée et prend à sa charge la responsabilité de l’échec. Dante, la trentaine, ressemble à David Bowie… très grand, mince, dandy, souvent vêtu de noir. Atteint de troubles obsessionnels dûs à son rapt et son enfermement dans un silo quand il était enfant, il a une addiction aux tranquillisants et vit dans un appartement envahi par des piles de documents, de journaux, de disques… toujours à la recherche de son enfance volée.
L’histoire commence par un meurtre, une disparition et l’incarcération d’un homme qui ne cesse de dire qu’il est innocent. Les institutions policières et judiciaires aimeraient entériner le dossier mais le duo Colomba-Dante a une autre vision de l’affaire et contre les autorités supérieures en provoquant de nombreux « désordres ». Après recherches, c’est l’horreur absolue car ils découvrent d’autres disparitions d’enfants… Une trame habilement tissée, déconcertante, des manipulations machiavéliques, un exécuteur qui nettoie le terrain, de l’humour, des frissons, une cadence infernale, du suspense… le Père, un homme démoniaque… et Rome la ville éternelle, le Tibre, ses campagnes.
Je vous conseille ce roman… j’espère qu’il vous surprendra !

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D’autres billets chez Mille et une pages,

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Les épines – Tome IX

logoromeLogo BD Mango NoirB.D. du mercredi de Mango
Challenge de la Rome Antique de Soukee

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La pourpre et l’or – Tome I –  De sable et de Sang – Tome II
La meilleure des mères – Tome IIICeux qui vont mourir… – Tome IV
La déesse noire -Tome  VLe sang des bêtes – Tome VI
Vie des feux – Chapitre VII – Revanche des cendres – Chapitre VIII

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les épinesMurena
Les épines – Chapitre IX
Texte : Jean Dufaux – Dessins : Philippe Delaby
Couleurs : Sébastien Gérard

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La cité de Rome a disparu sous les flammes.
Dans les débris, Lucius Murena œuvre à sa reconstruction. Toujours poursuivi par ses démons, il vit en repenti, loin du palais de l’empereur. La haine est ancrée en lui, sans pardon.

De son côté, Néron s’émerveille de la maquette qui représente la nouvelle Rome. Il doit aussi se prononcer sur le châtiment des incendiaires. Tigellin l’oriente vers le peuple Juif qui honore la mémoire d’un Nazaréen. Les prisons se remplissent de chrétiens et les exécutions s’enchaînent. Des tombereaux portent des corps suppliciés en grand nombre. Des croix se dressent, clous et épines martyrisent les chairs.
L’apôtre Pierre, témoin des persécutions, ne peut se résoudre à quitter Rome, malgré les conseils de Néron. Il ne renie pas sa foi et rejoint ses frères dans les geôles.
« … César a décidé de nettoyer Rome d’une secte immonde qui adore un poisson ! Des Juifs qui ont subi l’ascendant d’un mage en Judée. »
Murena ne peut rester indifférent à tant de violence et d’injustice, il est prêt à dénoncer le véritable coupable et par ce fait, rencontrer Néron.

Dans les bas-fond de la ville, dans des couloirs praticiens, sourdement des scénarios machiavéliques se trament. De nombreux personnages en seront les victimes…

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Ce tome est le premier volume du « Cycle de la mort », le troisième, qui fait suite à celui de la mère et celui l’épouse. Après l’incendie de Rome, la mort cernera Néron sur une durée de quatre ans. La transition d’une époque à une autre se fait à travers ce début.
Nous retrouvons les personnages qui entourent Néron et Murena ; Pétrone, Balba, Massam, Ruffalo, Popée… Pour certains, juste le temps de quelques vignettes. Et d’autres figures, nouvelles ou secondaires, s’immiscent dans le décor étayant l’histoire de leurs rôles.
La violence et les tragédies donnent à cet épisode une atmosphère macabre. Les dessins révèlent parfaitement la cruauté et la barbarie.
L’histoire continue à se construire autour des deux personnages principaux. Murena n’a plus la prestance d’un praticien, il paraît usé et bien plus viril. Néron semble résolu, plus réfléchi et moins malléable. Alors qu’une amorce de folie pointait dans les autres tomes, il semble complétement investi dans son rôle de souverain et moins tourmenté.
Entre eux deux, la rancune est vivace et il est presque impossible de les voir se réconcilier.
Outre les exécutions des chrétiens et un combat à mort entre deux gladiateurs, il y a une belle part de sensualité entre Murena et la belle Claudia, fille de Ruffalo le préfet de la garde prétorienne. Les dessins de Delaby sont aussi reconnus pour leur petite part d’érotisme…
Un album qui comble mes attentes et qui me laisse à nouveau admirative.
Les dessins, la colorisation, sont superbes.

Un glossaire très intéressant est en annexe. Il reprend des passages et les explique.
Une série à recommander !

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